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ALEXIS-KIYOHI : Shopping Mortel

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Dim 8 Mar - 12:57
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Nouvelle vie signifie repartir de zéro. Pour ceux qui ont cette chance, savoir la saisir est un moment important. Et Alexis Dolohov devait le faire correctement. Une rencontre avait suffi pour tout changer. Cela avait bien failli mal commencer. Mais fort heureusement, la situation s'était arrangée.
Il avait changé de maître. Et il changeait de métier.

Alexis ne réalisa pas de suite son nouveau statut. Il mit du temps à comprendre que, même s'il n'était pas libre et qu'il obéissait toujours à une tierce personne, il ne vivait plus dans le même monde, où il serait obligé de se lever le matin et vérifier dans le réfectoire qui était resté vivant ou qui était mort en mission, ou qui était puni. De se rendre à l'autre bout du monde pour assassiner quelqu'un et coucher avec lui avant, sur ordre et non de son propre chef. Ne plus utiliser cet arc mortel qui inspirait la peur dans le Milieu. Pourtant grand amateur de tir à l'arc, Alexis s'en était dégoûté. C'était logique. Seulement, s'il devenait le bras droit d'Enzo, comment pourrait-il le défendre ? D'accord, il avait appris le Systema, sorte d'art martial russe utilisé entre autre par les forces spéciales, mais ce n'était pas sa spécialité. S'il voulait être le plus compétent possible, il devait en rester à ce qu'il savait faire. Soit, le tir. S'il suivait son maître à distance, il était plus capable de le protéger, vu ses compétences. Alors qu'à proximité, à part jeter sa flèche de sécurité à la main, il n'irait pas bien loin. Il ne prendrait pas seul cette initiative, il en parlerait à Enzo au préalable, en lui expliquant ses arguments. Il verrait bien ce que le Don en penserait. C'est pourquoi il conserva l'arc en dépit de ses réserves. On ne tournait pas si facilement une page de votre vie, et cette arme lui rappellerait ce qu'il avait vécu, pour ne pas retomber dans tant de noirceur.

En revanche, pour le reste, il décida de ne rien conserver. A part le téléphone portable de son ancienne Patronne (il devait garder contact jusqu'à ce qu'elle lui donne officiellement sa liberté), il s'était emparé la veille de toutes ses affaires, et les fit brûler sur une plage pour les vêtements, et mis en décharge pour les ordinateurs, les papiers, tout ce qui puisse être compromettant. Il attendait juste de faire un peu de shopping pour jeter la dernière tenue qu'il possédait. Il n'allait pas courir dans les magasins nu, tout de même !

Arrivé au centre commercial de la ville, armé d'un portefeuille bien chargé et d'une carte bleue prête à être dégainée, le jeune homme s'arrêta net devant la cohue qui se déroulait devant ses yeux. Un mot lui sauta aux yeux, affiché partout en alphabet occidental, de toutes les couleurs criardes au possible.
Soldes.
Ou quand les individus bien élevés et civilisés se transforment en bêtes pour se précipiter dans le magasin le plus proche et dénicher le meilleur prix possible pour un article inaccessible le reste du temps.

Maintenant qu'il était ici, il refusait de faire demi-tour. Il devrait juste affronter la foule, et les hordes de clients qui s'amassaient dans les boutiques. Se frayant un chemin jusqu'à une enseigne dont il aimait bien les produits, il se dirigea vers les rayons plus tranquilles des hommes. Il fut tenté par quelques chemises, s'arrêta devant l'une, en examina une autre, avec beaucoup d'attention. Il ne choisissait pas n'importe quoi, il lui fallait de la qualité. En quittant le premier rayon pour se diriger vers les pantalons, il passa devant des vêtements qu'il n'avait jamais eu dans sa garde-robe. Et pourtant, on lui avait appris à nager, mais avec des combinaisons noires. Pour procéder à des attaques depuis l'eau, ou pour s’entraîner avec la résistance de l'eau.  Et en mission, il n'était pas question de prendre un bain dans une piscine, ou à la plage. Tu pars faire ton boulot, tu repars, pas de repos.

Oui, le premier acte de changement vestimentaire d'Alexis serait d'investir dans un maillot de bain. Il fit une large sélection, et se dirigea vers les cabines d'essayage. Il constata avec soulagement que les vestiaires des hommes n'étaient pas aussi fréquentées que celles des femmes, où une file d'attente se formait.

Après avoir tiré le rideau, le russe posa ses vêtements sur la chaise, et décida de commencer par les maillots. Il se déshabilla totalement ; pas question de superposer le boxer et le slip de bain, il ne saurait pas se faire une vraie idée.
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Dim 8 Mar - 12:57
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Invité a écrit:
Outre le fait que j’aurais sans doute l’occasion de voir beaucoup plus de gens que dans la campagne d’Hokkaido, la principale raison qui me rendait enthousiaste à l’idée de vivre sur une île du sud du pays était que je n’habitais pas à plus de vingt minutes de la mer. Pouvoir se baigner presque tous les jours si j’en ai envie, quelle chance ! Cependant, je me rends compte aujourd’hui alors que j’ai décidé de prendre mon premier bain que j’ai commis une terrible erreur.

« Hmmmmmm…  »

Je reste un long moment pensive devant mon maillot de bain flambant neuf, acheté spécialement pour l’occasion, que je tiens à bout de bras après l’avoir extirpé de mon armoire. Un deux pièces très léger, avec des fleurs hawaïennes et des couleurs flashy, et une culotte si étroite qu’on verra certainement mes fesses à l’autre bout de l’île. Qu’est-ce qui m’a pris de faire confiance à ma sœur quand elle m’a dit qu’elle se chargeait de tout ? Ça ne lui est pas venu à l’idée que jamais je ne pourrais porter ça ? Quelque part, je me doute qu’elle ne pensait pas à mal et elle a le goût très sûr pour les vêtements. Sa seule erreur a été d’oublier que je n’ai pas son physique plantureux et que jamais je n’oserai me promener sur la plage en portant un truc pareil. Avec ma poitrine toute plate, ce sera juste ridicule et il est hors de question que je me paye la honte pour ma première baignade. Non, je ne suis absolument pas courageuse, je n’ai aucune envie d’aller à la mer en bikini. Je décide donc d’aller faire quelques courses. Avec un peu de chance, je trouverai bien un maillot une pièce noir ou bleu marine, bien plus sobre et idéal pour commencer. Ça tombe bien, c’est mon jour de repos. Pour l’occasion, comme il fait vraiment trop chaud, j’enfile une robe légère et à fine bretelles, jaune à pois blancs et décorée d’un tournesol en tissu sur le décolleté, avec des sandales blanches. Je me regarde un moment dans le miroir de ma chambre en essayant d’avoir l’air mignonne, mais il n’y a pas grand-chose à faire. Sur Sanae ou Akisa, ça aurait pu marcher mais moi, je suis bien trop rustique pour pouvoir être jolie. Bref, inutile de se démoraliser. J’attrape mon sac Totoro et je me prépare à sortir.

« J’en ai pour un moment, je pense. À ce soir, Jin-chan ! »
« Grumpf. » semble-t-il dire.

Je ne croyais pas si bien dire. Il y a un monde fou ! Comme s’il ne faisait pas déjà horriblement chaud, pourquoi tous ces gens ont-ils décidé d’aller faire les magasins aujourd’hui ? La réponse me saute assez vite aux yeux : les soldes. Flûte ! En fait, c’est moi qui ai mal choisi mon jour. Pour ma défense, ce n’est pas quelque chose dont j’étais très familière chez papy et mamie. Excepté pour aller au magasin de mangas, c’était la croix et la bannière pour m’emmener faire les boutiques. Aussi j’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi tout ce monde, et surtout toutes ces filles sont soudain transformées en furies prêtes à tuer pour trois bouts de tissu. Ça me fait… assez peur à vrai dire. Je me demande même un instant si je ne vais pas accepter mon sort et me contenter du maillot de bain acheté par Mariko. Mais la vision d’horreur de ce soutif fluo flottant tristement sur ma poitrine pitoyable suffit à me donner le courage nécessaire pour me faufiler jusqu’au premier magasin qui vient. A cœur vaillant rien d’impossible, pas même d’endurer la proximité de tous ces corps pleins de chaleur. J’ai intérêt à me dépêcher, si je ne veux pas me transformer en ravioli à la vapeur d’ici cinq minutes. Jouant timidement des coudes jusqu’au rayon adéquat, je dois fouiller un moment parmi les autres articles encore plus minuscules et colorés que celui que j’ai laissé à la maison pour enfin dénicher ce que je veux. Il a l’air d’être à la bonne taille mais je veux aller l’essayer quand même, il ne faudrait pas que je sois obligé de revenir. Tant que j’y suis, j’en profite pour attraper discrètement un paréo bleu en priant pour qu’une autre femelle en chasse n’ait pas mis le grappin dessus en même temps que moi. Jusqu’ici, je ne m’en sors pas trop mal. Puis je me dirige vers les cabines d’essayage, pour déchanter atrocement.

Quoi ?! La queue jusque dans les allées ? Mais c’est n’importe quoi ! Non, ce n’est pas possible, hors de question que je me liquéfie pendant je ne sais combien de temps dans ce hammam rempli de spécimens dangereux. Il doit bien y avoir une autre solution… Tiens, il y a beaucoup moins de monde de ce côté. Je me demande pourquoi personne n’y va. Il doit sûrement y avoir une raison obscure et typiquement féminine. M’extrayant de la file d’attente, je fais quelques écarts pour éviter les hommes, curieusement plus nombreux ici. Je m’en serais bien passé, tiens… Juste alors que je me retourne pour faire demi-tour, j’aperçois soudain trois garçons qui s’approchent. Trois jeunes hommes avec des coiffures à la mode, des chemises ouvertes sur le torse et une démarche à mi-chemin entre l’arrogance et la désinvolture. Oh mon Dieu ! Des bogoss ! C’est la catastrophe ! Il n’y a rien de pire au monde pour les filles timides et maladroites que les bogoss, à part peut-être les reines de lycées. En général, la sanction est sans appel. Ma robe de proie facile kawaii va attirer leur attention et dès qu’ils verront mon maillot de bain tout banal, ça sera la mort assurée. Vite ! Il faut battre en retraite ! Sans réfléchir, je recule précipitamment. Perdant un peu de ma coordination sous l’effet de la panique, je m’emmêle les jambes et perd un peu l’équilibre. Heureusement, je me rattrape de justesse au rideau d’une cabine et en profite immédiatement pour me glisser à l’intérieur et me cacher. Ouf ! Sauvée… me dis-je juste avant que mon épaule ne heurte un autre corps en mouvement. Je sursaute avec un cri de surprise. Il y avait quelqu’un dans cette cabine ! Confuse, je me retourne précipitamment pour m’excuser :


« Ouaaah ! Pardon, pardon, je suis vraiment dés…ol…… »

J’oublie ce que je voulais dire. J’oublie pourquoi je suis entrée là-dedans. J’oublie même pourquoi je suis venue dans ce magasin à la base. Là, devant moi, il y a un homme. Un grand homme aux longues mèches brunes, aux traits occidentaux et au regard perçant, doté d’un physique très avantageux incluant un torse athlétique, des muscles vigoureux et un très joli derrière. Comment je le sais ? Parce qu’il était visiblement en train d’essayer un slip de bain et que je l’ai interrompu en pleine action. Autrement dit, je suis à moins de trente centimètres d’un homme nu.



Error System

Fantasme
GMSKFMSDLJFMLF !!!! ~




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En toute logique, je devrais paniquer, hurler, me confondre en excuses, m’enfuir d’ici, renoncer à mon maillot de bain pour aller m’enterrer quelque part et surtout jouir instantanément avec la myriade de scénarios cochons qui devraient exploser avec une telle matière première. Oui, en théorie, je devrais faire tout ça. Je ne le fais pas. Pour la simple et bonne raison que je saigne du nez, que la température ambiante est d’un seul coup bien trop élevée pour bouger et parce que ce splendide postérieur, le premier que je vois en vrai, me fait oublier jusqu’à mon prénom. En bref, c’est trop d’émotions. Il faut que je dise quelque chose pour dissiper le malaise, vite. Il faut que je lui explique que c’est un accident. Avec des mots simples et efficaces avant que ça ne sois la panique totale. Sèche comme le désert, ma bouche s’ouvre par réflexe :

« Vous avez de très belles fesses… »

Okay, je jette l’éponge…
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Dim 8 Mar - 12:58
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A peine passait-il un pied dans une jambe du maillot qu'un bruit l'alerta, suivi d'un choc avec un intrus dans sa cabine. Il se retourna vivement pour découvrir une jeune fille, qui ne devait à peine atteindre sa majorité. Plutôt mignonne pour son âge, d'apparence timide. Voire très timide. En état de choc devant la nudité d'Alexis, elle marmonna un ensemble de sons incompréhensibles. En même temps, elle avait bien cherché ce qu'il lui arrivait. Elle était entrée dans cette cabine pour une raison obscure et sans prévenir, alors qu'elle était dans l'espace réservé aux hommes. Avait-elle voulu jouer les malines et couper la file d'attente chez les dames en allant voir là où la foule était moindre ? Ce manque de politesse fit sourciller le russe qui la jaugeait de son terrible regard noir. Méritait-elle pour autant un choc qui allait bouleverser cette journée en voyant trop jeune des attributs masculins ?

Alexis n'était pas de nature timide. Il ne craignait pas de s'exposer, il avait fait pire dans sa vie. Il rougirait pour d'autres raisons, d'une honte sans fin, mais pas pour ça. Sauf si bien sûr, il pervertissait l'esprit d'un enfant, avec des visions trop prématurées pour leur innocence. Et vu la pétrification de la demoiselle, il était certainement trop tard. Cependant, avant qu'il ne puisse se couvrir, la jeune cliente eut une réaction des plus inattendues. Elle se mit à saigner du nez, les yeux braqués sur les fesses du russe avec une insistance qui la rendait à présent moins innocente. Une personne gênée aurait détourné la tête.
Pire, cette rencontre devenait de plus en plus étrange. Au lieu de chercher à s'expliquer, à s'excuser, et à tourner les talons, ses seules paroles à sortir de sa bouche furent :"vous...". Non, il avait mal compris. Elle n'avait pas dit :"Vous avez de très belles fesses", tout de même ? C'était sûrement ses origines étrangères qui lui donnaient une mauvaise interprétation du japonais de cette fille singulière. Après tout, il était russe. Et elle devait avoir un accent marqué qui déformait les mots ; les quiproquos arrivaient si vite.
Il secoua la tête. Il avait passé du temps au Japon, et sans être parfaitement bilingue, parlait très bien la langue, pour avoir eu un Sensei en kyūdō. Tels étaient donc les propos de l'intruse.

Après des années prisonnier d'un métier terrible dont il ne voulait pas, Alexis avait été préparé à affronter de multiples cas, de simples incidents à des accidents plus graves. Il lui en fallait beaucoup pour le pousser à bout, et à le sortir de sa réserve et de son sang-froid. Aussi, sans paniquer, et demeurant en tenue d'Adam en dépit du bon sens, il récupéra un paquet de mouchoir dans la poche de son pantalon (il en avait toujours sur lui pour essuyer des traces pouvant le trahir, à l'aide d'un spray efficace), et se tourna vers la jeune fille aux cheveux roses foncés. Il lui tendit les tissus en papier.

- Merci pour le compliment.

Le ton était tellement neutre et détaché qu'on aurait pu croire à un robot.

- Essuyez-vous et gardez le tout. Vous avez un problème de santé peut-être ? Vous devriez aller voir un médecin sans tarder. Cela pourrait être grave. Si vous voulez utiliser cette cabine, je vous la cède en sortant. Mais pourriez-vous attendre dehors, je vous prie ? Je n'ai pas encore commencé mon essayage et je compte prendre mon temps.
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Après un instant de surprise, le jeune homme me toise avec une sévérité qui me fait frissonner. Il ferait presque peur malgré son beau visage, ça fait froid dans le dos. En même temps, quoi de plus normal après la boulette monstrueuse que je viens de faire ? Promis, dès que je retrouve l’usage de mes genoux, je sors d’ici immédiatement. Pourtant, alors que je cache mes yeux et mes joues cramoisies pour sombrer dans une honte sidérale, lui non plus ne réagit finalement pas du tout comme il le devrait. C’est-à-dire qu’au lieu de se dérober à mon regard et de me crier dessus pour me chasser, en gamine impolie que je suis, il reste d’un calme absolu. Sans un mot, il s’accroupit pour récupérer quelque chose dans la poche de son pantalon, m’offrant un nouvel angle tout aussi agréable que le premier sur son derrière (Oh ! Quel joli grain de beauté !). Puis il se redresse et me tend dans un geste souverain un mouchoir en papier, me sondant de son regard pénétrant, et me remercie d’une voix grave et virile qui fait courir un frisson sur mon échine. Le tout en restant parfaitement nu et parfaitement stoïque jusqu’au bout des ongles. Quel… quel prince… Je suis tellement ensorcelée par la puissance de son aura de séduction ténébreuse que je mets un moment à pouvoir lui répondre :

« Oh, euh… p-pas de quoi, c’est mérité, haha… hem… »

En fin de compte, il aurait peut-être mieux valu que je ne dise rien. Mortifiée, je vais pour baisser les yeux de honte… avant de les relever précipitamment, le cœur battant la chamade. D’un geste vif, je récupère le mouchoir pour éponger mon saignement de nez, qui n’est pas près de se calmer. Mon Dieu, je crois que je l’ai vue ! Je n’ai pas fait exprès ! C’est à ça que ça ressemble en vrai, alors ? Ça n’a pas l’air bien différent de ce qui est dessiné dans les hentaïs en fin de compte, sauf peut-être pour les poils mais je n’ai pas bien vu non plus, peut-être qu’un petit coup d’œil en plus… Mais enfin, Kiyohi, tu es complètement folle ?! Tu es déjà dans une situation impossible, tu ne vas pas non plus aggraver ton cas de voyeurisme alors que ce sublime prince des ténèbres nu et musclé te fait gracieusement l’aumône d’un mouchoir au lieu de te réprimander comme tu le mérites ? D’ailleurs, sa voix si profonde et agréable m’aide à me concentrer sur son visage et pas sur autre chose. Il me demande même si je me sens bien en me conseillant avec autorité d'aller chez le docteur. Oh oui, beau prince, parlez encore… Aaaah, l’expression sévère de ses beaux yeux sombres, je fonds totalement. Un médecin, quelle bonne idée...



Médecine naturelle...

Fantasme
Implacablement séduisant dans sa blouse blanche qui mettait en valeur ses longues mèches brunes et son beau visage, le docteur Kikuchi posa son regard dur et perçant sur Kiyohi qui se sentit frémir.

« Déshabillez-vous, je vais vous examiner… »

Frémissante et honteuse, Kiyohi s’exécuta malgré tout, retirant lentement le chemisier et la jupe de son uniforme scolaire. Mais à sa grande surprise, le docteur vint tout près d’elle et commença à effleurer sa poitrine à travers son soutien-gorge. Elle poussa un petit cri en sentant ses tétons durcir sous ses doigts, à travers le tissu.

« Docteur, qu’est-ce que vous… »
« Détendez-vous, je ne fais que vous auscultez. Ressentez-vous toujours la douleur dont vous m’avez parlé ? »

Kiyohi ne put répondre que par un gémissement en s’accrochant à la blouse blanche du médecin tandis que celui-ci avait repoussé son soutien-gorge pour  presser ses mamelons entre ses doigts. Son autre main caressait son dos avec douceur et descendit peu à peu vers ses fesses. La jeune fille laissa échapper une plainte de plaisir.

« Vous allez vous sentir beaucoup mieux d’ici peu de temps… » ~





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« Non non non, je vous assure que je vais bien… très bien… »

Enfin, jusqu’à ce que l'irrésistible prince-docteur me demande très poliment de quitter la cabine. Je sursaute en revenant à moi, clignant des yeux. Quoi, déjà ? Il est sûr que je ne peux pas rester encore un tout petit peu ? Je suis beaucoup moins intéressée par la cabine que par l’homme qui s’y trouve, je vous l’assure. Et puis, les rires et les éclats de voix que j’entends à l’extérieur m’apprennent que la tribu de bogoss se trouve toujours à proximité, ce qui me fait frissonner de façon beaucoup moins agréable. Si je sors d’une cabine masculine sous leurs yeux, je vais certainement avoir droit à des moqueries et des réflexions, je connais bien ce genre de spécimens. Ils sont une des raisons pour lesquelles je trouve que même les hentaïs les plus étranges sont moins intimidants que les vrais garçons. Me tordant les doigts sans savoir quoi en faire, je lève un regard de chiot mouillé aussi attendrissant que possible vers le prince. Mon seul atout physique, ce sont mes yeux, autant qu’ils me servent à quelque chose. Et puis si je peux contempler encore un peu cette bouche sensuelle, ce n’est pas plus mal. Ce regard inflexible me trouble au-delà de toute mesure… Ça fait longtemps que je le sais, mais ça me confirme que je suis complètement uke. Je tente d’une petite voix :

« C-c-c’est-à-dire qu’il… il y a des gens que j’aimerais éviter de croiser dehors et… euh non, excusez-moi ! Je vais sortir immédiatement ! »

Je viens brusquement de me rendre compte de ce que j’essayais de faire. Non mais à quoi je pensais, moi ? Je ne peux pas rester cachée dans une cabine avec un homme nu juste pour éviter un troupeau de bogoss ! Ça ne se fait pas ! Confuse (et désolée à l’idée de quitter ce divin fessier), je tends la main pour écarter le rideau et sortir de la cabine…
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Dim 8 Mar - 12:58
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Alexis venait à se poser des questions. Etait-ce lui, l'homme qui avait vécu au sein d'une mafia pendant des années, qui tuait les gens sans sommation, qui était devenu asocial à ce point, ou cette fille était-elle anormale ? Peut-être que sa vision du monde était tronquée, comme le suggère le mythe de la caverne de Platon, et qu'Alexis découvrait en réalité autre qu'il l'avait imaginée. Une civilisation où les femmes mataient les hommes sans pudeur en s’immisçant dans leurs cabines et ne semblaient pas gênées le moins du monde. Il imaginait plutôt les femmes farouches, et sur la défensive en traitant de pervers (bien que ne faisant rien de mal), et détournant le regard plutôt que d'y entrevoir une impureté.

Quoique... Sa vision des choses étaient vraiment restreinte, Pearl était charmante et courtoise, sans pour autant se départir d'une curiosité de la chose. Dans ce cas précis, comment aurait-elle réagi ? Avec plus de panache, mais elle ne serait pas incrustée dans la cabine. Elle se serait excusée, aurait jeté un coup d’œil et fait un compliment avant de se retirer. En conclusion, ce petit bout de femme saignait du nez était une marginale.

Il en faudrait plus pour déstabiliser le russe, qui avait une énorme capacité d'assimilation et d'adaptation à l'effet de surprise. Il ne ratait rien du regard insistant de la demoiselle sur sa parfaite plastique masculine, qui aurait mis mal à l'aise n'importe quel homme normalement constitué. Cette scène illustrait parfaitement l'expression de la "poule qui venait de trouver un couteau".

Il perdit alors contact avec l'entité extra-terrestre : la jeune fille eut soudain un regard vague, indiquant qu'elle venait de s'envoler dans ses pensées, durant un moment plutôt mal choisi. Au bout d'un temps qui lui paraissait long, Alexis manqua de passer sa main droite devant ses yeux pour vérifier sa présence effective dans son corps. Elle réagit avant qu'il ne le fasse, en faisant une déclaration peu crédible. Il doutait qu'elle se sentit si bien que ça. Il ne manquerait plus qu'elle se mette à saliver.

Elle n'était pas prête à partir, et un regard en arrière de sa part lui fit réaliser que quelque chose, ou quelqu'un, l'en empêchait. Elle ne s'était même pas rendue compte de ce léger mouvement des yeux. Celui-ci fut d'ailleurs suivi, dans le magasin, d'éclats de rire de timbre grave. Son comportement de trouble était lié à ce groupe ; et elle essayait d'apitoyer le slave avec des yeux doux, pour éviter de ressortir et de tomber sur eux. Etait-ce à cause d'eux qu'elle s'était réfugiée dans sa cabine ? L'avaient-ils poursuivie et menacé ?
A une période de sa vie, il n'y a pas si longtemps, Alexis l'aurait renvoyé loin d'ici, d'un regard noir et d'une parole brute. Il se contenta pour cette fois du regard noir.
Il essaya son maillot de bain, en ignorant la présence de la jeune fille pendant quelques secondes, lui tournant le dos à nouveau, ne daignant même pas de la regarder en face. Elle s'apprêtait à sortir.
D'une voix monocorde, il consentit enfin à lui répondre.

- Qu'est-ce qu'ils vous ont fait ?

Il retira son maillot, il lui allait bien. Nul besoin d'en prendre un autre. Il revêtit son boxer et tendit sa main vers une chemise noire.
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Je pensais que je m’en irais pour de bon après un dernier regard sur ce corps de rêve (je ne peux pas m’en empêcher, comment pourrais-je résister à une telle perfection pour la première fois que je vois un vrai corps d’homme nu ?) mais les yeux noirs qu’il me fait me clouent littéralement sur place. Cette fois, j’ai vraiment froid dans le dos. Nul doute que ce monsieur pourrait être effrayant s’il le voulait. Et en y mettant vraiment du sien, il ferait un parfait dominateur, sur un petit uke fragile, dans une histoire de SM… mais ce n’est vraiment pas le moment d’y penser ! Il faut que je m’en aille ! Enfin… je crois. Mais le fait est qu’il ne me chasse pas. En théorie, son regard incendiaire aurait du suffire à me faire déguerpir mais il se détourne de moi et continue son essayage comme si de rien était sans même s’assurer que je suis sortie de la cabine. C’est un peu déconcertant et je ne sais plus trop ce que je dois faire. C’est-à-dire qu’en toute logique, je devrais effectivement sortir d’ici. Mais il a vraiment bien choisi son maillot de bain, ça lui va divinement. Ses fesses ont l’air si fermes, si musclées… Oh là là, c’est tellement dur de quitter une telle merveille. A tel point que sa question, posée de façon assez sèche, me fait sursauter. De quoi parle-il ? Une bordée de rires venant de l’extérieur me donne la réponse. Ah oui, c’est vrai… Je rougis :

« R-rien. Pas encore… mais s’ils me voient, ça ne va pas louper… Ce genre de spécimens est très doué pour vous faire vous sentir minable en deux coups de planches à pain. Euh ! À pot ! Deux coups de cuillères à pot, c-c’est ça que je voulais dire… »

Cette tendance au lapsus est vraiment enquiquinante ! Comment puis-je espérer être crédible si je me trompe tout le temps ? Honteuse, je me cache un œil et garde l’autre sur le prince qui, dans un élan suprême de générosité, retire son maillot de bain pour renfiler son boxer. Je n’ai jamais été très à l’aise avec les garçons, contrairement à mes sœurs qui n’avaient pas de problème particulier (ça explique certainement pourquoi elles ne sont plus vierges et pas moi). Quand j’ai eu l’âge de m’y intéresser et que j’ai découvert que la plupart n’avait rien à voir avec les bishônens galants et doux que je pouvais trouver dans mes shôjos, j’ai commencé à en avoir peur et après c’était fichu. Je faisais constamment des bêtises qui me rendaient ridicules et ça devenait très facile pour eux de se moquer de moi. Et comme je n’avais ni poitrine ni délicatesse féminine, ça n’a rien arrangé. Le collège est vraiment une période dont je n’aime pas me souvenir. Heureusement que papy et mamie m’ont inscrite dans un lycée pour filles par la suite. J’avais beaucoup moins de problèmes (même si les filles peuvent être incroyablement plus vicieuses et retorses que les garçons) parce que je n’étais pas vraiment un danger pour la popularité des reines de promos. Enfin, je ne vais pas commencer à expliquer ça au prince. Ça ne l’intéresse certainement pas et je l’ennuie bien assez comme ça. D’ailleurs, je n’avais pas dit que je m’en allais, moi ? Oh, mais ce geste viril avec lequel il ajuste l’ourlet de sa chemise noire, c’est tellement  sexy… Je ne vais jamais pouvoir partir, c’est sûr. Peut-être que si j’arrive à me faire oublier, je pourrais rester encore un peu pour l’admirer. Sans compter que cette chemise lui va fichtrement bien. Ça accentue son côté ténébreux de façon incroyable, c’est sans doute grâce à ses cheveux noirs. Ooooh, s’il s’attachait les cheveux, avec quelques mèches rebelles sur les tempes et le col de sa chemise entrouvert, ce serait juste irrésistible…

« La coupe n’est pas trop mal. Elle… elle met bien vos épaules en valeur. Enfin, vous… v-vous n’êtes pas trop compliqué à mettre en valeur, haha… excusez-moi… »

Je vire à l’écarlate, à nouveau. Se faire oublier, Kiyohi, as-tu un problème avec le sens de cette phrase ? Quoiqu’il en soit, je ne pensais pas que je serais capable d’un tel euphémisme…

HRP:
 
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L'intrigante inconnue ne lâchait pas son regard. Au point que même l'impassible russe commençait à se sentir mal à l'aise, même s'il ne laissait rien transparaître. Ses traits exprimaient toujours la même neutralité. Il attendait en silence l'explication, qui se révéla (cela ne l'étonnait guère) décousue et farfelue. Des hommes, à l'extrieur, riaient bruyemment. En dépit de leur manque de discréton, et de leurs discussions exemptes de raffinement, ils ne menaçaient pas la demoiselle. Elle craignait juste d'être "minable". Soit qu'ils se moquent d'elle ou lui jètent un regard méprisant. Rien de bien effrayant, rien de mortel. Comment pouvait-on à ce point dépendre des autres ? Pour des raisons plutôt futiles d'ailleurs. Il n'avait jamais connu cette légèreté de l'existence, aussi ne comprenait-il cette attention portée à l'opinion des autres. En même temps, quand on a tué des personnes pendant des années, on est déjà sale au point de ne plus pouvoir se regarder dans une glace. Alors, l'avis d'autrui...
Etait-ce pour cela qu'il se fichait de la présence de cette gamine dans sa cabine ? Se montrer nu n'avait pas d'importance. Se mettre à nu était plus incommodant.

Pour autant, il reconnaissait être dérouté par cette situation incongrue : quel comportement était le plus adapté ? Privilégerait-il d'ignorer sa présence et continuer ce qu'il avait à faire, comme si elle était invisible ? La mettre dehors séance tenante ?
Sa chemise ajustée, il se regarda dans la glace. La couleur noire du vêtement accentuait la pâleur de sa peau et le contraste entre ses cheveux et ses yeux. Elle l'habillait agréablement, ce qui fut confirmé par une petite voix derrière lui. Elle était encore là. Quel pot de colle.... Avait-elle vraiment peur de ces garçons dehors ou jouait-elle un double jeu pour s'en mettre plein les mirettes ? Serait-elle restée s'il avait soixante ans, des bourrelets, avec une tête de pervers et la bave aux lèvres ? Quelle attitude devait-il adopter face à elle et ses enfantillages ?

Toujours en boxer et en chemise, il lui fit à nouveau face.

- Merci. Je vais la prendre, je crois. Vous comptez rester longtemps ici ?

Elle esquissa un geste pour s'en aller, mais il lui mit une main sur l'épaule pour l'en empêcher.

- Ne vous méprenez pas. Je me fiche que vous soyez dans cette cabine ou non. Je ne suis pas du genre pudique. Je ne vous jeterais pas comme une malpropre. Dans un sens, vous avez eu de la chance de tomber sur moi.

"Tout le monde ne pouvait pas en dire autant", songea-t-il.

- Un autre aurait hurlé et vous aurez bousculé à l'extérieur. Ce qui fournirait à ces hommes une raison valable de se moquer de vous, et non une extrapolation de votre imagination. En quoi le regard des autres vous pèse tant ? Vous n'avez qu'à ne pas y prêter attention. Avec tout le monde présent dans ce centre commercial pour les soldes, êtes-vous sûre qu'ils vous ont remarqué, vous ? Vous devriez profiter de la liberté qui est la vôtre, sans vous brider comme vous le faites.

Le lapsus de tantôt ne lui ayant pas échappé, il enchaina. Quitte à la secouer un peu.

- Votre physique vous complexe ? Vous ne devriez pas. Après tout, vous êtes loin d'être laide.

Il fut lui-même surpris de son intervention. Quelques temps auparavant, il l'aurait tellement fusillé du regard qu'elle serait sortie séance tenante. A présent, il lui administrait des conseils et se chargeait de la conseiller. Était-ce l'effet Enzo, qui le faisait renaître dans une existence où il pouvait se mêler au commun des mortels ? Il agissait selon sa propre conscience sans craindre de se dévoiler. C'était enivrant, et agréable.
Il eut soudain envie de venir en aide à cette jeune fille. Peut-être qu'en rendant service, il se sentirait moins coupable de ses crimes passés qui l'empêchaient de dormir la nuit. S'il voulait se pardonner, il devrait accomplir de bonnes actions.

Il fit un pas vers elle et put la regarder de toute la hauteur de sa taille. Elle était petite et fine, avec une peau claire et au visage agréable et juvénile. Ses lèvres rosées et jeunes réclamaient des baisers innocents et sucrés. Certes, elle n'avait pas beaucoup de formes (quoique le bas du dos était mieux pourvu que la poitrine discrète). Pourquoi les femmes voulaient-elles toujours avoir des pastèques en guise de poitrine ?

- Vous vous posez trop de questions. vous n'avez rien de risible. Si vous vous sentez mal à l'aise en sortant d'ici, restez à mes côtés. Cela les calmera.

Un homme ordinaire aurait proposé cela en souriant ; lui restait toujours aussi flegmatique que d'habitude.
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Oh chic ! Il va prendre cette belle chemise, quelle bonne nouvelle. Oh, et il me demande aussi dans combien de temps je vais finalement me décider à aller voir ailleurs, c’est une moins bonne nouvelle. Je pâlis et rougis en même temps (je crois) et j’amorce un mouvement pour partir comme j’aurais du le faire depuis longtemps.

« Nonnonnonnonnon, je m’en vais tout de suite ! Désolée ! »

Et juste à ce moment-là, quelque chose de fort, souple et chaud se pose sur mon épaule en épousant sensuellement sa courbe. Un très long frisson me brûle des pieds à la tête, des papillons tourbillonnent dans mon ventre et mon cœur bat tellement vite que j’entends à peine ce que le prince « pas du genre pudique » me dit.

« Oh ça oui, très chanceuse… »

C’est vrai que dans aucune autre cabine, je n’aurais pu tomber sur un homme aussi beau et aussi tolérant. Oh, ce regard perçant qu’il pose sur moi et qui me fait trembler, je ne peux pas résister… Enfin ceci dit, l’enchantement se brise un peu quand il pointe du doigt l’importance que j’attache au regard des autres. Je rougis de nouveau et baisse les yeux (ce boxer aussi lui va divinement bien…), je sais bien qu’il a raison. Mais je n’y peux pas grand-chose. Moi aussi j’aimerais bien être plus sûre de moi, plus jolie et plus élégante, et ne pas avoir peur des garçons. Je serais même la première à le vouloir et j’ai essayé plusieurs fois. Mais quand je vois toutes les princesses gracieuses et belles dont regorge le monde, qui savent mettre du vernis à ongles et du maquillage plutôt que du compost sur les pieds de pommes de terre, je sais bien que je n’ai aucune chance. Même un prince comme lui devrait s’en rendre compte et me dire que je n’ai pas à complexer parce que je suis plus mignonne que ce que je… hein ? Je sursaute et relève brusquement la tête. Ai-je mal entendu ? Ses origines occidentales doivent lui avoir fait confondre les mots et peut-être qu’en réalité ce n’est pas du tout ça. Oui, comment quelqu’un comme lui pourrait me trouver jolie ?

Je ne rougis pas. Je deviens écarlate. Je peux me voir dans le miroir de la cabine et on dirait un homard à perruque. Un homme vient de dire que j’étais loin d’être laide ?! Mais comment c’est possible, ça ?!! Mon Dieu, c’est la première fois que quelqu’un d’autre que papy me fait un compliment ! Comment je dois réagir ?! Faute de réponse, je me décide pour un bon coup de panique. Je me mets à trembler comme un feuille, à transpirer, et à faire des grands gestes précipités pour m’expliquer :


« M-m-mais c’est-à-dire que… j-je vais certainement faire une bêtise où on finira par voir ma culotte et… Pas que je veuille la montrer, pas du tout ! Mais… je suis très maladroite et il m’arrive souvent des… des choses stupides alors… j-j-je n’ai vraiment pas envie qu’on me voit… Je vous embête avec tout ça, pardon… »

Je me cache les yeux avec un gémissement navré. Si j’avais su, je me serais contentée du minuscule bikini à fleurs de Mariko… mais en même temps, je ne peux pas m’empêcher de me répéter ce qu’il m’a dit, trop excitée pour y croire. Jolie, jolie, il me trouve jolie… Et ce n’est pas fini ! Alors que j’ai eu plus que mon quota d’émotions fortes et que j’ai trouvé le héros de mes fantasmes pour les trois mois à venir, le voilà qui embraye avec une proposition que je n’aurais même pas imaginé dans mes rêves les plus fous. Enfin si, et même largement, mais ça ne change rien au fait que je ne m’y attendais absolument pas. Le prince me propose ni plus ni moins que de sortir (de la cabine) avec lui !!! Ce jour est-il béni ? Est-ce que Mariko était une messagère du ciel en m’offrant ce maillot immettable ? En tous les cas, il n’y a pas à tortiller : le cœur battant à tout rompre, je fonds littéralement devant cette expression stoïque et ces yeux pénétrant :

« D’accord, mon prince… Euh, enfin, monsieur… Monsieur comment ? »

L’appeler prince me convenait parfaitement, mais je ne suis pas sûre que ça lui plaise. Je me demande s’il a encore beaucoup de choses à essayer avant de sortir. Ce qui est certain, c’est que je n’essaierais pas mon maillot de bain tout de suite. Je serais bien trop gênée ! Et bien trop excitée aussi… ce serait une scène parfaite dans un hentaï. Je devrais peut-être envoyer cette idée de scénario à EroWatch*…


HRP:
 
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Alexis n'avait rien dit de particulier, et pourtant il avait déclenché une réaction gênée de la jeune fille, qui demeurait décidément hermétique. Elle était radicalement différente des personnes qu'il avait l'habitude de fréquenter. Elle était perdue dans un monde intérieur inaccessible à ceux qui n'en possédaient pas le décodeur. Deux personnes totalement opposées partageaient l'espace étriqué de cette cabine, donnant lieu à une scène surréaliste digne d'une comédie britannique. Voila qu'elle lui donnait du "Prince" à présent. Alexis leva les yeux au ciel. C'était ainsi qu'elle le voyait ? ALexis n'avait pourtant rien d'un prince ! Elle ne tiendrait pas le même discours si elle savait ce qu'il était vraiment. Quoiqu'elle était tellement perchée que même en apprenant la vérité, son cerveau fertile allait imaginer une version romantique de cet acte macabre, et se sentir encore plus protégée. Ce surnom flatteur ne lui plaisant pas, il coupa court d'une voix sombre et dure.

- Ne m'appelez pas prince. Monsieur, cela suffira.

Comme cela, il était clair. Il ne souhaitait pas qu'elle connaisse son prénom ou son vrai nom de famille. Son identité n'était pas dévoilée à n’importe qui. Cependant, le regard suppliant digne d'un chaton abandonné commençait à faire son effet, et ce fut à contre-cœur qu'il concéda à lui confier son nom d'emprunt, tel qu'il était inscrit sur le registre du Complexe Hinata.

- Monsieur Vychedkevitch.

La complexité de ce pseudonume était voulue : elle embrouillait le malheureux interlocuteur qui ne savait jamais ni le prononcer ni l'écrire. Quant à le retenir... La seule personne qui ne tomba pas dans le piège n'était autre que Pearl. Qu'en serait-il de la demoiselle... qui lui matait encore les fesses ? Il se rhabilla pour de bon, son panier prêt à l'achat définitif. Sur le point de sortir, il constata que ce n'était pas le cas de sa compagne d'essayage. La fixant de ses yeux sévères et pénétrants, il s'abaissa pour se mettre à son niveau et dévisagea son visage enfantin.

- La maladresse, ça se travaille. Si vous partez en perdante, en mot ou en pensée, en vous prévoyant un avenir qui n'est même pas certain, vous courez droit à la catastrophe. Que savez-vous que cela va se passer de cette manière ? Vous êtes voyante ?

Il n'attendit pas de réponse avant de continuer.

- S'imaginer gagnant, c'est déjà une victoire. Prenez confiance en vous si vous ne voulez effectivement pas devenir la risée des hommes que vous craignez. Sinon, vous vous offrez d'ores et déjà victime sur un plateau d'argent. Autant marquer "proie" sur votre front, vous perdrez moins de temps.

Il tira le rideau d'un mouvement sec et l'exhorta d'un mouvement de la tête à sortir de la cabine.
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Le Prince ne lui plait pas. C’est bon à savoir. Mais quand j’entends la voix abrupte dont il m’ordonne de ne plus l’appeler ainsi, je ne regrette certainement pas d’avoir fait la boulette. Cette autorité, cette froideur naturelle, quel seme parfait… C’est le genre d’homme que je préfère. Enfin, si on peut considérer que tous les hentaïs que j’ai lus me donnent une grande expérience des hommes. A bien y réfléchir, je ne crois pas. Mais plutôt que de me désoler sur le peu de sens de ma vie face à cet état de fait, je me contente d’acquiescer. Va pour le monsieur… monsieur Quoi ?

« D’a-d’accord, monsieur Vy… Vichy… Vychakodvuiche… »

Je suis prête à parier mon maillot de bain que ce n’est pas ça. Et si je doutais qu’il soit occidental avant ça, je suis fixée sur la question. Je suis incapable de dire d’où ça peut bien venir. Je n’ai pas une très grande science des gaïjins, même si on en croise beaucoup dans les yaoïs. Ils sont tous très sexys, et souvent dominants… tout pour plaire, en somme. Quelle chance d’être tombée sur l’un d’entre eux aujourd’hui ! Même s’il se rhabille. Je ne peux retenir une petite moue déçue. Ca veut dire que je n’aurais bientôt plus le choix. Il va bien falloir que je me décide à quitter cette cabine. Enfin, pas d’inquiétude, il a dit qu’il sortirait avec moi (j’ai encore des bouffées de chaleur rien que de répéter cette phrase dans ma tête. Il va sortir avec moi… aaaah…) donc tout devrait bien se passer avec la tribu de bogoss. Ils ont beau être trois, ils n’ont pas le quart du potentiel dominateur de mon Prince ! Il va tous les étaler par la force écrasante de son aura de seme et je serais parfaitement protégée de leurs railleries néfastes, c’est tellement excitant ! Pour le coup, j’en serais presque impatiente de sortir mais il se passe à nouveau quelque chose qui me coupe net dans mon élan. Alors qu’il s’apprêtait à repousser le rideau, le Prince se retourne vers moi et s’accroupit pour me regarder en face, ses cheveux voletant gracieusement autour de son visage. La puissance de son regard inflexible me cloue sur place, mise en valeur par la finesse de ses traits, l’arc de ses sourcils et ses boucles rebelles. Je suis complètement éblouie et même si je ne peux pas rougir davantage, je me sens immédiatement devenir humide et chaude, en moins d’une seconde. Il est tellement magnifique vu de près… qu’est-ce qu’il me dit ? Je n’entends pas bien… Pourquoi s’est-il autant rapproché de moi ? Oh mon Dieu, est-ce qu’il compte m’embrasser (NDA : il n’a fichtrement aucune raison de le faire) ?! Oh là là, mais pourquoi ?! Ça n’est pas possible, il ne peut pas me trouver jolie à ce point ! Fermant malgré tout les yeux pour m’y préparer, je l’entends me demander si je suis voyante.

« Euuuh… »

C’est déconcertant mais ce n’est pas ce petit cheveu sur la soupe de rien du tout qui va me distraire de mon premier baiser ! Le cœur battant, je tends les lèvres… et je rouvre précipitamment les yeux en l’entendant se relever. Ah bon, déjà ? Mais je n’ai rien senti. Le Prince n’a pas l’air de s’en formaliser plus que ça et, me prenant totalement par surprise, il ouvre soudain le rideau de la cabine et me pousse dehors d’un signe de tête. Pardon ?

« Hein ? Quoi ? L-là, tout de suite ?! Mais j-je… j’y vais ! Oh là là… »

Je me mets à marcher toute seule, les jambes flageolantes sous l’effet de la panique. Mais enfin, mais je n’ai même pas pu me préparer ! Il va forcément se passer une catastrophe… Non ! Ressaisis-toi, Kiyohi ! Pense à ce qu’il t’a dit, marque « Proie » sur ton front pour ne pas partir en perdante. Ou quelque chose comme ça… enfin bref, ne te laisse pas faire ! Il ne faut pas donner l’impression à ces bogoss que tu es une cible facile. Prends exemple sur… sur… sur Chiharu ! Oui, très bonne idée ! Quand elle entre sur la piste, Chiharu brille toujours de mille feux même quand le chapiteau est plein à craquer. Elle ne s’en laisserait sûrement pas compter par trois malheureux garçons. Allez, vas-y : relève les épaules, redresse la tête, rentre le ventre et surtout marche plus lentement avant de trébucher sur quelque chose. Je ralentis donc l’allure en m’efforçant de regarder droit devant moi, malgré mes joues rouge brique. Mes mouvements sont un peu raides mais… on dirait que ça marche. Je suis à moins de deux mètres des bogoss et je ne suis toujours pas tombée ! Ce constat me donne confiance et ma démarche se fluidifie un peu. Oh mon Dieu, je marche à côté d’eux et je suis toujours debout ! Je les dépasse, je les dépasse ! Par tous les yaois de l’univers, je suis passée ! Je suis sauve !!! Abasourdie par un tel miracle, je me retourne vers le Prince, mon héros :

« Ça a marché ! C’est vraiment sup-… »

En oubliant que je suis toujours en train de marcher et que marcher sans regarder où on va ne peut pas avoir de bonnes conséquences. Je rentre donc gaillardement dans un portique bardée de sous-vêtements, m’emmêle les jambes, me débats contre l’obstacle et finit par m’extraire de la forêt de minuscules cintres grâce à un mouvement de retraite paniqué, la tête et les épaules garnies de trois ou quatre petites culottes et un soutien-gorge dépareillé. J’ai rompu le sortilège. J’ai du me retourner trop tôt…
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Dim 8 Mar - 13:00
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Alexis, le panier sous le bras, laissa passer la jeune fille devant lui, prenant soin de bien tirer le rideau et démontrer que la cabine était libre (mais il avait appris aujourd'hui que même un rideau fermé n'empêchait pas les entrées intempestives...). Il ne pouvait pas s'empêcher de comparer cette gamine (quel âge avait-elle, d'ailleurs ? Il éprouvait de grandes difficultés à évaluer cette donnée) aux bébés animaux qui apprennent à marcher, en particulier les cervidés, plutôt maladroits sur leurs jambes fines et frêles, et qui souvent chutent et ont besoin que sa mère les relèvent d'un coup de museau encourageant. Le Russe s'imaginait, lui, le serpent, jouer les mères chevreuil avec une gamine, et trouva le tableau assez ironique. Il soupira un bon coup, par lassitude, et suivit la demoiselle dans ses tribulations vestimentaires. Ses tentatives gauches pour acquérir une contenance étaient aussi visibles que le nez au milieu de la figure, mais au moins faisait-elle un effort pour se tenir plus correctement. Le slave ne voyait que son dos, mais il imaginait d'ici la tête qu'elle affichait, jouant les détachées avec un visage en flamme. Elle dépassa pourtant les hommes sans s'effondrer.

"C'est bien ce que je pensais. Elle s'est fait des films en pensant qu'elle attirait leur attention, alors qu'ils ne sont aucunement préoccupés par elle. Je n'arrive pas à croire qu'on puisse être aussi dépendant de son imagination. Est-ce de la naïveté, de l'égocentrisme ? Et si, en fait, ce qu'elle voulait malgré elle, était d'attirer le regard de ces types ?"
Voila que maintenant, dans son fort intérieur, Alexis jouait les psychologues de bazar. Quelques jours auparavant, il n'aurait même pas fait preuve d'attentions à son égard, l'aurait renvoyé séance tenante de sa cabine et continué comme si rien n'était.
Et à son grand étonnement, il s'amusait de jouer ce rôle de soutien à une jeune fille qui était à mille lieues de ses fréquentations habituelles. Elle avait une fraîcheur et une candeur qui l'éloignait de son monde de ténèbres. Même Pearl, dont il était fou amoureux, le ramenait dans cette réalité étouffante dont elle était pourtant une bulle d'air. Mais elle était une enquêtrice, une espionne (difficile à dire) et jouait avec le danger, ce qui lui déplaisait. En revanche, cette jeune dont il ne connaissait même pas le nom tranchait totalement, et lui donnait envie de faire encore un petit bout de chemin avec elle.

Fière d'avoir franchi son obstacle sans ciller, elle fit volte-face pour célébrer, un peu trop tôt sa victoire, et se prit les pieds dans un portique avec lequel elle se débattit avant de s'en sortir, couverte de sous-vêtements. Aïe... Voila qui allait blesser son amour propre, d'autant plus que certains clients s'étaient retournés vers eux pour connaitre l'origine du boucan qui avait accompagné la malheureuse chute. Une vieille dame s'inquiétait ; une vendeuse arriva en courant pour ranger ce désordre et se confondre en excuses pour ne pas avoir rangé correctement le portique. D'autres réprouvaient cette maladresse, l'exprimant avec un regard courroucé. Le pire à craindre arriva. Les hommes de tout à l'heure avaient assisté à la scène et s'esclaffaient.

Et Alexis dans tout ça ? Conservant sa distance habituelle par une neutralité à toutes épreuves, il faillit échapper un petit sourire. Heureusement qu'il avait un bon contrôle de ses émotions en général, car elle aurait été plus blessée par un sourire de sa part que par n'importe quelle autre manifestation des badauds. Sans broncher, sans se départir de son air sévère, il lui tendit la main pour l'aider à se relever. La jeune fille le regardait d'un air à la fois émerveillé et désespéré. Un nouvel éclat de rire lui parvint, et avec lenteur, il fit pivoter sa tête en direction des origines des moqueries. Les yeux revolver du Slave s'occupèrent de fusiller les coupables, dont les sons joyeux se bloquèrent dans leur gorge. Ceux qui jugeaient encore la maladroite se hâtèrent de vaquer à leurs occupations.
Seuls les trois hommes restaient immobiles, comme cloués sur place. Satisfait de faire toujours autant d'effet d'un simple coup d’œil, et veillant à ce que la fille aille bien, il s'approcha d'eux avec un calme désarmant.

- Présentez immédiatement vos excuses.

Les inconnus s'approchèrent de l'inconnue, et inclinèrent simultanément leur torse en signe de pardon, joignant même le geste à la parole. Une fois leur devoir accompli, ils vérifièrent que Snake Eyes soit satisfait.

- Déguerpissez. Que je ne vous y reprenne pas.

Ils s’exécutèrent sans demander leur reste. Alexis s'en retourna auprès de la jeune fille, adoucissant légèrement ses traits, mais toujours d'allure sévère.

- Il y avait du mieux, mais il reste encore beaucoup de travail. Oublions cet incident pour l'instant.

Les humiliations étant toujours un mauvais moment à passer, y réfléchir de suite était une mauvaise idée. On abordait le problème quand c'était moins frais.
Il désigna le maillot qu'elle portait dans ses mains. Voila un sujet plutôt trivial mais qui aurait l'avantage de détourner l'attention et de travailler sur un autre point.

- Que décidez-vous pour ce maillot ?
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La catastrophe, comme prévu finalement. Pourtant, même si disparaître sous terre prochainement ne me semble pas une mauvaise idée pour les quelques semaines à venir, je souris largement à la vendeuse et à ceux qui s’enquièrent de mon état en retirant une à une les culottes de mes cheveux, toujours les fesses par terre. Mes jambes tremblent trop pour que je puisse me relever pour l’instant.

« N-ne vous inquiétez pas, t-tout va bien… C’est de ma faute, je ne regardais pas où j’allais, haha… d-d-désolée pour le désordre… »

Curieusement oui, ça va moins mal que ce que je craignais. Certes, je suis morte de honte et les ricanements de la tribu de bogoss non loin ne m’aident pas à retrouver le contrôle de mes genoux. Mais disons que, maintenant que je me suis effectivement vautrée conformément à mes prévisions, je suis plutôt soulagée. Le pire est passé, au moins… Et c’est alors que se produit quelque chose qui n’était pas au programme, une fois de plus. Le Prince s’avance, toujours avec son air sévère, et je baisse le nez en pensant qu’il va me faire la leçon. Après tout, j’ai tout fichu par terre alors qu’il m’avait donné plein de bons conseils. C’est pourquoi je suis très surprise de loucher bientôt sur une large main ouverte, tendue dans ma direction. Euuuh, qu’est-ce que c’est, ça, comme style de punition ? Il faut que je lève les yeux sur son visage pour comprendre qu’il veut simplement me remettre sur mes jambes. Et à cette seule idée, je me sens incapable de me tenir debout. Non non non, rien que de penser que je vais lui tenir la main, je suis bien trop excitée ! C’est pas possible, je ne vais jamais pouvoir… Je finis par m’y résigner uniquement que parce que nous aurions tous l’air stupide à rester comme ça et attendre que ça se passe, mais je constate bien vite que j’ai vu juste. Poser ma petite main tremblante sur sa paume m’électrise déjà la peau, mais quand il referme ses doigts avec assurance et me relève d’une simple traction comme si je ne pesais rien, je suis à deux doigts de défaillir. Je le dévore des yeux, complètement à sa merci. On ne pourrait pas être plus viril avec ce simple geste pourtant tout bête. Quoique…



Démoniaque volupté...

Fantasme
Nappé dans sa cape de brume noire qui semblait se dissoudre et se remodeler au gré du vent sur ses larges épaules, le Prince des Ténèbres tendit une main impérieuse et ensorcelante en direction de Kiyohi, tétanisée devant lui et complètement envoûtée par son charme mortel.

« Viens à moi, petite humaine… »

Comme mû par  une force extérieure, le corps de la jeune femme se plia à son ordre et elle avança d’un pas lent tout en glissant sa petite main en offrande dans la sienne. Dès que leurs peaux se touchèrent, une onde de volupté l’envahit tandis qu’elle succombait au sortilège de sa présence. Le Prince l’attira contre lui avec autorité dans les méandres de son vêtement et elle laissa échapper un petit gémissement lorsque le simple contact de son corps puissant vint ôter toutes ses forces au sien. Elle leva par inadvertance les yeux vers lui et tomba dans le piège de ses prunelles sombres.

« Désormais, tu m’appartiens. Et la marque que je laisserai sur toi prouvera à tous tes semblables l’étendue de mon pouvoir… »

Malgré sa peur, Kiyohi ne put s’empêcher de trembler d’excitation contre lui alors qu’elle sentait la cape de brume l’emprisonner dans les ténèbres, et la main du Prince délacer son corsage…
~





© A-Lice | Never-Utopia



Oui, comme ça c’est pas mal aussi. En tous les cas, Dracula peut aller se rhabiller. Mon sauveur au nom imprononçable est bien plus débordant de classe alors qu’il met à mort les trois bogoss par la simple force de son regard de seme. Pour le coup, je n’aimerais pas être à leur place parce qu’il a boosté un peu le niveau et il fait vraiment peur. A tel point que lorsqu’il leur ordonne de s’excuser, les trois larrons s’exécutent sans broncher alors que ce genre de spécimens est d’habitude bien trop bouffi d’orgueil pour ça. C’est la première fois que j’assiste à un tel évènement et j’en suis toute déboussolée ! Ne sachant pas trop comment réagir, je m’incline à mon tour, encore plus bas qu’eux bien que ça n’ait rien de logique :

« C-c-ce n’est pas grave ! »

Non, ce n’est pas comme si j’avais l’habitude qu’on se moque de moi et beaucoup moins qu’on s’excuse pour ça. En définitive, je suis plutôt soulagée qu’ils finissent par s’en aller. Surtout que c’est une nouvelle occasion d’entendre la voix de dominant de mon Prince. Aaah, ce timbre dur et ce regard froid, c’est trop d’émotion… Je flotte sur un océan de coton chaud lorsqu’il me fait en plus ce qui ressemble pas mal à un compliment dans son débriefing sur ma tentative de lutte contre ma maladresse. A vrai dire, je hoche la tête sans vraiment saisir le sens de ses paroles, obnubilée que je suis par l’ourlet de sa bouche ou les tendons de son cou, visibles de façon indéniablement séduisante dans le col de sa chemise. Surtout quand on sait ce qui se trouve sous ses vêtements, mes aïeux… Il faut qu’il me pose une question pour que j’émerge du brouillard libidineux où je suis plongée, à m’imaginer des tas de choses coquines à base de cabine d’essayage, de Prince des Ténèbres et de petites culottes.

« Le maillot ? Quel mail… Ah ! C-ce maillot-là ! Euh, et bien… lé-l’essayer ? En-enfin pas ici, non... J’avais le même au lycée alors, je sais déjà qu’il est à peu près à ma taille… M-mais c’est-à-dire que j’étais venue ici parce que je voulais aller à la plage… D-donc je suppose que je vais l’acheter et, euh… aller à la plage… »

Oui, c’est vrai que c’est pour ça que j’étais venue, au départ. Et que j’ai toujours l’intention d’aller me baigner. Le premier bain de mer de toute ma vie, pensez-vous ! Même si l’un dans l’autre, j’ai eu mon quota d’émotions pour la journée… c’est à ce moment de mes réflexions que je réalise que j’ai toujours ma main dans la sienne. Un deuxième frisson me fait lever la chair de poule tout le long du bras et je concentre immédiatement sur son visage. Surtout, ne pas trembler. Sinon, il va s’en rendre compte lui aussi et il va me lâcher, ce serait trop dommage. Les joues brûlantes, je toussote un peu et déglutis (sans succès, j’ai la gorge aussi sèche que du sable en plein désert) pour lui retourner la question :

« Et-et-et vous ? »

Avec un peu de chance, ça passera de façon tout à fait naturelle…
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La question qu'il se posait était la suivante : était-ce juste la personne du russe ou la présence générale d'hommes qui mettait cette jeune fille dans tous ses états ? Comment se comportait-elle en l'unique présence de femmes ? Elle était gauche à un point qu'il la soupçonnait d'être sortie d'un couvent et de n'avoir jamais fréquenté de garçons (nus, à plus forte raison) auparavant, ce qui pourrait expliquer ces absences, telle une machine subissant un court-circuit après une surchauffe. Alexis donnerait cher pour savoir ce qu'il se passait dans la tête de cette prude jeune fille dans un monde de magasins et de publicités vantant la beauté absolue, la mise en valeur de soi, l’esthétisme. Et des clients qui courent désespérément après.
La comparaison, bien qu'usée et abusée, était représentative de cette situation. Elle se retrouvait telle Alice dans un univers incohérent et absurde, où tout va plus vite que votre perception et votre logique. Sortir d'une institution close pour découvrir la réalité provoque toujours un choc, ce qui pouvait expliquer les insistants coups d’œil sur la nudité du tueur, les remarques polies orientées sur les formes masculines non-censurées. Un peu comme un ordinateur possédant un logiciel de contrôle parental et tombant sur un site érotique inattendu. D'où un bug.

Alexis ne pouvait que comprendre cette immersion brutale, et non préparée, dans une réalité éloignée de la sienne. Le Complexe Hinata et ses alentours avaient aussi explosé à la face du jeune homme tel un feu d'artifice éblouissant coloré après des années de vision bichrome grise et noire. Lui aussi était en fin de compte une petite Alice qui s'aventurait en terre inconnue, à la fois subjuguée et décontenancée par cette quatrième dimension. D'accord, imaginer un ancien assassin russe aux yeux noirs et avoisinant le Zéro absolu en Alice peut être étrange à concevoir. Il était moins vulnérable que petite Alice au maillot de bain banal qui était toujours en état de choc.
Elle avait en effet les symptômes flagrants d'un blocage, voire une peur-panique : tremblements, frissons, balbutiement et difficultés d'élocution. Elle donnait d'ailleurs une réponse vaseuse et embrouillée à sa question, plus proche d'une justification que l'information attendue. Elle était tellement perturbée qu'elle commençait à l'inquiéter. Elle n'avait même pas lâché sa main depuis qu'il l'avait relevée.

Il avait cependant obtenu une nouvelle donnée à son sujet : elle ne vivait pas dans un couvent, mais dans un lycée. Pas mieux, néanmoins. Les lycées pour jeunes filles, non-mixtes, avaient parfois les mêmes tares qu'un établissement religieux. Les professeurs qui rabâchent en cours d'éducation sexuelles sur le danger "mâle", les interdictions permanentes de rencontrer des garçons, obligeant certaines à faire le mur, et à être punies au retour en privation de permission le week-end, tout en vous assénant des principes bien pensant qui font des femmes de merveilleuses épouses sans saveur ni caractère, et absolument pas prêtes à affronter la vie dans une réalité où elles feront tapisserie pendant que les maris infidèles les exhiberont le jour pour les tromper la nuit, en les critiquant devant leur famille sans qu'elles puissent se défendre, en femmes soumises et innocentes. C'était même étonnant qu'on lui ai autorisé d'avoir un maillot dans sa valise, à moins que ce soit pour faire leur toilette sans être nues, montrer ses attributs étant honteux ?
Et voila le résultat : dès qu'une jeune fille sortie de ces lieux trop sévères arrivait dans le monde, elle était perdue et désemparée, sans parvenir à réagir aux situations délicates, ne sachant que rougir et se défendre maladroitement, les désignant encore plus comme cible de la lie de l'humanité, comme s'il y avait écrit sur elle :"mangez-moi", alors que vous n'avez aucune envie d'être mangé.

Soudainement solidaire d'elle à cause de leur passé impitoyable, il abandonna sa dure réserve en faveur d'un discret sourire, chargé d'apaiser les émois de la jeune fille.

- Vous avez besoin de vous poser un peu, après toutes ces émotions. Venez. La période des soldes est toujours très stressante et étouffante, la chaleur et la foule n'arrangeant rien.

Sans qu'elle n'eut le temps de protester, il l’entraîna aux caisses (sans retirer la main de la sienne), régla ses achats ainsi que celui de la demoiselle, sans qu'il ne lui laisse l'opportunité de refuser. Il lui tendit son sachet à la sortie, avant que tous les deux, main dans la main pour ne pas se perdre, traversèrent l'attroupement. Alexis ayant le don de se faufiler avec discrétion, il se déplaçait sans gêne. Il s'arrêta quelques minutes plus tard devant la façade d'un bar-glacier dans lequel il avait déjà consommé lors de sa première visite au centre commercial.

Après avoir présenté une chaise à la jeune fille et vérifié qu'elle n'allait pas tourner de l’œil (elle était si pâle...), il prit place à son tour et détailla la carte des glaces présentée en triangle sur la table. Il invita sa voisine à faire de même, avant de passer la commande d'un esquimau au chocolat auprès de la serveuse venue à eux. Quand ils furent à nouveau seuls, Alexis poussa un soupir de soulagement.

- C'est plus calme ici. Vous allez pouvoir respirer un peu. Et me dire votre nom, car je ne le connais toujours pas.
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Allez, respire, Kiyohi… Je vais bien, tout va bien, il n’y a absolument aucune raison de paniquer ou de fantasmer (même si on dirait que la main de cet homme a été faite pour me faire perdre le contrôle de mes fluides…). Je suis simplement dans un magasin bondé de spécimens d’humanus coquetus, après m’être rétamée dans les culottes et de nouveau debout grâce à l’aide d’un Prince des Ténèbres plus-sexy-tu-meurs, qui est héroïquement venu à mon secours quand bien même je m’étais incrustée dans sa cabine cinq minutes plus tôt, alors qu’il était à poil. Tout est normal. Oh mon Dieu, je ne sais même pas si je dois lui lâcher la main ou non. De mon côté, il peut me toucher autant qu’il veut, pas de soucis ! De toute façon, il lui suffirait de m’effleurer le bout du nez pour me faire tomber en pâmoison alors je ne suis vraiment pas regardante. Mais tout de même, les gens vont finir par se faire des idées, peut-être que ça va le déranger, oh là là, si mamie savait ce qui m’est arrivée aujourd’hui, elle ferait une crise cardiaque… Bref, je ne sais absolument pas quoi faire et je n’ose pas bouger de peur d’attirer une nouvelle catastrophe. Quand à poser le regard sur mon Prince, même rapidement, rien que l’idée suffit à me donner des palpitations !... Bon, juste un petit coup d’œil. Et une fois encore, timing incroyable (décidément) : je lève les yeux sur lui pile au moment où un sourire éclaire légèrement son visage.




Level up !

Fantasme
Félicitations, @DragonHuntress ! Un joueur de sexe opposé ne partageant pas de lien de parenté avec vous vous a souri : vous êtes passée au niveau 2 dans Real Life Game ! Après tant d’heures de jeu, ce n’est pas trop tôt… N’oubliez pas de dépenser vos points d’expérience ! ~




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Comment dire… Je suis complètement éblouie. Lorsqu’il m’entraîne vers la caisse, je me laisse faire et le suis sans même m’emmêler les pieds. Lorsqu’il paye mon maillot de bain, je ne proteste même pas. Et lorsqu’il me tient toujours la main en sortant du magasin pour m’emmener dans la galerie commerciale, je ne songe pas le moins du monde à lui demander où est-ce qu’on va. Ça pourrait être une autre boutique, une boîte de nuit, son château maléfique, l’appartement de sa mère ou même une cave pour faire du bondage, je m’en tape l’oreille avec une babouche (comme dirait papy). J’ai vu un sourire sur son visage de seme sévère et ça lui donne un bonus d’au moins +26 en charisme. Je ne peux pas lutter. Sans le quitter du regard, je m’assois mollement sur la chaise qu’il a tirée pour moi en terrasse et je suis tellement obnubilée par son aura de séduction que c’est à peine si je parviens à passer commande à la serveuse pour une boule de glace au lait. Je ne remarque même pas qu’elle nous regarde complètement de travers, sans doute parce qu’il a l’air beaucoup plus âgé que moi. Rien à faire. Elle est jalouse de ne pas avoir un Prince des Ténèbres aussi classe pour la défendre face à une horde de bogoss. Raaah, sa voix grave et séduisante fait résonner ses basses jusque sous ma jupe…

« Mon nom, très joli… euh, j-je… K-K-Kiyoma Sôhi… Euh, pardon ! Kiyohi Sôma ! Ou-oui, c’est bien ça. J-je suis enchantée, Monsieur Vy… Monsieur. »

Autant je crois que je pourrais me souvenir de son visage dans chacun de mes fantasmes des mois à venir, autant son nom c’est une autre paire de manches. Enfin, au moins ça a le mérite de me faire redescendre un peu sur terre et de réaliser que j’atteins quand même des sommets d’impolitesse. Rougissant subitement, je baisse les yeux et bégaye :

« V-v-vous… vous voulez que je vous rembourse pour le maillot ? J-je… je veux dire que, je n’ai pas réagi tout à l’heure, mais… Enfin, qu’un inconnu m’offre un vêtement comme ça, c’est… c-c’est un peu bizarre… Pourquoi est-ce que vous… »

Oui, c’est vrai ça. Pourquoi donc ? Après tout, je ne suis pas si intéressante que ça pour qu’un parfait inconnu veuille me faire des cadeaux. Pour quelle autre raison les hommes font-ils ça en gén… Une hypothèse me vient subitement à l’esprit et je me cloue le bec à moi-même, pour trop peu de temps hélas. Non, Kiyohi, retiens-toi. Ne dis pas ça, ce sera pire que tout. Tu sais que c’est une mauvaise idée, fais un effort, retiens-toi, ne dis rien, non, non, non, non, n…

« Vous êtes un pervers sexuel ? »

Long silence. Fumble critique. Dégâts maximum…
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Dim 8 Mar - 13:04
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Alexis n'était pas étonné du balbutiement de la jeune fille. Il faisait souvent cet effet là sur des adultes même âgés et à l'aise dans le monde. Un oeil noir de lui suffisait à les faire trembler et cela, malheureusement, le russe ne faisait pas exprès. Avec elle, c'était encore pire. Elle était impressionnée par des hommes en bande qui l'ignoraient. Alors un homme frigorifique aux yeux revolver...
Enfin, après quelques hésitations (il la perturbait au point qu'elle oublie son nom ? bon sang, on lui avait fait quoi dans son lycée privé ?), elle arriva à décliner son identité. Kiyohi Sôma. Elle eut plus de difficultés (prévisibles) à prononcer son nom. C'était volontaire ; et ça marchait à tous les coups. Mais avec elle, il atteignait le summum. D'ordinaire, les gens tentaient au moins jusqu'à la troisième syllabe.

- Enchanté de vous connaitre aussi, Sôma-san.

Le tout sous couvert d'un sourire charmant comme il savait si bien les simuler en mission. Avec plus de vrai tout de même pour celui-ci.

La demoiselle, toujours empruntée, se mit à parler du fameux achat de tantôt. Pourquoi Alexis lui avait-il payé le maillot ? Lui-même ne savait pas. Ou plus ou moins. Il y avait certainement dans cette rencontre avec cette fille innocente une envie de faire du bien à quelqu'un. Pas de la rédemption, non. Ce n'était pas en payant une glace ou des vêtements qu'on pouvait faire oublier et pardonner des assassinats en nombre, mais au moins, cela aidait Alexis à entrer dans une nouvelle existence plus colorée et plus douce. Après tout, Enzo lui avait laissé une journée de liberté absolue, alors il faisait ce qu'il voulait. Cette jeune fille, il ne savait expliquer pourquoi, appelait sa conscience et sa compassion. Il n'avait jamais eu de frère ou de sœur, mais il s'imaginait effectivement qu'une famille pouvait agir ainsi. Protéger quelqu'un était un sentiment nouveau, qui lui parut naturel, à lui le destructeur de vie, qu'il voulait goûter à ce qu'il n'avait pas connu.

Et là, ce fut le drame.

Kiyohi, toute gênée, essayait de comprendre les raisons inexplicables de ce geste avec un argument qui le surprit au plus haut point. On pouvait le traiter de beaucoup de choses, et ce serait mérité. Mais de pervers sexuel ? Il fut tellement pris au dépourvu qu'il manqua de s'étouffer, et jeta même un coup d’œil circulaire autour de lui pour vérifier que personne n'avait entendu. La serveuse les fixait bizarrement, mais la nature de son observation restait identique à celle de tout-à-l'heure ; il mettait ça sur le compte de l'étrange duo.
Alexis avait réussi, toute sa vie, à être discret. Il n'allait tout de même pas se faire remarquer à cause de la maladresse d'une jeune fille effarouchée ? Il n'arrivait pourtant pas à réagir, pour nier. Les bras ballants, les yeux ronds, il avait pris en pleine face cette hypothèse qui le laissait pantois. Décontenancé, sur la défensive, il se taisait.
Il ne savait même pas ce qu'il devait faire à présent. Rougir de honte (ce qui donnerait raison à cette idée saugrenue) ? Crier de colère ? Pour arranger le tout, la serveuse arriva avec leur commande, qu'il régla immédiatement sans piper un mot. Il laissa glisser son regard sur sa propre demande : un esquimau au chocolat. Avec le recul, c'était une mauvaise idée. Très mauvaise idée. Car un plan excellent pour passer justement pour ce qui n'était pas, avec un aliment propre aux quiproquos et sous-entendus graveleux.

Il exécuta alors un magnifique retour en arrière en redevenant glacial comme un iceberg. Il laissa un pourboire sur la table, ferma les yeux tandis qu'il se levait en s'emparant de la glace encore emballée, qu'il irait manger en dehors de sa présence.

- Si c'est ce que vous croyez, alors autant ne pas vous imposer ma présence. Profitez bien de cette journée.

Il fit un pas en direction de la sortie.
Kiyohi Sôma avait réussi un miracle dont peu de monde pouvait se vanter.
Elle l'avait vexé.
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Fumble...

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Quel dommage, @DragonHuntress. Vous avez choisi la mauvaise option de dialogue. Votre relation avec @SexyDarkPrince se dégrade et vous subissez un malus de 200 points d’expérience. ~




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Oh.
My.
God.
C’est vraiment, vraiment pas possible. Il y avait des tas et des tas de truc débiles à dire, pourtant. Pourquoi il a fallu que je choisisse la pire option qui soit ? Lorsqu’il m’entend, le sourire charmant du Prince s’étrangle (nooooon, ma lumière du jouur !) et il me fixe comme si lui aussi se posait la même question. Le silence qui s’ensuit est tellement pesant que j’ai l’impression de me fossiliser et de me craqueler sur place. Cette fois, j’ai beau réfléchir de toutes mes forces, il n’y a pas d’endroits suffisamment loin, étroit ou profond pour que je puisse me cacher dedans. Tout mon corps est gelé par mes sueurs froides et je devine déjà que mon visage est blanc comme du plâtre. Comment je vais pouvoir réparer un affront pareil ? Alors qu’il a été si gentil avec moi ? Alors qu’il m’a caressée, ensorcelée et faite saigner du nez (NDA : dans les faits, absolument pas…) ? La réponse est claire : je ne peux pas. D’ailleurs, sitôt que la serveuse nous apporte nos commandes, je m’agrippe à ma coupe de glace pour tenter d’arrêter de trembler, il retrouve ses esprits et je le vois se refermer comme une coquille d’huître pour redevenir aussi froid et seme qu’au tout début. Je frissonne et me recroqueville sur ma chaise, puis je perds tout espoir en l’entendant qui ne veut plus avoir affaire à moi. Mon fossile tombe en morceau, seul dans la lumière d’un projecteur sorti d’on ne sait où. Oh non, quelle catastrophe… Complètement tétanisée, je le regarde partir. Alors que tout allait si bien, que c’était la première fois qu’un homme me faisait un cadeau et m’invitait à prendre une glace… J’ai complètement gâché mon premier rendez-vous galant ( ?), double crétine que je suis !!! Cette pensée me donne un petit coup de fouet à moi aussi et je me lève en bousculant chaise et table pour courir à sa suite. Courage ! Je ne peux quand même pas le laisser partir sans tenter une manœuvre encore plus stupide : m’excuser inutilement.


« Non ! At-attendez ! Je suis désolée, ce n’est pas ce que je voulais dire ! Je sais bien que vous n’êtes pas un pervers sexuel puisque vous m’avez laissée squatter votre cabine alors que vous étiez tout nu sans rien faire de plus !! »

Je réalise un peu tard que la moitié du centre commercial est maintenant au courant de l’histoire. Je m’empourpre à nouveau en voyant les regards choqués des passants de la galerie. Oups… au moins, tout le monde saura que ce n’est effectivement pas un pervers sexuel. Est-ce que je ne peux pas réfléchir avant de dire des âneries, à la fin ? Rien qu’une fois, ça serait reposant. Mais maintenant que je suis lancée, que tout le monde nous regarde et que je ne peux de toute façon pas tomber plus bas, je décide de m’enfoncer encore un peu dans le ridicule en essayant d’être sincère :

« Ce… ce que je voulais dire c’est que… c’est la première fois que quelqu’un me fait un cadeau et s’occupe de moi comme ça… enfin, sauf ma famille bien sûr, mais… je n’ai pas l’habitude alors j-je me demandais simplement… »

Et voilà la triste vérité : jamais une seule interaction sociale positive avec un vrai garçon en dix-huit ans d’existence. Ma vie est vraiment misérable… Comme je n’ose même plus le regarder en face, je baisse le nez sur mes chaussures en attendant le coup de grâce et réalise alors que j’ai froid au pied gauche. Hein ? Comment ça ? Regardant plus attentivement, je me rends compte que  je n’avais toujours pas lâchée ma coupe de glace, que j’ai donc emportée à sa poursuite, et que dans ma folle course pour le rattraper, la moitié du pauvre dessert a atterri sur ma sandale et mes orteils. Je glapis et secoue légèrement le pied pour chasser la glace sans en mettre partout. C’est froid et ça glisse, beurk ! Alors qu’elle avait l’air bonne et que je pensais que je ne pouvais pas tomber plus bas que ça. Morte de honte, écarlate jusqu’aux oreilles, j’ajoute d’une petite voix :

« J-j-je suis désolée, je… je vous avais dit que je ne faisais que des bêtises… J-je comprendrais que vous vouliez vous en aller, m-mais… je pourrais au moins vous rembourser avant ? S-s’il vous plaît ? »

Que je puisse laver mon honneur avant d’aller m’enterrer quelque part…
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Dim 8 Mar - 13:04
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Il rêvait ou quoi ? Pervers sexuel ? Il était presque tenté de crier sur les toits son statut d'assassin professionnel pour gommer cette insulte, certes involontaire. Au moins les tueurs avaient plus de classe dans l'imaginaire collectif. Les films ou les livres où ils étaient les héros étaient fréquents tant ils fascinaient le commun des mortels. Les pervers, eux, ne trouvaient jamais grâce aux yeux des autres car ils étaient dégoûtants. A plus forte raison, quel âge avait cette fille ? Elle faisait tellement jeune ; peut-être était-elle mineure, ce qui le reléguait si c'était le cas au rang de pédophile.
Le monde était mal fait. On le récompensait quand il commettait des crimes ; et pour une fois qu'il se montrait généreux, voila comment il était remercié. Ingratitude du destin... Le bien ne payait jamais. Suffisait de voir comment Dark Vador était devenu une référence incontournable de la culture cinématographique, Luke Skywalker n'arrivait pas à lui faire de l'ombre. Alors qu'il s'était décidé à tourner la page de la générosité, une petite voix retentit derrière lui, reconnaissable entre toute. Et là où Alexis s'était imaginé toucher le fond, Kiyohi trouva le moyen de creuser un peu plus encore.

Elle débarqua dans l'allée, hors du glacier, à parler à haute voix de ce qu'il s'était passé plus tôt, tout en ayant conservé dans les mains la coupe de glace qui menaçait de lui couler sur le pied. Tout le monde avait pu ainsi profiter au passage de la description de cette scène dans la cabine d'essayage où il avait à présent le rôle d'exhibitionniste. Le voila rétrogradé dans sa perversité.
Le tueur, roi de la discrétion, silhouette furtive dans la nuit, sautant habillement d'un balcon à un bâtiment sans se faire repérer et s'introduisant dans n'importe quelle demeure sécurisée pour réaliser son macabre forfait, devint le centre d'attraction d'une foule consommatrice en arrêt dans sa course aux soldes pour assister à cet édifiant spectacle.

Les visages réprobateurs se tournèrent vers lui ; manquerait plus que l'un d'eux aille chercher un flic pour attentat à la pudeur. Ses méthodes pour se sortir du pétrin l'obligeraient à commettre des dégâts, ce qu'Enzo n'apprécierait pas beaucoup. Pour sa première journée de liberté totale offerte par son patron, Alexis avait vraiment fait le mauvais choix. Celui de bousiller ses acquis à cause d'une candide demoiselle tout droit sortie de son sévère internat et qui n'avait aucune notion de la retenue après avoir subi la sévérité de ses professeurs.
Le spécialiste de l'adaptation tout terrain était face à son adversaire le plus coriace qu'il n'eut jamais rencontré auparavant. Alexis avait eu de multiples identités, avait réussi à passer pour un mannequin, un scientifique, un chef d'entreprise sans jamais être percé à jour, grâce à des techniques et des connaissances assimilées lors des entraînements et des apprentissages d'années entières et douloureuses.
Jamais il n'avait été formé à "elle".
Il ne savait pas par quel bout partir, et restait bloqué. Il se retourna enfin vers une Kiyohi se confondant en plates excuses. Il devait vite agir. Il ne savait pas comment.
Il ferma les yeux. Respira. Vida toute arrière pensée et faire de la seule façon qu'il connaissait. Visage inexpressif, à part l'agressivité de ses yeux noirs. Tour à tour, il dévisagea les badauds accusateurs qui se mirent à filer doux pour ne pas finir congelés sur place. Arrivé à deux centimètres de la demoiselle, il la dominait de toute sa hauteur.

- On rentre dans le bar. Ma glace est en train de fondre et je ne veux pas me salir. C'est déjà votre cas, d'ailleurs.

Il la précéda et reprit sa place tandis qu'elle le rejoignit (dans quel état, il l'ignorait), avant de retirer consciencieusement l'emballage de son esquimau. Ce dernier était intact : avait-il été préservé par l'aura frigorifique que le russe dégageait de lui ?
D'une voix sévère, il répliqua enfin après le long silence qu'il avait volontairement maintenu jusqu'alors.

- Je vous pardonne à une seule condition.

Il durcit encore son attitude.

- Ne recommencez plus jamais un esclandre ou de tels propos. La prochaine fois, je ne me retournerais pas.

Il attaqua son esquimau avec humeur, une moue boudeuse se dessinant sur son visage. Il récupéra une serviette propre en papier que lui avait donné la serveuse en distribuant la commande et la fit glisser sur la table à destination de sa voisine.

- Pour votre chaussure.

Il se tut tandis qu'il dégustait sa glace. Il s'adoucit au fur et à mesure que le cacao fondait sur sa langue en laissant un parfum subtile à la fois corsé et doux typique de cette fève. Quant il eut achevé, il toisa la demoiselle quelques secondes.

- Je devine que c'est la première fois que vous sortez de votre internat. Cela expliquerait votre maladresse chronique.
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Dim 8 Mar - 13:04
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Je n’espère plus grand-chose. Après la honte que je viens de nous coller à nous deux, il doit juste avoir envie de s’en aller et de m’oublier au plus vite, ce qui est bien normal. Mais je ne veux pas rentrer chez moi en lui devant un maillot de bain et une glace et en ne l’ayant payé qu’avec mes idioties. Ça serait vraiment très incorrect de ma part, plus que ce que j’ai déjà réussi à faire en la matière. C’est pourquoi je suis surprise au dernier degré quand je vois soudain des bouts de chaussures vernies apparaître devant les miennes. Mais d’où sortent-elles ? Relevant la tête, je me trouve nez à nez (enfin, nez à chemise) avec mon beau Prince qui, par un miracle inexpliqué, est revenu vers moi. Mais comment c’est possible, ça ?! Comment est-ce qu’il peut encore avoir envie de rester avec moi après les boulettes intersidérales que je viens de commettre ? Je n’en sais fichtrement rien mais en tous les cas, son terrifiant regard de seme glacial me ferait presque plaisir. Que dis-je ? Il est même super excitant. J’adorerais qu’il le pose sur moi au cours d’une séance de bondage… inutile de préciser qu’il n’en est clairement pas là pour sa part et il se contente de m’ordonner de retourner dans la boutique. Tout de suite, mon Prince ! Je trottine aussitôt derrière lui, n’y croyant toujours pas. Quelle chance incroyable ! Je ne sais pas ce qui a pu le décider à revenir mais cette fois je suis décidée à ne pas tout gâcher. Je tourne sept fois ma langue dans sa bouche avant de parler ! Enfin, plutôt dans la mienne, hélas…

Un long silence s’installe après que nous nous soyons rassis, tandis que lui déballe sa glace et que je n’ose même pas toucher à ce qui reste de la mienne de peur de faire une bêtise. Bon, il est revenu mais il ne dit rien, je me demande si je dois faire quelque chose. Oh, mais si je parle je vais encore sortir une atroce bêtise et cette fois-ci tout sera fichu pour de bon. Que faire ? On ne va pas rester muets comme des carpes pendant une heure, ça va finir par devenir extrêmement embarrassant. Je suis tellement tendue durant ces instants de silence que je fais un véritable bond sur ma chaise quand il se remet à parler. Et même si son ton est aussi tranchant qu’une lame de rasoir, je suis tellement heureuse de l’entendre dire qu’il me pardonne que je souris aux étoiles (tout en frissonnant sous son regard de seme, c’est délicieusement érotique) :


« Ou-oui ! Promis, je… je ferai attention ! M-m-merci ! »

Les joues rosies de plaisir, je garde mon sourire stupide sur ma figure en me retenant à grands peine de ne pas sautiller sur ma chaise en glapissant de joie comme la fangirl que je suis. Hiiiiiiiiiiiii, c’est formidable, il me pardonne et il reste avec moiiiiiii ! Pourvu que j’arrive à me tenir, cette fois-ci. Oh là là, cette moue de bishônen vexé sur son visage, c’est tellement mignon ! Et le mouvement de ses lèvres quand il déguste son esquimau… c’est carrément chaud. Je ne vais jamais pouvoir manger ma glace, moi ! Je suis bien trop excitée ! Heureusement, il finit par reprendre la parole pour engager la conversation, ce qui m’évite de dire une nouvelle bêtise puisque je n’ai qu’à répondre à la question :

« Int… internat ? Euuh… n-non, je… je travaille au Complexe. J-j-je suis jardinière… M-mais c’est la première fois que je sors en ville depuis que je suis arrivée… Même si je n’ai pas besoin de ça pour être maladroite, haha… hem… »

Je vais vraiment passer pour une bouseuse tout juste sortie de sa cambrousse. Quoique, au final, c’est vrai… Toussotant un peu pour tenter de dissiper mon malaise, je tente timidement à mon tour :

« Et vous, euh… v-vous êtes en vacances ? V-vous parlez drôlement bien japonais pour un… un… gaïjin… excusez-moi… »

Je pique du nez dans ma glace et en avale quelques cuillerées avec précipitation pour ne pas voir s’il se vexe à nouveau. J’aurais bien aimé utiliser un autre terme parce que ce n’est pas très flatteur, mais je suis incapable de deviner son pays d’origine. Je n’allais tout de même pas en sortir un au hasard.


HRP:
 
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Dim 8 Mar - 13:04
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La conversation reprenait enfin un cours normal. Enfin, normal... avec une fille comme Kiyohi, la normalité perdait de son sens. Après sa petite période "je me sens penaude mais j'aggrave mon cas", la voila excitée comme une puce pour avoir réussi à le faire revenir. Par quel moyen, là était l'interrogation d'Alexis.
Pourquoi agissait-il ainsi avec cette jeune fille maladroite, timide (vraiment ?), étrange, aux regards troublants car difficiles à traduire (à quoi pensait-elle en son for intérieur ? Il aimerait bien le savoir. Quoique... Non, en fait. Si elle parvenait à songer qu'il puisse être un pervers, inutile de connaitre la suite). Malgré l'esclandre involontaire qu'elle avait provoqué, la japonaise était attachante, différente de ses fréquentations habituelles. Alors certes, il n'aurait pas affaire au commun des mortels, dont elle s'éloignait particulièrement, mais au moins, elle appartenait à la caste des personnes ordinaires. Ce dont Alexis avait absolument besoin pour tourner la page. Quelqu'un qui n'était pas, de près ou du loin, lié au milieu. Elle était innocente et rafraîchissante. Bien qu'extravagante.

Tandis qu'il l'observait bondir de partout comme un kangourou sous acide, il dégustait sa glace avec délectation, alors que celle de la miss ressemblait de plus en plus à un milk-shake. Elle ne devrait pas tarder, le dessert ne serait pas très bon une fois trop fondu. Elle ne se décida pas pour autant à savourer sa coupe pour répondre à l’interrogation d'Alexis, réponse à laquelle il ne s'attendait pas vraiment.
Il avait décidément tout faux. Elle n'avait rien à voir avec ce qu'il avait imaginé. Adieu lycée sévère, couvent de jeunes filles. Si Kiyohi découvrait pour la première fois des hommes, elle le devait à ses parents ou à elle-même, mais pas à la dictature d'un professeur ou une bonne sœur frustrés. Alexis ne pouvait déjà pas grand chose ; à présent, c'était encore moins de son ressort. Il serait déplacé (et pervers, là, pour le coup) de s'occuper de son ouverture au monde du dehors et à la gestion de la gente masculine, qu'elle soit un groupe de jeunots plaisantins ou un homme nu en plein essayage. Etant homme de franchise, sans crainte de vexer ou de blesser, il exprima à haute voix ce qu'il pensait tout bas. Sans vouloir jouer les revanchards et faire dans la méchanceté gratuite, il pouvait bien se le permettre après la petite scène de tantôt. Ce n'était que justice.

- Ah... Pourtant, j'étais persuadé que vous étiez une de ces ingénues qui sortent droit des écoles privées religieuses. Cela aurait expliqué bien des choses.

Donc Kiyohi était une employée du Complexe Hinata (et juste maladroite. Carrément maladroite, oui !) en tant que jardinière. C'était drôle, il l'imaginait bien parler à ses plantes.

- Vous devriez manger. La glace fondue est nettement moins délicieuse.

Il l'incita d'un regard sans discussion à reprendre sa cuillère en main.

- Je suis en vacances, en effet. Au Complexe. Je ne sais pas si les jardiniers n'ont pas le droit de se montrer aux clients, pour faire perdurer la magie des lieux, de même que l'on ne peut y voir les femmes de ménage. Car je n'ai pas eu l'occasion de vous apercevoir. Peut-être êtes-vous ici depuis peu.

C'était une question, bien que ressemblant à une affirmation. En même temps, il devait être honnête avec lui-même. Si cette jeune fille (majeure, puisqu'elle travaillait. Le voila rassuré sur ce point) n'était pas entrée par inadvertance dans sa cabine, jamais il n'aurait porté l'attention sur elle. Le hasard seul était responsable de leur rencontre.

- Mon maître de...

Il s'était trop avancé. Bah, de toute façon, que risquait-il d'en parler à Kiyohi ? Qu'elle le reconnaisse comme étant Archer du Serpent ? A moins qu'elle soit une espionne et comédienne douée, il ne risquait rien à évoquer cet épisode de sa vie.

- ...de tir à l'arc était japonais, et refusait de me parler dans ma langue maternelle, bien qu'il la connaisse.

Et l'apprentissage du japonais, même pour un russe dont la langue était aussi l'une des plus complexes au monde, ne fut pas une partie de plaisir. Comme bien des choses dans son enfance et son adolescence, du reste.
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Bon bon bon, tout va bien pour l’instant. J’ai réussi à dire des phrases qui passent sans trop de soucis dans une conversation normale. Tout va bien, tout va bien… Pourvu que ça dure. Je ne devrais pas être aussi craintive mais avec toutes les bourdes que j’accumule, j’ai vraiment peur de tout faire flancher une nouvelle fois. Enfin, si je me contente de répondre simplement, sans m’affoler, à ses questions, ça devrait aller. Ça devrait aller… J’aimerais drôlement être à la place de cet esquimau, dis donc. Mais alors que je suis absorbée la glace qui fond dans sa bouche, au détriment de la mienne (de glace), je hausse les sourcils en entendant ses paroles. Une école religieuse ? Moi ? Quelle idée bizarre. Dans ma famille, on est tous shintoïste et puis ce genre d’écoles ne court pas les rues au Japon. Plutôt en Occident, c’est vrai. Oh, j’ai un yaoi fantastique qui parle de ça… Mais en attendant, ce n’est pas mon cas :

« Euh… N-Non non, je… Ha ! Vous vous dites ça à cause de mes réactions bizarres, c’est ça ? »

Oh bravo, tu as trouvé ça toute seule ? Évidemment que c’est pour ça, pour quoi veux-tu que ce soit d’autres… Avalant une cuillerée de glace fondue pour reprendre contenance suite à cette nouvelle stupidité, je réponds aussi distinctement que je le peux :

« A vrai dire, je…  je sors d’un lycée pour filles… et la ferme de mes grands-parents était à presque une centaine de kilomètres de la ville la plus proche alors… je n’avais pas souvent l’occasion de voir du monde en dehors de ma famille… et comme je n’ai que quatre sœurs, je n’y connais vraiment pas grand-chose en g-garçons, haha… »

C’est vraiment misérable… Suivant son conseil, je m’attèle enfin un peu sérieusement à ma glace. Moi ça ne me dérange pas quand c’est fondu, c’est moins froid sur les dents. Et puis ça coule plus facilement, c’est plus agréable à avaler… Qu’est-ce que je viens de penser, à l’instant ? Avec une boule de glace au lait en plus. Heureusement que j’ai réussi à garder ça pour moi, même si je me mets soudain à rougir sans raison alors que le Prince m’explique qu’il est vacancier au complexe (Sugoï ! Quelle chance !) et qu’il ne m’y a jamais vue.

« Oh non, je… je suis arrivée il y a une semaine. Et comme je n’ai que dix-huit ans, on… on ne me fait pas encore travailler tout à fait à temps plein. D’ici deux ans, oui… »

Ah là là, comment je vais me concentrer sur mon travail maintenant, sachant que je pourrais peut-être le recroiser au détour d’un massif ? Trop d’émotions en perspective… Et je ne suis pas au bout ! Ma cuillère me tombe des mains et cliquète dans ma coupe tandis que je reste bouche bée en entendant le sport qu’il pratique, et qu’il a appris à la dure. Non, c’est pas possible !

« Vous faites du tir à l’arc ?! Du kyudo ?! »

Des étoiles s’allument dans mes yeux. J’imagine son corps parfait concentré dans la pose du tireur, divinement mis en valeur dans la tenue traditionnelle des kyudoka. La vache…


La leçon du soir

Fantasme
Kiyohi s’avança timidement auprès de Yosuke-senseï, encore frissonnante d’émotion après l’avoir vue réussir son tir et toucher le cœur de la cible. Lorsqu’il la remarqua enfin et posa les yeux sur elle dans la salle d’entraînement déserte, elle sentit ses jambes trembler sous l’effet de la chaleur étourdissante que lui procurait son regard perçant.

« Depuis quand tu épies tes professeurs au lieu de travailler tes tirs ? »
« Ah ! P-pardon, Yosuke-senseï ! »

Le jeune homme s’approcha d’elle, lui attrapa le poignet et l’attira contre son torse. Kiyohi lâcha un petit cri de frayeur (et d’excitation) en sentant la dureté et la chaleur de ses muscles à travers le kyudo-gi et le muneate. Elle resta paralysée et pantelante sous le regard de glace qui la dominait toute entière.

« Non, pas cette fois… »

Sans la quitter des yeux, Yosuke-senseï posa une main le long de sa cuisse pour la soulever et glisser ses doigts au creux de ses jambes, lui arrachant un gémissement alors qu’ils se perlaient d’humidité. Il pencha la tête pour recueillir ses supplications sur ses lèvres, du bout de la langue.

«Aujourd’hui, je vais t’apprendre à être un peu plus appliquée… » ~





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Je serre les cuisses sur ma chaise et avale ma salive, les joues rouges et le regard brillant. Nul doute que ça lui irait à merveille. Et je ne peux pas m’empêcher de le lui faire savoir :

« C’est… c’est trop cool ! Vous êtes trop seme ! Euh, en-enfin je veux dire que vous devez être très classe ! A-avec la tenue, l’arc et… ça explique pourquoi vous avez l’œil aussi perçant… »

C’est vrai. Même si je n’ai pas rencontré beaucoup d’hommes dans ma vie, c’est quand même la première fois que je vois quelqu’un capable de faire baisser les yeux de parfaits inconnus rien qu’en les regardant. Ça doit être de la même façon qu’il fixe ses cibles avant de tirer, je frissonne rien que de l’imaginer. Il doit être méga trop beau !!! J’adorerais voir ça ! Tiens d’ailleurs, peut-être que…

« Vous êtes venu pour une compétition ? »

Si c’est le cas, je peux sans doute me débrouiller pour aller voir !
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Dim 8 Mar - 13:05
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Alexis Dolohov a écrit:
La jeune fille, contrairement à ce qu'il avait pensé, n'était pas enfermée dans un lycée sévère ou un couvent. Avec le recul, le russe se rendit compte qu'il avait dit une absurdité. Il avait appliqué à la civilisation occidentale quelque chose qui n'existait pas ici. Bien qu'il soupçonnait l'existence d'une institution ressemblant à ce qui existait par ailleurs. Il ne s'était néanmoins pas trop trompé au sujet du lycée de filles et d'un environnement exclusivement féminin, le rassurant sur ses capacités d'analyse. Entre un établissement scolaire non-mixte et des soeurs, sans parler qu'elle venait de sa campagne, la demoiselle n'avait pas été préparée au choc du Mâle. Si à présent, elle était à la ville et qu'elle avait un travail, elle allait en croiser beaucoup, et s'accomoder de leur présence (bon sang, il avait l'impression qu'il parlait d'une femme qui s'accoutumait à des animaux sauvages).
Voila qu'elle rougissait à nouveau. Mince, qu'avait-il dit ou fait pour provoquer cela ? Il avait été trop rude sur le côté maladroit, peut-être ? Si cette fille avait été à sa place au serpent, elle aurait été mangée toute crue ! Il passait outre cette nouvelle manifestation paranormale pour se concentrer sur la suite de son discours, où il eut la confirmation de son estimation. Majeure, du point de vue de la Russie. Elle avait encore du boulot à faire pour avancer dans la vie, cette demoiselle...

- Et bien, j'essaierais de venir vous voir quand vous vous occupez des plantes...

Pourquoi il avait dit cela, soudain ? Qu'est-ce qui lui prenait ? Bien qu'elle était assez déstabilisante (voire agaçante par moment), se serait-il attaché à elle, de six ans sa cadette ? Après des années où Alexis ne pouvait compter sur personne que sur lui-même, où il avait été entouré d'ennemis ou de gens à tuer, il apprenait la sociabilité réelle, pas cette mascarade à laquelle il s'apprêtait pour rencontrer ses futures victimes. C'était spontané, sincère, et vrai, au point qu'il cherchait à créer des liens solides plutôt que de frêles fils de pêche. Sa proposition n'était même pas gratuite, il le pensait vraiment. Elle était assez attachante, malgré ses maladresses, la petite Kiyohi.

Elle s'anima d'ailleurs à nouveau d'un éclair dans les yeux.

"Aie", grimaça-t-il, avant qu'il ne connaisse la raison de son emportement. Le tir à l'arc. Ou plutôt particulièrement l'art japonais de ce sport, à savoir le Kyudo. La conclusion à tirer de son sursaut : elle pratiquait ou avait pratiqué ce sport. Voila qui était un nouveau sujet de conversation à saisir, sans besoin d'aller dans le détail des activités réelles du brun.

Et brusquement, il décrocha des mots qui sortaient des lèvres rosées de la jeune fille. Il avait bloqué sur un mot de japonais. Alexis parlait certes fort bien cette langue, mais ce n'était pas sa langue maternelle. Il passait parfois à côté d'un terme qui perturbait la compréhension d'une phrase entière, et a fortiori, de la suite. En l’occurrence, ici, le mot "Seme" lui était inconnu. Ce n'était pas un terme de Kyudo, il les connaissait. Avec la discrétion dont il était coutumier, il s'empara de son téléphone portable tout en écoutant la nouvelle interrogation de Kiyohi. IL allait lui servir le même mensonge qu'à Pearl, c'était du tout cuit.
Avec habileté, il navigua sur son téléphone tactile et tapa sur un célèbre moteur de recherche "seme" + "japonais". Le résultat qu'il obtint le laissa coi.


Non... Il avait mal compris. Elle avait dû mettre un accent tonique qui avait déformé la prononciation du mot. C'était peut-être same, ou sime. Ou alors, comme elle avait dit le mot "cool", il soupçonnait un mot d'origine étrangère à la mode chez les jeunes adultes. Le mieux était de poser la question. Après tout, la japonaise qui connaissait la réponse était bien celle qui avait prononcé le mot incriminé.

- Une petite seconde. JE ne suis pas bien sûr. Je vous répondrais sur ce point, je le promets, mais... Je crains d'avoir mal saisi ce que vous avez dit tout à l'heure. Après "cool". Je suis trop ... "Seme" ? C'est bien ce que vous avez dit ?


Il afficha un sourire d'excuses (factice) pour mettre à l'aise la jeune fille et obtenir une vraie réponse.

- Désolé, mais comme je ne suis pas japonais, le sens de votre formule m'a échappé. Et mon attention a décroché. J'ai encore beaucoup à apprendre.
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Dim 8 Mar - 13:06
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Invité a écrit:
Aaaaaaaaaaaah ! Il va venir me voir sur mon lieu de travaaaaaaaaail !

« Ah ! Oh, d-d-dans ce cas je… j-je m’appliquerai ! »

Tu parles ! Je serai tellement occupée à sursauter à chaque homme brun qui se promènent dans les allées que je serais fichue de tailler les massifs de travers ! Ça m’est déjà arrivé la fois où Papy a engagé des saisonniers, une année où on a eu des veaux à foison. Trois jeunes hommes musclés par le travail à la ferme, sous notre toit pendant tout l’été… jamais je ne me suis autant masturbée chaque nuit, surtout quand mes sœurs ne se sont pas gênées pour en profiter chacune leur tour. J’ai été incapable de planter un tuteur droit du premier coup pendant près d’une semaine, tellement j’étais occupée à rêver à tout ce qui pourrait se passer si l’un d’eux (ou tous les trois, pourquoi pas…) avait soudainement quelque chose à me montrer tout au sommet des meules de foins dans la grange…  Là, si le Prince vient me rendre visite à l’improviste dans le parc du complexe, ça va être le même topo. Mais je suis tellement heureuse à l’idée qu’un homme veuille me revoir, même si je n’ai rien de particulièrement intéressant à dire ou à montrer pendant que je travaille ! C’est la première fois que ça m’arrive ! C’est sans doute pour ça que ce n’est pas gagné.

Une fois de plus, je risque de tout gâcher de façon définitive. Alors que je pensais m’être suffisamment bien rattrapée, le Prince m’interrompt pour m’informer qu’il a buté sur un mot que j’ai prononcé. Et pas n’importe lequel. Mon sourire se fige et je pâlis instantanément sous l’effet d’une brusque sueur froide. Par l’enfer ! Cette fois c’est cuit ! Je ne peux absolument pas lui expliquer ce que ce mot signifie, sinon ce n’est plus la peine de l’attendre au détour d’un massif. Stupide idiote, qu’est-ce qui m’a pris de lâcher un mot pareil ?! C’est pas comme si j’aurais pu en sortir des tas d’autres ! En attendant, je ne peux pas rester sans réponse. Si je ne réagis pas très vite, la situation ne fera qu’empirer. Il faut que je me dépêche de faire diversion et d’expédier l’affaire :


« Euh ! C-c-ce n’est rien ! Rien d’important, vraiment… M-ma langue a fourché, je n’ai pas fait attention… C’est j-juste une façon de dire que vous êtes, euh… im-impressionnant et… »

Grand, beau, viril, sexy, méga classe, dominant et excitant comme pas deux !

« … Gay ? »

Un bloc de glace me tombe dans l’estomac et le silence autour de la table se fait de plomb.


Fumble

Fantasme
Vous n’êtes quand même pas très futée, @DragonHuntress… ~




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Mais… mais comment c’est possible, ça ?! C’est pas du tout le mot auquel je pensais ! Pourquoi c’est celui-ci qui est sorti ?! Ce coup-ci, l’apocalypse me guette. Mortifiée, je rougis de honte à une vitesse supersonique et j’ai même la tête qui tourne sous l’effet de la panique. Il va me détester, il va penser que je me moque de lui, il ne voudra plus jamais me revoir ! Non ! Non, hors de question, je refuse que ça se barre en sucette à ce point, juste parce que je ne suis pas fichue de coordonner ma langue et mon cerveau correctement. Commençons pas ne pas paniquer. Enfin, paniquer aussi peu que possible. Plus d’esclandre, il a dit ! Fidèle à ma parole, je m’efforce donc de m’affoler à voix basse :

« Nonnonnonnonnon ! Ce-ce n’est pas ce que je voulais dire, absolument pas ! Enfin, j’en ai rien à faire si jamais c’est réellement le cas, ça ne me… c’est pas mes affaires et puis je trouve ça plutôt cool ! Euh, enfin c'est-à-dire que… »

Zut, je crois que je m’enfonce de plus en plus. Le nez dans ma coupe, écarlate comme jamais, je ne vois pas comment je pourrais m’en sortir. Après tout, je ne peux pas lutter contre ce que je suis, une otaku fan de yaoi et de hentai parce qu’elle n’est pas fichue d’adresser convenablement la parole à un garçon, une vraie fujoshi. Et personne ne veut parler avec les gens comme moi. C’était couru d’avance qu’il finisse par tout découvrir et s’en aille, complètement dégoûté. Malgré tout, le Prince a été gentil avec moi, il m’a protégée et il m’a fait un cadeau, il m’a invitée à manger une glace et c’était la première fois de ma vie que ce genre de chose m’arrivait. C’était de loin une des plus belles après-midi de ma vie alors il faut au moins que j’arrive à le remercier, même avec mes maigres moyens d’otaku. Je finis donc par m’exclamer d’une traite, toujours à voix basse :

« Ce que je voulais dire c’est que pour moi, ce n’était pas du tout une insulte ou une moquerie ! C’est ma manière de dire que je vous trouve grand, beau, viril, sexy, méga classe et excitant comme pas deux ! »

Oh, euh… d’accord. C’est vrai que ça fait du bien de l’avouer mais bon… c’était peut-être pas obligée d’y mettre autant de sincérité. Enfin, au moins tout sera dit si jamais il veut s’en aller. Je me pelotonne au fond de mon siège, derrière ma coupe vide.

« Enfin, voilà… la glace est délicieuse… »

Quelle diversion lamentable…
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Dim 8 Mar - 13:06
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Elle se défendait mal. Mais mal ! Son hésitation, suivie des balbutiements à la limite du bégaiement ne pouvaient pas tromper grand monde. Sa langue n'avait pas fourché, elle avait au contraire exprimé à haute voix une pensée latente de son esprit, sans pouvoir contrôler son expression. Ou comment le cerveau transmettait aux cordes vocales sans le filtre de la raison. Ce qui expliquait beaucoup d'éléments en amont. Loin de l'idée qu'Alexis avait élucubré sur le sévère internat et la fillette timide exposée à des hommes, impressionnée par toute connaissance vers le sexe opposé, elle se déclarait comme étant à l'inverse. Elle ne cherchait pas à tromper son monde, c'était une sorte d'innocence orientée de la jeune fille découvrant les indécents bonheurs sensuels, et possédant une imagination débordante. Au premier abord, on pourrait effectivement confondre ses yeux baissés, ses rougissements, et ses absences par de la pudeur et un choc émotionnel. Malheureusement pour elle, elle se sabordait elle-même avec une naïveté qui amusait tout particulièrement Alexis.
Qui l'amusait, lui. L'imperturbable assassin, l'Archer, le russe dissimulant ses émotions était vaincu sur ses terres de froideur par une gamine aux penchants avérés vers l'érotisme. Sa première journée de liberté était vraiment aux antipodes de son sombre quotidien. Il avait rencontré la personne la plus étrange de son existence, pas plus haute que trois pommes et insignifiante au premier abord. Et pourtant, ce serait dommage de passer à côté. Si elle n'existait pas, on devrait l'inventer. Pearl lui avait donné l'amour et l'envie de quitter sa noirceur ; Enzo lui avait accordé sa liberté et un job pour survivre. Kiyohi lui amenait le rire et la taquinerie. Il lui arrivait, quand il prenait de fausses identités, de s'adonner à ce genre d'exercice. Ce qu'il allait faire n'était pas gentil. Mais pas gentil du tout. En même temps, il n'était pas quelqu'un de gentil, c'était le moins qu'on puisse dire.

Son hypothèse se révélant être la bonne (Gay ? Il faisait Gay ? Il s'était pourtant regardé souvent dans une glace, même s'il détestait son reflet, et à part trouver qu'il avait une sale tête après une mauvaise nuit, il faisait viril, quand même !) ; il durcit son regard, croisa les bras, ainsi que ses jambes.

- Donc je suis un impressionnant Gay dominateur. Et c'est vous qui me demandiez tout à l'heure si j'étais un pervers sexuel. Et bien, et bien. Si je m'imaginais en me déshabillant dans ma cabine que je tomberais sur une jeune fille aux idées bien arrêtées, je me serai trouvé particulièrement déluré. Comme quoi tout est possible.

Il ne l'aidait pas beaucoup. Ce n'était pas charitable, et il le savait. Pourquoi il faisait ça ? Pour s'amuser à ses dépends ? Lui-même n'avait pas été protégé des remarques blessantes. Néanmoins, il fallait admettre que l'homme, véritable loup pour l'homme, prenait toujours un malin plaisir à écraser les plus faibles. Alexis, lors de ses meurtres, ne le faisait jamais de plein gré, et se morfondait de culpabilité pour ce qu'il avait fait. Pour autant, même s'il n'était pas fier de torturer cette demoiselle, lui-même avait décidé de lâcher son cerveau quelques minutes et l'aider à remonter la pente si vraiment elle venait à craquer. Elle fantasmait sur lui, hum ? Elle était d'une franchise à faire peur, et si tout à l'heure il aurait bien filé à l'anglaise après l'avoir traité de pervers sexuel, cette fois, il renversait la mécanique avec malice.
Plus elle s'essayait de se rattraper aux branches, plus celles qui se trouvaient à portée de main se révélaient vermoulues et s'effritaient au toucher, l'emportant dans une chute dont la conclusion serait douloureuse.
Il commanda un verre d'eau à la serveuse qui l'amena de suite. Il ignorait si elle entendait leur conversation, mais quelle importance. La jeune fille, le nez tellement plongé dans sa coupe de glace (totalement fondue à présent), ne l'avait même pas remarqué. Puis, d'un coup, elle s'exclama avec un emportement touchant en faisant l'une des plus belles déclarations tendancieuses qu'il n'eut jamais entendu. Et le miracle arriva. Il se mit à sourire. Sincèrement. Il porta une main à ses lèvres et se mit à rire sous cape. Ce qui pour un homme comme lui revenait à un fou rire. Il le faudrait pas trop en demander, on ne sort pas de sa réserve si aisément.

- Rien que ça ? Je suis sexy ? Laisse-moi te dire que tu te trompes à mon sujet.

Histoire de la faire languir, il porta son verre d'eau à la main et prit une gorgée. Il s'assit de biais sur sa chaise, ses jambes croisées bien en évidence, un bras posé sur le dossier du siège et le regard perdu dans le lointain, avec un sourire fripon au coin de sa bouche.

- Je ne suis pas gay. Je suis bi. Et il ne me déplaît pas de jouer, comment vous dites ?

Il exhiba son téléphone portable affichant toujours la page de Wikipedia et fit semblant de lire en plissant les yeux, cherchant le mot alors qu'il s'en souvenait très bien après sa première lecture. Puis son visage s'éclaircit, "eurêka" !

- Ah oui, c'est ça. Le "Uke".

Heure du décès de Kiyohi Sôma : 15h35.
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Dim 8 Mar - 13:07
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Invité a écrit:
Tiens, c’est bizarre. Contrairement à ce que je pensais, le Prince ne se met pas en colère. Il ne me hurle pas dessus pour l’avoir traité de gay et ne s’en va pas sans plus attendre, me laissant seule avec mes lapsus et ma glace fondu. Pourtant, c’est la réaction normale attendue dans une situation de ce genre, non ? Enfin, je n’ai pas souvent eu l’occasion de me retrouver dans une situation qui repoussait à ce point les limites du grotesque, donc peut-être que lui non plus ne sait pas trop quoi faire… quoique, je ne pense vraiment pas que ce soit ça. Il y a… quelque chose d’étrange dans son attitude. Oui bien sûr, il commence par se vexer, en croisant les bras et en me toisant d’un regard sévère qui me fait me recroqueviller sur ma chaise. Mais comment dire… la manière dont il me fait la leçon, démasquant l’étendue de mon imagination lubrique sans la moindre pitié, même si son jugement est implacable et que je donnerais cher pour disparaître à l’instant présent, je ne peux pas m’empêcher d’avoir l’impression qu’il… s’amuse. Pourtant, je ne vois vraiment pas sur quoi je me base pour dire ça. Son regard dur et son visage fermé me vrillent sur place et je crois que je pourrais faire passer une tomate bien mûre pour un peu pâlotte.

« J-j-j-j-je suis vraiment désolée… je vous assure que vous n’avez pas l’air gay… »

Mais rien à faire, il y a quelque chose dans son attitude qui me donne l’impression d’être face à un grand fauve qui s’amuse à la chasse, de façon pépère. D’ailleurs, il se met bientôt à rire. Si, si, à rire vraiment. Enfin, juste un peu mais je dois dire que c’est surprenant. C’est pas quelque chose que j’imaginais facilement sur quelqu’un de stoïque comme lui. En toute honnêteté, surtout avec la suite de ses paroles, ça lui donne l’air un poil cruel. Et au risque de passer pour une dépravé (quoique je ne suis plus à ça près), c’est follement excitant. Ça donnerait presque envie d’une petite fessée… Mais non, pas de fessée. A la place, juste une bonne grosse claque. L’espace d’un instant, j’ai l’impression d’avoir mal entendu, ou mal compris. Ce n’est pas possible. Ce genre de choses ne peut pas arriver à une fille aussi malchanceuse que moi, ça ne se voit que dans les yaois… Et puis peu à peu je comprends. Et je me sens tourbillonner dans l’hyperespace, transportée à des millions d’années lumières de mes rêves les plus fous par ce simple petit mot qu’il vient de prononcer avec un sourire de prédateur, en étirant ses longues jambes sexys devant moi :

« U… uke ? V-vous ? »

Oh mon Dieu… Mais comment un Dark Prince aussi seme pourrait être un uke ?! Je refuse d’y croire c’est imposs…


Rivalité clandestine

Fantasme
Dans les vestiaires du dojo, Yosuke plaqua Kenta contre le mur des douches alors qu’il le surplombait d’une demi-tête, oubliant sa fierté pour offrir impudiquement ses lèvres et son corps à son rival de toujours. Celui-ci fut surpris, mais sentit bientôt le désir l’aiguillonner et entreprit de caresser les fesses nues et mouillées du jeune homme, un sourire narquois aux lèvres.

« Yosuke… Tu es bien téméraire, aujourd’hui. Et si on nous surprenait ? »
« Ça n’a pas d’importance. J’ai envie de toi... Ici et maintenant… »
« Comme tu voudras… »

Cet aveu fit rire Kenta qui, sûr de son ascendant, se mit à caresser le sexe de Yosuke, se délectant de ses gémissements de plaisir qui se répercutaient sur le carrelage des murs, se mêlant au bruit de l’eau chaude. Lui si fier, si froid et distant, si impitoyable en compétition d’habitude… Il s’amusait de le sentir pantelant de désir et prit tout son temps pour soulever une de ses cuisses et glisser sa propre verge entre ses fesses frémissantes, s’arrêtant à l’entrée.

« Aaah… arrête ça, je veux te sentir en moi… »
« Mon nom… dis-le et je te prendrais… » lui souffla-t-il en lui mordillant l’oreille.
« Kenta… »
« Bon garçon… »
~





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Floc. C’est plus ce que je pouvais supporter : mon nez ne se contient plus devant cette vision et je me remets à saigner sans prévenir. Rouge jusqu’aux oreilles et les cuisses frémissantes, j’attrape la serviette en papier qu’il m’a donnée tout à l’heure pour contenir la marée. En fait, c’est carrément possible.

« Oh là là, je… pardon, c’est… c’est l’émotion… »

Et comment ! Je ne vais jamais pouvoir dormi cette nuit ! Comment faire autrement avec ces images d’un érotisme insoutenable ? Le renversement des codes habituel du yaoi n’est pas très pratiqué, les éditeurs et les auteurs étant assez frileux quand à la réception par le public. Mais toutes ces péronnelles qui fantasment uniquement sur les bishônens doux et gentils pris sans vergogne par d’autres bishônens plus grands, plus musclés et plus brutaux sous-estiment grandement le pouvoir d’un peu de virilité ! Il n’y a rien de plus chaud qu’un seme qui se fait prendre par un autre ! Du fait du jeu de la domination, la tension sexuelle entre les deux protagonistes (et dans les culottes des lectrices) atteint alors des sommets insoupçonnés ! Et maintenant qu’il a ouvert mon horizon, mon Dark Prince-sama ne saurait être plus follement sexy que dans ce rôle trop rare et pourtant délicieux d’ambi ! Oh là là, je mouille rien que d’y songer ! Ce n’est pas comme ça que je vais me remettre de mes émotions. Toujours le nez obstrué par le bout de tissu, je demande timidement pour essayer de penser à autre chose :

« E-excusez-moi, m-m-mais… pourquoi vous me dites une chose pareille alors que je n’ai fait que vous attirer des ennuis en racontant des bêtises depuis tout à l’heure ? »

C’est vrai que cette réponse m’intrigue. Si seulement c’était suffisamment le cas pour parvenir à occulter l’autre question qui me vient à l’esprit. La question que toute otaku girl vierge et effarouchée s’est posée au moins une fois dans toute sa vie en feuilletant ses yaois préférés. J’aimerais me retenir, allez pitié, pitiéééé… et puis non, je craque :

« ……. Ça fait mal ? »

C'est vrai, quoi...
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Dim 8 Mar - 13:07
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C'était donc ça. Miss Rouge-joue était une petite coquine. Ses songes érotiques correspondaient donc bien à ces moments d'absence qu'elle avait depuis leur rencontre. Il en était persuadé à présent, depuis qu'il lui avait tendu un piège magistral, tout en douceur. Et il avait réussi à obtenir un épistaxis, une expression toute japonaise de l'excitation sexuelle. Cela avait d'ailleurs été facile. Si facile... Elle n'avait donc pas été choquée par son expérience dans la cabine d'essayage. Et cela pourquoi elle était restée alors que toute personne bien élevée aurait levé le camp. Alexis était bien curieux de connaitre ce qu'elle avait imaginé. Jusqu'à quel point pouvait-elle fantasmer sur son compte ? Surtout depuis qu'il avait dit le mot "Uke".

Il balançait son pied suspendu en l'air avec un contentement visible, ses lèvres dessinaient un ourlet facétieux. Pauvre Kiyohi, il n'était pas gentil avec elle. Elle n'avait pas mérité ça. En fait, si elle l'avait bien cherché en le soupçonnant d'être un pervers, devant toute une assemblée. Ce n'était pas l'outrage public qui l'avait vexé, mais l'idée qu'il puisse en effet avoir acheté cette fille pour profiter d'elle. Maintenant les places étaient inversés.

Pour autant, il avait bien pris soin de parler suffisamment doucement pour ne pas être entendu de la serveuse. Dans ses aller-retours, l'employée du bar restait extérieure à cette discussion pour le moins marginale. Il faisait bien attention à ce que cette demoiselle ne puisse être un centre d'attention et reçoive des regards déplacés. Une réputation se fait vite et vous poursuit longtemps. Si un client du complexe venait à surprendre leurs paroles et l'embêter par après, il s'en sentirait coupable. Il se montrait donc prudent et discret. Il n'était pas si vilain que ça, au final.

- Pourquoi je dis cela ? Je voulais vérifier une théorie. En fait, quand vous m'avez traité de "Pervers sexuel" tout à l'heure, étiez-vous craintive ou bien ravie ?

"Va répondre à ça, ma belle...", ricana-t-il intérieurement, avant d'être de nouveau atterré par une nouvelle question. Et oui, quand on pensait avoir compris les raisonnements de cette fille, elle était capable d'aller plus loin. Et de vous déstabiliser encore.

Bien que peu chaste dans sa tête, Alexis aurait parié qu'elle était vierge. Pour être aussi rougissante, avoir les yeux baissés au sol, les doigts torturés dans tous les sens et les pieds rentrés en dedans, elle conservait en elle toute sa lubricité mais n'en avait aucunement l'expérience. Peut-être cherchait-elle à se rassurer, justement. Si cela faisait mal ? Lui n'en savait rien et ne pourrait l'éclairer ; il donnait du plaisir à ses partenaires, il n'avait jamais connu l'inverse. Cependant ses amants d'un soir étaient traités avec douceur par le jeune slave. Ils ne s'étaient jamais rebiffés ou plaint. C'était donc la grosse énigme. Comme il avait envie d'être le maître du jeu et non l'inverse, il se contenta de sourire mystérieusement et d'esquiver.


- Je ne peux malheureusement poursuivre. Si je continue de parler, je risque de devoir bientôt appeler les urgences. Nous devrions plutôt nous occuper de votre nez. La serveuse nous regarde avec inquiétude. Je vous accompagne à la pharmacie, cela me parait plus sage.

Il lui tendit un nouveau mouchoir, se leva et alla s'excuser pour tous les désagréments encourus. Il aida Kiyohi à se lever en lui donnant son bras et en récupérant ses achats. Avec un nouveau sourire de prince charmant dévastateur (toujours aussi bon acteur, le petit brun), il sortit avec dignité dans la galerie marchande.

- On va prendre un peu l'air. Et faire redescendre... La pression. Je m'en voudrais s'il vous arrivait quelque chose.

Il ne savait même pas si elle avait fini sa glace ; mais vu son état de mousse grumeleuse, elle n'était plus comestible.
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