Revenir en haut Aller en bas



 

 :: Archives Forums importants :: Just Married Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

SHIORI ; DANZO ♚ S I C K

avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:52
Admin
n souffle. Un bref soupir. L'air frais vagabonde, fait virevolter la crinière verdâtre. D'un geste ample, les muscles se tendent. Ils s'étirent vers le haut. Tu as travaillé toute la journée, Danzo. À présent que la nuit commence à recouvrir la grande ville de Tokyo, tu es libre. Libre de tes mouvements et de ta soirée. Pourtant tu n'as guère envie d'en profiter. Contrairement à d'ordinaire, tu te sens un peu vaseux. Probablement seulement fatigué. Le teint un peu blafard cependant, tu prends la route du métro. C'est un chemin que tu fais souvent. C'est une route que tu connais bien. Chaque matin, chaque soir, tu prends la même voie. Encore et toujours. Alors c'est un peu à l'aveugle que tu t'y rends. Pas à pas, sans brusquer ton mètre quatre-vingt. Parce que tu le sens, Danzo. Cette sensation étrange qui vibre. Qui te fait l'effet d'une douleur lancinante. Cette impression de te traîner plus qu'à l'accoutumé. T'es un peu vide. Un peu flasque. Un peu mou. C'est désagréable alors qu'un faible juron se fait entendre. Tu chancelles un peu sur tes jambes. Tu te sens faible. Frêle. Fébrile. Comme un gamin avec un gros rhume. Lentement, une main vient se perdre sur ton front. La fraîcheur des doigts, te fais un bien fou. T'en es certain, t'es seulement crevé. Crevé de ta longue journée. Fatigué des efforts inutiles pour t'acclimater aux autres. Éreinté d'essayer de parler à tes collègues chaque jour. Un soupir. Encore et plus long que le précédent. Tu ne rêves que d'une chose : arriver enfin chez toi. Te laisser tomber sur ton canapé. T'endormir, bercé par le son de la télé. Tu en rêves de plus en plus alors que tu vois l'escalier. Salvateur. Il se tient face à toi. Tu y crois. Tu vas y arriver sans mal. L'espoir fait vivre. L'endroit est, naturellement, bondé comme toujours. Les gens sortent, les autres entrent. Tous plus pressés les uns que les autres. Les regards rivés sur les smartphones. Ça te fatigue un peu plus de voir ce tableau. Celui qui peint l'isolement. Celui que tu crains. T'arrêtant à quelques mètres de là, tu soupirs une énième fois. Doucement, tes doigts viennent se perdre dans la crinière. & tu le sens, la sueur qui perle sur tes tempes. « P'tin... » que tu murmures une seconde avant de faire un pas. Un pas de trop.

Je ne m'attendais pas
à ce que ce soit
s i m p l e
d'arriver là. C'est toujours
un peu comme un champ de
b a t a i l l e
lorsque j'aperçois les
escaliers qui mènent au
m é t r o.

Tu ne t'attendais pas à cela, Danzo. Tu ne t'attendais pas à être bousculé par une personne visiblement plus pressée que les autres. Alors déjà faible, tu as fait un pas en avant. En trébuchant. Lorsque tu reviens peu à peu à la réalité, tu as les mains très mal placées. Relevant les yeux, tu croises le visage d'une jeune femme. Déglutissant un peu, tu cherches à t'excuser alors que tu restes bloqué. Tu as les mains parfaitement posée sur sa poitrine. Au fond, ce n'est pas un mal pour toi alors que la sensation est toujours plaisante. Cependant, tu n'es pas un moins que rien au point de ne pas penser à ses sentiments. À sa gêne probable. À sa colère qui va se pointer bientôt. Retirant rapidement tes grandes paluches de là, tu lèves les mains en l'air. « Ah... je...je voulais pas... » tu commences à parler en Brésilien, un peu perturbé pour le coup. Tu perds tes moyens pour changer, Danzo. Parce que ce n'était pas voulu. Parce que cet accident te laisse paumé. À vrai dire, tu n'as pas le temps de te rattraper. Tu n'as pas le temps de parler en Japonais. Évidemment, elle t'en colle une. C'était à prévoir après tout. En une fraction de seconde, tu te retrouves par terre. Un faible grognement se fait entendre. Une nouvelle douleur voit le jour. Pourtant la froideur du sol, elle te fait un bien fou. Inspirant longuement, tu n'as plus la force de bouger de là. Tu pourrais simplement t'endormir sur place que ça ne serait pas un problème. Dans le vague, dans le flou, tu en oublies ce que tu voulais faire avant que ça n'arrive. Tu oublies les excuses. Un instant, tu oublies la jeune femme qui doit déjà être partie. Furieuse, elle a déjà dû tourner les talons pour s'éloigner. Alors tu fermes les yeux finalement, laissant un gémissement silencieux passer tes lèvres.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:53
Admin
Prime au boulot égale séance de shopping. J'ai bien travaillé, j'ai été récompensée en conséquence, avec des chiffres en plus sur le bulletin de salaire. Yata ! Je manquais de vêtement pour l'automne. Avec un peu d’honnêteté (que je n'ai pas, pour rappel), je reconnaîtrais que j'ai trop de vêtement et que le jour où je vais me marier, il va forcément y avoir débat sur mon côté Shopaholic . Néanmoins et cependant, pour le moment, je suis célibataire, et je me fais plaisir.
Je ne sais pas encore où je vais vider mon porte-feuille, les quartiers tentants sont légions à Tokyo. Shibuya, le 109, peut-être. A quelques encablures de métro et un peu de marche, ça devrait aller. Quoique vu l'heure, ne devrais-je pas attendre un jour de repos...
Non.
Il ne me manque plus qu'à presser le pas si je veux avoir le temps d'acheter un minimum. Soit une dizaine d'articles, si je gère bien. Je n'arrive visiblement pas à suivre les conseils pourtant avisés de Yuuto. La quantité ne fait pas la qualité. Je suis d'accord avec le postulat. Sur une partie du cerveau, du moins. Mais quand la tornade débarque et jette la sagesse à coup de pied aux fesses, j'accumule, je consomme, je fais le bonheur des chiffres d'affaire.
Je presse un peu le pas. Comme en course, je profite du vent de mon prédécesseur pour avancer plus vite. Je suis une technicienne de haut vol, une championne, je vois déjà mon panier plein comme un athlète voit un podium.

Jusqu'à l'imprévu. Devant moi, mon paravent se prend un type, qui dévie de sa trajectoire.
Ralenti.
Le type dérive, s'incline.
Suspendu.
Rythme interrompu.
Dynamique perturbée.
Arrêt total. De tout. Ma course, la sienne. Le monde autour de nous. Plus d'air. Lui et moi.

Ses mains sur mes seins.

Je le regarde. Il me regarde. Il a le teint rougeaud, il transpire. En transe.

Il lève les mains, comme un voleur pris sur le fait dans une banque qu'il vient de braquer.
Il baragouine des mots, je ne comprends pas.

Je tire sans somation.

- PERVERS !

Je ne contrôle plus mon bras, il part à toute vitesse. Je n'ai même pas réfléchi, c'est venu tout bonnement, dans un réflexe de défense empreint de colère et de honte. Je suis de nature tactile, même avec les inconnus, mais selon les circonstances, n'est-ce pas, Reiichi ? Là, sans raison, sans contexte, c'est parti.
Contact dans cinq... Quatre... Trois... Deux... Slap !



Je me promets d'apprendre le self-défense ou une discipline de ce genre, histoire de ne pas souffrir le martyr sur la paume de ma main à l'avenir. Ça fait vachement mal, une baffe ! Je rétracte mon bras, par réflexe, et regarde la peau blanche se teindre d'un rouge équivoque. J'ai une petite larme qui menace de couler à l’œil droit.

Je décolle mes yeux de ma mimine douloureuse pour me préparer à la réplique du challenger. Qui n'est plus en face de moi. Je l'ai perdu ? Ah, il est sur le sol. J'ignorais que j'avais la force de coller une personne à terre d'une seule gifle. Je ne me suis pas ménagée, ça craint. Il n'a pas l'air d'aller bien.

- Monsieur ? Ca va ?

Je l'ai tué ? C'est possible de tuer une personne d'un revers de la main ? Merde, merde, merde, j'ai mon shopping à faire, j'ai pas le temps de cacher le corps. De toute façon, la rue entière a vu la scène. Je m'accroupis à côté de lui, à la fois inquiète et contrariée. Je lui donne une petite baffe sur la joue et attend une réaction. Une de plus, une de moins...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:53
Admin

Le silence règne. Comme un salut. Comme une bénédiction. C'est éphémère. Ce n'est que dans ta tête, Danzo. Parce que le monde continue de tourner. Le monde continue de s'agiter aux alentours. Il continue de vivre naturellement. Oubliant l'existence des autres. Oubliant que tu es allongé à même le sol. Les orbes clos, tu te perds derrière tes propres paupières. Tu vagabondes dans cette froideur qui s'insinue au travers de tes vêtements. Cette impression de bouillir doucement, s'atténue finalement. Est-ce la fatigue ou une maladie qui se déclare ? Tu ne sais plus et tu ne cherches plus à comprendre. Un soupir s'échappe, las et blasé. Sa voix résonne, sa voix teinte doucement. Tu ne réagis pas immédiatement. Elle te gifle une nouvelle fois. Alors, tu ouvres les yeux. Petit à petit. Le monde te reviens. Le monde reprends forme, reprends vie. Tu clignes des yeux d'abord et tu poses ton regard embrumé sur elle. « Hein ?... » que tu laisses juste échapper en la remarquant. C'est elle. Elle qui a eu le malheur de se trouver là, de se trouver devant toi à ce moment-là. Elle est là. Elle n'est pas encore partie et tu l'observes une seconde, surprit. « T'es encore là ? » que tu demandes dans un Japonais aux accents Brésiliens un peu trop prononcés pour certains. La surprise ne se dissipe pas encore, clignant un peu des yeux comme si ce n'était qu'un mirage. Un mirage qui viendrait à se dissoudre d'un claquement de doigt. Pourtant... elle ne disparaît pas. « J'vais... J'sais pas trop si j'vais bien ! » que tu dis franchement. Parce que soudainement tu te souviens de ce qu'elle a demandée. Alors, tu finis par répondre enfin. Maintenant que tu as pris conscience que tout ceci n'est pas un rêve. Que tout ceci n'est pas éphémère. Que les gens sont toujours là. Que rien n'a changé. Seulement toi.

J'inspire profondément
j'essaye vainement de me
l e v e r
de me donner une certaine
c o n t e n a n c e
perdue dans cette gifle
que je méritais
p r o b a b l e m e n t.

Un grognement. Fin et empreint d'une douleur. Les muscles se tendent comme des arcs. Tu te sens las. Presque mou même. Un peu trop pour supporter ton propre poids à présent. La tentative de se redresser échoue lamentablement. & tu regardes ta vis-à-vis encore une fois. « J'suis désolé pour... » tu ne dis rien de plus, laissant l'évidence parler à ta place. Parce que c'est évident que tu t'excuses pour cette maladresse incongrue. Celle que tu n'as pas souhaité. Pour une fois. Pour changer. « Dit... tu veux bien m'aider ? J'arrive plus à m'relever... » que tu laisses s'évader dans un murmure. Un murmure qui se meurt dans un soupir. Un soupir marqué par une légère gêne. C'est gênant après tout qu'un homme de ta stature se retrouve incapable de bouger tout seul. Se retrouve incapable de se porter tout seul. De se relever après une simple gifle. Levant le bras, les doigts viennent mourir dans la crinière verdâtre. Grattant vivement le cuir chevelu comme pour détourner l'attention. La sienne ou la tienne, tu ne sais plus très bien. Puis un rire vain, un peu faux s'échappe soudainement. « J'ai l'air con, hein ?... » que tu murmures une nouvelle fois. Le rire se prononçant, devenant finalement plus vrai. Plus sincère. D'un geste lent, tu tournes les yeux sur elle, attendant de voir si elle sera d'accord pour te filer un coup de main. Toi qui a osé avoir un geste déplacé. Même s'il n'était pas voulu. Même si la sensation disparaît déjà de tes mains.
Tu te sens vaseux, Danzo. Plongé dans un océan, dans un tourbillon de sensations lourdes. Tu divagues, tu vogues sur une mer doucereuse, mais agitée. L'univers flotte. Tu n'es pas noyé au milieu d'un chaos sans fin, mais dans une chaleur dévastatrice.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:53
Admin
Si l'on m'avait dit un jour que j'étalerais un jeune homme dans la fleur de l'âge, je ne le croirais pas. Pourtant, ma pauvre victime est étalée de tout son long sur le sol, me rappelant cette réalité. Je surveille la moindre de ses réactions, me prouvant qu'il est encore conscient. Ses paupières papillonnent. J'entrevois ses pupilles et sa voix embrumée comme après un lourd sommeil articule un japonais à l'accent indéterminé. Je crois distinguer deux, trois mots. Si je ne me trompe pas trop, on dirait du latino, un quelconque dialecte d'Amérique du Sud, comme celui de ces métis issus de japonais immigré au Brésil. Enfin, je crois me souvenir de cette donnée issue d'un vieux cours d'histoire du Japon au lycée. Je fais un effort pour lui répondre en espérant ne pas me louper.

Oui, je suis là. Je suis là.

Même s'il m'a peloté, je n'allais pas le laisser là par terre. Il n'a pas fait exprès ; je suis même sûre qu'il a chuté malencontreusement sur moi (plus particulièrement sur ma poitrine). L'inconnu me confirme, avec un manque d'assurance qui ne laisse pourtant aucun doute. Une douleur s'exprime par un grondement guttural, venu du fond de sa gorge. Peut-être est-ce dû au contact brutal avec le sol, il reste bloqué, en position allongée. Ce n'est certainement pas par choix : les trottoirs n'ont jamais été la panacée pour un somme. Le pauvre est bien mal en point et pourtant il rigole. Je rigole aussi ; je lui montre que je ne suis pas rancunière.

Ça, pour avoir l'air con...

Mieux encore, je lui viens en aide, répondant à sa prière. Je saisis son bras gauche en douceur et lui passe une main dans son dos pour l'aider à se redresser. Il est presque assis, bien qu'un peu faible. Je m'aide au mieux de mes mains, j'ai peur de passer à mon tour pour une perverse qui le tripote. C'est pour la bonne cause ; et il faut lui reconnaître un petit charme. Je ne sais pas si je dois attribuer ce charme à sa fragilité de circonstance, touchante chez un homme. Quoique sûrement perçue par un Mâle comme une humiliation. Je continue de lui maintenir le dos. Impossible de le regarder en face si je veux qu'il soit à l'aise. Je ne distingue donc que son profil gauche, un œil brumeux, un teint pâlot et un reste de teinte rouge provoqué par ma gifle de tantôt. D'une voix douce (suffisamment rare, alors qu'il en profite), je le détend.

C'est pas ma gifle qui t'a mis dans cet état, pas vrai ?

Puisqu'il me tutoie, je le tutoie. Tout le monde est content, aux yokais la lourdeur des bonnes manières.

Ca n'allait pas déjà avant, c'est ça ? C'est quoi, tachicardie, hypoglycémie, fièvre ? Ou si c'est un truc pas trop légal, t'inquiète, je balancerais pas. tu peux te lever plus, te mettre debout ? Ou au moins aller s'asseoir et boire un coup ? Ou j'appelle un docteur, les pompiers ?

Ou je le laisse parler, cas échéant ?
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:53
Admin
Une sensation s'insinue. Elle se propage dans toute ton entité alors que ses mains se posent sur toi. Elles devraient être chaudes, n'est-ce pas ? La chaleur devrait s'engouffrer, filtrer au travers des pores de ta peau légèrement basanée, mais rien. Seulement un toucher froid. Un peu trop froid pour donner le sentiment d'être humain. Pendant une demi-seconde, tu penses à cet endroit. À cette ville. Son toucher froid, il te fait penser à ces gens. Ceux qui ne savent plus regarder devant eux. Qui sont incapables de voir autre chose que leur écran. Un bref sourire amère se dessine sur tes lèvres. Secouant un peu la tête pour chasser des pensées bien inutiles. Doucement, tu te redresses un peu. Le dos courbé sous le poids de la maladie ou de l'extrême fatigue qui te vrille les reins. Tu ne sais plus très bien, Danzo. Encore une fois, tu ne cherches plus. Dans un nouveau soupir, les yeux se promènent, reprennent peu à peu vie sur ce monde. « Non c'est pas la gifle. » que tu murmures avant de grimacer lentement. Le corps essaye de se déplier, essaye de s'étirer, mais une douleur lancinante traverse l'échine. « J'crois que j'ai des courbatures maintenant. » un fin sourire se dessine sur tes lippes. C'est pathétique, mais tu es comme tous les hommes finalement. Malade et fragile. Tu geins un peu, posant ton regard sur elle une énième fois. « J'sais pas trop ce que j'ai, sûrement une saloperie qui va vite disparaître. Genre... comme un rhume ou une connerie dans l'genre. » que tu essayes d'articuler sans trop d'accent. Pour ne pas trop écorcher son ouïe. Un instant un bref rire s'échappe encore.

Un rire fin et discret
il s'évade de manière
n a t u r e l l e
comme si je me payais
salement de ma propre
t ê t e
sans même sourciller
un seul
i n s t a n t.

« T'inquiète, c'sûrement rien de bien sérieux, ça va aller. Les médecins seront pas nécessaires, ni même les pompiers. » quelque part, c'est assez adorable comme réaction. Alors, tu lui souris plus franchement. Ta tête tourne un peu, mais rien de bien méchant. Tu es plus fort que ça, Danzo. Dans un grognement exagéré, tu poses une main au sol pour t'apprêter à te relever. « Par contre, j'veux bien un truc à boire, j'te le paye pour m'excuser. » que tu balances comme si c'était évident. D'un geste ample, tu commences à te remettre debout en faisant gaffe. Ce serait con après tout de retomber une deuxième fois. D'aggraver ton cas tout seul comme un grand garçon. Il te faut une petite minute pour retrouver pied à terre, tanguant légèrement en arrière. « P'tin, le monde tourne un peu là... » que tu murmures pour toi-même. Une seconde, une minute peut-être qui s'écoule. Tu prends le temps de laisser les idées se poser tranquillement. Tu laisses le temps à tes vertiges de se calmer. Tu reste patient avec toi-même pour ne pas te brusquer. Pour ne pas brusquer le mètre quatre-vingt de maladie. « Tu d'vrais peut-être pas trop m'approcher par contre, on sait jamais... si c'est contagieux ou quoi. » prévenant. Tu fais un pas sur le côté pour prendre de la distance avec elle après avoir dit cela. Laissant dès lors tes yeux se balader. « Bon... cherchons un endroit sympa pour boire un truc. » t'es pas froid, Danzo. Au contraire, tu es une chaleur naturelle. De celle qui n'est pas née ici de toute évidence. De celle qui n'a rien à voir avec tout les visages fermés qui croisent votre chemin. « Y'a un café là-bas, allons voir. » que tu ajoutes avant de faire un pas. Puis un deuxième. Puis un troisième. À dire vrai, tu tiens mieux sur tes jambes que tu ne l'aurais pensé. D'un geste rapide, tu regardes si elle te suit bien et continues d'avancer. Dans un ultime élan à son égard, tu prends soin de marcher lentement pour ne pas la distancer. Quoique... ce n'est plus vraiment possible pour toi maintenant. Tout d'un coup, tu réalises une chose qui manque entre vous. Quelque chose de simple, mais d'essentiel. « Moi c'est Danzo Almeida-Val d'ailleurs. »
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:53
Admin
Le jeune homme me rassure, je peux faire l'impasse sur un potentiel avenir de catcheuse. Pour le moment, en revanche, si je pouvais me faire infirmière, genre magical girl qui se transforme en n'importe quoi avec un bâton magique, une sacrée épine du pied me serait retirée. Le mec ne peut plus quitter le sol, bien qu'il essaie de bouger son corps, trouver une position. Paralysé, juste comme ça ? Non, quelque chose de plus sérieux se passe en lui. A moins que ma poitrine possède un pouvoir magique quelconque, en ce cas je plains mon futur époux...
Malgré la situation que d'autres prendraient avec humiliation, il se met à rire et avance un rhume. Je penche plus volontiers sur "la connerie dans l'genre".
Les rôles sont étrangement inversés. Il cherche à me rassurer. D'ordinaire, le malade reçoit le soutien au lieu de le donner. Je ne suis pas sûre qu'il ait raison de ne pas faire appel à des professionnels. Je vais pas le laisser passer la nuit ici en paillaisson pour piétons peu respectueux, non ?
Son sourire ne fait que s'agrandir. Sombrerait-il dans la démence ? Ouf, il veut juste boire un coup (tant qu'il ne sombre pas dans l'alcool, tout ira bien).

Secondes par secondes, le malade reprend des forces et parvient à se tourner, prendre appui sur le sol et se lever avec la souplesse d'un albatros sur le pont d'un navire, où de cruels marins se moqueraient de sa démarche maladroite. Je n'ai pas envie de rire, pour ma part. Je surveille le moindre de ses gestes, de ses mouvements, de ses hésitations. Peu à l'aise encore, il peine à retrouver ses repères, mais prend le temps nécessaire. Il a raison de ne pas se brusquer, là où j'aurais précipité tout le processus pour me retrouver à nouveau à terre par trop de rapidité.
Il me prévient qu'il risque d'être contagieux, pourtant je meurs d'envie de le prendre par le bras pour l'aider à marcher. Je crains qu'il ne rechute si nous ne trouvons pas un endroit pour s'asseoir rapidement.
Monsieur semble avoir une idée en tête, je le suis donc vers sa destination. Je connais plutôt mal le quartier pour un bar sympa. Quoique la priorité n'est-elle pas juste une chaise ? Pour vérifier qu'il aille bien et lui sauter dessus (pour le rattraper en cas de chancellement ! Qu'alliez-vous penser ? Je ne suis pas une fille facile, sinon pourquoi je l'aurais giflé, hum ?), je marche dans ses pas. Je le soupçonne d'avoir ralenti son rythme habituel de déambulation. Je l'imagine plus véloce au quotidien. Je lutte comme je peux contre ma frustration, car si j'agissais comme le naturel le veut, j'aurais déjà atteint Nagano.

Durant notre balade improvisée, mais au dessein précis, monsieur décide de se présenter. Juste justice, vu qu'il connait bien plus de moi que lui, à savoir approximativement ma taille de bonnet.

Wakashimazu Shiori. Hajimemashite. Et si nous nous arrêtions ici ?

Je dis ça pour lui et son état fébrile. Je suis prête à tenir la route plus longtemps, mais est-ce son cas ? Je repère un établissement plutôt agréable de l'extérieur, avec terrasse. Cependant, je privilégie l'intérieur. Si Danzo est enrhumé, on va lui éviter la pneumonie sous prétexte de prendre l'air sur un coin de la place. D'ailleurs, l'intérieur est agencé de fauteuils confortables, entre le lounge et le cooconing digne d'un week-end en famille à rien faire d'autres que s'affaler sur les coussins. Je résiste à l'envie de l'aider à s'asseoir, mais reste debout tant qu'il n'a pas posé ses fesses. Une fois son devoir accompli, j'exécute le mien et examine la carte posée debout, en triangle, devant nous.

Je veux bien que vous payiez le verre, mais je vous paie au moins une aspirine ou un autre remède.
Vous avez quoi comme symptôme ?

Je vais pas le laisser agoniser quand même, je ne suis pas pas (tout à fait) un monstre.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:53
Admin
Chancelant, tu continues ton chemin. Si d'ordinaire tu te serais probablement relevé de la claque rapide. Que tu aurais probablement aussi tenté de la draguer l'air de rien. & que tu aurais fait des allusions plus que douteuses sur la taille de son bonnet, tu te tenais tranquille. Engouffré dans le mal-être. La fatigue. Le poids qui pèse sur tes épaules. Un poids qui commence à donner des vertiges. Cette sensation est loin d'être grisante. Tu aimes bouger. Tu aimes être vif. Tu aimes pouvoir te sentir libre de tes mouvements. Pourtant, tu marches à présent comme une vieille, Danzo. Au fond, tu tentes de te persuader que c'est par égare pour elle. Que c'est une manière d'être gentleman, mais en à dire vrai, tu sens une lourdeur toujours. Une pensée nostalgique te prends un instant. Tu revois ta mère te foutre au lit du haut de ton mètre quatre-vingt avec une tisane comme seule compagnie. Un bref sourire passe tes lèvres en repensant à la voix forte et contrariée de ton plus jeune frère qui se voyait refuser l'entrée de ta chambre. & quelque part, ça te manque soudainement. Violemment et ton visage se ferme. Une seconde tout au plus alors que sa voix résonne. Elle se présente à son tour. « Wakashimazu Shiori. » que tu répètes plusieurs fois comme pour être certain de bien le dire. Tu ne voudrais pas écorcher son nom. Déjà que ton accent doit le rendre particulièrement désagréable à entendre, il manquerait plus que tu lui inventes un nom. Une fois que tu sembles satisfait de ta prononciation. À savoir qu'il vient potentiellement de traverser ses lippes au moins quinze fois, tu ajoutes : « Hajimemashite. » que tu as de toute évidence oublié de dire précédemment. Entre-temps, la jeune femme semble avoir trouver un endroit. D'un geste lent, tu tournes les yeux pour regarder. Une seconde tout au plus et tu hoches la tête. « Va pour celui-là. » que tu balances simplement avant de changer de trajectoire. Ça te semble bien loin alors qu'en réalité tu ne dois faire que dix mètres. Les dix mètres les plus longs de ta vie. Les plus coriaces et les plus difficiles. Tu commences vraiment à te faire l'effet d'une vieille décrépite. Tu finis par t'asseoir cependant. Un soupir d'aise bruyant s'échappe de tes lèvres. Un bien-être soudain. Bien loin du sol. Les fauteuils sont confortables pour ton plus grand bonheur.

Il y a une impression
de finalement
r e n a î t r e
et je souris bêtement
comme un enfant
c o n t e n t
d'avoir eu une glace
à l'heure du
g o û t é.

Un rire. Léger et discret. Tu ris un peu à ses mots et penche doucement la tête sur le côté. Elle est mignonne. & tu es désolé de la rencontrer dans des circonstances pareilles. Parce que tu ne te sens pas de taille à la draguer. À essayer tout du moins. Alors, c'est un soupir faussement abattu qui s'entend. « T'inquiète pas. » que tu dis d'abord avant de regarder la carte à ton tour. Les yeux fixés sur la liste des boissons, tu continues. « J'me sens... hum... fatigué tout d'abord j'dirais. Puis, j'ai aussi l'impression de porter un poids sur les épaules. J'ai la tête qui tourne aussi un peu. Et surtout, j'ai trop chaud. » tu fais la liste, une mine un peu songeuse. Comme si tu cherches à ne rien oublier. Dès lors que tu crois avoir terminé, tu l'observes. « Un verdict ? T'crois pas que c'est qu'un rhume hein ? » un fin sourire se dessine et tu interpelles un serveur qui passe dans le coin. « Bonsoir, j'vais prendre un café allongé s'il vous plaît et pour la demoiselle... » tu laisses en suspend, ne sachant pas ce qu'elle désire boire. Ne sachant pas si elle a même déjà choisie. Les femmes peuvent être indécises bien souvent. Prendre du temps pour des petites choses. Non pas que cela te dérange spécialement, mais tu ne sais pas dans son cas. Si elle est du genre rapide et sûre-d'elle ou plus papillonnante. Elle te fait pourtant l'effet d'être une femme vive. Assez pour t'en coller une du tac au tac. & tu affiches un sourire plus grand en repensant à cela. Les mots qui suivent, s'échappent lorsque le serveur est parti. « En tout cas... tu réagis au quart de tour. » tu rigoles. Tu te sens un peu mieux dans cette atmosphère chaude. Tu te sens surtout mieux après t'être assis. Bien que les symptômes errent toujours, tu te concentres à les oublier un peu. Pourtant, tu sens tes paupières un peu lourdes. Une tension parcourant ta nuque te fais dire cependant que tu ne risques pas de t'endormir.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:53
Admin
Il est rigolo ce monsieur. Je sais que ce n'est pas sympa de se moquer d'un homme malade qui vient de s'écrouler sur un trottoir. L'entendre cependant répéter mon nom super-hyper-ultra compliqué, comme une litanie, avec son accent si exotique, le transforme en gourou honorant la grande Déesse Wakashimazu. N'empêche, la répétition vaut les moyens mnémotechniques. J'aurais dû le copier pour ne plus ébrécher le nom de Reiichi et paraître moins débile que je ne l’étais déjà.

Les présentations sont accomplies dans les règles. S'asseoir relève du soulagement pur et simple pour le pauvre Danzo, à ce point en difficulté. Je regrette de ne pas désobéir ; je devrais appeler une moindre personne formée aux premiers soins. Je ne parviens pas à saisir s'il souffre ou non car son visage exprime une satisfaction contrebalancée par le malaise. En quelques mots, il m'explique de quoi il retourne et me demande mon avis.
Pour les virus informatiques, je suis à peu près équipée, mais pour l'être humain, c'est une autre paire de manche !
Quand je ne vais pas bien, j'ai tendance à appeler ma mère ou à chercher sur Internet. Mauvaises idées dans les deux cas, car quoique je décrive, je suis sûre d'apprendre que je porte la malaria ou la peste bulbonique. Rien ne vaut le médecin. Toutefois, j'émets une objection : l'une des conditions d'un rhume n'est-elle pas d'avoir le nez encombré ? Une grippe collerait mieux à son ressenti, mais je ne vais pas l'accabler en lui sortant ça, il va paniquer et va de nouveau embrasser le pavé. Je prends le parti de me taire.

Et si c'était la grippe ?

Merde, j'avais oublié que j'avais la langue qui fonctionnait plus vite que le cerveau. Je secoue d'avance les mains pour m'excuser. L'arrivée du serveur pour prendre la commande m'offre une occasion magnifique de me faire oublier. Danzo décline sa commande. Les deux hommes me regardent et m'attendent.
Je n'ai même pas regardé la carte.

Défi lancé : choisir une boisson pas trop chère pour ne pas ruiner le monsieur qui paie, en un minimum de temps pour ne pas les perdre en route dans un sommeil éternel. Eviter le hasard qui m'a fait prendre la dernière fois un alcool à la menthe alors que je déteste la menthe.

Je vais prendre la même chose, s'il vous plaît.

Et ben voilà, ma petite Shiori, quand on veut, on peut, et on gagne son défi. J'ai un peu triché, mais au moins j'ai évité de passer pour une de ses femmes lentes à la décision qui peuvent regarder des menus comme des magasins pendant des heures sans savoir quoi choisir. Ce que je suis, en temps normal, mais je ne vais pas importuner Danzo, suffisamment mal en point pour supporter en plus ma personnalité haute en couleur. Il ne manque pourtant pas de le souligner, et je rougis autant que si j'avais mangé du piment.

Je suis vraiment désolée pour la gifle. Je n'avais pas compris que tu pétais pas la forme.
Tu comprends, quand on est une femme, les pelotages, c'est monnaie courante. Quand c'est discret, les femmes ne se rebiffent pas, par honte. Mais quand c'est aussi ostensible, je reconnais que la violence a pris le contrôle.

J'ai les yeux tellement baissés que j'en profite largement pour admirer mes chaussures sous tous leurs angles. Hum... Que c'est intéressant ! Oui, ça l'est, j'adore la mode, mais le moment n'est pas approprié pour détailler l'accessoire, j'évite juste le regard de l'homme en face de moi.
D'autant plus que j'ai un peu exagéré lors de mon dernier discours. Il est de notoriété que les paluches importunes des hommes se réalisent souvent dans le métro, lors des heures de pointe. D'où l'existence des rames réservées aux femmes. A part quelques rares exceptions, je ne prends jamais le métro, grande adepte du taxi. Le métro, j'aime pas, c'est tout fermé, c'est une boîte et on peut y rester coincé. Même si j'adore Reiichi et ce qu'il a fait pour moi, je ne reprendrais jamais ce transport en commun, même pour rencontrer une personne formidable. Trop flippant.
En bref, les mains de Danzo sur mes seins restent une grande première ; et je plains vivement , à l'avenir, ceux qui tenteront de le faire sans raison valable. Ça fait mal, mais je gifle comme une reine.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:54
Admin
Tranquillement assis sur le fauteuil. Les orbes se ferment une brève seconde. Une seconde de liberté. De renouveau. D'une bouffée d'air frais. Enfin. Enfin tu poses ton cul sur quelque chose de confortable, Danzo. Tu te sens libre. Presque vivant. Pourtant les maux de tête reviennent rapidement. Ça compresse et ça opprime le cerveau qui te manque déjà. C'est particulièrement désagréable. Tu souris toujours cependant. Tu restes ce mec agréable quand tu rencontres de nouvelles têtes. Les rencontres, il n'y a que ça de vrai dans ce monde. Il n'y a que ça qui te permet de ne pas te prendre la tête. De ne pas broyer du noir. De ne pas être chiant h24. Le fait de découvrir, ça change quelqu'un. Ça change ce côté insupportable que tu peux avoir parfois. Bien trop souvent d'ailleurs. T'es un mec en équilibre sur un fil. Qui vacille et qui ondule selon les autres. T'es humain, tout simplement. À cet instant cependant, tu vacille trop à ton goût et pas pour les mêmes raisons. Ouvrant délicatement les yeux, tu l'observes. Attendant sa réponse. Et sa réponse te fait sourire. Ses gestes traduisent qu'elle vient de dire une connerie, mais tu ne vois pas en quoi. La grippe peut-être mortelle, mais un rhume a déjà tué quelqu'un alors à quoi bon avoir peur. N'est-ce pas ? Néanmoins, tu n'as pas le temps de répondre. Le serveur débarque. Tu laisses les mots t'échapper. Attendant alors la réponse de la jeune femme. Un sourire bienveillant habite tes lèvres. Comme lui dire qu'elle a le temps, mais elle semble pressée. Prenant de ce fait, la même chose que toi et tu rirais presque. Presque si tu n'avais pas les muscles un peu trop crispés à ton goût. Dans ce genre de situation, d'ordinaire tu en profiterais largement. Assis à une table avec une belle jeune femme. Bien sûr que tu deviendrais le type lourd que t'es en temps normal. Tu le serais oui, mais tu te sens fatigué. Alors tu es sage, Danzo. Lorsqu'elle baisse les yeux au sol après ses explications, tu rigoles franchement. Ce n'est pas de la moquerie. Elle est juste assez adorable pour ça. « T'inquiète, c'est pas bien grave et j'vais pas mourir pour ça ! » que tu lâches légèrement. « J'ai l'habitude de me prendre des gifles, c'est pas un souci. » tu ris. Parce que c'est vrai évidemment. « C'est mieux pour toi de démarrer au quart d'tour ceci dit. Ça t'évites de rester sur place sans rien, paralysée par la peur. » tu ajoutes cela d'un ton plus sérieux. Visiblement très sincère dans tes mots. « Enfin, au moins maintenant j'ai la chance d'pouvoir boire un verre avec toi. » un sourire séducteur. Un peu trop surjoué cela dit. « Fin un verre, plutôt un café en fait ! »

J'ai l'impression de me
comporter presque comme un
g a m i n
loin de l'image du sale
type qui drague trop
f r a n c h e m e n t
que j'ai l'habitude d'être
et ça me fait doucement
r i r e.

Un gamin. En réalité c'est parfaitement ce que tu es. Un gamin. Qui oscille entre tout ce qui le représente. Entre toutes les facettes qui le définissent. Devant les femmes, tu sembles te tenir bien que tu dragues comme le premier beauf venu. Devant les hommes, t'es souvent le genre complètement sans gêne. Devant tes proches, t'es souvent bien trop irritant, mais pas méchant. Une enveloppe de tout qui, maintenant, n'est rien. Tu soupirs d'aise et pourtant, il y a cette chaleur qui te bouffe. Cet espèce de vertige qui te fait un peu flotter ailleurs. Et tu songes à ce que tu as oublié de dire. « Au fait... t'as sûrement raison en fait. Ça doit être la grippe ou une connerie du genre. J'espère que tu vas rien choper en restant avec moi. Je m'en voudrais. » tu dis cela sur un ton calme, serein. Tu plantes ton regard dans le sien en souriant. « Si c'est que la grippe, ça va. Ça se soigne bien de nos jours. Puis... j'vais sûrement pas crever pour une petite maladie de rien du tout. J'ai du taf qui m'attends après tout.... » tu dis ça, mais tu soupirs soudainement encore une fois, bruyamment. Comme si t'étais déjà fatigué rien que d'y penser. L'aspect flemmard n'est visible pas partit avec le reste. « Oh d'ailleurs, tu fais quoi dans la vie ? » de l'intérêt. Pour continuer de découvrir, de sociabiliser et surtout pour ne pas la mettre mal à l'aise. Assis en face d'un inconnu dans le silence n'est jamais très agréable. Quoique, tu ne sais pas pour les Japonais. Quand on voit la société dans laquelle ils vivent depuis si longtemps, ça t'étonnerais pas de savoir qu'en fait le silence leur convient en toute occasion. Mais toi, Danzo, tu n'aimes pas le silence. Il est froid. Il est distant. Il est inhumain. Tu ne l'aimes pas, mais parfois tu le cherches. Comme tout le monde finalement. Quand tu le cherches cependant, tu rentres simplement chez toi. Ce n'est donc pas assis en face d'elle que tu vas le désirer. Loin de là. « Ah et tu as quel âge d'ailleurs ? J'espère que t'es majeur.... » que tu murmures à la fin. Comme si tu venais de te rendre compte que tu pourrais bien avoir bafoué une mineure.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Admin
Admin
Messages : 1314
Date d'inscription : 22/11/2008
Dim 27 Mai - 0:54
Admin
Bizarre, même s'il me pardonne pour la gifle (et je me sens tellement rassurée, un poids s'envole de mon cœur, je relève les yeux pour paraître normale), je retiens dans sa réponse entrecoupée de rires teintés de son accent si particulier. Il a l'habitude de prendre des gifles. Tiens donc, et pourquoi ? Histoire de ne pas perdre le fil de la conversation, je conserve précieusement dans un coin de ma mémoire, bien que je serai capable de parier n'importe quoi sur l'oubli.

Il m'encourage à continuer au quart de retour. Qu'il ne s'en inquiète pas. Réfléchir avant d'agir n'est pas mon point fort. Belle parole de sagesse, il garde encore ses esprits malgré la faiblesse qui le terrasse. Il me fait autant de peine qu'il me remonte le moral. Danzo est quelqu'un de bien, tout content qu'il est à partager ce moment autour d'une table. Je suis toujours surprise par la capacité des gens de s'adapter, à pardonner, à se parler au bout de quelques secondes à un inconnu. Tous ceux qui ont maintenu le contact avec moi ne restent pas longtemps dès qu'ils découvrent ma nature lâchée sans restriction. Je ne dois pas faire en sorte de me faire connaître plus, mais la nature revient toujours sans que je ne le réalise : triste fatalité ô combien inévitable, en ce qui me concerne. Le cas se présentera avec Danzo, et ce sans même tarder, puisque je suis contaminée par son rire au point de répéter bêtement et de parler dans le vide, pour faire avancer le schmilblick.

Oui, du café au lait, un verre, à part de l'eau... ça ne t'aurait pas fait du bien. Quoique l'alcool, ça pourrait te désinfecter. Si c'est la grippe. Puis ne te pose pas de problème sur une quelconque contamination, je n'ai pas été malade souvent.

Si je veux vraiment lui rendre service, je réserverai mon taxi habituel pour l'amener chez un docteur. Mais après le café au fait. D'abord parce que ce serait dommage d'avoir commandé pour rien auprès du serveur. Vous imaginez la déception d'arriver à une table vide de clients avec deux cafés fumants sur le plateau et le pourboire, symbolisé par un billet avec des ailes, qui s'envole vers le ciel. Je compatis pour le pauvre serveur.
La conversation s'entame et retarde un éventuel départ. Je me doute bien, au final, qu'il n'a pas la grippe. La médecine progresse sans cesse et la grippe est devenue bénine, du moment qu'on la détecte rapidemment, là où elle pouvait être mortelle les siècles précédents. Je me souviens de l'avoir lu dans un magazine.

J'aurais vraiment apprécié de débattre sur les dérivés de la grippe et les symptomes différents qui découlent de chacune de ses variantes, histoire d'éviter la réponse à donner à la sympathique transition que Danzo opérait.
Heureusement qu'il avait accompagné la terrible question du boulot d'une pointe de chantilly qui me fit glousser. Il me croyait encore mineure. La bonne blague, flatteuse. J'avais l'air si jeune que ça ? Physiquement j'espère, parce que sinon je ne suis à ses yeux qu'une gamine déséquilibrée. Mais pourtant je pose mes mains sur mes joues et rougit de plaisir.
Évoquer mon travail s'est toujours révélé un défi. Déjà, peu de monde me croyait capable de la patience d'une informaticienne. Ensuite, je suis soumise à un devoir de réserve. J'officie pour le TPAI, ce qui n'est pas rien. Je devrais garder pour moi cette information. Elle possède la fâcheuse habitude de ne pas laisser mes interlocuteurs indifférents. Je me retrouve soit en face des pro-incontestables qui me remercient comme si j'étais une réincarnation de Bouddha ; soit en face d'anti-incontestables et j'en prends plein la poire. Quant aux neutres, ils s'en fichent ou ils se renseignent, par curiosité, sur le fonctionnement du système. J'ai failli me mettre bêtement en danger, une fois, durant ma première année de travail au TPAI. J'ai failli me laisser berner par un soit-disant indifférent, qui était un Incontrôlable . Je me suis arrêtée à temps.

Je ne sais pas par quel bout prendre cette question. D'autant plus que je mens mal et que je parle trop ; je finis donc parfois par lâcher un morceau malgré loi. Je prends un parti : tenter de marcher sur des oeufs et de commencer par la seconde question? Je continue à pouffer de rire comme une adolescente, ce qui décrédibilise toute possibilité de paraître adulte.

Oh, comme tu es gentil de me voir aussi jeune ! J'ai 26 ans en réalité. Cinq ans de plus que la majorité, mais je suis contente de savoir que je possède les arcanes de la beauté éternelle ! Je ne travaille donc pas dans l'illégalité, enfant exploitée !

Je manque un fou rire qui me fait tousser et que je noie dans un peu de café au lait. Je me reprends au bout de quelques secondes avant de continuer.

Qu'est-ce qui te donne cette impression ? Bah, là n'est pas ta question. Ce que tu voulais savoir en premier lieu... Je suis informaticienne, spécialisée dans le codage, dans une entreprise de création de programme.

Beau noyage de poisson. Mentir, sans mentir. Je me lancerais des fleurs tellement je susi fière de moi. Mais je dois continuer sur ma lancée et jouer sur la diversion pour l'éloigner des questions annexes.

Et toi ? Je suppose que tu n'es pas médecin, sinon tu saurais ce que tu as ! Quel taff cette mauvaise passade t'empêcherait d'accomplir si tu es arrêté quelques jours ?


Pas loin dans ma tête se cachent mes deux question subsidiaires s'il venait à se montrer plus curieux. Donc la raison pour laquelle il reçoit, selon ses dires, régulièrement des gifles. J'avoue être intriguée !

Pendant ces temps d'échange, le serveur nous amène et dépose sur la table notre boisson chaude. En voyant la jolie fumée blanche et en reniflant l'odeur du café, je me réjouis d'avance. J'ai bien fait de le suivre dans son choix. Je me frotte les mains dans l'attente de ne pas me brûler et de déguster à sa juste valeur cette boisson chaude et réconfortante.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Archives Forums importants :: Just Married-
Sauter vers: