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ALEXIS-PEARL : Catch me if you can

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Lun 24 Nov - 16:39
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Alexis finissait par se demander s'il était tueur professionnel ou Mister Bean. Car accumuler autant de catastrophes en si peu de temps, cela devait burlesque voire franchement ridicule. Heureusement que la maîtresse ne l'observait pas en permanence, car il aurait droit à une sévère punition pour un comportement aussi honteux. Voila que monsieur venait de faire découvrir ledit serpent qu'il voulait cacher. Pourquoi ne s'était-il pas couché dans le sens inverse de l'entrée de la salle de bain, ou juste tourné sur le flanc afin de rester crédible mais de cacher ce maudit tatouage ? Et elle le trouvait "charmant" ? Puf ! S'il ne se retenait pas, il aurait lâché une interjection de mépris. Non seulement c'était affreux, mais cela symbolisait son statut d'esclave de la mafia russe du Serpent, et atrocement douloureux lors de son dessin sur la peau sensible du gamin qu'il était à l'époque. Non, franchement, il ne partageait pas l'enthousiasme de Pearl à ce sujet ! Il se contrôla avec difficulté lorsqu'elle le caressa sur cette partie de son corps, si répugnante.

- Tu aimes ? Ce n'est pas mon admiration pour les serpents. C'est juste mon signe zodiacal chinois.

Faux. Mais le Russe s'obligeait à mentir, car il ne savait pas si elle l'avait percé à jour ou non. Avec un peu de chance, c'était le cas. Elle ne saurait peut-être jamais qu'elle avait frôlé la mort. Si en revanche, elle avait compris, le mensonge paraîtrait terriblement grossier. Tant pis, il devait jouer le jeu. Il n'avait pas le choix. En tout cas, pour Alexis, il était impossible de voir Pearl de la même manière depuis qu'il avait trouvé un flingue dans sa boite à chaussure. Elle aurait beau jouer double-jeu, elle ne le duperait plus. Elle avait voulu en savoir plus sur lui. A présent, lui ferait de même, et si elle apprenait la vérité, et bien... Elle ne saurait jamais rien sur personne. Plus jamais.
Ce moment de froideur lui provoqua un choc électrique : bon sang, il s'était montré à l'instant si cruel ! Il n'aimait pas quand il pensait vraiment en tueur. Il ne voulait pas devenir un de ces êtres dénués de sentiments qui enchaînaient les morts comme ils lisaient des journaux. Alexis était différent, il ne voulait pas perdre de vue son humanité. Il ne pouvait pas se réjouir de la mort de Pearl, surtout après cette bulle de bonheur dans laquelle elle l'avait invité. Et histoire de lui rappeler ce doux moment, ce qu'il trouva cruel, elle l'embrassa à nouveau. Ses lèvres... "Au revoir, Dame Liberté. Ce sera notre dernier baiser", pensa-t-il avec regret.

- J'espère bien que nous nous reverrons. Tu sais où me trouver.

Dit-il avec un petit sourire discret qui le rendait si séduisant. Un dernier mensonge pour la route. Il la serra contre lui une ultime fois, comme pour s'imprégner d'elle, de son parfum, de son corps, de sa beauté et de son intelligence, et en garder un souvenir impérissable. Puis en douceur, il s'éloigna d'elle, et entreprit de se rhabiller, sans s'empresser pour ne pas être suspect. Il récupéra toutes ses affaires, puis lui tendit la main pour qu'elle l'accompagna jusqu'à la porte. Il ouvrit celle-ci, passa une main sur la joue si douce de Pearl, et lui murmura un "à bientôt". Puis il tourna le dos et quitta la Suite avec le cœur lourd, l'esprit chargé de pensées contradictoires.

***

Il se rendit chez lui, dans sa propre suite, et une fois entré, il se rendit dans sa cache d'arme et vérifia la présence de son arc, de ses flèches. Un réflexe tenant du toc, tandis qu'il en profita pour récupérer dans le carquois en cuir une pochette contenant une puce de téléphone. Il se jeta sur le lit, prit son portable et échangea les deux puces. Il tapa un code pin d'une complexité qu'elle aurait fait le bonheur des supporteurs de l’espéranto : un mélange de chiffres, et d'alphabets arabes, chinois, grec, russe, et occidental. Du babelien, en somme. Une fois qu'il récupéra le réseau, il composa un numéro qu'il connaissait par cœur (jamais aucun contact n'était enregistré sur son appareil), et attendit.
Au bout de dix sonneries, quelqu'un décrocha.

- Archer, t'exagère. Tu sais que personne ne devait prendre contact jusqu'au signal d'en haut.

Dourak (oui, cela veut dire "idiot" en russe. Mais tel était le surnom choisi par le concerné comme identité mafieuse. Justement parce qu'ironique : Dourak était extrêmement intelligent : un hacker entièrement dévoué à la Maîtresse) avait tout de même pris l'appel.

- Tu sais très bien que ce n'est pas mon style de t'appeler à tout va, comme certains.
- Tu marques un point. Qu'est-ce que tu veux ?
- Que tu fasses une recherche. Une personne.
- Je t'écoute.
- Femme. Age, entre 20 et 27 ans. A priori anglaise, mais sinon d'origine anglophone. Appartenant au milieu très global.
- Donc soit mafia, flic, gang de cité, drogue, détective, services secrets et cie ?
- Journaliste aussi.
- Ok, j'élargis à journaliste. D'autres détails ? Car là j'ai l'impression de chercher une aiguille dans une boite de foin...
- Se fait appeler Pearl Dawson. Sûrement un pseudo. Possède un petit revolver.
- Tu as la marque ?
- Euh, non. Crosse relativement courte, gris clair chromé. Double canon.
- Je t'envoie des photos. Dis-moi si tu reconnais.

Des petits bips indiquèrent l'envoie de photographies. Alexis les regarda attentivement dans le silence. Au bout de trois minutes, il reconnut l'arme.

- C'est un double derringuer. Bouge pas, je cherche.

Le tueur attendit avec angoisse que Dourak fasse sa recherche. Il était sûr qu'il allait trouver quelque chose. Et pas forcément quelque chose de rassurant.

- Bon, j'ai pas mal de personnes qui peuvent répondre à ta description. T'as pas une indication plus... marquante ? Car si tu peux pas m'aider plus, je te propose une centaine de personnes !
- C'est une hybride.
- Sois encore plus flou, la prochaine fois, Archer. Ok, j'obtiens trente-trois résultats.
- Tu as des photos ?
- Nan, pas pour toutes.
- Élimine les personnes plutôt laides.
- Je connais pas tes critères de beauté, chéri.

Alexis soupira bruyamment. Dourak agissait vraiment comme un abruti parfois.

- C'est une très belle hybride.
- Tu connais pas la race ?
- Je ne veux pas truquer ta recherche. Annonce.
- J'ai trente et un résultats. Et surtout des noms de code.
- Le résultat de Pearl Dawson...
- ... N'a rien donné. Elle ne doit pas l'utiliser souvent. Et si ça se trouve, ta nénette n'est pas répertoriée.
- JE croyais que tu étais un génie capable de te connecter à toutes les bases de données du monde.

Dourak fit silence. Alexis avait touché son orgueil. Voila qui allait se montrer intéressant et efficace.

- Alors, j'ai 465, Pigale, Armageddon, n°13, Neslee, Harmony, TUEO40, Yvette, Mata-hari (super idiot comme pseudo, pas louche pour un sou), Tara, Isolde, Green, Panther, Spidernight, DaEPO, the Cat, Lion Queen, Oriflamme, Lassie (et pourquoi pas Flipper pendant qu'on y est, ou Rintintin ?), Skinny, 999666, Dorothy, Heathcliff, la Renarde, Sofia, Trinity...
- Attends, stop stop stop ! Tu peux répéter les derniers ?
- Heathcliff, la Renarde, So...
- Envoie moi tout ce que tu sais sur la Renarde et coupe le contact avec moi.
- Ça marche, et ne me rappelle pas sans une bonne raison, beau gosse.

Nourri d'appréhension, Alexis découvrit des traces d'une femme répondant au surnom de renarde, possédant un double derringer, grande voyageuse. Très mystérieuse, elle changeait souvent de nom ; l'un des rares mentionné était Melody. Sa spécialité : obtenir des informations. Et pour terminer, une seule photo, très floue, d'une silhouette. Deux oreilles pointues, un profil cependant qui ne trompait pas. Surtout quand on l'avait vu de si près.

Alexis était en danger.
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Lun 24 Nov - 16:40
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Quoiqu’il arrive, rester calme… Alexis n’avait vraiment pas à s’en faire pour ses maladresses, impardonnables pour un tueur de sa condition. Pearl était tellement concentrée sur la conduite à tenir qu’elle n’y fit même pas attention. Pas qu’elle ait des difficultés à jouer son rôle. Au contraire, c’était une seconde naturelle pour elle. Mais c’était malgré tout bien plus stressant lorsque c’était une question de vie ou de mort. Cependant la jeune femme s’en tirait bien. Enjôleuse, câline, elle demeurait la personne fraîche et piquante qui avait réussi à séduire l’impitoyable tueur du Serpent. Ce dernier lui rendit son baiser et l’étreignit contre lui avec une intensité qui aurait presque pu faire songer à de l’affection, ce dont elle ne savait que penser en l’état actuel des choses, si ce n’est que ce n’était certainement pas prudent. Pearl se laissa faire, entourant de ses bras les épaules du jeune homme, le parfum au creux de son cou affleurant sur sa propre peau en une vague de frissons. Il ne fallait pas, non… Et pourtant, elle ne pouvait pas s’empêcher d’apprécier ce contact, de ressentir en silence l’empreinte si chaude de ses grandes mains sur son dos, de répondre à son sourire irrésistible. Elle se surprit à penser également à Enzo, et la façon semblable qu’il avait de la tenir contre lui, de l’empêcher de penser. Voilà qui n’allait pas du tout. Bien qu’elle ne cessa pas de sourire et l’accompagna jusqu’à la porte, elle ne put retenir un soupir de soulagement quelques secondes après que celle-ci se soit refermée. Grands dieux, tant de pression…

Dès qu’elle fut sûre qu’il soit parti, Pearl marcha à grands pas vers la fenêtre et l’ouvrit à la volée, inspirant une longue goulée d’air frais pour mettre de l’ordre dans son esprit, classant les fais par ordre d’évidence. L’Archer du Serpent se trouvait ici. Deux possibilités : soit il était en mission, soit il ne l’était pas. La plus probable était bien évidemment la première option, cependant l’espionne n’était curieusement pas persuadée que ce soit le cas. Même s’il s’était fait passé pour un vacancier afin d’approcher une cible dans le cadre d’un contrat, jamais il ne se serait comporté de façon aussi légère avec elle, acceptant ses invitations à discuter, flirtant ouvertement et tout ce qui s’en était suivi. Ce n’était clairement pas l’attitude d’un professionnel en chemin pour aller donner la mort. Conclusion : l’Archer n’avait pas été mandaté pour venir ici, ou du moins pas dans le cadre d’un assassinat. Il fallait donc découvrir la vraie raison de sa présence. Pour cela, d’abord enquêter sur le Serpent. Satisfaite de sa séance de remue-méninges, Pearl revint dans le salon et s’empara de son ordinateur, ainsi que d’une coupelle de mandarines dans son frigo. La recherche allait être longue et ardue, il s’agissait d’avoir des réserves.

La jeune femme noua ses cheveux pour qu’ils ne la gênent pas et s’attaqua à la bête. Rechercher des informations sur une puissante organisation mafieuse n’était pas à la portée du premier venu et restait très dangereux même pour ceux qui savaient s’y prendre. En premier lieu, elle devait commencer par dénicher leur façade « légale », c’est-à-dire les sociétés écrans qui couvraient toutes leurs activités délictueuses. Pour cela, elle commença son investigation dans un milieu qu’elle connaissait bien : la mafia new yorkaise. Tous les organisations criminelles de même puissance devaient cohabiter et faire des affaires s’ils voulaient survivre et le Serpent, dont l’activité rayonnait à travers le monde, n’aurait certainement pas manqué de présenter patte blanche aux gangs de New York, autrement plus puissants depuis qu’Enzo les avait unifiés. Lentement, patiemment, elle remonta aussi loin qu’elle le put pour rassembler autant de pistes que possibles et lorsque ses connaissances en informatique ne lui permirent pas d’aller plus loin, elle envoya ce qui lui semblait être un dossier conséquent à Milena, une jeune hackeuse de sa connaissance. Elles s’étaient rencontrées dans un club de yoga et étaient devenues amies avant même que Pearl n’apprenne la teneur exacte de ses à-côtés en tant que programmatrice indépendante, c’est-à-dire qu’elles avaient plus ou moins le même travail, à ceci près que la sphère d’espionnage de Milena était entièrement immatérielle. Lorsqu’elle le pouvait, la renarde évitait de lui donner des dossiers trop dangereux qui auraient pu la mettre en porte-à-faux avec la mafia mais cette fois, l’enjeu était bien trop important. Elle effectua également un virement tout aussi important sur le compte de la jeune femme pour justifier sa prise de risque. Il faudrait qu’elle se serre un peu la ceinture jusqu’au prochain chèque de son employeur mystère, mais ce n’était pas trop grave.

Une fois cela fait, elle reposa son écran sur la table basse et attendit. Elle n’avait plus que cela à faire à présent, avec un peu d’agilité mentale. Une chose était certaine : le Serpent avait des ennuis. Léo lui avait mis la puce à l’oreille et ses recherches préliminaires n’avaient fait qu’étayer cette hypothèse, ce qui n’était pas pour la rassurer. Que se passait-il dans la mafia russe ? L’idée l’effleura de poser la question à Enzo mais elle la repoussa aussitôt en rougissant. Si elle venait lui quémander des informations, elle devrait les payer d’une façon ou d’une autre, probablement avec ses propres trouvailles ce qui ne lui plaisait aucunement. Elle détestait confier aux autres ce qu’elle découvrait toute seule. Et puis, se retrouver si vite en compagnie d’Enzo était impensable. Qui savait ce que ce gougnafier allait encore lui faire subir ? Non, mieux valait faire confiance à Milena. Se levant et arpentant la pièce pour détendre ses jambes, Pearl grignota pensivement un quartier de mandarine. Le visage d’Alexis lui revint en mémoire alors qu’elle se souvenait la passion avec laquelle ils avaient fait l’amour, la tendresse avec laquelle il la regardait, la touchait, lui souriait. Un frisson la parcourut alors qu’elle essayait de ne pas trop y penser. Ses paroles résonnèrent à nouveau dans sa tête. Ils pourraient se revoir puisqu’elle savait où le trouver. Un sourire amer étira ses lèvres, un bref instant…

« Hélas, il y a fort peu de chance pour que ce soit le cas, mon cher. Vous ne m’avez pas donné le numéro de votre suite et on m’a conseillé d’éviter le champ de tir… »

Car il était hors de question de se laisser attraper…
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