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 Unis comme

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Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Unis comme   Mer 22 Mar - 13:28

 
UNIS COMME LES DEUX ROUES D'UNE MOTO
feat. Naoki Moriyama
Papy Ozaru possédait un calepin de contacts aussi épais que la Bible. Connu comme le loup blanc, il saluait amicalement tous les professionnels de la course qu'il croisait. Il discutait quelques minutes avec l'un, ou l'autre, échangeait quelques mots en présentant le jeune homme qui l'accompagnait. Parmi les membres du staff qui s'activaient sur les lieux, certains reconnurent celui qu'Ozaru désignait comme son petit fils. Il s'illustrait depuis quelques temps déjà dans les courses de moto. Dans le monde des sports mécaniques, tous les acteurs s'intéressaient mutuellement aux autres disciplines et maîtrisaient l'actualité de leur univers.
Dès que les deux Inoue s'éloignaient de leurs interlocuteurs pour continuer leur déambulation, ces derniers échangeaient quelques mots, sans baisser la voix, au sujet de Christopher. Le gamin, prometteur, changeait de technique et prenait des risques qui enflammaient son équipe. Pas de passion ; mais de colère. Il mettait en danger son classement et par voie de conséquence, la réussite de son écurie.
Personne ne savait vraiment pourquoi il avait viré en casse-cou, lui pourtant si raisonnable et stratège auparavant...

Pendant ce temps, le vieux mécanicien donnait des explications, nommait les personnes, alignait les palmarès. Il conservait une mémoire admirable pour son âge. À ce rythme-là, il dépasserait le record de longévité, le nouveau doyen de l'humanité. Serviable et attentionné (mais gare à ceux qui abusent de cette gentillesse, il savait aussi rabattre les caquets), il se chargeait de remonter le moral de son Chris-kun, qui traînait à se remettre de sa déprime amoureuse. Il essayait de le secouer et de le motiver à faire autre chose que jouer les suicidaires sur le bitume ou de broyer du noir devant la télévision à accumuler des squelettes de sucettes à la fraise. Le papy misait sur le temps pour que le jeunot se secoue un peu. Les progrès restaient mineurs ; il l'avait néanmoins convaincu de le traîner pour rencontrer des gens sur ce circuit dédié, ce jour-là, à un entraînement de course automobile.

Un ami du grand-père l'interpella et l'invita à rejoindre les tribunes, presque vides, à part quelques spectateurs triés sur le volet. Les deux aînés riaient et plaisantaient en évoquant des souvenirs communs. Le jeune homme, lui, se désintéressa de leur conversation et perdit son regard sur la voiture qui ralentissait pour se garer au stand. Le conducteur tendit la tête hors de l'habitacle avec vivacité pour connaitre son temps. Chris ne sut pas s'il se réjouissait ou non. Le casque cachait son visage. Il parut néanmoins satisfait et sortit du Formule 1, aussitôt pris d'assaut par les machinistes qui examinaient la moindre de ses parcelles. Le coureur enleva bientôt sa protection qu'il entoura de son bras gauche. Ses épaules carrées raccourcissaient son cou déjà compact. Ses cheveux courts en brosse pointaient le ciel, le défiant de percer ses nuages. La transpiration et le casque n'étaient pas venus à bout des épis. Un abus de gel ; à moins qu'il eusse ajouté du plâtre à son shampoing. Sa combinaison jaune vif agressait les yeux comme un rayon de soleil d'été. Il s'avança de quelques pas et tapa à la vitre de la voiture en amont de la sienne, s'apprêtant à s'élancer à son tour sur la piste. Encore une fois, le métis n'entendit pas un mot et ne put que supposer la nature de leurs mots. Quelques minutes plus tard, la F1 au conducteur inconnu se plaça sur la ligne de départ, laissant Soleil d'été l'encourager d'un rire gras depuis les stands.

Blasé par le manque d'action de l'instant, Christopher posa ses avant-bras sur la rambarde en fer située en face de son siège ; puis sa tête sur ses bras. Il poussa un lourd soupir d'ennui.
La voiture démarra.
Chris commença par froncer les sourcils. Au bout de trois virages, il redressa la tête et concentra toute son attention sur le véhicule. Le chauffeur n'avait pas froid aux yeux. Son audace n'était pas sans rappeler la sienne, avec un soupçon d'effronterie, une provocation. Ce style peu académique attira irrémédiablement la sympathie du métis, mais aussi sa curiosité. Il ignorait qu'il eut un alter-ego chez les coureurs à quatre roues. Il regretta même de ne pas pouvoir comparer son temps à celui de son prédécesseur. Il attendit, avec une impatience difficilement contenue, de le voir s'arrêter au stand et de guetter la réaction de l'homme en jaune. Déçu, assurément, de sa prestation en comparaison à celle de l'inconnu, qui avait a priori explosé le chrono.
Chris se retourna vivement vers les deux vieux messieurs.

" Excusez-moi, comment s'appelle donc ce coureur ? "

L'ami d'Ozaru ne tarda pas à prononcer son nom ; un certain Moriyama. Il patienta que ce dernier fut assez félicité et débriefé par son staff pour l'interpeller et l'inviter à les rejoindre dans les tribunes. Le regard de Chris s'éclaira aussitôt.  Il remercia avec moult politesse le vieux monsieur. Ozaru, lui, inclina discrètement le chef vers sa connaissance, qui l'avait aidé à changer les idées de son petit-fils.

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