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SATOSHI-ANTON : Une infirmerie ne ferme jamais

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Lun 3 Fév - 23:05
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Premier jour terminé, et premier jour chargé. Satoshi n'avait pas chômé ! Le Complexe Hinata accueillait tellement de personnes en ces lieux, de tous les âges, qu'on ne pouvait s'attendre à se retrouver seul. Cela partait bien sûr du simple petit bobo sur le genou d'un enfant, comme une belle entorse qui avait valu à sa patiente de se réorienter vers le médecin le plus proche. En attendant, Satoshi avait apaisé sa douleur au mieux, et conseillé du repos.  

Tandis qu'il se lavait les mains une énième fois, Satoshi réfléchissait à cette journée avec une certaine satisfaction. Son métier lui plaisait beaucoup, le cadre était idyllique, les employés comme les clients du complexe toujours aimables. Il flottait comme une atmosphère de fête permanente qui rendait euphorique. L'infirmier avait juste hâte de connaitre sa collègue directe, dont Kitsune avait évoqué l'existence. Peut-être était-elle en congés, cela pourrait expliquer qu'il ne l'eut pas croisé aujourd'hui. Pourvu qu'elle soit sympathique...Satoshi n'était pas quelqu'un de fermé ; bien au contraire, il ferait de son mieux pour que leur collaboration se déroule sous les meilleurs auspices. Toutefois, si la personne était désagréable, cela changeait la donne. Le jeune homme avait depuis longtemps pris son destin en main et refuserait de se laisser faire. Enfin, cela ne servait à rien de prévoir à l'avance ce qui n'était pas encore arrivé. S'il rencontrait à nouveau Kitsune, il lui demanderait des détails sur sa collaboratrice, afin de savoir à quoi s'attendre.

Comme à chaque fois qu'il terminait un travail, il exécuta son petit rituel. S'il ne l'accomplissait pas, il ne se sentait pas bien, mal à l'aise, incomplet. Il s'appliqua à ranger les ustensiles de travail, les uns après les autres, au millimètre près. Il savait que c'était inutile, que quand ils seraient deux à travailler ici, tout ne serait pas à sa place. Mais il ne quitterait pas les lieux tant que l'ordre ne sera pas fait, et même si cela devait lui prendre des heures, et même s'il était pressé d'aller à la piscine. Lorsqu'il eut terminé, il ferma avec précaution le sachet poubelle accueillant les instruments médicaux à usage unique. Il ne faudrait pas que le personnel de nettoyage ne se blesse, tout de même. Il ouvrit la porte du placard réservé aux affaires personnelles, et se pencha sur son sac de piscine et vérifia qu'il avait bien ses affaires. Maillot : ok. Lunettes : ok. Palmes : ok. Serviette : Ok. vêtements de rechange : ok. Le contraire aurait été étonnant : Satoshi avait vérifié déjà cinq fois dans la journée. Il avait toujours peur d'oublier quelque chose, et se rassurait autant de fois qu'il le fallait. Et enfin, il s'autorisa à faire glisser sa blouse de ses épaules, prêt à l'accrocher à la patère du placard. Alors qu'il ne s'y attendait pas, un bruit retentit derrière lui. Sans avoir retiré son vêtement de travail, Satoshi s'approcha de la porte de l'infirmerie pour vérifier une éventuelle présence.
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Lun 3 Fév - 23:05
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« Mais puisque j’te dis que j’la trouve pas, ton huile… »

Putain. S’il y a un truc qui me met VRAIMENT en joie, c’est quand un collègue sympa mais pas très dégourdi me retient à la fin de mon service pour que je l’aide à chercher l’huile de massage à la rose qu’il était sûr qu’il y en avait encore dans la salle disco mais en fait non et que sa prochaine cliente veut absolument celle-là. Nan franchement, c’est pas comme s’il était 17h, que j’avais hâte de rentrer chez moi et ma fille à récupérer à la garderie par là-dessus. Alors surtout te prive pas pour venir me demander à moi plutôt qu’à une des filles pour chercher ton huile de merde dans le vestiaire exigu pour une bourgeoise capricieuse. Passablement grognon, je grommelle dans ma barbe après ce contretemps dont je me serais bien passé. Sérieusement, j’aime beaucoup mes collègues et celui-ci est pas plus chiant qu’un autre. Il est même plutôt sympa, doué et sa dégaine de Prince Charmant fait des ravages qui nos clientes féminines, si bien qu’on chôme pas grâce à lui (parce que forcément, il peut pas s’occuper de tout le monde). Mais s’il pouvait des fois se démerder tout seul, je lui en serais vraiment reconnaissant. Parce que c’est pas la première fois qu’il me fait un coup pareil, le bougre…

« Mais ils ont dit que les flacons de rechanges étaient dans les casiers, pourtant. »
« Oui bah écoute, y en a plus, j’vais pas te les chier. Essaie plutôt d’aller voir dans la réserve, s’il y a du rab’ il serait plutôt par là-bas. »
« D’accord. »

J’vous jure, faut tout lui dire. Bon, j’lui en veux pas, on a tous été jeunes et parfois autrement plus benêt que ça. Mais là ce soir, merde j’avais pas envie… Enfin, parce que je suis trop con et trop gentil, je choppe les clés du vestiaire et m’accroupis pour vérifier dans les casiers du bas, ceux que personne utilise. Plus vite il trouvera ses flacons, moins il me fera ch… Pile à cet instant, un petit « crouic » douloureux se fait entendre, mon visage se crispe et je me redresse en hurlant :

« BASZD M… »

Bam !!!

Et c’est ainsi que je frappe à la porte de l’infirmerie dix minutes plus tard, la démarche précautionneuse, une grosse compresse imbibée de sang sur l’arcade et littéralement flanqué d’une humeur de chien. Comme si j’étais pas suffisamment en retard, nan. Il a fallu que cet abruti me marche sur la queue avec ses semelles compensées au moment où j’avais la tête dans le casier, si bien que je me suis proprement mangé l’arête en métal en me relevant. Bon, et au passage, j’ai aussi légèrement enfoncé le casier d’une collègue en frappant au hasard sous le coup de la douleur. Mes phalanges sont un peu abîmées, du coup. La totale, j’vous dis ! Evidemment, le pauvre gus était paniqué et voulait m’aider mais j’lui ai clairement fait comprendre qu’il en avait assez fait pour ce soir, que je pouvais aller à l’infirmerie tout seul et que j’avais plus ou moins envie de lui éclater la gueule alors mieux valait qu’il s’abstienne. Il a pigé tout de suite, heureusement. Et il en a retrouvé son huile, comme quoi y en a qu’ont du bol et d’autres… moins. Breeeeeef… Je finis par entrer et reste dans l’entrée face au toubib de garde à cette heure-ci, un mec athlétique aux longs cheveux bleus doté d’yeux pétillant et d’un joli visage de lutin malicieux. Autant dire que je casse un peu l’ambiance…

« B’soir, doc… »
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Lun 3 Fév - 23:05
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Il avait bien entendu : quelqu'un se trouvait en face de lui. Le genre de personne à côté de qui, en comparaison, vous vous sentez tout petit...Cet homme était vraiment impressionnant. Il n'était pas humain, non plus, cela pouvait expliquer sa constitution. Un hybride de...chien, vraisemblablement. Satoshi n'avait jamais autant vu d'hybrides que dans le Complexe Hinata. Il y avait déjà eu Kitsune, puis certains clients juste croisés lors de ses déplacements dans l'établissement. Mais cela n'avait pas d'importance, Satoshi ne s’embarrassait pas de ces détails. Ce n'était pas ce qui comptait.

La priorité était la méchante blessure que l'arraivant semblait avoir au niveau de ses tempes et de sa main. Il appuyait fermement un tissu imprégné de sang sur sa tête, tandis que les jointures d'une de ses mains était égratignée.. Professionnel consciencieux, le jeune homme ne pouvait pas laisser cet homme souffrir. Même si sa permanence était terminée, et qu'il mourrait d'envie d'aller enfin plonger dans les eaux bleues de la piscine, il devait avant tout vérifier que son nouveau patient n'avait rien de grave.

- Bonsoir...Entrez, je vous prie. Pourriez-vous vous asseoir, s'il vous plait, afin que je vous examine ?

Il passa les préambules inutiles, du genre "ohla, c'est pas joli, joli, dis donc !". Il attendit que son patient prenne place sur un siège. Comme il était trop grand, Satoshi était dans l'impossibilité de l'examiner debout. En attendant, il se dirigea vers son matériel qu'il venait de ranger et classer, puis sortit ce qui serait essentiel dans l'immédiat. Des compresses propres, du désinfectant, des pansements, une pince, des bandes. Il disposa le tout sur sa table roulante, qu'il fit glisser jusqu'à son patient. Malgré la vitesse avec laquelle il avait tout rassemblé, cela n'avait pas été de la précipitation maladroite. Satoshi avait le talent d'être maniaque et efficace.
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Lun 3 Fév - 23:05
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Hum, voilà qui m’inspire soudain un touuut petit peu d’indulgence pour mon collègue maladroit de tout à l’heure. Parce que bon, j’ai peut-être de bonnes excuses, je peux dire sans honte que c’est pas ma faute, il n’empêche que moi aussi je suis en train de rallonger la fin de service de ce pauvre bonhomme. Et j’suis bien placé pour savoir que c’est pas agréable. Même si là pour le coup, je peux pas faire autrement. Je me vois mal me ramener à l’école avec une tronche pareille, je vais faire peur à tout le monde. Sans compter que Yu et Yukio ne manqueront pas de s’inquiéter pour moi. Tant qu’à faire, je préfère leur montrer mes blessures de guerre quand elles seront en voie de rémission, ça sera plus cool. Heureusement pour moi, le médecin en question est un professionnel consciencieux qui m’invite à entrer après une rapide estimation des dégâts, sans montrer la moindre impatience quand à mon arrivée de dernière minute. Je fais donc quelques pas précautionneux vers la chaise la plus proche, en réprimant une grimace de douleur. Je suis pas une chochotte mais la queue, putain… déjà que c’est super sensible, il me l’a aplati avec dix centimètres de semelles, le con. Résultat, c’est triste à dire mais le moindre mouvement trop brusque me causant des élancements douloureux dans tout le postérieur, j’ai du adopter la démarche en canard toujours très seyante dans ce genre de situation. Sans rire, on dirait que j’m’en suis pris une dans le fion…

Bref. Pendant que je m’installe en faisant attention à faire passer ma queue sous le dossier du siège, le médecin fait de même en sortant tout son matos avec une efficacité impressionnante, qui me rassure vachement. Au moins, je passerai pas trois heures ici. Alors que le doc fait glisser sa table à roulettes vers moi pour faire son office, je le détaille de mon œil valide. Je ne pense pas l’avoir déjà vu avant. Faut dire que je n’ai jamais eu besoin de venir ici jusqu’à maintenant. Je connaissais juste Améline après qu’on ait fait les courses pour le grand patron et c’est plus ou moins elle que je m’attendais à voir ici. Mais bon, c’est normal qu’ils soient plusieurs à faire tourner la boutique, on choisit pas à quelle heure on se blesse. Un instant, je me demande si c’est naturel, cette couleur de cheveux, mais j’ai la réponse en regardant ses sourcils. On ne se teint pas les sourcils en bleu marine. Et puis j’vais pas lui poser la question, on doit lui la faire assez souvent. Tiens, il a une cicatrice sur une de ses grandes mains aux doigts agiles… Bon allez, il est temps de montrer la bête. J’enlève donc la compresse de mon arcade pour dévoiler la vilaine coupure qui saigne encore légèrement. J’me suis pas vraiment pas loupé…

« Pour info, on m’a aussi marché sur la queue. C’est grave, docteur ? »
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Lun 3 Fév - 23:05
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Le patient dévoila sa blessure. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne s'était pas raté. C'était un petit accident, sûrement, sans un dégât considérable (pas de quoi l'amener à l'hôpital en urgence a priori), mais une blessure tout de même bien sanglante qui méritait qu'on s'y attarde.
La question de l'inconnu déstabilisa un peu le jeune infirmier. Bien sûr, Satoshi connaissait les hybrides ; il n'avait aucun problème avec eux. Cela en revanche n'était pas le cas de ses professeurs à la Faculté, qui ne s'étaient pas vraiment appesantis sur le sujet. voire, pas du tout. Anatomie humaine, point barre. De sorte que réaliser un examen sur un appendice inconnu chez l'homme était une grande première.

- Je vais examiner cela. Pour le moment, je vais juste vous demander de poser et maintenir cette compresse sur votre blessure.

Il ajouta, avec un sourire tellement innocent qu'on pourrait presque le croire perfide...

- La compresse est imprégnée de désinfectant. Cela risque de piquer un peu.

...Perfide, ou sadique, au choix. C'était plus fort que lui. Dès qu'il en avait l'occasion, Satoshi ne pouvait s'empêcher de piquer (au sens figuré) les gens. Pas méchamment, ce n'était pas dans sa nature. Sauf dans les cas plus appropriés. C'était sa manière à lui de détendre l'atmosphère. S'il parvenait à amuser son patient, cela pouvait permettre à ce dernier de passer un moment moins mauvais qu'il l’escomptait. Par contre, si la mayonnaise ne prenait pas, Satoshi reprendrait son ton professionnel et détaché, et s'en tiendrait à cela.

En attendant que le désinfectant fasse son travail, Satoshi observa la queue de l'hybride sans y mettre les mains. Il suffisait juste d'être observateur pour constater que le moindre mouvement provoquait une douleur désagréable au patient.

- Malheureusement, pour votre queue, je ne saurais dire exactement si c'est grave.

Il déclara la suite d'une voix douce, pour ne pas que le visiteur du soir comprenne mal son propos.

- Contrairement à la dénomination que vous m'attribuez, je ne suis pas médecin, mais infirmier.

Pas infirmier, mais pharmacien. Inutile de soulever ce détail devant son patient, d'ailleurs.

- Du coup, je ne saurais trop vous recommander, dès demain, de faire des radios en ville. Dans l'urgence, je peux vous donner une ordonnance - bien qu'en théorie, le médecin est plus habilité que moi d'en juger. Ce que je peux faire, en revanche, c'est vous administrer un calmant pour la douleur, et peut-être vous faire un bandage pour simplifier vos déplacements. En ce qui concerne votre main, une simple désinfection et un peu de pommade, ça passera. Je suis plus inquiet concernant votre tête. Je crains de devoir réaliser un petit point de suture : votre plaie est ouverte.

Il examina avec attention les trois blessures, avant de passer à la suite des opérations. En attendant, il devait détourner l'attention du patient de sa douleur. Faire parler était une excellente technique.

- A présent, je souhaiterais savoir ce qu'il vous est arrivé, monsieur... ?
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Lun 3 Fév - 23:05
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J’ai dit ça comme ça, mais en toute honnêteté, je sais pas s’il pourra faire grand-chose. J’ai encore jamais eu aucun problème à cet endroit, et donc jamais rencontré un toubib qui s’en occupe. J’espère que c’est rien de grave, je l’aurais vraiment mauvaise si je dois aller chez le véto. En attendant, le médecin de garde est plutôt prudent et préfère se charger de ce qu’il connait avant de se pencher sur ma queue. Il me tend une compresse imbibée de désinfectant avec un sourire mielleux qui a un je-ne-sais-quoi de… vicieux. Ouais, un truc comme ça. Je le regarde une seconde en se demande s’il se fout de ma gueule, puis me met à ricaner calmement en réponse :

« Vous y allez pas au napalm, vous ? P’tite nature… »

Oui je sais, c’est un peu vaseux. Mais je crois avoir compris (j’suis pas tout à fait sûr) qu’il s’agissait d’une blague alors ça passera peut-être. Et puis pour être franc, au point où j’en suis, ça peut pas me faire de mal de rigoler un peu avec le doc. Ça pourrait me faire oublier que je suis en retard pour aller chercher ma fille. Pendant que le jeune homme examine prudemment ma queue, j’envoie un texto bref à mes voisins pour qu’ils la récupèrent en même temps que la leur. Je préfère ça plutôt que de la laisser se tourner les pouces à la garderie. A peine ai-je fini que le médecin se redresse en m’annonçant qu’il ne sait pas trop à quoi s’en tenir justement parce qu’il n’est pas exactement médecin. Ah. Erf, c’est pas trop grave. Au moins il est capable de me conseiller une radio, un cacheton et un bandage avant de lister la suite des opérations, plus dans ses cordes. Je l’écoute attentivement, réfléchis une seconde puis décide :

« J’suis pas contre les radios, j’aimerais pas avoir un truc de déplacé. En attendant, faites-vous plaisir et bandez-moi la queue, doc’. »

Je me permets la petite blagounette un peu lourdingue parce que je sais que je rigolerai moins avec les points de suture. J’ai jamais été douillet mais bon, ça n’a rien d’agréable. Et puis j’aime pas trop les aiguilles. C’est pas franc, les aiguilles. Pendant que l’infirmier commence son office et que je m’efforce de garder le visage détendu malgré les picotements désagréables qui me tiraillent l’arcade et le front, je réponds à la question pour éviter de penser à cette foutue épingle :

« C’est un collègue pas attentif qui m’a marché dessus pendant que je l’aidais à chercher un truc. J’me suis levé un peu trop brusquement et j’me suis bouffé le bord d’un casier ouvert. Alors pour éviter de hurler à la mort et de faire peur à tous les clients, j’ai défoncé le casier d’à côté. Ça m’a calmé. »

Le winner, j’vous jure. Enfin, j’lui en voudrais pas trop longtemps, je sais qu’il l’a pas fait exprès. Et puis ça fait viril, les cicatrices. Yu s’inquiètera sûrement pour moi et elle va me chouchouter toute la soirée quand on se reverra, héhé… Alors que l’infirmier est toujours fort occupé à me recoudre, je lève les yeux vers son visage fin aux traits concentrés. Même ses cils ont des reflets bleus, dis donc.

« J’vous ai jamais vu dans le complexe. Vous êtes arrivé y a pas longtemps, non ? »

Même si je passe pas à l’infirmerie tous les quatre matins, une chevelure pareille, je m’en serais souvenu rien qu'en la croisant.
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Lun 3 Fév - 23:06
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Ouf, au moins, son patient avait de l'humour. Cela allait arranger les choses, car la suite n'allait pas être très drôle.

- Je garde le Napalm pour les cas plus graves que le vôtre. J'ai toujours un missile dans mon placard ; mieux vaut être prudent.

L'hybride, un peu moins tendu depuis qu'il avait contacté une personne par texto, se laissa aller à plaisanter et à faire un trait d'humour quelque peu tendancieux. Si Anton avait fait cette blague quelque jours plus tard, Satoshi aurait piqué un fard assez impressionnant et aurait bredouillé sa prochaine réponse. Toutefois, aujourd'hui était aujourd'hui, et notre infirmier avait pris la phrase au second degré, et s'était contenté de réagir en riant et en sortant une crème d'un tiroir.
Il appliqua de ce baume assez précieux - il anesthésiait très localement et légèrement - mais cela suffirait pour que le patient souffre moins. Car bientôt, ça allait faire mal !

Anton se mit à parler de l'origine de son souci. Parler était une excellente manière de détourner sa concentration sur autre chose, et de moins sentir ce qu'il se passait ailleurs. Satoshi, avec douceur et attention, attaquait sa séance de couture. Dès qu'il constatait la moindre réaction, même discrète, de son patient, il s'arrêtait. Reprenait alors petit à petit.

- Et bien, voila un collègue bien maladroit. En tout cas, vous avez un sacré self-control. Dans le même cas, c'est plutôt mon collègue qui aurait pris le coup, pas le casier !

Était-ce une plaisanterie ? Pas vraiment : Satoshi avait la capacité de garder son contrôle, mais dans certaines situations, il lui arrivait de se laisser submerger par la colère. Quand quelqu'un (même s'il n'a pas fait exprès) vous marche sur la queue, vous fracasse involontairement le crâne, la moindre des choses est de partager un peu de la douleur. Vengeance ? non, pas le moins du monde ! Satoshi aurait trouvé les mots médicaux adéquats pour expliquer scientifiquement le retour d'une phalange dans un visage. Sorte de réflexe...mais au moins, à l'avenir, le collègue ferait un peu plus attention.
Satoshi cilla légèrement suite à ces réflexions peu orthodoxes. Ce n'était pas très professionnel de sa part, même si pour Anton, cela allait juste passer pour une blague, vu le rire qui accompagnait sa phrase. Satoshi restait, malgré son passé, une personne qui ne supportait pas que les autres influent négativement sur son être. Dépêchons-nous de rectifier cela...

- Vous avez eu le bon réflexe, toutefois cela vous ajoute une blessure à votre main. Vous auriez pu vous faire plus mal.

Un fil vers le haut, un fil vers le bas, un fil vers le haut...La couture tenait bien, elle était belle et régulière. Satoshi faisait là encore une démonstration de sa maniaquerie : même quand il cousait, rien ne devait dépasser ou être inégal. Au moins, la plaie ne serait pas trop laide à voir.
Satoshi s'arrêta, posa le fil et l'aiguille restant sur un plateau et désigna le tube de pommade du doigt.

- Vous pourrez emporter ceci, tout à l'heure. Si votre blessure vous fait trop mal, mettez une petite noisette dessus. Cela vous apaisera les lancements douloureux. Et à présent, je vais m'occuper de votre queue.

Et un petit sourire malicieux avec ça, histoire de jouer sur le même répertoire qu'Anton, un peu plus tôt. Il sortit un rouleau de bandage et prit en main l'appendice.

- C'est normal que vous ne m’ayez jamais vu. Je suis arrivé hier au complexe, et j'ai pris mes fonctions ce matin-même.

Satoshi avait effacé son sourire de son visage, et se concentra sur cette partie de corps qu'il ne connaissait pas. Comment soigne-t-on une queue animale ? Quelle est la cartographie nerveuse ? Les os ? Satoshi se mit à maudire ses professeurs de fac qui n'avaient jamais abordé le sujet. Peut-être pensaient-ils que les hybrides devaient être examinés par des vétérinaires plutôt que par des médecins humains. Fadaises ! Un hybride avait une constitution plus proche des humains que des animaux. Mis à part la queue, les oreilles et l'épiderme, le reste pouvait être traité en médecine normale. Jamais Satoshi n'avait entendu parler de formation relatives à la médecine hybride : cela n'existait pas. Pouvait-on classer ce fait dans un bon exemple de discrimination raciale ?

L'infirmier, toujours avec précaution, prit la queue d'Anton dans ses mains et la touchait à différentes hauteurs pour tenter de repérer quelque chose d'incohérent. Il finit par trouver un endroit qui correspondait à sa recherche.

- Si j'appuie ici...

Il joignit le geste à la parole, en y allant doucement.

- ...cela correspondrait-il à votre douleur ?
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L’infirmier rebondit aussitôt sur la blague et je me remets à rire en imaginant la tronche de l’armoire à pharmacie. Ça me rappelle ce film là, Apocalypse Now. Film que j’ai pas vu, d’ailleurs…

« J’adore l’odeur du napalm au petit matin. Ceci dit, j’ai de la chance que vous soyez dans un bon jour, doc’. Ah nan, c’est vrai… c’est quoi vot’ nom, dites ? Moi c’est Anton. Anton Mikaïlhov. »

J’vais pas faire la gaffe pendant des plombes encore, ça va vite finir par me gonfler. Et puis ça sera bien plus sympa que de se donner du monsieur à tout bout de champs. C’est pas comme si je commençais pas à trouver le bonhomme plutôt cool. Enfin, c’est le cas jusqu’à ce que je le vois s’approcher avec un tube de crème, son fil et son aiguille. Je réprime un frisson insidieux sur ma nuque. Pourvu que ça finisse vite. Heureusement, la pommade qu’il applique soigneusement sur les contours de ma blessure brouille mes sensations et je n’ai pas aussi mal que je le pensais quand il commence la couture. Ça picote certes un peu, mais même si je me crispe légèrement quand je sens l’aiguille ou le fil glisser sous ma peau, c’est plus désagréable que franchement douloureux. Et puis il faut admettre que taper la discute m’aide à ne pas trop y faire attention. La remarque de l’infirmier sur mon réflexe et sa propre réaction me font sourire. Il doit en faire flipper quelques uns quand même.

« Rappelez-moi d’aller chez mon généraliste la prochaine fois, j’aurais trop peur de vous mettre en rogne. Mais à défaut de pouvoir faire mieux, j’ai toujours préféré taper sur les objets que sur les gens. Y a un moins de risque qu’ils portent plainte ou qu’ils rendent les coups… »

Oui enfin, ça dépend du truc qu’on frappe après. Et ça n’empêche qu’il a raison, j’ai fait le con. Si je m’abîme les mains, je ne pourrais plus travailler et je me retrouverais dans une béchamel infernale à tous les niveaux. Mais bon, je sais que j’aurais regretté mon geste envers mon jeune collègue si je lui avais vraiment collé un pain dans la gueule. A mon avis, il a bel et bien compris sa connerie si j’en juge d’après les excuses qu’il essayait de bredouiller toutes à la fois. Une petite tape derrière la tête à mon retour et il fera gaffe où il marche pour un bon bout de temps. Ça sera bien meilleur pour l’ambiance de travail. Sur ces considérations, le jeune homme coupe le fil et repose son matos de torture sur sa tablette roulante. Je fais mon possible pour cacher mon soupir de soulagement mais je suis sûr qu’il a vu mon frisson de dégoût quand j’ai regardé l’aiguille sans le faire exprès. Berk… J’accepte le tube de crème avec un hochement de tête. Même si je suis dur à la douleur, j'vais pas souffrir pour le plaisir non plus. Il faudrait pas que ça me mette d’une humeur de chien alors que je vais avoir ma fille et Yu à rassurer sur cette vilaine coupure. Et une fois de plus, je rigole en entendant la réplique de l’infirmier. Décidément, les passants dans le couloir vont finir par se demander si on n’est pas en train de s’en jeter un petit, à se marrer toutes les trente secondes comme ça.

« Allez-y grand fou, elle n’attend que ça. »

Pourvu qu’il soit doux avec moi, haha… Nan sérieusement. Pourvu que j’ai rien de trop grave et que ça se remette vite fait, je veux pas traîner ça des jours entiers ou vraiment aller chez le véto. Il l’examine avec précaution tout en m’apprenant pourquoi je ne l’ai pas croisé avant. Forcément, s’il est tout nouveau dans la boutique, je risquais pas de m’en souvenir malgré sa turquoise chevelure.

« C’est pour ça. En tout cas, ça vous fait un début en fanfare. J’suis désolé de vous faire faire votre première heure sup’. »

Vraiment, ça la fout mal. Mais bon, ça n’a pas l’air de l’incommoder plus que ça au final. J’veux dire que je suis presque étonné de ne pas sentir la moindre once d’impatience dans ma prise en charge. Au contraire, il s’applique et prend son temps alors qu’il palpe doucement différent endroits de ma queue douloureuse. Je m’efforce de me détendre autant que je le peux. C’est un coin sensible et vulnérable, j’y avais vraiment toujours fait attention jusque là. Même Yukio la protège inconsciemment dans les situations périlleuses, près des portes ou de la lunette des toilettes. C’est dire si c’est stressant de se la faire ausculter comme ça. Surtout quand le point de contact suivant décoche soudain une flèche de douleur aigüe dans mon appendice et mon arrière-train, m’arrachant un sursaut. La vache…

« Cherchez plus, vous avez l’doigt dessus… »

Ouais, c’est bel et bien là que j’ai reçu tout le poids de cet abruti et de ses platforms boots. Ptain, si jamais je choppe le crétin qui a pondu le design de nos costumes de boulot, j’lui fais ravaler sa boîte à couture par tous les orifices. Mais comme je ne l’ai actuellement pas sous la main, je m’efforce plutôt de respirer profondément et de rester calme. Faudrait pas que je lui en décoche une dans la tête par réflexe alors qu’il s’efforce de me soigner, quand même. Je me demande ce que ça peut bien être. J’me souviens qu’une fois, un de mes frangins a eu la sienne coincée dans la portière d’une camionnette. Elle est restée tordue par la suite parce qu’il était pas allé chez le toubib. Oh non hé, j’espère que j’suis pas bon pour le même tarif. Même si Dieu sait que j’l’ai attaqué là-dessus plus souvent qu’à mon tour par la suite, j’ai quand même pas mérité de finir comme mon connard de frère.

« Je sais que j’l’ai déjà faite en arrivant mais c’est grave, docteur ? »

C’est décidé, dès que je sors d’ici je prends rendez-vous chez un radiologue. Pourvu qu’il s’applique bien pour le bandage…
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Malgré un air bourru et sa stature athlétique qui pouvaient surprendre à première vue, le patient (Anton de son petit nom) se trouvait être fort sympathique. Adepte tout comme Satoshi de l'humour ironique, il y allait de sa petite phrase qui détendait l'atmosphère. Tant mieux, cela rendait l'examen moins pénible pour tous les deux. Il était très poli et jovial, s'excusant presque de sa présence en ces lieux en cette heure tardive. Satoshi se contenta de sourire et répondre.

- Ne vous en faites pas, les infirmiers ou les médecins ne regardent jamais l'heure. Ce n'est pas le temps qui compte, c'est le patient. Surtout quand il est aussi convivial.

C'est en achevant sa phrase que Satoshi appuya sur un point douloureux qui fit aussitôt réagir l'hybride. On y était, et cela n'était pas spécialement agréable. Quand quelqu'un qui semble être une force de la nature répond de façon aussi vive, ce n'était pas gratuit. Et pas spécialement rassurant à première vue. Satoshi ne pouvait pas répondre à la question de son patient dans l'immédiat, il fallait qu'il pousse encore un peu plus l'examen. Le problème venait du quotient de douleur : comment faire pour ne pas brusquer Anton ? La pommade anesthésiante ne serait d'aucun secours.

- Ne m'appelez pas Docteur, monsieur Mikaïlhov. Je me nomme Satoshi Saionji. Après tout, nous sommes collègues, ne soyons pas si déférents.

Il se releva et alla fouiller dans les placards. Dans la journée, il n'avait pas eu le temps de tout inventorier, de sorte qu'il ne savait pas exactement sur quelles armes se reposer. Sans se presser, et avec délicatesse, il ouvrit l'armoire à pharmacie et observa attentivement toutes les boites. Il poussa un petit cri de joie tandis qu'il débusqua quelque chose qui pouvait faire l'affaire. Cela n'allait pas forcément plaire au patient, qui n'appréciait visiblement pas les aiguilles.
Satoshi posa la boite sur le plateau, sans l'ouvrir, et reprit position auprès de la queue d'Anton.

- Je vais devoir tâter la partie douloureuse un petit peu plus. Si vous avez vraiment trop mal, je vous donne l'autorisation de m'assommer, mais de préférence, frappez sur le crâne et pas sur le visage. Toutefois, je devrais être rassuré, puisque vous ne frappez que les objets. Evitez dans la mesure du possible de cogner l'autre main. Blague à part...

Il montra du doigt la boite qu'il venait de sortir.

- J'ai débusqué un autre anesthésiant local dans la pharmacie. Toutefois, je ne peux vous l'administrer que par voie cutanée, via une seringue. La douleur n'est pas en surface, comme sur le front. Si vraiment vous ne pouvez plus tolérer que je vous touche, n'hésitez pas.

Après ce préambule, il se posta à l'endroit tout désigné et exerça une pression douce pour tenter de ressentir quelque chose. Mais entre la fourrure et le diamètre de l'appendice, il ne sentait rien de concret.

- Vous travaillez donc au complexe, si j'ai bien compris. Quelle est votre profession ?

Détourner l'attention pour tromper l'ennemi. Pourvu que cela soit suffisant pour décontracter Anton, car Satoshi appuya un peu plus.
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“Attendez que je vous amène une petite bière à mon prochain passage, là vous pourrez dire que j’suis convivial.”

J’ai pas l’habitude qu’on me fasse ce genre de compliments. En général ça me gêne et du coup ça me fait dire des conneries. Mais venant de l’infirmier, ça me fait quand même un peu sourire, content. Faut dire que sous ses dehors sérieux et propre sur lui, je m’attendais pas vraiment à ce qu’il ait l’humour décalé comme le mien. Comme quoi, faut pas juger le toubib à sa blouse. Mais je vais pas me plaindre. Mine de rien, ça passe un peu mieux de se faire recoudre et malmener la queue par un type cool et drôle, moins stressant qu’un docteur concentré exclusivement sur son boulot. Pas que Satoshi (c’est comme ça qu’il s’appelle) ne soit pas à ce qu’il fait mais en comparaison, c’est pas avec mon généraliste que je pourrais déconner comme avec un pote. Et puis, ça se voit qu’il est soucieux de me venir en aide du mieux possible. Ça, c’est bien. Après une rapide incursion dans l’armoire à pharmacie, il finit par débusquer ce qu’il l’intéresse entre deux bombes de napalm et revient s’agenouiller à côté de la chaise pour m’expliquer ce qu’il compte faire. Ses recommandations très précises sur comment lui coller un pain si jamais j’en peux plus me font rire.

“Promis je frappe à côté. J’m’en voudrais d’abîmer votre quincaillerie mais j’aurais trop peur de vous donner des envies de maladresse pendant que vous me tripotez...Pour votre piquouse, là, tant qu’à faire j’aimerais essayer de m’en passer alors allez-y. Le mot de passe pour arrêter, c’est sushi...”

Je rigole une seconde en imaginant le passage à l’infirmerie transformé en séance BDSM... mais je m’arrête assez rapidement quand Satoshi recommence à palper la zone douloureuse de mon appendice. Il n’appuie pas encore trop fort et cette fois-ci je m’y attendais, je gère donc mieux les lancements désagréables qui fusent sous ma peau. Quand il me demande ce que je fais dans le complexe, je réponds immédiatement. J’ai compris la technique :

“Je suis au salon de massage. Si jamais vous êtes trop tendu un de ces quatre, j’me ferai un plaisir de vous pétrir les épaules. Ceci dit, faudra me demander parce que les minettes de l’accueil confient systématiquement les hommes aux masseuses. Pas que je veuille orienter vos choix, c’est juste pour prévenir...”

Je ferme les yeux et respire profondément quand l’infirmier insiste un peu plus sur le point douloureux. Je vais bien, tout va bien... je préférerais nettement être ailleurs mais je maîtrise toujours. On va pas piquer la dose d’anti-douleur du suivant alors qu’on peut encore tenir et que ça va pas durer trois heures non plus. Ceci dit, j’espère qu’il sait ce qu’il fait quand même sur ce terrain-là.

“Vous avez déjà eu des cas comme ça avant ? Je remets pas vot’ science en doute mais mon propre toubib m’a avoué être un peu emmerdé quand il reçoit des hybrides blessés à un endroit... pas humain.”

Hum, j’aurais peut-être pas du dire ça comme ça. Mais en même temps merde, j’aime pas tourner des heures autour du pot pour ménager les bien-pensants, ça me gonfle. Et puis Satoshi est cool, il comprendra certainement que j’ai pas d’arrière-pensée. Enfin, je crois. Comme on passe notre temps à sortir des âneries depuis tout à l’heure, j’ai l’impression d’être avec un bon camarade mais je m’emballe un peu, tout sympathique soit-il. Ceci dit, les chics types, ils donnent envie de les connaître. Quand bien même ils vous appuient sur la queue pour vous soigner.

“Qu’est-ce qui vous a amené par ici ? Même si l’île est superbe, tout le monde ne choisit pas naturellement de quitter le continent comme ça. Si c’est pas indiscret, hein ?”

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satoshi aimait bien son patient. Il prenait sa situation avec tellement de détâchement et de dérision, malgré sa douleur. Tous les malades n'avaient pas cette capacité, et parfois, les moins blessés étaient les plus désagréables. Un de ses jours, l'infirmier demandait à aller se faire masser. Après des journées stressantes, cela pouvait faire beaucoup de bien. Et il amenait des bières, histoire de faire un clin d'oeil à leur conversation. Anton avait beaucoup d'humour, un peu salace quelques fois. Le genre de répliques qui ne faisaient aucun effet à Satoshi, à part de vouloir rentrer dans le jeu.

- Sushi ? C'est noté. J'espère juste que vous serez en état de le dire dans le moment convenu...

Et voila l'infirmier qui souligne sa blague avec un sourire volontairement diabolique, avant de retrouver ses traits concentrés.

- Non. Pour tout vous dire, je n'ai aucune connaissance en anatomie hybride. C'est une grande lacune de la faculté de médecine.

Aussitôt qu'il eut fini sa phrase, il regretta ses paroles. Déjà que les hybrides devaient se sentir stigmatisés, il n'était pas utile d'en rajouter une couche.

- Excusez-moi. Je ne voulais pas évoquer ceci. Je devrais apprendre à me taire. Je préfère être sincère avec vous, je crains d'être aussi embêté que votre médecin sur le sujet. Toutefois...je ferais de mon mieux déjà pour apaiser votre douleur et repérer quelque chose. Sauf si je vous fais trop mal. Et je vous promis que je vais faire en sorte de m'instruire pour être à la hauteur la prochaine fois qu'un hybride viendra me voir. Ça ne doit pas vous servir à quelque chose, cela aurait plutôt utile aujourd'hui.

Il lui adressa un sourire gêné, bien représentatif de son état d'esprit. Il se hâta de se rattrapper aux branches en répondant à la question suivante d'Anton.

- Ce n'est pas indiscret puisque vous aussi, vous allez tout me dire ! En fait, je viens juste de terminer mes études de pharmacie, et je cherchais du travail. J'ai vu une annonce pour le poste d'infirmier au Complexe Hinata. J'ai été séduit par le cadre. Comment ne pas l'être. Et j'ai été recruté, à ma plus grande joie. Je sais que cela fait bizarre de voir un pharmacien-infirmier, mais je sais comment m'y prendre et ne pas faire de bêtises. Ca vous rassure ?

Les yeux de Satoshi s'allumèrent d'une lueur de victoire.

- Vous n'avez rien de cassé. Pas besoin de radio. Je pense que ça passera dans deux trois jours. Outre la lourdeur de la chaussure, votre collègue a posé le pied sur un regroupement nerveux. Je pense qu'il s'agit juste d'un froissement de nerf. Douloureux, certes, mais pas méchant. Vous pouvez me confirmer ma théorie ?

Il posa le doigt avec moult précautions et crispa son visage, prévoyant un cri sonore éventuel.

- Sushi ?
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« Vous imitez vachement bien le psychopathe, mais je sais pas si j’fais bien d’vous faire le compliment… »

Remarque faite après un nouvel éclat de rire, décidément. Enfin tu me diras, si c’est vraiment la meilleure médecine qui soit comme on le prétend un peu partout, j’vais être sur pied en moins de deux. J’vais pas m’en plaindre. Retrouvant son sérieux, Satoshi m’avoue en toute sincérité qu’il n’en sait pas plus que mon généraliste, pour la simple et bonne raison qu’en médecine on n’apprend pas encore à soigner ce qui n’est pas humain, pour reprendre mes mots. Erf, j’m'en serais douté et j’ai l’habitude de faire avec de toute façon. J’m’estime déjà heureux qu’on accepte de me prendre en consultation, je sais que c’est pas encore le cas partout. Cette pensée soudaine me rembrunit un peu, comme une résurgence de la colère que je ressens parfois quand on me traite différemment. Comme si notre présence n’était pas légitime dans la société alors qu’on nous impose les mêmes devoirs qu’à tout le monde. Je fais un effort pour refouler cette amertume qui n’a rien à foutre là pour le moment et j’interromps presque immédiatement l’infirmier quand il regrette ses paroles :



« Pourquoi vous vous excusez ? C’est pas d’votre faute que je sache. Et puis vous au moins, vous y mettez de la bonne volonté. »

Je ne voulais pas être cassant ni lui reprocher quoi que ce soit. Mais ça m’énerve que ce soit à lui de s’excuser alors que ce sont des vieux débris issus du siècle dernier qui font les programmes de médecine et qui sont pas foutus de considérer les hybrides comme des patients potentiels alors qu’ils approchent les 35-40% de la population mondiale. Je veux pas l’entendre s’excuser alors qu’il fait de son mieux pour faire son boulot sans même avoir tous les moyens pour le faire. Ceci dit, c’est pas très sympa de ma part d’avoir été un peu sec comme ça alors je m’efforce de me détendre pour ajouter avec un sourire :



« Nan mais vous en faites pas. Un jour, y aura un grand toubib qui fera un beau discours où il dira "J’ai fait un rêve où les hybrides n’avaient pas à aller chez le véto pour se faire soigner la queue !" et ça fera bouger un peu les choses… »

Comme l’a dit je sais plus quel gus connu, il faut savoir que les choses sont sans espoir et se battre de toutes nos forces pour les changer. Là, les choses ne sont pas sans espoir. Elles vont changer doucement toutes seules, c’est tout. Grâce à des gens qui refuseront de nous traiter différemment, un peu comme Satoshi qui me promet de combler ses lacunes pour la prochaine fois. Je lui rends son sourire de façon chaleureuse, sans rien dire. C’est déjà utile aujourd’hui, ptite tête… la séquence « Je refais le monde » étant close, il enchaîne sur son arrivée au complexe. Alors comme ça, il est tout frais émoulu de l’école ? Il se démerde bien, j’aurais pas cru. Pourtant si c’est son tout premier jour, il avait matière à stresser un minimum. Mais c’est vrai qu’il a l’air d’être un type calme. Un pharmafirmier, haha…



« Autant que j’peux être rassuré par vos penchants sadiques ! Nan, mais je m’étonnais de vous voir aussi à l'aise. A vous voir comme ça, j’étais persuadé que vous aviez déjà pratiqué ailleurs. Mais c’est vrai que c’est le rêve de travailler dans un coin aussi paradisiaque. Moi aussi c’est ce qui m’a plu quand j’ai passé l’entretien. Vous êtes d'où ? De Tokyo ? »

A dessein, je ne raconte pas encore comment je me suis retrouvé ici. Même si Satoshi a laissé entendre que ça l’intéressait aussi, c’est pas le genre de sujet sur lequel j’aime m’étendre. S’il me repose la question je me défilerais pas mais je passerai pas trois quart d’heure là-dessus, c’est sûr. Je craindrais trop de plomber l’ambiance en ressassant de vieux souvenirs. Heureusement, le pharmacien choisit ce moment pour m’annoncer que tout va bien ! Enfin, que j’ai rien de cassé, ce qui suffit largement pour m’arracher un soupir de soulagement. Ça c’est une bonne nouvelle. Satoshi m’explique que le petit gars m’a juste froissé un nerf avec sa chaussure, d’où la douleur vive qui me chatouille méchamment dès qu’on pose le doigt dessus. Comme maintenant, par exemple. D’une voix sourde, je grogne :



« Sushi, maki et le menu complet derrière, si vous voulez ! Je confirme votre théorie… »

Nom d’un chien… pas sadique pour deux sous malgré l’air qu’il se donne, le jeune homme relâche la pression sur ma queue. Bon bah y a plus qu’à faire le bandage et s’occuper de ma paluche, maintenant. N’empêche, ça va beaucoup mieux depuis que je sais que j’aurais pas de séquelles. Il suffira de faire attention pendant quelques jours.



« Vous m’retirez une belle épine du pied, Satoshi. C’est vraiment ce qui me faisait le plus peur dans l’histoire. J’vous aurais bien payé un ptit coup au bar pour vous remercier ensuite mais je suis déjà attendu et suffisamment à la bourre. Et puis vous aviez peut-être d’autres projets en plus… »

Ceci dit, je garde l'idée de côté. Ça pourrait être très sympa d'aller s'en jeter un petit avec lui à l'occasion. En invitant Kitsu par là-dessus, y aurait moyen de passer une très bonne soirée. Et promis cette fois-ci, ça se terminera pas comme avec Hestia. Oh bordel non, n'y repense pas...
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Satoshi prit une bande de tissu assez souple, et l'enroula autour de la partie douloureuse de la queue de son patient. Même si ce rendez-vous impromptu était au final plutôt tranquille (Anton et Satoshi y allaient de leur petite phrase, se divertissant mutuellement pour que l'instant soit moins pénible), l'infirmier n'avait pas perdu de vue certaines tensions naissantes. Jamais il n'aurait dû évoquer le sujet délicat des hybrides ; même si Anton reconnaissait que Satoshi n'y était pour rien, il n'empêche que le sujet était sorti sur le tapis, et avait créé un petit malaise. L'hybride se chargea bien vite de détendre à nouveau l'atmosphère après ce moment de flottement. Moment qui venait de faire naitre une idée dans l'esprit vif et curieux de notre homme. En voila une idée qu'elle est bonne ! Il y avait un manque phénoménal en matière de médecine ; et si...si c'était faisable, cela pourrait se révéler prometteur...
Outre l'évocation de la différence, une autre donnée marqua le jeune homme. C'était une vue de l'esprit, ou l'Inu était resté fort évasif au sujet de sa venue au complexe Hinata ? Certes, Satoshi n'était pas très loquace sur certains sujets le concernant, mais il avait au moins expliqué pourquoi il avait postulé. Anton, lui, avait juste mentionné le cadre agréable, avant de reposer une question sur l'infirmier, pour tromper l'ennemi. Il y avait anguille sous roche. Toutefois, l'homme aux cheveux bleus n'insista pas et répondit simplement à la question.

- Non, je suis de KAmakura. Au Sud-Ouest de Tokyo. C'est en bord de mer.

L'appendice dorsal était enfin protégé. Satoshi, comme d'habitude, avait fait en sorte que le bandage soit suffisamment aéré pour qu'il puisse faire des mouvements. Il n'y a rien de plus pénible qu'un bandage mal fait qui comprime, empêche le sang de circuler, et trop rigide. Restait donc la troisième étape du soin d'Anton, la main. Là, ça irait plus vite.

- A charge de revanche pour aller boire un verre. Ou alors, je prendrais un créneau dans votre propre service, et j'emmènerais des bières.

Il lui fit un clin d’œil avant d'examiner la main. Sous l'effet du coup, les jointures avaient pris une petite teinte prouvant qu'il s'était fait un beau bleu. Il ne s'était rien démis (avec la violence du coup, cela aurait pu arriver). C'était un peu gonflé, aussi. Satoshi commença d'abord par désinfecter.

- Si vous êtes attendu, alors, je vais me dépêcher.

Il était curieux de savoir qui l'attendait. Avait-il une femme, une famille ? Il n'osait pas poser de questions supplémentaires, vu sa rebuffade un peu plus tôt concernant son arrivée au complexe. Il souhaiterait éviter de se mettre à dos son patient. Déjà, parce qu'il l'appréciait et espérait devenir son ami. Ensuite, car on sentait tout de même qu'Anton avait un sacré caractère, et qu'il devait être impressionnant quand il se mettait en colère.
L'infirmier mit un pansement sur les plaies, et tendit un sachet rempli de gel qu'il venait de récupérer dans le placard.

- Votre main est légèrement enflée. Un bleu est en train de se former. Conservez ce que je viens de vous donner ; c'est une sorte de cataplasme qui soigne tout ce qui peut être relatif à un coup, ou à une entorse.

Ah, ce médicament. L'une des grandes fiertés de Satoshi. Il s'agissait de son projet de fin d'études à la faculté de pharmacie. Il n'avait pas dormi pendant des nuits pour en venir à ce résultat. Cela lui avait permis d'obtenir haut la main son diplôme.
Satoshi savait depuis longtemps qu'il était fait pour les métiers de la santé. Il avait commencé des études de pharmacie pour continuer sa passion de mélange de substances, de découvrir de nouveaux remèdes. Il s'était fait une spécialité dans les remèdes liés aux efforts physiques. S'il était devenu praticien, il aurait été sans nul doute médecin du sport.
Pourtant, sa rencontre avec Anton avait fait germer une idée dans la tête. Satoshi aimait explorer ce qui était inconnu, aller dans des recoins où personne n'avait jamais oser aller. Et là, il avait eu une révélation qui pourrait être utile à énormément de monde.
Il afficha un petit sourire en coin, avant de se remettre à parler.

- Vous savez, je pense que vous avez raison. Un jour, il y aura un grand toubib qui fera un beau discours...
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« Ah oui, Kamakura. Y a une grande statue de Bouddha là-bas, non ? »

Enfin il me semble vu que j’y ai jamais mis les pieds. Mais j’ai vu assez de dépliants touristiques dans la gare près de mon ancien chez-moi à Tokyo pour penser tomber juste. Grandir au bord de la mer, ça doit être bien agréable. Je pourrai poser la question à ma fille dans quelques années, remarque… Satoshi emmaillote soigneusement ma queue dans un bandage en veillant à ne pas trop serrer, ce que j’apprécie tout particulièrement. Y a rien de pire que d'se sentir trop à l'étroit à ce niveau, je parle d’expérience. Puis, tout en s’attaquant à ma main, il s’annonce partant pour un verre, une prochaine fois. J’en prends note avec un sourire et un hochement de tête, avant de me marrer quand à sa proposition.


« Prenez une glacière dans ce cas, y a souvent du chauffage chez nous. »

En même temps, on est court vêtu là-dedans. Je réalise (un peu tard, c’est vrai) que j’aurais les boules de devoir expliquer à l’infirmier pourquoi je viens le masser en calecif mais je préfère laisser cette hypothèse de côté pour l’instant. J’ai resquillé plus souvent qu’à mon tour pour cette règle à la con, je peux bien recommencer. Sérieusement, sur de belles nanas je veux bien, mais sur des bonshommes, je vois vraiment pas ce que l’uniforme peut avoir d’attrayant. Le fétichisme des lunettes ou de la cravate pourquoi pas, mais le reste me passe à trois milles au-dessus. Enfin, j’vais pas refaire le règlement une fois de plus, ça m’a pas beaucoup avancé jusque là. Satoshi fait des efforts pour pas me mettre trop en retard et j’avoue que je m’étonne encore de le voir aussi serviable. Est-ce qu’il est comme ça tout le temps ? J’espère qu’il pense à lui un peu de temps en temps, quand même.


« Oh non, vous pressez pas. J’me suis arrangé avec mes voisins pour qu’ils récupèrent ma fille à la garderie, donc je suis quand même tranquille. »

Tiens, curieux. D’habitude je ne parle pas de Yukio au premier venu. D’ailleurs à part Yu, Kitsu et la duchesse (enfin, Emeline), personne n’est au courant sur le complexe, pas même mes collègues de taff. Il faut croire que je suis vraiment à l’aise avec l’infirmier pour déballer ça aussi vite. Erf, c’est pas plus mal. Evitons juste d’enclencher trop violemment le mode papa gâteau, ça sera plus reposant pour tout le monde. Une fois mes phalanges nettoyées et bandées comme il se doit, Satoshi me remet un petit sachet de gel translucide et bleuté qui m’aiderait à résorber l’ecchymose et je le glisse dans la poche de ma veste. C’est rigolo y a pas de marque dessus. On dirait presque un médoc expérimental. Cette pensée m’arrache un sourire.


« Je vous dirai si ça a bien marché. Et s’il me pousse un sixième doigt, vous le saurez bien assez tôt. »

Sur ce, étant convenablement réparé, je me relève précautionneusement de la chaise, en faisant attention à dégager ma queue du dossier. Quelques pas prudents, histoire de vérifier que c’est pas trop douloureux puis je me retourne vers l’infirmier pour le remercier chaleureusement. Pour m’avoir retapé d’une part et pour m’avoir fait passer un bon moment de l'autre. Et Dieu sait que c’était pas gagné à la base. Cependant, il ne m’en laisse pas le temps. Un petit sourire malicieux au coin de la bouche, il confirme (et sérieusement en plus !) ma « prédiction » de tout à l’heure. Je lève un sourcil, surpris. Ah bon ? J’ai dis ça pour détendre l’atmosphère après ma saute d’humeur. J’pensais pas que ça lui resterait en tête comme ça, encore moins qu’il y ferait allusion avec cette étincelle nouvelle dans son regard bleu caraïbes. Je finis par sourire à mon tour.

« Si c’est le cas, j’espère que j’aurais l’occasion de lui serrer la pince. En attendant… »

En attendant c’est à Satoshi que je tends ma main valide, la droite étant convalescente (heureusement que j’suis gaucher). Je sais que je suis un grand naïf et un doux rêveur. Je sais qu’il est dix fois trop tôt pour imaginer quoi que ce soit et prétentieux comme pas deux de songer que j’aurais pu faire naître ne serait-ce que l’ombre d’une vocation chez ce sympathique ptit gars. Ouais, je sais tout ça… et pourtant c’est avec une complicité étrange que je lui serre la main, comme une espèce d’accord tacite. Erf, je me sentirai sans doute très con en y repensant après coup mais là maintenant, c’est agréable. Parce que c’est pas tout les jours que j’ai la chance de tomber sur un humain qui, en plus de me traiter comme un égal, soutient notre cause comme la sienne, même pendant un ptit moment. C’est vraiment le genre de rencontre qui donne la pêche.


« Bon bah, pharmafirmier Satoshi, merci beaucoup. Ce fut un réel plaisir et vous couperez pas au ptit verre, je vous le garantis. Maintenant j’me sauve. Bonne soirée à vous et à une prochaine ! »

Sur ce, je ne le sépare pas de sa fin de service plus longtemps et après un dernier signe de tête, je quitte l’infirmerie le sourire aux lèvres. Ptain, j’suis plus du tout fâché contre mon collègue, du coup ! Je suis même d’excellente humeur et j’décide d’appeler Yu pour l’inviter à la maison. Fouillant dans ma poche pour chercher mon portable, je tombe sur le petit sachet en plastique que m’a donné Satoshi pour ma main. Je le sors de ma poche et examine un petit moment le gel bleu, avant de continuer ma marche dans les couloirs, vers la sortie. Bon courage, ptit gars…
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Lun 3 Fév - 23:07
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'était donc pour cela qu'Anton parlait du fait d'être attendu, et qu'il ne voulait pas que sa blessure soit trop effrayante. Il avait donc une fille. Satoshi aurait été ravi de faire sa connaissance - quoique cela signifiait qu'elle avait besoin de voir un infirmier ; cette perspective était moins engageante. Enfin l'infirmier sentait qu'Anton livrait un peu de sa vie, contraire à la réserve qu'il avait affiché un peu plus tôt. Cet homme était pourtant un bavard, il appréciait la discussion, était très à l'aise. Son mutisme n'était pas bon signe : que cachait-il de son passé ? Une souffrance ? Son état d'hybride ? Satoshi ne le forcerait pas à se confier; mais il prit cette révélation pour une marque de confiance, qu'il apprécia. Afin d'éviter que le silence crée un malaise, il se chargea de répondre.

- Mieux vaut avoir six doigts que cinq yeux. C'est plus élégant !

L'infirmier regarda son patient se lever, se déplacer, et chercher s'il y avait une gêne quelconque. Tout semblait aller pour le mieux - dans une certaine mesure.

- Puisque tout va bien, je vous rends à votre fille. Passez une bonne soirée. Je compte bien vous revoir, et peut-être assez tôt. Reposez-vous bien !

Il serra la main tendue avec chaleur, avant de repartir de bonne humeur. Voila qui faisait toujours plaisir, et qui confirmait à Satoshi qu'il avait choisi un bon métier. Il était fier de parvenir à rendre le sourire de cette façon. Il voulait offrir aux autres ce qu'on lui avait offert quand lui-même n'allait pas bien. Quand on est malade, on veut être aidé, pas recevoir des remarques tordues en plein visage.

Satoshi prit le temps de remballer tout ce qu'il avait dû sortir, avec la même précision maniaque. Il resta ainsi environ un quart d'heure, avant de sortir à la porte de l'infirmerie, vérifier que personne ne venait. Tout était propre et rangé, pour accueillir son successeur en début de matinée. Il finissait sa première journée de travail sur les rotules, mais satisfait, avec des idées et un projet précis bien en tête.
Dès demain, il commencerait à faire des recherches sur l'anatomie et la physiologie hybride.
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