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GLEN : Street of rage

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Sam 17 Jan - 21:41
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La promenade durait déjà depuis un moment. Christopher ne ressentait aucune fatigue ; il était d'excellente humeur et dans une forme olympique. Il allait profiter de sa journée de repos pour faire un petit tour. Il avait quitté la basse-ville et s'était déjà rendu dans le quartier administratif, avant d’atterrir dans le quartier commercial. C'était très calme pour le moment, il pouvait circuler sans bousculer les gens ni courir sur l'asphalte. De temps en temps, il s'arrêtait pour détailler une vitrine, puis repartait, les yeux rivés sur les panneaux des rues.

Son esprit divaguait vers tout ce qu'il s'était passé dans sa vie depuis qu'il était arrivé ici. Les gens qu'il avait rencontré. Ayant pris du recul sur sa déception première, et bien qu'il s'ennuie fermement certains jours sur cette île au boulot, il ne demanderait pas sa mutation. Trop de choses le retenaient ici pour qu'il déménage. Même s'il aurait préféré dire merde à son père, par principe. Il rechignait à l'idée que son papounet ait eu un ascendant sur lui.

L'air encore frais en ce matin d'été emplissait ses poumons. Ses jambes le portaient de mètres en mètres, et son estomac grondait. Il emprunta une nouvelle rue, espérant trouver sous peu un conbini pour manger. Il résistait peu longtemps à l'appel de la faim.

Une pression inattendue lui attrapa le bras droit et il se sentit tiré vers une ruelle avec vigueur. Ses pieds rencontrèrent un obstacle. Le jeune homme tomba à terre sans comprendre ce qui lui arrivait ; il chercha à s'appuyer à terre pour se relever mais des prises fermes maintenaient ses mains au dessus de sa tête, d'autres lui bloquaient les jambes. On lui avait fait un croche-pied, et à présent, on le soulevait, sûrement pour l’entraîner plus loin de la rue. Il reprit vite ses esprits après ces quelques secondes déstabilisantes, et d'un coup de rein violent, donna de l'élan à sa jambe gauche pour l'envoyer dans le ciel. Il toucha un menton. L'inconnu cria de douleur, le relâcha. Le second assaillant fut obligé, sans l'allègement de son camarade, de le reposer. Mobilisant à nouveau le milieu de son corps, Christopher plaça ses jambes regroupées jusqu'au niveau de son visage, et frappa de ses pieds joints le torse du voyou en dépliant brutalement ses genoux. Il ne laissait pas à son esprit le soin d'analyser ce qu'il se passait. Chaque chose en son temps.

" Putain, je vous avais dit d'y mettre le paquet ! Deux ça suffit pas, bougez votre cul !", s'exclama une voix derrière lui.

Avant même que Chris ne puisse se relever, trois ombres lui sautèrent dessus pour tenter de le maîtriser. Le jeune homme ne se laissait pas faire, et mobilisait toute sa force et sa nervosité pour batailler. Ses adversaires relâchaient leurs mains à chaque marron puis revenaient à l'assaut. Merde, combien étaient-ils ? Bientôt, ils furent quatre sur lui, un pour chaque membre, et malgré ce, le métis parvenait se libérer et prendre l'avantage. Cependant, il n'arrivait pas à se relever, car un nouveau remplaçait toujours le suivant qu'il avait boxé. Une cinquième petite-frappe en profita pour lui donner un coup de pied dans le ventre, du plat de sa chaussure. Le choc violent, la perte momentanée du souffle et la souffrance qui en suivirent calmèrent Chris assez longtemps pour l'immobiliser. Le flic sentit sur ses poignets le contact filandreux et inconfortable de liens, une corde probablement, que l'on serra jusqu'à entamer sa peau. Son corps quitta terre pour être transporté plus loin dans cette ruelle sombre.

On le redressa de force. Une fois remis sur ses jambes, reposé par ce petit temps de latence, Chris reprit sa défense. Ses mains ligotées dans son dos n'étaient pas un désavantage ; sa spécialité en combat était son jeu de jambe. Ses muscles tendus à l’extrême et l'adrénaline lui apportèrent toute la puissance nécessaire à son mental, prouvant qu'il n'abandonnait pas. Il enfonça un genou dans le plexus solaire d'un type coiffé en banane et visa l'entre-jambe de son confrère, qui recula en portant ses mains à sa zone de souffrance.

- Choppez-lui les jambes, bordel !

Un grand rasta arriva par l'arrière et lui ceintura le torse de ses bras épais. A nouveau quatre larrons s'occupèrent de ses jambes et ses bras. La fatigue vint à bout de sa résistance. Ils étaient trop nombreux. Son cœur battait la chamade. Il était néanmoins fier d'avoir tenu face à autant de monde. A présent, il ne lui resterait qu'à comprendre pourquoi on l'attaquait et veiller à trouver une faille qu'il puisse exploiter pour se sortir de là.

Il dévisagea ceux qui lui avaient réservé cette charmante surprise ; des gens de son âge, habillés avec des uniformes noirs à haut col, ou des vêtements crasseux et déchirés. Des Furyos. Il existait donc des loubards dans cette ville ensoleillée ? Il compta dix personnes. Il conserva le silence, fusillant tout ce petit monde du regard.

" - T'étais au centre commercial, l'aut'jour...

Chris tourna la tête vers la source de la voix. L'homme avait déjà pris la parole tout à l'heure. Le leader, sans nul doute. Il portait un bonnet sur la tête, positionné au ras de son front. Pantalon Baggy et doudoune militaire. Il n'avait pas posé une question. Il affirmait. Pourtant, Chris ne reconnaissait pas dans ce groupe l'un des trouble-fêtes qui avaient tourmenté une vendeuse. Agacé par le manque de répondant exaspérant du métis, le meneur s'approcha de lui et l'empoigna au col.

- T'y as maravé mon grand frère, sale con.

Chris était à présent fixé sur le mobile. Un règlement de compte suite à son intervention à l'entrepôt de livraison du Sport'Shop... Un quatuor d'imbéciles avait tenté de voler des articles en cours de livraison et s'en étaient pris à la personne chargée de la réceptionner. Sans l'appel d'urgence de ses collègues et l'intervention du jeune flic, l'histoire aurait fort mal tourné.

- Ton frangin n'a pas assez de couilles pour assumer ses responsabilités ? Il envoie Frérot Yankee et sa bande de loosers pour taper à dix contre un ? Comme lui l'autre jour, à quatre contre une femme. La lâcheté et l'indignité sont héréditaires ?

Une gifle méritée pour son insolence lui échauffa sa joue. Cela n'effaça pas pour autant le regard méprisant du sang-mêlé.

- Ta Gueule, f... de p... ! J'te signale que t'es pas en position d'me chercher, là ! Tu l'as envoyé à l'hosto puis à la maison poulaga ! Il m'a demandé de te remercier en te défonçant ton joli p'tit minois, comme tu l'as fait avec le sien !

Le furieux furyo sortit un objet de sa poche, qu'il glissa dans sa main. Chris grimaça. Le jeune homme n'était pas du genre à avoir peur, et il pouvait se vanter de ne pas ressentir souvent cette émotion même dans les sports extrêmes qu'il pratiquait, les combats ou la vitesse sur la moto. Pourtant, il n'en menait pas pas large devant ce qui l'attendait. Sa fierté l'empêchait de crier à l'aide, il ne voulait pas se dégonfler. Mais la menace d'un long couteau dans le ventre lui fit perdre sa superbe.

Il ouvrit la bouche pour gagner du temps et trouver un moyen d'attirer l'attention. L'assaillant auquel il avait frappé les parties se saisit de l'opportunité pour lui glisser une étoffe dans la bouche, dont il noua les extrémités derrière la nuque du jeune flic, en serrant bien. La sensation était vraiment désagréable. Il détesta le contact de la langue sur le tissu coincé entre ses lèvres ; il respirait plus difficilement. Et surtout, Chris se sentait impuissant et humilié.

Le petit gang avait bien préparé son piège. Ils le suivaient probablement depuis longtemps. Ils connaissaient son visage et ses compétences en combat, d'où cet effectif disproportionné. Sans parler de leur stratégie et du matériel nécessaire pour un passage à tabac en bonne et due forme.  
Et dire que Chris trouvait Taiyou no Tokai trop sage ! De rage, il se débattit à nouveau, mais ceux qui le maintenaient étaient costauds. Impossible de se venger par avance et de leur administrer de nouvelles baffes. Impossible de crier.

Le voyou posa avec une délicatesse ironique sa lame sur la joue de Chris puis l'appuya pour faire couler le sang. Le brun attendait la suite avec appréhension, mais aussi orgueil et défi, ses prunelles noires braquées dans les yeux de son agresseur. Il ne lui ferait pas l'honneur de fermer les yeux ; il affronterait sans ciller.
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Raton
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Ven 23 Jan - 18:34
Raton
D’un coup de dents précis, Glen décapsule sa canette de Dr Pepper, la siphonne d’une traite et lâche un rot gargantuesque qui choque au moins trois passantes sur le trottoir d’en face, histoire de faire profiter à tout le monde de son mécontentement :

« Putain, comment qu’y a rien à branler aujourd’hui… »

Ça, c’est clair… Il ne travaille pas, mais Juliette si. La mer est trop froide pour qu’un bestiau à sang froid comme lui soit à l’aise dans la flotte en plein hiver. Pas encore de nouvelles de Nim ou d’Akiko et même s’il a leur numéro, n’en déplaise à ces dames, il n’a pas envie de passer sa journée à des trucs de gonzesses. Ce serait l’occasion de rejoindre Junichi et sa bande, mais Glen commence à en avoir ras-le-cul de cette bande de tocards. Ça fait quelques jours déjà qu’il n’en peut plus de voir leur tronche et par conséquent, qu’il ne les a rejoints ni en soirée ni en boîte. En bref, il se fait chier comme un rat mort depuis quelque temps. Poussant un soupir et une bordée de jurons, il déambule au hasard dans les rues du quartier des Parcs, traînant les pieds comme un condamné. Ça l’emmerde de marcher mais s’il reste une seconde de plus à se tourner les pouces dans le house-boat, il va péter une durite, vider les placards et couler littéralement la baraque. Mieux vaut donc essayer de limiter la casse, même s’il a l’air aussi heureux qu’un requin bulldog et que les gens changent de trottoirs avec effroi devant sa dégaine de délinquant en colère. C’est dans ces moments-là que Sydney lui manque. Pas la ville en elle-même, non, encore qu’il y avait quand même un peu plus d’endroits où sortir. Mais là-bas au moins, il avait son banc, sa bande de potes. Sans compter l’essaim de blaireaux qui venait s’y greffer en fonction des teufs,  ils n’étaient pas nombreux, peut-être cinq à tout casser en comptant sa sœur. Mais les cinq là, c’étaient des vrais bros, des types sur lesquels on pouvait compter et surtout avec lesquels il y avait toujours moyen de se marrer, même pendant les journées chiantes à crever comme celle-ci. Jamais il n’aurait cru pouvoir dire ça un jour, et d’ailleurs il ne l’avouerait sans doute pas même sous la torture, mais c’est bien la première fois de sa vie que Donny, le crocodile de deux mètres dix avec qui il a passé son enfance à se tataner, lui manque un peu. Mais juste un peu parce que c’est quand même un sacré fils de pute quand il l’a décidé. Enfin, parait que c’est aussi à ça qu’on reconnait les vrais bros…

« Bordel, faites qu’il se passe un truc, j’vais finir par dire du bien de cet enfoiré sinon… »

Et, par un miracle livré en express, son vœu se voit exaucé dans les secondes qui suivent. Alors qu’il passe à proximité d’une petite ruelle, un effluve familier (et un peu dégueu) se glisse jusqu’à ses narines. Intrigué, Glen s’arrête et renifle l’atmosphère. Il n’y a pourtant rien d’intéressant dans le coin. Ah si, là-bas au fond, des mecs qui se bastonnent. C’est ce qu’il déduit de ce qu’il entend et de l’agitation qui règne au fond de cette ruelle sombre, tellement clichée. Mais bon, à part ça vraiment, rien qui mérite qu’on s’y attarde. Lui-même s’est fait tabassé et a démonté des gueules plus souvent qu’à son tour dans ce genre de plan, s’il fallait qu’il s’en mêle à chaque fois il aurait pas fini. Et puis pour s’en mêler, il faudrait déjà qu’il se sente concerné, alors tu penses si ça risque d’arriver. Non, dans l’immédiat, il est bien plus captivé par le fait de mettre le doigt (ou le nez plutôt) sur cette odeur à la con qui vient le déranger pendant qu’il s’emmerde tranquillement dehors. Un truc sucré, vaguement écœurant, avec de légers relents chauds et grillés qui… oh putain de merde, des M&M’s ! La truffe au vent, Glen fait un pas dans la ruelle pour aspirer encore quelques bouffées de cette odeur à la con. Bordel, c’est quand même pas… bah si. Il reconnaîtrait ce short entre mille. C’est bien Mister Scout qui est en train de se faire passer à tabac par une bande de loubards.

Le squale ne prend même pas le temps de réfléchir. Chargeant à grands pas le petit groupe qui ne l’a pas remarqué, il les bouscule sans ménagement pour atteindre le chef de la bande qui s’apprête à faire un deuxième sourire au petit flic, le choppe à bras le corps pour le soulever du sol et lui éclate sans la moindre pitié l’entrejambe sur son genou relevé. Le bonhomme ouvre grand la bouche sans que rien n’en sorte et en lâche son couteau. Glen le sent distinctement se vider de ses forces contre lui, mais il rajoute un deuxième coup bien vicelard pour être sûr avant de le laisser s’écrouler comme une masse sur le sol, recroquevillé sur les miettes de ses bijoux de famille. Toujours taper deux fois, comme ça on est tranquille. Ensuite seulement, il se retourne vers le reste du troupeau. Tous ont reculé sous le coup de la surprise, c’est le moment d’en profiter pour Mister Scout. Sa voix est sucrée et son sourire n’a absolument rien d’engageant lorsqu’il prend la parole :

« Dix contre un, guys ? Really ? »

Glen a beau porter une chemise hawaïenne vert pomme bien flash sous son blouson fatigué, il mesure toujours 1m85 et a toujours treize rangées de dents aiguisées dans la gueule. Alors même si deux contre dix (pardon, neuf…) n’est toujours pas très égal, il n’a pas peur de cette bande de blaireaux. Bien au contraire, il est sûr et certain de pouvoir latter sans aucun problème ces racailles du dimanche. En plus ça va le dérouiller, lui qui se faisait chier aujourd’hui… L’un des types parvient à se reprendre et raffermit sa prise sur un tuyau en plomb qu’il avait cru bon d’apporter :

« Tu cherches la merde, enfoiré ?! On peut aussi te refaire le portrait comme à ton pote si tu te casses pas tout de suite ! »
« Ah bah ça tombe pile poil ! D’habitude, j’tape pas les filles. Mais là, dix mecs qui oublient d’enfiler leurs couilles pour se battre à la pute, j’peux pas rester sans rien faire… »


Et Glen choppe le gars au col sur ces tendres paroles pour lui asséner un bon gros coup de boule avant de le repousser brutalement vers ses potes. C’est le signal : la vraie baston commence. Très vite, le squale pige la bonne tactique et s’efforce d’éviter les coups dans un premier temps tout en faisant signe à Chris pour bouger jusqu’à obtenir la configuration idéale. C’est-à-dire que tous les connards soient d’un même côté. Dans cette petite ruelle à la con, leur nombre les gênera plus qu’autre chose tandis qu’eux, à deux, seront bien plus à l’aise pour latter les tronches. Ce qui ne l’empêche pas de sortir les dents pour mordre le bras du type qui vient de rater son coup de poing. Sans rire, quelle bande de blaireaux…
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Sam 24 Jan - 0:50
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La lame entama la peau de joue. Rien de bien méchant, certes, mais le sang chaud commençait à couler. La petite bande éclata de rire. Chris avait peur mais il bouillonnait aussi de rage. Envers eux, d'abord, pour s'en prendre à dix contre un au lieu de se battre respectueusement. Contre lui aussi, pour s'être fait bêtement avoir. Cette histoire remettait en cause sa volonté de se retrouver dans les quartiers difficiles du Japon, comme cela avait été son premier souhait. Il avait péché par orgueil, et s'en mordait à présent les doigts. Le fait d'être diplômé et de maîtriser le Kung-fu n'avaient pas fait de lui un Super Sayajin. Il était un bleu, avec toute l'inexpérience et l'insouciance dont on pouvait faire preuve quand on était une tête brûlée. Sauf que, là, c'était tête rasée de près qu'il allait avoir. Il avait réussi à garder le contact visuel, mais sa respiration haletante couplée à la douleur lui avaient fait émettre un petit gémissement, étouffé, par le tissu, provoquant le ricanement de ces autres abrutis.

- J'aime pas la façon avec laquelle tu me regardes, sale con. Je vais m'occuper un peu de ça...

Et la lame monta jusqu'à l’œil droit du flic. Non, ils n'oseraient pas, quand même, en arriver jusque là ? C'était du bluff ! Les passages à tabac étaient en général plutôt à base de coups de pied et de poing, l'arme blanche pour la frime ?
Mais avant que Chris ne puisse s’inquiéter, son attention fut détournée malgré lui par un mouvement à l'arrière du Big-Boss, qui fut soulevé par un colosse, puis achevé d'un coup de genou. Le cri de douleur qui suivit fut atroce, mais ô combien réjouissant pour le métis, qui pour une fois se dit qu'il irait brûler un cierge dès qu'il aurait trouvé une église anglicane en terre nippone.
La faille tant attendue du jeune homme se présenta. Avec l'agilité d'un félin, il se dégagea de ses cinq sbires en se baissant et en passant par une roulade entre les jambes du géant rasta. Il se retrouva le dos au mur (au sens propre), mais cela n'était pas vraiment un problème.

- Merde, il a bougé !

Le Club des cinq ne savait plus de quel côté regarder. Entre le nouvel arrivant et le petit nerveux, ils étaient aux abois. Ils regardaient à gauche, et à droite. Le plus menaçant pourtant était l'inconnu qui avait immobilisé le chef du gang. Pour éviter que le groupe ne se déconcentre, un sous-fifre voulut montrer l'exemple avec son tuyau. Le temps de diversion permit à Chris de passer ses mains sous ses jambes et de les retrouver devant lui. Il retira son bâillon de la bouche avec humeur. Les brutes chargées de le marquer, rassurés par Huggy les bons Tuyaux, étaient prêts à le rattraper. Cinq contre le chevalier blanc, cinq contre le flic, ça ferait l'affaire. Surtout s'il était bloqué contre un mur. Sauf que Chris aimait bien les murs. Et vu qu'il n'arrivait pas à défaire les cordes, un peu d'aide ne serait pas du luxe.

Son complice lui donna une opportunité de quitter son petit coin en repoussant ses assaillants vers l'arrière. Profitant du mouvement général, Chris courut vers le mur de droite, sauta, prit appui sur la paroi et asséna un violent coup de pied dans la tête de Street of Rage n°1. Retombant sur ses deux jambes, il appuya ses mains sur l'épaule droite de la même victime, effectua un flip aérien. Atterrissant dans son dos, Chris n'était plus coincé à présent par le cul de sac.
Ce ne fut qu'après avoir assommé son cheval d'arçon d'un cou de coude dans la nuque qu'il reconnut son sauveur. En effet, trop occupé qu'il était à s'échapper, il n'avait pas vraiment chercher à se renseigner. Question de sens des priorités.  

Le requin évitait les coups, bougeait mais ne frappait pas vraiment (il mordait en compensation). Le basané comprit vite son stratagème, et se débrouilla pour se positionner là où Glen le voulait. Soit face à leurs agresseurs. A leur tour d'être bloqués. Entre la voie sans issue et la grande rue, les attendaient deux types prêts à en découdre.  
Sans aucun sourire, les yeux braqués sur les survivants, Chris retrouva sa voix. Étonnamment calme, mais plus grave que d'ordinaire. Plus inquiétante aussi.  

- Je sais que cela n'a pas très bon au goût, mais tu peux me couper ces cordes ?

Il tendit ses poignets liés vers le requin, sans perdre de vue leurs adversaires.

- J'ai envie de posséder tous mes moyens pour leur expliquer ma façon de penser, à ces lâches qui défendent d'autres lâches.

La patience de Chris avait ses limites, et il venait de les atteindre. Ses sourcils étaient extrêmement froncés, ses prunelles noires s'enflammaient littéralement, ses poings serrés près à casser du furyo.
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Lun 14 Nov - 16:15
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Ce qu’il y a de cool avec le Scout Flic, c’est qu’il est réactif. Et que c’est un putain de grand malade aussi. Glen pouvait déjà en témoigner après leur course poursuite lorsqu’ils s’étaient rencontrés mais ça le fout toujours autant sur le cul. À peine a-t-il fait diversion que le boy scout en détresse se remet à bondir partout et à flanquer des coups de pieds dans tout ce qui passe. Pendant que lui met la zone dans les rangs ennemis avec son style assez cru et bordélique (on peut pas vraiment parler de style, en fait), Chris met  profit avec art les murs et les nombreuses failles dans les gardes adverses pour faire péter toutes ses techniques à la Jackie Chan. Le squale en serait presque jaloux, s’il n’était pas concentré sur autre chose que sur les mecs qui l’encerclent. Lui n’est pas aussi rapide, il ne peut pas éviter tout ce qui se présente et se mange quelques coups qu’il pare comme il peut de ses bras levés. Mais c’est pas grave parce que son gros point fort à lui, c’est pas d’esquiver mais d’encaisser. Et pour ça, pas de soucis il assure, surtout face à ces abrutis qui frappent n’importe comment. Comparé à ce qu’il a pu se manger dans la tronche en Australie, c’est vraiment peanuts. Au bout d’un moment, les deux partenaires parviennent enfin à se retrouver du bon côté de la ruelle. En face d’eux, les gars sont un peu amochés, trois d’entre eux sont à genoux en train de chouiner après les mandales qu’ils se sont prises. Bon, six à deux, on progresse. D’ailleurs, c’est pile à ce moment-là que Chris lui tend les mains, toujours ligotées aux poignets, en lui demandant de lui retirer ce handicap.

Glen lève un sourcil. Et il fait ça avec quoi ? Ses ratiches ? Ben, dans les faits oui, vu qu’il est mieux équipé que les autres pour ça. Sauf que là, le Scout Flic délire un peu ou alors il l’a pris pour un castor. Il a beau avoir un paquet de chicots pointus, ils sont faits pour chopper et piéger, éventuellement pour déchirer en secouant un peu, mais certainement pas pour cisailler de la corde. Il s’est cru dans un film, ou bien ? Enfin, c’est vrai que ça va être chiant s’il doit se battre juste avec les guibolles « Deux secondes, chéri… » Le squale charge sans prévenir, allonge le bras et choppe par surprise un des mecs en première ligne armé d’un couteau. Reculant brusquement pour lui faire perdre l’équilibre et se mettre hors de portée, il accueille sa prise d’un grand coup de genou dans l’estomac, le redresse par le col pendant que ses poumons achèvent de se vider et sécurise l’affaire d’un violent uppercut sous le menton. Le type bascule en arrière, titube et s’effondre, laissant tomber son surin que Glen rattrape au vol. Ensuite seulement, il glisse la lame entre les cordes et libère Chris de ses liens en deux gestes experts, avant de balancer le couteau par-dessus son épaule « T’aimes bien que j’te chatouille la couenne, avoue… » Et maintenant, les choses sérieuses.

Le squale, toujours aussi subtil dans sa façon de se battre, endosse le rôle qu’il maîtrise : celui du tank (léger, mais quand même). Ouvrant largement la gueule et exhibant ses crocs sur un cri de guerre barbare, il fonce dans le tas à toute allure, au mépris des deux tuyaux de plomb et du poing américain qu’il a repéré depuis le début de la bataille. Ce sont des péteux de toute façon, ils comptaient sur le nombre pour prendre l’avantage. Quand ils verront qu’ils se mesurent à trop fort pour eux, ils vont tous prendre le large vite fait. Ce qui devrait arriver peu de temps après qu’il ait fait couler le premier sang (juste un petit peu, faut pas déconner). La vitesse de la charge lui permet d’emboutir un mec à la force des épaules et il l’achève d’un coup de coude dans la mâchoire. Il est accueilli derrière par un autre qui tente de le frapper avec son poing américain mais il parvient à éviter le gros de l’impact, bien que ça lui nique quand même deux ou trois chicots. Glen a une seconde de ralentissement, le temps d’intégrer dans les paramètres la douleur de sa gencive, puis il tourne un regard mauvais sur son dentiste improvisé. Alors toi mon cochon…

L’attaque est fulgurante. Elle atteint l’avant-bras, arrachant un piaillement de douleur et de terreur à la victime qui en lâche son poing américain. Les treize rangées de dents recourbées traversent le blouson, se plantent dans la chair. D’un seul coup, les pupilles du squale s’étrécissent. Putain, du sang. Chaud, salé et ferreux. Une saveur fluide qui inonde sa gueule. Par réflexe, il tire un grand coup, arrachant un grand lambeau de manche et laissant une série d’estafilades, peu profondes mais à vif, sur la peau découverte. Dans les rangs adverses s’opère un mouvement de recul. La respiration haletante, Glen regarde l’amas de furyos comme il le ferait d’un banc de maquereaux. Il ne sait pas où en est Chris et il n’en a rien à branler. Là, il a juste envie de taillader encore un peu de gras, et de bouffer quelque chose. À tout prix. Il parvient cependant à grogner d’une voix rauque et sauvage, qui n’a plus rien de commun avec son ton gouailleur et provocant habituel « Anyone else ? » Si on ne le calme pas vite fait, ça va chier…
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Lun 14 Nov - 16:15
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Drôle d'ange gardien. D'ordinaire, ces êtres ressemblaient à des chérubins équipés de petites ailes, vêtus d'un pagne blanc et dégageant une aura bienfaisante. Pas vraiment le cas de celui qui secourait Chris présentement. Tête de requin, dents immenses et chemise hawaïenne. Peu importait cependant l'apparence.  Un ange-gardien tout mignon ne correspondrait pas au jeune flic. Dire que Glen avait un mauvais caractère mais qu'il jouait les demoiselles pour couper une corde. Glen lui avait bouffé l'épaule et une partie de ses vêtements. Ne pouvait-il pas faire un effort pour quelques fibres ? Chris se retient cependant de froisser son bon samaritain. Sans lui, le floc serait bien fin avec un œil en moins.

Attentif aux moindres gestes des voyais, il surveillait le prédateur récupérant un couteau pour le libérer. Non sans un certain style, que Chris admirait malgré la colère qui le rongeait. Glen n'avait pas appris à se battre auprès d'un maître mais en autodidacte, dans la rue, à le'image de leurs adversaires. L'honneur en plus, à en juger par les provocations du squale. Très vite de retour, Glen rompit les liens avec facilité avant de jeter le couteau au loin. Idée plutôt mauvaise, et si un agresseur le récupérait ?

Histoire d'aggraver son cas, l'hybride fit une blagounette tendancieuse à laquelle Chris répondit d'un soupir. Il imaginait mal Glen être gay, prenait-il Chris pour l'un d'eux ? A moins que la blague ne soit que gaudriole, la seconde du registre que Glen faisait à son encontre. Misant sur l'indifférence, il se prépara à la contre-offensive.

Glen sonna le début des hostilités. Armée de sa subtilité légendaire, il jouait le chien dans le jeu de quille. de son côté, le jeune homme attaquait avec plus de méthode. Un bras tendu vers lui manqua de le toucher, il l’esquiva et bloqua le membre sous son aisselle avant de taper la mâchoire du loubard d'un coup de Scaphoïde. L'ennemi vit trente six chandelles. Chris mit sa paume sur son visage et le repoussa brutalement droit sur son collègue venant à sa rescousse. Dans l'élan, les deux hommes s'écroulèrent lourdement au sol. Le premier ne reprenant pas connaissance, le second le repoussa sur sa gauche sans délicatesse, se relevant péniblement sur ses deux pieds.

Patient, Chris le laissa faire. Il lui fit face et murmura d'un ton acide :"Au moins je n'attaque pas une personne à terre, moi !" Recevoir une leçon ne fut pas du goût du sacripant. Il poussa un cri rauque et rageur avant de s'élancer bêtement. L'artiste martial émit une courte interjection de mépris. Se mettant en position d'un rugbyman en mêlée, il courba le dos et plia ses genoux pour faire front sans laisser de prise à l'assaillant. Surpris, celui-ci ne put ralentir durant cet obstacle et le percuta e plein fouet. Déséquilibré, le gredin chutait à nouveau... recevant un coup de genou dans l'estomac alors que sa tête frôlait le sol. Toujours penché, Chris avait déplié une jambe, restant en équilibre sur sa seconde.
Un nouvel attaquant prit le relais. Le sang-mêlé affrontait-il l'hydre de Lerne ? N'en finirait-il jamais ? Ne prenant pas le temps de reposer sa jambe à terre, il la balança en avant, effleurant le bitume du bout du pied et réalisa un balayage montant en diagonale. Problème réglé.

Profitant de l'accalmie, Chris recentra son attention sur son camarade. Le squale se débrouillait bien seul, il ne réclamait pas d'aide. Mieux encore, les loubards effarés reculaient devant lui. Le phénomène alerta aussitôt le flic. Quelques minutes auparavant, le combat battait son plein. Pourquoi cet arrêt soudain ? Le jeune homme se précipita vers son ange-gardien. Ce dernier, fort peu ange à l'origine au demeurant, possédait des yeux de démons. Un rappel inopiné des leçons de zoologie du collège alerta Chris. D'un sursaut, il s'interposa entre les deux partis en présence et forma un barrage avec son corps.
Une tache de sang sur le rebord des lèvres de Glen confirma ses appréhensions. Les films Jaws, si nanardesques étaient-ils, avaient néanmoins enseigné à redouter les requins au contact du sang.
Chris avala sa salive avant de parler et s'exprima d'une voix douce.

- Glen, don't make any mistake... I don't like your face right now. Please, calm down. There's no need to be so... "squalish" ?", conclut-il d'un barbarisme.
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