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milo mckellen

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Messages : 1313
Date d'inscription : 22/11/2008
Mar 18 Déc - 22:34
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Milo McKellen

   
"Atchoum !"

 

 
Nom : McKellen
Prénom : Milo
Surnom : Double M
Âge : 30
Plutôt : Seke

Origine(s) : inconnue
Métier : Tueur à gages / Serveur au Raven
Groupe : R:PHYSIC

Pouvoir et description : Voleur de voix. Il suffit d'entendre, pendant quelques secondes, la vvoix d'une autre personne pour l'utiliser soi-même, en parfaite copie. Que ce soit le boulanger du coin, un célèbre chanteur, qui que ce soit. Aussitôt, pendant la durée que l'on souhaite, la voix de l'utilisateur se transforme en celle voulue. L'assimilation de la voix s'effectue soit en étant directement en contact avec la personne, soit en l'entendant distinctement à travers un appareil (à condition que la qualité de son soit bonne, sinon, cela ne prend pas).
Cependant, toutes les voix ne restent pas enregistrées éternellement chez l'utilisateur. Le "vol" ne dure que 48 heures.
Malus : Milo n'était jamais malade. Mais ça, c'était avant. Avant la mort. A présent, dès qu'il reproduit une voix, il fait les choux gras des pharmaciens. Milo attrape à chaque fois, dans les 5 heures qui suivent, une maladie en rapport avec la sphère ORL. Angine, pharyngite, bronchite, trachéite, grippe, etc... Les médecins n'ont jamais pu l'expliquer. La maladie guérit selon une durée moyenne de deux jours à une semaine.
De peur de laisser de l'ADN sur son passage, via les miasmes et autres produits d'artisanat corporel dont je vous fais grâce, Milo n'utilise son pouvoir que si c'est absolument nécessaire. Il a appris à le contrôler, évitant ainsi les fréquents congés impromptus au RAVEN et l'obligation de céder un contrat à un de ses frères.
Position de la marque et description : Sous la plante des pieds. Ressemble à une brûlure.
Âge de la mort : 27 ans
Cause(s) de la mort : Empoisonnement

►►


Mon pseudo sur le net : Lilith
Âge : 35

Présence sur le forum : 7 / 7 jours
Que pensez-vous du forum : Je le déteste toujours autant c'est pour ça que je fais un tc.

Le personnage sur mon avatar est : Kaito Kuroba / Detective Conan - Magic Kaito
Le code est :


Histoire

ENTRETIEN AVEC UN TUEUR
2015. Manchester.

Helen Stanfield avait peur. Debout derrière la porte, elle posa sa main sur la poignée mais hésita à l'enfoncer vers le bas et franchir le seuil. Seule dans un bâtiment à l'abandon. Avec un tueur à gages. Sur un terrain en friche avec la route à 200 mètres, si ce n'est plus.
L'idée de départ était pourtant excellente et prometteuse. Helen, journaliste d'investigation, décide (après avoir vu divers films sur le sujet) d'interviewer un véritable homme de l'ombre. L'un d'eux va accepter, rapidement, à son grand étonnement. Un certain "Double M". Il était là, derrière la porte. Elle se posait des questions. Allait-il la tuer à la fin de l'interview, l'utilisant comme un confessionnal ponctuel ? La piégeait-il car elle avait un contrat sur sa tête ?
Finalement, après une profonde respiration, elle appuya sur la poignée et entra. Elle cligna des yeux et porta une main à son front. Elle reçut de la lumière directement sur son visage, depuis des spots placés stratégiquement, pour qu'on ne puisse distinguer ses traits.

D'une voix mielleuse et amusée, l'inconnu s'adressa à elle.

- Bienvenue, mademoiselle Stanfield.
- Madame.

Elle osa lui répondre. D'un ton tranchant. Elle n'aimait pas qu'on l'appelle mademoiselle. Elle était mariée et fière de l'être. Elle voulait un enfant de son mari. Tueur ou pas, elle ne négligera pas cette information. Et surtout, si l'entité en face d'elle demeurait respectueuse, elle ne tenterait rien contre une femme mariée...
"Mais quelle idiote, peut-on attendre des scrupules d'un assassin ?", pensa-t-elle.

- Je vais vous demander d'avancer jusqu'à la chaise. Tout droit. Très bien; Asseyez-vous. Nous avons dit : pas de matériel d'enregistrement. Sinon je cesse immédiatement l'interview.
- Je n'ai rien.
- Je vous crois.

Elle avait l'habitude de prendre des notes. Dans son métier, les enregistrements restaient trop risqués et peu tolérés par les personnes interrogées.

- Bien, commençons.
- D'accord.

Au fur et à mesure de leur échange, Helen oscillait entre malaise et dégoût. Cet homme grossier glissait des expressions ampoulées pour convaincre, embobiner, séduire. Le ton doucereux qu'il usait lui conférait une aura de prédateur sexuel plutôt que l'attitude du tueur froid du jeu vidéo Hitman.
L'homme se disait être une pointure de son métier, qu'il décrivait bien. Elle le soupçonnait de broder un peu ; voire de faire de l'auto-promotion. Qui l'en blâmerait ? Si le papier était intéressant, Double M pourrait obtenir de nombreux clients. Sa réputation serait connue au delà de son milieu. Certains ne lui pardonneraient pas cette audace et chercheraient à l'éliminer pour avoir brisé la loi du silence. Helen paierait aussi, en dommage collatéral. Elle avala sa salive et nota frénétiquement pour penser à autre chose. Soudain, en relisant ses écrits entre deux questions, elle tiqua.

- Pardon, je n'ai pas bien compris votre phrase.
- Plait-il ?

Elle leva les yeux au ciel, exaspérée par ses manières ostentatoires. Elle s'était procurée de rares renseignements sur lui. Certains détails ne collaient pas avec l'idée qu'elle se faisait de lui. Maintenant, il ne s'agissait plus d’interprétation, mais de faits.

- Vous dites que vous tuez avec des... seringues ?
- Oh, j'ai dit ça ?

Helen le sentit troublé pour la première fois, mais il se remit vite.

- Double M n'est pas plutôt un expert des armes à feu ?
- Si, bien sûr. Parfois cependant, il faut s'adapter à la situation.

L'interview se poursuivit. Helen devinait qu'elle avait un homme face à elle. Malgré l'aveuglement qui l'obligeait à s'asseoir en biais, elle parvenait à discerner une silhouette. Un homme de grande taille, habillé dans une espèce de combinaison moulante qui ne laissait pas vraiment de place à l’imagination. Des lunettes, probablement. Elle avait cru voir des reflets de lumière quand il s'avançait trop près des spots.
Le dialogue arriva bientôt à son terme. Helen n'avait plus qu'une question et son cœur battait la chamade.
Compte à rebours... Bientôt morte ? En vie mais menacée ? Sans un risque d'identification par l'ADN, elle le croyait capable d'abuser d'elle. Ce type était détestable, arrogant, luxurieux, cupide. Elle aimerait pouvoir dresser un tel portrait dans son article. Oh, elle aimerait ! Elle ne pouvait pas, conséquences obligent.  

- Pourquoi ce surnom, double M ?
- Pour Meurtre sans Mobile.

Interviewer et interviewé sursautèrent de concert. Ils se tournèrent instinctivement vers l'angle de la pièce plongé intégralement dans le noir. Le tueur s'apprêta à réagir, mais le son de deux déclics d'armes à feu le cloua sur son tabouret (qu'il avait mis en hauteur : un effet de mise en scène par rapport au siège plus bas d'Helen, pour mieux la dominer).  

- Milo, c'est toi ?

Milo... qui était ce Milo ? Quand était-il entré ? Aucun ne l'avait entendu ; se cachait-il depuis le début ? Le tueur ne se gênait pas pour donner un nom. La journaliste percevait de la peur dans sa voix tremblante.

- J'avais raison. Tu te fais passer pour moi. Ton orgueil est à la fois démesuré et minable. Tu veux tellement briller que tu voles la réputation d'un autre en balayant la tienne. Tu me déçois.

Le tueur paniquait. Il trépignait, prêt à s'élancer vers l'invité surprise.

- Ton ouïe te joue des tours, on dirait. J'ai deux armes. Une braquée sur toi, une sur cette journaliste. Je peux vous avoir tous les deux en même temps. Et tu le sais très bien.
- Milo, attends, je...
- Des explications ? Des excuses ? Ou une tentative de manipulation dont tu es si friand ? Finalement, tu es plus fort pour ça que pour l’absentéisme. Tu aurais dû rester là où tu étais le meilleur.
- Sale petit...

Le tueur sauta sur l'ombre. Une détonation. Il fut coupé dans son élan. Une détonation. Il retomba sur le dos. Sa chute fit basculer le tabouret.
Helen hurla, lâcha son bloc-note et son stylo sous l'effet de la terreur et quitta son siège pour se caler dans l'angle opposé à l'ombre. Elle tremblait de la tête aux pieds. Elle se mit à pleurer.

- Je suis désolé pour cette mascarade, Madame Stanfield. Puis-je vous appeler Helen ?

Contrairement au macchabée, cet homme s'exprimait avec une gentillesse déconcertante. Elle ne le voyait pas, toujours aveuglée par les spots. La journaliste acquiesça. Elle crut discerner un mouvement : il se déplaça juste devant la porte. Il n'y avait plus d'issue. L'ombre rangea ses armes avant de croiser les bras (du moins le déduisait-elle en se fiant aux sons et aux reliefs de l'obscurité).

- Très bien, Helen. Vous avez joué avec le feu en décidant de faire cet article. On ne badine pas avec les tueurs, comme on dit. Vous avez un ou une conjointe ? Des enfants, peut-être ?

Helen échappa un hoquet. Elle n'arrivait pas à parler. Il ne la força pas, il attendait. Quand elle se décida enfin...

- ... Un... mari.

... elle réalisa qu'elle venait de mettre en danger son époux bien aimé. Mais elle ne put mentir.

- Un mari. Que ressentirait-il si vous veniez à vous absenter, pour un article ? Un scoop vaut-il une vie ?
- Je... Vous allez me tuer ?
- Je n'ai jamais dit ça, si cela vous inquiétait.

"Evidemment que ça m'inquiète !", pensa-t-elle devant cette affirmation aussi surprenante qu'idiote. Qui ne penserait pas une telle chose en présence d'un homme qui en tuait d'autres de sang-froid ?

- Qu'est-ce que vous voulez de moi ?
- Je décide, selon les circonstances, si une personne non liée à mon activité doit vivre ou s'absenter. En l’occurrence, Helen, vous ne le méritez pas. Vous avez juste fait preuve de professionnalisme, de la même manière que vous avez enquêté voilée au Moyen-Orient dans un pays en guerre civile.
- Vous avez enquêté sur moi ?
- Non, j'ai juste lu votre article. Je suis abonné au magazine.

En dépit de sa peur, elle se sentit flattée.

- Oh, vraiment ?
- Vous avez souvent frôlé le danger. Certains de mes collègues vous auraient envoyée six pieds sous terre. Méfiez-vous, votre bonne fortune ne sera pas éternelle. Aujourd'hui, vous avez la chance d'être tombée sur cet escroc et que l'original soit sur place.

Helen se sentit soulagée, un bref instant.

-  A présent, je vais vous demander de vous déshabiller, s'il vous plait.

A peine éclipsée, sa peur revint. Estomaquée, elle se mit à rougir fortement.

- Je ne suis pas attiré par les femmes. Je veux juste que vous soyez sans effet et que vous envoyez tout vers moi. Vêtements, sac, notes, stylo, tout.

Très gênée et angoissée, elle s'exécuta avec lenteur. Le dénommé Milo la regarda attentivement et lui demanda de tourner sur elle-même, l'examinant sous toutes les coutures. Ensuite, il se baissa sur ses genoux et fouilla minutieusement tous les objets jetés au sol. Attentionné, il rendit dans un ordre bien précis les affaires d'Helen, de façon à ce qu'elle ne resta pas longtemps nue.

- Vous ne lui avez pas menti. Pas d'enregistrement. A présent, je vais garder vos notes. Tout ce qu'il s'est passé ici n'est jamais arrivé. La seule chose qui en témoigne est votre mémoire. Vous en convenez ?

La jeune femme, toujours craintive, hocha la tête.

- Nous allons conclure un pacte tous les deux. Tant que rien ne sort de votre mémoire, de quelque manière que ce soit, tout va bien. Si un jour, vous me mettez en danger, je serais obligé de vous absenter.

Encore cette expression. Il ne disait jamais "tuer", "assassiner"... Cet homme était vraiment singulier.

- J'aurais toujours un moyen de vous retrouver. Alors oubliez ce qu'il s'est passé.
- Comment le puis-je ? Et que vais-je dire à mon rédacteur-chef ?
- Qu'un petit plaisantin vous a joué un tour et que vous êtes restée ici à attendre pour rien. Vous rentrez bredouille et vous changez de sujet.
- Et ... C'est tout ?
- Vous avez une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Et vous l'aurez toute votre vie. Ce n'est pas suffisant ?

Il n'avait pas tort. Helen saisissait enfin l'ampleur de sa chance. Elle réalisait, grâce à cet inconnu à la fois effrayant, sage et doux, qu'elle avait été stupide de se lancer dans ce projet.
Milo se retourna et ouvrit la porte.

- Mer... Merci.
- De rien.

Un retour de politesse aussi convenu que si elle lui avait acheté une baguette de pain.

- Au fait... Cet "escroc"... Qui était-il ?

Le tueur ajouta, juste avant de disparaître dans le couloir :"Une ordure".

DOUBLE JE
2018. Ville de Nifleim.
Je m'appelle Milo McKellen. J'ai 30 ans. Je suis serveur. Le Raven est l'un des endroits les plus agréables la ville. Je fais très attention à bien retenir les commandes. Je ne suis pas très adroit et manque de renverser les tasses ou de tomber. Je présente mes excuses pour mes maladresses, même si je ne compte pas beaucoup de catastrophe à mon actif. Sinon, je pense qu'on m'aurait déjà viré. Je veille à être toujours souriant et respectueux envers la clientèle.
Mon salaire n'est pas mirobolant mais je m'en fiche. J'aime bien ma vie, mon quotidien. J'aime ma caravane dans laquelle j'ai toutes mes affaires, avec laquelle je peux bouger si je veux changer de vue. Une terrasse mouvante, qui n'en a jamais rêvé ? L’intérieur est dépouillé. Un peu impersonnel peut-être. J'ai tout le confort nécessaire. Cuisine équipée, lit deux places, douche et WC intégrés, une pharmacie pleine comme un œuf. Une borne 4G et ordinateur portable pour regarder la télévision, des dvd, ou naviguer sur internet. J'aime bien lire mais je n'ai pas de place pour les livres. Je vais à la médiathèque de Nifleim. Je suis adhérent régulier. Pour me déplacer, j'opte pour le vélo. Je fais de l'exercice tous les jours et je garde la forme.

Je m'appelle Milo McKellen. J'ai 30 ans. Je suis nettoyeur. Dans les milieux en rapport avec les tueurs à gages, je suis très célèbre.  Je fais très attention à ne laisser aucune trace et je maîtrise les armes à feu, à courte, moyenne ou longue portée. Je n'absente pas ma cible sans un contrat en bonne et due forme. Je ne rate jamais ma cible. Je ne fais jamais de zèle : réussir le contrat, assurer mes arrières, point barre.
Mes gages sont extrêmement onéreux. Mais je m'en fiche : quand on veut de la qualité, on y met le prix. J'aime ma double-vie, mon quotidien. Un tueur à gages ne l'est jamais à plein temps. Ma caravane est l'habitation dans laquelle je conserve mes affaires. Il suffit de connaître le code du cadenas électronique de la trappe cachée sous le lit. J'ai tout le matériel nécessaire. Fusils à pompe, fusil de précision, revolver, silencieux ; holsters de cheville, de hanche, d'épaule. J'aime bien le tir mais je n'ai pas la place pour un arsenal. Pour me déplacer, j'utilise une moto. C'est rapide et efficace dans les courses-poursuites.

L’ALLÉGORIE DE LA CAVERNE
? - 2015.

J'ai un peu arrangé la réalité. Double M, ce n'est pas que moi. Nous sommes un groupe de cinq. Pour l'extérieur, nous sommes une seule et unique personne. C'est ainsi que nous protégeons nos identités. Les raisons sont faciles à comprendre.
Le groupe s'est formé il y a longtemps.
En son centre, jusqu'en 2015 dans la ville de Manchester, une personne.
Le patron.
Notre mentor.

Tout ce qui m'a été raconté sur mon enfance, donc je n'ai pas de souvenir, l'a été par le Docteur Deterik. Je ne sais pas où je suis né, ni qui sont mes parents. On m'a trouvé dans un panier de linge propre dans une blanchisserie. Confié à des services sociaux, puis placé dans un orphelinat, j'ai été adopté dès que ce fut administrativement possible par le docteur. Il m'a ramené dans une sorte de manoir avec beaucoup de pièces, de couloir, de sous-sol. Un grand parc entouré de grands murs en guise de jardin.

Je me trouvais dans le manoir en compagnie d'autres enfants. Le docteur avait une fascination étrange pour les initiales à double lettre. D'où mon nom ; mais aussi celui de mes "frères".
Lilian Lamy, pro du déguisement et de l'arme blanche.
Gaël Greene, un baratineur et stratège hors pair, expert en explosifs.
Kingsley Knight, un métis à la force phénoménale, adepte du bricolage et de la conduite de véhicules .  
Xavier Xypolitas, un pur génie, mais aussi une tête de pioche qui donna beaucoup de fil à retordre au docteur.

Ce dernier nous élevait selon des critères un peu particuliers. Il n'était pas un père de substitution, mais un éducateur. Pendant des journées, nous croisions différents adultes dont le visage était toujours masqué. Ces personnes agissaient sous les ordres du docteur et nous formaient à différentes disciplines. Dès que nous fûmes plus grands, nous apprîmes les langues étrangères, les sciences, l'informatique et l'usage des nouvelles technologies. Le docteur rajoutait des domaines qu'il se réservait. L'anatomie, les différentes façons de tuer un être humain, l'usage des armes. Et la philosophie. Enfin, je compris plus tard qu'il s'agissait de SA philosophie.

Nous avions droit à des évaluations, tous les mois, depuis les premiers âges de l'apprentissage à notre fin d'adolescence. Les punitions tombaient quand nous étions mauvais, peu attentifs, pas intéressés. Lilian, sur ce point, pourrait écrire un livre. En revanche, si nos résultats étaient prometteurs, des cadeaux nous attendaient. Jouets, bonbons, livres pour commencer.
D'autres récompenses s'ajoutaient au fur et à mesure de notre maturité. Elles dépendaient de l'humeur de notre mentor. Sa préférée néanmoins était la plus fréquente : celle de faire découvrir à ses "petits protégés" (comme il nous appelait) les "vrais plaisirs". Nous y passâmes tous les cinq. La première fois fut pénible. Cependant, j'avoue que j'y prenais goût, même si j'aurais préféré avoir un autre partenaire que le docteur, pour essayer. En revanche, Gaël envisageait ce moment comme une punition, bien que le docteur tentait de le consoler en disant qu'il apprendrait à apprécier un jour où l'autre.

A partir de notre seizième anniversaire, nous obtenions parfois l'autorisation de sortir du manoir et accompagnions le Docteur Deterik sur le terrain. C'était un instant de joie car nous pouvions voir le monde extérieur, dont nous ne savions pas grand chose, à part ce qu'on avait bien voulu nous en dire nos leçons. Selon la complexité du travail de notre mentor, soit on le regardait faire, soit nous le faisions nous-même. J'aimais bien m'en occuper moi-même, j'avais l'occasion de montrer ce que je savais faire.

Bien vite, le docteur se montra plus gentil et plus proche de moi que de mes "frères". Je l'accompagnais souvent. J'obtins même le privilège de gérer seul un contrat, pour fêter mes 21 ans. Je goûtais alors au plaisir d'agir comme bon me semblait, avec mes propres méthodes. Je sortis même avec un joli garçon pendant mes temps de repos. Celui-ci, très ouvert d'esprit, me fit découvrir en une semaine des notions qui m'avaient échappé jusqu'alors. Penser par soi-même, la liberté et la réalité. Il m'ouvrit les yeux : pendant des années, mes frères avaient été enfermés par un fou qui les menait à la baguette. Nous étions à des kilomètres de la vie réelle. Quand je revins au manoir, une fois mon ce boulot accompli, je ne fus plus le même. Je me força à oublier ce joli garçon pour ne pas le mettre en danger.

J'entrepris d'expliquer à mes frères le projet qui naissait dans ma tête. J'allais monter ma propre activité, indépendamment du Docteur. Sceptiques, ils ne me trahirent pas pour autant.
Xavier se chargea même de communiquer sur internet (il était devenu un hacker de génie) et je commençais à obtenir des commandes. Dès que je pouvais les honorer, je le faisais. J'étais gêné d'utiliser les talents de mes compagnons tandis qu'ils restaient cloîtrés au manoir car le docteur ne les envoyaient presque plus sur le terrain depuis quelques temps.

King m'en expliqua un jour la raison. Notre éducateur avait démasqué mes intentions et craignait que ses autres protégés se rebellent. Il avait entrepris de les embrigader. Si le docteur présentait son inquiétude sous des airs de papa inquiet, je savais qu'il n'en était rien. Son gagne-pain principal et son amant le plus appliqué lui échappait.
Je vins à sa rencontre et expliquais mon projet. Je lui présentais même les contrats qui me parvenaient par mail. Contrarié, Deterick reconnut que ses clients me demandaient de plus en plus à sa place. Devenant un poids pour lui et son activité, il finit par me renvoyer du manoir, avec interdiction d'y revenir. En tant que formateur et mentor, le Docteur jouerait l'agent de liaison, toucherait un dividende sur mes recettes. Ma précieuse boîte mail lui fut ainsi confié. Je quittais mes frères tout en semant des miettes de pain sur mon chemin...

L’ÉLÈVE DÉPASSE LE MAÎTRE
2015

"Double M" n'était plus un esclave ; il avait été en partie affranchi. L’œil du Docteur n'était pas loin. Je le constatais sur le montant de mes honoraires. Néanmoins je ne m'attendais pas à obtenir un tel succès. Je voyageais dans le monde entier et je profitais des temps morts pour accéder à ce monde dont j'avais été privé si longtemps. Je continuais à absenter des gens ; après tout, je ne savais faire que ça et pour moi, c'était aussi banal que de vendre une machine à laver. Mon agent me félicitait souvent par des lettres qu'il m'envoyait. Mais je sentais derrière son écriture de plus en plus étriquée qu'il n'était pas si content.
Lorsque je rencontrais d'autres Professionnels, j'en apprenais de plus en plus sur cet homme. Et sur sa morale. Ou son absence de morale. Il ne suivait pas les règles du Métier et se prenait pour le grand patron. On me conseilla de me d'échapper définitivement de son influence.

En dépit de tout ce qu'il avait infligé à mes frères et moi, je l'invitais un soir de juin dans un restaurant. Je lui fis part de ma décision. Deterick accepta plus facilement que je le crus. Il reconnut qu'il ne pourrait plus me diriger bien longtemps. Il m'adressa une derrière requête ; que nous passions une dernière nuit ensemble. Naïvement, j'acceptais. Il me mena dans un hôtel et nous coïtâmes une dernière fois. A la fin de l'acte, il m'embrassa langoureusement. Il me tenait la tête par la nuque, fermement. Je crus à un dernier baiser de prolongation lié au regret de me perdre. Jusqu'à ce que je sente une aiguille se planter dans mon cou. Je me débattis et repoussa le docteur d'un coup de pied avant de me mettre à tousser. Je m'étouffais. Mon rythme cardiaque s'accélérait. Mon mentor se leva et tout en se rhabillant calmement, il se mit à ricaner.

- Tu sais que tu as foutu la merde dans mes affaires ? Les quatre autres veulent t'imiter. Ils n'ont d'admiration que pour toi. Tu m'as démystifié à leurs yeux ! Tu me voles même mes client ! Tu as écrasé un business que j'ai mis des années à mettre en place. Je t'ai élevé depuis tout petit, et voilà comment tu me remercies ? J'espère que tu sens bien en toi le poison de ma colère, qui va tuer lentement... Adieu, Milo.

Il quitta la chambre, tandis que je rampais jusqu'aux toilettes pour me faire vomir. Tout mon corps me brûlait, je ressentais chaque veine palpiter. A peine je parvins à la lunette que je m'écroulais, la tête la première, dans l'eau des Waters.  

Où suis-je ?
Dans l'antichambre de l'au-delà ?
Voilà où atterrissent les cibles que j'absente ?
Qui est cette créature étrange ?
Je n'imaginais pas ainsi l'être qui règne sur la mort.
Il me parle.
Il me renvoie vers la vie.
Je ne m'y attendais pas.
Je devrais m'en moquer et continuer mon chemin.
C'est la règle du jeu et je savais que cela arriverait.
Je ne peux m'y résoudre.
Je dois accomplir quelque chose avant de mourir.
Absenter Deterick et sauver mes frères de son emprise.
Mais... Et si le Docteur avait une proposition de ce genre aussi ?
Je ne pourrais savoir que si je le fais.
Et l'être n'a-t-il pas dit qu'on pouvait passer à nouveau devant lui ?
J'absenterais notre mentor plusieurs fois s'il le fallait.
Je fais signe que je veux repartir et j'accepte les conditions.

RELOADED 


Quand je rouvris les yeux, de l'eau rentrait par mes narines, par ma bouche. Je reculais d'un coup et retombais sur mon sacrum, haletant en quête d'air. Dès que je retrouvais mes esprits, je me levais péniblement jusqu'à la chambre. Je m'emparais de mon téléphone portable. Il avait été détruit. Je me souvins brutalement de l'endroit où je m'étais réveillé et je me dirigeais en chancelant jusqu'à la douche. Je me sentais sale, trahi, humilié. Mais surtout furieux.

Avec précaution, je partis sur les traces de D.D.. L'être qui règne sur la mort, qui avait parlé à mon âme (pendant que mon corps physique faisait l'autruche dans la cuvette des toilettes), m'avait demandé de la divertir. Soit.
Je m'aperçus très vite que depuis des mois le docteur avait osé voler mon identité. Il se faisait passer pour moi. Personne n'avait rien vu, étrangement. Peut-être parce que pour l'instant il ne s'était pas trahi et que ses victimes s'absentaient toujours à cause d'armes à feu. J'attendais le moment où il commettrait une erreur.

J'attendis qu'il sortit du manoir, guettant jour et nuit depuis un abri de fortune. Je profitais qu'il quitte les lieux pour retrouver mes frères. Tous furent heureux de me revoir. Je leur proposais de s'enfuir d'ici et de me rejoindre. Chacun utiliserait ses capacités et les fonds seraient partagés équitablement. Ceux qui ne voulaient pas participer en avaient le droit. Tous acceptèrent, à condition que Deterick disparaisse. Pour ne pas éveiller les soupçons, les quatre frères restèrent au manoir et gardèrent le contact avec moi. Lilian et Xavier parvinrent à trouver des informations. Une certaine journaliste était entrée en contact avec le faux Double M. Cet escroc voulait donner une interview afin d'étendre à nouveau son hégémonie sur les Professionnels. Notre dernier renseignement obtenu, nous préparâmes notre vengeance, si douce en comparaison de ce que nous avions vécu.

Après son absence, nous entreprîmes d'organiser le groupe de Double M.

Je suis le principal tueur du groupe. Mes frères ne possèdent pas la même technique que moi. Nous voulons conserver l'illusion du solitaire. Ils absentent parfois, selon les cas.
Mais en général, ils m'aident à réussir un contrat, en me fournissant des informations, en me commandant du matériel, en entretenant mon véhicule de fonction, en me guidant en direct par caméra et micro.
Nous avons établi des règles strictes. Entre autre :
Double M. est un tueur à gages freelance. Il reste indépendant.
Il n'accepte les missions que si son vrai commanditaire se montre.
Il refuse de connaître les raisons du meurtre.
Il ne tue ni les enfants, ni les femmes enceintes.
Il n'aime pas qu'on le trahisse et règle le compte de celui qui rompt une condition du contrat.
La rémunération est payée en cash, avec une avance de 25%, remboursée en cas d'échec.
Nous avons le droit de vivre comme nous l'entendons (mode de vie, lieu, relations, etc).  En revanche, nous ne devons parler de notre activité à personne. Si nous voulons nous retrouver, nous nous donnons rendez-vous là où je suis installé.
2018. Angleterre. Ville de Nifleim.



Caractère

Certaines personnes n'ont pas la faculté de séparer travail et vie personnelle. L'un et l'autre s'entortillent dans une sorte de tresse. Depuis longtemps, j'ai réussi à faire la part des choses. De façon inconsciente. Je ne cherche pas à incarner un rôle. Je ne suis pas non plus schizophrène. Je suis moi-même.

J'ai été enfermé très longtemps dans une grotte sans voir le monde. Depuis que j'ai vu l'extérieur, j'ai développé une curiosité sans fin et je m'émerveille de tout. Je passe parfois pour un parfait idiot. A ouvrir grand la bouche. A écarquiller les yeux comme un enfant. A sourire pour un rien. A tout prendre au premier degré.
Même si j'ai dû supporter des cours de bienséance pendant mon éducation auprès de Deterick, j'éprouve des difficultés à me tenir correctement. Il m'arrive d'être trop entreprenant et indiscret, dans l'espoir d'en savoir plus. On me renvoie régulièrement me mêler de mes oignons. J'essaie de faire de mon mieux lorsque je travaille au Raven pour ne pas importuner les clients, mais en dehors de ce cadre, je déborde souvent.
Mon apparence physique couplée à mon caractère me rajeunit auprès des gens : personne n'arrive à croire que j'ai trente ans. Je fais beaucoup plus jeune pour mon âge, à cause de mon immaturité.

La frustration libérée emmène souvent à l'excès. Sans tomber dans l'hyperactivité, je suis une personne énergique sur ressort. Je m'éparpille au point d'en perdre la notion du temps, de sorte que je suis souvent en retard ou très juste (le patron du Raven est vraiment cool avec moi). Peu attentif, je commets souvent des maladresses, verbales comme gestuelles. Cela ne m'empêchera pas, dans cette éternelle précipitation, de continuer à courir tout le temps car cette boulimie du monde m'entraîne souvent vers de mauvaises habitudes.
Je mange beaucoup, parfois trop, et fort peu équilibré. Mes frères m'en font souvent la remarque en me disant de me méfier.
Même rengaine pour mon appétit sexuel. Je multiplie les rencontres et les relations car j'ai toujours envie de découvrir du nouveau. J'ai peur de la répétition et de la lassitude. Je ne pense pas à l'avenir, ou rarement. Je mettrais ma main au feu qu'à part un véritable coup de foudre, la vie de couple n'est pas conciliable avec mon mode de vie.

On pourrait trouver triste de ne pas vouloir s'attacher à l'existence et n'être qu'une plume qui file au gré du vent plutôt qu'une plante enracinée qui se développe. Certes, je suis heureux de vivre et de partir à l'aventure. Je ne ne perds néanmoins pas de vue que je peux disparaître du jour au lendemain. Je ne m'attache pas pour rester libre et ne pas connaître de regrets. La mort, que j'appelle l'absence, est une notion qui ne revêt pas le même sens que pour le commun des mortels. Je n'ai pas peur d'elle. Sinon, je ne pourrais pas exercer mon métier.
Pourtant, au fond de moi, je sais que j'ai tort. Je suis mort une fois. Et des regrets, j'en ai eu. J'ai eu peur de ne plus revoir ceux que j'aime. Car oui, j'aime. J'aime mes frères, avec qui je vis depuis tout petit. Une famille qui reste unie envers et contre tout. Certes, nous n'habitons plus ensemble, mais nous résidons dans la même ville et nous restons en contact presque permanent.
Je possède deux téléphones portables. Le premier pour la vie de Milo ; le second pour Double M. Mes frères et moi communiquons par le biais de ce dernier.

Quand je suis avec eux, je subis le même dédoublement de personnalité. Je vais rire un bon coup avec eux autour d'une bière. Mais dès que Double M reçoit une commande, il prend son job à bras le corps, immédiatement après la réception d'un mail. Tous les cinq, nous travaillons de concert pour s'occuper de notre cible. Je suis, comme je l'ai dit plus tôt, le tueur attitré du groupe. Il arrive qu'un de mes frères fasse le taf à ma place. Si je suis malade. Si le patron du Raven ne me laisse pas le congé nécessaire pour aller à l'autre bout du monde et revenir. Jusqu'à présent, le cas ne s'est pas présenté. Il est vraiment cool, le patron.
Je n'interviens de toute façon qu'en bout de course ; j'ai donc le temps de m'organiser en conséquence. Mes frères ont leurs propres spécialités. Le travail préliminaire leur est dédié : espionnage, prise de contact, observation de la cible, véhicules, logistique. Lorsqu'ils ont tout réuni, je récupère le dossier et j'apprends tout par cœur. J'étudie la stratégie qu'a mis en place Gaël, l'homme de la situation. Je n'ai plus qu'à me rendre sur place, prendre mes marques, et absenter.
Un contrat ne se règle pas en un jour, une semaine, un mois. Cela peut prendre plus de temps. Au cinéma, on ne voit que le tueur qui agit. Souvent cette partie du job est éclipsée.
Quand j'entre en action, mon corps et mon esprit entrent dans une phase nouvelle. Je suis canalisé. Je fais face à toutes les situations, même imprévues, avec sang-froid. Je vais droit au but, selon le plan, dans le respect des règles que nous avons édictées et qui sont mentionnées dans notre contrat. Devant ma cible, je ne perds jamais mes moyens. Je tire sans faire souffrir, cela va très vite. Selon les cas, je choisis le mode d'absence approprié ; je suis un tireur d'élite, je peux agir à distance ou à proximité. Je ne rate jamais. Mon comportement, depuis les déplacements aux éventuelles discussions, est sous contrôle. Gentleman espiègle.
Je n'ai pas l'impression d'être sous tension. Pourtant, une fois que tout est terminé, je me relâche. Je quitte le professionnel pour le privé. Et je renverse sur moi la tasse de café servie aimablement par l'hôtesse de l'air.


Physique

Mon costume blanc sent le café ; je doute que la tache parte. L'hôtesse s'excuse mais ce n'est pas de sa faute.  Elle doit se sentir mal car je dois représenter pour elle un homme d'affaire important pouvant avoir une influence sur sa carrière. Pantalon, veste d'un blanc immaculé (avant le café), chemise et cravate bleu ciel. La tenue doit aider, mais dès que je suis Double M, entre les vêtements et l'attitude, je fais vraiment mon âge. Je la rassure en disant que ce n'est pas grave. Je lui précise que j'ai une garde-robe très fournie et qu'un trois-pièces souillé n'est rien pour moi.

Pour dire la vérité, le vêtement en question finira brûlé par les soins de mes frères dès que je serais de retour à Nifleim. Tous les vêtements en rapport avec Double M subissent le même sort. Une partie de nos revenus est justement dédiée au prêt à porter. Pour ne pas laisser de traces, pour ne pas se faire attraper et pour ne pas marquer les esprits. On peut presque me qualifier de transformiste devant ma capacité à me changer en une seconde. Pour quitter mon habit de tueur à celui d'un passant quelconque. Cet habit se veut simple et discret. L'ombre et la nuit sont mes alliés. Je suis drapé de noir. Casquette sur la tête ; tops et pantalons proches du corps qui permettent de se faufiler rapidement. Des bottillons ou des sneakers pour être à l'aise dans mes déplacements. Selon les pays, mes effets changent  : manches courtes, longues ; pantalons, shorts ; doudounes ou débardeurs. Le tout acheté avant la mission et le tout calciné au retour.
Les placards de ma caravane sont consacrés au quotidien, depuis l'uniforme du Raven au commun ; je m'habille selon la mode d'une génération au dessous de la mienne, histoire d'accentuer le décalage avec mon âge réel et assurer ma double identité.

Sur ce point, mon apparence joue beaucoup. Mon visage triangulaire est fin, ainsi que mon nez, ce qui colle avec mes trente ans sonnant et trébuchant (ainsi que quelques cheveux blancs à qui je fais la guerre à coup de teinture, je déteste ça). En revanche, mes traits et mes grands yeux bleu ciel me rajeunissent, surtout quand je les écarquille (tronche d'ahuri ou d'émerveillé béat). Mes cheveux en pagaille, noir corbeau, en rajoutent une couche ; ils sont d'ailleurs un problème d'où mon obligation de les discipliner avec une casquette voire de la gomina, même si la texture n'est pas terrible et ardue à éliminer.

L'ensemble de mon corps est caché par des vêtements souvent larges. J'ai l'air d'un adolescent mal dégrossi et mon côté maladroit accentue cet aspect. Je ne suis pas très grand (1m74 la dernière fois qu'un médecin a sorti le mètre). Avec du tissu, j'ai l'air tout mince et frêle. Or, des années d'entraînement, de sport et d'exercices en tout genre ont sculpté un corps athlétique qui ne se dévoile qu'à poil ou en Double M. Je ne dirais pas que je suis un sportif accompli. Dans un combat au corps à corps, je me fais laminer en deux secondes. En revanche, je suis d'une grande agilité, possédant un fort sens de l'équilibre. Je n'ai pas peur du vide et je me débrouille comme un chef en escalade. Je peux me cacher dans un plafond, me faufiler dans un conduit d'aération ou imiter Ethan Hunt sans broncher. Un vrai félin. C'est pour que je conserve mes facultés intactes que mes frères voient d'un mauvais œil mes moments de gourmandise. J'essaie que les compenser par mes trajets en vélo, pour ne pas m'empâter.  Je m'entraîne dans différentes disciplines : varappe, saut en hauteur, course à pied ou à moto, gymnastique et surtout le tir. Je me félicite d'avoir une vue parfaite et la main sûre. Paradoxal quand on connaît Milo qui se prend les pieds dans le tapis et qui casse une bouteille d'eau.

Mes attitudes sont donc gauches d'une part, maladroite d'autre part. Gestuelle, démarche, mais aussi linguistique. J'utilise un langage plus courant, voire familier quand Milo est en marche, tandis que je soutiens mon discours quand Double M occupe l'espace.
Encore une fois, ces réactions opposées me viennent naturellement, sans que je me force. Je suis eux en un, comme le "shampoing-après shampoing."
Je dois néanmoins reconnaître qu'en dépit des inconvénients de mon pouvoir de "Reload", il se révèle pratique en mission et je le cantonne à cet usage. Je me suis rendu compte de ses effets rapidement. J'ai en effet pour habitude de masquer ma voix la rendant plus grave ou plus aiguë. Telle ne fut pas ma surprise lorsqu'un jour la voix d'un  premier ministre remplaça la mienne alors que je m'apprêtais à tuer son président.
Ruse idéale pour tromper une victime, une gêne ou un dommage collatéral. Si par hasard, un témoin vient à m'entendre, il serait incapable de me reconnaître à la voix. Si je me fais passer pour le garde du corps ou la femme de ménage, je gagne en effet de surprise ; donc en réussite.  
Double M ne s'exprime pas beaucoup, fort heureusement. Car enchaîner des rhumes en lien avec l'utilisation prolongée de cette capacité ne me plait pas beaucoup... Et je croise les doigts pour qu'aucune otite vienne à abîmer mes tympans, sinon la communication par micro avec mes frères ou l'espionnage de mes cibles se révéleraient compliqués.
Aussi, je porte sans arrêt avec moi une pharmacie portable avec toute une batterie de cachets et de pastilles pour traiter les conséquences de mon pouvoir. Sans parler des mouchoirs.



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