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L'INCONTESTABLE A UN SACRÉ SENS DE L'HUMOUR (FEAT. ISARA)

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Yohji Toriyama a écrit:
Yohji s'arrêta devant le grand manoir qui lui faisait face. Sa voiture attendait derrière lui, moteur éteint, sagement. Il hésitait à rentrer. Pourtant, il possédait toutes les informations possibles pour entrer. Ce lieu, son nouveau chez lui. Magnifique. Énorme. Sûrement pas dû à l'ensemble de ses revenus, mais vu le nom de son épouse, il ne s'en étonnait guère. Le lieu serait propice à l'inspiration, son imagination tournait déjà dans sa tête à la vitesse d'un ouragan. Transition toute trouvée : le manoir se trouvait loin de la mer et n'avait connu qu'un peu d'eau, apporté par le terrible Shukumei. L'appartement de Yohji étant particulièrement abîmé, une grande partie de son matériel ayant été détruit, il se sentait soulagé à l'idée d'être plus protégé des Tsunamis, même si les tremblements de terre et les vents resteront une des appréhensions quotidiennes de tous les Japonais.
Tout aurait pu être parfait. Tout préparait un mariage magnifique. Le cadre, la position du lieu. Tout. Le nom de la personne qui partagerait sa vie. Tout sauf...

***

31 décembre 2109

L'entrée de son immeuble ne reluisait plus beaucoup depuis la catastrophe qui avait frappé tout Tokyo. Actuellement, chaque habitant, plus ou moins touché, luttait avec leurs assurances pour obtenir le dédommagement des dégâts subis lors de cette véritable apocalypse. Yohji l'avait vécu d'une manière traumatisante, au point que l'appartement en lui-même restait secondaire. Son aventure angoissante dans le métro et la destruction d'affaires personnelles auxquelles il tenait beaucoup, de son matériel de dessin l'avaient profondément blessés, dans sa tête comme dans la chair. Il fallut accepter de jeter des meubles, des esquisses, des œuvres sur lesquelles il avait travaillé pendant des heures. Heureusement, dans un sens, aucune destinée à un contrat en cours.

Le jeudi 12 Octobre 2109, dans ce fameux métro, il partait justement pour en signer un. Après que le jeune homme s'en soit sorti, après un passage à l'hôpital pour traiter une blessure, son éditeur l'avait appelé pour lui signifier que la signature du contrat était reportée, la maison d'édition se trouvant en zone orange. Certains employés étaient blessés aussi, voire décédés. Il faudrait du temps avant que la machine ne se remette en marche. Compréhensif, par solidarité et avec tristesse, car il connaissait certaines de ces personnes, il accepta de remettre au lendemain, quand tout sera reconstruit, remis sur pied, prêt à prendre un nouvel envol.
La vie était restée suspendue dans une sorte de dimension parallèle, où la vie normale continuait tout en subissant les conséquences.

Deux mois plus tard, en ce mois de décembre, ceux qui le pouvaient, particuliers ou commerçants, entreprises, médias, exposaient au regard de tous un Noël encore plus beau que les autres années, pour illuminer le drame. Yohji y voyait plus un cataplasme sur une jambe de bois, mais il avait passé néanmoins Noël avec sa famille, revoyant sa sœur qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, tellement par monts et par vaux pour continuer sa carrière sportive, dans leur ville de naissance, oubliant pendant deux jours les débris de Tokyo. Ayant appris la déconvenue de leur enfant et de son frère, tous lui offrirent des "bons-cadeaux" et de l'argent pour l'aider à recréer son atelier. Asuka se moqua même de lui et de sa manie de tout ranger face au capharnaüm qu'il retrouva lors de son retour de l'hôpital (où elle regretta de n'avoir pu le visiter, étant à l'étranger à ce moment-là). Remerciant avec chaleur sa famille bienveillante, les larmes aux yeux, il pinça sa jumelle pour sa blague déplacée avant de se jeter dans ses bras et lui dire combien elle lui manquait, même si la présence de Shoji calmait son vide d'amour fraternel.
Néanmoins prudent, l'artiste attendrait d'avoir un appartement rénové, ou un atelier hors de son appartement, pour investir à nouveau. De sorte qu'il n'avait pas repris son travail depuis ce jour fatidique, bien qu'il lui arriva de sortir  dans la rue un carnet de croquis et dessiner n'importe quoi, même les décombres, avec la beauté et la lueur d'espoir qu'il ajoutait à chacun de ses dessins. Les publiera-t-il ? Peut-être, mais seulement à titre humanitaire.

L'entrée de son immeuble, donc, rappelait à chacun de ses habitants le cataclysme, à commencer par les boîtes aux lettres qui n'avaient pas apprécié le tremblement de terre. Voilà qui témoignait de la violence de ce dernier, puisque les boîtes métalliques étaient normalement encastrées dans le mur ! Un arrangement s'était effectué entre voisins pour partager les boîtes encore valides. Celle du jeune homme avait à peine été touchée : un rebord incurvé seulement, qui permettait à la fois d'ouvrir la boîte sans blocage et au facteur de poster lettres et colis.

L'intérieur débordait. Yohji prit le temps de trier et de faire de petits tas pour chacun de ses voisins partageant avec lui la maison des courriers. A cet effet, il avait laissé des élastiques et tous les jours, prenait le temps de faire la séparation et tout bien ranger, pour que tout le monde s'y retrouve. Quand il eut terminé sa besogne, il s'empara ses propres lettres et se prépara à entrer chez lui.
Prenant son temps pour monter l'escalier jusqu'au premier étage, il ouvrit la porte de son appartement. Celui-ci était débarrassé des morceaux de murs, plafonds et autres gravats  depuis longtemps. Mais il restait encore beaucoup à faire, à racheter, à repeindre. Il s'assit à table, triant le courrier avec lenteur.

Il l'avait vue ; la fameuse lettre rose était au milieu du paquet. Il l'ignora, comme si rien n'était. Son moment viendra. Lettres de vœux, assurance (doublon de son mail, probablement), l'Incontestable, sa demande de renouvellement à l'abonnement "Arts Mag". Il poussa les moins urgentes pour s'emparer de l'enveloppe rose. Ses mains fines qui avaient connu tant de tensions avant ses performances de gym, mais qui avaient gagné en précision et en fermeté depuis qu'il dessinait, se mirent à trembler. Il passa une main sur son front, où de la sueur coulait malgré la température modérée des lieux. Il la reposa, s'empara de son téléphone portable.
Il annulait son réveillon du soir, qu'il devait passer en compagnie de son amant du moment, pour lui annoncer la nouvelle. Tous les deux durent reconnaître, déçus, que leur relation devait s'arrêter là. Les conséquences étaient bien connues de tous les possesseurs de la puce et du moment où la lettre était reçue, la loi s'appliquait.

Échangeant son téléphone contre  la lettre, il l'ouvrit lentement, lisant méthodiquement tous les mots et pesant tout le sens, s'imprégnant du contenu pour qu'il pénètre sa conscience et accepte une bonne fois pour toute d'être un homme marié. Tout se passa presque automatiquement jusqu'au nom qui figurait sur la lettre en question.
Un nom.
Qu'il connaissait.
Yohji fronça les sourcils. Avec encore plus de minutie, il relut la lettre une fois, deux fois, pour vérifier s'il n'y avait pas une erreur. Qu'il ne s'agissait pas plutôt d'une collaboration professionnelle plutôt qu'un mariage. La première solution était logique. Le nom était bien celui d'un auteur, n'est-ce pas ? Il s'attarda sur les tampons et signatures officielles, mais il les savait impossible à contre-faire. Ce n'était donc pas une blague.

Il était marié à un auteur, un de ses auteurs préférés, dont il attendait chaque livre avec impatience.

Isara Kituro.

Une femme.
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Isara Toriyama a écrit:



L'Incontestable a un sacré
sens de l'humour...

~ Y. Toriyama et I. Kituro ~



Cela aurait pu être une journée parfaitement normale dans la vie d’Isara Kituro, mais non ! Pourtant, celle-ci avait commencé de la manière la moins originale qui soit, par une journée à l’entreprise à travailler sur le nouveau design du site qui est sorti depuis plusieurs mois maintenant. Les investisseurs ont été ravis par la courbe de chiffre d’affaire en net augmentation suite au projet porté par la jeune femme. Si bien, qu’elle est maintenant responsable du service marketing de l’entreprise. Ces dernières semaines, elle a travaillé sur des spots publicitaires en adéquation avec la nouvelle direction prise par la marque. Les petites vidéos montrent les poupées dans des environnements fabriqués sur mesure et accompagnées de toute une gamme d’accessoire mise en vente dans les jours qui viennent. Les jouets ont été animés grâce à des infographistes de talent et on les voit s’amuser comme si elles étaient vivantes. Chaque poupée à une histoire différente bien à elle. C’est le côté artistique de la demoiselle qui est à l’initiative de ce nouveau projet. Il est sur le point d’aboutir et cela lui laisse moins de temps pour l’écriture mais aussi pour penser ce qui n’est pas plus mal. Isara a encore bien du mal à se remettre des derniers événements. Quelques temps à peine après avoir retrouvé Theodore, elle l’a de nouveau perdu pour les bras d’une autre femme. L’héritière a failli s’effondrer en apprenant la nouvelle et elle n’a réussi à s’en sortir que parce qu’elle s’est investie à deux mille pourcent dans son travail… Malheureusement, la fin de la journée finit toujours par arriver et il faut rentrer...

En passant le pas de la porte de la demeure familiale, elle jette un coup d’œil au meuble près de la porte où les domestiques déposent le courrier. Au milieu des enveloppes blanches se trouve la fameuse enveloppe rose marqué du sceau du gouvernement. Un peu effrayée de voir à qui elle s’adresse, elle la prend délicatement. Elle ne veut pas d’autre dans sa vie que celui qu’elle a perdu. Isara a de plus en plus de mal à accepter l’Incontestable et ses décisions… Que ce soit son père ou elle, de toute façon, cette lettre va changer sa vie…

Ataro entre à son tour, il se fige en voyant le courrier dans les mains de sa fille. L’homme la regarde, interrogateur. Il ne veut pas, n’a jamais voulu se remarier après le décès de sa première femme et s’estime parfaitement satisfait de la vie qu’il a. Mais il veut encore moins que la lettre soit pour sa princesse, la prunelle de ses yeux. Il ne veut pas la perdre, a peur de celui qu’elle devra épouser, a peur qu’elle ne survive pas à ce nouveau coup du sort. Sa petite princesse a déjà trop souffert depuis que la gente masculine est entrée dans sa vie, elle est trop fragile, trop délicate. Il n’a l’a pas assez préparé à affronter le monde réel. Il s’en veut…

Isara affronte le regard de son père, elle a du mal à réaliser que c’est son patronyme qui se trouve sur le papier. Elle ouvre et lit le nom qui sera le sien désormais ainsi que sa nouvelle adresse. Incapable de parler, de peur d’ancrer la nouvelle dans la réalité, elle tend la lettre à Ataro. C’est mécaniquement qu’elle monte dans sa chambre, prête à préparer ses affaires. Etonnée, elle trouve près de son lit, une valise déjà prête. Evidemment les domestiques ont pu lire que le courrier lui était destiné et ont voulu l’aider. Elle leur est reconnaissante, ils vont d’ailleurs lui manquer, tout comme sa chambre. Elle regarde la pièce une dernière fois, elle sait qu’elle n’aura plus à y dormir et qu’elle dit adieu à son enfance…

Karl, son chauffeur, l’emmène à sa nouvelle demeure, silencieux. Il respecte le fait qu’elle soit plongée dans ses pensées. Il la dépose chez elle, lui assure qu’il sera là, le lendemain, et la salue. Tout comme Ataro, il ne peut entrer et doit laisser la jeune femme affronter son destin.

C’est à peine si elle prête attention aux extérieurs de la maison, elle entre dans ce qui sera désormais sa demeure. Premier réflexe, elle écoute, voir si celui qui sera – est – son mari est déjà arrivé. Mais c’est abominablement silencieux. Isara est seule, seule pour découvrir les lieux. Pourtant ce n’est pas ce qu’elle fait. Enfin presque pas… Elle cherche sa, enfin leur, chambre et y dépose sa valise. Elle range ses affaires, ses robes pour qu’elles ne se froissent pas. Il est finit le temps des domestiques qui font tout pour elle. Elle n’a amené avec elle que le strict minimum et sait qu’elle devra prendre des dispositions avec des déménageurs pour le reste de ses affaires. Une fois, cette tâche effectuée, elle retourne dans le salon et s’installe dans le canapé avec un livre afin de passer le temps… Elle n’arrive même pas à finir la première phrase que des larmes coulent le long de ses joues et font des taches sur la page qu’elle parcourait. Elle écarte le bouquin afin de ne pas l’abimer plus et se laisse aller à ses émotions alors qu’elle réalise ce qui lui arrive. Elle va devoir partager sa vie avec un inconnu, un autre que Theodore. Pire, elle va devoir l’accueillir dans son lit… Pourtant, elle le sait déjà, elle sera incapable de lui ouvrir son cœur. Toute la place y est déjà occupée…

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Yohji Toriyama a écrit:
Rien n'indiquait que sa femme était déjà arrivée ou non. Prudent, il laissa sa voiture à l'extérieur et tapa une première fois le digicode pour ouvrir le portail de l'entrée. Il abandonna tout à l'intérieur. Le quartier était sûr. Les gravillons sous ses pas lui procuraient l'impression de fouler un site historique. Tout était à la fois splendide et irréel. Son regard observateur s'attarda sur quelques éléments, sans s'arrêter. Son objectif premier restait de se présenter à Isara Kituro (Toriyama maintenant) et parler un peu avec elle. Pas forcément de ses livres, même si cela le démangeait. Il adorait ses écrits et rêvait une collaboration auteur-illustrateur sur une de ses œuvres. Malheureusement, il ne venait pas dans ce manoir pour une démarche professionnelle, mais belle et bien d'ordre privée.

Le savoir époux d'une littéraire dont il était grand admirateur le rassurait un peu. Il sentait le naturel et la sincérité dans ses livres, Isara n'était pas une mauvaise femme comme il avait pu en connaître et qui l'avait emporté dans une crainte presque haineuse de la gente féminine. Heureusement que sa kiné avait déjà amorcé sa guérison en matière de gynéphobie légère, sans pour autant y mettre un point final.
En revanche, quelque soit la femme et son degré d'entente, la part sexuelle de leur mariage allait se révéler beaucoup plus compliquée. Déjà, parce que Yohji se rapprochait plus de l'abeille qui butine que l'homme fidèle. Ensuite, il ne donnait pas, il prenait. Avec un homme, les relations étaient faciles. Mais avec une femme, jouer les uke se montrerait impossible. Et puis comment s'y prenait-on au juste ? Il avait bien suivi des cours de biologie où ces sujets avaient été abordés (strictement scientifiquement), mais de là à passer à la pratique... Les moments intimes au lit se profilaient comme une corvée, aussi bien pour lui que pour elle.

Soupirant silencieusement, en ce premier jour de l'année (2110 commençait bien), il s'approcha de la porte et colla son nez contre elle pour apercevoir sa femme. Une ombre, fugace, lui parut. Le cœur serré, mais bien forcé par ce qu'il croyait être un moyen de se fixer et qui le trahissait en allant à l'encontre de sa sexualité. Bravo l'Incontestable, bien joué ! Une base de données qui sait s'y prendre pour former des couples unis chargés de remonter une natalité faible ! Il pressa à nouveau les chiffres sur le boitier du digicode : la porte du manoir s'ouvrit. Le silence régnait, mais Yohji savait qu'il n'était pas seul. Discret, de sa démarche légère qu'il conservait de sa période de gymnaste, il chercha dans deux pièces avant de trouver Isara.

Une belle femme ; il savait apprécier la beauté chez quiconque, êtres humains, êtres vivants, objets. Donc, oui, une très belle femme. Une très belle plume. Une grande lectrice. En train de pleurer. Yohji aussi manquait de pleurer sur son sort mais il se retint. Il avait appris à cacher les larmes durant sa vie si tortueuse. Dépassant ses réserves, il s'imagina la même situation avec Asuka. Si Asuka, sa jumelle, se retrouvait à déprimer seule sur un canapé pouvant accueillir deux personnes, que ferait-il ? Repoussant pendant quelques secondes l'idée que la jeune femme fut son épouse, et plaquant sur elle un sentiment fraternel, il demeura muet. S'approcha d'elle, enleva le livre abandonné à ses côtés qu'il déposa avec respect sur une console. S'assit et la prit dans ses bras.  

Il attendit quelques minutes, ou secondes, dans cette position, avant de prendre la parole, d'une voix douce à peine audible.

Bonjour. Je suis Yohji Toriyama. Vu votre désarroi, je crois que nous allons avoir beaucoup à nous dire. Mais nous le ferons quand vous le voudrez. Si je vous importune, je m'éloigne. Si vous préférez qu'on reste ainsi, je ne bouge pas.
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Isara Toriyama a écrit:



L'Incontestable a un sacré
sens de l'humour...

~ Y. Toriyama et I. Kituro ~



Prise dans ses sombres pensées, la jeune femme n’entendit pas arriver l’homme. Elle ne réalisa pas non plus qu’il lui enlevait son livre des mains pour le poser délicatement plus loin. Isara ne comprit pas plus ce qui se passait quand il la serra dans ses bras. Elle ne ressentit aucune chaleur, aucun bien-être dans cette étreinte, les bras n’étaient pas ceux qu’elle voulait. Ce contact intime la répugna plus qu’autre chose mais sa politesse l’emporta sur son dégout et elle ne repoussa pas l’intrus comme elle le désirait si ardemment. Cependant elle ne répondit pas, laissant ses propres bras ballants, le long de son corps.

Bonjour. Je suis Yohji Toriyama. Vu votre désarroi, je crois que nous allons avoir beaucoup à nous dire. Mais nous le ferons quand vous le voudrez. Si je vous importune, je m'éloigne. Si vous préférez qu'on reste ainsi, je ne bouge pas.

Les mots prononcés pourtant d’une voix calme et délicate achevèrent de l’effrayer. Il s’agissait de son mari, l’homme qui allait partager sa vie, son lit à partir de maintenant. Celui que l’Incontestable lui avait choisi après lui avoir ravi Theodore. Pourtant elle sentait bien la douceur, la compréhension chez son époux. Il semblait prêt à s’adapter à elle, à faire comme elle en avait besoin. Elle se sentit encore plus mal en voyant sa gentillesse. Et dire qu’elle était là à se lamenter sur son sort alors qu’ils étaient deux à le partager…

« Je suis désolée… »

Les mots furent prononcés d’une voix timide, si basse qu’ils n’auraient pas pu être entendus s’ils n’avaient pas été si proches. Isara le repoussa ensuite délicatement, elle avait besoin d’espace, de remettre ses idées en place. L’héritière lui devait aussi des explications.

« Je me pensais seule… Vous n’étiez pas censé voir… Ce n’était pas contre vous… »

La demoiselle tentait de s’expliquer maladroite, tout en sentant bien qu’elle n’arrivait à rien de concluant. C’était le pire jour de son existence. Bien pire que celui où elle avait appris la mort de Shay Summer et le départ de Theodore du Japon pour le Canada. Pourtant lors de ce coup de fil, elle avait déjà eu l’impression que le monde s’effondrait autour d’elle. Aujourd’hui, elle n’avait même pas à réaliser ce qui se passait, tout allait trop vite.

« Isara Kitu… Toriyama… je suppose… Je vous dois des explications, je pense… »

Mal à l’aise, Isara s’était repris en se rendant compte, qu’elle avait changé de nom. Ce soir, elle n’était plus une Kituro, elle devait par obligation prendre le nom de son mari. Nom auquel, elle ne s’était pas encore habituée, bien qu’il lui dise vaguement quelque chose. Par contre, impossible de se souvenir où elle l’avait entendu. Il faut dire que son esprit était sens dessus-dessous depuis qu’elle avait aperçu l’enveloppe rose sur le meuble de l’entrée. Cela faisait déjà plusieurs heures mais elle n’arrivait toujours pas à enregistrer l’information. Pourtant, elle avait devant elle un jeune homme aux longs cheveux verts pour lui prouver que sa vie venait de changer…

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Yohji Toriyama a écrit:
La méthode visant à remplacer Isara par Asuka dans son imaginaire fonctionnait de son côté ; beaucoup moins de l'autre. Pourtant, Yohji accomplissait un effort phénoménal pour prendre une femme dans ses bras. Il ne ressentait pas les mêmes choses que lorsqu'il réconfortait sa sœur ; l'esprit a beau tenter, jamais il n'accomplira la réalité. Le tromper était salvateur pendant de petites secondes avant que le subterfuge ne soit détecté par l'autre partie du cerveau, plus raisonnable.

La voix douce, mais presque inaudible d'Isara Kituro, lui demanda pardon. En quoi était-ce sa faute ? Celle-ci n'avait qu'une origine, cette loi cruelle qui obligeait les Japonais à épouser de parfaits inconnus, à faire perdurer la société en les obligeant à faire l'amour et aux femmes à tomber enceintes ; mais aussi aux générations précédentes qui avait provoqué cette loi. Eux ne souffraient plus, ils étaient morts sûrement depuis longtemps. Mais l'avenir qu'ils laissaient à leurs compatriotes ne laissait aucune place à l'amour, la liberté, le bonheur. Pourtant, juste avant de découvrir cette lettre, l'illustrateur n'était pas vraiment opposé à l'Incontestable, jusqu'à ce qu'il découvre que l'ordinateur, soit disant là pour unir des personnes aux nombreux points communs, avait outrepassé une information primordiale qui poserait un énorme soucis "technique" à l'avenir. Les sentiments étaient un élément à prendre en compte. Mais rejeter une donnée qui aurait son poids dans le repeuplement du pays, voilà ce qu'on pourrait considérer comme un échec de l'organisation gouvernementale. Yohji se voyait réclamer à une pharmacie un camion de pilules de viagra pour essayer d'avoir un résultat au lit. Le Top.

A cette pensée, il ne se vexa même pas de se sentir éloigné par Isara ; de toute façon il n'allait pas tarder à en faire de même. Il la laissa s'exprimer sans l'interrompre, regardant son visage, son corps, tentant de se laisser charmer. Mais quand ça ne prend pas, ça ne prend pas.
Il savait bien que quel que soit le mari, il n'y était pour rien. Nul besoin d'avoir fait les grandes écoles ou d'être un génie pour deviner le problème d'Isara à l'heure actuelle. Elle était amoureuse de quelqu'un d'autre. Si la loi n'était pas aussi idiote, elle autoriserait les vrais couples d'amoureux se marier et laisser l'ordinateur faire pour les indécis, au bout d'un certain âge. Au lieu de cela, elle infligeait un calvaire terrible à deux personnes, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Prison, mise à mort. Les statistiques de suicide dans le pays se révélaient souvent catastrophiques depuis des lustres, le gouvernement trouva un beau jour un autre moyen de les augmenter. Belle façon d'encourager une croissance de la démographie.

Il attendit qu'Isara lui laissa un temps pour parler. Il savait déjà ce qu'il avait à dire. La vérité, bête et méchante, mais qui aurait peut-être (sans certitude), le bénéfice d'apaiser la jeune femme sur un point. Vu sa réaction, il doutait qu'elle soit pro-Incontestable, mais la méfiance envers les femmes tout comme la politique lui conseilla de ne pas aller sur ce terrain. Critiquer le système relevait du numéro d'équilibriste sans filet. Et si dure fut-elle avec lui par le passé, Yohji aimait trop la vie pour devenir un nombre dans des statistiques.

La situation aurait pu être fructueuse si elle concernait le plan professionnel. J'aurais aimé vous rencontrer dans d'autres circonstances, car j'avoue avoir lu beaucoup de vos ouvrages et de les apprécier. Néanmoins, le sort en a décidé autrement par une union plus privée et tout comme vous, j'en suis désolé. Je crois comprendre... Je me trompe peut-être, que votre cœur est déjà pris et que cette souffrance est si dure qu'on ne souhaite pas la partager avec autrui. Je suis arrivé au mauvais moment. J'aurais peut-être dû vous laisser seule dès que je vous ai aperçue, mais j'étais démuni face à votre désespoir. Par réflexe, quand ma sœur était bouleversée, je faisais la même chose. J'ai agi avec vous comme je le faisais avec ma sœur.  

Il fit une pause : ce qu'il allait annoncer enfoncerait-il encore plus Isara ou lui apporterait un soulagement, même ténu ? Il attendit des secondes (ou bien des minutes) avant de lâcher de façon lapidaire :

Je suis gay.
 
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Isara Toriyama a écrit:



L'Incontestable a un sacré
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~ Y. Toriyama et I. Kituro ~



Maintenant qu’ils s’étaient éloignés l’un de l’autre et qu’elle avait cessé de pleurer sur son sort, Isara regardait l’homme qui lui faisait face. Il était jeune, pas désagréable à regarder et pourtant tout ce qu’elle réussissait à voir c’était les différences entre lui et Theodore. Il n’était pas brun, non ses cheveux avaient une couleur verte étrange qui ne s’oubliait pas facilement. Yohji Toriyama était grand, fin, ses yeux la regardaient froidement. Et surtout, il ne dégageait pas la douceur comme l’homme de son cœur. Rien, elle ne trouvait rien qui aurait pu lui rappeler Theodore quand elle devrait le tenir dans ses bras. Le seul point commun qu’ils avaient était qu’ils étaient tous deux des hommes. D’un autre côté, elle n’avait aucune envie d’aimer cet inconnu et c’était aussi bien qu’il soit si différent de ce que son être désirait, ainsi elle ne ferait que des infidélités physiques… Isara pourrait vivre avec ça, mais elle avait l’impression qu’elle ne pourrait plus se regarder dans une glace si elle finissait par aimer son mari…

La situation aurait pu être fructueuse si elle concernait le plan professionnel. J'aurais aimé vous rencontrer dans d'autres circonstances, car j'avoue avoir lu beaucoup de vos ouvrages et de les apprécier. Néanmoins, le sort en a décidé autrement par une union plus privée et tout comme vous, j'en suis désolé. Je crois comprendre... Je me trompe peut-être, que votre cœur est déjà pris et que cette souffrance est si dure qu'on ne souhaite pas la partager avec autrui. Je suis arrivé au mauvais moment. J'aurais peut-être dû vous laisser seule dès que je vous ai aperçue, mais j'étais démuni face à votre désespoir. Par réflexe, quand ma sœur était bouleversée, je faisais la même chose. J'ai agi avec vous comme je le faisais avec ma sœur.  

La demoiselle était donc si facile à déchiffrer ? Isa était surprise qu’il ait cerné si rapidement ses émotions. Oui, elle appartenait à un autre, oui, sa souffrance était énorme et encore oui, elle aurait voulu que personne ne la surprenne ainsi. L’héritière n’était pas du genre à montrer ses faiblesses en public, plutôt à se renfermer dans sa chambre, une fois que tout le monde était couché afin de craquer sans avoir à n’inquiéter personne. Akiro détestait quand elle faisait cela, il avait dû assister, impuissant au malheur de son enfant quand Theodore s’était réfugié au Canada ou que l’Incontestable avait décidé qu’il était temps de le remarier. Et voilà, que la première impression qu’elle donnait à l’homme qui allait partager sa vie, c’était celle d’une chouineuse…

Même si elle n’était pas aussi attentive qu’elle l’aurait dû au discours de son interlocuteur, la jeune femme avait bien noté qu’il avait mentionné une possible plaisante collaboration avec l’écrivaine qu’elle était. Il avait lu ses livres, les avait aimés. Elle se souvenait très bien que cela avait été le point de départ des discussions entre elle et Theodore. Peut-être pourrait-elle s’entendre avec finalement ? Pile au moment où elle avait cette pensée, il reprit la parole.

Je suis gay.

La sentence tomba comme un couperet. Isara releva la tête et croisa le regard de son époux qui la contemplait attendant la réaction. Sauf que sur le coup, elle put que montrer sa surprise. Mais, elle n’était pas un homme… Il n’y avait donc aucune chance qu’elle puisse lui plaire… Pourquoi l’Incontestable les avaient-ils rassemblé ?

« Mais… mais… je suis une femme… »

Fin c’était évident et elle eut l’impression d’être stupide pour dire ça à haute voix. Mais ce qu’elle voulait dire bien plus que l’évidence, c’est qu’en plus, elle était carrément féminine, habillée de grandes robes de coutures, coiffée élégamment, maquillée.

« Comment va-t-on faire pour s’aimer ? Il n’y aucune chance que vous n’éprouviez la moindre attirance pour moi… L’Incontestable est… »

Son cœur était pris par Theodore, celui de Toriyama-san ne pourrait jamais lui appartenir et en plus, il y aurait toujours une barrière physique entre eux. Isara ne comprenait pas, ne comprenait plus. Elle avait toujours tellement cru que le programme rassemblait les gens fait pour être ensemble comme ses parents. Certes, elle avait douté au remariage de son amant, mais là, c’était bien pire. Le programme informatique pouvait-ils faire des erreurs ? Avait-il était mal reprogrammé après la catastrophe qui avait touché le Japon ces dernières semaines.

« C’est surement une erreur… Même si je croyais qu’ils avaient réparé le programme… »

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Yohji Toriyama a écrit:
L'attention de la jeune épouse se reporta sur l'annonce brutale de Yohji. Il s'en voulut de sa précipitation, mais tous les deux devait savoir à quoi s'attendre au plus tôt. La réponse qu'Isara fit pouvait paraître un peu bête, mais au contraire elle pointait du doigt des dysfonctionnements certains dans la construction des couples selon le gouvernement.

Selon la loi naturelle, une femme et un homme vont ensemble depuis la préhistoire. Ils étaient sexuellement compatibles ; montraient des similitudes dans leur profession et leur passion. Elle écrivait des livres, il en illustrait. Leur imagination et leur sensibilité se retrouvaient dans un amour conjoint pour la littérature et l'art. Mais cela ne comprend pas le caractère, élément qui échappe à une base de données.
Incontestable... Le choix de ce nom allait comme un gant à l'implacable programme et aux gens qui en ont la gestion et l'initiative.
L’incontestable ne peut être L’incontestable puisqu'il sait ce qui est bon, il marie des personnes compatibles. Et s'il faisait erreur ? L'erreur est humaine, pas informatique. Il est IN-CON-TES-TA-BLE, même s'il a tort. Si vous n'êtes pas d'accord, la prison, la mort. Quant au divorce... Les démarches sont pénibles et longues, sans assurer pour autant la libération vers du meilleur. Peut-être se décideraient-ils, un jour, communément, à divorcer ?
Rien n'assurait Isara d'être marié à l'homme qu'elle aimait, surtout si lui était déjà engagé. Pour des hommes comme Yohji, le mariage était une solution car il volait de fleur en fleur sans se fixer. A ce titre, il mit en effet le programme en défaut. Mais pourquoi le TPAI ne fait-il pas d'exception pour les personnes qui s'aiment vraiment ? Une sorte de dérogation ?
Toutes les femmes n'étaient pas comme celles que le jeune homme fuyait. Parce qu'il "connaissait" Isara Kituro au travers de ses livres, il la plaignait amèrement de cette décision tragique, plus encore que lui-même. Il devait surpasser l'impassibilité que lui inspirait le corps d'une femme. Il tenterait de la convaincre de faire des concessions pour qu'il puisse bénéficier de plaisir pour lui... Néanmoins, elle subissait sûrement une douleur terrible à l'heure actuelle dont il n'avait pas la moindre idée et ne savait pas apaiser son désarroi : elle était amoureuse.

Leurs relations au quotidien seraient au final forcées, dans les paroles, les discussions. Deux étrangers qui feraient le minimum pour ne pas s'exposer aux dangers de la loi. A moins qu'il ne parviennent à développer, au mieux une amitié ou une complicité qui allégeraient leur fardeau quotidien.
En dépit de ce qu'avançait Isara, il se confortait dans la théorie qu'il n'y avait pas d'erreur. Depuis Shujumei, l'organisme s'était retourné pour corriger ses erreurs. De plus, avec le monde qu'il connaissait dans son entourage, il avait déjà eu vent d'erreurs datant d'avoir la catastrophe naturelle. Des hommes hétéros mariés avec des hommes homos. Ou des femmes entre elles. Un gros galimatias. Parfois, on en venait à une incompatibilité de caractère malgré une orientation sexuelle et des points communs. Dans Intelligence artificielle, il y a "artificiel", un mot qui ne reflète pas l'authenticité.
Dire que Yohji n'avait jamais été pour ou contre. Il craignait juste de perdre sa liberté sexuelle pour se contenter d'un seul conjoint. A présent, sans passer pour autant à l'action, il comprenait ceux qui s'opposaient au système.

J'aurais aimé, moi aussi, qu'il s'agisse d'une erreur. Pour le moment, avant de recevoir un quelconque erratum, nous devrons nous plier aux règles. Et malheureusement, on devrait éviter d'y penser comme une expectative.

Il s'exprimait avec beaucoup de douceur. Pour la calmer, la rassurer. Pour lui-même, aussi, peut-être.

L'amour ne pourra pas faire partie de notre couple, je le crains. Et je le regrette. Pour tous les deux.
Cependant, on peut essayer de s'entendre, au minimum, pour que vos tourments, bien qu'on ne puisse les faire disparaître, pourraient ne pas vous poursuivre en permanence comme un fantôme. Une sorte de colocation un peu... Différente ?
 
Isalia (c) 16
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Dim 27 Mai - 0:36
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Isara Toriyama a écrit:



L'Incontestable a un sacré
sens de l'humour...

~ Y. Toriyama et I. Kituro ~



Pour la jeune demoiselle, leur mariage n’avait aucun sens et plus, elle y pensait, plus elle se posait de questions. Que l’Incontestable ne la mette pas dans le même case que Theodore passe encore mais pourquoi la marier à un homme qui n’aimait pas les femmes. Surtout que le programme avait déjà uni à de nombreuses reprises des personnes du même sexe. Isara ne mettait pas en doute le fait qu’il puisse s’entendre. Il avait l’air d’être une personne plutôt sensible et sympathique mais il y aurait toujours cette absence d’attirance entre eux. Au fil du temps, elle aurait pu se détacher de l’homme qu’elle aimait pour apprendre à chérir son mari. Mais l’inverse ne pourrait jamais être vrai et leur mariage était voué à l’échec. Elle qui avait jusqu’alors cru que l’Incontestable faisait le bonheur des gens qu’il unissait, voilà qu’elle se rendait compte que rien n’était moins vrai. Son monde s’écroulait… Ses croyances n’étaient qu’illusions et le voile qui l’avait toujours protégé se déchirait de manière si violente qu’il ne restait plus que de minces bouts de tissus…

J'aurais aimé, moi aussi, qu'il s'agisse d'une erreur. Pour le moment, avant de recevoir un quelconque erratum, nous devrons nous plier aux règles. Et malheureusement, on devrait éviter d'y penser comme une expectative.

Il avait raison… Ses paroles étaient calmes et posées et elles faisaient sens. C’était en soit bien plus logique que le comportement du programme informatique qui venait de chambouler leur vie. Sa réaction était aussi bien plus adulte que la sienne. La jeune femme ne se reconnaissait plus, elle avait commencé par se désespérer à cause de son amour perdu, puis elle avait douté du programme qui était pourtant Incontestable et dans lequel elle avait cru toute sa vie. Où était la brillante femme d’affaire, l’écrivaine rêveuse, la douce et gentille demoiselle qu’elle avait toujours été ?

L'amour ne pourra pas faire partie de notre couple, je le crains. Et je le regrette. Pour tous les deux.
Cependant, on peut essayer de s'entendre, au minimum, pour que vos tourments, bien qu'on ne puisse les faire disparaître, pourraient ne pas vous poursuivre en permanence comme un fantôme. Une sorte de colocation un peu... Différente ?

Il ne lui demandait pas d’amour. Elle devrait être rassurée et pourtant, elle se sentait vide et malheureuse. C’était le même sentiment qui l’avait habitée quand Theodore était rentré dans son pays natal sans date de retour. Demain quand le choc serait passé, Isara se rendrait compte qu’elle avait eu de la chance de connaître l’amour avant de faire son mariage de raison. Mais pour l’instant, il y avait trop de sentiments négatifs en elle et c’était des sentiments dont elle n’avait pas l’habitude. Des sentiments que l’héritière n’arrivait pas du tout à gérer… Elle devait se reprendre au moins pour l’homme qui tentait de faire ce qu’il pouvait afin de la rassurer et d’atténuer le choc. Il n’y était pour rien et la situation ne devait pas être plus facile pour lui. Elle arbora donc un léger sourire qui malgré ses efforts n’atteignit pas ses yeux avant de se tourner dans sa direction.

« Bien sûr… De toute façon, nous n’avons pas le choix… »

Après tout, il avait l’air charmant et elle avait pensé d’elle-même qu’ils pourraient bien s’entendre juste un peu plus tôt. Ils devraient vivre ensemble alors autant que cela soit aussi agréable que possible.

« Je m’excuse de vous laisser alors que nous venons juste de nous rencontrer mais je vais aller me coucher. »

Ce qu’elle ne disait pas, c’est qu’elle espérait ainsi être plus forte au réveil, être capable d’affronter leur quotidien. Il y avait des tonnes de questions laissaient en suspens et ils avaient tout un tas de choses à se dire mais elle n’avait plus la force de faire le moindre effort pour ce soir. Demain, il lui faudrait aussi prévenir Threodore… Mais lui annoncer la nouvelle était la rendre réelle alors elle repoussait autant que possible l’échéance…

©️ Jawilsia sur Never Utopia
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