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FASHION VICTIM

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Dim 27 Mai - 1:05
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« FASHION VICTIM »

{Flashback}

Mercredi 19 Juillet 2107 ▬

Une journée merveilleuse, ensoleillée.
Voilà ce qui t’attendait au réveil ce jour-là, Yuu’. Un sourire radieux éclaira ton visage de chaton fatigué tandis que tu t’étirais longuement. Le 19 Juillet, c’était une des nombreuses cases entourées de rouges sur ton calendrier. Sauf que cette fois, ce n’était pas pour le travail, et ça, c’était franchement cool. Depuis la veille au soir, tu étais officiellement en congé pour une bonne semaine. Epuisé, tu t’étais directement plongé sous les couettes en rentrant, et pour cause, tu voulais être en forme pour aujourd’hui. Oh certes, d’ordinaire, tu avais pour habitude de passer tes vacances à végéter et dormir à l’excès, afin de rattraper toutes ces heures de fatigue et de stress accumulées pendant des semaines… Pas cette fois. Non, aujourd’hui c’est un jour important : c’est le début des soldes ! Et quand on s’appelle Yuuto Mickaël Sasaki, les soldes, c’est sacré ! Depuis tout petit, tes mam’s passaient leur temps à vanter les mérites des soldes et autres réductions en tout genre. Chaque sou a son importance pour elles, et doit être investi judicieusement. Pas qu’elles soient particulièrement dans le besoin financièrement, oh non, elles en sont même bien loin. Seulement, tes mam’s n’aiment pas le gaspillage. Question d’éducation. Elles t’ont appris à acheter intelligemment plutôt que de dépenser tout ton argent pour la première belle fringue venue. Alors dans la continuité de ce qu’elles t’ont appris, tu faisais les soldes assidûment. Ou du moins, quand ton métier t’en donnait l’occasion… Ce qui fut assez rare ces dernières années, vu les horaires totalement abracadabrant du job d’idole. C’était un peu ton grand regret, puisqu’outre le fait de bouleverser entièrement ton emploi du temps au point qu’il ne soit jamais fixe sur le long terme, c’était aussi très contraignant. Entre autres, cela te faisait à acheter tes vêtements en dehors de ces périodes tant idéalisées par tes mam’s. Bon, au fond ça ne te changeait pas beaucoup, c’est vrai, et avec ton salaire d’idole, tu pouvais tout à fait te payer le luxe de faire les boutiques en dehors de ces dates.

Seulement, tu es un nostalgique, Yuu’, et l’ambiance n’est pas la même en période de soldes qu’en dehors. Aussi, tu avais bien l’intention d’en profiter aujourd’hui !

Après avoir avalé l’équivalent d’un petit déjeuner en bonne et due forme aux alentours de 13h, tu fonças sous la douche. Ce n’est pas parce que tu allais faire les magasins que tu ne devais pas être présentable, au contraire ! Une fashion victim, ça ne se relâche jamais sur son apparence physique, et encore moins en cas de sortie ! Optant pour un jean noir et des baskets sombres, tu pris un t-shirt sans manches prune au-dessus avec un col en V en guise de haut. Tu aurais bien voulu prendre l’une de tes nombreuses vestes à capuches sans manches en supplément, mais vu la chaleur à Tokyo en ce jour, ce ne serait pas raisonnable. Tu ne tenais pas spécialement à finir trempé de sueur après ta séance de shopping intensif. Alors tu égayas la tenue de quelques bijoux : deux bagues noires et argentées, une ribambelle de bracelets métalliques et perlés noirs, et bien évidemment ton chapelet, qui ne te quittait jamais… Coup de déodorant, brume de parfum vanillé, et un peu de gel dans les cheveux : te voilà fin prêt. Attrapant ta sacoche, tu fis une caresse à Plume avant de quitter ton studio en vitesse, direction le centre commercial le plus proche.

Deux stations de métro plus loin, te voilà arrivé à destination, fin content. Tu ne tenais pas en place, trop excité à l’idée de l’après-midi qui t’attendait ! Il y avait bon nombre de boutiques à explorer, et tu sentais déjà que tu t’en donnerais à cœur joie. Tu n’hésitas donc pas à te glisser dans la première qui te tomba sous la main… Sauf que tu déchantas vite. Les prix étaient affolants, et il n’y avait quasiment pas de réduction. Grimaçant, tu sortis assez rapidement de la boutique, malgré les regards désolés du caissier qui espérait encore que tu achètes quelque chose... Un peu plus loin, heureusement, tu trouvas ton bonheur dans un autre magasin aux prix plus abordables, et aux réductions plus qu’alléchantes. Un sourire félin regagna tes lèvres alors que tu inspectais scrupuleusement le rayon homme de la boutique, visiblement destinés aux filles comme aux garçons. C’était souvent dans ce genre d’endroits que tu trouvais ton bonheur, bizarrement. Peut-être parce que ton style vestimentaire avait un côté efféminé ? Oh certes, ce n’était rien comparé à lorsque tu étais enfant mais… Fallait l’admettre quand même. Ce style te collait à la peau, et il t’allait fichtrement bien.

Aussi, tu repéras bien vite quelques pièces qui te plaisaient et étaient apparemment à ta taille – oui, les vêtements sont jamais taillés pareils d’un magasin à l’autre, étrangement, donc le doute était permis ! Aussi, tu te hâtas vers les cabines d’essayage. Il n’y avait pas grand monde pour l’instant, sûrement une période d’accalmie, alors autant en profiter. Tu n’aimais pas attendre 107 ans pour essayer des vêtements ! Une fois le rideau tiré, tu te déshabillas, laissant tes affaires dans un coin avant d’enfiler un t-shirt vert d’eau à manches courtes, dénudant tes épaules, ainsi qu’un pantalon blanc. La taille allait à peu près – quoique, tu devrais sûrement faire un ourlet au pantalon, pour ne pas changer tes bonnes habitudes de demi-portion – toutefois la luminosité dans la cabine était médiocre. Tu sortis donc de là, allant te poster devant l’un des deux larges miroirs devant les cabines d’essayages, où la luminosité était cette fois parfaite. Ignorant les regards curieux, et parfois intéressés qui se posaient sur ta personne, tu te concentrais sur ton reflet, faisant un tour sur toi-même. Seulement, ta moue s’arqua bien vite pour esquisser une mine contrariée.

« Mh, y’a un truc qui va pas dans cette tenue… Mais quoi ? »

Autre mauvaise manie que de dire à voix haute ce que tu pensais tout bas, Yuu’. Sauf que tu ne t’en rendais même pas compte. Tes doigts finement manucurés frottaient donc distraitement ton menton, à la recherche d’une solution à cette énigme des plus intrigantes !
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Dim 27 Mai - 1:06
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Mouais, mouais, mouais. La première vue sur ma garde-robe, en ce chaud matin d'été, ne m'inspire absolument pas. J'ai beau avoir de la réserve, avoir des vêtements différents pour un mois entier, je parviens à me lasser. Je n'ai jamais compris pourquoi j'achetais tant de vêtements. Pour pouvoir me changer plusieurs fois par jour, sauf que je ne rentre jamais à la maison le midi et je n'emporte pas de quoi me transformer à la pause déjeuner. Dépense compulsive, à n'en pas douter. Et pourtant, pourtant, malgré la diversité en coupe, couleur, longueur, température, je me retrouve à cette heure-ci, à moitié à poil, la culotte de travers et la bretelle du sous-tif vrillée, un seul mot trouve grâce à mes yeux.
SOLDES !

Je donnerai, promis, les fripes en trop à une oeuvre quelconque, il y aura toujours preneur. Pourquoi les vendre, quand on peut être utile autrement ? Puisque je suis une grande gaspilleuse devant les Dieux, j'essaie de rembourser une partie de mon kharma par un peu de bienfaisance. Et mes successeurs seront aussi épatés par mon sens du style, pourquoi s'en priver ?
Ayant un grand sens des priorités, je boucle absolument tout ce dont je vais satisfaire mon prochain avant de partir faire du shopping... A savoir tout ce que j'ai en stock ; non, non, non, mauvaise idée, là ! Déjà j'ai beau toucher ma bille en chaque fin de mois, je ne peux tout de même pas me permettre de claquer mon compte en banque pour un dressing à durée de vie limité. Je vais preuve de plus d'honneteté et me prouve avec satisfaction que je peux être raisonnable quand je m'y mets. Je fouille dans mes grands sacs ce que je souhaite sauvegarde par dessus tout et je traîne le reste dans le couloir. Les dons attendront que j'ai pillé ma carte bancaire !

Alors que je me retrouve dans la rue, déambulant entre les gens, je constate que la journée est plus avancée que je ne le pensais. Diantre, à quel moment aies-je perdu tout ce temps, moi ? Dans mes tris ? Je sais que j'ai brassé beaucoup d'air, mais à ce point ? Je suis une indécrottable papillonneuse, il va vraiment falloir que je travaille sur ce point. Bientôt. Après. Plus tard. Car maintenant, j'ai d'autres préoccupations. Savoir, par exemple, si j'aurai assez de bras pour tout porter.

***

Le trajet me paraît une éternité... et quand j'arrive dans la galerie marchande, elle se confond les allées avec une fourmilière . La prochaine fois, promis, je mets le réveil à cinq heures du mat. Quoique malgré ça, je me sais capable de traîner même quand mon intérêt en dépend. Je me faufile plus ou moins aisément, malgré une taille de guêpe, emportée par la foule, qui me traîne, m’entraîne je ne sais où. Je vais rater mon magasin fétiche, si ça continue. C'est fait. Zut, je suis où, là ? Je remonte le courant d'une mer déchaînée jusqu'au panneau d'information des lieux. Ce n'est pas la première fois que je viens ici, et j'enrage de m'y perdre comme dans un labyrinthe.
Mon attention se porte sur un magasin que je ne connais pas et qui, selon le plan, se trouve à ma droite. Un sourire éclaire mon visage, j'adore les nouveautés. Je me prépare à traverser en biais un flux de visiteurs digne des heures de pointe à Shibuya. Je traverse en diagonale le boulevard humain et parvient sans trop de dommage à atteindre l'autre rive. A part des orteils écrasés et des cheveux en pétard, tout va bien ! Je suis presque plaquée à la vitrine et j'ai le temps d'admirer le style des articles. C'est marrant, il y a un côté mélange des sexes intéressants ici... Je vais peut-être changer de style, je suis sûre que ça va m'aller comme un gant.
Je me jette parmi les présentoirs, les rayonnages, je remplis un panier, deux paniers, trois paniers, et je songe qu'il faudrait que je pense à regarder ce que je mets car j'accumule aussi bien ma sélection arbitraire que le linge sale dans la salle de bain, à savoir sans considérer s'il est sale ou pas. Du gros n'importe quoi, en somme. Je constate avec une sorte d'effroi que j'ai mis de côté pour les essayer des caleçons pour homme et des slips avec structure en silicone et ouverture sur le devant pour faciliter les opérations de vidange. Honteuse, je tente de remettre mon erreur à sa place, aggravant mon cas et attirant l'attention d'une vendeuse qui me somme d'arrêter avec une politesse navrée. J'insiste pour l'aider ; elle me supplie presque comme si sa vie en dépend. remarque, sa vie en dépend peut-être : si un linge dépasse du reste, elle doit faire seppuku à la clôture du magasin. dur dur. J'abandonne mes bêtises et examine le contenu, plus raisonnable, de mes deux autres paniers. Bien inspirée, j'arrête là les dégâts (pour l'instant), prenant le parti de l'essayage.

A ma grande surprise, aucune affluence démesurée ne m'attend du côté des cabines. A croire que je suis vernie malgré les âneries que je peux commettre. Je possède, sans aucun doute, le karma le plus bizarre de la planète. Armée de mes deux paniers, je m'arrête net devant un jeune homme qui s'admire. Pourquoi il ne se contente pas de sa cabine ?
Sa voix s'élève bientôt dans un questionnement actuel. Je cherche d'abord à qui il s'adresse, avant de comprendre qu'il s'exprime à la cantonade. S'est-il rendu compte que ses paroles ont franchi le seuil du cerveau jusqu'à la bouche ? A moins qu'il parle à quelqu'un, mais à part moi, personne ne s'arrête et personne ne répond depuis les cabines.
Je m'approche et je regarde.

- Vous êtes sûr de cette couleur ? Ca ternit votre visage plutôt lumineux. Vous avez l'habitude de porter des couleurs froides ?
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Perdu dans tes pensées, tu cherchais la réponse à ce souci vestimentaire. Cette énigme était corsée pour toi. Tu aimais beaucoup cette tenue. Elle était jolie, les matières étaient agréables à porter. C’était typiquement le genre de vêtement que tu aurais pu porter sans souci. Mais non. Quelque chose clochait. Quoi ? Tu ne sais pas. Penchant ta tête sur le côté, tes sourcils se froncèrent distraitement. La coupe est bien. La taille est bien… Bon, tu fais quoi ? Dommage qu’Uta ne soit pas là, avec un peu de chance il aurait pu t’aider à résoudre ce mystère. Non, aujourd’hui il travaillait malheureusement. Il était sûrement occupé. Très occupé. Sinon tu l’aurais tiré de chez lui pour faire les boutiques avec lui. Tiens, ça serait une idée de rendez-vous à lui proposer ça d’ailleurs ! N’empêche, vu tes horaires, ça serait quand même mieux si vous finissiez par vous installer ensemble… Il faudrait que tu lui en parles. Quand tu ne peux pas le voir, il te manque. Grave. Comment ce mec a-t-il pu t’obnubiler à ce point en si peu de temps ? Comment a-t-il pu prendre si vite la place laissée vacante par Atsu dans ton cœur ? Tu ne le sais pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il t’est devenu essentiel. Addiction. Dépendance. Affection. Ouais, ça fait bizarre de penser à s’installer avec son mec quand même… Reste à espérer que le jour où tu oseras lui en parler, il sera réceptif à l’idée. Bon, en tout cas cette histoire ne t’aide pas vis-à-vis de cette tenue. Devrais-tu envoyer un selfie à Uta en espérant qu’il ait assez de temps pour te donner son avis ? Mh, maybe. Sauf qu’à l’instant où tu voulus revenir vers les cabines pour récupérer ton téléphone, une voix s’éleva à tes côtés. Interloqué, tu tournas ton visage vers l’intéressée. Ouais, t’avais pas rêvé, c’était bien à toi qu’elle s’adressait. Tout d’abord étonné, tes yeux se font aussi ronds que des billes, avant que tu ne tournes à nouveau tes yeux vers le miroir.

« Maintenant que vous le dites… »

Elle marquait un point. Les couleurs froides ne te vont pas, tu n’en portes quasiment jamais. Ou sinon, elles ont toujours des sous tons rougeâtres. Un peu comme la veste violine que tu avais porté la veille en fait. Un sourire franc éclaira ton visage alors que tu te tournais de nouveau vers la jeune femme à la longue chevelure dorée. Crinière ondulante à souhait qui retombait de chaque côté de son visage. Elle est ravissante. Pour sûr, les hommes doivent lui courir après. Tu n’es pas de ce bord, mais ce n’est pas pour autant que tu n’apprécies pas la beauté.

« Ça doit être ça, je porte quasiment jamais de couleurs froides ! Merci, vous avez l’œil ! J’irais voir s’ils n’ont pas ce t-shirt dans une teinte plus chaude. »

Tout sourire, ton regard se fait plus doux envers elle. C’est rare que les gens s’abordent naturellement de nos jours. C’est déjà tellement rare ceux qui sortent pour faire les boutiques, préférant se faire livrer. La sociabilité est une notion assez oubliée dans votre société « avancée ». Foutue technologie ayant donné naissance à l’Incontestable… Il est donc toujours agréable de trouver des personnes ouvertes sur son chemin, aussi tu n’en es que ravi, Yuu. Petit à petit, tes yeux finissent par glisser aux pieds de la jeune femme. Ils s’écarquillent, surpris. Damn, pourquoi elle a deux paniers remplis d’autant de vêtements ? Elle s’est fait cambriolée la veille et n’a plus rien à se mettre ou quoi ? Interloqué, tu remontes ton regard vers celui sombre de la demoiselle.

« Vous allez essayer tout ça ?! C’est pas un peu beaucoup d’un coup ? »

Tu clignes des yeux, tout à fait interrogateur. Un peu trop curieux ? Peut-être. Ce ne sont pas tes affaires après tout, mais tu n’as pas pu t’en empêcher. Il t’arrive souvent de parler sans trop réfléchir, alors parfois oui, les mots s’échappent de tes lèvres sans que tu ne puisses y faire quoi que ce soit. Comme cette fois-ci. Et ce n’est pas tout. Tant qu’à être intrusif, autant l’être jusqu’au bout. En effet, en l’observant d’un peu plus prêt, tu as comme un flash. A l’entrée de la boutique, tu avais vu un chapeau féminin assez sympathique tout à l’heure. Et tu jurerais qu’il irait à merveille à la jeune femme venue te prêter main forte dans tes essayages. A nouveau, tu écarquilles les yeux, tes lèvres s’ourlant en un « Ah ! », signe que tu as eu un éclair de génie. « Attendez ! Je reviens ! » Et tu t’élances, à toute vitesse en dehors de l’espace cabine, récupérant à la va-vite le chapeau que tu avais remarqué. Tu reviens ensuite, courant presque, comme un enfant fier de sa trouvaille. Revenant te placer devant la demoiselle aux cheveux blonds, tu te trouves tout sourire. Amusé par cette situation. Sans demander l’autorisation, tu poses le chapeau sur son crâne. Enfin, techniquement il s’agit plutôt d’une casquette gavroche pour femme qu’un chapeau. Elle est de couleur chocolat tendre, aussi tu trouves que cela met plutôt bien en valeur la belle inconnue. Souriant devant le résultat, tu hoches la tête.

« Ça vous va super bien ! Vous en avez sans doute déjà mais la couleur est top sur vous ! » Eh oui, c’est un incontournable de la garde-robe d’une fashion addict après tout.
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Dim 27 Mai - 1:06
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Ma remarque fait mouche. Le jeune homme se regarde dans à la glace, à nouveau.
Il existe toujours un différence entre le vêtement apprécié sur ceinture ou sur un mannequin. On a un coup de cœur avant de le voir sur soi et d'avoir le coup de blues. Tout ne va pas à tout le monde, tellement de critères entrent en ligne de compte. Sûrement cette couleur lui tapait dans l’œil...
Il me sourit, j'en suis soulagée. Ma franchise peut ne pas plaire. J'en ai conscience, toujours après coup. Je suis trop franche dans mon genre, c'est bien là mon défaut. Je parle comme je pense, sans le filtre de la bienséance ou de l'intelligence. Certes, ce garçon (qui, malgré le décalage du vert, a le sens de la mode) s'exprime à haute voix. Il ne pose cependant pas la question à quelqu'un et se s'attend pas à une réponse. Il est en droit de m'envoyer boulet. Il n'en fait rien et accepte ma remarque.
Et moi, je reste subjuguée devant ce beau gosse, idole des jeunes en cours de puberté. Le genre de garçon comme on en voit dans les jeux otome et qui attire irrémédiablement la sympathie, avec un côté gentil, insouciant, joyeux comme un petit lutin. Je lutte contre un gloussement ravi - échec - en réponse à son affirmation. J'ai juste l'air maintenant d'une midinette décérébrée. Quelle courgette...

Il profite de l'occasion pour me passer au scanner de ses yeux mordorés. J'hésite entre être flattée ou incommodée. Le sentiment second s'impose tandis qu'il fixe mes deux paniers en attente. J'ai peut-être, sûrement, probablement, sans doute, un petit peu exagéré ma sélection. Mais comment résister aux bonnes affaires et aux appels du pied de commerçants ivres de chiffre d'affaire ? De plus, mon confort a son importance ; je ne suis pas une pro de la dépense, sauf pour les fringues.

- Euh... Voui, c'est le but... j'ai vraiment envie de changer un peu, mais j'ai beaucoup de mal à me fixer. Si je pouvais, j’achèterais tout !

J'esquisse une moue oscillant entre sourire et embarras. Pourquoi suis-je dans mes petits souliers ? J'ai le droit d'acheter ce que je veux, non ? Je suis majeure et vaccinée, indépendante et mature !
D'accord, pas mature.

Mes idées s'envolent comme un petit nuage, emporté par le vent créé par le déplacement véloce et impromptu du top-model. On me surnomme l'abeille pour ma capacité à évoluer de fleurs en fleurs sans qu'on puisse saisir la logique de mes mouvements. Si on devait animaliser cet inconnu, le chat lui conviendrait parfaitement. Aussi svelte, souple mais aussi nerveux dans une douceur apparente, il disparaît sans que j'ai le temps de dire ouf. Le fameux quart d'heure de folie des matous, peut-être ?
Il revient avec le même empressement contrôlé et pose un objet sur ma tête de sa patte de velours. J'ouvre de grands yeux ronds. Je crois avoir trouvé mon maître en matière d'hyperactivité ! Je me rapproche de la glace et me mire. Un couvre-chef coiffe mon crane. Sa forme le rapproche de la casquette plutôt que d'un chapeau conventionnel. J'ai bien quelques chapeaux à la maison, sans compter les bonnets. Je n'ai rien d'équivalent à ça. J’acquiesce et quitte mon reflet avec regret - p'tite narcissique, va - et découvre mes dents en courbant mes lèvres vers le ciel.

- Wooa.... C'est extra ! Je craque complètement ! Merci, merci !

Je frappe des mains en plus des autres indices de joie. On ne sait jamais, on rajoute une couche pour dissiper tout malentendu.

- N'empêche, vous avez un goût excellent... A part le vert de tantôt, mais on peut pas réussir à tous les coups... 'Tendez, euh...

Je claque des doigts. Non pas pour marquer un rythme et interpréter du jazz. C'est une façon d'organiser mes idées, de recentrer mon attention et de réveiller la mémoire. Ai-je vu un truc qui remplacerait le top ? Puf, j'ai déjà oublié, alors faisons avec ce que j'ai. Je me baisse et fouille dans mes paniers. J'en mets partout à côté et me débat pour ranger au fur et à mesure sans retomber sur les mêmes articles. Je finis par extirper une chemise unisexe. Garçonne, plutôt, puisque taillée au féminin mais stylée masculin. Je lui jette presque ma découverte dans les bras : une chemise mi-coton mi-lin, aux tons orangés, à carreau (motif british par excellence), mais plus rock-punk que collé-monté. J'ai la ferme intention de le porter avec ma jupe en jean noire et mes bottes plateforme de la même teinte.

- C'est juste pour la couleur ; omettez la découpe.
Je lui adresse un clin d’œil tout en soulevant le rebord de ma casquette de l'index, telle une enquêtrice maligne qui a résolu son enquête. Elle me va tellement bien, celle-là, que j'ai intérêt à me rappeler en passant à la caisse que je dois la régler...
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Son rire est doux, charmant. Pour un peu, on aurait l’impression qu’elle flirte avec toi. Toutefois tu en doutes beaucoup. Les coups de drague dès le premier abord, l’air de rien c’est assez rare, ou sinon ça se repère à des kilomètres à la ronde. Puis en tous les cas ce n’est pas comme si tu allais lui répondre positivement. Tu n’as jamais été attiré par la gente féminine. Ce n’est pas contre elle, c’est un fait. Une généralité même. Aucune femme n’a réussi à attiser le moindre désir en toi. Ça ne t’intéressait pas. Elles ne captaient pas ton regard, ni ton cœur. Alors que les hommes… Ça te semblait naturel, instinctif. Ta normalité. Quand bien même il t’a fallu du temps pour l’accepter, et encore plus pour l’assumer devant les autres. Non, elle ne minaude pas, quand bien même cela en a l’air. Peut-être est-elle gênée par ce regard sûrement un peu trop curieux que tu lui portes ? Oui, c’est certainement ça. Tu as toujours été dans l’excès de toute manière.

Suite à ta remarque sur ses paniers, elle sembla un peu gênée. Après réflexion, oui, tu avais peut-être été trop direct dans tes dires. Ils avaient pu être mal interprétés, ou du moins sonner comme un reproche. Pointer du doigt une singularité, tu sais combien ce n’est pas agréable. Le harcèlement pour homophobie te revenant doucement mais sûrement en mémoire après avoir réalisé cela. En réalité, tu la sentais en train de se justifier, un peu comme toi à l’époque. Elle n’était pas obligée de le faire, et sans t’en rendre compte, tu l’y avais incitée, et cela te peinait assez. Néanmoins, son discours était plutôt positif et te plaisait même sérieusement.

« Ah, navré si je me suis montré trop indiscret ! J’ai tendance à parler avant de réfléchir ahah ! » Tu voulais vraiment arrondir les angles, ton but n’étant pas de la vexer, ni de la faire fuir. « Toujours est-il que votre plan me plait vraiment, j’aurais bien envie de tester à mon tour dis donc ! »

Surtout face à tant d’entrain.
On ne dévalise pas la moitié du magasin dans lequel on fait les soldes tous les jours !

Ceci dit et l’échange de bons conseils étant passé, tu étais parti plus vite que l’éclair à la conquête d’un accessoire susceptible de potentiellement lui plaire. Une casquette gavroche. Un basique, un classique même à tes yeux, surtout pour une femme. La couleur du tissu oscillant entre le chocolat et le noisette te donnerait presque faim de gourmandises d’ailleurs, si tu ne t’étais pas transformé en véritable pile électrique face à l’enthousiasme de cette belle inconnue devant les vêtements. Cette dernière admirait le nouveau couvre-chef qui ornait sa tête avec curiosité, jaugeant de son reflet dans le miroir disposé à cet effet. A en juger par le sourire radieux qui vint éclairer son visage harmonieux, tu constatas avec soulagement avoir fait un bon choix à son sujet. Peut-être que cet élément effacerait un peu ta bavure de tout à l’heure, qui sait ?

Se retournant vers toi, elle confirma ton impression, finissant de te soulager. Tu fus toutefois étonné de la voir si guillerette qu’elle t’en applaudit. Bien vite, tu en ris doucement, attendri par la jeune femme qui se tenait face à toi et son attitude des plus adorables. Par la suite, elle complimenta tes goûts, se ravisant un instant en repensant à ton haut dont la couleur ne semblait effectivement pas aller à ton teint. Toutefois, elle sembla prise d’un éclair de génie, se détournant un instant de ta petite personne avant de revenir farfouiller dans ses deux paniers bien remplis. Intrigué, tu clignas des yeux quelques temps, assez perplexe de ce qu’elle pouvait bien chercher. Tu l’étais d’ailleurs d’autant plus en constatant le bordel qu’elle semait sur son passage en déversant le contenu de ses paniers çà et là pour y voir plus clair, chercher l’étoffe par excellence. Au final, cette étoffe s’avère être une chemise, que tu n’arriverais pas à déterminer si elle est pour femme ou pour homme d’ailleurs vu la coupe. Une chemise à carreaux. Un classique, un basique que tout le monde devrait avoir dans sa garde-robe. D’une teinte orangée de surcroît. Tu aimes bien ce genre de couleurs, tout comme tu as tendance à apprécier d’avantage les couleurs chaudes en fait. Aussi, tu réceptionnes un peu maladroitement la pièce de tissu qu’elle te balance dans les bras sans ménagement, pris par surprise par ce présent hâtif. La voilà qui précise son intention, effectivement, il semble qu’elle veuille que tu constates la différence entre couleur froide et couleur chaude. Autant son attitude t’avait rendu méfiant jusqu’à présent, autant son clin d’œil tandis qu’elle joue avec sa casquette finit de te convaincre. Un sourire plus franc aux lèvres, tu secoues la chemise pour la défroisser et l’ouvrir plus amplement. Ceci fait, tu finis par la passer tout simplement par-dessus ce t-shirt dont la coupe était jolie mais la couleur semblait poser problème. Mh, c’est un peu serré, mais ça passe. M’enfin, c’est normal, elle n’a pas pris cette chemise pour toi à la base, mais bien pour elle. Elle ne peut pas savoir que tu n’es pas si maigre et fluet que tu en as l’air. Et oui, sous ces couches de vêtements, il y a quelques muscles qui pointent le bout de leur nez. Curieux, intrigués par le monde qui les entoure sans pour autant trop s’imposer. Alors oui, c’est un peu serré, mais ça reste passable. Par contre ce qui est sûr, c’est que tu ne pourrais pas fermer la dite chemise. Tirant légèrement sur le tissu pour l’ajuster, tu finis enfin par regarder ton reflet dans le miroir suite à cette proposition de couleur.

Soudainement, ton visage s’illumine. Eurêka ! C’était donc bien cela ! Un sourire franc aux lèvres, tu te reprends à poser un peu devant cette glace, jugeant si ce n’était pas une illusion d’optique ou une hallucination que tu estimes que cela te va bien. Mais non, c’est bien ça. Le résultat est classe.

« Ouah ! Vous aviez totalement raison ! C’est tout à fait mes couleurs ! C’est d’autant plus flagrant maintenant que j’ai les deux sur moi ahah ! » Pour démontrer la différence, tu te saisis d’un des pans de la chemise, l’ouvrant et le fermant pour démontrer au miroir plutôt une dominance orangée, ou plutôt une verdâtre selon le tissu dominant. « C’est dingue comme ce genre de détails peut tout changer chez quelqu’un !... Bon par contre, c’est clairement pas ma taille ahah ! »

Riant doucement, tu commences à ôter ce haut trop étriqué à ton goût. Affaire plus compliquée que prévue puisque tu dois te tortiller quelques instants pour enlever le haut qui semblait bien décidé à te rester collé à la peau. Néanmoins, à force de persuasion – et d’huile de coude surtout, autant l’admettre – tu finis par lui faire entendre raison. Une fois le tissu ôté de tes bras, bien soulagés d’en être débarrassé, tu le secoues à nouveau pour le détendre, le repliant sommairement avant de le rendre à la jeune femme qui le l’avait confié. Sans le lui jeter dessus cette fois. Néanmoins, ton sourire reste placardé sur ton visage, satisfait que tu aies eu une réponse à ton questionnement précédent.

« En tout cas, je confirme à nouveau : vous avez vraiment l’œil ! Merci beaucoup ! » Puis tilt, tu claque des doigts, esquissant une mine surprise. « Oh mais j’y pense, je ne me suis toujours pas présenté. Mes excuses ! Moi c’est Yuuto, Yuuto Sasaki. »

Amical, tu t’inclines légèrement à la japonaise avant de lui tendre la main comme pour l’inviter à serrer la sienne. Vilaine habitude due au mélange des cultures dont tu as fait preuve depuis l’enfance entre ta mère française et la seconde japonaise. De même, tu ne prends pas la peine de lui préciser ton prénom français. Tu sais d’ores et déjà qu’elle ne le prononcerait pas à la française. Or, il n’y a que ton petit ami qui t’appelle ainsi, avec la prononciation japonaise. Ses Mi-ka-eru à lui, tu pourrais les entendre en boucle sans t’en lasser. Mh, oui, sans Uta, faire les boutiques te semble moins drôle tout de même.


Quoique, tu auras peut-être trouvé quelqu’un pour te tenir compagnie aujourd’hui…
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Dim 27 Mai - 1:07
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En tant que dan de mode, bizarrement, je ne montre jamais respectueuse des affaires tant qu'elles ne m'appartiennent pas. C'est un défaut que je n'ai pas encore corrigé, vu qu'une fois vêtue, je suis impeccable. Pour autant, je vais envisager cette discipline, par considération pour autrui. Voilà ce que me renvoie le geste du jeune homme en secouant la chemise pour la défroisser. Quelle idiote, j'aurai pu l’abîmer, la rendre immettable et gâcher la vente de l'article. Je ferai une piètre vendeuse...
L'inconnu ne rejette pas mon choix et la superpose à ce qu'il porte déjà. La coupe ne lui sied pas. Bien qu'il soit d'une moindre gabarit, il n'en demeure pas moins un homme et j'ai prélevé ce haut dans un rayon femme. Au moins aies-je fait réaliser au client que son premier choix n'était guère bienheureux, à moins de vouloir interpréter un rôle dans un téléfilm de zombie ; pâleur garantie 100% naturelle, sans maquillage !
Il enlève avec difficulté le vêtement, prenant garde à ne pas le déchirer en le retirant, surtout au niveau des aisselles. Soit la superposition du T-shirt le gêne aux entournures, soit Môssieur est moins brindille que l'extérieur ne le promet ! Il cache bien son jeu.

- Non, c'est vrai ! Mais une autre taille et une coupe plus masculine vous mettrait plus en valeur.

Je fais dans l'évidence plate, maintenant, tandis que je l'observe se démener sans rien faire. Je pourrais l'aider mais je reste immobile (à ma manière, j'entends, en piétinant d'un pied sur l'autre), car la bienséance veut qu'on ne tripote pas des inconnus, même quand ils sont rayonnants et mimis tout plein. Comme lui ! En plus, il est précautionneux et attentif, va jusqu'à le plier. Lui et moi brisons tous les poncifs de notre sexe ! Aussi, pour ne pas le vexer et déconsidérer son geste, je dépose la chemise en haut de la panière de la même prévenance qu'on use avec les œufs. Je n'ose même plus l'essayer, elle a enveloppé le devin qu'i l'a rendue plus parfaite encore ; pauvre petit insecte que je suis, je ne mérite pas cet honneur !

Il est le premier à briser l'étrange atmosphère qui s'installe dans l'espace d'essayage. Compliment encore et présentation enchaînée... Alerte, c'est trop, je ne suis pas habituée à tant de diligence ! J'ai envie de pleurer de joie, mais... Et d'un, selon l'étiquette, ça ne se fait pas. De deux, je m'emballe peut-être un peu. Pourtant, il marque un point.
Celle qui se présente en moins de deux secondes, comme si elle distribuait des cartes de visite dans la rue à tous les passants, c'est moi. Je n'ai pas eu l'occasion de dégainer la première. Je suis admirative.

Il me salue, selon la politesse japonaise. Je m'incline aussi, avant de regarder perplexe la main tendue. Yuuta Sasaki. Japonais, assurément. La physionomie me le confirme. Il doit travailler souvent avec des étrangers (ou à l'étranger), car il n'y a guère que cette population japonaise-ci qui cumule les deux gestes. Pour autant, je ne suis pas une sauvageonne et je sais m'adapter à toute situation, dussé-je essayer avant de trouver la solution. Je tends la main à mon tour, saisit la sienne (elle est chaude et nerveuse) et secoue le tout façon shaker, par pure énergie et par ignorance plus que par négligence et maladresse. Je n'adresse pas souvent des poignées de main, moi... Sauf quand on joue au bras de fer avec Shun, où je gagne toujours, mais ceci est une parenthèse totalement hors sujet.

Maintenant que je suis parée de ridicule de la tête aux pieds (c'est une métaphore, je ne me suis pas déguisée en clown), je daigne enfin de me présenter.

- Shiori Wakashimazu. Enchanté de faire votre connaissance, Sasaki-san !

Son côté bon enfant me donne envie de rajouter un "chan", mais je pousse pas la familiarité plus loin. Aimer la même chemise n'est pas garder les cochons ensemble. Les civilités terminées, je cherche son panier dans un but non voilé de curiosité.

- Qu'avez-vous choisi d'autres, qui a-t-il dans ce panier ?

Pygmalion n'est pas parti avant d'avoir fini son oeuvre... Je vois dans cette histoire une occasion de jouer les stylistes !
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Hochement de tête positif suite à ses dires. C’est sûr qu’une ou deux tailles au-dessus ne te feraient pas de mal, chaton. Pour ce qui est de la coupe masculine, par fierté, et par principe, tu es assez d’accord. La coupe est ici efféminée, quoiqu’en dise le terme unisexe de la chemise que tu portes encore. Toutefois, au fond de toi, tu aimerais ne pas te préoccuper de passer pour quelqu’un avec des goûts trop féminins. Qu’y a-t-il à aimer les couleurs chatoyantes ? A apprécier les divers types de tissus sur ta peau ? A adorer légèrement dénuder certaines parties de ton corps, comme tes épaules par exemple ? C’est ton choix. Ton style vestimentaire. Ta signature même peut-être, plus simplement. Pourtant, tu les sens encore, ces regards emplis de jugement et de mépris quand tu te balades ainsi vêtu. C’est dérangeant. Tu n’aimes pas ça, absolument pas. Qui sont-ils pour te juger ? Personne. Il n’y en a qu’un qui pourra se permettre cela, et encore, si tenté qu’il existe. Tu as encore des doutes sur le fait qu’une entité non-charnelle régisse votre univers. Néanmoins, la possibilité t’a traversé l’esprit, et virevolte encore de temps en temps dans tes pensées. Distraitement, tu tritures le chapelet qui te pend au cou, comme à ton habitude. Ce genre de questions, c’est suite à la santé défaillante de maman que tu te les poses. Mais cela changera-t-il quelque chose si tu finis par croire définitivement en lui ? Est-ce que le cancer de ta mère sera définitivement éradiqué ? Là encore, tu émets des réserves sur le sujet…

Toujours est-il que c’est vexant quand un autre homme te jauge comme n’étant pas digne de faire partie de son genre juste parce que tes goûts vestimentaires diffèrent des siens. M’enfin, que voulez-vous ? Tu aimes l’originalité et cela fait bien longtemps que tu assumes tout ce qui l’est de près ou de loin chez toi. Des cons, y’en a partout de toute façon !

Sans trop tarder, tu finis par ôter la si belle chemise, la repliant soigneusement avant de la confier à la belle blonde qui t’accompagnes. Pour un peu, tu te demandes si les autres personnes vous prendrez pour des amis. Il y a comme un atome crochu entre vous. Ca accroche, le feeling semble plutôt bien passer. C’est la bonne surprise du jour de soldes en somme. Un sourire aux lèvres, tu l’observes sans vraiment le faire, reposer sa chemise sur le haut du panier en pensant à cela. Finalement, tu décides de te présenter. Parce que c’est cool, et poli. Et que c’est bien la moindre des choses pour le coup de main qu’elle vient gracieusement de t’apporter tout de même ! Tu t’inclines, puis elle aussi, bien qu’elle reste un peu perplexe devant cette main que tu lui tends ensuite. Effectivement, c’est loin d’être commun au Japon. Bien au contraire, gardons nos distances les enfants ! Chacun dans son coin et l’Incontestable n’en sera que plus satisfait encore ! Oui, sauf que tu n’as jamais été ce genre d’enfant, donc tu n’es pas devenu non plus ce type d’adulte, évidemment. A nouveau, tu assume le mélange des cultures dont ton éducation est le fruit. Finalement, elle finit par répondre à cette poignée de main que tu lui offrais. Toutefois, la façon dont elle te serre la main t’étonne sur le moment, la voilà qui commence à te secouer vigoureusement la main en guise de salutation, un peu comme une enfant ne sachant que faire de la main tendue qu’on lui tend pour traverser la route. Tu en as même du mal à suivre le rythme sur l’instant. C’est assez perturbant. Le plus souvent, c’est toi qui prends les gens de court avec ce genre d’attitude. Cette fois toutefois, tu as trouvé un alter-égo qui remet cet état de fait en question. Comme c’est intéressant. Un sourire ourle tes lèvres avant que tu resserres un peu la poigne, suivant le rythme qu’elle offert à cette poignée de main on ne peut plus déterminée pour une demoiselle.

C’est bien d’exploser les clichés comme ça !
Finalement elle se présente. Shiori Wakashimazu, donc. Un petit rire s’échappe de tes lèvres.

« Ahah, tout le plaisir est pour moi, Wakashimazu-san ! »

Pour le coup, tu aurais presque été tenté d’ajouter le suffixe « -chan » à la place, mais ce serait sûrement trop présomptueux. Vous vous connaissez à peine que diable, Yuuto ! Un peu de tenue ! Je sais que tu es très sociable, mais quand même, essaye de te souvenir un peu des règles de bienséance que tes mam’s ont tenté de faire rentrer dans ton crâne tant bien que mal ces dernières années !

Toutefois, pas le temps de s’en préoccuper que tu constates une mine curieuse s’esquisser sur le visage de ton vis-à-vis féminin. Elle semble chercher quelque chose du regard derrière toi. D’abord surpris, tu penchas la tête sur le côté, te demandant ce qu’elle pouvait bien chercher ainsi. Ce n’est que lorsqu’elle ouvrit à nouveau la bouche que tu compris qu’elle était curieuse de ce qu’il y avait dans ton panier. L’illumination. Ah, tu as parfois du mal à suivre, il ne faut pas t’en vouloir pour si peu ! Ton visage se tourna donc vers ta petite panière bien peu garnie en comparaison aux deux paniers qui débordaient peu comparé à ceux de Wakashimazu-san. Tu te redirigeas donc vers le petit panier resté dans la cabine, le poussant ensuite du pied en direction de la demoiselle qui t’accompagnait. Ah, flemmingite aiguë, quand tu nous tiens…

« Ma foi, pas grand-chose, je le crains. J’y vais souvent au compte-goutte quand j’fais les boutiques en fait. J’fais plusieurs tours pour être sûr de ne pas rater LA perle rare ! »

Nouveau petit rire avant que tu ne t’agenouilles vers le contenu de ton panier garni pas si garni que ça. Tu en tiras deux hauts. Tout d’abord un débardeur taupe dont l’équivalent des manches semblait plus être un entrelacement de plusieurs sangles. Puis une chemise blanche, tout ce qu’il y a de plus classique, mais comme tu avais une réunion de famille incessamment sous peu, tu voulais être tiré à quatre épingles. Surtout que le côté de la famille de mama est plus stricte que celui de maman, n’est-ce-pas, Yuu ? L’éthique japonaise dans toute sa splendeur en somme ! Quant au pantalon, il s’agissait d’un jean slim gris souris, plutôt taille basse – bon encore une fois, tu devrais sûrement refaire faire les ourlets du vêtement à cause de ta taille de nain de jardin, m’enfin, ce n’est pas comme si tu n’étais pas habitué.

Intrigué, tu reportas ton regard sur les deux grandes panières de Wakashimazu-san. Un sourire revint sur tes lèvres, alors que tu étais toujours accroupi, pas encore décidé à te relever. Ton regard remonta vers le sien.

« A côté de vous j’passe pour un petit joueur ! Il va falloir que je me rattrape ! » Nouveau rire clair. Ce genre de situations n’arrive pas tous les jours, autant les savourer tant qu’elles se profilent à l’horizon. « Et vous ? Déjà une idée de ce que vous allez assortir ? Vous avez très certainement de quoi faire dès maintenant ! »

Tu aurais peut-être dû prendre plus de vêtements en coup de vent toi aussi. Ça t’aurait évité des allers-retours comme un bêta dans les allées. Non, parce que tu étais convaincu que tu aurais l’air bête maintenant qu’un large sourire n’arrivait pas à quitter tes lèvres.

A qui la faute, hm ?
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J'attends, avec la joie contenue avec difficulté d'un enfant au pied d'un arbre de noël le 25 décembre au matin, qu'il m'expose sa sélection. Je cherche l’inspiration partout, même dans l'incongru. Je passe des heures à essayer, combiner, défaire. Quand je suis en magasin ou à la maison. Pourquoi mon dressing est-il un puits sans fond ? Parce que je craque plus que je ne me discipline. Quand je fais mes comptes, à la fin du mois, je constate que j'ai plus dépensé en mode qu'en alimentation. De beaucoup.
Yuuto-kun, lui, se modère, il se contente d'un panier. Chapeau bas, je n'y parviens jamais, même pour des petites culottes. Son style évolue entre le classique et le déluré, de la chemise blanche au top à sangles. C'est marrant, il butine de mode en mode avec la même aisance qu'un chanteur sur scène qui se déguise selon le genre musical de la chanson, romantique puis rock et rebelle. Frère de shopping, il essaie tout sans se poser de question. Même quand ce n'est pas heureux (voir un peu plus tôt), mais celui qui n'a jamais commis de faute de goût lui jette la pierre !

Je m'empare du débardeur taupe, sans gêne, sans cette barrière sociale qui empêche les êtres normalement constitués de toucher à tout. Quel est son nom déjà ? Ah, oui, l'éducation. Non pas que je n'ai pas reçu d'éducation, je ne suis pas non plus la Yankee du coin (quoique j'aurai bien aimé tenir ce rôle au lycée). Mais j'ai conscience que je ne serai jamais une princesse aux bonnes manières, car celles-ci ne tiennent pas plus debout sur moi qu'un candidat du Fūun! Takeshi-jō sur une planche savonneuse. J'aime le style du top. Ma patience un peu moins. Je risque de m'enchevêtrer pendant un quart d'heure plutôt que de m'habiller efficacement à cause de ces manches sanglées. Je conserve la teinte dans un coin de ma mémoire et repose l'article dans le panier avec un peu de tristesse. Puis j'accepte avec bonheur de partager ce moment en exhibant, à mon tour, mes trouvailles. J'espère qu'il a du temps devant lui...

- Celui-là, c'est un super chemisier blanc à dentelle (enfin fausse dentelle), avec une pièce cousue à l'intérieur. Heureusement, sinon on voit à travers, et bien que je ne sois pas sainte Nitouche, j'ai pas envie de montrer mon soutif au tout venant. Hormis ce détail, c'est très printanier et léger, quoique le blanc ne soit pas une de mes couleurs de prédilection. Ça se tâche tellement vite et peu soigneuse. Je ne sais pas si je vais le garder, celui-là. Regardez ce pantacourt baggy ! Terrible non ? Tissu très fin qui respire bien. Pour l'été, c'est juste gé-nial ! On se sent frais dedans ! En plus il est vert, ça peut se marier avec pas mal de chose sans faire sac pour autant. Oh, et ça...

Je n'ai pas calculé le temps de mon monologue. Pour moi, ça a duré cinq secondes. Probable que pour autrui, les barbes aient déjà poussé ou la décomposition post-mortem bien avancée. Si Einstein m'avait rencontré, il aurait donné mon nom à une nouvelle théorie de la relativité du temps. J'ai sorti à peu près tout le contenu des paniers, à flot, un torrent en ébullition. Je sème à tout vent ; les vendeuses vont bientôt me condamner à mort. Entre la brassière à motif de papillons, le boléro jaune vif, la chemise dissymétrique, le pantalon moulant avec des ouvertes nouées sur le côté, etc etc. J'oscille entre la mignonne ingénue, l'étudiante en vogue, la femme d'affaire bien sapée, la gothique mais pas trop. Tout me plait et tout me va... Enfin... je crois...

Merde.

Je fais face à mon nouvel ami (je m'avance peut-être un peu, puis-je déjà le qualifier ainsi ? C'est un peu tôt encore...). Je découvre une émotion inconnue jusqu'alors, en matière vestimentaire. Le doute. Je n'en ai jamais parlé avec personne auparavant. Ma mère me renvoyait toujours : "Tu fais n'importe quoi, ça ne ressemble à rien. Arrête de bouger". Mon frère :"Mfffffffgrfff" (pourquoi je le cite lui, il répète inlassablement les mêmes grondements d'ours mal léché). Mon père : " Tout te va, ma chérie". Et autour de moi, jamais d'avis, de remarques. Je me suis toujours fiée à mon propre jugement. Je me vante de maîtriser la mode, mais suis-je dans le vrai ? Je me tourne vers le jeune homme, et pour la première fois de ma vie, je demande :

- Qu'est-ce que vous en pensez ?
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La demoiselle à la crinière blonde prend possession de l’un des vêtements que tu lui as montrés. Le haut taupe. Très bon choix. Un petit sourire malicieux aux lèvres, tu dois bien admettre que tu as flashé sur ce t-shirt. Tu repartiras sûrement avec. Les tenues un peu atypiques, c’est ton dada. Ici, ce son les manches sanglées, légèrement entrelacées qui ont attiré ton regard. La couleur est sympathique aussi, quand bien même elle mériterait d’être réhaussée d’une touche de couleur à ton goût. Si tu l’achètes, tu mettras toujours des bas colorés pour que la tenue ait un peu plus de peps ! C’est pas ton truc les vêtements passe-partout – T’as jamais été très fan de cette émission TV où les participants devaient passer des épreuves dans un temps limité de toute façon. Comment ça s’appelle déjà ? Ah ouais, Fort Boyard ! Il parait que c’est une émission assez vieille qui perdure. Ta grand-mère n’en rate pas un épisode. Elle est très fan de tout ce qui touche de près ou de loin aux énigmes, et celles du Père Machin-truc, elle adore – Quand bien même elle ne semble pas s’attarder sur le fait que le make-up de la personne supposément vieillie laisse franchement à désirer selon toi… Toujours est-il que la jeune femme semble intéressée, pensive, analysant ton coup de cœur du moment avant de le reposer dans ton panier. Dois-tu en déduire que tu as eu raison de choisir cet article ? Vu son expressivité, tu es sûr que si ça n’avait pas été le cas, elle n’y aurait pas été avec le dos de la cuillère pour te le faire savoir !

Puis tu demandes ce qu’il en est de son côté. Sincèrement, chaton, si tu cherchais la reine des pipelettes, plus besoin de continuer tes recherches. Assurément, elle se tient devant toi. Fière de ses trouvailles, gaie comme un pinçon, la voilà qui t’expose une à une avec une joie non dissimulée le moindre des articles qui peuplaient jusqu’à présent ses panières. Ah, mais si elle ne faisait que te montrer sa myriade de vêtements, ça irait. Sauf qu’elle entre dans les détails. Tantôt privés comme cette histoire de chemisier à dentelles adorable tu dois bien l’avouer mais un peu trop transparent qui laisserait son soutien-gorge visible aux regards les plus curieux. Ou tantôt structurel avec la façon dont le vêtement est fabriqué. Ou bien encore une question de goûts, tout simplement. Petit à petit, ton sourire se fige, ta mine se faisant perplexe devant le flot de paroles qui s’échappe de cette bouche efféminée. Heureusement que tu es déjà accroupi sans quoi tu aurais peut-être eu besoin de te poser contre un mur pour assimiler la marée d’informations avec laquelle Wakashimazu-san t’inonde actuellement. Tu ne peux t’empêche de cligner des yeux. Tu ne la pensais pas capable de débiter à cette allure. Un véritable moulin à paroles vivant !

C’est surprenant, néanmoins cela ne te dérange pas plus que ça. Il te faut juste un petit temps pour t’y faire, tâchant d’assimiler le plus d’informations possibles tandis que tu la vois envoyer valser les vêtements au fur et à mesure qu’elle te les présente. Cette scène t’amuse, mais elle ne devrait pas. Dès lors qu’une vendeuse passera dans les environs, pour sûr que Wakashimazu-san se tapera une bonne soufflante des familles. Les tenues qu’elle envoie sur le sol ne sont pas des serpillères que diable ! Pourtant, tu as l’impression d’être face à quelqu’un de la même trempe que toi. En un peu plus énergique que tu ne l’aurais cru au premier abord toutefois. Les apparences sont trompeuses de toute façon, tu en es la preuve vivante, chaton ! Amusé, tu hoches la tête en regardant distraitement les divers t-shirts, chemisiers, pantalons et jupes esquisser leur premier baptême de l’air. Dans ce flot de couleurs et de motifs en tous genres, tu ne peux t’empêcher de te dire que cette fille a des goûts aussi variés que les tiens. Sûrement qu’elle se sape en fonction de la météo et de son humeur du moment. Ou alors à la sainte inspiration du moment aussi. Moui, vous avez l’air de la même trempe. C’est pas tous les jours que tu croises ton alter-ego féminin dans les boutiques de fringues en soldes. Comme c’est intéressant.

Puis elle s’arrête subitement dans son monologue passionné, ce qui t’intrigue. Perplexe, tu attendais la suite, aussi arques-tu un sourcil en voyant l’expression si joyeuse son visage se parer de doute. Qu’est-ce qui lui arrive tout à coup ? A-t-elle peur de t’avoir ennuyé avec ses explications enflammées ? Finalement, elle se tourne vers toi et te pose directement LA question. Le genre de question qu’il ne FAUT PAS te poser. Un instant, tu clignes des yeux, pas très sûr de comprendre. Puis tu pouffes doucement de rire, amusé par le changement drastique de ton. Tu la trouves mignonne. T’étirant de tout ton long en te relevant – Bah oui, tu ne vas pas rester accroupi Ad vitam aeternam non plus, Yuu ! – , tel un chat après une bonne sieste revigorante, tu lui offres un sourire complice ainsi qu’un clin d’œil rassurant.

« J’en pense que vous vous éparpillez, dans tous les sens du terme ! » Tu jettes un coup d’œil au sol jonché de vêtements à ne presque plus pouvoir en distinguer la couleur du lino sous vos pieds, du moins autour de vous. « Néanmoins ce n’est pas un défaut à mon goût. Vous aimez un peu de tout, après c’est une question de bien savoir assembler les pièces et je ne doute pas que vous en soyez tout à fait capable ! Par exemple… »

Ton regard vagabonde à tes pieds avant que tu ne t’en ailles récupérer le fameux chemisier à fausse dentelle qui t’avait tapé dans l’œil. Un peu plus loin, tu t’en vas repêcher un crop top bustier blanc qu’elle avait envoyé balader ainsi que le pantalon moulant avec de petites ouvertures sur les côtés. Tu es convaincu que le tout lui irait à merveilles. Aussi, une fois toutes les pièces que tu avais à l’esprit entre tes mains et rapidement défroissées, tu rejoins la belle à la longue chevelure blonde pour lui tendre les vêtements un à un, exposant petit à petit ton avis dessus.

« Pour ce qui est de ce fameux chemisier à dentelle, j’suis convaincu qu’il t’irait comme un gant ! Faut juste mettre quelque chose pour cacher ton soutien-gorge des regards indiscrets, c’est tout. J’suis certain que si tu mets un soutif’ sans bretelles ou si tu les changes pour des transparentes, ça passera nickel sous ce crop top bustier ! Ça ne cachera pas la dentelle et on se concentrera plus sur les vêtements que tu portes que sur ce que tu as en dessous ! Tu peux mettre un pantalon en jean moulant comme celui-là en bas pour garder l’œil attiré sur la couleur la plus claire : ton haut donc ! Avec des petites sandales basiques et quelques bijoux, ça sera superbe ! Puis tu as l’avantage d’avoir une longue et belle chevelure bien entretenue. Tu peux jouer avec les coiffures aussi selon comment tu veux qu’on te voies quand tu porteras ça ! Essaye et tu verras ! »

Une fois que tu lui as fourré les vêtements entre les bras, un large sourire aux lèvres après ton exposé détaillé, tu finis par te figer sur place. La seconde suivante, tu sens le feu te monter aux joues et la gêne te gagner plus rapidement encore que la dissertation orale de la belle blonde précédente. Subitement, tu t’éloignes de quelques pas, levant les mains comme si tu te trouvais face à une policière t’informant que tu es en état d’arrestation. Machinalement, tu secoues les mains de droite à gauche, derechef avec ton visage couvert de honte. Et merde, tu as franchi le pas de trop, chaton !

« M-Mince, je vous ai tutoyée sans m’en rendre compte ! D-Désolé, c’était vraiment pas mon intention ! »

Tu couines un peu malgré toi, ce qui ne fait que te gêner d’avantage. Bon sang, toi qui n’aime pas être petit, pour le coup tu aimerais l’être plus encore. Juste pour avoir la chance de pouvoir te cacher dans un tout petit trou de souris. Comme ça au moins, on pourra oublier ta gaffe et faire comme si rien ne s’était passé, n’est-ce-pas ?
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Dim 27 Mai - 1:07
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Certes, je m'apprêtais à un avis, mais pas vraiment à celui-là. Au lieu de critiquer mes choix vestimentaires, il s'arrête sur ma méthodologie. Interdite, je le regarde faire, tandis qu'il agence, combine, avec un génie redoutable, tout mon mic-mac. J'observe attentivement le déroulement de son esprit, tout en réalisant comment sauver certaines fautes de goût. Je reste béate devant son sens de la mode féminine, alors qu'il est un homme.
D'ordinaire, ces derniers s'en désintéressent. Les vêtements se sont qu'une formalité, une couverture du corps à laquelle ils rajoutent parfois de la coquetterie. Ils demeurent néanmoins peu de temps en cabine d'essayage. Yuuto est différent : non seulement il se plait à en parler mais il s'y connait , allant jusqu'à donner avec précision le nom d'un habit, sans chercher ses mots pendant des heures. Comme pour le Cop Trop busitier. Euh, le Crop Top bustier. Comment qu'y sait ça, lui ? Soit il travaille dans le domaine, soit il est ultra-branché, soit un membre de sa famille le tanne depuis des années. Je penche pour la seconde hypothèse.
Ma voix ne revient toujours pas, j'admire. Lui par contre se rétracte pour une raison que j'ignore, avant qu'il ne m'éclaire. J'espère qu'il ne s'en vexera pas, mais ma réaction ne se fait pas attendre. De toute façon, qu'il se vexe ou non ne changera rien, je ne peux tout simplement pas m'arrêter. J'ai le fou-rire, je lutte à le refréner mais il me résiste. Je manque même de m'étouffer devant l'attitude de petit garçon fautif de Yuuto.
- Tu te poses trop de questions ! Ça ne me dérange pas que tu me tutoies ! Aux Yokais les politesses ! Si tu me tutoies naturellement, alors laisse aller la nature !

Je m'aligne à son tutoiement pour montrer l'ensemble. Il va revenir à son aisance charmante et à sa spontanéité sous peu, j'en suis sûre. J'en profite pour calmer mon hilarité et regarde les articles dans mes bras. Je souris comme une idiote.
- Merci, c'est génial ! Tu as vraiment l’œil ! J'ai rien à t'envier !

Je meurs d'envie d'essayer. Je le fais à la vitesse de l'éclair. Je pousse un cri de victoire en me voyant devant la glace. J'ouvre le rideau, manquant d'arracher la tringle de la cabine, pour dévoiler le résultat au créateur. J'ai envie de lui sauter au cou. Mais déjà qu'il est dans ses petits souliers pour un "tu", je ne vais pas en rajouter et me contente d'applaudir.
- C'est trop cool !

Encore une fois, j'agis à l'instinct, sans réflexion, de sorte que mon panier s'est empli de n'importe quoi. Je prétends connaître la mode mais je la massacre le plus souvent. J'aimerais qu'il m'aide à trier ma montagne de tissu, mais il n'est pas à mon service, il a une vie que j'ai interrompu en donnant mon opinion. Cette idée m'ennuie : si je lâche Yuuto maintenant, je vais perdre quelque chose. Un conseiller ? Un...

Le mot me fait peur. Je n'en ai guère eu jusqu'à présent.

Mais je ne veux pas le perdre de vue une fois la caisse franchie. Alors je gagne du temps.
- Pour une telle recommandation, tu dois être un expert !
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Bordel, c’est la honte ! La méga-giga-honte même ! Si maman était là, elle te taperait sévèrement sur les doigts pour te reprendre de cette attitude irrespectueux. La politesse, c’est un mode de vie au Japon tellement c’est important ! Et là, tu viens de dépasser les limites. Les bornes des limites même ! Aussi, tu songes déjà à comment t’échapper, comment couper court à la conversation… Jusqu’à ce que tu l’entendes éclater de rire. Perplexe, ton regard d’ambre se porte sur la jeune femme riant à gorge déployée sous tes yeux ébahis. Okay, tu te demandes ce que tu as pu dire ou faire de drôle là en fait… Rougissant doucement à mesure qu’elle rit toujours de plus en plus fort sans s’arrêter, dans ta caboche ça tourne à plein régime. Tu réfléchis à toute allure, te ressassant le fil de votre conversation pour trouver une réponse plausible quelconque. Sauf que tu es comme un étudiant qui n’aurait pas révisé sa leçon et qui se retrouve nez à nez avec la feuille définitivement blanche de son interrogation surprise. Tu sèches. Tu ne comprends pas, et cela doit se lire sur ton visage. Elle en arrive quand même à manquer d’air tant elle se tord de rire, c’est grave là… Peut-être que tu devrais appeler les pompiers ? En tout cas, la blondinette a attiré l’attention de tous les autres clients venus essayer leurs trouvailles. Pour la discrétion, on repassera. Gêné, tu baisses les yeux en espérant qu’elle se calme. Là, tu n’as qu’une envie : fuir à toutes jambes !

Finalement, tu as l’explication : tu te poses trop de questions. Ah oui, sûrement. Quand bien même tu as gardé une attitude enfantine, les aléas de la vie d’adulte et ton éducation t’ont bridé, changé. Tu n’es plus aussi insouciant, et ça te manque. Peut-être pourrais-tu retrouver un peu de cette candeur auprès de cette jeune femme qui ne semble pas se soucier des us et coutumes de votre Etat. Légèrement rassuré, tu hoches la tête, un vague sourire naissant sur tes lèvres tandis que tu la vois s’extasier sur les articles que tu lui as confiés. Oui, tu es plutôt fier de l’assemblage de pièces dont tu l’as gratifiée. Aussi ton sourire s’ourle davantage quand tu la vois pénétrer hâtivement dans la cabine mais s’évanouit brusquement au cri qu’elle pousse. Un cri de joie, mais qui te prend par surprise, te faisant sursauter derechef avec deux-trois autres personnes alentours. Toutefois, vous avez de quoi vous rassurer en la voyant ressortir de la cabine aussi vite qu’elle y est entrée, toute guillerette de la tenue qu’elle porte. Tes lèves se parent à nouveau d’un sourire. Ça lui va comme un gant, tu en es ravi. Tu hoches vigoureusement la tête en guise d’approbation, levant les pouces en l’air dans le même temps. A ses applaudissements, tu te prends au jeu et t’inclines humblement, exactement comme tu le ferais devant une foule en délire… Exactement comme tu l’as déjà fait en fait.
Tu te laisses aller à pouffer de rire à sa remarque.

« Oulah, nan pas vraiment. J’aime bien la mode c’est vrai, mais j’ai des goûts bien à moi qui ne plaisent pas forcément à tout le monde : il n’y a qu’à voir ce que j’ai essayé précédemment ! »

Des couleurs pep’s et souvent atypiques pour un homme, des coupes efféminées et près du corps. Tu le sais, tu serais sûrement plus populaire si tu appréciais de t’habiller avec des vêtements amples ou chics comme la plupart de tes vis-à-vis… Mais non, tu aimes avoir ton propre style, quitte à ce qu’il soit un peu androgyne et qu’on te le fasse remarquer. Au moins, tu ne passes pas inaperçu.

Néanmoins, alors que tu t’apprêtais à ajouter quelque chose, ton ventre décide de se manifester subitement. Bruyamment même. Tout juste au niveau de ton estomac. Tu écarquilles les yeux, tes joues s’empourprant légèrement alors que tu passes ta main dans ta nuque d’un air gêné. Damn, ce n’est pas souvent que tu as faim et que ton ventre s’exprime, mais aujourd’hui, il a l’air décidé à faire entendre sa voix. Tant mieux, ça veut dire que tu vs grignoter ça. Ce n’est pas plus mal vu la carrure de crevette que tu te tapes ! C’est vrai que tu n’as pas beaucoup mangé ce matin et du coup ton organisme est en manque.

« Désolé, je crois qu’il faut que j’aille me sustenter ahah… » Tu te pinces la lèvre, hésitant un instant. « Si ça te dit, tu peux m’accompagner ? J’connais une crêperie bien sympa un peu plus loin ! »

Petit sourire, au fond de toi, tu espères qu’elle dira oui. Ça pourrait être une bonne expérience, et puisqu’elle t’a fait bonne impression, tu aimerais bien continuer la conversation dans un cadre un peu plus privé et détendu. Tu fais des achats seul d’ordinaire, ce n’est pas pour rien. Tu es souvent dans ton monde, sauf avec les personnes que tu connais. Là, tu as fait une rencontre inattendue et agréable. A voir si elle mène à quelque chose… Qui sait, peut-être une nouvelle amie ? On ne peut savoir de quoi sera fait demain.

Par chance, elle accepte ta proposition. Te sentant fébrile, tu ne traînes donc pas avant d’aller payer tes deux articles en caisse, attendant qu’elle fasse ses propres achats au besoin avant de la guider à deux pas d’ici à la fameuse crêperie dont tu lui as parlé. Elle a ouvert il n’y a pas très longtemps, aussi tu n’es pas sûr qu’elle connaisse l’endroit. C’est Wataru qui t’a fait connaitre ce café/crêperie. En voyant les serveuses se balader en tenue de soubrette, tu avais directement compris pourquoi. Pas besoin d’être un génie pour cela. M’enfin, vu que les femmes ne t’intéressent pas, aussi jolies que soient ces demoiselles joliment vêtues, pour toi elles ne restent que des serveuses comme tant d’autres. En pénétrant dans l’endroit très cosy et paré de douces couleurs, tu salues poliment la serveuse qui vous accueille et vous amène à une table pour deux près de la fenêtre, venant par la suite vous confier la carte de l’établissement. Tu jettes un coup d’œil en diagonale, connaissant déjà bien la carte avant de te tourner vers la serveuse.

« Je vous prendrais un thé glacé et une crêpe fraises-chantilly s’il vous plait ! »

Une fois que la jeune femme a pris votre commande, tu te retournes vers la belle aux cheveux blonds qui t’accompagne, réfléchissant à ce dont tu pourrais parler avec elle maintenant que vous avez quitté le lieu de votre première rencontre.

« A tout hasard, tu travailles dans la mode ? Vu que tu as bon goût, j’ai un peu eu cette impression. »
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Dim 27 Mai - 1:07
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Mon conseiller en mode est à la fois charmeur et galant. Et branché. Il est trop craquant ; aussi craquant que ces idols chantant sur scène et dont chacun a un rôle prédéfini pour plaire aux filles. Cette image, bien que produit marketing, lui va tellement bien. Je le vois déjà entonner un air avec passion sous les sunlights, comme il s'exprime sous les néons des cabines d'essayage avec moi, en ce moment. Mais j’extrapole et je chasse mon imaginaire délire d'un geste de la main. Il va croire que je balaie une mouche...
Modeste, il se défend avec ce rire presque cristallin sur son manque éclectisme en matière de mode. Ses choix me plaisent, et ça me suffit. On ne discute pas les goûts et les crétins qui le font sont des... des crétins.

Un coup de tonnerre vient interrompre mon trip sous acide (mais sans consommation, je le jure, monsieur le Juge). Je regarde vers le ciel, mes yeux se heurtent au plafond (idiote, t'es pas à l'extérieur, et il n'y a pas de fenêtre). Je me recentre vers un Yuuto rougissant et mal à l'aise. Je suis ouverte d'esprit et ne vais pas le mettre à mal. Je devine facilement qu'il a peur de l'orage. Aussi j'accepte qu'il cache son trouble derrière une proposition de dégustation crêpière. J'adore les crêpes, dis-je sans parole en opinant du chef avec la délicatesse d'un guitariste de Dark Metal.

D'un pas alerte et presque synchrone, nous nous dirigeons vers les caisses. Lui, du moins. J'ai bifurqué au bout d'une seconde vers la sortie avant de me rappeler que je n'avais pas encore payé. La gourde ! Je tends, confuse, mon panier plein à ras-bord, que la vendeuse s'applique à replier pour la mise en sac. J'ai bien envie de lui dire que c'est inutile. Son regard courroucé m'en empêche.
Ma carte de crédit explose, mais j'ai l'habitude. Je maltraite régulièrement mon salaire mensuel qui supporte tous mes écarts.

La crêperie est à quelques pas. Je parviens même à tenir mes paquets sans changer de main, et le chapeau se loge déjà sur ma tête pour remercier Yuuto de son conseil. Je découvre bientôt le petit restaurant, au décor chatoyant et inspirant le confort. Les serveuses sont déguisées en soubrette. La langue me démange, faut que je leur demande où elles se procurent un uniforme, je le trouve sympa. Tsttttt ! Encore une envie de vêtements, alors que je viens de claquer des yens ! Material Girl !
L'employée la plus proche de nous nous guide à une table et nous confie la carte. J'ai envie de manger les 3/4 de ces propositions. Yuuto commande déjà sa part. Je prends le parti de confier mon choix au destin.
Je ferme les yeux et lâche mon doigt qui se déplace sur le papier glacé comme sur un écran tactile. Je m'octroie dix secondes de délai et arrête mon mouvement. J’entrouvre timidement mes paupières. Ma sélection hasardeuse se porte sur l'illustration d'une fraise souriante et aux grands yeux vantant les mérites de la carte de fidélité... Je triche un peu en décalant mon ongle sur la droite. J'évite ainsi à la serveuse d'attendre la fin du monde pour noter ma crêpe aux chocolats (blanc et noir) avec brisures de noisette et chantilly parfum noix de coco. Accompagné d'un diabolo banane pour rafraîchir. La maid repart, nous laissons en tête à tête.
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