Revenir en haut Aller en bas



 

 :: Archives Forums importants :: Just Married Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

JOYEUX ANNIVERSAIRE... (FEAT REIICHI)

avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:01
Admin
Shiori Wakashimazu a écrit:

Joyeux anniversaire...
Nom du joueur 1
Shiori Wakashimazu
« Je veux sortir ! »
Nom du joueur 2
Reiichi Bashō
«Sors-moi de là !»
Pourquoi je n'ai pas pris un taxi ? D'ordinaire, je prends toujours un taxi, surtout le soir. J'ai suivi les copains et les collègues jusqu'aux quais du métro ; j'avais la flemme de remonter pour rejoindre les rues et commander un taxi. Tant que je suis ici... Nous nous sommes tous séparés à grand renfort de salutations infinies et j'ai emprunté ma ligne, toute seule. Soudain crevée (comme quoi, tout est possible), je me suis assise sur un banc.

Je me réveille brutalement. Je sursaute et je regarde partout autour de moi. Je me relève en grognant, me rapproche de l'affichage des horaires et je jure. J'ai raté mon train, j'en ai encore pour quinze minutes pour le prochain. Je vais arriver à la maison à trois heures du mat' et je commence le boulot à six. Je râle et je me plante sur le quai en croisant les bras. Je ne m'endormirais pas, cette fois. J'entame même un aller-retour à petite foulée sur le quai. Le jingle retentit, il arrive enfin. Le wagon réservé aux femmes s'arrête à mon opposé. Non... Pitié... Je ne veux pas rater un nouveau métro. Je rentre dans le premier qui s'ouvre devant moi. Il n'y a qu'une personne présente. Ma politesse se perd dans un bâillement que je ne cache pas derrière ma main. J'abandonne l'idée de me rattraper, il a vu ma glotte, on est pote maintenant.

J'entends un grondement inhabituel. Je le crois au départ un ronronnement exagéré. Les métros sont pourtant plutôt silencieux... Je me rappelle que la météo devait être menaçante cette nuit, nous l'avons échappé belle pendant nos festivités. Je vais prendre une saucée entre le métro et l'appartement. Course à pied sur les trottoirs d'Ikebukuro, zip ! Et pas besoin de me doucher demain matin ! Non, je déconne ; sans savon, je reste sale.
Le wagon tremble ; les lumières s'éteignent brutalement avant de se rallumer une seconde plus tard. Mauvais plan de film d'horreur. Il ne me reste plus que trois arrêts, je n'ai pas à m'inquiéter ? Et pourquoi m'inquiéter, le métro figure parmi les plus sûrs transports en commun ? Même à cette heure-ci ?
Nouvel arrêt, nous sommes toujours deux ; l'affluence est moindre à cette heure de la nuit.

La banquette face à moi se transforme en mon lit ; si je rêve assise, la situation dégénère. La fatigue n'appartient pas à mon quotidien, ni même à mon vocabulaire. J'en conclus que j'ai trop bu. J'ai hâte d'arr...
Un choc brutal me sort de mes rêveries. C'est fini, oui, je peux comater en paix ? Le rythme ralentit. Le métro s'arrête, avec une vue magnifique sur les murs. Je fronce les sourcils. Un arrêt, maintenant ? Un changement d'aiguillage ? Cette manœuvre est si longue... Il fait chaud soudain... Je retire ma veste. Je vais rester plantée longtemps ici ? Une voix s'élève dans le compartiment. Le message est incompréhensible. Le mur est toujours noir derrière moi. Ca n'avance pas, pourquoi ça n'avance pas ? Je m'avance vers les portes et les force : si le métro n'a pas d'énergie, j'en ai pour deux, je vais le pousser. Les portes sont fermées. Logique, elles se verrouillent pour sécuriser les voyageurs. Sauf que je me sens tout sauf sécurisée, là. Ils en mettent du temps, pour un simple changement de rail ! On est au beau milieu de la nuit, les bouches ne sont tout de même pas autant fréquentée que les magasins le jour de Noël ! Allez, merde, j'ai sommeil et je ne supporte pas rester trop longtemps dans le métro ! C'est petit, c'est fermé, il n'y a pas de ciel, bon sang, pourquoi je n'ai pas pris de taxi ! C'est minuit, mon anniversaire est passé, et la jolie robe devenue citrouille, le charme est rompu ? J'ai droit à un lendemain pourri à minutes +1 ? Je transpire, manquait plus que ça ! Et cette voix qui répète toujours la même chose : JE NE PARLE PAS L'ELFIQUE, PIGE ! Et l'autre glandu qui reste assis tranquillement sur sa banquette... Comment il fait pour rester calme alors qu'on est coincé ?

- Monsieur ? MONSIEUR ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

J'ai envie de le secouer comme un prunier pour qu'il avoue tout. Ah, visiblement mon corps est allé plus vite que mon cerveau, j'accomplis déjà ce que je pense, sans ménagement.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:01
Admin
Reiichi Bashō a écrit:


Joyeux anniversaire...

C’est marrant, les enterrements de vie de garçon.

13 février 2108, 2h30 et des poussières du matin. Assis les bras croisés sur son siège, Reiichi regarde sans y faire attention le béton et les lumières qui défilent en se laissant bercer par le ronronnement du métro qui le ramène chez lui, pas fatigué pour un sou. Certes, l’alcool et la soirée lui ont légèrement tapé sur le crâne mais le décalage horaire dont il subit encore les effets joue en sa faveur. Pour son corps, il n’est même pas encore 15h.

Deux jours depuis que je suis rentré de Rio et je me retrouve déjà à faire des trucs pareils, ce n’est vraiment pas raisonnable, j’aime bien Jones-san, il a toujours de bonnes histoires à raconter, le dernier bar était vraiment sympa, je ne connais pas très bien cette partie du quartier mais je n’avais pas mangé d’oden aussi bons depuis un long moment.

Kohei Jones est un métis nippo-américain, mais avant tout un vieux camarade avec qui il a fait ses classes à l’armée et qui a connu le Brésil et les Philippines, tout comme lui. Il est resté militaire pour sa part mais ils ont gardé le contact même s’ils n’ont pas l’occasion de se voir plus d’une ou deux fois par an. Les anciens frères d’armes s’apprécient en tout cas toujours assez pour que Kohei invite Reiichi à cette étrange soirée organisée au pied levé, le lendemain de la réception de sa Lettre, et qui les amenés, lui et une dizaine d’autres hommes de tous poils, à enchaîner deux ou trois bars avant de poursuivre la soirée dans un club de striptease assez sage. En gentleman, il a poliment refusé, les a juste accompagnés et s’est retiré après avoir discrètement prévenu les filles que le héros de la soirée était marié et qu’il ne devait pas y avoir de dérapage. Et le voilà à présent en chemin pour rentrer chez lui à cette heure matinale.

Beaucoup de collègues trouvent qu’il n’est pas assez sérieux, il paraît que c’est le côté américain, moi je dirais plutôt que c’est son côté grande gueule mais ça ne fait rien, je vois pas trop l’intérêt des enterrements de vie de garçons au Japon, j’espère surtout qu’il ne ferait pas de connerie, ça devrait aller parce que Yanagida n’était pas encore trop bourré et il fera attention mais Jones-san est un type qui pense droit, je l’aime bien et on s’est bien amusés…

Une jeune femme aux longs cheveux blonds et aux jambes courageusement découvertes pour la saison le rejoint dans le wagon à l’arrêt suivant, avec un bâillement qui n’est pas vraiment des plus élégants. Reiichi détourne poliment le regard.

Il est bientôt trois heures du matin, c’est normal, personne n’est totalement clean à une heure pareille, mais elle n’est tout de même pas très prudente de venir toute seule dans ce wagon avec un short aussi court. Pas que je sois un prédateur sexuel mais qui sait quel genre de mecs peuvent traîner ici…

Les coups de fatigue de l’éclairage lui font lever les yeux vers le plafond. Il se souvient que la météo n’était pas tout à fait au beau fixe mais de là à avoir une incidence sur la circulation du métro, ça deviendrait étonnant. Il ne s’inquiète pas outre mesure. Il essaie surtout d’empêcher son regard de revenir à intervalles réguliers sur la jeune femme à trois sièges de là.

Elle vient de s’allonger sur la banquette là, non ?

Elle n’a pas froid aux yeux, c’est sûr. Tout du moins, avant que la rame ne s’arrête soudain de façon tout à fait anormale entre deux stations, après un choc qui l’a fait tressaillir des pieds à la tête et traquer la menace du regard. Un message crachotant retentit à grand peine dans les hauts parleurs et, même s’il n’en comprend pas la moitié, il en déduit qu’un incident mineur quelconque les maintient bloqués un temps sur la voie. Imperceptiblement, il accepte de se détendre. Un peu. Ça ne peut pas être bien grave, inutile de prévoir le pire pour le moment même si c’est précisément ce à quoi il a été formé. Pour l’instant, le plus grand péril n’est peut-être pas celui qu’on croit, songe-t-il alors que la jeune femme a fini par se redresser, retirer sa veste et…

Je rêve où elle essaie de- Mais elle va se calmer, oui ?

Reiichi a eu un mouvement quand elle a commencé à essayer de forcer les portes, et ne s’est interrompu que parce qu’elle est passée à autre chose en moins de cinq secondes. Bientôt, il reste fixé sur elle quand il lui apparait qu'elle est clairement l’élément le plus imprévisible de la situation dans laquelle ils se trouvent tous les deux.

Elle a si peur que ça ? Elle est peut-être claustrophobe, auquel cas j’admets que c’est une sacrée tuile mais pourvu qu’elle n’active pas un signal d’urgence ou autre chose du genre, sinon on est bons pour rester là encore une heure, elle a de jolies cuisses quand même, ça m’emmerderait tellement d’être claustrophobe mais être enfermé dans un endroit clos ce n’est pas le plus terrible, c’est d’être enfermé dans un endroit ouvert et- PUTAIN MAIS !!!

Reiichi s’est redressé de toute sa taille, sur le qui-vive lorsque la blonde folle furieuse s’est jetée sur lui pour le secouer de toute la force de ses petits bras maigrichons en paniquant d’une voix aigüe. Il lui faut tout son self-control pour maîtriser le réflexe qui lui hurle de lui coller une clé de bras dans la seconde mais il ne lui en attrape pas moins fermement les poignets pour lui faire lâcher prise.

« Mais enfin, calmez-vous mademoiselle ! »

Sérieux, les peloteurs sauvages j’étais au courant mais pour les hystériques nocturnes, personne ne m’a prévenu !

Heureusement, il reprend immédiatement son calme et sa prise se fait plus douce sur les poignets tout fins, pour éviter de lui faire mal. C’est assez d’un seul élément de panique à gérer, évitons les coups et blessures involontaires. Jetant un œil à l’obscurité du tunnel par la vitre, il tente autant que possible de trouver des mots rassurants :

« Ce n’est qu’une panne passagère. Ça devrait bientôt repartir, inutile de vous inquiéter autant. »

Elle est jolie, elle a un beau visage, je m’attendais à ce qu’elle ait les yeux bleus mais foncés comme ça elle le porte très bien aussi, elle respire quand même super vite, j’espère qu’elle ne va pas faire un malaise, ça serait vraiment le clou de la soirée, si Jones-san était là il trouverait sûrement une plaisanterie pour détendre l’atmosphère mais je n’ai pas l’impression que ça marcherait si c’est moi qui essaye, je peux lui faire un massage cardiaque mais je suis nul pour les blagues, chacun son talent, je me demande si c’est naturel le blond parce qu’elle a quand même des traits asiatiques…

Posant les mains sur ses épaules, il la fait asseoir sur la banquette en la regardant droit dans les yeux.

« Commencez par essayez de respirer calmement avant de faire une syncope. Où descendez-vous ? »

On dirait un shitsu paniqué…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:01
Admin
Shiori Wakashimazu a écrit:

Joyeux anniversaire...
Nom du joueur 1
Shiori Wakashimazu
« Je veux sortir ! »
Nom du joueur 2
Reiichi Bashō
«Sors-moi de là !»
C'est le pompon. Les gens n'ont toujours pas pigé un élément essentiel de la vie en communauté : ne jamais dire à quelqu'un qui s'énerve de rester calme, car ça l'énerve encore plus. L'inconnu me serre les mains avant de les relâcher. J'ai envie de le gifler mais je tremble comme une feuille et j'arrive à peu près à éviter de faire une nouvelle connerie. Ciel, je suis plus incontrôlable que d'ordinaire dans l'état où je me trouve. En plus il ne mérite pas une baffe, le monsieur. Il me parle, gentil comme tout, avec bons sentiments à la clé. Look underground sympa qui aurait effrayé une mémé mais pas moi. Je le regarde (je le dévisage, plutôt)
et çà m'occupe. Quand je suis occupée, je ne pense plus à la source de mon angoisse. Je renoue avec un semblant de sang-froid. Je suis au bord de l'AVC, l'apoplexie ou tout autre mot complexe dont je n'ai aucune idée du sens sauf que ça fait cool quand on les cites dans une conversation. Ah bah d'ailleurs, Monsieur craint que je ne fasse une syncope. C'est pas faux.

Je me réveille de cet état second lorsque je me constate assise à nouveau, grâce à ses soins, ses yeux dans les miens. Il a de beaux yeux. C'est un serpent : il m'hypnotise avec ses yeux de serpent. Et je lui dis tout, je réponds à sa question avec mécanisme, sans réflexion. J'ai envie de crier mais ahummm... Hypnose, je vous dis ! J'ai la tête qui tourne, j'ai pas tout compris.
- Shinbuyakuro.

N'importe quel Tokyoite me perdrait pour une droguée pour sortir un nom imaginaire, genre "Les Aventures de Peter Pan au Japon". J'étais à Shibuya. A moins qu'il ne s'agisse de Shinjuku. C'est où qu'il y a la statue d'Hachiko, déjà ? Peu importe, le mec se fiche de savoir d'où je viens, il veut ma destination. En plus mon anniversaire a eu lieu à Ueno. Viva la Marmelade. Pauv' nouille ! M'en fiche, l'an prochain, les autres auront beau protester, on le fera à Ikebukuro, j'aurai pas à prendre le métro ! Ah ben puisqu'on en parle...
- Je vais au quartier des chouettes ! Vous savez les oiseaux... Ikebukuro.

Je dois être entre bourrée et hystérique pour atteindre un tel niveau de bêtise. Si j'avais un tant soit peu de conscience, j'aurai honte de moi. Et miracle : le gonze a même pas peur de moi, il ne s'enfuit pas.

Ok, en même temps on est bloqué, tous les deux, dans un wagon qui bouge plus. Donc pour s'enfuir...

N'empêche que s'il trouve à s'enfuir, qu'il me montre le chemin, je pars avec lui.

Où j'en étais ? Ah oui, il reste avec moi. Il me dit qu'il faut que je respire. C'est pas rien de le dire. Je fais le petit chien comme une femme enceinte. Un peu de sérénité revient.

Encore ses yeux face aux miens. Pourquoi il m'aide ? Toute personne sensée s’enfuirait, non (tiens, je viens de retrouver le fil de mes pensées). Ou du moins, n'irait peut être pas aussi loin pour me venir en aide. Moi-même je me serais laissée tomber dans un coin plutôt que de me supporter une seconde de plus.
Il a réussi néanmoins : je ne crie plus. Il n'est pas super héros au point de faire redémarrer le métro. On ne peut pas tout avoir. Mais je veux que ça avance. Alors je m’agrippe à ses vêtements et je me mets à pleurer...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:01
Admin
Reiichi Bashō a écrit:


Joyeux anniversaire...

Reiichi n’aurait pas juré de l’efficacité de sa tactique face à cette jeune femme au bord de la panique mais, plus que son intervention, on dirait plutôt qu’avoir un élément sur lequel se fixer l’aide à repousser l’attaque cardiaque qui s’annonçait imminente dans son état de panique. Dès que ses yeux aux pupilles dilatées se fixent sur son visage, elle cesse de s’agiter dans tous les sens et il parvient même à l’asseoir sur la banquette sans avoir à la maîtriser. Cela se fait simplement au prix d’un long, très long contact visuel.

Ce n’est pas étrange qu’on se fixe dans le blanc des yeux comme ça ? On ne se connait pas, ça prête à confusion, on pourrait croire qu’on est ensemble ou que j’essaie de profiter de la situation, je ne profite de rien du tout, il faut bien que je l’aide et c’est la seule chose que je peux faire, c’est elle qui tremble comme ça sous mes mains ? On dirait un sèche-linge, c’est flippant de me dire ça alors qu’elle me dévisage et qu’elle a l’air à deux doigts de partir en transe, reste calme toi aussi, y a rien d’ambigu, je n’ai pas de compte à rendre, oui c’est une vrai blonde, ses cils sont blond foncés, ça veux dire qu’on se regarde depuis suffisamment longtemps pour que je puisse voir la couleur de ses cils…

Ignorant le fil rouge de pensées peu pertinentes qui lui traversent l’esprit, Reiichi reste aussi concentré que possible sur la jeune femme à côté de lui, quand bien même cette dernière a l’air sur une autre planète. Il se pose en tout cas sincèrement la question quand il l’entend répondre.

« Pardon ? »

Mais elle est complètement défoncée, ma parole !

Ça expliquerait un tas de choses.

J’aurais mieux fait d’aller au strip-bar…

Mais finalement, une précision vient le rassurer (un peu) quand à son état mental, même s’il lui faut à nouveau un temps pour comprendre.

« Le quartier des ch… ah. Ikebukuro. Évidemment… C’est la prochaine station, ça devrait aller. »

En tout cas espérons que ça aille avant qu’elle ne rende définitivement l’antenne…

Malgré tout, il reste étonnamment calme étant donné les circonstances, comme s’il était simplement en train d’attendre que le métro reparte et pas d’essayer de contenir une crise de panique. Il s’en étonne lui-même. Quelque part, rien ne sert de s’affoler non plus et il faut bien admettre que passée la surprise première, il a déjà connu bien pire comme situation. Ceci dit, le tableau est tout de même assez surréaliste tandis qu’ils sont là, assis tous les deux sur la banquette dans cette rame déserte, qu’il lui tient doucement les épaules alors qu’elle respire comme un caniche en train de nager, et que tout ceci lui parait parfaitement normal. Il se dit qu’ils doivent avoir l’air bien fins vu de l’extérieur mais puisqu’au final ça semble marcher, il repousse bien vite cette pensée. Lorsque le souffle de la demoiselle affolée redevient à peu près sous contrôle, elle relève les yeux vers lui et il cherche sur son visage le moindre signe avant-coureur d’un retour de frayeur.

On ne sait jamais, peut-être qu’elle va dire à nouveau un truc sans queue ni tête et que je répondrai comme si c’était tout à fait sensé, c’est quand même bizarre que je n’agisse pas comme si c’était bizarre alors qu’objectivement ça l’est, ça ne veut plus rien dire, je me perds dans ma propre tête, je crois que cette fille anesthésie ma logique, en même temps il est beaucoup trop tard pour toutes ces conneries, vivement que ça reparte et- Mais qu’est-ce que… ?

Alors qu’il s’attendait plus ou moins à ce qu’elle perde à nouveau son calme, voilà soudain que les grands yeux sombres de sa camarade d’infortune se remplissent de larmes, son menton se plisse et ses petites mains viennent se crisper sur le revers de son blouson pour qu’elle puisse pleurer contre lui. Pour le coup, il n’a absolument rien vu venir. Il en reste comme deux ronds de flancs.

Mais, mais qu’est-ce qui se passe ? Les chouettes, la panique, le métro, je pouvais gérer mais là, ça sort de mon domaine…

Maladroitement, il entoure ses épaules de son bras et pose sa main sur sa tête pour caresser doucement ses cheveux blonds.

Je n’ai jamais été bon pour ça, il me semble que c’est ce que je faisais quand je consolais Ori ou Aki mais ça fait tellement longtemps que je n’ai plus consolé personne, je- Ses cheveux sont tout doux, j’espère que je m’y prends bien, on dirait qu’ils sentent la fleur, je n’en suis pas certain, on dirait que je ne suis pas le seul à avoir bu ce soir mais ce n’est pas courtois du tout de dire ce genre de choses alors on va faire comme si, et puis pour l’instant il faudrait surtout qu’elle arrête de pleurer, ça fait longtemps que je n’ai pas consolé quelqu’un, je me sens bizarre pour de bon cette fois…

Essayant de ne pas penser à son genou qui touche le sien, il tente d’ajouter quelques phrases de réconfort à cette étreinte de soutien dont il n’est pas sûr de l’efficience :

« Allons Mademoiselle, ce n’est rien… Ça va repartir bientôt, vous verrez. Inutile de s’inquiéter. »

Je n’aime pas dire ça, je déteste dire ça, ce sont les phrases que l’on dit même quand on sait très bien que rien ne va s’arranger, que ça va empirer, que le renfort n’arrivera pas à temps et- Arrête de délirer, il est temps que j’aille me coucher, on est dans un métro en 2108, ça va prendre cinq minutes à réparer, ça parait plus long parce que le temps est un salopard, ses épaules sont toutes fines, j’espère que je ne sens pas trop l’alcool non plus, le tabac c’est mort je pense, mais je n’ai pas tant bu que ça, enfin je crois…

Gauchement, il esquisse un sourire, quand bien même il sait pertinemment que ça ne va pas avec ses cernes.

« Je m’appelle Bashō Reiichi. Et vous ? Vous habitez loin de la gare ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:01
Admin
Shiori Wakashimazu a écrit:

Joyeux anniversaire...
Nom du joueur 1
Shiori Wakashimazu
« Je veux sortir ! »
Nom du joueur 2
Reiichi Bashō
«Sors-moi de là !»
C’est un nounours, ce type. Je corrige : vu les cernes noirs autour de ses yeux, il tient plus du panda. Tant mieux, les pandas, c’est rare et en voie d’extinction. Comme les hommes gentils. Je pleure tout mon saoul, il apporte de la chaleur et de la douceur à mon tourment. Je me calme ; je crois. Je m’endormais volontiers, mais j’ai déjà trop cassé les pieds à mon samaritain, je ne l’imagine pas me traîner jusqu’à chez moi ou me payer le taxi. Ça craint.

Ça craint vraiment : il me prend contre lui à présent ! Il me caresse la tête, d’une façon. Je me laisse bercer.  Son stratagème digne d’un grand frère fonctionne. Mes larmes se tarissent comme un ruisseau en Afrique. Je sanglote un peu, par hoquets seulement. Cet inconnu, on peut dire de lui qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Traits rudes, mais chaleureux. Je n’ai jamais vécu avec mes divers petits copains. Pour lui prouver que je suis encore là, je réponds (je murmure plutôt) à son conseil, presque timidement.
- Vous croyez ?


Bien sûr qu’il y croit, Godiche ! Pourquoi une personne te bonimenterait dans une situation aussi périlleuses ? (je suis un peu coconne, je sais). Je repousse toute nécessité de cogiter. Ca sert à quoi de réfléchir, à part plonger dans le marasme, hein ? Sois blonde et tu seras heureuse, Shishi chérie. Il me sourit maintenant. Je le vois par-dessous, la courbe ne trompe pas. Il est à tomber. Je tombe d’ailleurs, oups, je me redresse.  Je m’éloigne un peu de ses bras. Pas trop, que j’en profite encore. Je reprends mes esprits puisque je joue l’opportuniste. Qui me condamnerait ? On ne reçoit pas d’accolade aussi confortable tous les jours. A la maison, la famille n’est pas foncièrement câline, voire pas du tout. De nature tactile, ma nature s’en est retrouvée frustrée au point d’abuser d’un inconnu.
Et je ne regrette rien.
Profitant de ses bras, de sa chaleur, j’active mes cordes vocales pour ne pas ventiler son interrogation. Dire que d’ordinaire, j’aimerais les endormir pour arrêter de parler ; là, je cherche un brin de tonalité et de volumes. D’une voix presque étranglée, roque et peu harmonieuse.
- Wakashimazu Shiori. J’habite à dix minutes à peu près de la gare. Vers le Sunshine 60.

Je pousse un soupir. Entre la fête et la déroute, je suis défaite.
Je veux dormir (on ne me croira pas quand je raconterais ça. Pire, on va se foutre de ma bibine. Je n’en voudrais pas aux moqueurs, j’ai toujours alimenté ma réputation de Mouvement Perpétuel).
Je veux dormir. Avec lui à mes côtés. Un doudou panda dans le lit, qui n’en rêverait pas ?
Oh, donnerais-je l’impression d’être une facile facile ? J’ai dit DORMIR (pas coucher). Un inconnu (moins inconnu maintenant, il s’appelle Reiichi Basho et on s’est serré dans les bras, sans parler de mon bâillement où il a vu toute la cavité buccale) dans mon lit, le premier soir (ou matin, il est quelle heure déjà ?), c’est inconvenant, nom de Zeus ! J’ai beau être rapide, c’est en règle générale. Point d’exagération et de conclusion hâte, vu ?
- Merci…

Je le regarde encore une fois dans ses yeux. Envoûte-moi, Pandi Panda, petit ourson de Chine.
- …Bashi Reiicho-san.

Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:02
Admin
Reiichi Bashō a écrit:


Joyeux anniversaire...

Malgré le fait qu’il pensait être un parangon de maladresse avec ses gestes tout raides, sa tentative pour rassurer la jeune femme a finalement l’air de porter ses fruits. Peu à peu, il sent qu’elle arrête de trembler contre lui, qu’elle se détend. Ses hoquets s’espacent, son souffle revient à peu près sous contrôle et sa voix se raccroche timidement à ses paroles réconfortantes. Plutôt soulagé d’être parvenu à la calmer, il affirme aussitôt en accentuant un peu plus son sourire :

« Mais oui. Il n’y a pas de raison. »

Oui, tout va bien se passer, on va rentrer chez nous, la ramener chez elle, s’ouvrir une bière et aller se pieuter. Pas dans cet ordre, parce qu’on ne peut pas faire ça chez elle, elle est jolie même si elle a pleuré, elle a de longs cils, ça souligne ses yeux, d’ailleurs ce n’est pas très raisonnable de vouloir une autre bière après ce qu’on a déjà bu mais d’un autre côté je ne vais pas pouvoir aller me coucher tout de suite. Pas après une telle aventure, faut que j’essaie de comprendre le film encore, sinon je vais faire des rêves bizarres…

Écoutant attentivement les indications qu’elle lui donne d’une voix un peu éraillée, il finit par hocher la tête lorsque se forme dans son esprit le plan du quartier. En effet, c’est vraiment à deux pas. Ce qui signifie qu’il peut se permettre de la raccompagner.

Je ne peux pas la laisser rentrer toute seule chez elle à une heure pareille après ce qui vient de se passer, Shiori c’est mignon comme prénom, ça va bien avec ses cheveux blonds, pas que je sois parano mais si en fait, complètement, qui sait sur quel genre de type elle pourrait tomber à une heure pareille ? Je devrais peut-être m’éloigner, d’ailleurs. Elle n’a pas l’air de vouloir bouger, elle a peut-être encore un peu peur, pas que ça me gêne foncièrement mais je n’ai pas envie de la mettre mal à l’aise, je ne suis pas ce genre d’homme. Lourd, alcoolisé, insultant ou pire, et avec une jupe aussi courte et des cuisses aussi belles, bon Dieu c’est mort, si je m’assure pas qu’elle passe sa porte je vais pas fermer l’œil…

« Le Sunshine 60. Oui, c’est tout près. Vous voyez ? Vous serez chez vous en un rien de temps. »

Et le plus tôt sera le mieux parce qu’elle a vraiment soudain l’air épuisée. Quoi de plus normal à cette heure avancée. Sans doute le contrecoup d’avoir voulu forcer les portes à la puissance de ses petits bras fluets. Reiichi est amusé en repensant à sa détermination inébranlable de cinq secondes. C’était attendrissant. Le qualificatif résonne encore dans sa tête lorsqu’elle croise à nouveau son regard…

Elle a une bouche ravissante, aussi…

… Pour le remercier de son aide. En l’appelant respectueusement par un nom qui n’est pas le sien. Reiichi cille, entrouvre les lèvres, les referme aussitôt.

« Presque. »

Le silence tombe sur la rame. Un long silence de cinq bonnes secondes qu’il passe à la regarder dans le blanc des yeux, à réaliser ce qu’elle vient de dire. Et puis, imperceptiblement, sa bouche se met à frémir. C’est le signal. À partir de là, tout s’enchaîne : ses pommettes se plissent vers ses yeux, un éclat nouveau s’allume dans ses prunelles fatiguées, il se mord la joue pour tenter de se retenir mais rien à faire. Sans qu’il ne puisse l’endiguer, un sourire étire bientôt tout son visage et il éclate de rire. Un rire joyeux et franc, moins grave que la tessiture habituelle de sa voix, qui rebondit dans sa poitrine comme le torrent entre les rochers. Il ne tarde pas à lâcher la jeune femme pour tenter de maîtriser son corps aux prises avec cette soudaine hilarité. Une vision rare chez un homme sérieux comme lui : ses épaules tressautent, son ventre lui fait mal, des larmes s’échappent du coin de ses paupières. Ça fait longtemps, très longtemps que ça ne lui est pas arrivé.

Non mais sérieusement, si elle est tout le temps comme ça, je ne te raconte pas le festival...

Au bout d’une minute environ, il parvient à reprendre suffisamment d’empire sur lui-même pour essuyer ses yeux et lui présenter ses excuses, le visage encore éclairé par un grand sourire :

« Pardon, ce n’est pas contre vous, mais… C’est la première fois qu’on m’appelle ainsi et… »

Et il ne faut pas que j’y repense trop sinon je vais repartir. Bashi Reiicho-san, quand je vais raconter ça aux collègues, non il ne faut pas que je raconte ça aux collègues où ils vont tous m’appeler comme ça eux aussi, en tout cas je sens que j’en rirais encore la semaine prochaine…

Reprenant une grande inspiration, il retrouve enfin l’essentiel de son sérieux, suffisamment pour s’incliner convenablement face à elle. Son sourire n’a pas complètement disparu de son visage et sa courbette n’a rien de formelle. Elle est plutôt remplie de sympathie.

« Excusez-moi, c’était impoli. Enchanté, Wakashimazu-san. Ce n’est pas la situation idéale pour dire ce genre de choses mais on ne s’ennuie pas avec vous… »

Et juste alors qu’il achève de prononcer ces mots, un grincement métallique et une secousse ébranlent la rame de métro. Reiichi lève la tête vers l’éclairage qui a de nouveau un moment de distraction, avant de constater qu’ils commencent à bouger. Enfin.

« Ah ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:02
Admin
Shiori Wakashimazu a écrit:

Joyeux anniversaire...
Nom du joueur 1
Shiori Wakashimazu
« Je veux sortir ! »
Nom du joueur 2
Reiichi Bashō
«Sors-moi de là !»
Doukismardonktan ?
Mon sauveur se bidonne comme si j'avais échappé la blague du siècle. Il n'a pas la tronche d'un humoriste, mais l'habit ne fait pas le moine. Il continue sans s'arrêter, épuisé alors que je le fixe avec des yeux de merlan frit. Il me scotche tellement il m'a coupé la chique. Balaise, quand même. Et trop chou avec ses larmes aux yeux (à moins qu'il ne transpire de l’oculaire ?) Il s'adresse de nouveau à mois une fois ses moyens récupérés. Son explication ne m'apporte rien, je ne vois pas ce que j'ai pu...
Ah, si... J'ai massacré son nom. Je commets régulièrement cet impair. Par manque de concentration et d'égard à mes interlocuteurs. Déjà que je tends rarement l'oreille quand on me cause, autant dire que quand je stresse, c'est la ruine. J'engage des fouilles archéologiques en quête du nom correct. Je ne vais pas lui demander de répéter, le pauvre. Je lui mène déjà une nuit d'enfer. Je l'amuse pour l'heure, qu'en serait-il lorsqu'il me trouvera lourde ?

Mais... Mais... Mais ! Je m'en tartine le maki qu'il me trouve lourde ! Dès le métro aura repris son train-train, ce sera fini, je ne le verrais plus. Son nom n'aura plus d'importance.
- Ca, non, on ne s'ennuie pas...

Je lâche ces paroles avec aigreur. J'aimerais m'ennuyer et ennuyer les autres, de temps en temps. Marquer une pause dans ma vie à tombeau ouvert.
Tiens, marrant cette expression paradoxale.

Rah !!! Arrêt de t'évaporer toutes les deux secondes pour un mot d'esprit, une phrase à rallonge, une parenthèse, une approximation ! J'en ai ras le vol de ce métro bloqué et de mes égarements qui me font prendre la vie de travers ! Et même s'il se moque de moi et que je ne me souviens plus de son nom (Reibo Chibashi ? Shochi Reiiba ? Nombre de lettres multipliées par le nombre de syllabes, combien de possibilités ? Merde, encore une parenthèse... Laisse tomber, Shio', t'es un cas désespéré...), je refuse de rentrer seule à la maison à cette heure-ci.
Le Japon est l'un des pays des plus sûrs du monde ; je rappelle néanmoins qu'il existe des wagons réservés aux femmes dans le métro. C'est pas pour du beurre. Et j'ai même pas besoin d'un agresseur pour me fourrer dans la mouise, je me débrouille toute seule ! Au moins, Reiichi Bashô ou je ne sais quelle autre combinaison fantaisiste m'accompagne, je me sentirais mieux. C'est un malabar au look bad-ass à croquer.

Ah, qu'il dit.

Je me secoue. Le métro s'ébranle, le plafonnier se revigore, je revis. Je danserais bien une gigue mais je ne connais pas les pas. A défaut, je pousse un soupir de chien de traîneau après l'ascension de l'Everest. On avance, un premier arrêt est atteint. La compagnie nous présente des excuses, je ne les écoute pas. C'est bientôt le mien. Depuis combien de temps sommes-nous arrêtés ? Je pourrais m'en assurer mais je préfère sauter au cou du jeune homme.
- Ah ? Ah ! Ah ah ah ah !!

Pour le contenu du message vocal, peut mieux faire. Je me cale contre lui ; je ne me délogerais qu'au dernier instant. Quand la voix féminine du haut-parleur annoncera :
- Ikebukuro. Ikebukuro.

Connasse.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:02
Admin
Reiichi Bashō a écrit:


Joyeux anniversaire...

« C’est une bonne chose, non ? Ça vous rend sympathique. »

Il y a comme quelque chose de cassé dans son sourire. Reiichi a l’impression que ces mots viennent de raviver un mauvais souvenir, ou quelque chose du genre. Il trouverait presque ça étrange.

D’habitude les gens ont peur d’être chiant, c’est la première fois que je croise quelqu’un qui se désole d’être intéressant, il en faut pour tous les goûts quelque part, j’imagine que ça dépend des caractères. Peut-être que les gens chiants ne se fréquentent qu’entre eux et n’aiment pas les autres parce qu’ils les trouvent lourd à s’amuser de rien, si c’est le cas cette fille doit en fatiguer plus d’un, je comprends et en même temps je trouve ça stupide. Moi je ne suis pas très amusant et pourtant j’adore ceux qui le sont, je suis peut-être un peu bizarre moi aussi mais au moins on est deux, en tous les cas c’est dommage qu’elle le prenne comme ça, c’était vraiment un compliment…

Ceci dit, il n’a pas le temps de se morfondre bien longtemps. Le métro choisit cet instant pour repartir et la lumière se ravive dans les yeux de la jeune femme en même tant que dans les plafonniers. Elle met un instant à réaliser mais choisit aussitôt de fêter l’évènement d’une façon pour le moins inattendue : en lui sautant au cou.

Wow !

Par réflexe, il a posé ses mains sur son dos pour stabiliser la drôle de paire qu’ils forment tous les deux mais, dès qu’il réalise que ce sont ses bras qu’il sent lovés autour de sa nuque et son visage contre le sien, il a beau sourire pour accompagner sa joie, il se voit soudain pris d’un autre réflexe bien involontaire : il rougit.

Bon sang mais cette fille n’a vraiment pas froid aux yeux, froids aux yeux, c’est bizarre comme expression mais à ce stade de bizarrerie, ça relèverait presque de l’inconscience. Je ne suis ni un puceau ni un détraqué, je sais me tenir et ça ne me viendrait pas à l’idée de tenter quoi que ce soit mais quand même, y a cinq minutes on ne se connaissait pas et elle s’endormait sur le banc, elle est toute fine mais elle a de la force, de l’énergie plutôt, si elle se débattait elle pourrait peut-être se dégager sous l’effet de surprise mais elle aurait intérêt à courir vite après. Son rire est agréable, elle a raison, tant pis si c’est bizarre, j’ai toujours aimé les filles joyeuses, c’est bien qu’on reparte mais c’est bien qu’on soit tombé en panne aussi…

C’est ce que Reiichi finit par se dire alors que Shiori se blottit contre lui, sans gêne aucune et en toute confiance, comme s’il était son frère ou un ami et qu’il laisse une main chaste sur son épaule. Sa spontanéité a quelque chose de tellement rafraîchissant qu’il finit même par oublier l’étrangeté de leur situation. Et durant le très court laps de temps qu’ils restent ainsi enlacés après le redémarrage, il prend sa décision. Quand la voix métallique annonce la station d’Ikebukuro, il se lève le premier et entraîne la jeune femme dans son sillage avec un signe de tête et un sourire.

« Permettez-moi de vous raccompagner jusqu’à chez vous. Pour m’assurer qu’il ne vous arrive pas d’autres mésaventures étranges. »

Elle ne semble pas avoir d’objection. De toute façon, il est déjà descendu sur le quai avec elle. Ils se mettent donc en route de concert vers la surface, toujours le sourire aux lèvres pour sa part. La fatigue a beau commencer à peser sur ses épaules, le détour que lui réclame cet élan de galanterie vaut à ses yeux parfaitement la peine. Même quand ils s’aperçoivent en sortant de la station qu’il s’est mis à pleuvoir. Après un instant de surprise, Reiichi fait une fois de plus contre mauvaise fortune bon cœur et abrite la jeune femme sous sa veste avant de se mettre en route. Elle est de nouveau contre lui, mais vu comme elle se cramponnait dans le métro ça ne doit pas trop la déranger non plus.

Ce genre de situations à la con, ça rapproche. Je ne la connais pas, je sais tout juste son nom et pourtant je la trouve sympathique comme si je la croisais tous les jours…

« J’espère pour vous que votre soirée a mieux commencé qu’elle ne s’est terminée ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:02
Admin
Shiori Wakashimazu a écrit:

Joyeux anniversaire...
Nom du joueur 1
Shiori Wakashimazu
« Je veux sortir ! »
Nom du joueur 2
Reiichi Bashō
«Sors-moi de là !»
Marraine la bonne fée a décidé d'aider Centripète en poussant Panda charmant à dépasser la permission de minuit. R.B.-san veut me raccompagner chez moi. Un beau mec veut me raccompagner chez moi ! La classe totale.

Angelot Chibi sur mon épaule droite m'appelle. Chérubin Raison me souffle que ce n'est pas normal, que les gentlemen sont une légende urbaine et que je suis soit un futur plan-fesses, soit mon cerveau va alimenter le smoothie d'un psychopathe, avec mes orbites en guise de glaçon. Beurk beurk, petite élucubration, je vais écouter Diablo Chibi qui est un peu moins glauque.

J'accepte l'offre d'un sourire équivoque. Puisque Reiichi est déjà sorti de la rame, autant qu'il attende le prochain train à mes côtés. Les marches de la station de métro ne sont pas fatigantes, Stairway to Heaven. La pluie nous accueille et vernit la chaussée d'un sombre éclat où se reflètent les enseignes lumineuses de la rue, Singing in the rain. Il me prend contre lui, pour me protéger des gouttes, m'accueillant dans sa veste. Son corps est chaud, I'm so Excited. I believe i can fly.

Merdeuuuh, il vient de me parler alors que j'étais dans la stratosphère, dans la fusée naviguant vers le Septième Ciel. Qu'est-ce que je fais ? Je lui demande de répéter ? Ça craint, il va croire que je suis idiote ou peu attentive. Ce que je suis au demeurant. Pas idiote. Peu attentive.
Les gens perchés passent pour des égocentriques s'enfermant dans une bulle et ne considérant qu'eux-même. Si je lui réponds à côté, je perds autant la face. En gros, je me suis vautrée. Trouver une échappatoire est compromis. Et le silence va provoquer des turbulences désastreuses. Réagis, ma fille !
Je lève les yeux vers lui, papillonne des cils avec un air naïf digne de la Petite maison dans la prairie.

- Excusez-moi, je n'ai pas bien entendu. Je me sens tellement bien que je me suis un peu perdue dans mes pensées...


Il est trop gentil, Reiichi. Il répète patiemment, il connaît ma réponse puisque je l'éclaire à ma façon. Dans un souffle contenu par un sourire béat.

- Oh oui, tellement mieux !


Soudain les perspectives changent ; les mesures aussi. Est-ce la pluie qui fait rétrécir au lavage les minutes et les mètres ? Je reconnais le magasin à l'angle, nous sommes proches de chez moi. Déjà. Pas maintenant, pas maintenant... Je l'invite chez moi ? Angelot me dit :"non, tu ne le connais pas." On dépasse le magasin, je vois la porte de l'immeuble.

- Et vous ? Malgré ce détour ?


On a dépassé la porte de l'immeuble. Je n'ai pas tiqué, je n'ai pas même trahi un coup d’œil. Je lui fais traverser la route, on tombe sur le flanc droit du Sunshine 60. Seulement, marcher toute la pluie pendant toute la nuit, alors que le lendemain s'approche, c'est moyen pour discuter. Les bars sont fermés à cette heure et j'ai déjà trop consommé pour mon anniversaire. Je fais quoi maintenant ? J'ai envie de rester avec lui, de prolonger la nuit, mais comment sans le faire venir chez moi ? Tant pis, l'Ange, va voir ailleurs si j'y suis, je vais le faire monter, lui permettre de se sécher et lui payer le taxi pour qu'il rentre chez lui. C'est la moindre des choses au regard du service rendu. Même s'il va se douter de ma stratégie en revenant là où nous sommes déjà passés. Le ridicule n'a jamais tué personne, alors autant s'y enfoncer.

Nous déambulons toujours. Je ne connais pas cette rue. Ni la suivante.

On est où exactement ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:02
Admin
Reiichi Bashō a écrit:


Joyeux anniversaire...

La pluie lui ruisselle un peu sur le haut du crâne, là où sa veste ne peut pas vraiment l’abriter parce que le plus gros est réquisitionné pour protéger la demoiselle contre son flanc des intempéries. Ça ne le gêne pas plus que ça. Même s’il les porte courts en ce moment, il a les cheveux suffisamment épais pour ne pas avoir une tête de chien mouillé à la première averse.

Et de toute façon je ne suis pas en sucre et ça c’est pas de la pluie, au Brésil c’était de la vraie pluie qui te frappait les os, parfois je ne voyais tellement plus rien que je me demandais si elle ne m’avait pas crevé les yeux et – là y a juste quelques gouttes, même pas de boue et une odeur de béton humide et puis elle aussi. Elle s’accroche à moi mais elle est obligée si on veut tenir debout sous la veste, je ne me plains pas, j’aime bien, ce serait idiot de dire le contraire, je sens ses doigts à travers mon pull, c’est rigolo le bruit que font les pas sur les trottoirs mouillés, j’espère que ça ne glisse pas trop parce qu’elle a l’air de ne pas trop regarder où elle marche…

En effet, les yeux papillonnants qu’elle pose sur lui comme seule et unique réponse à sa question lui arrachent un sourire qui souffle un peu sur ses mèches blondes.

Elle est tellement naturelle, moi aussi je me sens bien alors que n’importe qui serait agacé de devoir ramener quelqu’un d’autre sous la pluie après une panne de métro mais moi je ne pourrais jamais le dire juste comme ça, comme un rien, sans même y réfléchir à quelqu’un que je ne connais pas même si je partage sa veste. J’en serais presque jaloux mais non, pas vraiment, c’est une façon de parler, je n’ai pas envie d’être jaloux j’ai juste envie de lui sourire…

« Ce n’est pas grave. C’est même plutôt flatteur… »

Tant qu’à faire. Si elle passe toujours une bonne soirée grâce à lui malgré les tuiles qui pavent leur route, tant mieux. Ce n’est pas lui qui s’en plaindra alors qu’ils se rapprochent tranquillement du Sunshine 60.

On ne doit plus être loin maintenant…

« Oui, plutôt. J’ai passé la soirée avec des amis que je n’avais pas vus depuis longtemps. Rien de bien exceptionnel mais c’était plaisant. Et le détour est très agréable, je vous assure. »

Il lui sourit à nouveau en baissant la tête vers elle, la pluie gouttant légèrement de ses cheveux et du bout de son nez. Il n’a pas encore trop froid bien que le mois de février se fasse tout de même sentir à cette heure de la nuit mais l’alcool et la situation dans laquelle il se trouve tiennent son corps en éveil. La température n’est qu’un détail dont il prend note mais auquel il ne fait pas plus attention que ça tandis qu’ils continuent de marcher en échangeant quelques mots. Jusqu’à un certain point tout du moins…

« Euuh… Excusez-moi mais… on est encore loin ? On a dépassé le Sunshine 60 il y a un moment… »

Et ce n’est pas qu’il commence à avoir froid ou à se poser des questions mais presque. Il lui jette un coup d’œil curieux. Shiori observe les environs et le nom des rues d’un air perplexe qui lui met la puce à l’oreille.

Non, c’est pas vrai…

« Pardon de poser cette question mais… vous êtes sûre que vous habitez dans le coin ? »

Elle n’a quand même pas réussi à oublier où elle habite, là je ne saurais vraiment plus quoi dire…

En même temps, plus le temps passe, plus il a l’impression que cette papillonnante demoiselle qui l’étourdit de sa spontanéité a quelques difficultés à fixer sa concentration. Enfin, c’est la conclusion qu’il tire des noms fantaisistes dont elle les a affublés, lui et le quartier où elle vit, et d’autres petits détails de ce genre. Même si, de là à oublier jusqu’à l’endroit où elle vit, ça le laisse perplexe.

Ça ne doit pas être facile à vivre tous les jours, je deviendrais vite marteau si je ne me souvenais de rien comme ça et puis surtout je me demande si je vais vraiment tenir toute la nuit à chercher sa maison dans le quartier, au bout d’un moment j’en aurais sans doute marre mais je ne peux pas la planter là sous la pluie non plus…

En désespoir de cause, Reiichi les emmène s’abriter sous un porche le temps de sortir son smartphone de sa poche pour enclencher la fonction GPS en quelques mouvements de pouce.

« On va faire plus simple : pouvez-vous me dire votre adresse, s’il vous plait ? »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:02
Admin
Shiori Wakashimazu a écrit:

Joyeux anniversaire...
Nom du joueur 1
Shiori Wakashimazu
« Je veux sortir ! »
Nom du joueur 2
Reiichi Bashō
«Sors-moi de là !»
Mon premier réflexe mental fut de m'affubler de mille noms d'oiseaux, aussi beaux et colorés les uns que les autres. Franchement, a-t-on idée de se perdre dans le quartier où l'on vit, que l'on fréquente tous les jours, alors qu'Ikebukuro est riche en repères ? A l'abri de la pluie, sous le petit toit d'une entrée, mon samaritain caresse l'écran de son téléphone en quête de son appli GPS. J'aurais pu faire pareil, je m'en serais sortie en deux deux, mais malheureusement j'ai trop honte pour bouger. Honte honte honte. Je me le répète tellement, ce mot, qu'il va finir par se graver dans mon esprit au point de rester comme unique mot de mon vocabulaire. Je vais devoir jouer la sincérité. Ça me pèse de devoir expliquer la raison de mon débile stratagème. Penaude, je lui décline mon adresse, à peine à trois cent mètres de ce coin perdu. Je danse d'un pied sur l'autre, attendant que la pluie se calme pour prendre notre marche nocturne. Enfin, presque nocturne. On s'approche plus du jour que de la nuit, à présent.
Je dois me décider.

Reiichii-san ?

Bah, ok, vu que je ne sais plus ce que je dis, si ça se trouve, je lui ai donné du prénom-san au lieu du nom-san, ce qui revient en japonais soit à une grande proximité, soit une marque de mépris. Yahoo, je suis la reine.

Je suis désolée pour toute cette histoire. Vous m'avez été d'un grand secours alors que je pétais les plombs dans ce métro, car je ne supporte pas d'être enfermée, bloquée. Quand vous m'avez proposé de m'accompagner chez moi, j'ai beaucoup apprécié. Mais j'abuse de votre gentillesse. On est passé devant ma maison, il y a cinq minutes. J'ai volontairement prolongé le chemin car nous sommes arrivés trop tôt. En arrivant chez moi, on se serait dit au revoir, et pas forcément à bientôt. Je voulais que ça dure. Je passais un si bon moment. J'aurais pu... J'aurai pu, dès le départ, vous proposer de monter chez moi pour discuter, pour vous remercier, après le détour que je vous ai fait faire. Cependant, cela pose deux problèmes. Le premier, vous avez peut-être envie de rentrer chez vous. Il était déjà tard quand cet incident dans le métro est arrivé. Ensuite...
Si je vous invitais, je mourrais de peur que vous croyez que je sois... Un certain genre de fille. Non pas que vous ne me plaisez pas, mais je vous aurais proposé plutôt de vous réchauffer un peu et de vous sécher. Mais si je vous avais dit ça à brûle-pourpoint, pour qui m'auriez vous prise ? Euh... Je préjuge un peu de vous, si ça se trouve vous êtes un homme bien, vous êtes sûrement quelqu'un de bien, vous êtes super gentil, et si ça se trouve, vous auriez pu ne rien penser à mon sujet, à part ":elle veut juste me remercier autour d'un thé, d'un café et d'une serviette"
et pas en nature. En fait le problème c'est que je prévois à l'avance les réactions de quelqu'un que je ne connais même pas et que du coup j'ai envie de connaître plus et que je ne sais pas comment m'y prendre.

J'avale ma salive. J'ai envie d'un verre d'eau.

Si vous avez compris un traitre mot de mon Gloubiboulga, alors vous avez des chances de gagner à "Champion, une question, un million" !

Il me suffirait juste de lever la tête et de boire une goutte de pluie ou dix, vu le flot. Mais j'aurais l'air plus bête que je ne le suis déjà.

On va arrêter les dégats là, hein ! Je vais vous payer un taxi et vous pourrez rester un peu au calme.
Vous pourrez vous coucher. Ou faire ce que vous voulez, votre vie ne me regarde pas, hein. Au moins, je ne vous ennuierais plus, car je crois que vous venez de faire la pire rencontre de votre vie.

Je jette un regard en biais vers lui. J'ai peur de son regard. J'ai peur de sa réponse. Pourtant je la mérite. Je suis vraiment un cas désespéré.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:02
Admin
Reiichi Bashō a écrit:


Joyeux anniversaire...

Mais…

Reiichi oublie le GPS de son portable. Il oublie l’adresse qu’elle lui a donnée. Il se contente de l’écouter sans mot dire, après un mouvement de surprise en s’entendant appeler par son prénom. Et au fur et à mesure que son explication se déroule…

Mais…

… Le milicien sent son pouls prendre le trot. Une espèce de tremblement intérieur remonte le long de ses côtes, le chatouille et crispe imperceptiblement ses mains sur son téléphone. Et même s’il reste parfaitement impassible, un observateur attentif pourra voir deux pettes tâches roses s’épanouir discrètement sur ses pommettes alors que Shiori conclut piteusement ses explications avant de lui lancer par en-dessous un regard d’épagneul triste.

Mais bordel de merde, elle est trop mignonne !!!

Détournant les yeux, Reiichi range son portable pour se donner le temps de reprendre contenance, la ride du lion un peu creuséE sur son front. Il en faut beaucoup pour ça habituellement. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en cet instant précis, le pauvre garçon est perturbé. Et il doit mobiliser tous les efforts du monde pour le cacher.

Putain, ça craint, je ne peux quand même pas dire ça, je vais avoir l’air d’un puceau tout droit débarqué d’un anime, c’est absolument hors de- Mais je ne peux rien dire d’autre, c’est pas viril du tout mais elle est vraiment, vraiment trop mignonne avec sa petite tête baissée et sa voix toute timide et ses yeux de- Aaaaaaah, merde ! Je ne peux quand même pas l’attraper et la papouiller comme un petit chien ! C’est moi qui vais passer pour un pervers !!!

Finalement, il prend une grande inspiration et fait face solennellement à la jeune femme. Il a peut-être l’air un peu trop sérieux alors qu’il essaie de maîtriser ses réactions mais sa voix est douce et bienveillante lorsqu’il lui répond :

« Shiori-san. Ce n’est peut-être pas la réponse que vous attendiez mais permettez-moi de vous corriger : vous ne m’ennuyez pas du tout. Et vous n’êtes pas la pire rencontre de ma vie. En fait, si je pouvais remonter le cours de la soirée, je ferais en sorte que tout se passe exactement de la même façon. Au détail près. »

Un sourire sincère parvient même à prendre place sur ses lèvres, effaçant la ride au milieu de son front. Hormis sa mère ou ses sœurs, peu de personnes peuvent se vanter de lui avoir déjà vu une expression aussi chaleureuse, autant que l’on peut qualifier de chaleureux les gens monolithiques comme lui.

Jamais on ne m’a fait de compliment de façon aussi adorable. Que je plaise, qu’on se sente bien avec moi, d’accord, pourquoi pas, mais qu’on me le dise comme ça- bon sang mais comment a-t-elle pu penser que je la prendrais pour ce genre de fille, j'espère que ça ne la dérange pas que je l'appelle par son prénom, je n'ai pas trop réfléchi, de toute façon elle est bien trop mignonne, bien trop naturelle, bien trop pour être une calculatrice ou une croqueuse d’hommes. En toute honnêteté je ne dirais pas non, elle est ravissante et j’adore les blondes mais là pas moyen, j’ai juste envie de fondre…

Sans cesser de sourire, il finit même par s’incliner :

« Et je serais très honoré de boire un dernier verre en votre compagnie. Si vous le voulez toujours. »

On dirait que je la demande en mariage…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:03
Admin
Shiori Wakashimazu a écrit:

Joyeux anniversaire...
Nom du joueur 1
Shiori Wakashimazu
« Je veux sortir ! »
Nom du joueur 2
Reiichi Bashō
«Sors-moi de là !»
Les événements ne se passent jamais comme on l'imagine. Reiichi lâche son téléphone GPS, arme fatale pour retrouver notre chemin dans son labyrinthe de rues sombres. Il aurait pu me laisser partir et mettre fin à cette calamiteuse soirée. Au contraire, il ne m'abandonne pas là  où moi je l'aurais laissé sans sommation pour mettre laisser embarquer par une folle.Il se retourne vers moi et j'ose à peine lever la tête. Sa voix me force cependant à relever buste et coup pour mieux plonger dans ses yeux et relier nos sens de parole à écoute. Je me laisse bercer par ces belles paroles de chevalier servant, les plus belles que j'ai entendu de ma vie (non, j'ai déjà dû en entendre, mais présentement je ne retiens que celles-ci).

La soirée avait pourtant été pourrie : Métro bloqué, fille hystérique, pluie battante, égarement dans des ruelles. Et Reiichi se sentait prêt à recommencer ? Je me pince jusqu'au sang le bras droit. On ne sait jamais, avec tout ce que j'ai bu, je suis encore sous influence de part des anges ou j'agonise sur un brancard aux Urgences, prisonnière dans un coma éthylique et tout vient de mon imagination tordue.
Pourtant, j'ai mal et je sais que je ne rêve pas. L'histoire du pincement, c'est idiot, ça ne marche que dans les fictions. Reiichi m'a donc parlé comme un de ces hommes que les femmes espèrent et qui n'arrivent jamais.

Ou alors il est un de ces hommes qu'il est un de ces hommes que les femmes n'espèrent pas et qui arrivent parfois. Genre psychopathe kidnappeur et autres méfaits, avec un penchant SM (même s'il tire plus sur le masochisme vu ce que je lui fais subir depuis notre rencontre). Est-il net ? Puis-je avoir confiance en lui ? Il n'était pas obligé de t'accompagner jusqu'ici, le dois-je à sa bonté d'âme à un intérêt moins charmant ? J'essaie de me persuader que son sourire à tomber (qui détend son visage si crispé depuis tantôt, ses traits faciaux changeant diamétralement, lui conférant une profonde humanité) est celui de Jack l'éventreur. Mais je suis tellement nulle en mensonge que je ne parviens même pas à me persuader. Je me laisse prendre comme une araignée dans la toile d'un papillon (euh, non, l'inverse), à cause de son sourire, de son parapluie qui goutte, de son sourire, de notre pneumonie à venir, de son sourire. Et son inclinaison à présent, au secours ! Je voudrais m'enfoncer dans le bitume jusqu'à atteindre l'autre surface de la planète tellement j'ai honte de mon comportement envers lui. Qu'il m'oublie, ou qu'il oublie mon visage de psychopathe créé par mon nouveau sourire jovial.

Un dernier verre ! Okay ! On va avoir besoin du GPS pour se retrouver chez moi et une fois au chaud, promis, vous aurez tout ce que vous voudrez !

Oh, bravo, Reine des sous-entendus vaseux. Rattrape-toi.

En boisson. Bien sûr.

Qu'est-ce qu'il y a en unité de mesure de poids après le kilo, le quintal et la tonne ? La Shiori.

Reiichi reprend dans GPS, et nous suivons au mot les instructions données par une voix féminine ultra-célèbre chez les utilisateurs de ce genre d'appareil, la même voix digitalisée dans tout le pays. Au bout de quelques mètres déjà, je reconnais mon quartier, mais je me contente de me taire, pour apprécier le moment, et me concentrer sur les flaques pour pas mouiller mes petites godasses qui n'aiment guère l'eau. Quand nous arrivons au pied de mon immeuble, à cet endroit précis où j'ai décidé de faire durer le plaisir, j'ouvre la porte et laisse entrer Reiichi devant moi. Il est plus trempé qu'un phoque dans un bassin d'aquarium. Je lui indique l'ascenseur, l'appelle (l'ascenseur) et nous montons au troisième. Je ne suis ni au rez-de-chaussée (pratique pour éviter en été que les passants vous regardent dormir par la fenêtre), ni au sommet, ce qui est somme toute pratique en cas d'évacuation, je ne serais pas la dernière à mourir.
J'ouvre la porte avec ma clé, mais pendant une micro-seconde, j'interromps mon geste et réfléchit à la vitesse de la lumière. Je sais pertinemment mon appartement en désordre absolu, car j'ai changé cent fois de tenues avant de trouver la bonne pour mon anniversaire. Enfin, mon frigo n'était-il pas vide et aie-je du choix pour mon invité surprise. Mortifiée, mon visage perd ses couleurs rosées. Je tourne la clé pour ne pas qu'il se doute de quoique ce soit. Je pose ma main sur la poignée, et je me tourne vers lui pour le prévenir du capharnaüm à venir.

Désolée, je ne suis pas très ordonnée à la base, et là... je crois que j'atteins un bon niveau de chaos.  Je vais déblayer le chemin.

A peine je pousse la porte que je sens déjà qu'un objet bloque son ouverture. Sûrement une de mes chaussures à talon. Je trouvais mon choix mauvais tout à l'heure, mais j'aurais pu faire pire avec des talons. Sauf que là, ben... Je l'ai mise n'importe où, je force un peu pour rentrer.

Attends, je vais allumer la lumière !

Note pour moi-même : acheter un appareil genre déblayeur pour tout caser d'urgence dans une armoire de secours. Ca m'évitera de ramasser dans le noir complet ce que je peux trouver sur mon chemin jusqu'à l'interrupteur du fond (alors qu'il y en a un à l'entrée, mais passons). J'aimerais pouvoir dire que je suis nyctalope et récupérer avec grâce et vitesse les amoncellements disséminés sur le sol. Hélas, c'est plutôt moi que j'essaie de récupérer en évitant de me casser la bibine.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:03
Admin
Reiichi Bashō a écrit:


Joyeux anniversaire...

« Oui. Bien sûr. Merci beaucoup. »

Répond Reiichi, légèrement pris de court par ce sous-entendu involontaire qu’il n’a perçu qu’après coup, comme elle. Il rentre pour de bon l’adresse dans le GPS pour garder un visage à peu près impassible.

Bien sûr, pas autre chose, en toute honnêteté j’aurais peut-être voulu un peu plus que de la boisson mais ce n’est vraiment pas le moment, ça serait très grossier, elle est mignonne oui, mais elle va se faire mal à se pincer comme ça, elle est me plaît vraiment beaucoup aussi, pas le premier soir quand on est un mec bien, je n’aurais peut-être pas du l’appeler par son prénom même si c’est elle qui a commencé, faudrait vraiment être le dernier des minables pour demander plus qu’un verre en remerciement, quand une femme dit non c’est non, oui c’est oui, un dernier coup c’est un dernier coup, je crois que c’est le plus grand sourire que j’ai vu de toute ma vie…

Reiichi se laisse totalement charmer par ce sourire d’écolière en vacances d’été alors qu’ils reviennent sur leurs pas et que la discussion se poursuit distraitement entre deux indications de voix synthétique. Il est tard et il voit venir le moment où la fatigue lui alourdira les paupières, mais pour le moment il n’en a cure. Cette joie de vivre (un peu trop) débordante prolonge son endurance, et son indulgence aussi alors qu’elle avoue ne pas être une reine du rangement sur le palier de son immeuble. Il secoue la tête, signifie que ce n’est rien, hésite un instant à proposer son aide lorsqu’un objet non identifié fait barrage à l’ouverture de la porte. Il cille en l’entendant passer au tutoiement (décidément…), puis patiente sur le palier en la regardant avec perplexité s’enfoncer dans un dédale obscur et encombré, réclamant visiblement une bonne dose d’agilité. Voilà qui lui fait légèrement craindre pour la suite.

J’ai de l’expérience en parcours d’obstacles, mais si je pouvais éviter de ramper dans la boue ou d’escalader des barricades, ça m’irait aussi, je devrais peut-être la suivre, j’ai l’impression qu’elle va finir par terre d’une minute à l’autre, et mais attends, c’est quoi ce…

- Clic -

La lumière s’allume sous le doigt du milicien qui vient de repérer l’interrupteur dans l’entrée, révélant la ravissante Shiori dans toute sa splendeur en équilibre précaire sur un pied, une chaussure à talon à la main, cherchant visiblement un îlot de plancher dans une mer de bazar. Le silence tombe, la scène se fige. Et Reiichi éclate de rire à nouveau, sans pouvoir se retenir.

Bon sang mais c’est pas possible, je vais mourir étouffé avant le lever du jour…

« Pardon, pardon, excusez-moi, je ne voulais pas me moquer, je vous assure… Je vais vous aider à ranger. »

Un reste d’hilarité au coin des lèvres, il s’avance donc vaillamment dans l’océan de désordre après avoir fermé la porte et retiré ses chaussures et entreprend de ramasser à pleine brassées les diverses choses qui traînent sur le sol pour les entreposer dans un coin. Après quelques minutes d’efforts conjugués (où Reiichi supporte avec toute sa dignité la découverte inattendue de quelques soutiens-gorge oubliés), ils parviennent ainsi à dégager un coin de table basse et deux coussins pour s’assoir par terre. Le milicien s’y laisse tomber avec un soupir de soulagement et un sourire chaleureux.

« Shiori-san, après une telle soirée, je refuse de quitter votre appartement sans vous demander votre numéro. »

Parce que je me suis bien amusé, que tu me plais de plus en plus et que si j’ai une chance d’avoir un second soir, je ne la laisserai pas passer…
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 1:03
Admin
Shiori Wakashimazu a écrit:


Joyeux anniversaire...
Nom du joueur 1
Shiori Wakashimazu
« Je veux sortir ! »
Nom du joueur 2
Reiichi Bashō
«Sors-moi de là !»
Qu'est-ce qui lui a pris d'allumer maintenant ? J'ai pas fini, il peut admirer dans toute sa beauté mon appartement sens dessus-dessous. Je suis mortifiée. Cette soirée continue sur la même note que tantôt. Quoique je fasse, je ne trouverais pas grâce à ses yeux, je me suis trop mouillée dans le ridicule. en même temps, peu importe, non ? Je devrais m'en moquer. Je lui offre à boire pour le remercier, il se réchauffe, il rentre chez lui, fin de l'histoire. Il aura de quoi rigoler avec ses potes demain et moi je tairai l'épisode post-sortie de restaurant, historie de conserver un peu d'amour-propre. Pour ce qu'il en reste.

Il rit.

Il ne reste plus d'amour propre, là.

J'ai même oublié ce que ça signifie. Je crois qu'il ne me reste plus beaucoup de choix, je me laisse faire. Je dois avoir 42°C de fièvre, d'où mon visage en feu. Avec beaucoup de patience, d'élégance et de silence bienvenu lorsqu'il met la main sur les lingeries oubliées (mais qu'est-ce qu'elles fichent là, d'ailleurs ?) Je le laisse installer un semblant de salon pour qu'on puisse boire un dernier coup. Je m'affaire vers le coin cuisine, ayant dépassé depuis longtemps les frontières du mal-être. Il continue de sourire. Au moins, il se marre, lui. Je m'en vais lui proposer une boisson. L'origine de tout ce mic-mac, faut pas que je perde mon fils. Je dois aller jusqu'au bout et effacer toutes mes conneries. Je m'apprête à lui demander ce qu'il souhaite, il me répond avant que j'ai le temps de lui faire part de mon stock.

Hein ?

Je crois que c'est le pompon, il me demande un truc que je ne connais même pas. Un Monumero. J'ai pas de ça dans mes placards et je n'en ai jamais vu en conbini. Je n'ai pas vraiment envie de ressortir pour leur poser la question, sur le trottoir d'en face, au Seven Eleven. Il pleut toujours ; je ne vais pas l'abandonner chez moi tout seul le temps que j'aille me renseigner.  Navrée, je me tourne vers lui. Pour éviter d'avoir l'air bête, autant ne pas lui demander de quoi il s'agit. Je m'informerais quand il sera parti. Pour pas mourir idiote. Bien que je sois plutôt mal partie.  

Désolée, je n'ai pas de monumero. Café, bière ? Asahi ? Un excitant, vu l'heure qu'il est, ça nous permettrait de tenir au moins la matinée. Il est bon de rester éveillé, ça ne servirait à rien de se recoucher.
Attendez, quoi ?

Tiens, le cerveau re-fonctionne.

Tu veux mon numéro de téléphone ?

Je dors déjà, je dois dormir, je dois rêver. Non, non, non. Après tout ce qu'il s'est passé, le métro, l'hystérie, la pluie, la perte de repère à deux minutes de chez soi, le bordel dans l'appartement, les sous-tifs de partout et un nouveau quiproquo ; sans oublier le prénom ébréché, le passage systématique du tutoiement au vouvoiement (oui oui, j'en me suis rendue compte mais je ne sais pas comment m'adresser à lui).
Il veut mon numéro.
Je me répète.
Mais ça me laisse sur le derrière.

Pourquoi faire ?

Pour me revoir ou pour servir de clown à l'anniversaire de son fils/neveu ou autre enfant ? Folle du roi avec un bonnet à clochette ? Car à part le faire mourir de rire, je n'ai pas servi à grand chose. Au moins, sa soirée-nuit n'a pas été si gâchée que ça.

Il finit par m'expliquer. Je tombe des nues et je ne comprends pas. Les hommes me fuient pour ce que je suis ; les rares amis que j'ai arrivent à me supporter parce que j'anime les soirées. Mais il n'est pas possible qu'on me demande de se revoir en tête à tête. Il doit être aussi taré que moi, mon chevalier servant.
Je souris.
Je lui donne mon numéro. Sans hésitation.

Et je lui tends son café au thé.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Archives Forums importants :: Just Married-
Sauter vers: