AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Présentation Yohji Toriyama

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin
Admin
avatar


Messages : 1136
Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Présentation Yohji Toriyama   Mar 5 Sep - 13:17



Yohji Toriyama

Qui a déplacé mes crayons ?
Généralités

Nom ;; Toriyama
Prénoms ;; Yohji
Âge ;; 27
Genre ;; Masculin
Origines ;; Japonaise
Activité ;; Dessinateur-illustrateur, ancien gymnaste
Sexualité ;; homosexuel
Avatar ;; Freed Justine / Fairy Tail
Règlement ;;
Chemin ;; Reboot
Commentaire ;; Ze vous z'aime !
What happened in your life ?
PREMIÈRE PARTIE

Où suis-je ? Où suis-je ? Bon sang, pourquoi tout est flou autour de moi ? Je crois distinguer des formes et des couleurs, mais rien de probant. C'est flou... Je n'arrive pas à bouger, pourquoi je n'y arrive pas ? Ce sont mes mains ou celles d'un autre ? Qu'est-ce qui se passe ? Où suis-je ?
Du calme, du calme. Commence par le début... Déjà, te souviens-tu qui tu es ? Oui, bien sûr, je me souviens, le coup de l'amnésique, c'est d'un convenu ! Je vais tout de même vérifier que la tête est encore en place.

Je m'appelle Yoshi... Non, ça c'est le dinosaure de Mario. C'est d'ailleurs le surnom que l'équipe me donne. Il faut dire qu'entre mon prénom à la prononciation proche et la couleur de mes cheveux, je fais illusion.
Je m'appelle Yohji Toriyama. Fils de Takeshi Toriyama et de Chidori Minekura, frère jumeau d'Asuka. Nous sommes faux jumeaux, mais vrais complices. Elle et moi sommes inséparables. Inséparables, mais je ne la vois pas… Asuka… Peut-être que la tache verte que je vois est sa masse de cheveux longs.


On pouvait qualifier notre famille de normale. Niveau de vie correct, à l’abri du besoin sans pour autant rouler sur l’or. Notre père et notre mère travaillaient tous les deux. Lui avait rejoint depuis peu la chaîne locale d'Osaka en tant que rédacteur du journal télévisé. Elle maquillait les jeunes filles et les mères de famille dans un salon de beauté. Leur mariage respectait les lois nationales, dans une entente cordiale, manquant un peu de sel. Une vie commune, sans surprise.
Nous aurions pu nous contenter de cette routine, mais nous aspirions à mieux. Pour cela, il fallait trouver notre voie et déjà des idées germaient alors que nous étions tout petits. Nous rendions chèvres nos parents, car nous courions en permanence, avides de dépenser une énergie débordante. Une solution simple s'offrait à nous. Notre mère nous inscrivit au club de sport le plus proche, situé entre la petite école et notre maison. Sa spécialité était la gymnastique. Cette activité fut imposée, mais elle nous convenait.
Les premières années, la gym se contentait de sauts, roulades sur tapis épais, trampoline. Les notions d’équilibre furent vite maîtrisées à travers des jeux simples. Ainsi que la peur du vide, qui empêchait certains de sauter, tandis que nous passions allègrement d'un bloc en mousse à un autre sans considération pour les dénivelés.

À la fin de chaque séance, tandis que les petits se changeaient, les professeurs réaménageaient la salle pour installer le matériel, plus conséquent, des grands. Asuka et moi les regardions faire avec envie. Notre mère nous grondait et nous traînait de force vers la voiture, pendant qu’on la suppliait d’assister à l’entraînement suivant.
Ce sport devint pour nous deux une obsession. Nous trépignâmes chaque jour de la semaine, dans l’attente du cours. Plus de jouets à la maison : des tapis les remplaçaient. Nous enchaînions des galipettes, en solo ou à deux. Nous effectuions des figures plutôt dangereuses qui nous valurent moult punitions.

Les choses sérieuses commencèrent quand le cours des grands nous ouvrit ses portes. Et nous nous lancions dans les entraînements avec plus de hardiesse et d'ardeur. On pensait gym, on mangeait gym, on lisait gym, sans se lasser, insatiables. La vie était rythmée par cette discipline. Car nous étions bons. Excellents. Les professeurs ne tarissaient pas d’éloges à notre sujet et insistaient auprès de nos parents, sceptiques, à ne pas arrêter. Ces derniers fixèrent une condition ; de notre niveau à l’école dépendaient nos séances de sport. Asuka et moi n’étions pas plus bêtes que d’autres, capables de nous appliquer, pour la survie de notre passion.
D’années en années, d’apprentissages en apprentissages, une évidence éclaira toutes les consciences : nous deviendrons des pros. Après tous les sacrifices auxquels ils avaient consenti, nos parents jusqu'à présent réticents devinrent nos premiers fans. Nos professeurs nous poussèrent à participer aux championnats inter-écoles. Bientôt, les candidats redoutèrent les jumeaux Toriyama. Nous n’étions pas premiers la première année, mais nous figurions dans le top 5 des classements, en gymnastique masculine et féminine. Notre ultime année, au lycée, fut celle de notre consécration. Nous terminions premiers, tous les deux. À vrai dire, nous n’y croyions pas, de sorte que nous avions parié que si l’un de nous remportait la compétition, il se teindrait éternellement les cheveux en vert.
Les compétitions entre établissements scolaires, au Japon, étaient très surveillées par des sélectionneurs. Ils gardaient un œil sur les lauréats. De fil en aiguille, nous fûmes recrutés dans l'équipe nationale. Suite aux premiers tests qu'ils nous firent subir, un objectif fut fixé par nos entraîneurs : les Jeux olympiques. Nous n’y avions jamais songé tellement ils paraissaient inaccessibles. Mais on nous rassura en nous informant que les candidatures commençaient à l’âge de 16 ans, soit des enfants plus jeunes que nous.

La préparation fut, au départ, très difficile. Nous vivions à Tokyo et nous ignorions tout de la capitale. Le niveau requis augmentait la difficulté des entraînements. Nous travaillions avec acharnement et ne plaignions pas nos efforts. En revanche, Asuka et moi devions nous séparer. Nous logions avec nos formations respectives, afin de créer entre ses membres un esprit de cohésion et de solidarité. Pas de mixité. Une fois de temps en temps, nous pouvions nous croiser. Les premières semaines furent une déchirure. Nous n’étions guère habitués à vivre en société et nous ne comptions pas beaucoup d’amis. Les jumeaux s’auto-suffisaient. Du moins, je le crus jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’Asuka se liait d’amitié avec ses consœurs et tolérait mieux mon absence.
De mon côté, je me renfermais sur moi-même, tant je souffrais de l’absence de ma jumelle. J’étais jaloux de ses amies et rancunier envers les femmes, si à l’aise pour faire connaissance et se regrouper en troupeaux gloussants. J’espionnais Asuka et les autres gymnastes tandis que mon cœur se durcissait devant leur entente. Ma mauvaise humeur déteignait sur mes résultats, alors que j’étais le meilleur espoir de l’équipe masculine. Jusqu’à ce que Tamahome ne me reprenne en main.
Tamahome, l’as des anneaux et du cheval d’arçon. Le beau gosse au sourire permanent, devant lequel les filles se pâmaient pour un simple bonjour, devant lequel les garçons pliaient, car il inspirait respect et crainte par ses attitudes aussi viriles que protectrices. Très philosophe, il me reprit en main, chercha à comprendre ma peine et m’encouragea à me confier. Sa popularité fut un tremplin pour m’intégrer. Progressivement, j’appris à vivre éloigné de ma sœur. Je réalisai que nous profitions de nos retrouvailles avec plus de joie que si nous étions toujours collés l'un à l'autre.

À l’approche des jeux olympiques, la Fédération Japonaise se chargea des réservations d’hôtels pour les familles, la répartition des logements au village des athlètes, l’organisation de la cérémonie d’ouverture pour la délégation japonaise. Nos parents nous aidèrent à préparer nos valises et nous souhaitèrent bon voyage. Nous prenions l'avion pour la première fois de notre vie. La découverte d’un autre pays et l’ambiance festive qui régnait sur place furent à la fois éprouvantes et enivrantes. Personne ne se coucha pas tôt, cette nuit-là, alors que nous devions récupérer du décalage horaire.

Les J.O. Je ne me souviens pas d’avoir participé à la finale "sol". Ni même à la cérémonie de clôture. Cela signifie… que j’y suis encore. J’entends des gens qui me parlent, mais ce n’est pas en japonais. Je suis à l’étranger. Je ne comprends pas. Je crois reconnaître une voix, deux. Asuka, oui, elle est là. La seconde… Tamahome. Mes yeux retrouvent de l’acuité. Je devine leurs traits. Leur voix est couverte par un son répétitif et perçant. Des lumières bleues se reflètent dans une vitre.

La compétition avait commencé. Les spectateurs s’enflammaient dans les tribunes pour encourager les Japonais. Les regards angoissés des concurrents se tournaient vers les notes affichées par les juges. Les respirations se retenaient à chaque réception sur une poutre ou un praticable. Candidats, épreuves, tout défilait trop vite, c'était presque irréel.
Pour ma première participation, je ne me débrouillais pas trop mal. Je ne m’attendais pas à une médaille, mais je faisais tout pour aller le plus loin possible. En dépit du stress, j’étais heureux. Tamahome et moi étions bien placés lors des éliminatoires. Le soir, comme tous les soirs depuis la cérémonie d’ouverture, après avoir souhaité une bonne nuit aux entraîneurs et aux autres athlètes nippons, nous rejoignîmes sa chambre. D'habitude, nous discutions. Mais ce soir-là, la conversation prit une autre tournure. Tamahome m’embrassa. Je fus d’abord surpris : lui qui plaisait tant aux filles, qu'une traînée de fans hystériques poursuivait, n'accordait ses faveurs qu’aux hommes. Je me remis vite de mon émoi, qui confirmait ce que je devinais à mon sujet.

Je vois de mieux en mieux. Asuka et Tamahome sont penchés au dessus de moi. Je veux me redresser mais une douleur aiguë me cloue à mon siège. La pièce où je me trouve bouge. Une troisième personne m’examine. Un homme, vêtu d’une blouse blanche, pose des questions à Tamahome dans un anglais approximatif. Je tente de m’exprimer mais n’y parviens pas. Tout revient en bloc. La veille...

La veille, je me qualifiais pour la finale. Mon programme aux barres asymétriques avait envoûté le jury. Jamais je n’aurais imaginé aller si loin. J’étais bien placé au sein du classement. Sauf grosse erreur, je pouvais envisager au minimum la quatrième place. Pour l’honneur de mon pays, mon équipe, ma famille, Tamahome, ma sœur, je me focalisais sur le bronze. Se montrer trop confiant et orgueilleux se révèle souvent improductif. Pour m’encourager, une petite fête raisonnable fut organisée par la délégation nippone de gymnastique. Et pour la première fois, devant tout le monde, Tamahome et moi révélions notre romance. Ma sœur donna sa bénédiction en pleurant de joie.
Dans la chambre de Tamahome, quand nous nous retrouvâmes seuls, il prit soin de moi comme jamais. Expérimenté, il me guida durant cette délicate première fois. Au lever du soleil, je me réveillais à ses côtés, il dormait encore. Attendri par sa vulnérabilité ensommeillée, je le quittais sans bruit pour lui préparer le petit déjeuner. Je montais à l’étage supérieur de la résidence olympique. Je préparais un plateau avec du jus d’orange, une tasse de thé noir et une omelette concoctée par mes soins.
Tandis que je posais mon pied droit sur la première marche de l’escalier, je sentis deux mains qui me poussaient dans le dos.

SECONDE PARTIE

Asuka déballe ses cadeaux d’anniversaire. Le premier est le mien. Elle tâte le paquet et essaie de deviner. Elle comprend que c’est un cadre. Elle sourit, retire le papier coloré et s’émeut instantanément devant le sujet du dessin. Elle pose le cadre sur la table, avec précaution, et me serre dans ses bras. Je me laisse faire, attendri. Mes parents, à leur tour, se penchent sur mon œuvre. Ma mère me félicite et vante mes talents de dessinateur. Mon père ne dit rien, mais n’en pense pas moins. Tous sont fiers que j’ai réussi dans ce domaine.
Je m’étais toujours demandé pourquoi mes parents insistaient tant sur les notes à l’école. Après mon accident, la raison est devenue limpide : pour éviter de bloquer des sorties de secours, en cas de nécessité. J’ai été forcé de me réorienter bien que je sois encore jeune. A cause de mes douleurs dorsales et d’une blessure profonde au mollet droit.


Je ne comprenais pas ce qu’il se passait tandis que le décor des escaliers tournait autour de moi, que le plateau m’échappait des mains. Le verre de jus d’orange se brisa sur le sol, malheureusement en larges fragments ébréchés. Quand le parquet redevint plat, interrompant ma chute à l’étage inférieur, ma jambe percuta ces éclats avec violence, leur permettant de pénétrer la chair en profondeur.
Malgré une enquête, personne ne sut qui m’avait poussé ce matin-là. Matin qui devait être magnifique, au lendemain de ma défloration et à l’aube d’une victoire éventuellement médaillée. Au lieu de cette enthousiasmante perspective, je me retrouvais à l’hôpital, voyant défiler à mon chevet des proches et des moins proches, dont certains venaient seulement geindre à ma place sur mon sort, tandis que je gardais un silence de tombe. Je ne requérais pas de pleureuses pour savoir que ma carrière était foutue. On me rapatria d’urgence au Japon et je regardais la fin des Jeux depuis la télévision, dans une clinique de Tokyo.

J’entamais de longues séances de rééducation. Je voulus réessayer des figures avant d’entamer mon deuil de la pratique. Je ne parvenais pas à réaliser ce qu’il m’arrivait, qu’on me séparait brutalement de ma raison de vivre, depuis tout petit. Je suppliais les entraîneurs de rester dans la délégation, au moins en tant d’assistant. Ils acceptèrent, craignant néanmoins que mon handicap soit trop douloureux, psychologiquement parlant. Je quittais rapidement ce poste, en effet, mais pas pour cette raison. En fréquentant l’équipe féminine, je perçus une sorte de pesanteur, un regard permanent et menaçant sur moi. Quant au pendant masculin, mon absence peinait mes partenaires. Tamahome en particulier. Celui-ci me fuyait, bien qu’il cherchait encore mon regard et semblait regretter mon absence. Sans que je puisse donner un nom sur le responsable, je saisissais alors que le coupable n’était pas un adversaire voulant m’empêcher de monter sur le podium. Que le ver était dans le fruit.

Ma place se trouvait à présent dans les tribunes destinées au public, aux côtés de mon père et de ma mère. Regarder les autres évoluer sur les praticables, puis Tamahome se rapprocher progressivement d’un autre athlète, me brisèrent le cœur. Comment rester acteur, porté par le rythme et le mouvement en restant assis ?
Mon père m’apporta indirectement la solution. Journaliste de métier, il m’incita à capturer les instants à travers la photographie ou la vidéo. J’appréciais l’idée, mais après quelques essais, je trouvais la méthode passive et indirecte, à cause de la présence d'un intermédiaire. Cependant, exploiter le visuel et le coucher sur un autre support m’intéressait. À l’école, je me débrouillais plutôt bien en dessin. Pourquoi ne pas m’y remettre ?
Dessiner une personne en action demande de la technique, une connaissance de l’anatomie parfaite et le sens de l’observation. Je me formais en autodidacte, passant mon temps en médiathèque devant des livres de sciences, des techniques de dessin, des vidéos. Chez moi, je me regardais dans une glace pour décortiquer chaque étape, analyser l’orientation des membres selon les postures. La main devint l’interprète de mon corps. Je revivais, à travers elle, mes performances passées.

Un jour, je croquais ma sœur en pleine compétition nationale, armée de son ruban, qu'elle maniait avec autorité et élégance. Un spectateur installé derrière moi m’accosta pour évoquer mon esquisse. Il se nommait Maku Takoto, était mangaka, spécialisé dans les bandes-dessinées sportives et se documentait en vue d’une série sur la GRS. Impressionné par mon trait, après que je lui évoqua mon ancienne carrière, il me proposa de devenir consultant au sein de son atelier. Que j’accomplisse mes dessins en dilettante lui importait guère. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron », répétait-il.
Je conseillais donc sur les aspects techniques de la gymnastique et servait parfois de modèle. Il ne me chargea pas de concevoir les cases et de participer à l'écriture de l’intrigue. En revanche, le mangaka me laissa carte blanche pour les illustrations en pleine page. La série rencontra du succès et me rapporta quelques précieux revenus pour mon avenir incertain.

En effet, je ne débutai pas une carrière dans le manga. Mis à part mon sujet de prédilection, je ne dessinais rien d’autre. De même, les contraintes du manga me rebutaient, entre les délais exubérants et les limites à l’imaginaire imposées par l’éditeur et les lecteurs. Je voulais aussi m'améliorer. Je m'épargnerai des déconvenues en étoffant mon savoir-faire. Je réunis l'argent que je venais de gagner, vendis tout mon matériel de sport, pour prendre des cours dans une école de beaux-arts, à Tokyo. Mes sensei affirmaient que je possédais une sensibilité artistique rare. Soulignant les défauts et me poussant dans mes retranchements, ils m'aidèrent à mélanger bases, acquis et inné. Dès que j'en eus l'occasion, je me libérai de l'académisme pour donner naissance à mon propre style.
 
Je me détachais définitivement de mon ancienne passion pour tomber dans les bras d’une autre. La notoriété, dans ce milieu si chargé de talents et particulièrement exposé à la subjectivité, n'arriverait pas aisément. Je retournais vivre chez mes parents, à Osaka, incapable de payer un loyer à la capitale sans salaire régulier. Je m'exerçais quotidiennement, dans des parcs, des lieux publics, pour capter la beauté et exploiter de nouveaux thèmes sur des feuilles blanches. Je vivais encore très seul, mais je me forçais à sortir. Dès que possible, je prenais le Shinkensen pour rencontrer des personnes à Tokyo. Pour étoffer mes relations professionnelles d'une part, pour ne pas devenir asocial d'autre part. Mon accident m’avait enseigné une cuisante leçon. J'ai renoncé pour de bon à une proximité avec ma sœur. Nous étions et sommes toujours liés et complices. Mais nos vies ont emprunté des chemins différents.
Je n’avais pas oublié la façon dont Tamahome me jeta aux oubliettes. J'enchaînais les aventures. Je ne me refusais pas mon plaisir et je m'initiais aux arcanes de la séduction, qui me serait utile pour attirer des mécènes. Toutefois, je refusais toute attache. En attendant le fatidique mariage et sa fameuse enveloppe rose, je vivrais comme je l’entends, butinant telle une abeille, histoire d’être comblé avant de me limiter à mon unique époux. Au moins celui-ci aura le plaisir de tomber sur un partenaire émérite.

Grâce au réseau que je m'acharnais à tisser, une galerie tokyoïte s'intéressa à mes œuvres et les exposa. Des visiteurs reconnurent les planches du manga de Maku. Je reçus des commandes. Progressivement, je me fis connaître. Le milieu éditorial se pencha aussi sur mon travail et me proposa d'illustrer des livres. J'alternais créations personnelles et collaboration sur des ouvrages de nature diverse : documentaires (je n’ai pas mon pareil pour esquisser les mouvements et les retranscrire fidèlement), romans graphiques, albums.

Asuka déballe ses cadeaux d’anniversaire en premier. Après tout, elle est l’aînée de quelques minutes. Puis j’ouvre les miens. Tandis que ma sœur ne quitte pas des yeux le portrait que j’ai fait d’elle, durant son programme qui lui valu sa première médaille d’or, je caresse d’un geste tendre l’étui tout neuf, en velours noir, de mes nouveaux fusains d’une qualité exceptionnelle.

Are you a little bit Crazy ?
La psychologie de votre personnage. 250 mots minimum.

I look like ...
Le physique de votre personnage. 250 mots minimum.



Dernière édition par Admin le Sam 9 Sep - 12:15, édité 25 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://testas.forumactif.org
Admin
Admin
avatar


Messages : 1136
Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Re: Présentation Yohji Toriyama   Sam 9 Sep - 17:07

"Ne pas déranger". Le panneau, dessiné à la main, est collé sur la porte de mon atelier. Il ne saurait être plus clair. Pourtant, je ne compte plus le nombre de fois où l'on outrepassa cette consigne. Quand je travaille, j'aspire au calme. Les personnes non autorisées ne passent pas le seuil de la pièce. Je me mets rarement en colère. Je suis plus serein et posé, d'ordinaire. Autant ne pas me provoquer. Les moments que je passe en face de ma feuille de papier sont privilégiés. Je m'enferme dans une bulle où je vis pleinement, où rien ne peut m'atteindre, où les émotions se focalisent sur mon inspiration. Je rejette le quotidien, les joies et les problèmes.
Quand j'étais enfant, cette bulle existait déjà. Si l'on empiétait dessus, je me contentais d'ignorer l'envahisseur, pour le vexer. Cette innocence non-violente a disparu. Sans crier, j'accueille l'importun d'un regard noir et d'acerbes paroles assénées sur un ton glacial. Si l'on veut me parler, on attend. Caprice d'artiste ? Juste le respect d'autrui. 
Je m'investis dans ma création ; j'y passe des jours entiers, voire des nuits. Tout environnement est prétexte aux idées. Je m'éveille aux détails les plus insignifiants, capable de m'arrêter en pleine rue pour observer des passants ou écouter un oiseau. Je me laisse facilement émouvoir par un film, un livre, un morceau de musique. Je me cultive avec éclectisme, contrastant avec une période monomaniaque de mon passé où un seul intérêt comptait.

Je ne me ménage pas, je m'instruis avec avidité. Malgré cet acharnement et le sérieux dont je fais preuve, je ne me porte pas aux nues. Je ne suis pas une diva, plutôt un éternel insatisfait, avec un manque de confiance en lui. À l'époque où j'étais encore gymnaste, je me confrontais en permanence au doute lors des compétitions. Si je gagnais, je célébrais le résultat avec une joie mêlée d'incrédulité. Si je perdais, le désespoir ne m'envahissait pas pour autant, contrairement à d'autres athlètes. Quand on s'imagine trop haut, la chute est encore plus dure. Chez moi, la motivation reprenait vite le dessus.

Cette force m'a permis d'accepter les conséquences de mon accident. Ma rémission, aussi bien psychologique que physique, prit néanmoins du temps. Je venais de tout perdre et je m'accrochais, avec l'énergie du désespoir, pour rebondir. Il m'a fallu dire au revoir à un pan de ma vie. J'ai tiré un trait, mais je ne suis ni stupide, ni vertueux.
Je n'excuserai jamais ce qu'il m'est arrivé. Cet événement a laissé des traces. Dire que je cherchais à briser la monotonie dans laquelle mes parents se morfondaient... Asuka et moi reprochions le manque de piment du quotidien. À présent, j'aspire à la tranquillité de l'esprit, j'abhorre les surprises. Je veux rester maître de mon destin. Le désordre m'insupporte. De là sont nées mes compulsions maniaques. Tout doit être rangé et à sa place. Je fais souvent le ménage. Je classe mon matériel de dessin avec une rigueur presque scientifique. Heureusement que cet aspect strict de ma personnalité n'a aucune influence sur mes œuvres... Petit, avec ma jumelle, nous ne connaissions aucune limite et nous débordions partout dans la maison parentale. Notre chambre se réduisait à un capharnaüm. L'eau a bien coulé sous les ponts.

Ma vie privée aussi a été impactée par mon nouveau comportement, au risque de paraître antipathique. J'apprécie la compagnie. Ou plutôt, je redoute la solitude. Or, Asuka ne m'a pas suivi et a continué son parcours de gymnaste. Tamahome m'a tourné le dos. Il ne prodigua aucun effort pour consolider notre relation malgré mon épreuve ; il voulait un petit copain à portée de main. Ces exclusions me dévoraient les tripes. Je me retrouvais injustement seul. Pire encore, ces personnes que j'aimais par-dessus tout ne réalisèrent rien. Et donc ne s'attristaient pas.
Ma jumelle était mon âme-sœur. Aucune autre femme ne pouvait la remplacer et mériter mon affection. Je haïssais ces filles qui l'avaient détournée de moi. Quant à celle qui me poussa dans les escaliers, par jalousie, sûrement parce que je lui avais "volé son Tamahome", elle m'ouvrit les yeux sur la nature sombre de l'âme humaine.

Ma préférence pour les hommes ne trouve pas son origine dans cette histoire. Peu importe le sexe, je n'accorde pas ma confiance à n'importe qui. Je tarde avant de la donner. Je ne laisse personne avoir de prises sur mon cœur, tout en profitant de ce qu'on peut m'apporter. Je choisis quand je commence et quand j'interromps. J'assume mon opportunisme, même s'il me dessert.
En société, je parviens à donner le change. J'écoute beaucoup, me montre silencieux. En revanche, selon les sujets abordés, notamment quand je laisse quelqu'un entrer dans ma bulle, je me révèle sous mon meilleur jour. Quand j'aborde une personne, je choisis soit une approche séductrice, soit naturelle. Voilà comment, malgré ma réserve, je réussis à rencontrer des gens et à tisser un réseau qui m'aide à devenir et à rester ce que je suis. Mes défenses tombées et ma confiance cédée, je suis sincèrement reconnaissant et ne me montre jamais ingrat. J'offre pour de bon mon amitié. C'est peut-être anecdotique pour eux. Pour moi, c'est un don précieux.

Et l'amour, dans tout ça ? Je suis un phobique de l'engagement ; j'ai peur qu'on m'abandonne. J'ai peur aussi d'un amour réciproque qui sera menacé, tôt ou tard, par le mariage obligatoire. Celui-là, je ne l'attends pas avec impatience. Je n'aime pas les surprises ; le nom mentionné sur le courrier en sera forcément une. Le divorce existe toujours, l'épée de Damoclès se tient toujours au-dessus de ma tête. Mais passés les premiers temps d'accoutumance des partenaires, je m'autoriserais sûrement à me rapprocher et à m'engager. Car la loi, derrière moi, me protégera. D'autant plus que l'Incontestable est programme pour réunir les couples, selon des affinités dûment étudiées. Que pourrait-il bien m'arriver ?
Revenir en haut Aller en bas
http://testas.forumactif.org
Admin
Admin
avatar


Messages : 1136
Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Re: Présentation Yohji Toriyama   Sam 9 Sep - 20:32

En ouvrant le placard du fond de ma salle de bain, je récupère un flacon de coloration. J'espère que cette marque perdurera longtemps. Sa couleur malachite couvre parfaitement mes cheveux châtains. Le volume est suffisant pour ma longueur de cheveux. Sans parler des reflets naturels pour une teinte aussi exubérante. Cependant, un pari est un pari. Même quand je serai un vieux marchand avec une canne, mes rares poils sur le caillou seront verts. 

Mes cheveux, les dieux soient loués, tiennent encore à mon crâne. Ils sont même très longs, atteignant mes reins. Je n'ai jamais voulu les couper, nonobstant le fait que je les attache en permanence. Au choix, selon l'humeur : queue de cheval haute ou lâchés et regroupés par un catogan bas. Sauf ces maudits épis que je ne parviens pas à domestiquer. De cet inconvénient, j'en ai fait un signe distinctif, en leur donnant une forme d'éclair originale (j'ai déjà les cheveux verts, je n'en suis plus à cela près...). Je répartis quelques mèches dans le dos et les épaules, sophistiquant volontairement ma coiffure. Une large frange cache une grande partie du front et mon œil droit. Je ne dissimule rien d'affreux, je me donne un style. J'aime bien ce mouvement arrondi qui apporte une part de mystère à ma personne. L’œil gauche est mis d'autant plus en valeur. Mon regard brille d'un éclat glacial. La dominante bleue des pupilles pers ressort plus nettement si l'on ajoute le contraste engendré par la pâleur de ma peau, le grain de beauté sous la paupière inférieure et le léger trait de khôl que j'applique chaque matin. 
Mon corps est mince et élancé, de la tête aux pieds. Mon visage, plutôt délicat pour un homme, dessine un triangle en base inversée. L'ensemble de la tête s'inscrit dans cette harmonie : un nez long et étroit, des lèvres fines et sensuelles. Je n'ai ni les joues creusées, ni trop rondes.

A l'image de nombreux nippons, mon corps est imberbe. Je l'entretiens pour ne pas perdre la forme. Heureusement, je possède toujours ma musculature d’athlète et ma silhouette élancée, de taille moyenne. L'ensemble respecte les proportions de référence d'un être humain normal, aucune malformation à signaler. 
Ne plus être professionnel ne signifie pas se laisser aller. Je poursuis un régime équilibré pour éviter de grossir, surtout à base de fruits, légumes et poisson (je raffole en particulier du saumon). J'évite toute dépendance qui mettrait à mal ma santé (sucre, drogues dures et douces). Quoiqu'un verre d'alcool, de temps en temps, n'a jamais fait de mal à personne.
Je continue le sport, individuellement. Je dois cependant surveiller. Il m'arrive en effet de refaire quelques exercices de GAM, dont des figures compliquées. À la moindre douleur dorsale ou à proximité de ma blessure, je m'arrête. Je garde encore une cicatrice là où le verre a poignardé ma jambe. 
Ma démarche ne trahit pas mes handicaps, sauf quand je suis fatigué. Je me déplace avec souplesse, presque à pas de loup. Cette attitude tient d'une habitude inscrite en moi depuis des années. Elle a l'avantage de m'imposer quand je me déplace au sein d'une foule, favorisant mon côté réfléchi, me permettant d'analyser mon futur interlocuteur et de positionner mon discours. Elle contribue aussi à renforcer un port distingué. Il ne manque plus pour parfaire ce portrait mes attitudes courtoises, mes gestes mesurés. Sans parler de mes mains qui s'envolent avec élégance sur les pages vierges de mon bloc à dessin. 

Je reconnais volontiers mon côté métrosexuel.  Néanmoins, je ne me considère pas efféminé. Je n'apprécie pas d'être qualifié d'androgyne et n'aspire pas à devenir une femme ou à me travestir. 
Je porte mon dévolu sur des chemises, avec cravate ; des pantalons longs et droits, dont quelques jeans. Mes couleurs de prédilection, pour toute ma garde-robe, sont le blanc, le rouge et le noir. 
En période froide, je porte souvent des bottes hautes, des derbys ou des bottines. Des manteaux longs, tombant jusqu'aux chevilles, me réchauffent. Je peux facilement glisser pulls ou vestes stylées au besoin. Les écharpes remplacent la cravate, je suis particulièrement frileux. 
Quand l'air vient à se réchauffer, je délaisse les chemises pour des tops sombres sans manche, que j'associe à des pantalons clairs. Les chaussures s'allègent : tennis ou derby adaptées à la saison. 
J'achète des vêtements de qualité, veillant à être correctement habillé. La première impression est toujours déterminante, avant de se lancer sur la piste.
Revenir en haut Aller en bas
http://testas.forumactif.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Présentation Yohji Toriyama   

Revenir en haut Aller en bas
 
Présentation Yohji Toriyama
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Présentation de ACR38
» Présentation d'aspirine
» Présentation de Salim
» Rubrique présentation... présentons nous!
» Présentation d'un petit suisse

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Archives Just Married :: Yohji-