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Akiko : RETROUVAILLES ENNEIGÉES

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Dim 15 Avr - 12:00
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Aujourd'hui, pas de robe, pas de paillettes, pas de froufrous ! Akiko avait chaussé ses chaussures de montagne, s'était équipée d'un pantalon d'hiver marron, d'un pull en laine dans les tons de gris clair et d'une doudoune blanche comme neige. Elle avait aussi dégainé son ensemble bonnet, gants et écharpe, assortis à son pull. Une petite pointe de maquillage, tout de même, car elle n'allait pas à la rencontre de n'importe qui ! Après quelques jours de silence, elle avait reçu un appel de son sauveur, le tout premier, celui qui avait accepté de devenir son garde du corps occasionnel : Christopher Inoue. La mannequin était ravie de pouvoir le retrouver. En plus d'être physiquement attirant et mentalement intéressant, le jeune homme avait un statut spécial pour elle. Elle le considérait comme son protecteur depuis qu'il l'avait aidée à chasser un fan un peu trop collant. Cependant, ces derniers temps, la demoiselle songeait souvent à ce qu'elle avait vécue sur cet îlot désert, en compagnie d'un autre héros venu à sa rescousse, Glen. Bien qu'elle affectionne le calme du complexe, elle avait finalement apprécié cette mésaventure avec monsieur le requin. Son esprit, ses sentiments, étaient légèrement embrumés. Elle espérait pouvoir mettre les choses au clair... un de ces jours !

Mais en attendant, elle devait rejoindre Christopher au départ des différents sentiers de randonnée, dans la montagne. Pour ce faire, elle avait joint un taxi qui l'emmènerait à destination. Si la top model était assez sportive, afin d'entretenir son corps de rêve, c'était la première fois qu'elle allait se lancer dans une longue marche enneigée.
À l'approche de l'hiver, des flocons étaient tombés la veille, et avaient formés de petits tas par-ci par-là, sur les toits, les arbres, et tout ce qui, au complexe, ne pouvait pas être déneigé. Nul doute que les chemins en seraient couverts, dans la montagne. Le temps n'était pas si mauvais qu'il en avait l'air. Un peu grisâtre, mais la neige avait cesser de couler du ciel et il n'y avait qu'une légère brise qui soufflait dans les branches des arbres dénudés. Rien, donc, qui n'annonçait une quelconque tempête météorologique. Comme tout adulte au cœur d'enfant, Akiko était contente de sortir profiter de la neige. Le Japon était vraiment beau, lorsque le paysage s'affichait en blanc. La vue serait somptueuse, vue des hauteurs de la montagne. La mannequin avait déjà hâte d'y être !

Elle rassembla donc ses affaires dans un petit sac à dos. Un casse-croûte et une gourde, au cas où la promenade durerait, son téléphone portable, un pull de rechange et une puisque cela ne prenait pas de place, un petit nécessaire à couture, qui lui serait utile si un vêtement venait à être déchiré. On ne savait jamais ! Une fois prête, la jeune femme se rendit directement à l'entrée du complexe, où l'attendait déjà son taxi, et grimpa dans le véhicule, le cœur battant. Il faisait plus froid que d'habitude, mais elle ne s'en souciait guère, pour l'instant. Elle avait hâte, vraiment hâte de rejoindre son protecteur, et imaginait déjà le bon moment qu'ils partageraient, dans la montagne. Akiko n'ayant encore jamais mis les pieds sur le relief montagnard de l'île, Christopher lui montrerait peut-être des coins secrets qu'il connaissait ? Elle espérait pouvoir découvrir de superbes vues panoramiques qu'elle photographierait mentalement dans sa tête et qui lui créeraient de nouveaux souvenirs de voyage.

Durant le trajet, Akiko échangea quelques mots avec le chauffeur du taxi, à propos du retour du froid et de la neige, ainsi que de la randonnée qu'elle s'apprêtait à faire. L'homme, qui à première vue connaissait la montagne, lui vanta les bienfaits des sentiers aménagés pour les marcheurs. D'après ses dires, ils étaient calmes et apaisants, ils regorgeaient aussi de splendeur naturelle. Mais, selon lui, le meilleur promontoire se situait tout près d'un refuge construit pour les promeneurs qui souhaitaient passer la nuit sur les hauteurs. La jeune femme reçut ses conseils en souriant et répondit qu'elle et son ami ne comptaient pas dormir sur place, du moins, pas pour le moment. Après cet échange, la top model posa sa joue contre la vitre de la voiture et songea, heureuse, à ses futures retrouvailles avec Christopher jusqu'à son arrivée dans la montagne. Quoiqu'il arrive, elle se réjouissait de pouvoir passer du temps avec une personne qu'elle appréciait autant !

Le taxi la déposa un peu en-dessous de son point de rendez-vous, le chemin n'étant pas assez déneigé pour qu'il aille plus loin. Le conducteur souhaita une bonne journée à la mannequin, qui le remercia chaleureusement avant de commencer son ascension jusqu'au départ des sentiers de randonnée. Au bout de quelques minutes, elle discerna une silhouette qui semblait attendre. En se rapprochant, elle découvrit qu'il s'agissait de son protecteur et afficha un grand sourire. Elle hâta le pas, manquant de glisser dans la petite couche de neige qui recouvrait le sol. Lorsqu'elle fut à sa hauteur, elle lui lança un « Bonjour ! » plein de bonne humeur et ajouta : « Alors, est-ce que vous êtes prêt à gravir la montagne ? »
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Dim 15 Avr - 12:00
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Il n'avait pas osé, puis finalement s'était lancé. Christopher avait appelé Akiko. Il avait pensé qu'en tant que mannequin, elle ne répondrait pas. Encore une fois, il avait tort. Akiko était même ravie, et accepta sa proposition d'une balade à la montagne, comme ils l'avaient évoqué lors de leur première rencontre. Ils se donnèrent rendez-vous au point de départ es randonnées, où se trouvait le petit chalet de l'office de tourisme.

Chris prépara ses affaires avec soin. L'hiver n'était guère loin, la neige abondante. Il observa la météo, a priori clémente pour la journée. Il plaça le matériel nécessaire dans son sac, incluant piolets, câbles de sécurité, couvertures de survie. Sans oublier son téléphone portable professionnel, captant plus de réseau que les personnels, et à la technologie plus élaborée. Et bien sûr, de la nourriture. Essentiel et vital. Son sac était lourd, mais il avait l'habitude et la force pour cela. Il s'équipa aussi de la carte topographique des alentours. D'ordinaire, Christopher, plutôt du genre casse-cou, ne prenait pas autant de précautions pour une balade. Mais il n'était pas seul, et ne connaissait pas les aptitudes de la jeune femme. Aussi, il se montrait prudent, et veillerait à ne pas emprunter ses chemins habituels, escarpés, difficiles, avec des passages en varappe. Ainsi armé il quitta la ville via le bus. La moto avec son attirail n'était guère pratique. Dommage, il adorait déraper sur la neige. Il arriva en avance au pied de la montagne, puis au lieu du rendez-vous.

L'anglo-nippon avait beau craindre la chaleur, il n'avait pas tenté le manteau léger. Pantalon noir rembourré, bottes de randonnée avec crampons. T-shirt, veste polaire à capuche et blouson de la même matière. Une écharpe, des gants mais pas de bonnet. Il détestait les chapeaux. Le tout dans les tons orange et noir, comme son véhicule. Il se voyait de loin.
Inactif, il crevait de chaud, mais il ne regretterait pas son habillement tout à l'heure, quand ils réaliseront leur ascension. Il mit les mains dans ses poches et sifflotait en attendant l'arrivée de la demoiselle, ce qui ne tarda pas.
Elle l'interpella, il lui fit un signe de la main et alla dans sa direction.

Savoir se vêtir en toute circonstance faisait partie de son job, et Akiko le faisait bien. En été ou en hiver, elle savait que porter, comment coordonner, et être resplendissante. Elle était splendide ; d'un style différent d'Hana. Il lui adressa à son tour un grand sourire.

- Bonjour ! Sans nul doute, oui ! J'espère qu'il en est de même pour vous ! Vous avez pris tout ce qu'il faut ? Sinon, on peut aller voir à l'Office de tourisme, ils font aussi boutique... Je me posais des questions pour le trajet, car je ne connais pas vos... euh...

Premier bug. Cette fille était tout de même la seule qui embrouillait les paroles de Christopher, lui d'ordinaire si prolixe. A vrai dire, il avait peur de sortir une expression vaseuse, peu convenable, trop franche, qui déforme totalement l'idée d'origine.

- ... Vos dispositions en matière de sport. J'aurais peut-être dû en parler avant avec vous, mais autant voir ensemble notre chemin.  Il y a de tous les niveaux dans cette montagne, du plus simple au plus complexe. Le niveau 1 correspond à une marche simple, à très faible dénivelé, accessible. Entre 4 à 5 heures de marche. Le niveau 2 augmente les facteurs temps, kilomètres et difficulté. Si vous avez la forme, ça ira sans problème. Niveau trois, on monte d'un cran. Avec possibilité de hors piste, six à huit heures de marche. Vous comprenez mieux pourquoi je vous ai donné rendez-vous tôt ce matin ! Une bonne condition physique est indispensable. Et enfin, le niveau 4, mais...

Il jeta un coup d’œil aux chaussures d'Akiko. Lui était équipé. Pas elle.

- Laissons le niveau 4.

Il sortit sa carte et lui montra grosso modo leur passage.

- Si on veut voir de jolis coins, la partie plutôt à l'ouest est intéressante. On peut bifurquer ici, pour voir les animaux sauvages, avec un peu de chance. Et là, il y a un refuge. On peut boire un coup et se réchauffer avant de reprendre la marche. Pour monter et avoir une vie panoramique, il y a une balade niveau 2 ou une 4.

Celle qu'il avait faite avec Nihilym cet été-là. Quelle histoire, d'ailleurs... Jamais il n'aurait imaginé ce qu'il allait arriver par la suite.

- Qu'est-ce qui vous tente ?
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Akiko fut contente de constater que son guide était d'attaque et surtout motivé pour la balade qui les attendait. Elle était aussi enjouée que lui et bien décidée à ne pas baisser les bras devant la difficulté pour prouver à Christopher qu'elle n'était pas qu'une petite miss qui posait devant les objectifs. Le fait d'entretenir quotidiennement son corps de rêve, une obligation pour notre star des catalogues de mode, l'aiderait à se donner à fond durant la randonnée. Elle avait déjà marché, elle avait déjà fait de longues promenades, mais jamais comme celle qu'elle s'apprêtait à faire avec son protecteur. Elle avait peur de décevoir le jeune homme qui, gentiment, lui avait proposé de l'accompagner sur les sentiers de randonnée. Mais sa détermination contrebalançait ses craintes, l'empêchant de rebrousser chemin et de préférer une matinée dans un jacuzzi à l'ascension de la montagne. Il y avait aussi le fait d'être avec Christopher, toujours très séduisant malgré la tenue hivernale, qui mettait moins en valeur sa musculature que celle d'été, et surtout toujours très sympathique et ouvert avec elle.

Le premier malaise d'Akiko survint rapidement, lorsque son protecteur lui demanda si elle avait bien tout l'équipement nécessaire à leur randonnée. « Euh... Je crois. J'ai pris des affaires de rechange, de quoi manger et de quoi boire. J'ai mon téléphone portable... et mes chaussures de marche ! » Aurait-elle dû prendre de la corde, un piolet, peut-être ? Par chance, elle pourrait toujours acheter l'équipement manquant à l'office du tourisme. Sa carte bleue, elle l'avait toujours sur elle. Christopher avait été prévoyant en lui donnant rendez-vous ici ! Bientôt, le jeune homme la questionna sur ses aptitudes en sport. Oui, c'était essentiel, tout comme pour l'équipement. On sentait qu'il avait de l'expérience. Akiko se sentait rassurée de partir à la conquête de la montagne en sa compagnie. Avec lui, rien de mal ne pouvait lui arriver. Elle en était persuadée ! « Je suis sportive, mais mes capacités se limitent à quelques séries d'abdominaux et du jogging, un peu de piscine également. J'aime beaucoup partir en promenade... mais j'avoue que c'est la première fois que je m'apprête à faire une aussi longue marche. »

Le jeune homme lui proposa ensuite différents niveaux de marche en lui expliquant en quoi consistait chacun. La top model réfléchit quelques instants avant de répondre : « Je suis en très bonne forme et je ne suis pas contre le fait de passer la journée dans la montagne. Le niveau deux serait bien ! » Elle n'était pas experte et parlait un peu au hasard. Elle espérait que Christopher n'hésiterait pas à rabaisser le niveau s'il sentait qu'elle surestimait ses capacités. Ce dont il lui fit part ensuite la fit sourire et lui donna envie de se lancer dans la marche. Elle voulait découvrir les animaux sauvages qui peuplaient les environs, découvrir la vue panoramique, et boire quelque chose de chaud au refuge. Cela promettait d'être très excitant, un peu comme sur cette île déserte avec Glen. Pas de fans pour venir l'ennuyer, pas de paparazzis venus quérir des informations sur sa vie privée, elle était seule avec Christopher, pour toute la journée ! Décidément, elle allait finir par prendre goût à son séjour au complexe et ne plus vouloir repartir ! Elle vivait plus de belles aventures ici que lorsqu'elle exerçait sa profession. De quoi se remettre en question...

« Je serais la plus heureuse des femmes si nous pouvions observer des animaux dans leur environnement naturel ! Quelles espèces croyez-vous que nous verrions ? Des lapins ? Ou des loups peut-être ? » Elle était curieuse, mais c'était parce qu'elle se sentait bien, en extérieur, au cœur de la nature, avec une personne qu'elle appréciait énormément. « J'aimerais bien voir la vue panoramique dont vous parlez, en passant par le sentier de niveau deux, enfin si vous pensez que j'ai les compétences pour l'atteindre. Je me fie entièrement à votre expérience. » Elle lui sourit, afin de lui montrer qu'elle ne se vexerait pas s'il pensait qu'elle n'avait pas les aptitudes physiques requises. À présent que les informations étaient données, avaient été échangées, Akiko était prête à se lancer dans la randonnée, ou à pénétrer dans l'office du tourisme, si Christopher estimait que son équipement n'était pas complet. Elle laisserait cependant à son protecteur le soin d'ouvrir la marche. Il connaissait bien mieux les lieux qu'elle et ne risquait pas de faire un faux pas qui les conduirait elle ne savait où, dans une crevasse peut-être.

La marche promettait déjà d'être excitante et intéressante !
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Ils firent tous les deux le bilan de leur équipement. Parmi les objets les plus fréquemment oubliés en haute montagne, figuraient en tête de liste les lunettes de soleil et la crème solaire. Les effets nocifs des U.V. étaient souvent reliés à l'été et à la plage, moins souvent aux hauteurs, où le soleil était pourtant tout aussi redoutable, sinon plus. Ensuite, il s'assura des capacités physiques de la belle et jeune femme. Elle était a priori endurance, possédait une bonne gestion du souffle, si elle faisait régulièrement du jogging. Indéniablement femme active, peut-être pourraient-ils tester le niveau 3. Il l'aiderait pour les passages difficiles. Néanmoins, la belle vue sur l'île et la possibilité de voir des animaux les entraînaient plutôt sur une piste de niveau 2. Cela semblait lui convenir, puisque l'observation animalière l'intéressait plus que la performance. Ses yeux s'étaient mis à briller quand il avait évoqué cette possibilité. Elle était déjà souriante et belle ; mais quand elle souriait, elle décuplait son charme sans se forcer. Ses ressources étaient inépuisables !

Il se pencha une nouvelle fois sur la carte et prit sa décision finale. Il profita de l'absence de vent pour lui montrer, en traçant du doigt les lignes dessinées en bleu, les intersections, tout en lui donnant des explications au fur à et mesure.

- Nous sommes ici. Là, on va emprunter le chemin qui est indiqué sur le panneau dans notre dos, le sentier "Marmotte". On va commencer en douceur, jusqu'à ici, la première intersection, où nous allons attaquer une petite montée nous permettant d'accéder à un promontoire, et d'avoir une belle vue sur l'ensemble de l'île. Cette partie fait une boucle, nous revenons à l'intersection de "Marmotte" et "Panorama". Là, on tourne à droite en direction du Refuge, on pourra s'y arrêter pour faire une pause. Ensuite, si on veut voir des animaux, je vais être obligé de vous emmener sur un sentier plus complexe, de niveau trois, à savoir celle-ci, pendant environ deux kilomètres, mais rien de bien insurmontable. On bifurque là pour avoir une vue sur un petit lac ; c'est ici que j'en ai vu cet été, car il y a peu de passage. Alors en hiver, je pense qu'on aura plus de possibilité encore. On peut voir des chamois, des bouquetins, des mouflons. Certains oiseaux aussi, comme des aigles, ou des tetras-lyres. On pourra faire un tour du lac, faire demi-tour par le même chemin, et redescendre au refuge pour un retour différent vers ici, en niveau 1 ou 2 selon notre état de fatigue et nos intérêts. Qu'en pensez-vous ?

Il écouta son opinion, vit que tout convenait parfaitement. Il l'invita à venir avec elle au petit chalet pour qu'elle complète son équipement de ce qu'il lui manquait. Pas grand chose, certes, mais essentiel. Il en profita pour sortir ses lunettes de soleil de sa poche et les positionner sur son crâne. Il observa Akiko pendant qu'elle faisait ses achats, se déplaçant dans une boutique comme un papillon qui butine de fleurs en fleurs... Toujours le sourire, toujours aimable... Savait-elle se mettre en colère ? Elle avait un don certain pour répandre la bonne humeur. Sa compagnie était appréciable.
Elle passa à la caisse. Il fut tenté de lui payer ses achats mais n'osa pas. Il lui demanda si tout était bon avant de ressortir dans le froid.

A présent qu'ils étaient parés, la marche débuta en douceur par une petite pente. Christopher restait aux côtés d'Akiko, se forçant à ralentir son rythme pour coller au sien. Selon le cas, si elle était plus rapide, il pourrait accélérer. Mais pour l'instant, il testait. Et ils pourraient parler plus aisément ainsi ; après tout, pourquoi ne pas profiter d'un moment ensemble, n'est-ce pas ?
Sauf que... il ne savait pas quoi dire. Comment aborder une discussion. Pour parler de quoi ? Il ne connaissait pas son milieu ; peut-être même n'avait-elle pas envie d'en parler afin de se changer les idées. Parler de lui ? Il n'était pas là pour ça ; cela faisait prétentieux, et qui plus est, il se connaissait bien assez. Le but était de la connaître, elle. A part la mode, et les balades, qu'aimait-elle dans la vie ? Ah, oui, la dernière fois, ils avaient terminé leur rencontre au sujet du cosplay. Il pouvait partir sur les mangas. D'ailleurs, il songeait que cette accroche bien pratique lui avait permis de démarrer une conversation intéressante avec Hana. Il faillit demander des nouvelles du costume de Saint Seiya dont elle lui avait parlé, mais il craignait de lui mettre la pression au lieu de la détendre. Il renonça pour choisir l'option des mangas dont elle était fan. Et de là, embrancher sur le cosplay. Oui, bonne idée. De fil en aiguille, les mots s'enchaineraient, ils changeraient de thème sans même sans rendre compte, et progresseraient sur le chemin encore plus vite par leur joie d'être ensemble pour cette journée.

- Qu'est-ce que tu fais de beau pendant des vacances ? Tu prends le temps de te reposer ?

Hein ? Quoi ? Comment ? Mais il ne devait pas parler de manga, là ? Comment son cerveau avait-il pu prévoir quelque chose et sa bouche une différente ? A croire qu'une partie de lui, encore embrumé par son passage chez la demoiselle au prénom fleuri, refusait de créer une situation de comparaison, un parallèle évident qui l’entraînerait sur un terrain glissant. Et on ne parlait ni de neige, ni de glace...
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Mince ! Akiko se sentit bête d'avoir oublié sa crème solaire et ses lunettes de soleil. Pourtant, c'était d'ordinaire deux accessoires qu'elle mettait toujours dans son sac. Mais, elle n'avait pas pensé en avoir besoin pour une randonnée sur les sentiers enneigés de la montagne. Pour elle, les gants, le bonnet et l'écharpe auraient suffi. Heureusement qu'elle était accompagnée d'un expert en marche montagnarde ! Sinon, elle aurait risqué d'attraper de vilains coups de soleil sur le nez. Elle s'excusa auprès de Christopher, d'avoir été aussi tête en l'air. Par chance, elle pourrait acheter tout ce qui lui manquait à l'office du tourisme. Le jeune homme avait été prévoyant en lui donnant rendez-vous ici. Avant d'aller faire les emplettes, le protecteur de la mannequin lui indiqua quel chemin il avait choisi, en fonction des compétences de la demoiselle et lui expliqua ce qui les attendait tout en lui montrant sa carte. La top model fut ravie de constater qu'il avait pris ses envies en considération et avait décidé de lui faire découvrir de jolies vues ainsi que des animaux sauvages. Les différentes étapes qu'il annonçait promettaient d'être riches en belles surprises.

« C'est d'accord ! Cela me semble être un bon programme ! J'espère que nous pourrons voir toutes les créatures dont vous parlez et je suis impatiente de découvrir ce lac dont vous parlez. Croyez-vous qu'il sera gelé ? »

Le parcours fixé, il ne restait plus qu'à pénétrer dans l'office du tourisme pour y trouver l'équipement qui manquait à la mannequin. La jeune femme fit un peu le tour des rayons, essayant de ne pas trop perdre de temps. Elle n'avait pas l'habitude de faire du shopping aussi rapidement, préférant souvent essayer plusieurs modèles et passer par les cabines d'essayage. Mais la marche qui l'attendait serait longue et elle ne voulait pas faire attendre Christopher. Elle remarqua cependant que son protecteur ne la lâcha pas des yeux pendant qu'elle faisait ses courses. Elle fut un peu troublée par son regard et, plusieurs fois, elle se mit à rougir sans cause apparente. Oui, c'était vrai, il ne la laissait pas indifférente. Il était charmant et gentil, et courageux aussi. Le parfait prince qu'elle aurait pu souhaiter épouser quelques jours auparavant. Sauf que, depuis, Glen avait changé la donne. Perturbée, quoi qu'heureuse, la demoiselle trouva une paire de lunettes violettes, anti-reflets, et de la crème solaire affichant une bonne protection. Elle demanda pour chacune l'avis de Christopher avant d'aller régler les deux articles à la caisse. Elle assura au jeune homme qu'elle disposait maintenant de tout ce qu'il lui fallait et le suivit à l'extérieur.

Akiko laissa son protecteur prendre les devants et débuter la marche sur le sentier qu'ils avaient choisi ensemble. Puis, elle fut contente de le voir se mettre à son niveau et adapter ses pas à son rythme. Pour le moment, il n'y avait rien d'insurmontable. La demoiselle avançait sans se plaindre et sans rechigner. Elle affichait même un grand sourire, contente de pouvoir profiter librement de l'extérieur, sans fans et sans paparazzis. Ses vacances au complexe avaient de bon le fait de côtoyer plusieurs personnalités aussi, voir plus célèbres qu'elle. Plus le temps passait, et plus la top model avait l'impression que les gens se désintéressaient d'elle pour porter leur admiration sur les dernières vedettes arrivées. Il y avait par contre des irréductibles qui ne se privaient pas de venir à sa rencontre ou d'espérer obtenir un potin croustillant sur sa vie au complexe. Lorsqu'il s'agissait d'une fans qui souhaitait juste un autographe, cela n'était pas dérangeant. Néanmoins certaines personnes pouvaient être d'une lourdeur ! Enfin, ce n'était pas le lieu ni le moment pour songer à cela, mais pour profiter de la nature, de cette sensation de liberté et d'être avec Christopher. Après quelques instants de silence, ce fut le jeune homme qui engagea la conversation et demanda à la top model ce qu'elle faisait de ses vacances.

« J'essaie d'en profiter au maximum et de faire de nouvelles découvertes. Pour le repos, c'est autre chose ! J'ai l'impression de toujours m'attirer des ennuis, sans le vouloir. Il n'y a pas si longtemps, par exemple, j'ai voulu passer l'après-midi à bronzer sur un superbe yacht mais le bateau a coulé et son capitaine s'est enfui en me laissant seule à bord... Et toi ? Tu trouves un peu de temps pour toi, malgré ton travail, qui ne doit pas être de tout repos ? »

Alors qu'ils discutaient, ils finirent par arriver en haut de la pente. Akiko prit deux secondes pour reprendre son souffle. L'altitude et le froid se faisaient sentir mais elle n'était pas prête à baisser les bras et disposait d'encore bien des ressources. Le sentier, bordé d'arbres enneigés, partait à présent droit devant eux et marquait un virage sur la droite à une vingtaine de mètres. Le silence était vraiment plaisant. Hormis sa voix et celle de Chris, l'on n'entendait que le chant de la nature. Rien à voir avec le complexe, ou la ville. La demoiselle n'était pas habituée à un tel calme. Son visage fit ressortir son bien-être avec un lumineux sourire. Malgré l'effort physique, la top model se sentait incroyablement bien au milieu de la montagne et de son manteau hivernal. Elle luttait contre l'envie de ramasser de la neige au creux de ses mains pour la lancer sur son protecteur ou de s'arrêter pour se lancer dans la confection d'un bonhomme. Pour le moment, il y avait plus important ! Découvrir la vue que son guide lui avait promis. Mais elle se promit tout de même de ne pas quitter la montagne avant d'avoir fait l'un ou l'autre. Elle se contenta donc d'avancer, en regardant, émerveillée, autour d'elle, et de poursuivre la conversation avec Chris.

« Alors, tu viens souvent faire de la randonnée par ici ? Tu amènes souvent des amis avec toi ? Quel est le coin que tu préfères, dans la montagne ? »
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Akiko avait vraisemblablement la même maladie que lui, à savoir de passer du tutoiement au vouvoiement à quelques phrases d'intervalle. Les deux jeunes gens hésitaient sur la considération de l'autre : quel était leur statut ? Connaissance, amis, amis proches ? Embarrassé par cette indécision, Chris se forcerait à opter pour le tutoiement. Avantage de la langue anglaise sur la japonaise, les British ne s'encombraient pas d'une ambiguïté à la seconde personne. Pas de risque ainsi de tomber dans la familiarité comme dans les manières ampoulées. "You" pour tout le monde ! Le Japonais contenait trop de nuances, de politesses variables, de contraintes. Encore une raison pour lui de préférer son côté maternel.
Histoire de ne pas être comme les autres hommes, Chris parvenait à faire deux choses à la fois, c'est-à-dire penser et écouter. Le mannequin évoquait ses problèmes, auxquels elle s'était abonnée. Que lui était-il arrivé ?

- Si tu voulais te dépayser, je crois que c'est gagné. Tu reviendras en revanche concernant la tranquillité de tes vacances ! Au moins, tu ne t'ennuies pas. Le comportement du Capitaine est inacceptable. Comment a-t-il pu te laisser dans la mouise, cela me dépasse ! Tu as porté plainte contre lui ? Et comment tu t'en es sortie, d'ailleurs ?

A la nage, peut-être ? Ou une bonne âme était venue la secourir. Merci à elle d'avoir sauvé cette jeune fille. Il n'en revenait pas qu'une personne censée être responsable puisse faire preuve d'autant de lâcheté. Un tel acte revenait à un crime de non-assistance à personne en danger, passable de condamnation. Akiko était saine et sauve, mais ça aurait pu être pire. D'autant plus que, même si la victime avait été un laideron, Chris serait allé lui sauver la vie. Mais avec la starlette, en plus de remplir son devoir d'être humain, il aurait joué les héros et récupéré la belle naufragée. Si Akiko refusait de dénoncer le coupable, il irait néanmoins à sa recherche pour lui dire sa façon de penser. Un coup de téléphone au journal local et à la Capitainerie du port suffirait à le débusquer.

Ils continuaient leur marche dans la neige, tout en conversant. L'accès au panorama était plus court par ce sentier que par le chemin emprunté cet été. Il leur aurait fallu deux heures supplémentaires. En revanche, il avait omis un détail qui ne lui vint que tard à l'esprit. Se promener ici en hiver n'était pas forcément judicieux. Et si les nuages s’agglutinaient aux reliefs, ils ne verraient pas grande chose du paysage en contrebas. Croisant les doigts pour que la météo soit clémente, il prit le partir de ne pas évoquer ses doutes. Il tenait là une occasion de lui proposer la revanche au printemps.

- Très sincèrement, mon travail n'est pas si crevant qu'il n'en a l'air. Cette ville est relativement calme, et je n'interviens sur le terrain que lorsque ça se corse vraiment. En particulier les soirs et les week-end lorsque des bagarres éclatent dans le quartier festif, souvent à cause de l'alcool. C'est là que ça devient intéressant. Sinon, j'abats beaucoup de paperasse, je gère les excès de vitesse et les stationnements. Je me débrouille pour faire le maximum de rondes en ville,c'est comme ça d'ailleurs que nous avons fait connaissance.

Il ne cherchait pas à se faire mousser et pourtant ses tournures de phrase et son ton déformaient ses intentions quitte à le faire passer pour un incroyable vantard genre super-flic blasé s'il ne pète pas la gueule au super-méchant du coin. Grosso modo, ce portrait caricatural n'était pas éloigné de la réalité, bien qu'il pense ainsi à cause de l'ennui et non par prétention.

- J'apprécie la variété des activités de l'île pour faire du sport et des sorties sur mon temps libre. J'adore venir en montagne. C'est beau, reposant, et on y rencontre de vrais challenges pour la varappe. Même l'été, je fuis les plages pour venir ici ; je ne suis pas très "farniente". Et en ce qui concerne mes endroits préférés, nous y sommes presque. Encore trois cent mètres. Ça va, pas trop fatiguée ?

Heureusement, les garde-forestiers et la direction des équipements veillaient à ce que les sentiers soient un maximum dégagés de la neige pour faciliter l'accès des randonneurs. S'ils devaient marcher dans une plus grande épaisseur de neige, jamais ils ne tiendraient la journée. Des opérations de déneigements étaient fréquents, à l'aide de pelles et de dameuses selon les accès et l'étroitesse des chemins.

- L'accès sur les cinquante derniers mètres est plus difficile, car la route est plus étroite et à flanc de falaise. Je te rassure, il y a une rambarde de sécurité. Mais j'espère que tu n'as pas le vertige. Courage, c'est par là. Juste après le virage, on pourra voir toute l'île !

Ou pas. Il lui tendit la main pour l'aider à parcourir un dénivelé qui s'accentuait dès l'apparition de la barrière en bois.
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Comme à chaque fois qu'elle racontait sa mésaventure sur l'océan, Akiko provoqua l'incompréhension et la fureur de son ami. Peut-être aurait-elle dû se montrer plus ferme avec ce maudit capitaine et ne pas laisser couler cette histoire comme lui l'avait laissée coulée. Il était dangereux qu'il traîne encore autour du port pour proposer ses services à d'autres âmes innocentes et naïves. Et, le seul fait de le savoir encore en liberté et de repenser à sa couardise mettait la mannequin hors d'elle. Mais, la solution que lui avait proposée Glen, à savoir retrouver monsieur Mouche pour lui faire payer sa lâcheté à coup d'intimidation ou de poings ne lui semblait pas la plus appropriée. Elle détestait la violence. Il serait néanmoins possible d'agir différemment avec l'aide de la justice et de son fidèle chevalier. Il fallait qu'elle prenne son courage à deux mains, mette de côté ses vacances l'espace de quelques heures, et se rende au commissariat pour déposer une plainte. Elle apprécia pourtant la sollicitude de son ami et se hâta de le rassurer.

« Oui, je suis très contente de découvrir tous les somptueux paysages de l'île mais il est vrai que mes vacances sont vraiment mouvementées ! Je ne suis pas encore allée voir la police. Quand j'ai retrouvé la terre ferme, je n'ai eu qu'une envie, me retrouver au calme dans ma suite. Mais, je sais que je ne devrais pas laisser traîner cette histoire... Enfin, le point positif dans toute cette histoire, c'est que j'ai rencontré Glen ! C'est grâce à lui que je suis encore vivante et en bonne santé. Il est venu me secourir à la nage. »

Relater les derniers évènements qui lui étaient arrivés firent monter la rougeur aux joues d'Akiko. Elle eut une soudaine envie de voir monsieur le requin pour partager de nouveaux moments de  rigolades et de tendresse avec lui. Elle ne l'avait pas revu depuis leur mésaventure et se languissait de sa présence. Son rire, ses paroles maladroites, son côté protecteur.... Oui, il lui manquait ! Pourtant, elle se sentait tellement bien en compagnie de Christopher ! Malgré leurs différences, les deux hommes attiraient la demoiselle, qui ne savait plus vraiment où donner de la tête. Parfois, les sentiments étaient si compliqués ! Mais, justement, il fallait profiter de ce moment en tête à tête avec le policier pour clarifier les choses. Et surtout, ne pas oublier de s'amuser et de prendre du bon temps. Elle en avait grandement besoin. En attendant, elle devait aussi se concentrer sur la marche et garder les forces qu'elle utilisait pour penser pour avancer sur le sentier plutôt bien déneigé. La jeune femme était agréablement surprise de la qualité du chemin. Novice en matière de randonnée, elle s'était imaginée devoir progresser à travers plusieurs centimètres de neige, mais elle constatait que les routes étaient presque aussi bien entretenues dans la montagne qu'en ville.

Christopher expliqua à la top model en quoi consistait son travail de policier. Il était un homme d'action, ce fut principalement ce que retint Akiko. Il donnait l'impression de préférer agir sur le terrain plutôt que de s'occuper de remplir des papiers, ce que la jeune femme comprenait parfaitement. Et heureusement qu'il en était ainsi, sinon, elle aurait pu tomber sur un autre sauveur que lui au centre commercial. Comme ça aurait été dommage ! Les yeux de la demoiselle se mirent à briller au fil des explications données par son protecteur. Elle était en admiration devant lui, comme s'il était l'un de ces héros de films d'action dont toutes les filles tombent amoureuses.

« Tu dois être amené à gérer de sacrées situations, surtout avec l'abus d'alcool, non ? Quelle est l'intervention qui t'a le plus marqué, si ce n'est pas classé confidentiel ? » lui demanda-t-elle avec un petit clin d’œil.

Les précisions qu'ajouta ensuite le jeune homme renforcèrent son côté sportif aux yeux de la mannequin. Dommage qu'il n'aime pas la plage ! Akiko l'aurait bien invité à découvrir son univers estival, autour d'une glace, étendus sur une serviette sous le soleil d'été, devant l'océan, avec le bruit des vagues en musique d'ambiance. Mais peut-être que Christopher n'aimait simplement pas se retrouver au milieu d'une foule de baigneurs ? La demoiselle avait lu, sur les dépliants du complexe, qu'il y avait des coins reculés, au bord de la mer, plus difficiles d'accès, mais avec une vue extraordinaire sur l'étendue marine. Hélas, elle n'avait encore jamais eu l'occasion de les arpenter. Cela n'empêcha pas la top model d'être impatiente de découvrir l'endroit préféré de son guide. La vue qu'il lui promettait lui donnait l'eau à la bouche, un peu comme s'il lui proposait une pâtisserie. Alors, malgré la faiblesse qui commençait à ses saisir de ses muscles, elle était déterminée à aller jusqu'au bout. Par ailleurs, les encouragements de son protecteur lui faisaient le plus grand bien. Ils la motivaient et renforçaient sa volonté, tant et si bien qu'elle parvenait, pour l'instant, à ne rien laisser paraître de sa fatigue.

« Je suis persuadée que l'océan regorge de challenges, lui aussi ! Il doit y avoir une foule de calanques à explorer et à gravir, tu ne crois pas ? », fit-elle en souriant, repensant à sa mésaventure, alors qu'ils s'engageaient sur les trois cents derniers mètres. « Mais j'ai hâte de voir cette vue dont tu me parles ! Alors, ne t'inquiète pas, je suis déterminée à y arriver ! »

Et elle mettait grand cœur à l'ouvrage ! Akiko saisit la main tendue par Christopher lorsqu'il parvinrent au début du dénivelé. Un petit coup de main n'était jamais de refus ! La barrière en bois apparut et le sentier se réduisit. La progression devint plus difficile et, plusieurs fois, la jeune femme prit appui sur le bras de son guide. Elle se félicitait d'avoir travaillé sa musculature en footing, piscine et vélo d'intérieur, bien que les vacances l'aient un tantinet ramollie. Sans cela, elle n'aurait jamais espéré atteindre le premier pallier de la randonnée. Plus que cinquante mètres et elle pourrait marquer une pause afin d'admirer le paysage. Malgré le fait qu'elle n'ait pas le vertige, elle préféra progresser du côté de la falaise. Mais elle ne se priva pas de jeter quelques coups d’œil sur le début de vue que lui offrait le précipice. Le panorama n'était pas encore dégagé sur toute l'île, cependant, elle apercevait déjà quelques bribes de paysage qui lui plurent beaucoup. Elle n'en fut que plus vigoureuse à progresser sur le chemin. Enfin, après de longs efforts, surtout pour notre petite poupée, le binôme atteignit le bout du virage et se retrouva face à une vue exceptionnelle...

Les yeux perdus dans l'immensité de l'horizon, Akiko resta sans voix devant l'incroyable tableau que la nature lui dévoila. Maintenant, elle comprenait pourquoi son protecteur aimait tant cet endroit.
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Akiko était courageuse et déterminée à faire le chemin jusqu'au bout. Elle ne fut pas déçue par la vue que lui offrait la montagne, soulageant Chris de son appréhension. Le panorama découvert de brume tenait ses promesses : on voyait de là-haut une bonne partie de l'île, la mer, et la ville.

- C'est beau, n'est-ce pas ? ", l'interrogea-t-il en étant sûr de a réponse. Une personne même difficile ne pouvait pas ne pas être séduit par un tel paysage. Le jeune homme en profitait pour respirer le bon air et purifier ses poumons en prenant de grandes inspirations. C'était si plaisant d'être perdu, loin de la foule, et se donner l’impression de se retrouver seul au monde. Seul ou presque. En bonne compagnie (en charmante compagnie !) c'était agréable aussi.
Chris profita qu'Akiko demeurait subjuguée par le spectacle et qu'ils conservaient le silence pour l'observer d'un regard en biais. Sa silhouette fine se détachait à ses yeux du décor, elle rayonnait comme toujours, malgré le froid et l'accélération du rythme cardiaque suite à leur petite montée. Était-elle la définition du mot "parfait" ? Elle était belle, douce, intelligente, drôle. Il la regardait, immobile et silencieuse, admirative devant le paysage. Chris avait envie de lui prendre la main. Quelques temps auparavant, il aurait peut-être osé... lui demander si elle pouvait envisager plus qu'une amitié. Mais une rencontre avait changé la donne. Chris ne savait plus vraiment où il en était. Il se contentait d'attendre et de voir, n'étant pas amateur de décisions impulsives. Surtout sur ces problématiques-là. Il écarta son bras.  

Le mannequin se tourna vers lui ; il détourna le visage à toute allure en croisant les doigts pour qu'elle n'eut pas repéré son geste. Ses joues le trahirent en se colorant de rose, tout en tentant de la feindre en mettant les mains dans ses poches et prendre un air dégagé. Il reprit la parole d'une voix érayée les premières secondes, puis plus posée.

- On peut... redescendre par le même chemin, et retomber sur le sentier Marmotte pour prendre la direction du refuge...

Maintenant que la pause contemplative était erminée, ils pouvaient reprendre le cour de leur conversation. Chacun relatait ses aventures récentes. Le récit d'Akiko avait d'ailleurs lui évoquait un élément connu, tandis qu'elle avait prononcé le nom de son sauveur : Glen. Un prénom qui ne courait pas les rues, surtout au Japon, encore moins dans un périmètre aussi restreint que cette île. Des Glen qui nagent bien réduisaient d'autant plus le champ des possibles pour coïncider avec une seule et même personne, à savoir Glen Ring, requin de son état. " Pourvu qu'il ne se soit pas montré trop vulgaire", songea Chris en rongeant son frein.
Cependant, il savait Akiko trop distinguée pour l'imaginer tout accepter de la part de l'Australien, et avait parlé en bien de lui. "Positif" avait été le mot employé. Il s'inquiétait pour rien.

-Je suis soulagé d'apprendre que quelqu'un te soit venu en aide. Les gens ne sont plus si égoïstes qu'on le prétend...

La coïncidence était rigolote, tout de même. Ou le monde bien petit. En effet, quel pourcentage pouvait assurer qu'un jour, à si peu de temps de différence, Akiko et Chris avaient fait la connaissance de la même personne ? A moins que Glen est un quelconque pouvoir d'ubiquité, ce qui n'était pas rassurant, convenons-en.

-Mais je ne pourrais qu'insister sur le fait qu'il te faut absolument porter plainte. Cette histoire aurait pu mal finir, et il ne faudrait pas que cela arrive à qui que ce soit d'autres. Si tu veux, je t'accompagnerai au commissariat... Et puis qu'on parle de ma profession, je vais répondre à ta question. Rien de bien confidentiel, je t'assure.

Oh, le vilain garçon, vilain vilain vilain. Son intention n'était pas très belle : mais il avait bien envie de parler de cette intervention-là et souligner leur nouveau point commun. Après tout, son affaire avec Glen avait été l'une de ses marquantes affaires ; et il ne pouvait pas parler de Nihilym.
Alors qu'ils arrivaient à proximité de l'embranchement des marmottes, il débuta son récit.

- Et bien, c'était à la boîte de nuit. Dans le quartier festif. Mes collègues ont reçu un appel pour une dispute. Je n'étais pas censé être de service, mais j'avais envie de faire ma première action véritable dans cette ville. Alors j'y suis allé en éclaireur. Là, le videur et un client refoulé se bagarraient. Je me suis interposé et j'ai demandé à l'employé de me laisser faire. Le client n'a pas aimé que je m'en mêle. On a commencé à se battre ; il m'a mordu avant de prendre la poudre d'escampette. Je l'ai poursuivi, et j'ai réussi à freiner sa course. Notre duel a continué, mais j'ai finalement réussi à le convaincre de me suivre. C'était assez chaud, car il était sacrément costaud, ce requin.

Même si le jeune homme jouait souvent sur du velours dans ces mots, il n'était pas sûr que sa subtilité se révélait subtile, pour une fois. Akiko comprendrait vite qu'il avait fait exprès de parler de cette histoire-là en particulier. Et aussitôt qu'il se tut, alors qu'il s'était amusé à tout raconter, il s'en voulut immédiatement. Le mannequin penserait-elle que le jeune flic roulait des mécaniques ou dénigrait Glen pour se faire bien voir ? Il aurait dû parler de l'histoire au Lady's night peut-être, en dissimulant la vraie raison de sa présence ? Non, mauvaise idée. Il aurait dû se taire, en définitive, par le prétexte du devoir de réserve. Il s'insulta mentalement en espérant que la jolie fille ne se méprenne pas sur ses propos. Sinon il pourrait se vanter d'avoir pourri leur balade.
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« C'est magnifique ! » s'exclama Akiko, en réponse à son guide, tout en contemplant le paysage.

Elle voyait au loin la vaste étendue bleue de l'océan qu'elle affectionnait tant, malgré la mésaventure qu'elle y avait vécu. La lumière du jour, malgré les nuages grisonnants, se reflétait sur la surface de l'eau. Elle voyait aussi Taiyou No Tokai, toute minuscule, vue d'en haut. La ville ressemblait à une maquette, entourée de grands espaces. L'on voyait une concentration de la civilisation autour de la cité et un grand vide naturel sur le reste de l'île parsemé de rares maisons, du moins, de ce que la mannequin pouvait en voir. La jeune femme se demanda ce qu'il pouvait bien y avoir dans ces zones inexplorées. Des paysans ? Des animaux sauvages ? Un petit village, peut-être ? Elle était intriguée, mais elle ne perdait rien du spectacle qui s'offrait à elle, ni de ses teintes sauvages et hivernales. Christopher n'avait pas menti, il avait même fait plus que ce qu'il avait promis. De tous les tableaux qu'elle avait pu contempler, celui-ci était l'un des plus beaux et des plus agréables à partager. Akiko était heureuse d'être avec son protecteur, en cet instant privilégié. C'était un peu comme s'il lui ouvrait les portes d'un autre monde. Mais... pourquoi est-ce qu'il était tout rouge, d'un coup ?

« Oui, d'accord ! Je suis curieuse de découvrir le refuge et j'avoue que je m'arrêterais bien pour grignoter quelque chose ! »

Sa gourmandise la rattrapait, elle la rattrapait toujours. Jusque-là, elle avait fait en sorte de ne pas paraître sous son visage d'« ogresse » devant ceux qu'elle avait rencontrés. Mais elle redoutait toujours d'afficher son tempérament gourmand, sous le coup d'une faim soudaine et de casser l'image raffinée que les autres avaient d'elle. Il fallait qu'elle pense à autre chose, et qu'elle profite du paysage, plutôt qu'écouter les désirs de son estomac. Avant de repartir, elle fit quelques photos du panorama avec son téléphone portable, pour garder en souvenir ce moment magique. Puis, elle s'élança prudemment sur les pas de Christopher, prenant garde à ne pas faire un faux pas et se casser la figure. La chute serait rude. Cela ne l'empêcha pas de prendre pleinement part à la conversation, relancée par le jeune homme, sur sa mésaventure en mer. Il tenait à ce qu'elle aille porter plainte pour ce que le capitaine de son yacht lui avait fait subir. Il lui proposait même de l'accompagner au commissariat pour l'aider dans sa démarche. Son protecteur avait raison ; il fallait qu'elle le fasse, au moins pour éviter à d'autres innocents d'être victimes de ce lâche de monsieur Mouche. Et puis, avec lui, elle aurait encore plus de courage pour faire sa déposition.

« J'ai eu beaucoup de chance, oui ! Et, je suis d'accord avec le fait qu'il ne faudrait pas que ça arrive à d'autres. Ce serait vraiment gentil de ta part de m'accompagner porter plainte. Je me sentirais mieux si... j'étais en compagnie d'un ami pour me soutenir. »

Devant eux, l'embranchement décrit par Christopher apparut progressivement. Le policier lui raconta alors, ainsi que le lui avait demandé la top model, l'intervention qui l'avait le plus marqué. Il parla d'une dispute qui avait éclaté à la discothèque du quartier festif. Apparemment, un client s'était vu refusé l'entrée et, l'ayant mal pris, avait déclenché la bagarre avec le videur. Ensuite, Chris avait pris le relais contre ce grossier personnage et s'était fait mordre. Étrange ! Il avait poursuivi le malotru et l'avait finalement convaincu de le suivre. Quelle aventure ! Mais... quelque chose n'allait pas. Qu'avait donc dit son guide ? Ce... requin ? De quoi, ou plutôt, de qui parlait donc le jeune homme ? N'était-ce pas de... Glen, tout de même ? Il ne devait pas y avoir quinze mille hybrides de requin sur cette île, et encore moins avec le tempérament aussi explosif que son sauveur de l'océan. Il se pouvait fort bien que celui qui s'était emparé d'une partie de son coeur soit l'auteur de tout ce trouble. Ce qui, également, lui restait en travers de la gorge, c'était... le comportement de son protecteur. Tout à l'heure, elle avait prononcé le nom de Glen et avait révélé qu'il était un bon nageur. Impossible que Christopher n'ait pas fait le rapprochement. En prenant la déposition de Glen au commissariat, il avait forcément vu son nom sur le papier. Non, il fallait qu'elle se sorte cette idée de la tête. Pas de jugement hâtif ! Il devait y avoir une explication. Le policier ne pouvait pas lui avoir conté cette histoire par méchanceté. Akiko ne pouvait le croire !

« Est-ce que... tu parles de Glen ? » demanda-t-elle alors, l'air inquiet, alors qu'ils bifurquaient et prenaient la direction du refuge par le sentier Marmottes.

Au même moment, elle buta contre un gros caillou, recouvert de neige, plongea en avant, et s'étala de tout son long sur le chemin. Il lui fallut quelques secondes avant de retrouver ses esprits. Heureusement, il y avait eu plus de peur que de mal ! La demoiselle était en un seul morceau. Pas de blessure, pas d'os cassé, rien de foulé, juste un peu de neige dans les cheveux et sur le pantalon, ainsi que de la terre sur le manteau. Son manteau s'était légèrement déchiré, au niveau du haut de l'épaule. Mais elle ne le remarqua pas. Elle secoua la tête, s'ébroua et sourit à son guide, à qui elle avait dû faire une sacrée frayeur. Elle se redressa sur ses fesses, l'air gêné.

« Je suis désolée ! Je suis tellement maladroite ! Je vais bien, ne t'inquiète pas ! »

Une fois remise sur ses pattes, Akiko était d'attaque pour reprendre la marche. Cependant, elle préféra changer le sujet de la conversation, pour le moment. Il était décidément bien trop sensible. Après tout, elle n'était pas là pour se perdre en palabres sur les potentiels agissements de Glen mais pour profiter d'une belle randonnée avec un garçon qu'elle considérait comme un ami, voir peut-être plus...

« Oh fait, à combien de temps sommes-nous du refuge ? Est-ce tu crois qu'on verra des animaux sur le chemin ? Et, tu penses qu'on croisera d'autres randonneurs, là-bas ? »
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Et merde. En plein dedans. Akiko était troublée ; sa voix en témoignait.
" Bravo, Christopher. T'es passé de Sauveur à Connard en une seconde. Bel esprit, vraiment. Rattrape-toi immédiatement, sinon tu ne seras plus digne de la regarder ! " Nul besoin au cerveau de lui donner cet ordre, il avait déjà les yeux planqués sur ses chaussures et ne regardait que peu en hauteur histoire de ne pas rater le chemin par sa faute. Il ne manquerait plus qu'il la paume en pleine montagne, en hiver dans le froid, et finie leur belle amitié. Et merci aussi les remontrances au boulot. Que de joie en perspective, tout ça parce qu'il avait été maladroit. Elle s'était méprise, il n'avait pas voulu salir Glen. Pourvu qu'il n'ait pas fait trop de mal et qu'il puisse revenir en arrière ! 

Une urgence vint interrompre le cour de ses pensées. Alors qu'ils marchaient au même rythme, (quoique Chris avait volontairement ralenti pour éviter de subir le regard inquiet et peut-être réprobateur de la belle mannequin), il la rattrapa d'une enjambée tandis qu'il la vit chuter et atterrir dans la neige.

Le jeune homme se précipita vers elle et se mit à genou à côté d'elle, inquiet à son tour.

- Ca va ? Ca va ? Tu t'es fait mal ?

Akiko l'assura que tout allait bien, mais le métis n'en était pas sûr. Si, sur le moment, des douleurs ne se déclenchant pas tant que les muscles sont chauds, elles revenaient quand on s'y attendait le moins, plus fulgurantes que jamais. Il aida la jeune fille à se relever, en la tenant par le bras, examinant chacun de ses gestes pour vérifier un quelconque dysfonctionnement (pas facile avec des manteaux et des vestes). Il l'aida à s’épousseter et chasser la neige. Ses vêtements étaient sales et il constata une déchirure du tissu à l'épaule. Elle n'était pas très méchante, mais le froid pouvait entrer, ou des flocons se déposer s'il venait à neiger. Donc cela humidifierait la veste et ce n'était pas agréable. Heureusement, le refuge n'était pas si loin, ils pourraient en profiter pour manger, se reposer, et surtout vérifier une casse éventuelle.  

- Le Refuge est à une bonne demi-heure de marche. Ca ira, tu es sûre ? Je peux te prendre le bras, si tu veux.


Il hésitait à l'aider spontanément. Des fois, quand les gens tombent, pour des questions d'orgueil, ils refusent toute assistance. Akiko n'était pas du genre à rembarrer les autres, elle était si douce. Mais déjà qu'il était allé un peu trop loin sur l'histoire avec Glen, il ne voulait pas aggraver son cas. Il aurait bien voulu mettre au clair cette histoire, en lui prouvant que son récit n'avait aucune volonté de nuire au requin, mais elle changea de sujet pour noyer le poi... Mauvaise métaphore.

- Si tu ressens la moindre douleur, dis-moi... Je peux appeler une assistance.

Tous deux reprirent la route lentement, et le jeune homme ne la quittait pas des yeux, en quête de la moindre anomalie de la démarche, d'un geste, ou même d'un rictus de douleur sur le splendide visage du mannequin. Rien a priori. Il reprit la parole, un peu enrouée les premières secondes, puis plus lisse par la suite. Difficile de revenir après une conversation qui avait mal tourné.

- Les... animaux sont plus éloignés. Nous sommes trop près encore de la civilisation. A part les oiseaux, ou les écureuils en marge de la forêt, ce ne sera pas dans l'immédiat. Plutôt dans notre seconde partie de balade, au delà du refuge. Mais à la condition que tu ailles bien.

" T'en fais trop... Arrête de t’inquiéter comme une mère qui a lâché son gosse à la maternelle ! "

- Le chemin pour accéder à l'endroit dont je t'ai parlé tout à l'heure est plus difficile que celui du panorama.

Un silence gênant qu'il ne parvint pas à éviter s'installer. Elle avait voulu dériver le sujet mais il n'aurait pas la conscience tranquille tant qu'il n'aurait pas crevé l'abcès.

- Au sujet de Glen... Je reviens là-dessus car je ne veux pas qu'il y ait de malentendu. Mon but n'était pas de dire du mal de lui. Car finalement, tout s'est très bien fini... C'est vrai que j'aurais pu te raconter une autre de mes interventions, mais celle-là était si haute en couleur... et puis je trouvais amusant la coïncidence. D'accord, ce n'était pas forcément bien de ma part d'évoquer cette partie de Glen devant toi, mais je ne voulais pas lui nuire, ou quelque chose du genre. Ou une quelconque...

" Jalousie ? "

- ... rancune, car finalement, on a appris à se connaître, et je l'apprécie beaucoup. Je ne dirais pas que je suis ami avec lui, vu qu'on ne s'est croisé que dans le cadre de mon travail, mais je suis certain qu'outre le climat professionnel, on pourrait bien s'entendre. Je suis content de savoir que c'est lui qui t'a sauvé. En effet, je me doute qu'il est bon nageur.
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À peine la jeune femme s'était-elle effondrée dans la neige que, déjà, son protecteur était à ses côtés ! C'était rassurant, en quelque sorte. Au moins, il se souciait vraiment de sa sécurité, à défaut de s'intéresser à son bien-être sentimental. Akiko s'était fait peur mais elle lui avait aussi fait peur. Elle s'en voulait d'être autant maladroite et de ne pas avoir regardé où elle mettait les pieds. Seulement, est-ce que ça aurait changé quoi que ce soit ? Son esprit était encombré de toutes sortes de pensées et de questions. Il réclamait Glen, afin d'obtenir des explications, et il était bien incapable de se concentrer sur la randonnée. Pourtant, la marche était loin d'être terminée. La top model allait devoir prendre sur elle, ne pas trop se creuser la tête, et surtout relativiser. Ce n'était pas plus mal, finalement, qu'elle ait accepté de suivre Christopher pour la journée. Sa promenade en pleine nature lui donnerait le temps de dédramatiser le récit que lui avait fait le policier (après tout, il n'y avait pas mort d'homme), et, surtout, de faire la paix avec le jeune homme. Parce que oui, elle lui en voulait un peu. Mais elle l'appréciait trop pour le lui dire...

« Non, ce n'est pas la peine, vraiment ! Je n'ai mal nulle part et je suis toujours motivée à aller jusqu'au bout de la balade. Mais merci quand même ! »

La demoiselle répondit par la négative aux deux propositions successives de son guide. Elle aurait adoré prendre son bras, s'ils avaient été de sortie en ville, au marché, par exemple. Cependant, ce n'était pas l'idéal pour une marche en montagne. Elle ne voulait pas être un poids lourd pour le policier. Elle souhaitait aussi lui montrer qu'elle avait encore des réserves de force et d'énergie, qu'elle n'était pas la faible femme qu'elle laissait paraître la première fois qu'on la rencontrait. Était-ce pour lui ou pour elle, qu'elle désirait faire ses preuves ? Elle-même n'aurait pu le dire avec certitude ! Cela n'empêchait pas qu'elle n'abandonnerait jamais ! Quitte à finir plâtrée à l'hôpital, elle irait jusqu'au bout de la route, coûte que coûte. Chaque épreuve avait une raison d'être. La sienne ? Comprendre au mieux sa relation avec Christopher. Savoir enfin qui de lui ou de Glen ferait le bonheur de son cœur. Un héros ne se détournait pas son voyage initiatique avant d'avoir achevé sa quête d'identité. Il en était de même pour la mannequin.

La dernière partie du chemin menant au refuge débuta dans le calme d'un banal échange sur les créatures peuplant les environs. Le guide expliqua que les animaux les moins communs se trouvaient plus en avant et qu'il n'y avait, dans le coin, que des oiseaux ou des écureuils, qui ne seraient pas forcément de sortie avec la neige. De plus, il ajouta que la seconde partie de la randonnée serait plus ardue que ce qu'ils avaient déjà accompli, ce qui ne parvint pas à entacher la détermination de la jeune femme. Au contraire, sa volonté redoubla. Akiko écouta attentivement son protecteur, mais elle sentait bien qu'il y avait un malaise quelque part. Elle ne sut dire si c'était dû à l'inquiétude de Christopher suite à sa chute ou parce qu'il regrettait ce qu'il lui avait raconté à propos de Glen. Mais, elle espérait secrètement qu'il n'hésiterait pas à lui expliquer ce qui le troublait. Elle n'avait pas envie qu'un froid s'installe entre eux parce qu'il avait eu la langue trop pendue. D'ailleurs, il faisait déjà assez froid autour ! Finalement, ce fut le policier qui brisa le silence pesant et revint sur le sujet sensible. Au fur et à mesure qu'il parla, le sourire revint sur les lèvres de la demoiselle. Elle appréciait les excuses qu'il essayait de lui présenter. C'était une délicate attention de sa part. Lorsqu'il eut terminé, elle souriait à dents déployées.

« Merci d'avoir pris la peine d'éclaircir les choses ! J'ai cru que... »

Non, mieux valait ne pas aller plus loin. Prendre une autre orientation était préférable.

« Enfin ! Je suis ravie de savoir que tu t'entends bien avec lui, maintenant ! Je sais qu'il n'a pas un caractère forcément facile, mais je le connais assez pour savoir qu'il a bon fond. Il se donne un genre, comme tous les garçons ! »

La top model envoya un clin d’œil à Christopher, afin de lui signifier qu'il était inclus dans le lot. Ce n'était pas dit par méchanceté, plutôt avec humour. Au fur et à mesure qu'ils parcouraient le sentier, Akiko comprenait qu'elle devait faire un effort pour être moins naïve sentimentalement parlant. Elle avait une vision romantique des rapports hommes/femmes qui ne collait pas avec la société dans laquelle elle vivait. Chacun jouait pour ses propres intérêts. Et, avec une telle mentalité, il était facile de s'imaginer que le policier avait eu un petit coup de cœur pour la demoiselle et qu'il avait raconté sa mésaventure pour marquer des points. C'était toujours flatteur de faire son effet sur un garçon qui ne laissait pas indifférente. Mais, s'il y avait bien une chose qui n'évoluerait pas chez Akiko, c'était le fait qu'elle n'aimait pas que l'on casse du sucre sur le dos des autres, en particulier quand ils n'étaient pas présents pour se défendre. Par contre, il était toujours agréable de voir qu'un homme, aussi orgueilleux soit-il, savait reconnaître ses erreurs.

« Oui, c'est même un excellent nageur ! » fit la mannequin, sur un ton joyeux, pour indiquer à Christopher qu'elle ne lui en voulait pas et que Glen avait toujours son importance dans son cœur, malgré ce qu'elle avait appris de lui.

L'incident était donc clos, pour le moment. Et, cela tombait bien, car les deux randonneurs arrivaient devant une nouvelle pente, parsemée de neige et de givre, qu'il allait falloir gravir avant de poursuivre leur route jusqu'au refuge. Bon, cette fois-ci, on fait attention où l'on met les pieds !
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Chris avait eu raison de relancer le sujet. Dès qu'il développa auprès d'Akiko ce qui le turlupinai, elle retrouva le sourire. Il préférait la voir comme ça, que contrariée ou triste. Son trouble quant au récit malheureux au sujet de Glen l'informait que le requin n'était pas qu'un simple ami pour elle. Elle faisait preuve de reconnaissance à son endroit, mais pas seulement. Une nouvelle fois, elle dériva le sujet. Chris fronça le sourcil : que s'était-il passé lors de ce sauvetage ?

Glen était vulgaire, franc-de-collier, et dynamique. Débordant, plutôt. Il n'était pas un mauvais groupe pour autant, juste un peu susceptible. Il n'était pas pour autant le galant de service. Il n'était pas vache (pour un requin, le mélange se révélerait bizarre...). Le métis l'imaginait bien faire du gringue un peu lourd auprès de la belle. Et pourtant, l'engouement d'Akiko à son égard disculpait l'hybride de s'être mal comporté. Le mannequin ne faisait pas partie de la batterie de poules écervelées qui se montraient fort belles, mais sans fond. Elle était fine, et savait ce qu'elle voulait. Si Glen s'était montré inconvenant, elle ne se serait pas laissée faire. Et comme elle était enchantée par cette rencontre, rien de notable était arrivé. Malgré son humour gras, ses allusions graveleuses. Akiko avait sûrement exercé sur lui le même envoûtement qui décontenançait Chris le beau parleur. C'était une magicienne qui ensorcelait les hommes de sa gentillesse et de sa grâce.
Pourquoi le jeune homme se sentait-il tiraillé à l'idée que le requin plaise à Akiko ? Il avait émis l'idée d'être jaloux. Il ne devrait pas pourtant. Ce n'était pas comme si une femme n'occupait pas ses pensées. Même en présence de la jolie randonneuse, il ne pouvait oublier Hana la sulfureuse, et ce qui s'était passé l'autre jour. Il n'avait pas à craindre de rivalité avec les Dents de la Mer. Peut-être qu'il voulait juste protéger le mannequin des attitudes rustres de son gentil voyou ?
Il le maudit tout de même, car grâce à lui, il se fit gentiment piquer par une généralisation humoristique de la miss. comment ça, tous les garçons se donnaient un genre ? Quelle image de lui pouvait bien véhiculer le sang-mêlé ? Il roulait des mécaniques ? Il se pavanait tel un paon à proximité d'une femelle ? Il se mit à bouder, les joues un peu gonflées. Mais cela ne persista pas, c'était juste pour la forme.

Il se détendit en montrant du doigt le refuge qui se dévoilait devant leurs yeux.

- Nous y voilà ! On va faire étape ici. Dès que nous serons prêts, nous irons rendre visite aux animaux ! Restaurons-nous un peu avant. J'ai une faim de loup. Pas toi ?

Il l'aida à monter les marches en bois et se mit à taper des pieds pour chasser la neige sous ses semelles. Il l'invita à venir à l'intérieur et repéra une table libre.

- On peut manger son propre casse-croûte du moment qu'on achète quelque chose. Qu'est-ce que tu bois ? Moi, je prends un vin chaud !

Il alla au comptoir en bois massif, du sapin, et passa la commande, qu'il régla. Il déposa les consommations sur la table, puis sortit de son sac deux sandwich et un paquet géant de M&M's.

- Ça va, pas trop fatiguée ? Tu ne ressens pas de douleurs consécutives à la chute ? J'ai peut-être de la pommade anti-douleur, dans ma pharmacie. Et puis j'ai vu que ton manteau était déchiré. Tu m'as dit que tu cousais... je ne sais pas si tu as du fil... Sinon, je peux te prêter le mien. J'ai un pull de plus dans mon sac, et puis je ne crains pas le froid !
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La marche commençait à fatiguer la jeune femme, qui sentait ses chevilles et ses cuisses chauffer légèrement. Elle était sportive, à sa manière, mais pas autant que son guide. Et, elle avait bien besoin d'une pause. Son épaule se rafraîchissait aussi, l'air froid s'infiltrant par le trou de son manteau. Heureusement, elle avait tout ce qu'il fallait pour remédier au problème. Cependant, elle ne pourrait le faire qu'une fois au refuge. Ses mains gèleraient rapidement sans ses gants, à moins de se trouver en intérieur. La conversation qu'elle partageait avec Christopher l'empêchait de trop penser à l'état de son corps. Elle se plaisait à échanger avec lui, malgré leur maladresse respective. Surtout, elle comprenait une flopée de choses sur elle-même au fil de la marche. Elle qui s'interrogeait sur ses sentiments y voyait plus clair. Pas dans la mesure de savoir qui de ses deux sauveurs faisait le plus d'effet à son petit cœur de porcelaine, car elle se sentait attirée par l'un, comme par l'autre. Mais elle comprenait qu'elle tenait autant au beau policier métis qu'à l'amusant requin musclé.

La top model ne put s'empêcher de sourire en voyant Christopher faire mine de bouder, lorsqu'elle le plaça dans le même sac que les autres hommes. On aurait dit un enfant. C'en fut presque attendrissant. Elle eut envie de le prendre dans ses bras et de le rassurer, telle une sœur protectrice. Elle se retint. Bien qu'elle appréciait son contact, trop de proximité avec son protecteur la mettait un peu mal à l'aise. Ils gravirent la pente sans encombres et sans que la mannequin ne dérape à nouveau. Ils parcoururent ensuite une bonne partie du chemin sur le plat avant que le refuge apparaissent, peu à peu devant eux. Une jolie vue, en vérité ! Perdu dans la nature montagnarde, l'édifice aux allures de chalet semblait un petit point au milieu de la neige et des sapins. Encore une centaine de mètres et les deux randonneurs parvinrent aux abords du refuge dont l'entrée était accessible à la suite d'un escalier en bois. Les efforts s'étaient révélés payants. Après avoir marché presque toute la matinée, ils allaient finalement pouvoir faire une pause et rassasier leurs estomacs respectifs. La demoiselle avait hâte de manger ce qu'elle s'était préparé. Elle ne dirait pas non à une boisson chaude ni à un dessert sucré.

« Oh que si ! Je pourrais dévorer un cerf en entier ! Enfin... tu vois ce que je veux dire ! Je suis morte de faim ! »

Akiko s'appuya sur Christopher pour monter l'escalier, enneigé sur les côtés et dans les coins. Puis, une fois devant la porte d'entrée, elle secoua ses chaussures comme son guide et le suivit à l'intérieur. Il n'y avait que très peu de monde, des amateurs de marche, sans doute. La jeune femme fut guidée par son protecteur jusqu'à une table libre où ils purent s'installer et souffler. La starlette retira son bonnet, ses gants et son écharpe, qu'elle posa sur le dossier de sa chaise. Elle enleva ensuite son manteau qu'elle plaça sur ses genoux, afin de mieux constater les dégâts. Une déchirure de cinq centimètres sur trois, à première vue. Elle pourrait facilement la recoudre avec son petit nécessaire à couture. Mais d'abord... MANGER ! Le manteau fut jeté sur le dossier de la chaise tandis qu'Akiko s'emparait de ses deux sandwichs à l'anglaise, emballés dans du cellophane : pain de mie aux bords coupés, avec salade et salami pour le premier, et fromage pour le deuxième. Elle  avait aussi deux barres céréalières en réserve.

« Je te suis ! Un vin chaud me conviendra parfaitement ! »

Elle le regarda s'en aller au comptoir et régler avec galanterie la note. À charge de revanche pour la dernière fois ? Christopher avait un charme fou, pourtant, elle n'arrivait pas à chasser l'image de Glen et de leur périple sur cette île déserte. Et, elle avait du mal à s'imaginer avec le policier, depuis. Cependant, elle profitait quand même pleinement de ce moment à deux dans la montagne.  Peut-être que le jeune homme pourrait devenir un bon ami, à défaut d'un petit ami. C'était une solution à envisager ! Il revint avec les boissons qu'il posa sur la table. Akiko le remercia en inclinant doucement la tête en avant. Avant de commencer à manger, son protecteur s'enquit de son état. Délicate attention ! Seulement, il allait falloir qu'il comprenne que la demoiselle n'était pas autant fragile qu'elle le laissait paraître. Elle avait encore des ressources et des os solides ! Et peut-être aussi de la chance, pour changer !

« Ne t'inquiète donc pas ! Je suis robuste ! Je t'assure que je vais bien et que je n'ai mal nulle part. Effectivement, je me débrouille bien en couture, tu as bonne mémoire ! J'ai tout ce qu'il me faut dans mon sac pour recoudre mon manteau. D'ailleurs, à ce propos, j'ai commencé la confection d'un déguisement de Saint Seya... pour toi ! »

Mais... qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ? Maintenant, il allait prendre peur ! Croire qu'elle voulait absolument le relooker en chevalier du zodiaque (ce qui était un peu le cas) ! Vite, une bouchée ! Akiko déballa son sandwich au salami et croqua à pleine dents dedans. Mmmh, un régal ! Une fois la bouchée avalée, elle s'empara de son verre et le tendit devant Chris, afin de trinquer.

« À la tienne ! Et bon appétit ! Je m'occuperai de mon manteau quand le repas sera terminé... À quoi sont tes sandwichs ? »
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L'odeur du vin chaud monta au nez du jeune homme qui en appréciait le parfum. Cela lui ferait du bien après avoir marché un long moment dans la neige et le froid. La météo était encore clémente. Pas de vent, pas de précipitation. L'après-midi pouvait se réaliser dans de bonnes conditions. Surtout si Akiko n'avait subi aucun dommage suite à sa chute, ayant eu plus de peur que de mal. Elle souriait, lui avait pardonné son écart au sujet de Glen, et sortit son repas après avoir ré-évoquer ce fameux costume, qu'elle avait commencé à coudre. 


- Ah oui, c'est vrai ? Finalement, pour quel personnage as-tu opté ? J'ai hâte de voir le rendu final !



Bien qu'il lui plaisait d'être déguisé en personnage charismatique par une couturière habille de ses mains, cette conversation le ramenait à une autre discussion, avec Hana. Les deux femmes avaient beau être différentes, elles avaient tout de même beaucoup de points communs. D'être belles (non, magnifiques), intelligentes, plus grandes que lui, et de vouloir à tout prix le déguiser en héros de manga. Elles étaient aussi présentes dans son esprit, et elles ne le laissaient pas indifférent. Depuis la première fois qu'il avait rencontré Akiko, Chris s'était senti tout chose, intimidé, mal à l'aise, alors qu'il était plutôt du genre à en imposer. Ravi de jouer les bons samaritains, il s'était réjoui dès qu'elle l'avait contacté et qu'ils avaient pris rendez-vous pour cette balade agréable. 
Seulement... Quelqu'un d'autre s'était emparé de ses sentiments, et voire plus. Avec Hana, cela avait été rapide, et ... fantastique. De sorte qu'il était partagé au sujet d'Akiko, surtout quand il devinait en elle qu'il l'intéressait, aussi. Peut-être devrait-il, à un moment ou un autre, en savoir plus sur leur vision respective de leur relation. Car déjà qu'il avait failli à ses principes en s'offrant à la sulfureuse danseuse le premier soir, il ne souhaitait pas récidiver en courant deux lièvres à la fois. Après tout, l'arrivée d'Hana avait bouleversé la donne, et même s'il était très attaché à Akiko, il ne pouvait plus prétendre qu'à une solide amitié. Comment aborder le sujet, serait un autre problème. 
Profitant d'une question sans rapport du mannequin, le brun sauta avec elle du coq à l'âne. Il trinqua avec elle avec plaisir, avant de dépiauter le premier sandwich


- Alors... Celui-là, il est au poulet et au curry, avec une tranche de cheddar. Le second avec du cream Cheese, du thon et du concombre. Et toi ? J'aime bien les sandwich comme tu les as fait. Ça me rappelle les sorties scolaires de l'internat...  Il faut reprendre des forces pour cet après-midi. Si on veut voir les animaux, il faut le mériter ! 



Il lui sourit avec amusement, comme un grand gamin qui veut taquiner sa petite sœur, avant de ressortir son plan et refaire le tracé du doigt, tout en mangeant son sandwich, veillant à ne pas laisser de miettes sur la table, ni à parler la bouche pleine. Il ne faisait peu de cas des bonnes manières, sauf avec les femmes. 


- On a fait ça jusqu'à présent. Là, après, on part sur le lac. C'est là que ça peut se corser. Mais si tu vas bien et que tu es bien couverte, il n'y aura pas de problème ! Cette marche te convient, dans l'ensemble ?  


Il l'espérait. Surtout après avoir failli tout gâcher avec Glen. Puis cette chute où elle aurait pu se faire mal. Juste de quoi pimenter la journée, finalement. Rien de bien méchant. 
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Finalement, la mannequin ne regretta pas d'avoir évoqué la confection du déguisement de Christopher. Le jeune homme eut l'air tout aussi emballé qu'elle à l'idée de se faire relooker et lui demanda même pour quel chevalier elle avait opté. Grande question, parce qu'Akiko avait longuement hésité avant de se lancer à l'ouvrage. Au départ, elle était partie sur Seiya, le garçon au pégase, héros de l'histoire, qui faisait chavirer tous les cœurs. Et puis, en commençant ses croquis, avant la découpe du tissu, elle s'était rendue compte que ça n'allait pas. Trop de rouge, l'armure ne se mariait pas avec la photo mentale qu'elle avait faite de Chris,... Bref, le costume ne lui convenait pas. Alors, elle avait passé en revue tous les guerriers qui prenaient part au manga et avait eu une illumination. Ikki ! C'était lui dont le costume conviendrait à merveille au policier ! Une histoire de jeux de couleur et d'agencement final. Elle s'était ainsi lancée dans la réplique parfaite de la panoplie du chevalier phénix. Mais le travail serait de longue haleine ; il lui faudrait au moins une dizaine de jours avant d'aboutir à un résultat satisfaisant.

« Contente que ça te plaise ! Au début, je pensais faire la réplique du costume de Seiya, seulement j'ai finalement opté pour celui d'Ikki, le phénix. J'espère qu'il te conviendra aussi. Non, je suis sûre qu'il t'ira encore mieux que la tenue du pégase ! Par contre, il ne sera pas prêt avant un bon moment. Je te ferai signe... si tu veux bien me donner tes coordonnées ! »

L'échange sembla pousser le policier dans d'intenses réflexions. Akiko aurait bien aimé être télépathe, pour savoir à quoi il pouvait bien penser. Ce qui était sûr, c'est qu'il allait falloir qu'ils aient une conversation sérieuse, sur leurs sentiments respectifs. Ils avaient besoin d'une mise au point, afin qu'il n'y ait plus cette gêne entre eux. Pourquoi étaient-ils gênées, d'ailleurs ? Ils n'étaient censés n'être que des amis, de très bons amis, rien de plus. La demoiselle savait que son cœur penchait du côté de Glen. Peut-être que le fait de savoir que son guide avait lui aussi quelqu'un d'autre en tête permettrait à la jeune femme de se décoincer un peu et de ne pas se sentir coupable de créer une relation solide avec son requin préféré. Mais, elle ne savait pas trop comment lancer le sujet. Elle, comme Christopher, préféraient l'éviter pour le moment. S'ils avaient su, l'un comme l'autre, que leurs cœurs respectifs étaient pris, cela aurait simplifié les choses. Bien, Akiko se promit qu'une fois au bout de la balade, elle lancerait le sujet, à moins que son protecteur le fasse avant elle. Elle priait simplement pour que leur amitié ne s'en trouve pas atteinte, parce qu'elle aimait beaucoup passer du temps avec lui.

En attendant l'instant fatidique où elle lui annoncerait qu'elle souhaitait pousser plus loin sa relation avec Glen, afin de se laisser une chance avec le premier homme qui l'avait autant fait rire et qui avait autant pris soin d'elle, la top model se lança corps et âme dans la conversation « sandwich ». En jetant un coup d’œil à ceux de Christopher, elle les trouva vraiment très appétissants, autant que les siens. Elle sourit, en constatant qu'il avait lui aussi préparé des sandwichs qui n'avaient rien à voir avec la culture japonaise. Leurs origines ressortaient, même à travers ce qu'ils préparaient à manger.

« Mmh, ils ont l'air succulents, les tiens aussi ! Les miens sont au salami et à la salade, ainsi qu'au cheshire. Si tu veux, on peut échanger une bouchée ! En fait, c'est très scolaire... Ma maman me préparait les mêmes quand je partais en sortie avec l'école. J'ai conservé la même habitude... sans la croûte ! Oh, je veux voir les animaux ! Promis, je finirai tout mon repas ! »

La jeune femme entra dans le jeu de son ami, le sourire aux lèvres. Prise dans l'échange, elle ne fit pas vraiment attention à ce qu'elle avait dans la bouche, et une miette en dégringola, sur la table. Akiko s'essuya la bouche, gênée, avec une petite serviette en papier, qu'elle avait glissé dans son sac à pique-nique. Mince, il fallait qu'elle se tienne ! Ce n'était pas parce qu'on parlait nourriture qu'elle devait se laisser aller. Mais elle avait tellement faim ! Elle prépara un petit morceau de chacun de ses sandwichs, qu'elle proposa à Chris, dans le cas où il souhaiterait goûter sa préparation. Sinon, elle risquait de tout engloutir et d'en oublier de partager. Quelle incorrigible gourmande ! La mannequin se pencha ensuite sur la carte que le jeune homme étala sur la table, devant eux. C'était un bon moyen de détourner son attention de la nourriture. Il lui expliqua le chemin qu'ils devraient parcourir, une fois le repas achevé, pour atteindre le fameux lac dont il lui avait parlé. La seconde partie de la randonnée semblait plus compliquée. Cependant, la demoiselle était bien décidée à aller jusqu'au bout et voir les animaux !

« Oui, ne te fais pas de soucis, je te suivrai jusqu'au bout. Tu peux compter sur moi ! »

Une fois les sandwichs engloutis, le vin chaud dégusté avec plaisir, sa table nettoyée à coup de serviette en papier, Akiko prit son manteau sur les genoux et dégaina du fil et une aiguille de son sac. Elle avait eu une bonne intuition, en prenant avec elle son petit nécessaire à couture. Habilement, elle recousit la déchirure dans le tissu, en prenant soin de remettre tout le coton qui s'était échappé par le trou, dans ce dernier. Il ne lui fallut que trois petites minutes, avant que le manteau paraisse comme neuf. Elle le présenta à Chris en souriant, toute fière de sa propre dextérité.

« Et voilà ! Je suis prête à reprendre la marche maintenant ! »

Elle n'attendait plus que le top départ, motivée à atteindre le but de la promenade et... à avoir enfin cette conversation tant désirée avec son ami.
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- Ikki, tu dis ? Ah ah ! La grande classe ! Je suis encore plus pressé de voir ça ! Seiya c'était déjà pas mal, mais alors là je suis aux anges ! Mille merci !

Le jeune homme exprima tout son ravissement avec un sourire expressif. A l'idée de porter la tenue du Phoenix, connu pour être un personnage fort, tenace, aux entrées stylées, il se sentait flatté.

- Mais... il est plus complexe à réaliser, non ? Avec les queues et les plumes ? Tu te donnes tellement de mal pour moi... Bien sûr que je te donne mes coordonnées ! Il est vrai que... j'ai ton numéro, mais tu n'as pas le mien. J'aurais dû te le donner mais j'avoue que je n'ai pas osé. Je trouvais ça déplacé !

Sans donner d'explication sur ses motivations, il sortit son téléphone de son sac et lui envoya un texto, contenant son numéro ainsi que son adresse. Lui qui voulait pourtant être mesuré, voila qu'il donnait tout d'un coup, sans la moindre finesse. Et finalement, lui qui espérait ne pas passer pour quelqu'un d'insistant, il l'invitait presque chez lui.
Cela manquait de finesse, à première vue, mais il ne la forcerait pas à venir chez lui, elle ferait ce qu'elle voulait, après tout. Vu le luxe qu'elle devait connaitre chez elle, elle serait un peu dépaysée par un logement plus modeste.

Dépaysée ? Tant que ça ? Avait-il bien compris ? La façon dont sa mère préparait les sandwich était assez typique, sûrement pas à la façon asiatique. Quant au Cheshire... Cela lui évoquait des souvenirs, à lui aussi. Il vérifierait cela quand ils reprendraient la route. Il voulait en être sûr.
Pour le moment, ils étaient concentrés sur leur repas respectif et il s'amusa de sa gêne. C'était amusant de voir que pour un mannequin, elle se montrait fort gourmande. Ils allaient marcher toute la journée, elle éliminerait forcément l'excédent. Pour autant, il ne s'attendait pas à tomber sur une personne dont le métier véhiculait l'image de la minceur absolue et de l'absence d'appétit. Encore une fois, Akiko se chargeait de détruire les idées reçues sur sa profession. Ne pouvant résister à une telle proposition, il découpa aussi son sandwich en morceau, et mit le tout au milieu pour qu'ils puissent piocher chacun leur tour. Dégustant d'un sandwich au pain de mie, il savourait le plaisir nostalgique de la madeleine de Proust. Cela en disait long sur la vie de la jeune fille ; et cela lui donnait envie d'en savoir plus.

- Hum... C'est trop bon. Quel régal... Tu es bonne cuisinière en plus d'être bonne couturière ?

Et comme si elle lisait dans ses pensées, Akiko quitta son repas pour s'occuper de son manteau. Avec une minutie admirable pour autant de rapidité, elle répara le trou. Le vêtement était comme neuf. Chris la regardait faire en silence, comme subjugué. Elle était vraiment très douée. Le costume de Ikki du Phoenix promettait d'être splendide.  

- Magnifique ! Bon, et bien, je crois qu'on peut repartir !

Il se leva, enfila tous ses vêtements, ses gants, et positionna son sac à dos sur ses épaules. Chris remercia le tenancier à la cantonade, tint la porte galamment et laissa passer Akiko.
Le froid était plus mordant qu'avant leur arrivée. Peut-être s'était-il trop acclimaté à la chaleur. Ils n'étaient pas restés bien longtemps... Ils firent quelques pas dans la neige, l'un à côté de l'autre, pour la suite de leurs aventures en montagne.

Il hésita à lui faire le même coup que Glen, mais c'était terriblement tentant. Sauf que pour le requin, il l'avait fait afin de bien prendre sa déposition. Pour Akiko, en revanche, c'était différent. Il voulait être bien sûr. Et il soulignerait un nouveau point commun entre eux.
Par contre, devrait-il parler de sa propre famille si elle le demandait ? Si le nom de famille de son père ne respirait pas l'originalité, en revanche, celui de sa mère était difficilement inconnu pour tout britannique qui se respecte.
Chris avait échappé, à l'âge adulte, aux poursuites des paparazzis chasseurs de têtes couronnées, de sorte qu'il était retombé dans un anonymat enviable. Ses parents, en revanche, avaient droit à des articles réguliers dans la presse spécialisée. Il n'avait jamais dit à personne, à part Kasuya, qui il était vraiment. Passerait-il le pas avec Akiko ?

- J'avoue que je ne m'en serai pas douté. Ton nom est 100% asiatique ! Mais physiquement, effectivement, avec le recul, tu as des traits plutôt européens. Tu as vécu longtemps en Angleterre ?

Petite légende:
 
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Akiko avait fait le bon choix ; Chris était ravi qu'elle ait opté pour le costume d'Ikki. Malgré la difficulté du travail qui attendait la jeune femme, il est vrai que la tenue du chevalier phénix lui irait comme un gant. Mais, afin que la top model puisse concevoir correctement ce déguisement sur mesure, il lui faudrait, tôt ou tard, les mensurations du jeune homme. Taille d'épaules, taille de torse, tour de taille, taille tout court... Le mieux serait qu'ils se donnent rendez-vous dans l'atelier de couture de la demoiselle, soit sa suite. Elle pourrait ainsi prendre les mesures en toute tranquillité, son matériel à portée de main. Le policier lui facilita grandement la tâche en acceptant immédiatement de lui donner ses coordonnées, via un sms envoyé sur son propre portable. Toute contente, Akiko consulta sur le champ ses messages et lut celui de son ami avec un grand sourire. Pourtant, il ne contenait qu'un numéro et une adresse. Pour la mannequin c'était beaucoup plus que ça. Christopher lui permettait enfin de pouvoir le joindre, ce qui signifiait qu'au fil de leur journée, ils devenaient de plus en plus proches, comme de très bons amis.

« Oh, ce sera un peu plus de travail que pour le costume de Seiya, mais aucun défi couturier n'est encore parvenu à me faire reculer. Ce sera un très bon exercice pour moi, si je souhaite créer, un jour, ma propre ligne de vêtements. Merci pour tes coordonnées ; elles me seront très utiles pour te contacter... car j'aurais besoin de prendre tes mesures afin que la tenue d'Ikki t'aille comme un gant. Déplacé ? Pourquoi donc ? Tu sais, je suis peut-être célèbre, mais ne je mords pas ! »

Pour Akiko, il était tout à fait normal que des amis échangent leurs numéros. Mais tout le monde n'avait pas cette même vision des choses. Malgré les efforts qu'elle faisait pour se fondre dans la masse, elle se rendait compte que son étiquette de star lui collait à la peau. Un label qui en effrayait plus d'un et intimidait les autres. Chris n'avait pas échappé à la règle durant leur premier rendez-vous. Cependant, il faisait plaisir à la top model de le voir, désormais, se détendre et faire de l'humour avec elle. Enfin un proche qui ne voyait pas en elle que cette image de fille en bikini exposée par tous les magazines de mode ! Les sandwichs furent partagés et goûtés par chacun. Ceux du policier étaient délicieux et remémoraient à la demoiselle l'Angleterre de son enfance. Une succulente piqûre de rappel. Les randonneurs se complimentèrent mutuellement sur leurs talents en cuisine. La recette d'Akiko restait très simple. Elle savait bien cuisiner, lorsqu'il s'agissait de plats basiques. Cela s'arrêtait là. Pourtant, depuis son séjour sur l'île déserte avec Glen, elle était motivée à apprendre de nouvelles méthodes de cuisine afin de régaler les papilles du requin, et les siennes, par la même occasion.

« Je ne suis pas aussi bonne cuisinière que je suis bonne couturière, hélas ! Mais j'aimerais beaucoup apprendre ! »

Lorsque le manteau fut recousu, le top départ de la seconde partie de la balade fut donné. La jeune femme s'équipa de nouveau et jeta son sac à dos sur ses épaules avant de suivre Chris à l'extérieur, après avoir salué le gérant du refuge. Brrrr ! Qu'il faisait froid à l'extérieur ! Akiko avait hâte de se mettre en route, pour que l'effort réchauffe son corps. Son souhait ne se fit pas plus attendre. Ils étaient à peine sortis que son guide l'invita à lui emboiter le pas sur un nouveau chemin, plus enneigé que le sentier qu'ils avaient suivi pour arriver jusqu'ici. Il leur faudrait un bon moment avant d'atteindre le lac qu'avait montré le policier sur sa carte, assez pour que la starlette réfléchisse à cette fameuse conversation qu'elle espérait avoir avec son protecteur et profite aussi du paysage. Mais, avant qu'elle ne puisse faire l'un ou l'autre, Christopher lança un nouveau sujet de discussion qui touchait, cette fois-ci, les origines de la top model. Pour dire vrai, elle avait remarqué que les sandwichs du jeune homme ressemblaient beaucoup aux siens, du moins, qu'ils portaient la marque de l'Angleterre. Cependant, comme elle était habituée à manger anglais (et japonais), elle ne s'était pas plus posé de questions. Sauf qu'à présent que son ami avait ouvert le sujet, elle constatait que lui aussi n'avait pas uniquement des traits japonais. Se pouvait-il qu'ils aient les mêmes origines ?

« En fait, je suis née en Angleterre ! Mon père est japonais, mais ma mère est anglaise... Enfin, maintenant, ils ont tous les deux la double-nationalité... comme moi ! J'ai passé toute mon enfance et mon adolescence à Londres, avant de déménager au Japon. Mon grand-père paternel possédait une grande ligne de couture à Tokyo. Quand il est décédé, c'est mon père qui a repris l'affaire. Mais, à voir la manière dont tu t'exprimes en anglais, je suppose que je ne suis pas la seule à être anglophone ! Est-ce que tu me raconterais ton parcours, toi aussi ? »

C'était étrange de parler à cœur ouvert à Chris, même s'ils étaient devenus proches. Akiko n'avait pas pour habitude d'étaler sa vie privée devant les autres, par crainte que l'on s'en serve dans un article sur elle. Elle faisait confiance à son protecteur. Lui, il était différent de ses fans et des paparazzis qui lui couraient après. Il se battait même à ses côtés pour lui permettre de profiter de ses vacances, comme une touriste tout à fait normale. Elle était bien loin de se douter qu'il pouvait comprendre ce qu'elle vivait pour l'avoir vécu lui aussi quand il était enfant... Le refuge disparut petit à petit derrière eux. Devant eux, la montagne leur ouvrait ses portes, blanches et silencieuses. L'on n'entendait que leurs voix respectives et quelques craquements de branches, qui se déchiraient sous le poids de la neige accumulée. C'était beau, beau comme dans un rêve. Un peu plus et l'on se serait cru en plein monde de Narnia. Il ne manquait plus que les animaux qui parlent et les créatures fantastiques.

« J'aimerais beaucoup retourner en Angleterre, enfin, j'y suis retournée depuis mon déménagement à Tokyo, mais pour des shootings. Je voudrais y aller pour des vacances, juste pour pouvoir me promener incognito dans les rues de Londres, marcher le long de la Tamise, traverser le pont Westminster et admirer Big Ben ! Je faisais souvent cette promenade avec ma mère... Et toi, tu avais des endroits fétiches, dans notre belle Angleterre ? Tu as pu y retourner ? »

Cela faisait du bien de noyer sa nostalgie à deux et surtout d'évoquer de plaisants souvenirs connus là-bas, dans le nord de l'Europe... à l'autre bout du Japon.
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Tous les deux avaient donc un point commun auquel ils ne s'attendaient pas. La jolie Akiko était donc, tout comme lui, bénéficiaire d'une double nationalité anglaise et nippone. Voila qui expliquait les sandwich (pas seulement, il n'y avait pas que la bouffe qui comptait !). Il écoutait attentivement le récit de l'histoire du mannequin. Ne lisant pas les magazines de mode, il n'avait jamais eu l'occasion de connaître la biographie de la jeune femme, et ignorait tout de cela. Et puis, au moins cela serait plus intéressant sous forme d'échange qu'une lecture unilatérale. Elle avait vécu une majeure partie de sa vie en Angleterre, à Londres, et rêvait d'y retourner un peu. Pour retrouver les lieux de son enfance, mais surtout pour passer inaperçue dans la foule. Ce qui étonna un peu le jeune homme.

- Tu dis qu'en Angleterre, tu serais une personne inconnue au milieu des autres ? Tu es sûre que personne ne te reconnaîtrait là-bas ? Un mannequin est généralement connu du monde entier, enfin je le pensais... Comment s'appelait ton grand-père ? Et sa ligne de haute couture ?

A moins qu'elle ne soit qu'une star japonaise, auquel cas l'Angleterre pouvait être un refuge appaisant pour elle. Plus qu'Hinata, où bien qu'en vacances, il n'était pas rare qu'elle croisa des fans. Ce qui lui avait valu de faire sa connaissance, au demeurant.
Parce qu'Akiko était partagée entre la passion pour son métier et le besoin de se retirer de la célébrité, Chris était tenté de lui révéler son secret. Ce qui le poussait tant à aider la jeune femme à vivre une vie normale, loin des turbulences de la renommée. Après tout, si quelqu'un pouvait bien la comprendre, ce serait lui. Elle ne serait pas tentée de parler de ce qui allait suivre autour d'elle. Il était sûr de pouvoir lui faire confiance.  

- Je te comprends, l'Angleterre a son charme. C'est très différent du Japon. J'avoue que retourner à Londres, pour visiter la ville en toute liberté, serait pour moi un grand plaisir. A vrai dire, je n'y suis pas retourné là-bas depuis... mon entrée à Todai.

Il marchait dans la neige, et entamait une petite pente. Il leur faudrait encore du temps pour arriver jusqu'au lac. L'accès serait difficile, en tout cas plus que le panorama. Pour le moment, Akiko suivait sans souci, il pouvait donc converser avec elle sans s'essouffler. Il respira un bon coup avant de lui parler de son histoire.

- En fait, j'ai passé mes premières années de ma vie entre l'Angleterre et Tokyo. Mes parents voyageaient beaucoup, et mon éducation a été accomplie par des percepteurs. Ensuite, je suis resté en tant qu'interne du collège jusqu'au lycée à Eton College.

La seule mention de Eton allait forcément interpeller Akiko. Bien que le Collège soit ouvert aux boursiers, l'établissement était réputé pour accueillir un certain type d'étudiants. Avec les uniformes les plus moches de toute l'Angleterre. Enfin, de son point de vue. Il étouffait rien qu'en pensant au col qui lui montait jusqu'au cou. A choisir, il aurait préféré Oxford ; il aurait eu l'air d'un étudiant à Poudlard, au lieu d'un survivant du XIX°siècle. Il se débrouillait de toute façon pour déboutonner en permanence son col et laisser aller sa mise.

-  Tu sais... Je n'en ai parlé qu'à une seule personne. Tu es donc la seconde. Mais si je pense être bien placé pour comprendre ton envie d'anonymat.

Il marqua une pause, hésita, et se lança. Avec un peu de chance, Akiko était autant lectrice de presse spécialisée (people, pour être précis) que lui et ignorerait leur identité. Mais son sentiment d'amitié pour la jeune femme le poussait à évoquer avec elle cette information dont il n'était pas si fier, et que lui aussi (jusqu'à ce que ses parents couvrent le déshonneur de leur progéniture en mentant aux médias) avait vécu sous les feux de la rampe et évolué dans les sociétés mondaines.

- Tout comme toi, mon père est japonais et ma mère est anglaise. Et je suis persuadé que mon père possède des tenues dessinées par ton grand-père. Je suis le fils de Takeshi Inoue et de Amy Campbell de Greenwich.

Contrarié à l'idée d'avoir parlé d'eux, il mit ses mains dans les poches de son manteau, enfonça la tête dans son col. Cependant, il sentit un certain soulagement à confier à quelqu'un son double rang de noble.  
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« Non, ce que je voulais dire c'est que j'espère pouvoir connaître un jour le plaisir de me promener dans Londres sans être harcelée par des fans ou des journalistes ! Je sais parfaitement que je ne passerai pas inaperçue, du moins sans déguisement. C'est d'ailleurs comme ça que s'est passé mon dernier voyage en Angleterre. Je n'ai pas eu le temps de respirer, à mon grand regret ! » expliqua la mannequin, comprenant qu'elle s'était mal exprimée.

Quand elle était plus jeune, Akiko adorait être sous les feux des projecteurs. Elle aimait être prise en photo, remporter des concours et être une icône de la mode, une référence incontournable. Mais, avec le temps, les années passant, elle trouvait parfois son existence fatiguante. C'était l'une des raisons qui la motivaient pour monter sa ligne de vêtements. Elle pourrait faire un pas en arrière, en-dehors de la scène, et vivre une vie plus tranquille, tout en restant dans un univers qui lui était cher : celui du style et des vêtements. Elle n'abandonnerait pas totalement les shootings, cependant, elle limiterait ses déplacements en sélectionnant les offres les plus intéressantes qu'on lui proposerait. Elle pourrait peut-être aussi avoir une vie sentimentale, un petit ami avec qui elle pourrait prendre du bon temps (et peut-être fonder une famille) sans être poursuivie par les paparazzis, ni avoir besoin de s'isoler sur une île déserte ou dans les hauteurs de la montagne. Sans avoir besoin de se déguiser, sauf pour le plaisir.

« Mon grand-père se nommait Hideo Usami, il tenait la ligne de vêtements Glams, tu en as peut-être entendu parlé si tu t'intéresses un peu au milieu de la haute société japonaise... C'est notamment Glams qui a habillé quelques grandes célébrités, comme Ken Watanabe ou encore Maki Horikita, ainsi que les mannequins les plus connues du Japon. Maintenant, l'entreprise est aux mains de mon père, et j'en suis l'un des visages principaux. »

Pour sûr, l'héritage reçu par le géniteur d'Akiko avait propulsé la jeune femme en tête de liste des mannequins les plus célèbres et les plus réclamés du Japon, puis du monde. Une sacrée promotion ! Glams était une référence incontournable dans le milieu de la mode. Pourtant, la demoiselle souhaitait pouvoir se détacher de la ligne de vêtements familiale afin de créer des tenues qui porteraient les marques de son propre style et surtout ne plus dépendre totalement de ses parents. Depuis qu'elle était au complexe, elle avait pris goût à la liberté. Elle ne souhaitait pas, du moins pas pour l'instant, retourner sur le devant de la scène. Ses vacances seraient prolongées jusqu'à ce qu'elle se sente prête à reprendre sa vie de star. Et, si elle parvenait, grâce aux personnes qu'elle avait rencontrés dans le centre vacancier et ses alentours, à réaliser son rêve de créer sa ligne de couture et à ouvrir une petite boutique, elle ne reviendrait sans doute jamais sur les podiums. C'était peut-être tout le bien qu'on pouvait lui souhaiter.

Ce fut ensuite à Christopher de raconter à la top model son propre parcours. Il lui avoua qu'il avait passé son enfance entre le Japon et l'Angleterre et qu'il avait fait ses études à l'Eton College. Voilà qui n'était pas banal à entendre ! De part ses origines et sa culture anglaises, Akiko connaissait très bien la réputation de cette école qui avait formé de grands noms de la haute société. Elle ne s'attendait pas à ce que son protecteur soit aussi passé par son internat. Faisait-il lui aussi partie de la noblesse ou de la haute bourgeoisie ? S'il n'en avait pas parlé, la demoiselle ne l'aurait jamais cru. Il faisait si nature, il n'avait rien de toutes cette société clinquante et guindée qu'elle avait fréquentée à plusieurs reprises, grâce à sa célébrité. Mais, avant de réagir, elle préféra laisser Chris terminer de lui raconter son histoire. Il avait éveillé sa curiosité. Finalement, lui aussi cachait bien son jeu ! Il renforça son aspect mystérieux en ajoutant qu'elle était la deuxième personne à qui il dévoilait son véritable passé. La jeune femme fut flattée et heureuse à la fois. Cela signifiait qu'il lui faisait confiance et qu'il la considérait sincèrement comme une bonne amie. C'était réciproque. Akiko ressentait exactement la même chose pour lui.

Le policier indiqua que ses origines étaient semblables à celles de la mannequin, avant de donner enfin les noms et prénoms de ses parents. Immédiatement, l'étonnement put se lire sur son visage. Elle stoppa sa progression dans la neige, l'espace d'une minute. Amy Campbell de Greenwich ? Incroyable ! Christopher était donc l'enfant de l'une des figures de l'aristocratie anglaise ? Sans compter que le nom de son père n'était pas inconnu à la starlette, qui était bien renseignée en matière de potins et de people. Alors... lui aussi connaissait le poids de la célébrité et tout ce qui allait avec ? Mais... comment avait-il fait pour y échapper et se fondre dans la masse en tant que simple policier ? Akiko se remit à marcher, constatant que la révélation avait difficile pour le jeune homme. Il semblait avoir du mal à parler de ses parents. La top model se sentit gênée de lui avoir demandé de lui raconter son parcours. C'était de sa faute s'il avait revécut des souvenirs difficiles... Afin de le réconforter, elle se rapprocha de lui et tendit sa main vers sa poche, là où était enfoncé la sienne. Sans demander de permission, elle s'y enfonça et s'empara doucement des doigts de Christopher.

« Je comprends mieux, maintenant, pourquoi tu es si prévenant et si protecteur avec moi. Toi aussi, tu as connu les flammes de la célébrité. Je connais très bien le nom de ta maman. Et, j'avoue que celui de ton papa ne m'est pas inconnu non plus. Ton enfance a dû être très médiatisée... Je suis vraiment désolée si te remémorer tous ces souvenirs a été douloureux. Mais, tu peux être sans crainte, je ne révèlerai ton secret à personne ! Tu a évoqué quelqu'un d'autre, à qui tu as parlé de tes origines. C'était un ami ? »

Tout à coup, Akiko se sentit beaucoup plus proche de Chris qu'elle ne l'avait jamais été. C'était un sacré retournement de situation, pour elle. Il lui apportait pourtant de nombreuses réponses aux questions qu'elle se posait sur lui. Elle retira sa main de la poche du policier afin de ne pas trop le gêner dans sa progression. La pente douce arrivait à son terme et le chemin marquait un virage sur la droite. Du côté de la jeune femme, tout allait bien, physiquement parlant. Elle parvenait encore à discuter alors qu'ils marchaient dans la neige et montaient des côtes. Mais elle savait qu'à un moment ou un autre, l'air viendrait à lui manquer, avec l'altitude. Elle était loin d'être une randonneuse professionnelle, malgré son côté sportif. Alors, elle profitait de l'actuelle discussion avant de devoir se murer dans le silence pour avoir un meilleur souffle. Elle n'aurait pas pensé se rapprocher autant de son guide en une seule journée. En dépit de cela, elle continuait à le voir plus comme un ami que comme un potentiel petit ami. Cependant, la balade était loin d'être terminée. Il était possible que ses sentiments évoluent, ou, au contraire, demeurent dans l'amitié. L'un comme l'autre conviendrait à la demoiselle, qui espérait juste avoir une réponse définitive à la question qu'elle se posait sur leur relation.

« Les parents ne sont pas toujours tendres avec leurs enfants », fit-elle remarquer. « On peut dire qu'ils nous forgent le caractère ! »

Elle essayait, malgré tout, de garder une vision positive et optimiste des choses. Elle espérait néanmoins ne pas faire la même erreur, lorsqu'elle aurait des enfants. Eux, ils auraient le choix... Et surtout, elle les protégerait des médias et de la célébrité pour qu'ils aient une enfance normale.

« Dans combien de temps serons-nous au lac ? » demanda-t-elle, à titre informatif, avant de reprendre la conversation, alors qu'ils arrivaient au bout du virage, devant une nouvelle pente à gravir. « Et si, maintenant que nos passés respectifs ont été étalés sur la table, nous parlions un peu du futur ? Est-ce que tu as des projets de vie, actuellement ? »
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Chris avait mal compris. Il aurait dû se douter qu'Akiko était célèbre dans le monde entier. Il n'était pas fier de reconnaître qu'il ne connaissait rien d'elle, car il n'avait jamais pris la peine de lire les journaux ou de se rendre sur Internet pour lire sa biographie. Toutefois son choix était volontaire : pour faire connaissance quelqu'un, rien ne vaut les vraies rencontres. Les papiers peuvent mentir, ou déformer. Les personnes réelles, non. Il lui demandait des détails sur sa vie passée, qui avaient déjà été sûrement dites et redites, mais de sa bouche, tout était plus naturel, et plus intéressant que n'importe quel article, si bien léché soit-il.

La volonté d'anonymat d'Akiko, préoccupation de Chris lorsqu'il l'avait à ses côtés, était perceptible dans son envie de se promener, au Japon comme dans sa vie natale, Londres, sans être dérangée par les regards des autres, ou même d'être abordée. Il ressentait une sorte de tristesse, mêlée de lassitude, même si son don pour le déguisement lui permettait de glisser telle une souris entre les pattes du chat. Avec l'éternelle peur de se faire attraper par le prédateur. Pourtant, elle parvenait toujours à rester aimable, souriante, à signer des autographes et à ne rien laisser paraître auprès des fans. Mais telle que le jeune flic la voyait, elle aspirait à autre chose.
Ses dons pour la couture seraient assurément son avenir, et la révélation qu'elle fit ne l'étonna pas vraiment. La mode, c'était de famille.

- - Bien sûr... Glams... Comme je te l'avais dit, mon père portait des tenues dessinées par ce grand ponte de la mode. Je crois même avoir croisé ton père... ou ton grand-père, je ne me rappelle plus, lors d'une soirée ou deux. Je me rappelle avoir entendu le nom. Je ne sais pas si petite, tu accompagnais ta famille lors de dîners du monde, mais si cela se trouve, nous nous sommes déjà croisés sans le savoir ! Avec le recul, c'est amusant, non ? Quoiqu'il en soit, ta reconversion en créatrice de mode est très envisageable ! J'ai brièvement vu ce que tu as fait avec ton manteau, et tu m'as sacrément bluffé. Tu as des mains en o....

Ce fut lorsqu'il prononça ces mots, après sa confession au sujet de sa famille, qu'il sentit une de ces fameuses mains plonger dans sa poche pour aller à la rencontre de la sienne. Surpris, il sursauta sur le coup, ne l'ayant pas senti venir. Touché, il se laissa faire. Le contact avec Akiko était chaleureux et bienveillant, et il regretta que tous deux portent des gants pour ne pas sentir plus distinctement le sens de ce geste. Il se sentit soudain moins amer que la minute d'avant.

- Non, tu n'as pas à t'excuser !" . fit-il avec un sourire moins spontané que d'ordinaire, un peu triste aussi. - "Je n'étais pas obligé d'en parler, j'aurais très bien pu mentir en m'inventant une autre vie. De toute façon, à quoi bon nier ce qui est, et ce qui est fait, pas vrai ?" . Il retrouva un peu d'aplomb et lui adressa un clin d’œil complice.
- " Et puis... Ça m'a permis d'être plus proche de toi, aussi.  Oh, bien sûr, en tant que flic, je serai venu t'aider quand je t'ai vu la première fois. Mais sans ce point commun entre nous, je ne serai pas resté pour manger un bout. Et je n'aurai pas pris tes coordonnées. Je vois ça comme une chance !".

En ce qui concernait la médiatisation, Chris ne fut certainement pas aussi exposé qu'Akiko. Ses parents veillaient depuis qu'il était tout petit à l'éloigner au mieux des caméras et des interviews, de sorte qu'il était plus ou moins resté un mystère aux yeux des journalistes. Et heureusement, car sinon la réputation des Inoue-Campbell en aurait rudement pâti. Leur fils était loin d'être un modèle de convenance et de bonne éducation, malgré tous leurs efforts pour lui inculquer les préceptes de leur condition sociale. Les paparazzis de l'époque n'avaient obtenu que de rares photos volées, celles qui avaient échappé aux gardes du corps de la famille. Ces clichés se comptaient sur les doigts d'une main. De sorte que dès Todai, ses parents avaient pris des dispositions pour que leur fils ne soit pas embêté. Lesquelles, il n'en savait rien, puisqu'il s'était éloigné d'eux à cette période, jusqu'au schisme final où Chris leur avait fait comprendre qu'il voulait une autre existence et qu'il coupait les ponts. Il ne leur avait pas reparlé depuis. Et comme il ne s'intéressait pas au people, il ignorait la stratégie de ses parents. Était-il passé pour mort ? Ou avaient-ils recruté un substitut qui se faisait passer pour lui ? Quoiqu'il en soit, malgré son identité qu'il n'avait jamais changé, personne n'avait fait jusqu'alors la liaison entre lui et le fils du couple aristocrate. On lui avait bien posé la question, mais il ressortait toujours la même rengaine :"Non, c'est un homonyme ! Ma mère lisait trop lors de sa grossesse les journaux à scandale et elle a décidé de m'appeler comme ce gamin ! Après tout, Inoue, c'est un nom qui court les rues ! Et puis franchement, si j'étais lui et que je voulais passer inaperçu, j'aurais changé de nom au lieu de m'afficher comme ça. Dernière chose : vous imaginez un noble qui se présente à l'école de police de Tokyo, sérieux ? " Entre le charisme du garçon, l'absurdité effective de la police comme choix professionnel et le parler familier, il embobinait tous ceux qui s'interrogeaient sur le sujet.  

- Je te remercie, et je savais avant même que tu me le dises que je pouvais te faire confiance. Après tout, tu connais le problème sûrement mieux que moi. En tout cas, merci....

Il retrouva son sourire joyeux, bien qu'il regretta qu'elle retira sa main.

- Et tu as raison, les parents sont là pour faire de nous des êtres complets, et solides. Je préviens donc ma progéniture, ça va barder ! .

Il éclata de rire, tandis qu'ils amorçaient une nouvelle pente. Akiko tenait bon pour le moment, sa chute était sans conséquence.

- Pour répondre à ta question, oui, la seconde personne à être au courant est mon meilleur ami, Kasuya. C'est une longue histoire, et j'ai déjà assez parlé de moi comme ça ! Et puis tu as raison, parlons du futur ! Le lac est à une demi-heure, je pense. Nous pouvons donc discuter encore un peu pendant vingt minutes, mais si on veut voir les animaux, à l'approche du lieu, nous devrons conserver le silence. J'espère en être capable, je suis un incorrigible bavard ! Bon, qu'est-ce que tu disais ? Ah, oui, le futur. Des projets de vie... euh...

Le boulot ? Il avait décidé de rester ici, donc pas de mutation. Les amis ? Ça allait. Fonder une famille ? Pas pressé. Déménager ? Son appart était grand et confortable. Rien de spécial.
Enfin, si.

Hana...
Chris se mordit la lèvre. Non pas qu'il fut présomptueux et mythomane, mais il ignorait ce qu'Akiko ressentait à son égard. Il la savait peu indifférente envers sa personne, mais voyait-elle le métis comme un ami, ou plus encore ? Si c'était le cas, ne risquait-il pas de la décevoir en lui annonçant qu'il avait rencontré quelqu'un avec qui il avait eu une relation, à qui il s'était profondément attaché ? Et qu'il était encore indécis sur ses sentiments envers le mannequin pour se décider ? C'était délicat, tout autant capable de plomber l'ambiance que la conversation malheureuse au sujet de Glen. Pour autant, il ne pouvait pas vraiment reculer ; il devait être fixé.

- Et bien... J'ai rencontré quelqu'un l'autre jour. Une femme. Et je... Et toi, quelles perspectives pour ton avenir ?
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Il apparut que Christopher connaissait finalement très bien la ligne de vêtements créée par papi Usami et qu'il avait même croisé ce dernier, à moins que ça ne soit papa Usami, durant une soirée. Akiko réfléchit un instant : sa petite famille n'était pas rentrée au Japon avant la majorité de la demoiselle. C'était donc à Londres qu'ils participaient aux mondanités jusqu'à ses dix-sept ans, puis à Tokyo (et, pour la mannequin dans de nombreux pays étrangers). Il était possible qu'ils se soient déjà croisés, quand la jeune femme était enfant, car son père et sa mère n'hésitaient pas à emmener leurs bouts de choux aux différentes soirées auxquelles ils étaient invités – le privilège du sang et de la célébrité – afin de les exhiber et de les médiatiser. Il était, en revanche, peu probable qu'il y ait croisé son grand-père, qui faisait rarement le déplacement en Angleterre (et quand il le faisait, c'était essentiellement pour voir ses petits-enfants, dans un contexte familial). Comme le monde était petit ! Si cela se trouvait, ils s'étaient même parlés, sans en garder de souvenir. Et maintenant, ils étaient amis !

« Oui, papa et maman nous emmenaient souvent en soirée, Adam, mon frère, et moi ! Des soirées huppées et costumées, des soirées bourgeoises et aristocrates... Nous en avons fait beaucoup, alors, toi et moi avons déjà dû nous y croiser ! C'est fou ! J'ai encore du mal à y croire ! Dire que nous nous retrouvons après toutes ces années ! Le destin nous joue des tours ! »

La jeune femme était encore toute émoustillée, mais ravie de ce fond commun qu'ils venaient de se découvrir. Ils avaient tellement à partager ! Plus encore, Christopher était le premier ami qui la comprenait vraiment, sincèrement. Elle avait trouvé en lui une épaule solide sur laquelle s'appuyer lorsque les siennes flancheraient, sous le poids de la pression. Il était là pour la protéger, quand elle était face à plus fort qu'elle, mais il l'encourageait aussi à suivre sa première passion, la couture, pour en faire une vocation professionnelle. C'était agréable à écouter ! Dans sa famille, les avis étaient partagés. Son père la voyait aller jusqu'au bout de sa carrière de mannequin, sa mère lui souhaitait un bel avenir de couturière de mode et de luxe, son frère, lui, la soutenait, quelque fût son choix. Cependant, elle, savait très bien ce que son coeur lui soufflait. Elle voulait devenir couturière, quel qu’en soit le prix ! Et, plus le temps passait au complexe, plus elle en avait envie.

« Merci beaucoup ! C'est ma passion, coudre, recoudre, inventer des tenues, confectionner des déguisements... Elle me vient de ma mère ; c'est grâce à elle que je suis devenue aussi talentueuse. Elle m'a transmis sa dextérité ! »

Christopher se montra une fois de plus très compréhensif en pardonnant sa curiosité à la demoiselle. Pourtant, Akiko parvint à lire le chagrin dans son regard et s'en voulut beaucoup d'avoir remué le couteau dans la plaie. Elle espérait que le policier lui pardonnerait sa maladresse. Elle fut rassurée lorsqu'il souligna le point positif de l'avoir rencontrée. Il est vrai que c'était grâce à la renommée de la mannequin qu'ils avaient passé un aussi long moment ensemble le jour où ils avaient fait connaissance. C'était à cause d'elle que le fan collant l'avait harcelée, que Chris était venu à son secours puis avait prit un verre en sa compagnie et obtenu son numéro de téléphone. Rien n'était dû au hasard. À moins que ce ne soit l'inverse. Peu importait ! Le résultat était là et il faisait plaisir à constater ! Deux amis qui pouvaient se faire confiance et compter l'un sur l'autre. Enfin, il restait encore à régler cette affaire de sentiments...

« Il n'y a pas de quoi, tu sais ! Tu en ferais autant pour moi », fit doucement la top model. « Ah oui ? Tu comptes y aller à coup de cravache ? » ajouta-t-elle avec humour.

Après quelques mots expliqués à Akiko sur un certain Kasuya, qui semblait être cher aux yeux de Christopher mais sur lequel il ne préféra pas s'attarder, la conversation dévia sur le chemin qu'il restait à faire jusqu'au lac. Le guide expliqua qu'il leur restait encore vingt minutes pour converser avant de devoir se murer dans le silence pour ne pas effrayer les animaux. Il lui avoua qu'il serait difficile pour lui de tenir le coup. Il en serait autant pour la starlette qui aimait beaucoup discuter avec lui. Peut-être serait-il possible de chuchoter, ne serait-ce qu'un petit peu ? Mais, si cela était impossible, elle ferait son nécessaire pour ne pas briser la règle. Elle voulait absolument voir les animaux sauvages dans leur état naturel. Alors, elle ne prendrait pas le risque de les effrayer.

« D'accord ! Je vais faire de mon mieux ! On ne pourra pas chuchoter, afin, je veux dire, avant d'arriver au lac ? Moi aussi, je suis plutôt bavarde, alors... » dit-elle en souriant.

Et puis, tout à coup, sans prévenir, Akiko reçut de plein fouet la réponse à toutes les questions qu'elle se posait depuis le début de la journée. Alors qu'elle s'enquerrait des projets d'avenir de son protecteur, il lui parla d'une femme qu'il avait rencontrée... avant de chercher à détourner son attention. Mais c'était peine perdue. La mannequin avait très bien entendu et ne comptait pas passer outre cette information. Elle était primordiale pour son cœur de porcelaine, primordiale pour lui permettre d'avancer. D'après le malaise qui s'installa soudain entre eux, cette femme n'était pas n'importe qui. Elle était importante pour lui et, il ne s'agissait pas de la top model. C'était quelqu'un d'autre, quelqu'un qui s'était emparé du cœur de Chris, un peu comme elle-même l'avait fait avec Glen. Ce fut quand même un petit pincement pour Akiko, qui était très sentimentale. Il lui permit pourtant de tirer un trait sur sa potentielle histoire d'amour avec le policier pour se consacrer pleinement sur celle qu'elle était en train de créer avec monsieur le requin. Un mal pour un bien ! Christopher remplissait parfaitement le rôle de l'ami, du frère protecteur. Seulement, rien de plus ne pourrait jaillir de leur relation.

« Une femme ? Alors, tu es tombé amoureux ? » demanda la demoiselle, en cachant parfaitement la pointe de jalousie qu'elle ressentait derrière un délicieux sourire. « Et comment se nomme l'élue de ton cœur ? »

Akiko détourna le regard, le temps de laisser son ami lui répondre. De petites larmes brillaient au coin de ses yeux. Elle était sincèrement heureuse pour le policier. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait envie de pleurer mais elle ne pouvait pas le contrôler. La mannequin profita d'un moment d'inattention de Chris pour essuyer ces vilaines gouttes. Voilà, ni vu ni connu ! Elle pouvait désormais reprendre le fil de la conversation, souhaiter tout le bonheur du monde à son ami et lui exposer ses propres projets.

« Je suis vraiment contente pour toi, Chris ! J'espère que tu seras heureux avec elle ! Et, tu sais, puisqu'on parle de sentiments... je crois que j'en ai pour Glen... Mais... je ne sais pas trop comment lui en parler. Il est différent de tous les garçons avec lesquels je suis déjà sortie... »

Était-elle en train de lui demander des conseils ? C'était le monde à l'envers ! Cette conversation commençait à la mettre mal à l'aise. Pourtant, elle l'avait souhaitée. C'était juste qu'elle ne savait plus où elle en était. C'était beaucoup de confidences d'un coup et elle avait besoin d'un peu de temps pour les digérer. Heureusement, ils arriveraient bientôt à proximité du lac et ne pourraient plus parler. Cela permettrait à la demoiselle de faire le point dans sa tête en profitant d'un moment unique en pleine nature.
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Retrouver de mémoire le visage de quelqu'un qu'on a hypothétiquement croisé des années auparavant est impossible. Avait-il croisé Akiko dans le passé ? Ses parents conservaient certaines photographies et articles de l'époque. Il n'y aurait donc pas accès à présent qu'il avait tourné le dos à ce monde.

- Je me demandais... Ces soirées étaient souvent couvertes pour certains journalistes, ou par des chroniqueurs de la vie mondaine. Aurais-tu gardé des articles du moment ? Ou quelqu'un de ta famille ? J'aimerais bien savoir si nous avons effectivement eu l'occasion de nous rencontrer sans le savoir.

Si Akiko avait été éventuellement captée par un photographe, Chris le serait moins. S'ennuyant durant ces soirées comme un rat mort, obligé d'être attifé selon un style dans lequel il ne se reconnaissait pas, il profitait de la moindre seconde d'inattention de ses parents pour se réfugier dans un endroit tranquille et laisser vagabonder son imagination. Cependant, il garda pour lui ce pan de sa vie pour ne pas parler que de lui dans leur conversation. Ils partageaient un moment ensemble, il n'allait pas le gâcher à parler de lui. Surtout si cela attristait le mannequin.
Aussi, il rebondissait sur son trait d'humour, pour changer la conversation.

- Il faut bien leur inculquer les bons préceptes, aux minots !

Chris se met à rire, évidemment qu'il ne battrait pas ses enfants. Il ne les éduquerait pas sous la contrainte, comme les siens. Juste, ouvert d'esprit, mais attentif. Toutefois il n'était pas pressé d'en avoir. Les enfants ne figuraient pas dans son actualité. La recherche de son âme sœur était prioritaire. Une femme aimante, une relation durable inscrite dans la réciprocité. Voila ce qu'il attendait de sa rencontre avec Hana, après cette fameuse nuit qu'il ne serait pas prêt d'oublier.
Annoncer cette relation à Akiko ne fut pas facile, et le jeune flic s'interrogeait. Avait-il bien fait de tout lui dire. Il était décidément bien maladroit envers elle aujourd'hui, avec Glen pour commencer. Ils devaient passer une excellente journée, à se promener dans la neige. Contre toute attente, les deux amis échangeaient et se découvraient l'un l'autre, au risque de les contrarier. Akiko et Chris étaient devenus si proches ; à quel point ? La jeune femme était la seule qui arrivait à l'intimider, lui pourtant si tenace. Il ne supporterait pas de lui faire du mal et la chagriner. Quelles étaient les pensées de la jeune femme à son sujet ? Il comprit que c'était plus ce qu'il pensait. Il se mordit la lèvre inférieure et attendait avec impatience d'arriver dans la zone des animaux pour qu'il se taise enfin et qu'il arrête de la tourmenter.
Quand elle reparla enfin, la joie animait la belle. Une joie sincère et fraternelle, dénuée de regret, et exprimant presque une sorte de soulagement. Elle était heureuse pour lui, et elle était fixée sur ses intentions. Il soupçonnait pourtant un brin de tristesse, mais il n'en était pas sûr. Il s'en voulut de l'avoir accablée par ses confidences.

Mais cette balade était inscrite dans le registre des révélations et ce fut à Akiko de le désarçonner. Quoiqu'il aurait dû le prévoir. Elle avait évoqué Glen la première fois avec une sorte de tendresse significative. Durant quelques secondes, Chris enviait le requin d'avoir réussi à conquérir le mannequin. Il se résonna très vite : lui avait quelqu'un dans sa vie, il n'était pas un don Juan, et se voyait comme un être fidèle. Ses sentiments pour Hana étaient limpide ; étaient ; alors que pour Akiko, ils demeuraient indéfinissables.

Tout être sur terre mérite d'être mérité, et Glen n'échappait pas à la règle. Il était un bon gars, et il avait beaucoup de chance d'être aimé d'une personne comme elle. Cet aspect révélait un autre côté de la personnalité du squale que Chris, en tant qu'homme, n'aurait pu connaître. Le métis cependant était inquiet : quelle serait la vision de Glen au sujet de l'anglo-nippone ? Le flic avait été confronté à un personnage sympathique et attachant, mais au vocabulaire fleuri et explicite, et qui véhiculait une image de libertin. Après tout, le métis, bien qu'hétéro, avait réussi à le chauffer en jouant la comédie. Sans parler des propositions indécentes de l'hybride au sujet de sa sœur. Jouait-il un personnage, se faisait-il mousser, ou bien enchaînait-il les conquêtes ? Sera-t-il capable de prendre soin d'Akiko ou lui briserait-il le cœur ? Si d'aventure, il le faisait, Chris lui transmettrait d'un coup de poing son opinion. Mais nul besoin de mettre la charrue avant les bœufs.

- D'après ce que je connais de notre homme, j'aurais tendance à ne pas être direct et d'y aller en douceur. Restez vous-même, et il comprendra bien ton attachement à lui. Il est assez réactif, toute précipitation pourrait aboutir à un quiproquo. Je sais qu'attendre est douloureux quand on garde pour soi une forte émotion, qu'on a l'impression d'exploser alors que la personne en face de soi ignore tout de votre secret. Il faut prendre son mal en patience. Sans lui dire clairement, laisse des indices. Des petits bouts de pain sur le chemin pour le mener vers toi.

Il lui posa une main sur l'épaule et lui offrit son plus chaleureux sourire.

- Jusqu'au moment où vous vous rendez compte tous les deux que vous êtes sur la même longueur d'onde. Et que ça devient magique.
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Christopher voulait savoir si les soirées auxquelles ils auraient pu se rencontrer étaient couvertes par les médias. La réponse était oui ! Akiko avait déjà été prise en photo aux côtés de ses parents, de son frère, ou même toute seule, durant les fêtes auxquelles l'avait amenée ses géniteurs. Elle adorait ça ! Depuis qu'elle avait l'âge de marcher, elle aimait prendre des poses de petite princesse en face de l'objectif. Quelques fois, elle était apparue dans les magazines ou les journaux qui avaient réservé une page pour l'une de ces soirées ou pour sa famille. Elle avait notamment conservé un cliché, donné par sa maman, en souvenir d'un événement organisé à Londres, dans la maison d'un couple d'aristocrates. Comment s'appelaient-ils déjà ? Peu importe ; Christopher reconnaîtrait le lieu où avait été prise la photographie quand il la verrait, s'il y avait mis les pieds. La mannequin la conservait dans son album photo personnel, rangé dans sa suite au complexe. D'ailleurs, elle serait ravie de partager un peu de sa vie privée avec son protecteur, en lui faisant découvrir cet album. Il y avait tout un tas de souvenirs rassemblés là-dedans, qui n'attendaient qu'à être racontés et partagés... autour d'un bon goûter !

« Oui, en effet, certains de ces évènements ont été médiatisés. Il y a eu quelques articles rédigés dessus, mais, en ce qui me concerne, je n'ai gardé qu'une photo, prise à Londres. Je te la montrerai quand tu passeras chez moi pour... ton costume de chevalier ! »

Ouf ! Elle avait trouvé une excuse valable pour compenser le fait qu'elle venait de l'inviter chez elle et que cela aurait pu paraître déplacé. Pourtant, la demoiselle n'avait aucune arrière-pensée. Elle souhaitait simplement passer un bon moment avec un ami qui lui était très cher. D'autant plus que le beau métis était déjà en couple, d'après ses dires ! Akiko n'imaginait pas que sa promenade avec lui prendrait un tel chemin ! Elle n'avait pas songé une minute au fait que lui aussi puisse être casé, comme on disait, avec une autre femme. Elle ne s'était pas préparée à devoir le partager. Mais, une fois le chagrin passé, la top model se rendait compte qu'elle était sincèrement heureuse pour lui et que cela simplifiait aussi son dilemme entre lui et Glen. À présent, elle pouvait se focaliser uniquement et pleinement sur sa relation avec monsieur le requin, sans se sentir coupable vis à vis de Christopher. Il n'y avait plus aucun quiproquo... du moins, pour le moment. Akiko, malgré le malaise qui l'avait saisie, se sentit tout à coup plus légère. Les choses étaient moins compliquées quand on se les disait. Elle s'en voulait presque d'avoir attendu aussi longtemps.

Contre toute attente, son guide joua le jeu et accepta de la conseiller sur sa relation avec Glen. Il fallait dire que la mannequin n'avait que très peu d'expérience en amour, encore moins avec des phénomènes tels que l'hybride à la langue bien pendue. Elle en avait fait les frais sur le petit îlot désert, avant de se rendre compte que cela faisait partie du charme du requin. Et, maintenant qu'ils étaient revenus sur la terre ferme, la jeune femme avait du mal à faire le premier pas. Par timidité, par crainte, et pour plein d'autres facteurs typiquement féminins, diraient les hommes. Pourtant, Chris se montra très compréhensif et endossa le rôle du grand frère afin de donner son avis avisé à la starlette. Akiko l'écouta avec attention, ne loupant pas une miette de ce qu'il disait, tout en  prenant garde où elle mettait les pieds. Elle n'avait pas envie de chuter à nouveau parce qu'elle aurait été distraite. L'avantage était que son guide connaissait déjà le garçon dont elle parlait. Il savait donc quelle attitude il fallait adopter avec lui. C'était un avantage que la top model aurait aimé posséder. Curieuse, elle aurait bien aimé connaître celle qui faisait battre le cœur de son ami. Peut-être un jour la lui présenterait-il ? Ou peut-être même qu'ils s'organiseraient un dîner à quatre, en couple ! Quelle drôle de situation cela serait !

« Je pense que... tu as raison. Je ne dois pas précipiter les choses entre nous. Mais je suis tellement impatiente de le revoir ! J'ai peur de ne pas lui convenir et... qu'il me préfère quelqu'un d'autre... une personne plus extravertie... Je sais, c'est stupide ! Je ne peux pas m'en empêcher... C'est juste que, sans lui, j'ai l'impression qu'il me manque quelque chose... »

La main de Christopher se posa sur son épaule et suffit, à elle, seule, à redonner moral et énergie à la demoiselle. Son sourire se fit, dès lors, encore plus rayonnant qu'il ne l'était déjà.

« Oui, ce sera magique... »

Durant leur conversation, les deux amis avaient également bien progressé à travers la montagne. Ils étaient tout près du fameux lac dont le policier avait parlé, là où ils pourraient observer des animaux dans leur état naturel. Akiko discerna le point d'eau, depuis leur position actuelle, légèrement plus en contrebas. L'eau était gelée, par endroits, et les berges couvertes de neige. Ils n'étaient pas encore arrivés que la jeune femme trouvait déjà le lieu enchanteur. Pourtant, elle était partagée. Elle savait qu'elle allait devoir se taire, pour ne pas effrayer la faune sauvage. Mais elle avait aussi envie de poursuivre la discussion avec Christopher. De toutes façons, elle attendrait son top départ avant de se murer dans le silence. En attendant, elle avait sans doute le temps d'échanger encore quelques mots avec lui. Elle avait beaucoup parlé de Glen et d'elle, c'était au tour de son protecteur, maintenant. La demoiselle avait envie d'en apprendre plus sur sa relation avec la femme qu'il avait rencontrée. Comment l'avait-elle séduit ? Où s'étaient-ils rencontrés ? Et surtout... comment était-elle ?

« Et toi ? Tout se passe bien avec ta petite amie ? Parle-moi un peu de vous ! Je suis curieuse, tu sais ! » demanda-t-elle en lui lançant un clin d’œil malicieux.
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Akiko l'invitait officiellement chez elle. Évoquait-elle son appartement au Complexe, ou carrément son logement d'origine ? Quoiqu'il doutait qu'un mannequin posséda une habitation fixe, il était toujours en villégiature. Lorsque Chris avait signé le bail de son appartement, il ne s'était jamais senti aussi libre qu'à ce moment-là. Il avait un chez-lui, il ne devait pas rester chez un ami de la famille, ou dans une résidence universitaire, ou évoluer de domaines en domaines. Il s'était approprié l'espace, s'était installé dans un appartement douillet, où il avait choisi la décoration.
Quoiqu'il en soit, son amie lui ouvrait sa porte, et il s'en sentait flatté. Il en était même pressé à l'idée de découvrir son costume, et de voir la fameuse photo. Avec un peu de chance (quoi-qu’infime), il allait peut-être se voir dessus. Sans trop y croire ; il se cachait trop bien des caméras et des appareils de photographie.

- Je suis honoré par votre proposition, très chère !

Akiko était contente à l'idée de le recevoir, mais elle était clairement dans ses petits souliers concernant l'histoire de Glen. L'existence de la petite amie de Chris l'avait bouleversée. Tout comme Chris n'était pas sûr de ses sentiments envers elle, Akiko doutait de leur nature, et s'était imaginée que peut-être ils iraient plus loin. Tout en mettant Glen dans la balance. Elle avait une sensibilité à fleur de peau. Chris lui apportait donc ses conseils, favorisant la tempérance et prônant la prudence. Quand on connaît Glen, il faudrait du temps à ce dernier pour bien comprendre ce qu'elle attendait de lui, et qu'il ne se fourvoie pas. A l'occasion, puisque le requin lui en devait une après sa libération du commissariat, le métis irait lui rendre une petite visite dans son bar. Et il l'interrogerait sur ses intentions, et son opinion sur la miss. Le tester et pouvoir justement mieux aider Akiko.
Les craintes de la couturière étaient malheureusement légitimes, ce dont il se passerait bien d'évoquer. Glen avait un esprit débridé, sans gêne, qui s'écartait de la retenue et de la bonne éducation de d'Akiko. Vu comme il parlait à sa sœur, ainsi que l'hameçon qu'il avait mordu quand Chris avait feint de le draguer (marrant comme cette métaphore prenait du sens avec un requin...), on pouvait aisément le targuer de libertin.

- Tu le reverras sous peu. Je suis sûr qu'il sera ravi de te revoir. S'il t'en laisse l'opportunité, essaie de glisser subtilement un mot. Ne rentre pas dans le vif du sujet, mais titille sa curiosité, qu'il réfléchisse et qu'il se dise : "Mince, pourquoi elle me dit ça ?". Il va psychoter un peu, et ce sera un grand bénéfice pour toi. Car si tu lui glisses tout frais ton ressenti, il risque de réagir avec son impulsivité irréfléchie, et ce ne sera pas constructif.

Le chemin les entraînait à proximité du point d'observation des animaux, et du lac. Déjà, Chris avait pu voir des traces de pattes dans la neige. Un oiseau, fort probablement. Le trajet allait devenir plus coriace, plus pentu, et plus étroit. Ils devaient faire attention. Alors qu'ils amorçaient la légère montée, qui leur permettrait de surplomber une partie du lac, elle lança sur le tapis une question que Chris aurait souhaité éviter. Qu'il ne pouvait pour autant pas éluder. Il n'était pas fier d'avoir mis les pieds dans un bar à strip-tease à cause de son crétin de voisin. Et pourtant, cela lui avait permis de rencontrer sa reine des fleurs.
L'approche du lac lui offrait un délai appréciable ; d'ici il allait réfléchir à l'orientation de son récit.
Il se mit à chuchoter.

- Il va falloir remettre cette conversation à plus tard. Nous sommes tout près. Sois prudente dans la montée, ça devient ardu pour les derniers cent mètres.

Il lui tendit la main pour aider son ascension.
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La mannequin fut toute contente que son ami accepte son invitation. Elle lui ferait découvrir sa suite, au complexe, avec joie. Son logement au complexe était devenu sa seconde maison, peut-être même la première, derrière le pied à terre familial de Tokyo. Elle s'y plaisait et l'avait même personnalisé à sa manière. Quelques petits tableaux, quelques posters de célébrités de la mode (ou plutôt des somptueuses tenues qu'elles portaient), des rubans et des mannequins en plastique, qui lui servaient à tester les vêtements qu'elle créait. Bien sûr, elle leur préférait les véritables modèles. Mais, l'on sentait, en entrant chez elle, qu'il s'agissait de l'habitation d'une couturière. Aucun doute là-dessus ! Bon, ce n'était pas une atmosphère oppressante non plus. Christopher s'y sentirait bien, ou, du moins, Akiko ferait en sorte que ce soit le cas ! Elle mettait un point d'honneur à ce que ses invités soient bien reçus. Surtout que son ami serait sa première connaissance à mettre les pieds chez elle. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de faire entrer qui que ce soit dans son logement.

« Génial ! J'ai hâte d'y être ! Je ne sais pas si tu as déjà eu l'opportunité de voir l'une des suites du complexe, mais ce sont de superbes appartements. Oh fait, je dis ça, mais en tant que résident de la ville, tu as le droit d'entrer au complexe, quand même ? »

La question lui était venue d'un coup, alors qu'elle finalisait son invitation. Elle n'était pas encore bien au fait de tous les aspects du règlement de la structure. Mais, elle avait entendu parlé d'un ticket, à la journée, qu'il était possible d'acheter, si l'on ne faisait pas partie du complexe, et qui ouvrait les portes des lieux pour un temps limité. Donc, si nécessaire elle s'en procurerait un pour que le policier puisse venir la rejoindre au troisième étage du bâtiment principal sans avoir à s'infiltrer en douce et provoquer la colère des membres de la sécurité. Ce serait un comble, pour un représentant de la loi !

La demoiselle était très touchée par ce qu'elle vivait en ce moment avec monsieur le requin. Cela se ressentait, dans ses gestes, ses mots, quand elle en parlait. Un détail qui n'échappa pas à Christopher. Mais le jeune homme se montrait très compréhensif et il endossait volontiers le rôle du grand frère protecteur, le meilleur conseiller qui soit en matière de garçons. C'était vraiment chouette de pouvoir parler aussi ouvertement ! Pourtant, Akiko avait bien déjà un frère. Elle et Adam s'étaient toujours bien entendus. Cependant, ils n'avaient que rarement eu ce type de conversation. La top model avait toujours été très pudique quand il s'était agi de parler de ses relations amoureuses avec sa famille. Le policier étant une personne extérieure à son cercle familial, elle avait beaucoup plus de facilité à lui ouvrir le fond de ses pensées. Sans oublier qu'à présent, ils étaient devenus très proches, plus proches qu'elle ne l'était avec Adam ou Hisato, son ami lapin au complexe. C'était peut-être un peu tôt, pour affirmer ce genre de choses, mais la jeune femme ressentait la situation comme telle : Chris était son meilleur ami. Les conseils qu'il lui donna à propos de Glen confirmèrent ce fait. Son but n'était pas de l'enfoncer ou de faire capoter sa relation avec l'hybride. Au contraire, il voulait que ça marche entre eux et qu'Akiko trouve le bonheur !

« D'accord, je vais suivre tes conseils ! Après tout, tu le connais, toi aussi, mon phénomène ! Et puis, j'ai vraiment envie que... ça fonctionne, Glen et moi... »

L'aspect croustillant de la conversation, celui que la mannequin attendait avec impatience, curieuse de savoir qui était la petite amie de Christopher et comment ils s'étaient rencontrés, dut être écarté pour l'instant. Le guide annonça en effet qu'ils approchaient du lac et du point où ils pourraient observer les animaux sauvages, ce qui signifiait qu'ils devaient se taire, tant qu'ils seraient dans les parages. Malgré sa curiosité, la demoiselle ne souhaita pas prendre de risques et fit signe, d'un hochement de tête, au jeune homme qu'elle avait bien compris avant de se murer dans le silence. Elle saisit la main qu'il lui tendit pour l'aider à gravir la pente qui les mènerait au point d'observation. Ainsi, elle serait plus stable et ne risquerait pas de tomber, ni de faire de bruit dans sa chute. L'ascension se fit donc sans problème notoire. Cependant, une fois arrivée en haut, Akiko sentit ses jambes fléchir sous la fatigue. Elle commençait à accuser le coup de son manque d'expérience en randonnée montagnarde. Pourtant, elle était décidée à aller jusqu'au bout. Elle n'était pas arrivée jusque-là pour abandonner, si près du but. Prenant son courage à deux mains, la jeune femme rassembla ses forces et avança à la suite de son ami.

Ils étaient enfin parvenus dans les hauteurs, au point d'observation. Il surplombait l'étendue d'eau, mais restait assez proche du lac pour permettre aux curieux de distinguer les silhouettes des animaux qui vivaient ici ou venaient simplement s'y désaltérer. La vue était tout simplement sublime. L'un des plus beaux paysages qu'il ait été donné de voir à la mannequin. Au cœur de ce royaume blanc et silencieux, Akiko se sentait apaisée. Elle oubliait tout, tous les problèmes, tous les soucis et les tracas. Ses yeux, fascinés, se perdirent dans l'immensité du tableau hivernal qui s'offrait à elle. Patiemment, ils attendirent l'instant magique où ils auraient le privilège de découvrir un animal sauvage. Et, le premier candidat fut un jeune bouquetin qui s'approcha du point d'eau une quinzaine de minutes après l'arrivée des deux randonneurs... Lorsqu'elle le découvrit, la starlette se mit à sourire jusqu'aux oreilles. Elle lança un regard complice à son guide, lui signifiant, par cette œillade, qu'elle était heureuse et qu'elle le remerciait pour l'expérience unique, le moment magique qu'elle était en train de vivre. Après s'être désaltéré, le museau dans l'eau glacée, l'herbivore fouina quelques minutes dans la neige alentour avant de disparaître sans bruit, comme lorsqu'il était arrivé. La jeune femme se souvint que le policier lui avait promis de lui faire faire un tour du lac. Est-ce que cela signifiait qu'ils allaient pouvoir s'approcher un peu, par la suite ? Elle aurait aimé le lui demander, mais elle n'avait pas le droit de parler. Elle se contenta donc d'attendre et de voir.
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