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HANA : En tout bien tout honneur

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Raton
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Date d'inscription : 28/11/2014
Jeu 22 Jan - 0:03
Raton

L’appartement d’Hana se situe au quatrième étage d’un immeuble d’habitation, dans une rue tranquille de la basse ville. Il est peuplé essentiellement de jeunes célibataires, majoritairement étudiants, parfois salarymens, de quelques couples avec enfants ou de personnes âgées.

Avec ses vingt-cinq mètre carrés, il est plutôt petit. On y entre dans un rapide couloir où se trouvent également la cuisine, assez minuscule, et le placard à manteau dans le mur opposé. Ensuite, la pièce principale sert à tout : chambre, salon et salle à manger, modulable à volonté avec l’aide du clic-clac ou de la table basse pliable et de ses coussins assortis, qui se rangent dans le bas du placard à vêtements sitôt le dîner fini. Autant dire qu’en réalité, ils n’en sortent pas souvent puisqu’Hana préfère de loin manger sur son lit face à sa télé. Le lieu est bien rangé et avant tout très propre, étonnamment chaleureux malgré sa petite taille. Et ce n’est pas gagné avec les poils que le chat Naruto persiste à laisser partout. Les goûts de la jeune femme en matière de musique, de films, de lecture ou de jeux vidéos sont facilement repérables puisque les étagères rognent une partie de l’espace. Son bureau est souvent encombré de livres et de cahiers de notes qui lui servent pour son travail à la bibliothèque, mais aussi de tous ses vernis et bijoux d’ongles qu’elle aime laisser traîner parce que leurs couleurs vives lui plaisent. Quelques posters de groupes de rock s’étalent aux murs, mais ce sont surtout les cadres de photos qui prédominent un peu partout sur le mobilier, représentant invariablement sa famille, à savoir ses parents, sa sœur et son petit frère à tous les âges, mais jamais elle-même ni son beau-frère. Il n’y a pas de balcon, mais l’une des fenêtre donne sur le muret d’un immeuble adjacent, et permet au chat d’aller se promener dans le quartier quand l’envie lui en prend.

La salle de bain est à part, carrelée de bleu et conçue à la japonaise, avec une baignoire et un coin douche à côté. Le lavabo et la machine à laver s’y trouve également, ainsi que le séchoir. Par rapport au reste de l’appartement, la taille de cette pièce serait presque luxueuse.
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Date d'inscription : 22/11/2008
Jeu 22 Jan - 23:23
Admin
Arrivés en bas de l'immeuble, situé dans un quartier calme où il pouvait laisser sa moto sans danger (si quelqu'un la touchait, ce serait LUI le danger), Christopher se remettait lentement du choc de la révélation du nom de la demoiselle.
Hana. Elle s'appelait Hana. Une fleur. Non, la Fleur. Soit l'essence de toutes les autres fleurs, la mère des fleurs. Hana. Après Sakura et Tsubaki. Et bien que d'ordinaire on puisse affirmer le contraire, il ne pouvait s'empêcher de penser que la situation sentait mauvais. Il s'était promis, juré de ne plus jamais s'approcher des filles fleuries et il tombait sur le summum en la matière. Quoique, avec le recul, il peut toujours y avoir pire. Elle aurait pu se nommer "Bouquet de fleur", "massif floral" ou "roseraie" ou encore "jardinerie". Il n'était pourtant pas quelqu'un de superstitieux, et ce faux procès incriminait une personne qu'il connaissait à peine. Un prénom ne fait pas l'être, "n'est-il pas" ?

- Non, je n'ai pas d'allergie déclarée. Ou alors je vais en apprendre une bonne sur moi cette nuit.

Il tenta un brin d'humour, mais rencontra une difficulté à cacher son trouble. Ce fut sans piper un mot qu'il monta les marches des quatre étages sans être essoufflé). Il entra dans l'appartement en la remerciant de sa politesse (et après un micro-arrêt et une respiration d'encouragement) et découvrit un décor assez inattendu et plutôt rassurant. Comme dans toutes habitations japonaises, les chaussures restaient dans l'entrée, même pour les invités. Il fit de même et abandonna ses converses. Elle le débarrassa de son blouson de moto et le rangea avec les siens. Il était à nouveau en t-shirt, dont il n'avait pas redescendu les manches après son gentillet combat de tout à l'heure. Il corrigea donc sa mise.

- Ce n'est certes pas grand mais c'est coquet. Et chaleureux. Je veux bien un café, s'il-te-plait.

Il faisait l'innocent quand elle parla de la douche, repoussant avec force la perspective de l'imaginer sous l'eau chaude et fumante.

- Très bien, je t'attends. A tout à l'heure.

Il songea à Fumihiko dans la même situation. Aux anges, l'instinct de voyeur enclenché, il serait déjà en train de regarder à travers l'espace entrouvert par ses soins l'effeuillage intime d'Airi (pardon, Hana. Damn...) et le lavage sexy qui suivait. Il profiterait peut-être de la situation autrement. Sauf si c'était un pauvre type qui préférait mater plutôt que passer à l'acte. Il avait l'air si tordu. N'empêche, s'il avait vu son voisin partir en moto avec la danseuse, il serait vert de jalousie. Nul doute qu'à son retour à la résidence, il accablerait Christopher de questions déplacées et le soupçonnerait d'avoir pris du bon temps, si bien que les démentis du flic seraient inutiles. Le métis s'en fichait de toute façon ; les médisances d'autrui ne l'intéressaient pas. Sauf si ceux qui étaient au courant de son incursion au Club et de sa sortie remarquée s'amusaient à aller jacqueter auprès de sa future compagne. Ils n'auraient aucune idée de la bête sauvage qu'ils allaient réveiller.

Heureusement Hana l'avait rassurée (avant de l'avoir replongé dans la crainte après s'être nommée) en affirmant qu'elle ne s'aventurait pas avec n'importe qui, et qu'elle était sincère dans son invitation.
Réflexe de flic ou simple curiosité, tout comme il l'avait fait chez l'Escargot du voisinage, Christopher fit un tour de la pièce centrale.
Bien qu'étant la Fleur parmi les fleurs, Hana ne ressemblait en rien aux femmes qu'il avait fréquenté par le passé.

Chez Sakura, on entrait dans une maison immense à l'extérieur de Tokyo. Mademoiselle était étudiante à Todai. Intelligence dans la normale, Doctorat en manipulation de mâle, elle était fille à papa et amatrice de fortune. Et de sexe aussi. Sa maison n'était pas celle de ses parents ; ils habitaient à Nagasaki. C'était ce qu'elle appelait avec sa résidence étudiante (je t'en ficherais, de la résidence étudiante !). Elle était une chasseuse de riches, affichant les mecs comme des trophées et se vantant d'avoir eu à son tableau de chasse tel ou tel garçon. Le jeune homme n'aimait pas aller chez elle. Mais aveuglé par son premier amour qu'il croyait sincère, il se forçait.
Tsubaki possédait un intérieur différent. Un appartement plus grand que celui d'Hana, mais de peu. Elle dépensait des fortunes en réaménagement et changement de décoration. A chaque fois que Chris mettait le pied chez elle, il faisait demi-tour en pensant s'être trompé d'appartement. Sa déco, c'était comme ses tenues. En bonne fashion-victim, Tsubaki passait du gothique au kawai, du kawai au rock, à l'admiration d'une idol pour l'insulter le lendemain. Avec le recul, Chris se demandait comment il avait fait pour supporter et ne pas la quitter de lui-même.

Les intérieurs des maisons étaient toujours représentatifs de la personnalité de l'habitant. Et sauf si, à l'instar de Tsubaki, Hana était une pro du versatile et bousculait son appartement tous les deux jours, ce qu'il voyait était normal et simple.
Il se planta devant les rayonnages, tout en grignotant avec avidité une poignet de petits gâteaux salés. Et balaya des yeux tous les titres des ouvrages qu'elle possédait. Ceux qui jonchaient son bureau étaient des emprunts de la bibliothèque municipale. Marrant, il ne l'aurait jamais imaginée comme adhérente d'un lieu culturel. Comme quoi on se fait très vite des idées préconçues sur les gens. Lui-même s'y rendait fréquemment ; il ne se souvenait pas l'avoir déjà croisée. En même temps, il ne faisait pas beaucoup attention à son environnement, à ce moment-là. Tiens, d'ailleurs, il fallait qu'il songe à y retourner, il avait déjà deux semaines de retard sur sa carte.

Il ne put s'empêcher de détailler sa collection de jeux vidéos. Avec des titres intéressants. Même s'il n'était pas un gamer Otaku, Chris aimait beaucoup jouer et possédait deux consoles chez lui. Une portable, une de salon. Il connut vite ses goûts en matière de musique (Rock, ce qui n'était pas pour lui déplaire). Enfin, il s'approcha des photos de famille. Mais avant qu'il puisse en voir plus, il sursauta au contact chaud et inattendu sur ses pieds. Il baissa les yeux vers le coupable, un chat noir aux yeux verts qui le reniflait d'abord, puis passa contre lui à la recherche de câlins, peut-être. A moins qu'il ne pose sa marque.
Un animal aussi dévoilait beaucoup sur la personnalité. Il imaginait mal ces égoïstes de Sakura et Tsubaki posséder un animal de compagnie. Elles s'aimaient trop elles-même pour prendre soin d'un être vivant incapable de conduire une belle voiture ou d'encenser leur sens de la mode.
Le métis sourit, se baissa vers le chat. Celui-ci fit un écart, ne sachant pas à quoi s'attendre.

- Salut, toi.

Le chat s'avança vers la main qu'on lui tendait. Renifla. Chris fit un geste pour le caresser, il recula. Le jeune homme attendit. Il s'assit à même le sol, et ne bougea plus. Le chat fit une nouvelle tentative. Sentit à nouveau. Leva la tête. Et au bout de la troisième fois, Chris put lui caresser la tête et obtenir un ronronnement.
Spoiler:
 
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Raton
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Ven 23 Jan - 21:06
Raton
Hana referma la porte coulissante de la salle de bain et s’autorisa un petit soupir. La douche, c’était sacré. Elle retira ses vêtements pour les abandonner à leur sort sur la panière à linge. Elle les plierait plus tard, une fois que l’eau chaude et le savon lui auraient fait le plus grand bien. Se nouant rapidement les cheveux en chignon, elle s’observa un instant toute nue dans le miroir, sous divers angles, en prenant quelques poses (et en faisant des grimaces).
T’as toutes tes chances, ma vieille !
Satisfaite, elle alluma la station de musique sur l’étagère supportant le linge propre et alla s’installer sur le tabouret pour commencer de faire couler l’eau. Elle se lavait toujours en musique pour pouvoir chanter sous la douche, elle trouvait ça bien plus relaxant. Quand bien même la musique en question était le plus tonique des morceaux de rock. Comme elle aimait de tout, la station lisait essentiellement des clés usb garnis de mix divers et variés, souvent sans queue ni tête et qu’elle passait de toute façon toujours en lecture aléatoire. Tout en amenant l’eau à la bonne température, elle se demanda ce à quoi elle allait avoir droit cette fois-ci… Ça devait faire longtemps qu’elle n’avait pas écouté cette clé-ci car elle reconnut les trois accords ultra-saturés avec un temps de retard, et surtout avec la voix unique d’Iggy Pop sur « I wanna be your dog ». La réaction fut immédiate.
Pas celle-là, niquedouille ! Tu peux pas faire plus tendancieux ! Et puis c’est à moitié glauque !
Lâchant en catastrophe le pommeau de douche, Hana quitta le tabouret pour passer la chanson proscrite, puis revint en vitesse pour éviter que la pièce entière ne se retrouve inondée par le jet qui partait partout. Puis elle se rassit sur le tabouret pour reprendre sa besogne, avec un soupir fatigué. C’était usant d’être une princesse quand les cloisons trop fines garantissaient que vos voisins savaient tout de vos goûts musicaux…

Fort heureusement, la chanson suivante fut bien plus passe-partout, quoiqu’assez péchue tout de même et, si Hana dut par moment se retenir de ne pas reprendre en chœur le refrain, elle fut vite propre et retapée, prête à aller cuisiner en parfaite maîtresse de maison. Tout du moins le pensait-elle naïvement, jusqu’à ce qu’elle se rende compte de sa terrible erreur. En fée du logis bien organisée, la jeune femme préparait toujours le matin les vêtements qu’elle mettrait le soir au sortir de la douche. Sauf que lesdits vêtements étaient choisis en fonction du mode d’intérieur, c’est-à-dire la grenouille quand elle n’avait pas prévu d’inviter des gens. Ce qui voulait dire que…

Horreur ! Des fringues de Shugeï ! On ne peut pas passer la soirée avec un mec en portant un t-shirt sans soutif et un vieux caleçon détendu du frangin ! Ça fait pute et négligée à la fois !
Paniquée, Hana chercha aussi silencieusement que possible autre chose à se mettre dans sa salle de bain, retenant à grand peine les jurons fleuris qui lui venaient à l’esprit. Ce n’était tout de même pas sa faute si les caleçons des hommes étaient bien plus agréables à porter que les culottes féminines, au regard de ces saletés d’élastiques qui vous cisaillaient la peau. Son regard finit fatalement par tomber sur les vêtements qu’elle avait abandonnés en entrant.
On ne va pas remettre des vêtements sales alors qu’on vient de se laver, c’est inadmissible !
Roh la vache, mais à ce tarif-là on n’a plus qu’à y aller à poil ! On n’a pas le choix de toute façon…
Finalement, lorsqu’elle quitta la salle de bain, la jeune femme avait opté pour un compromis : elle avait remis le jean, mais laissé le débardeur au profit du t-shirt FMA de son frère (avec le soutien-gorge en-dessous, quelle plaie…). Tout d’abord stressée quand à l’opinion de Chris sur sa tenue, elle se détendit et sourit lorsqu’elle découvrit le charmant tableau qu’il formait avec Naruto, s’adressant gentiment à lui dans sa langue maternelle.
Wouaaah, c’est trop sexy quand il parle anglais !

« Oh ! Tu t’es fait un ami, on dirait. Fais attention à tes pieds… Bonjour, mon gros père. Tu es poli avec les invités, c’est bien. »

S’approchant d’eux, elle s’accroupit à côté de Chris, de petites mèches de cheveux humides folâtrant sur sa nuque et grattouilla sans façon l’animal sous le menton, redoublant l’intensité de ses ronronnements. Il avait beau être un poil craintif, il n’en était pas moins affectueux dès lors qu’il était à l’aise et avec sa maîtresse qui le papouillait ainsi, nul doute qu’il serait bientôt parfaitement à sa place avec eux. Hana était contente que Chris apprécie les animaux. S’il y avait une seule personne en dehors de sa sœur qui pouvait lui faire faire une croix sur un homme, c’était bien son chat. Depuis que son frère le lui avait offert après l’avoir trouvé abandonné dans la rue, un peu moins de deux ans plus tôt, elle en était folle. Et puis, nombre de gens sous-estimaient l’atout stratégique que pouvait constituer un animal : tournant sans prévenir la tête vers son hôte, elle lui sourit d’un air complice, parfaitement consciente que leur proximité était plus étroite que tout ce qu’il en avait été jusqu’à maintenant. Et tout ça en caressant un chat !
T’es le meilleur, Naru !
Hana se releva rapidement histoire que Chris ne se fasse pas non plus d’idées et alla se servir elle aussi une tasse de café, qu’elle prenait avec du lait et du sucre. Elle revint trinquer avec son invité « Kampaï ! » avant d’attaquer les réjouissances :

« Tu as faim, j’imagine ? Ce soir, j’ai saumon, thon, dorade et omelette, et je sais faire les makis, les nigiris et les sashimis. Tout est frais de ce matin. Dis-moi par quoi tu veux commencer ! »

Et tout était garanti de premier choix ! En début de mois, elle se faisait toujours le petit plaisir d’aller très tôt au marché aux poissons, comme son père le faisait à Naha. Celui de Taiyou No Tokaï était bien sûr très modeste, mais l’avantage c’est que les prix y étaient bien plus abordables. Bien sûr, mieux valait y aller quand sa paye venait de tomber car les denrées de choix n’étaient jamais données. Mais ça lui faisait plaisir de confectionner dans les règles de l’art des sushis de qualité du mieux qu’elle le pouvait, comme du temps qu’elle aidait son père en cuisine. Ce temps-là lui manquait souvent. A une époque, elle avait même été jalouse de son petit frère, Shugeï, qui était l’apprenti officiel de leur père et hériterait du restaurant quand celui-ci prendrait sa retraite. Si elle avait pu choisir, elle aurait aimé prendre sa place, d’autant que lui n’était pas plus passionné que ça par l’affaire familiale. Mais elle avait du suivre Airi à Tsukuba pour l’accompagner dans ses études, alors… Elle se rattrapait aujourd’hui en cuisinant pour elle tout ce que son père lui avait appris. Dès que Chris eut fait son choix, elle se dirigea vers la cuisine et sortit ses couteaux à sashimis du tiroir. Elle en possédait une belle collection, que son père et son frère lui donnaient quand ils n’en avaient plus l’usage. Avant d’attaquer le poisson, elle disposa du mieux qu’elle put sur son minuscule plan de travail tout ce dont elle aurait besoin : le riz, les feuilles d’algues, le sésame, l’avocat, le concombre, le gingembre, le wasabi, la sauce soja, la natte en bambou et toutes ces choses indispensables. Et avant même de commencer tout ça, elle sortit du frigo une boîte tupperware où elle avait préparé l’omelette à l’avance. Sortant une petite assiette d’un placard, elle disposa joliment dessus les petits rectangles dorés, élaborés selon la recette secrète de la famille Saïka, et les apporta à Chris, avec un sourire agrémenté d’une pointe de fierté.

« Merci encore de m’avoir ramenée. Tu conduis vraiment super bien ! Même si on allait vite, je n’avais pas peur du tout. Tu en fais depuis longtemps ? Tiens, goûte. »

L’omelette de son père était bien meilleure car elle était partie du restaurant avant de maîtriser parfaitement la recette, mais elle n’avait tout de même pas à rougir de la sienne : légère, sucrée, fondante, avec le petit goût salé que lui conférait le bouillon de poisson avec lequel elle était préparée, c’était une vraie merveille. Elle attendit patiemment que le jeune homme goûte avant de se servir elle-même. Enfin, patiemment…
Allez, dépêche, moi aussi j’ai trop la dalle !
Ah non, on ne se sert pas avant les invités !
Je sais, grouiiiiiille !
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Sam 24 Jan - 22:40
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L'animal se montrait plus chaleureux et avide de grattouilles. Dans la salle de bain, Hana s'apprêtait en musique. Elle finit par le rejoindre, à genou auprès du chat ravi de recevoir des doubles papouilles. Les deux humains étaient proches l'un de l'autre. Chris pouvait humer le parfum qui émanait de la peau d'Hana, et même sentir une mèche de cheveux mouillée quand elle se releva. Le tout avec un naturel désarmant. Si elle jouait la comédie, elle était bonne actrice. Cependant, il ne la croyait pas ainsi. Au contraire, elle était brut de décoffrage et directe. En effet, qui aurait osé draguer quelqu'un avec un t-shirt masculin de Full Metal alchemist (à part un NERD) ? Une fois l'instant animalier terminé, Hana passa en cuisine pour remplir sa part du marché. Une bonne bouffe de maître Sushi, cela fallait toutes les cicatrices et les coups de poing du monde, fussent-ils au visage. Il ne savait même pas quoi choisir, et s'il n'avait pas peur de l'effrayer par sa gourmandise effrénée, il aurait clamé qu'il voulait tout d'un coup ! Il fut cependant poliment le choix de l'omelette. Cela tomba formidablement bien. Elle était déjà prête en amont et il lui fallut peu de temps avant qu'elle ne lui tende le résultat. Seulement, elle lui parla. Ne pouvant délibérément manger la bouche pleine (anti-classe au possible), il dut attendre et répondre, un peu déçu par ce délai.

- Depuis la majorité légale de conduite. Officiellement, du moins. Officieusement, depuis mes douze ans. J'ai toujours rêvé de conduire une moto et je suis content de voir que tu n'as pas eu peur. Et encore, je ne suis pas allé vite.

Quand il était au collège privé, en pensionnat, il s'était lié d'amitié avec le gardien des lieux. Ils passaient la soirée ensemble à regarder la télévision et quand Chris faisait le mur, il lui empruntait son solex. Evidemment, pas question pour lui d'en rester au simple deux-roues de papy, et dès qu'il eut des amis ou des connaissances de ses parents qui en possédaient, il les harcelait de questions. Les gens riches aimant parler de leurs biens, ils ne se lassaient pas et faisaient rêver le garçon. Dès que Chris prit le parti de s'émanciper de ses parents et trafiquer ses comptes en banque, il passa le permis et s'acheta son actuel véhicule. La première sortie fut formidable et inoubliable. Il se faisait une obligation de ressentir les mêmes sensations à chacune de ses sorties.

- J'avoue ne pas vraiment savoir si je conduis bien ou pas, mais merci, à présent je suis fixé. Bon... et bien... passons aux choses sérieuses !

Avec une envie visible dans ses yeux de gros gourmand, Chris se servit de l'omelette et prit le temps de déguster, de laisser fondre sur la langue et de faire du surf sur des sushis dans un imaginaire sous acide. Diable, que c'était bon ! Si la politesse ne le retenait pas, il se serait enfilé toute l'assiette sans partage. Mais Hana semblait aussi affamée que lui, et il ne pouvait se montrer mufle, même si son estomac lui commandait de tout ingurgiter sans scrupule.
Ils dévorèrent à deux les restes avec un plaisir partagé et soupirèrent d'aise quasiment simultanément.

- C'est... juste... du niveau du divin... Tu es sûre que ce n'est pas toi le maître en Sushi ?

Il se lécha les doigts sans aucune honte, ne voulait rien rater de ce délice sans nom.

- Si le reste est du même acabit... Je te conseille de laisser le pole dance et de te lancer dans la restauration !

Cette mise en bouche achevée sans résistance, Hana dut se remettre à la tâche. Poursuivi par le chat bicolore, Christopher se posta à l'entrée de la cuisine, s'adossa au mur et la regarda manipuler les couteaux longs et tranchants des cuisiniers de Sushi. C'était amusant de la voir faire, telle une sculpteuse de riz et de saumon, appliquée et tirant la langue. Il se surprit à la fixer avec une mélancolie certaine, et dut se remettre les idées en place dès qu'il s'aperçut de son égarement. Pour éviter de replonger, il s'éclaircit la voix en toussant dans son poing, et souris avec malice.

- Joli, le T-shirt.

De peur qu'elle comprenne mal ou qu'elle ne se vexe, il enchaîna vite.

- J'ai moi-même à la maison un t-shirt de l'Akatsuki (le logo en forme de nuage, là), et une reproduction du maillot de l'équipe de la Nankatsu, que je mets souvent. En tout cas, nous avons tous les deux des goûts communs. Manga, jeux vidéos, romans...

Son estomac réclama de goûter le produit fini qui tardait à venir. L'odeur alléchante était trop prometteuse pour de l'attente. Il grogna.

- En tout cas, je ne m'étais pas vraiment attendu à un tel intérieur. C'est très sympa. Ca fait petit nid douillet. Sans parler de ce chat qui fait une tentative de corruption pour obtenir du poisson.

Le félin s'était carrément vautré sur les pieds du jeune homme, et lui tenait chaud. Il jouait avec un bout de ficelle (le chat, pas Chris) et se roulait sur les orteils de l'humain qui le regardait avec amusement.

- Comment s'appelle-t-il ? 
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Raton
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Ven 13 Mar - 0:15
Raton
« C’est vrai ? Tu pourrais être plus rapide encore ? Ça doit être tellement fantastique ! »

Et il lui fallut toute la volonté du monde pour ne pas réclamer à remonter dessus dans l’instant pour tester les lacets de la côte histoire de s’ouvrir encore l’appétit.
Alleeeeeeeez, ça serait tellement génial ! Faut sauter sur l’occasion avant qu’il se barre et qu’on le revoit plus avant un bail !
Non ! Hors de question, ça ne se fait pas. Et puis les jeunes femmes distinguées ne réclament pas de sensations fortes à outrance.
Maudite soit la délicatesse... Finalement, elle parvint à laisser tomber l’idée en se consolant avec la perspective d’un bon repas en tête-à-tête avec un beau mec. Surtout que, sitôt qu’elle avait posé l’assiette sur la table, il lui avait semblé remarquer un détail d’importance au sujet du courtois et séduisant Christopher. Était-ce une vue de l’esprit ou son regard revenait fréquemment sur les petits rectangles dorés, brillant de gourmandise ? Visiblement non puisqu’une fois qu’il eut répondu à sa question, il attaqua comme il le dit si bien « les choses sérieuses » et goûta l’omelette avec un appétit non feint. Avant de fondre littéralement de volupté sous ses yeux. Les yeux clos, la bouche savourant lentement le morceau délicieux, il avait l’air au septième ciel.
Wow… jamais encore on avait fait un tel effet à un gars simplement en lui servant à bouffer…
Tous les hommes aimaient la bonne cuisine, elle avait intégré cette leçon depuis tellement longtemps qu’elle faisait quasiment partie de son ADN. Mais jamais aucun de ses ex n’avait eu le palais suffisamment fin pour prendre leur temps de cette façon, presque avec sensualité. Se pourrait-il qu’elle ait découvert par hasard la faille dans l’armure du Chevalier Servant ? Là où d’autres étaient sensibles à l’effeuillage des courbes féminines, lui était vulnérable et sans défense face à la bonne cuisine ? Tiens tiens tiens… Hana sourit devant son appétit et, prenant de nouveau héroïquement sur elle, lui laissa le gros des parts d’omelette, se contentant d’en grappiller une de temps en temps avec délicatesse.
Mais pourquoiiiiiii ?! Nous aussi on a les crocs, pourquoi on doit se retenir de bouffer alors qu’on a bossé ce soir ?!
D’une, parce que les filles ne se jettent pas sur la nourriture comme la misère sur les pauvres gens. Et de deux, parce que c’est comme ça qu’on va le séduire…
Soit. D’habitude, ça ne fonctionnait pas dans ce sens-là mais, s’il fallait appâter Chris avec son estomac d’abord et ses instincts de reproduction ensuite, elle se sentait de taille à relever le défi. Voilà qui prouverait que tous les hommes sont faillibles du moment qu’on sait par quel bout les prendre. En attendant, elle répondit en riant à son compliment.

« Oh non, je t’en prie ce n’est rien. Celle de mon père est meilleure encore… »

Et ce n’était pas peu dire. Celle de son frère aussi, mais Hana n’allait certainement pas faire son éloge. Elle avait suffisamment de mal à digérer qu’il soit meilleur qu’elle… Lorsque l’assiette fut vidée de la moindre miette par les doigts gourmands du jeune homme, elle ramena l’assiette dans la cuisine pour passer à la suite. Une pincée d’amertume la prit lorsqu’il évoqua son potentiel avenir dans la restauration, mais elle se força à sourire :

« Ça m’aurait plu. J’adorais aider mon père en cuisine. Je ne faisais que de la plonge et de la mise en place, mais j’ai appris en le regardant faire. Mais bon, c’est mon frère qui va hériter de la boutique alors ça n’aurait servi à rien que je continue de me former… Enfin, ce n’est pas bien grave. J’adore mon métier et du moment que je peux faire de bons plats à mes invités, je m’estime heureuse. »

Elle ponctua d’un clin d’œil malicieux cette dernière phrase. Oui, c’est vrai qu’elle adorait ce qu’elle faisait, même si le rêve de reprendre l’entreprise familiale lui collait encore à la peau de temps en temps. De toute façon, il aurait fallu qu’elle se décolle plus tôt d’Airi, donc il aurait fallu que celle-ci rencontre le ni-beau ni-frère encore plus tôt et Hana aurait préféré être frappée par la foudre plutôt que de laisser commettre un tel crime. Pour ne plus y songer, elle se concentra sur son plan de travail et étala le riz dans les feuilles d’algues pour confectionner les makis. Elle commençait toujours par les makis parce que leur forme ronde lui semblait enfantine et amusante, et qu’ils étaient faciles à gober sans les baguettes.
Oui, sauf que ce soit on ne mange pas avec les doigts.
Rooh, la barbe…
Après avoir saupoudré les makis saumon-thon de graines de sésame, elle les disposa joliment autour du gingembre et du wasabi qu’elle avait préparées puis s’attaqua aux nigiris, qu’elle dressait sur les assiettes avec une adresse qui dénotait de l’habitude. Les longs couteaux virevoltaient entre ses doigts pour lever filets et tranches de poisson et pendant quelques instants, c’est à peine si elle pensait réellement à séduire Christopher. Elle était tout simplement heureuse de pouvoir cuisiner un plat qu’elle aimait, et de sentir derrière elle le jeune homme qui la regardait faire. Donc si, en définitive elle y pensait un peu. Malgré tout, sa remarque sur son t-shirt la surprit.
Minute, s’il regarde le t-shirt, c’est qu’il regarde les boobs aussi, non ?
Non non, puisqu’il enchaîna aussitôt pour parler shônen et goodies.
Flûte…
Malgré tout, Hana lui répondit avec un grand sourire. S’il affirmait lui-même qu’ils avaient beaucoup de points communs, alors les choses n’en seraient que plus faciles. Et puis elle ne pouvait pas nier que ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu une bonne discussion d’otaku avec quelqu’un de sympa.
Non ! Une otakette n’a rien de sexy, ne fais pas ça !
Certes. Mieux valait peut-être la jouer un poil charmeuse pour contrebalancer :

« Ah oui ? Tu aimes les shônens et tu as été regarder sur mes étagères ? C’est bon à savoir. J’espère que vous n’avez pas trouvé trop de pièces à conviction, monsieur l’agent… Ne t’inquiète pas, ça arrive. »

Moui, mieux valait faire diversion sur le repas, le mélange otaku et sexy n’étant pas des plus concluants. Voilà qui avait failli être une boulette monumentale dans son approche. Heureusement, elle acheva de détourner son attention en amenant sur la table les assiettes enfin prêtes, garnies de makis et nigiris au thon, au saumon, à l’omelette et à la dorade, accompagnés de tout l’assaisonnement nécessaire et présentés aussi joliment qu’elle en était capable. Histoire de confirmer sa théorie, elle avait été plus généreuse avec la part de Chris qu’avec la sienne, pour voir sa réaction. Alléché par l’odeur du poisson, le greffier voulut se joindre à la fête et vint tenter de le séduire lui aussi en se frottant amoureusement à ses pieds avant de s’y installer carrément, ronronnant comme un moteur. Hana secoua la tête, attendri par son matou.

« Ne lui donne rien surtout, il a eu ses croquettes avant que je parte. Il s’appelle Naruto (alors que je déteste cette série). Quand on l’a trouvé, ce n’était qu’un chaton et il n’arrêtait pas de miauler tout du matin au soir. Ça me tapait sur le… euh, ça m’a rappelé le personnage alors je l’ai appelé comme ça. Il a deux ans, maintenant. »

Machinalement, elle amorça un geste pour aller lui caresser affectueusement la tête comme elle en avait l’habitude, mais réalisa en pleine action que sa main serait quand même vachement près des jambes (et du reste) de Christopher, ce qui lui fit stopper son mouvement. Ça risquait d’être mal pris, non ? Relevant les yeux sur le visage du jeune homme, elle croisa son regard et demeura immobile une seconde… avant de récupérer sa main en baissant humblement le regard, troublée par l’intimité qu’avait failli avoir son geste. En apparence seulement, ceci dit.
Aaaaah, ce serait trop cool de pouvoir lui effleurer ses belles cuisses musclées grâce au chat ! Et il est trop sexy avec ce regard sombre !
Ne nous emballons pas, il est trop tôt pour ça !
Avalant quelques bouchées  pour ne pas trop y penser, hana regretta furieusement de ne pas avoir acheté plus de crudités. De l’avocat, du concombre ou du radis mariné auraient tout de même encore mieux agrémenté les makis. Enfin, ils étaient très bons malgré tout. Elle avait parfaitement réussi son shari, ce qui n’était pas chose facile. Il lui arrivait encore de se planter royalement, à son grand dam. Elle sourit de nouveau à Christopher, rebondissant sur son compliment de tout à l’heure :

« Je suis contente que ça te plaise ici alors que c’est vraiment petit. Mais si je puis me permettre, je t’aurais plus vu avec le maillot de l’équipe Meiwa. Tu portes bien les couleurs sombres et tu me fais un peu penser à Kojirō Hyūga… »

Oui, il y avait comme un air de famille. La coupe de cheveux et le regard volontaire, sans doute. Et le côté un peu frondeur aussi. Encore que le jeune homme était tout de même beaucoup plus souriant. Elle espérait qu’il prendrait bien le compliment… et ne put s’empêcher de laisser l’otaku prendre le dessus :

« Qu’est-ce que tu aimes comme séries autrement ? »

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Sam 14 Mar - 2:04
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Un détail... Un simple détail... Peu l'aurait vu, mais il ne lui échappa pas. Au lieu que son compliment sur la Saint Omelette ne lui fasse plaisir, Hana dut exagérer son sourire pour se conserver sur un visage crispé. Chris était allé sur un mauvais terrain, et les mots confirmèrent son arrivée en terrain miné. Pour ne pas la torturer avec ses regrets, le jeune homme se jura de déguster sans soulever le sujet à nouveau. Il dévora avec bonheur le dernier morceau d'Omelette dans un silence presque religieux. Et la conversation prit un tournant totalement différent, afin de dissiper le malaise. Et l'humour allait bien les aider.

- Des pièces à conviction ? A part le livre "Le Meurtre pour les nuls", je n'ai rien trouvé de suspect. Je suis navré, mais je ne peux pas m'empêcher de voir les bibliothèques des gens, et découvrir les intérieurs des habitations. Elles dévoilent de nombreuses informations sur ceux qui y vivent. Quand je t'ai rencontré au Club, j'avoue que je ne me serai même pas attendu à un appartement comme celui-ci. Comme quoi, on se fait des idées préconçues sur les gens. Ton chez-toi est vraiment très chaleureux. J'aurai eu tort  de continuer à faire la tête de cochon tout à l'heure. Je serai passé à côté d'un moment unique !

Il souligna ses propos d'un beau sourire, sans même réaliser ce qu'il venait de dire.

Sortant de la cuisine, Hana déposa sur la table un assortiment alléchant et esthétiquement réussis, sans aucun défaut. Généreuse, elle avait même mis plus dans son assiette que dans la sienne. Christopher s'installa à la table, espérant ne pas ressembler à Fumihiko la bave aux lèvres. Le chat tentait toujours son approche amicale et intéressée. Le pauvre Animal ne saurait être entendu, la maîtresse avait dit non.  
Avant de manger, Chris salua le bon repas avec le Itadakimasu d'usage (bien tard vu qu'il avait déjà consommé). Il examinait la saveur de chaque pièce, avant de croiser par hasard du regard le geste d'Hana en direction de son chat, avant de s'arrêter brusquement. Ce qui n'était pas vraiment le genre de la demoiselle, plutôt audacieuse. Pourquoi donc ? Parce que son chat le serrait de trop près, et qu'elle voulait que le matou aille voir ailleurs ? Si elle avait poussé son geste jusqu'au bout... Elle aurait frôlé sa jambe.  Était-elle timide en définitive alors qu'elle paraissait peu farouche ? Il regretta presque qu'elle n'eut pas terminé sa tentative. Afin déjà d'être sûr qu'il ne se trompait pas. Et s'il ne se trompait pas...  
Non... Non, non, non. Il était là pour être remercié d'avoir donné un coup de main au club, manger un bon repas, discuter sagement, et plus si affin... Non, non, non, pas de plus si affinité, il n'était pas venu pour ça, et elle aurait beau tenter, il ne céderait pas. Les aventures d'une nuit, c'était niet pour lui, et il envisagerait peut-être  s'ils continuaient à se fréquenter et qu'ils étaient sûrs d'avoir des sentiments. 
Il se hâta de se défaire de son air étonné, porta à sa bouche avec des baguettes un nouveau maki (hmmm ! fameux !) en souriant béatement et en rebondissant sur le nom du coquin à poil noir et blanc. Belle esquive !

- Alors comme ça, tu l'as appelé Naruto... Quand il monte au rideau, c'est avec les griffes ou il utilise du chakhra ? T'es aussi gourmand que ton homonyme ?

Le chat se sentit appelé, pivotant ses oreilles en direction du jeune homme. Chris le grattouilla sur la tête, l'animal ronronna.

- C'est dommage que tu n'aimes pas Naruto. Le manga. Mais ce nom, pour un chat espiègle, c'est juste parfait. Et je suis bien content que monsieur ne doive rien manger de plus : je peux ainsi jouer les égoïstes face à une nourriture aussi excellente.

Au passage, il signifiait qu'il avait bel et bien conscience de sa générosité et qu'il appréciait le geste. Il lui rendrait la pareille ; il ne savait pas quand, ni comment. Il trouverait.

Puisqu'on en était au compliment, Hana enchaîna sur l'association T-shirt d'Otaku et bande-dessinée, évoquant la ressemblance du jeune homme avec Kojiro Hyuuga, l'attaquant vedette de la Meiwa de Captain Tsubasa. Étrange... Akiko, avant leur séparation, avait déjà souligné la ressemblance du métis avec un personnage de manga, Saint Seiya. lui-même. Peut-être qu'il était prédisposé à faire du Cosplay ?

- Ah oui, tu crois ? C'est vrai que je porte plus souvent des couleurs sombres. Je n'avais jamais fait attention, mais il y a un air de famille. Seulement, il est nettement plus grand que moi. J'espère aussi ne pas avoir son sale caractère ! Et je joue très mal au football.

Une vraie bille. Il envoyait toujours le ballon en touche. Ou de l'autre côté du terrain. Sauf que le Home Run n'était valable qu'au base-ball.

- J'aime beaucoup les shônens. Comme One piece ou Fullmetal Alchemist, d'ailleurs. Les Seinens aussi, avec une passion certaine pour l'auteur Urasawa Naoki. Monster, Pluto, XXth Century Boys. Un vrai régal. Surtout quand on aime les intrigues policières. Et toi, quelles sont tes préférences ? Même si j'ai vu la collection et que j'ai déjà une petite idée. 
Il couronna son affirmation d'un petit clin d’œil complice. 
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Jeu 19 Mar - 20:11
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Un détail... Un simple détail... Peu l'aurait vu, mais il ne lui échappa pas. Au lieu que son compliment sur la Saint Omelette ne lui fasse plaisir, Hana dut exagérer son sourire pour se conserver sur un visage crispé. Chris était allé sur un mauvais terrain, et les mots confirmèrent son arrivée en terrain miné. Pour ne pas la torturer avec ses regrets, le jeune homme se jura de déguster sans soulever le sujet à nouveau. Il dévora avec bonheur le dernier morceau d'Omelette dans un silence presque religieux. Et la conversation prit un tournant totalement différent, afin de dissiper le malaise. Et l'humour allait bien les aider.

- Des pièces à conviction ? A part le livre "Le Meurtre pour les nuls", je n'ai rien trouvé de suspect. Je suis navré, mais je ne peux pas m'empêcher de voir les bibliothèques des gens, et découvrir les intérieurs des habitations. Elles dévoilent de nombreuses informations sur ceux qui y vivent. Quand je t'ai rencontré au Club, j'avoue que je ne me serai même pas attendu à un appartement comme celui-ci. Comme quoi, on se fait des idées préconçues sur les gens. Ton chez-toi est vraiment très chaleureux. J'aurai eu tort  de continuer à faire la tête de cochon tout à l'heure. Je serai passé à côté d'un moment unique !

Il souligna ses propos d'un beau sourire, sans même réaliser ce qu'il venait de dire.

Sortant de la cuisine, Hana déposa sur la table un assortiment alléchant et esthétiquement réussis, sans aucun défaut. Généreuse, elle avait même mis plus dans son assiette que dans la sienne. Christopher s'installa à la table, espérant ne pas ressembler à Fumihiko la bave aux lèvres. Le chat tentait toujours son approche amicale et intéressée. Le pauvre Animal ne saurait être entendu, la maîtresse avait dit non.  
Avant de manger, Chris salua le bon repas avec le Itadakimasu d'usage (bien tard vu qu'il avait déjà consommé). Il examinait la saveur de chaque pièce, avant de croiser par hasard du regard le geste d'Hana en direction de son chat, avant de s'arrêter brusquement. Ce qui n'était pas vraiment le genre de la demoiselle, plutôt audacieuse. Pourquoi donc ? Parce que son chat le serrait de trop près, et qu'elle voulait que le matou aille voir ailleurs ? Si elle avait poussé son geste jusqu'au bout... Elle aurait frôlé sa jambe.  Était-elle timide en définitive alors qu'elle paraissait peu farouche ? Il regretta presque qu'elle n'eut pas terminé sa tentative. Afin déjà d'être sûr qu'il ne se trompait pas. Et s'il ne se trompait pas...  
Non... Non, non, non. Il était là pour être remercié d'avoir donné un coup de main au club, manger un bon repas, discuter sagement, et plus si affin... Non, non, non, pas de plus si affinité, il n'était pas venu pour ça, et elle aurait beau tenter, il ne céderait pas. Les aventures d'une nuit, c'était niet pour lui, et il envisagerait peut-être  s'ils continuaient à se fréquenter et qu'ils étaient sûrs d'avoir des sentiments. 
Il se hâta de se défaire de son air étonné, porta à sa bouche avec des baguettes un nouveau maki (hmmm ! fameux !) en souriant béatement et en rebondissant sur le nom du coquin à poil noir et blanc. Belle esquive !

- Alors comme ça, tu l'as appelé Naruto... Quand il monte au rideau, c'est avec les griffes ou il utilise du chakhra ? T'es aussi gourmand que ton homonyme ?

Le chat se sentit appelé, pivotant ses oreilles en direction du jeune homme. Chris le grattouilla sur la tête, l'animal ronronna.

- C'est dommage que tu n'aimes pas Naruto. Le manga. Mais ce nom, pour un chat espiègle, c'est juste parfait. Et je suis bien content que monsieur ne doive rien manger de plus : je peux ainsi jouer les égoïstes face à une nourriture aussi excellente.

Au passage, il signifiait qu'il avait bel et bien conscience de sa générosité et qu'il appréciait le geste. Il lui rendrait la pareille ; il ne savait pas quand, ni comment. Il trouverait.

Puisqu'on en était au compliment, Hana enchaîna sur l'association T-shirt d'Otaku et bande-dessinée, évoquant la ressemblance du jeune homme avec Kojiro Hyuuga, l'attaquant vedette de la Meiwa de Captain Tsubasa. Étrange... Akiko, avant leur séparation, avait déjà souligné la ressemblance du métis avec un personnage de manga, Saint Seiya. lui-même. Peut-être qu'il était prédisposé à faire du Cosplay ?

- Ah oui, tu crois ? C'est vrai que je porte plus souvent des couleurs sombres. Je n'avais jamais fait attention, mais il y a un air de famille. Seulement, il est nettement plus grand que moi. J'espère aussi ne pas avoir son sale caractère ! Et je joue très mal au football.

Une vraie bille. Il envoyait toujours le ballon en touche. Ou de l'autre côté du terrain. Sauf que le Home Run n'était valable qu'au base-ball.

- J'aime beaucoup les shônens. Comme One piece ou Fullmetal Alchemist, d'ailleurs. Les Seinens aussi, avec une passion certaine pour l'auteur Urasawa Naoki. Monster, Pluto, XXth Century Boys. Un vrai régal. Surtout quand on aime les intrigues policières. Et toi, quelles sont tes préférences ? Même si j'ai vu la collection et que j'ai déjà une petite idée. 
Il couronna son affirmation d'un petit clin d’œil complice. 
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Mar 24 Mar - 1:52
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Oh la vache…
Et dire qu’Hana pensait avoir fait une erreur d’approche tout à l’heure… Par un fait qu’elle ne s’expliquait absolument pas, voilà que sa plaisanterie médiocre avait fait mouche et que Chris, non content de rebondir dessus, enchaînait avec un compliment sur son intérieur qui attira aussitôt toute son attention. Qu’entendait-elle à l’instant ? Très chaleureux ? Regret de bouderie ? Moment unique ? Intriguée et aux aguets, elle tourna la tête vers lui… et reçut de plein fouet son sourire. Une chaleur aigüe lui vrilla les reins un bref instant.
C’est pas permis d’être aussi sexy juste en souriant !
Certes mais il était désormais indéniable qu’il avait baissé sa garde pour se laisser aller à de tels aveux. Peut-être était-il temps de lancer une offensive plus lourde… Son propre sourire gagna instantanément des nuances plus sensuelles sitôt qu’elle eut évoqué cette décision, qu’elle fut raisonnable ou pas.

« On me dit souvent que je suis assez surprenante. J’espère que tu apprécies ce que tu découvres… Tu t’attendais à quel genre d’intérieur ? »

Cette question est beaucoup trop directe ! On va se faire griller !
Hana en avait bien conscience. Oui, c’était risqué au-delà de toute mesure. Si Chris commençait à se détendre, c’était bien parce qu’il était rassuré quand au fait qu’elle ne tenterait pas de lui voler sa vertu de Chevalier Servant d’une seule femme, quelle que celle-ci puisse être. Avancer trop vite reviendrait ni plus ni mois qu’à saborder le travail de patience entamé jusqu’ici. Pourtant, son instinct lui disait de s’engouffrer dans la faille et d’en profiter si elle le pouvait. Parce qu’il serait quand même extrêmement gratifiant de charmer ainsi un tel Prince Charmant, parce que ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas ramené d’homme chez elle et parce que le bel officier était séduisant au point que ça en devenait frustrant.
Flûte, à la fin…
Malgré tout, elle n’avait pas encore perdu tout sens des convenances au point de lui sauter dessus sans plus de cérémonies et elle s’appliquait encore à alimenter la conversation histoire de ne pas être trop brusque. La remarque au sujet du nom de son chat la fit rire.

« Non, il garde son chakhra pour dépareiller mes chaussettes. Je le soupçonne d’être un peu fétichiste des pieds… Ça n’a aucun rapport avec Naruto. »

Ou alors la série avait sacrément dévié depuis qu’elle avait cessé de la regarder. Mais ce n’était clairement pas le sujet qui lui importait pour le moment et elle engrangeait un à un les compliments qu’il lui faisait sur sa cuisine. Oui, c’était bel et bien ça son principal point faible, et peut-être même celui qui lui avait fait baissé sa garde (n’en déplaise à son charme et à son joli appartement). Ce n’était pas grave du moment qu’elle pouvait en jouer habilement et arriver à ses fins. Et en parlant de ça, elle sauta de nouveau sur une occasion que lui présenta Chris avant même de s’en rendre compte, lorsqu’il espérait être plus sympathique que le personnage auquel il ressemblait :

« Hahaha ! Oh, je te rassure. Ta compagnie est vraiment très agréable. Je vais cuisiner encore longtemps pour ne pas que tu partes tout de suite… »

Aaaaaah, mais il faut vraiment que tu te calmes ou il va vraiment se sauver sur sa superbe moto !
Il fallait admettre qu’Hana se trouvait de plus en plus audacieuse. Pas qu’elle n’avait pas l’habitude de l’être, bien au contraire. Avec des hommes mal dégrossis, rien ne servait d’être subtile. Mais sachant que Christopher n’était certainement pas un lourdaud facile à appâter, l’exercice était nettement plus périlleux et la jeune femme y ressentait une certaine excitation maintenant qu’elle s’était décidée à passer aux choses sérieuses.
C’est son sourire aussi, qu’est-ce que tu veux résister à un truc pareil ?
Et puis le bougre était aussi fichtrement sympathique. D’habitude, la princesse était bien plus autoritaire lorsque des invités se trouvaient sur son second territoire, c’est-à-dire l’appartement, le premier étant la bibliothèque. Ce soir, Hana n’arrivait pas à réfréner son naturel face au jeune homme qui partageait tant de goûts avec elle.

« J’adore les shônens aussi ! Mais je préfère les histoires de samuraïs : Samuraï Deeper Kyo, Usagi Yojimbo, Samuraï Usagi, Togari… les valeurs de dépassement de soi de ces univers me plaisent beaucoup. Du coup, j’ai aussi quelques titres de sport. Ah, mais les shôjos, c’est bien aussi… »

Oh super, de la guimauve et des fleurs partout…
Certes, nul besoin d’avoir fait Todaï pour deviner que ce n’était pas franchement sa tasse de thé. Les quelques titres qu’elle possédait étaient bien perdus au milieu du reste. Cependant, il s’agissait une fois de plus d’une manœuvre tactique (hem…) pour dévier habilement du sujet otaku qui risquerait de les entraîner trop loin de l’instant propice. C’est lui qu’il était important de guetter à présent. Voire même de provoquer… Amorçant un mouvement pour changer la position de ses jambes, Hana franchit un (grand) pas de plus en se rapprochant de lui, de sorte que son genou frôlait le sien. Sentir l’aura de chaleur qui émanait de sa jambe fit courir un frisson sur sa moelle épinière alors qu’elle plongeait ses prunelles couleur menthe dans les siennes, lui tendant le célèbre piège du regard.

« Dis-moi… Pourquoi es-tu resté au bar quand tu t’es rendu compte de quel genre d’établissement c’était au lieu de repartir tout de suite ? »

Question non moins piégeuse que les yeux qu’elle posait sur lui, alors que sa voix s'ourlait de modulations plus charnelles. La jeune femme retenait son souffle, bien consciente que l’instant propice n’était vraiment pas loin. Le moment où son plan porterait ses fruits, ou celui où elle se prendrait un gros râteau…
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Lun 14 Nov - 18:50
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La conversation changeait et l'ambiance aussi. Non pas qu'elle fut moins agréable. Cependant l'attitude d'Hana, maladroite et empruntée, se modifiait à chaque sourire du jeune homme, compliments et découvertes de points communs. Une Hana plus proche d'Airi, celle du bar, revenait sur scène après une brève éclipse. Chris nota le retour des questions directes. Il n'en avait pas posé lui-même, pour une bonne raison : qu'ils parlent d'eux entretenait le risque de rapprochement soudain, et ce n'était pas son intention. Il ne voulait pas tomber dans le piège de la séduction. L'ignorance du point de vue d'Hana sur la relation entre une femme et un homme le tourmentait, il ne savait pas à quoi s'attendre. Or, si Chris n'était pas un maniaque du contrôle, qu'il était une tête brûlée à la recherche de frisson, il se défendait d'être ainsi avec les femmes.
Le cliché de la danseuse de charme voulait qu'elles se montrent exotiques et peu farouches. Le métis refusait de tomber dans cette généralité, toutes les femmes étant différentes. Se renseigner sur ses intentions, afin de savoir à quoi s'en tenir, était important pour lui.

- Je ne sais pas... J'aurai imaginé un intérieur plus "dame", avec des meubles design, des tons rouges et noirs. Si j'étais entré ici avant de connaitre ta profession, j'aurai déduit que tu étais une étudiante.

Il se mordit la lèvre ; il avait fait preuve de goujaterie en laissant entendre qu'il ne trouvait pas l'intérieur très féminin, alors qu'à la barre, elle rayonnait de féminité et de sensualité. Il tenta de se rattraper aux branches.

- Et cela me plait beaucoup. Comme je l'ai dit, c'est chaleureux. Il y a un côté petit nid douillet très appréciable. Je me sens plus à l'aise ici que dans une habitation trop sophistiquée et qui manque d'âme. J'ai déjà donné. Je vais ajouter que j'ai été soulagé en découvrant les lieux. Je suis navré de ma franchise, mais je n'ai pas pris de gants avec toi depuis le début, j'espère que tu ne m'en voudras pas. J'étais inquiet à l'idée d'entrer chez toi alors que nous nous connaissons à peine. Découvrir l'intimité d'une personne est aussi perturbant pour l'inconnu qui pénétre dans un nouvel univers que pour celui qui accueille un intrus dans sa vie bien rangée. Chez toi, je ne me sens pas perdu. Je me sens chez moi.

Il caressa inconsciemment le chat couché sur ses pieds. Ce geste apportait du crédit à ses propos.

- Tu as un côté... naturel et avenant, qui correspond tout à fait à ta façon d'être. Sans prise de tête. Tu annonces la couleur. Tes meubles, ta déco, tes livres ne mentent pas.  Car tu peux en douter, mais les intérieurs qui mentent, crois-moi, ça existe.

Il passa une main dans ses cheveux pour se donner une contenance face au regard vif et scintillant dont Hana le couvrait. Elle s'était rapprochée de lui, ce détail ne lui avait pas échappé. Il ne bougeait pas, il attendait. Cependant, elle avait gagné du terrain avec ses fameux yeux de biche. Il manqua de perdre pied, se reprit. Et amorça une réplique qui allait renverser la situation.

- Je ne sais pas moi-même pourquoi je suis resté au bar. Quoique... Si. J'ai eu une journée pourrie au boulot. Fumihiko m'a extirpé d'une soirée peinarde où je me serai vautré sur le canapé pour regarder un match de base-ball. Se changer, se déplacer, accomplir tout ça pour repartir aussitôt... Ca me déplaisait d'avoir sacrifié mon effort pour des prunes. Tant que j'étais là, tant qu'à faire, autant boire un bon mojito... Ca fait un bail que j'en avais pas bu un aussi bon. Et avec le recul, je crois que j'ai bien fait.

Petit Sourire Bref laissa pourtant sa place à Tête Sérieuse.

- J'ai aussi une question pour toi. Tu étais en train de danser, tu as soudain disparu des planches pour venir boire un coup, à côté de moi.

Il fixa Hana d'un regard imparable. Lui-aussi était fort pour les regards mortels.

- Est-ce un hasard ou tu l'as fait sciemment ?
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Lun 14 Nov - 18:50
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Dame ? On a l’air d’une camionneuse, là peut-être ?
Allons, allons… Hana se doutait bien que Chris ne pensait pas à mal mais pendant un instant, un petit vent de panique souffla sur ses instincts de séductrice. Faisait-elle trop gamine à son goût avec ses mangas et ses jeux vidéos ? Si c’était le cas, il lui faudrait redoubler d’ardeurs pour le convaincre que ce n’était pas le cas, alors qu’elle était déjà à peu près au taquet dans ses offensives de charmes. Il n’aurait pas fallu déraper dans le harcèlement sexuel, tout de même. Heureusement, le jeune homme la rassura de lui-même et elle eut du mal à dissimuler son soulagement, en secouant la tête avec un rire malicieux :

« Non, non. J’aime qu’on soit direct avec moi.  Et ça me fait plaisir de savoir que tu te sens déjà chez toi ici… »

Pas prise de tête… Absolument… Jamais Hana n’aurait songé que son intérieur, dont elle avait parfois un peu honte à dire vrai tant il ne correspondait pas à l’image qu’elle s’efforçait de donner d’elle, la sauverait de passer pour quelqu’un de superficiel.
En même temps, on va pas s’embêter à faire semblant pour le chat, il n’en a rien à cirer. Et puis c’est déjà bien assez fatiguant comme ça…
Certes. Et puis surtout, ça lui faisait bizarre d’avoir ce genre de compliment. Les hommes qu’elle ramenait d’habitude n’avaient général rien contre son intérieur. Les mecs lambdas le trouvaient mignons, les jeunes rebelles à la mode se retrouvaient dans ses goûts culturels, les vieux salarymens blasés appréciaient la fraîcheur estudiantine de la déco qui leur rappelait qu’ils avaient pour eux une jolie jeune fille en fleur, et les autres s’en moquaient éperdument tant qu’ils pouvaient la déshabiller. Mais jamais encore une de ses conquêtes d’un soir ne lui avait dit se sentir chez lui, chez elle. C’était… troublant. Et ce trouble ajoutait de l’intensité au regard qu’elle posait sur lui. Peu à peu, la demoiselle sentait bien qu’il n’était plus seulement question de séduire Christopher et de l’ajouter à son tableau de chasse. Non non, cet homme l’intriguait. Elle voulait en savoir plus. Elle voulait l’approcher. Elle se sentait… attirée. Là aussi, une grande première.
La vache, ça devient chaud, quand même…
Même s’il n’est resté que pour le mojito. Hana se sentit un peu frustrée de n’arriver qu’après le verre d’alcool, mais encaissa l’affront :

« Je transmettrai à Ringo que ces cocktails valent le coup, dans ce cas. »

Ou pas. On partage pas encore les prises, faut pas déconner.
Et puis bon, elle le savait déjà. Tout le monde lui disait à quel point elle était douée en tant que barmaid, ça en devenait énervant. Alors que franchement, faire des mélanges et ajouter des glaçons dans les verres, Hana aussi aurait pu s’en charger… Cependant, la jeune femme n’eut pas le temps d’y songer longtemps. Une fois la question piège passée, Christopher ne perdit pas de temps pour lui retourner la politesse. La franchise de son regard et la virilité de sa voix lui firent l’effet d’une étreinte. Immobile, les yeux scintillants, elle resta délicieusement à la merci de son offensive, en savourant les picotements sur ses reins jusqu’à ce que vienne le temps de la réponse.
Cette fois, c’est la bonne…
Le moment propice. Il était là, sur un plateau d'argent. La jeune femme était parfaitement rôdée à le reconnaître et à le mettre à profit de la plus efficace façon qui soit, sans se laisser distraire par son cœur battant la chamade ou par les lèvres irrésistibles du bel officier face à elle. Abaissant un instant le rideau de ses longs cils sur ses prunelles émeraude, elle fit mine d’hésiter un instant avant de plonger de nouveau son regard dans ses beaux yeux sombres. Se penchant lentement en avant, ses doigts vinrent effleurer subrepticement son genou avant d’oser s’y poser, dans un geste d’une timidité calculée d’un bout à l’autre, le tout en ignorant superbement Naruto qui lui reniflait les phalanges. Le souffle raccourci et les joues légèrement rosies, elle attendit encore une seconde avant de souffler sa réponse, dans un murmure sensuel :

« Si je te disais que oui, c’était totalement volontaire… Qu’est-ce que ça changerait pour toi ? »

Prends-toi ça, mon beau…
Il est communément admis que les hommes font le premier pas. La belle affaire… Ce que personne ne dit en revanche, c’est qu’ils ne le font qu’une fois que les femmes leur ont, souvent à leur insu, balisé le chemin…

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Mode Pignouf le retour. Chris avait à nouveau mis les pieds dans le plat en évoquant l'intérêt unique du bar (du moins au départ) qu'était un bon mojito. La demoiselle était-elle jalouse d'apprendre qu'il était venu contraint et forcé, et n'avait aucune envie de voir des filles se déhancher à une barre ? Elle le savait déjà quand elle l'avait abordé, non ? Il ne la prenait pas en traître. Peut-être que la franchise n'était pas toujours appréciable. Surtout quand elle était dure. Elle n'avait pas noté, d'ailleurs, sa petite pirouette de la fin pour faire passer la pilule. A moins qu'elle n'ai pas saisi qu'il parlait d'elle dans sa dernière phrase. Sans le mojito, il ne serait pas resté et il ne l'aurait pas rencontré. Sans le mojito, elle aurait sûrement plus morflé que ça à cause de la bande d'abrutis ivres. "Serait-elle jalouse de sa collègue ? " Peut-être que si. Surtout si elle l'avait en ligne de mire et qu'elle avait vu la barmaid rigoler avec lui sur le compte de son voisin bigleux. Ne venait-elle pas de l'avouer clairement ?

Elle l'avouait, oui, et pas seulement en parole. Battements de cils. Yeux brillants. Regard qui cherche. Petit contact, simple effleurement. Jusque là, Chris conservait la tête froide, sans qu'il ne chercha pour autant à se dégager. Il ne bougeait pas. Il souriait doucement, sans avoir modifié son comportement.
Et là, ce fut le drame.
Elle abandonnait franchement sa main sur son genou. La chaleur de la main d'Hana se diffusa à travers le tissu de son pantalon ; pourtant il frissonna et fournit un immense effort pour ne pas s'éloigner. Son cœur se mit à s'accélérer, et il perdit toute l'assurance qu'il avait pourtant retrouvé lors de sa contre-attaque. Elle manqua de l'achever avec son chuchotement terriblement sexy. Depuis qu'il était arrivé à Taiyou no Tokai, jamais ses joues n'avaient atteint une telle fréquence de rougissement. Merci Akiko. Merci Hana. Et une fois n'était pas coutûme, la température s'accumula sur ses pommettes ; il devait avoir l'air ridicule maintenant. Il avala sa salive et répliqua d'une voix enrouée.

- Je m'en doutais un peu, mais au moins aies-je la confirmation. Pourquoi moi ? Je suis sûr qu'il y avait d'autres personnes plus intéressantes. Après tout, je ne te regardais pas. Vu de l'extérieur, je n'étais pas intéressé. Si tu es venue vers moi, c'est pour relever un défi ? C'est ce que je suis, un défi ?

Il savait pertinemment qu'il se montrait vexant, mais seulement avec les mots. Si jusqu'alors, il avait mêlé tonalité sèche et regard noir dans ses offensives, ce n'était plus le cas. Il avait perdu toute crédibilité, tout son corps le trahissait. Que voulait-il à la fin ? Où était le problème ?

Il était partagé entre deux sentiments. Le premier le poussait à aller dans le sens de la splendeur qu'il avait en face de lui. Une splendeur avec un t-shirt Fullmetal Alchemist. Rien qu'à lui. Non, pas comme au club. Exclusivement à lui. Elle avait envie de lui ; et il avait de plus en plus envie d'elle, surtout depuis qu'il avait découvert la face cachée de la belle, loin de ce qu'il avait pu imaginer, et qui correspondait, mine de rien, à ce qu'il appréciait chez une femme.
Seulement, ce n'était pas si simple. Il ne cherchait pas à baiser un coup, et au revoir madame. Il passait sur le coup pour la midinette effarouchée, alors qu'il n'était pas si impressionnable que ça (quoique ça demandait à voir, ces derniers temps). Le jeune homme ne voulait pas perdre son objectif, celui de trouver la femme de sa vie. Or, pour lui, se laisser aller dès le premier soir au désir n'était pas compatible avec cet avenir. Comment pouvait-il en juger ? Peut-être que même s'il se passait ce qu'Hana aimerait qu'il se passe, ils s'échangeraient leur numéro de téléphone et se verraient à nouveau ? Mais si il n'était qu'un bon coup, au final ? Une nouvelle fois ? Il ne le supporterait pas. Il devait mettre fin à tout ça, avant qu'ils n'aillent trop loin et que la situation ne devienne irréversible.
Sauf qu’honnêtement, cela l'était déjà. Soit il coupait court, et elle ne supporterait pas l'humiliation, soit il entrait dans un engrenage malgré toutes ses réserves et ses appréhensions. Celui de se laisser aller, pour une fois. Après tout, il n'était pas obligé d'évoquer toutes ses conquêtes à sa future moitié, non ?
Hana l'enflammait de son regard irrésistible. Elle attendait qu'il veuille bien débuguer. Il devait vite se décider. Ou gagner du temps. Il releva enfin les yeux (à quel moment les avaient-ils baissé d'ailleurs) et se reprit. D'une voix aussi faible que celle de la danseuse quelques instants plus tôt, il murmura.  

- Qu'est-ce que tu attends de moi ?
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Eeeeeet… bingo !
Hana se retint de jubiler lorsqu’elle vit les joues de Chris prendre une jolie teinte de framboise mûre alors qu’elle lui touchait le genou. Simplement le genou ! Certes, au Japon, le moindre contact physique était d’ores et déjà considéré comme un début d’acte charnel mais bon, quand même. Lui faire un tel effet restait extrêmement gratifiant, voire même plutôt excitant. Mine de rien, maintenant qu’elle l’avait bien préparé, elle gagnait du terrain. Voilà qui la confortait très agréablement dans l’efficacité de ses techniques de séduction. Plus que quelques manœuvres de ce genre et le Preux Chevalier serait à point pour laisser son armure et sa vertu aux vestiaires, au moins le temps d’une nuit.
Qu’est-ce qu’on est bonne, quand même…
Se congratulait-elle en son for intérieur, juste avant que Chris lui rappelle totalement par surprise qu’il n’était pas une de ses cibles habituelles. N’importe quel autre homme aurait débranché son cerveau pour lui sauter dessus sans réfléchir, à peu de choses près. Lui, non. L’espace d’un instant, elle perdit contenance. Son regard de braise s’étiola sous le choc d’avoir été découverte. Était-ce possible ? L’avait-il percée à jour ? L’avait-il (honte suprême !) menée en bateau depuis le début dans le seul et unique but de l’amener à se découvrir en tant que serial séductrice, fille peu sérieuse ne songeant qu’à alimenter son tableau de chasse pour avoir un peu d’attention ? Si c’était le cas, jamais Hana ne voudrait plus sortir au grand jour de peur de le recroiser, ni entrer dans une salle de bain de peur de se retrouver face à un miroir. Fort heureusement, avant qu’elle ne se mette à paniquer, le bel officier lui posa une question qui suffit à la rassurer. Il ne lui demanderait pas une telle chose s’il était certain qu’elle ne songeait effectivement qu’à le faire succomber à son charme uniquement pour relever le défi. Ouf ! La jeune femme parvint à reprendre contenance le temps de décider quelle attitude adopter.
Ça craint un peu, là ! Si on lui avoue que c’était bel et bien ce qu’on voulait, il va tirer la tronche, non ?
Évidemment ! C’est pour ça qu’on ne va rien dire !
Quoi ? On va lui mentir ? Mais… ça passera encore moins bien que si on lui dit que c’était le cas mais plus maintenant !
On ne peut pas prendre de risque ! Il faut tourner la situation à notre avantage. Plan d’urgence !
Le retour en force de la princesse la prit tellement au dépourvu qu’Hana la laissa faire. La réaction de Chris face à la vérité lui faisait trop peur et risquait trop de ruiner ses efforts. Mieux valait rester prudente… et retourner l’attaque du jeune homme contre lui pour renforcer ses positions. Après le choc que lui avait causé sa question si frontale, il ne lui fut pas difficile de prendre l’air blessé suite à son insinuation. Sans compter qu’à sa grande surprise, elle n’eut pas tant à jouer la comédie que ça.

« Oh… alors tu t’imagines que je suis ce genre de fille ? »

Hana retira sa main et se redressa, rétablissant d’un coup la distance qu’elle avait franchie. Ses lèvres se pincèrent tandis que ses yeux erraient sur la table, et les inflexions douloureuses qu’elle glissa dans sa voix résonnèrent dans l’atmosphère soudain refroidie :

« On approche les gens parce qu’ils nous semblent différents des autres. Tu étais le seul à ne pas s’intéresser aux danseuses, au milieu de tout un parterre d’hommes subjugués. C’est si bizarre que ça que je t’ai remarqué, que je t’ai trouvé insolite et que j’ai eu envie de t’approcher ? Ça fait nécessairement de moi une chasseuse de mâles ? »

Eh, mais c’est pas sympa, ça !
C’est un risque à prendre. Il ne faut pas qu’il nous prenne pour une traînée, donc il faut désamorcer son hypothèse tout de suite !
Mais tu désamorces rien du tout, là !
Le cœur d’Hana battait étrangement vite et ses pommettes avaient elles aussi pris quelques rougeurs lorsqu’elle posa de nouveau ses yeux brillants de tristesse et de colère sur le visage de Chris. Ce n’était pas normal. Elle avait déjà joué des dizaines de fois la jouvencelle offensée sans se sentir plus affectée que ça pour autant. Mais pour une raison qu’elle ne s’expliquait pas, le fait que le jeune officier ait pu effectivement la prendre pour une croqueuse d’hommes lui faisait mal. En matière de contradiction, il y avait là du niveau. Après tout, c’était bien ce qu’elle était et elle n’avait pas invité Chris chez elle pour qu’il en soit autrement. Du moins, au début… A présent, certes elle espérait toujours mordicus l’attirer dans son lit, mais il l’intriguait et lui plaisait beaucoup trop pour qu’elle puisse affirmer avec certitude ne vouloir se contenter que de ça. Ce qui était totalement contraire à son code de conduite personnel. On ne pouvait pas s’attacher à quelqu’un quand on passait son temps à séduire les gens, enfin ! Hana se secoua intérieurement pour se ressaisir. Pour l’instant, ça n’était pas important. Il fallait marquer un grand coup à présent. Après sa manœuvre, nulle doute que la gêne s’installerait entre eux et ficherait en l’air toute la soirée si elle restait ainsi. Il était nécessaire de briser la glace et elle réfléchissait à toute vitesse pour en trouver le moyen.
Ce n’est pas bien compliqué. On va balayer tout ça d’un grand sourire, dire que ce n’est pas grave et reprendre le repas là où on l’a laissé. Une occasion favorable se présentera certainement plus tard et…
Et ta gueule.
En effet. Hana ne reprit pas la discussion comme si de rien n’était avec un sourire radieux et une parole légère. Elle ne renfila pas sa robe d’hôtesse parfaite pour continuer de le mettre en confiance. Elle ne ravala pas la blessure à son égo que lui avait faite Chris. Bien au contraire, c’est d’elle que jaillit soudain l’envie fulgurante de lui rendre la monnaie de sa pièce, de le laisser sans voix et démuni face à elle-même pour un bref instant. Et surtout, c’est de sa fierté mortifiée que s’embrasa soudain un désir irrépressible qui fusa entre ses reins avec une intensité telle qu’elle n’en avait jamais connue. Ses muscles s’animèrent tout seuls et elle se regarda comme de l’extérieur avaler en un mouvement la distance qui les séparait avec une faim de tigresse, son regard flamboyant plongeant dans le sien quasiment à la source. Ce qu’elle attendait de lui…

« J’imagine qu’il y avait une bonne et une mauvaise réponse. Tu m’excuseras de te décevoir… »

Et sur ces mots, elle saisit son visage entre ses mains et l’embrassa à pleine bouche. A peine la saveur de ses lèvres se mêla aux siennes qu’elle sentit chaque parcelle de son corps prendre feu dans un long frisson qui lui fit tourner la tête. Se retenant à sa nuque pour ne pas vaciller, elle se laissa malgré elle submerger dans le tourbillon brûlant qui dilatait la moindre de ses cellules, dispersait son souffle et ses battements de cœur. Lorsqu’elle parvint à se détacher de lui au bout d’un temps indéfini, les mains tremblantes, les joues rougies et les yeux mi-clos, Hana se rendit compte que jamais de sa vie elle n’avait désiré un homme à ce point.
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Monsieur le gentleman faillait à sa réputation. Pour une phrase gentille, la vacherie était offerte, approchez M'sieurs Dames ! Hana effectua un retour en arrière ; elle se crispa après avoir retiré la main du genou du jeune homme. A nouveau, il l'avait blessée. Il avait manqué de tact ; en même temps, il le regrettait à moitié. Son passé "amoureux" le poussait à refuser au lieu d'accepter. Il se protégeait. Et même si Hana n'avait pas toutes les cartes en main pour comprendre, elle avait été prévenue. Ou alors il n'avait pas été très explicite. Peut-être aurait-il dû le faire et mettre les choses à plat et de lui faire comprendre qu'elle n'était pas responsable de sa froideur.

Cependant, il ne s'attendait pas vraiment à ce qui allait suivre. A savoir un démenti. Pour lui, effectivement, malgré toute la bonne volonté du monde, il l'avait pensé. Elle travaillait dans un établissement qui était loin d'être neutre, elle l'avait accosté franchement. Elle l'avait invité chez elle le premier soir. Pourtant, il savait au fond de lui qu'il l'avait jugée trop vite et qu'elle n'était pas du bois des filles faciles. Beaucoup d'aspects allaient dans ce sens, et ils auraient d'ailleurs dû étouffer son jugement. Si elle était une mangeuse d'hommes, alors elle avait un sacré talent de comédienne pour feindre son courroux. Mais elle ne jouait pas la comédie.
Il avait juste gâché la soirée avec ses états d'âme et les spectres de son passé amoureux. Deux parts de lui se battaient à l'intérieur de lui. Et encore maintenant, la défensive l'emportait. Au point d'être aussi intimidé qu'une pucelle, et maladroit comme jamais. Hana n'avait pas à subir ses regrets et ses ressentiments. autant crever l'abcès et lui expliquer, une fois pour toute, les raisons de sa défiance. Avec un peu de chance, il parviendrait à désamorcer la tension et rompre le silence gênant qui menaçait de s'installer. Il entrouvrit sa bouche, mais avant que le son ne sorte de sa gorge, la demoiselle prit les devants en répondant mystérieusement à sa question de tantôt, puis...

Elle l'embrassa. Langoureusement. Ses lèvres sur les siennes. Douces. Chaudes. Audacieuses. Et son parfum... sur le coup de la stupeur, les forces du jeune homme le quittèrent comme si son sang s'était figé dans ses veines. Ses bras tombèrent inanimés le long de son torse. Il ne parvenait plus à bouger, comme si elle l'avait immobilisée par ce baiser. Ses yeux s'écarquillèrent, ses joues se teintèrent à nouveau d'une couleur écarlate. Il ne pouvait la quitter du regard.
Elle s'arrêta, s'éloigna de lui. Le temps resta suspendu. Pendant combien de temps, il ne sut l'évaluer. Il ne pensait plus, il n'aurait même pas pu parler. Son cerveau s'était gelé. Demeurant muet, ses prunelles s’apaisèrent et ses traits se durcirent ; il retrouva une attitude sérieuse et sévère. Avec lenteur, il dégagea son corps de la table basse, et s'agenouilla en face d'elle. Il leva sa main droite, caressa les cheveux soyeux de la danseuse, puis glissa une mèche derrière son oreille droite. Il positionna ses mains comme celles de la Reine des fleurs, sur son visage, s'inclina devant elle et épousa ses lèvres aux siennes, avec une infinie douceur. Quand il se redressa, ses yeux brillaient d'une émotion forte et sincère ; il lui prit sa main, la serra, et déposa un baiser sur sa peau si douce. Sa senestre glissa à nouveau dans sa chevelure, depuis le haut du crâne jusqu'au creux de la nuque, puis la laissa filer dans sur son cou et la naissance d'une épaule.
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Un étrange silence planait dans le studio, uniquement rompu par les ronronnements de Naruto qui avait à peine bougé des genoux de Chris et par les battements du cœur d’Hana qui tambourinait si fort contre ses côtes qu’elle retenait sa respiration de peur qu’elle ne vibre au même rythme fou. De mémoire de séductrice, elle avait donné et reçu tellement de baisers que bien rares étaient ceux qui parvenaient à lui faire éprouver quelques sensations, à moins d’être de véritables experts. C’est tout juste si elle se rappelait du premier. Mais en cet instant, alors qu’elle venait de succomber à ce désir sans précédent, la jeune femme se sentait perdue dans les méandres d’un trouble ardent qu’elle ne connaissait pas, ou si peu qu’elle l’avait oublié. La chaleur de leurs souffles suspendues au seuil de leurs lèvres lui faisait tourner la tête et elle non plus ne pouvait détacher son regard du sien, ses mains de son visage, son corps de l’espace infime qui les séparait, empli de ce qui lui semblait être le parfum enivrant de la peau masculine si proche de la sienne. Elle ignorait totalement ce qui allait se passer. Elle savait qu’elle avait sans doute commis une erreur et qu’il allait le lui faire savoir bientôt, mais elle ne pouvait bouger ni amorcer une explication. Aucune explication ne lui venait à l’esprit. Pour la première fois depuis longtemps, princesse et grenouille s’étaient tues, elle était seule avec elle-même et Christopher. Peut-être aurait-elle du avoir peur et cela viendrait sans doute, mais elle n’y parvenait pas. En cet instant précis, elle se sentait sereine, curieuse, troublée mais heureuse, oui heureuse, d’avoir franchi ce pas de trop. Parce qu’elle en avait envie depuis un long moment déjà.

Cependant, le jeune homme retrouva le premier l’usage de son corps. La stupéfaction disparut de son visage et ses traits se durcirent en une expression dure, presque froide s’il n’y avait pas eu son regard. Quelque chose dans ses prunelles sombres firent lever un nouveau frisson dans ses reins et elle le regarda avec intensité se dégager de la table pour s’agenouiller face à elle, le cœur battant. Elle était pleinement conscience qu’il était en train de se passer quelque chose même si elle ne savait pas exactement quoi et l’attendait avec émotion et impatience comme une chose inconnue et incroyable. Alors qu’il la surplombait de ses yeux pénétrants, elle le trouva si beau soudain qu’il aurait pu faire d’elle ce qu’il voulait. Et même si elle craignit un instant qu’il ne la laisse ainsi et s’en aille, elle frissonna avec passion lorsque ses mains se saisirent délicatement de son visage, tandis que les siennes avaient peu à peu glissé sur le torse musclé dont elle sentait la chaleur. Sa peau frémit sous ses doigts, elle ferma les yeux et son corps tout entier lui sembla s’aviver lorsque ses lèvres prirent possession des siennes avec une douceur indicible, qui la laissa pantelante et troublée comme s’il l’avait prise toute entière. Ses yeux étaient humides lorsqu’il s’écarta d’elle pour déposer un nouveau baiser sur sa main, replacer une mèche de cheveux avec une tendresse presque douloureuse, et son murmure était noué par l’émotion lorsqu’elle l’implora presque :


« Recommence… S’il te plaît… »

Jamais personne ne l'avait embrassée de cette façon. Jamais de sa vie Hana n’avait éprouvé tant avec si peu. Et paradoxalement, jamais elle ne s’était sentie autant à la merci d’un homme, vibrante de désir mais aussi d’un sentiment nouveau qui lui donnait envie de pleurer et de découvrir encore.

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Quelque peu vexé d’avoir été chassé des genoux de Chris par le mouvement du jeune homme et de ne plus avoir sa dose d’attention, Naruto poussa un miaulement sonore pour faire part de son mécontentement. Seul le silence bruissant des deux jeunes gens lui répondit et il prit le parti de s’éloigner vers la cuisine. Hana n’en eu même pas conscience. En cet instant précis, elle aurait été incapable d’accorder la moindre parcelle d’attention à autre chose qu’aux caresses de Chris sur son visage. Elle qui avait si peu l’habitude d’une telle douceur, elle osait à peine bouger lorsque ses mains effleuraient sa peau avec la légèreté d’un regard comme si elle était précieuse et fragile, de peur de briser son élan. Seul son baiser lui rendit une partie de ses mouvements et elle ne put s’empêcher de venir entourer ses larges épaules de ses bras pour en appuyer encore la tendresse, sentir plus avant la chaleur de son corps, mêler sa langue à la sienne. Il y avait bien longtemps qu’elle ne s’était pas autant appliquée. Elle se sentait presque maladroite alors que les doigts de Christopher venaient enlacer les siens et que cette étreinte l’intimidait au-delà de toute mesure. N’était-ce pas dangereux de faire preuve d’autant de douceur ? N’était-elle pas sur le fil avec toutes ces émotions étranges qu’elle ressentait ? Ne pas s’attacher : règle d’or de toute séductrice qui se respecte. Le jeune homme ne s’était-il pas déjà infiltré trop loin dans la carapace qu’elle s’était construite pour dissimuler aux autres ce qu’elle était ? Elle n’avait plus aucun moyen d’en être sûre. Les paupières closes et frémissantes, elle perdait complètement l’esprit sous la délicatesse des lèvres et des paumes de Chris qui exploraient à petits coups son visage, sa gorge, ses épaules, son dos, lui faisant incliner la tête et cambrer les reins sans qu’elle en ait vraiment conscience.

Son désir, un instant subjugué par la tendresse des caresses dont on la couvrait, revint en force lorsqu’ils se relevèrent et qu’elle se retrouva serrée contre lui. Un gémissement infime lui échappa alors que la chaleur et les reliefs musculeux de son torse la happèrent, éveillant en un doux frottement les pointes de ses seins dressées sous son t-shirt. Ses lèvres se firent plus gourmandes, ses mains plus audacieuses. Elle voulait tout découvrir de ce corps tant désiré, de cet homme qui lui faisait éprouver tant de choses insoupçonnées. Peu importait si elle allait trop loin avec lui, si elle ne parvenait plus à revenir dans son rôle ou à faire la part des choses. Elle aurait tout le temps de regretter plus tard. En cet instant, ça n’avait aucune espèce d’importance à ses yeux. Seul comptait le désir dont elle brûlait et qui la poussait à s’offrir toute entière. Si bien qu’elle ne put résister très longtemps à l’envie de glisser ses mains sous le t-shirt. Timides d’abord, ses paumes remontèrent lentement le long de son dos, explorant la musculature ferme et le parfum capiteux de sa peau. Le moindre de ses mouvements ondulaient sous ses doigts et lui faisait tourner la tête. Hana avait toujours été sensible à la beauté des corps et appréciait mieux que personne un torse d’athlète ou des courbes langoureuses. Mais Christopher était le premier à lui paraître aussi magnifique, à aviver son désir de la sorte, au point qu’elle ne parvenait pas à faire preuve de retenue. Ses lèvres quittèrent les siennes, trop avides de le découvrir plus avant, et vinrent se perdre au creux de se cou, le long de sa mâchoire, sur son lobe d’oreille. Baisers, tendres morsures, caresses du bout de la langue n’avaient de cesse de se succéder sans qu’elle ne se sente rassasiée. Pourtant, elle craignait plus que tout d’aller trop vite, qu’il ne la repousse et ne s’éloigne. Mais c’était tout simplement plus fort qu’elle. Dieu, que ce t-shirt était gênant…
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