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KEIGO-AERIN : Au coin d'une rue, on croise / Mission: Impossible. ou comment pénétrer dans Fort Hinata

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Mar 22 Nov - 10:23
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Les derniers kilomètres furent longs et rudes du fait de la chaleur mais elle foula finalement le sol de Taiyou No Tokai en un début d'après-midi qui se voulait brûlant, trop brûlant. Elle avait transpiré et avait horreur de ça. La première chose qu'elle avait décidé de faire avant de visiter la ville où elle allait s'installer pour un temps, c'était de trouver des bains publics. C'était grand mais bien indiqué, elle n'eut aucun mal à se repérer, passée maitre dans l'orientation. C'était bondé de chez bondé et cela la réjouissait ; l'argent serait plus facile à obtenir. Son gros sac sur le dos, elle se frayait difficilement un chemin dans toute cette foule. Il y avait aussi des inconvénients. Cela lui arracha un grognement. «Ils sont bien mignons mais ils pourraient bouger leurs culs, passer la vitesse supérieur. Avancer quoi ! »Elle força le passage et retrouva sa respiration une fois devant l'enseigne qui l'intéressait.

«Hallelujah ! »Aerin en ressortit une bonne heure plus tard. Elle l'avait bien mérité et son argent, elle en profitait jusqu'au dernier centime. Elle avait enfilé un t-shirt blanc et, par-dessus, une salopette-short rayée blanche et bleu ciel avec ses éternelles converses bariolées de plusieurs couleurs. Ses cheveux goutaient encore légèrement. Elle n'appréciait pas les sèches cheveux, elle ressemblait à un caniche à cause d'eux. Une fois mais pas deux ! Propre comme un sous neuf, Aerin était prête à entamer un nouveau chapitre dans cette nouvelle ville. Elle inspira un grand coup, ensevelit ses mains dans ses poches et commença à trainer et fouiner pour repérer des endroits qui pourraient convenir à son gagne-pain ou à sa profession. Elle portait également une grande importance aux types de personnes qu'elle croisait histoire de voir à quoi elle allait avoir à faire.

C'était une ville typiquement touristique. Pourquoi pas. Ça lui permettra de se renflouer un peu et facilement qui plus est. Se laissant guider par ses pieds, elle se retrouva au milieu d'une sorte de parc ou de square. «On s'en fou en fait. »Il y avait des bancs, des jeux pour enfants et des fontaines. Classique, classique et encore classique ! La jeune femme se dirigea à l'opposé de l'endroit où se trouvaient les jeux pour les gamins. «Se taper des gamins hurlants et courants dans tous les sens ? Puis quoi encore !  Même pas pour quelques mètres ! »Le destin ou autre connerie du genre, appelez cela comme vous voudrez, approuva son choix en quelque sorte. En face se trouvait un petit attroupement de personnes. Elle ne pouvait percevoir ce qu'ils regardaient mais elle allait en avoir le cœur net. Tout ce qui pouvait se produire dans la rue lui plaisait.

C'était une démarche intéressante et une preuve d'audace de la part des personnes qui se confrontaient à des regards ébahis, méprisants ou indifférents. En avant donc ! Aerin n'eut pas besoin de forcer le passage. Les gens passaient, s'arrêtaient et repartaient sans vraiment s'intéresser à... «Euh... Qu'est-ce que c'est au juste ? » Aerin s'approcha d'une sorte de machine qui prenait forme en plein milieu du square. Cela attisa sa curiosité. Elle en fit le tour afin d'en voir tous les points de vue et tous les mécanismes. Quoi ? N'attendez rien. Ce qu'elle avait sous les yeux était tout bonnement indescriptible. Toujours aucune idée. Alors, elle s'assit sans aucune gêne pour faire face à la machine, laissant évidemment pas mal de marge entre elle et cette dernière. Elle ne prêta alors aucune attention au jeune homme qui en était, en toute logique, le créateur. Enfin, elle ne l'avait pas vu surtout.

C'était une sorte de tête à tête entre la vagabonde et cette chose, truc, bidule qui était, à moins d'être un idiot, le produit d'une complexité sans nom. Ses yeux brillèrent d'un bel éclat doré tandis qu'elle admirait ce qui lui faisait face bien qu'elle en ignorait l'utilité, si utilité, il y avait.
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Mar 22 Nov - 10:23
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Derniers points à mettre en place, et bientôt la nouvelle invention de Keigo fonctionnerait. Il n'était pas du genre à dévoiler ce qu'il faisait au public, sauf devant des enfants.

Depuis l'école primaire, Keigo avait saisi l'impact des inventions les plus folles sur l'esprit enfantin. Ils adoraient ça, en redemandaient. Ils donnaient même des idées que n'importe quel adulte, engoncé dans ses costumes et sa raison, serait incapable de donner. Certes, Keigo était adulte, mais il ne pouvait s'empêcher de repenser à une phrase de de Shinji qui lui correspondait aussi tout à fait.

" Mais j'ai une bonne mémoire, et finalement ça ne fait pas si longtemps que je suis un adulte ! "

Donc, lorsque le jeune homme voulait tester ce genre de machine, le mieux était de partager sa découverte avec les êtres les plus ouverts d'esprit. Le parc en regorgeait à cette heure-ci. Alors qu'il terminait, dans l'indifférence générale, ses derniers réglages, il remarqua une jeune femme qui fixait le robot difforme avec insistance. elle était la seule grande personne (bien qu'elle soit encore jeune) à apporter de l'attention. Keigo lui adressa un sourire, et prit la décision de le satisfaire elle, avant les autres.

Il s'écarta de quelques pas, sortit son smartphone de sa poche de pantalon et se mit à faire glisser son doigt sur l'écran. Le robot déplia alors un bras, un second. Une jambe. Une autre. Il n'était pas bien grand, atteignant la taille d'un enfant de 10 ans. Soudain, une projection vidéo se déclencha, changeant l'apparence de la machine en celle d'un chewing-gum rose arborant un sourire banane et des petits yeux noirs. Si les grandes personnes avaient jeté un coup d’œil, il se diraient :"qu'est-ce que c'est que cette horreur ?". Les enfants auraient en revanche reconnu le numéro 132 du pokedex de la région de Kanto.

Le chewing-gum marcha vers la jeune fille et d'une voix fluette et enjouée, ressemblant à la voix de Miku Hakune, il salua d'une patte.

- Bonjour, je suis Métamorph. Comment tu t'appelles ?

La bestiole faisait bien réelle. Bien que l'apparence et la voix soient synthétiques, on aurait dit le vrai Pokemon, matérialisé dans le monde réel.
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Mar 22 Nov - 10:23
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C'était incroyable. Elle n'arrivait pas à trouver le moindre mot qui pourrait qualifier, décrire l'étrange engin qui se tenait devant elle. Elle avait beau le fixer, elle n'y parvenait pas. Est-ce que cela servait à quelque chose ? Non pas que l'utilité soit un critère valide selon elle. Le seul crédo qu'elle affectionnait particulièrement, c'était "Et pourquoi pas ?!". Si on voulait réaliser, créer quelque chose, ça n'avait aucune besoin de servir, un peu comme l'art finalement. Toute fois, elle était fortement intriguée et curieuse. Un jeune homme, auquel elle finit par porter son attention un instant en détournant les yeux de la machine, l'a regarda un instant et lui sourit avant de s'éloigner pour s'emparer de son téléphone. Elle le lui rendit.

Quelques instants et bruits plus tard, la machine se retrouva sur deux petites jambes et avec deux bras. Aerin était ébahit de ce qu'elle avait devant les yeux. C'était un robot ! "Un robot qui fonctionnait putain ! "Elle n'avait vu des créations de ce genre uniquement dans les films ou dessins animés et ne pensait vraiment pas que certains personnes étaient capables de tels exploits et ce n'était pas pour lui déplaire, loin d'elle cette idée. Ce robot était assez petit, comme s'il avait été conçu pour un enfant. De ce fait, elle resta assise sur le sol en position indienne pour être à peu près à sa taille. Encore une fois ses yeux s'ouvrirent de surprise lorsqu'il se changea en... Métamorph de Pokémon ! C'était juste énorme ! Un sourire s'afficha sur son visage.

Il semblait alors si vrai, si réel qu'elle avait envie de le toucher pour voir s'il serait aussi gélatineux que ce petit être de fiction avait l'air d'être. Elle imaginait déjà ses doigts s'enfoncer dans cette petite chose. Le petit bout de choux rose s'approcha d'elle et se présenta en bonne et du forme ce qui la fit rire joyeusement. "Bonjour Métamorph ! Moi c'est Aerin, enchantée ! "La jeune femme tourna sa tête vers le créateur de ce petit chef d’œuvre et lui sourit. Tout en le regardant lui avec une petite étincelle d'admiration et de défi, elle s'adressa au robot. "Dis-moi Métamorph, est-ce tu sais faire des choses particulières ? Surprends-moi encore plus si tu le peux ! "Elle ne doutait pas un seul instant de ces capacités ; elle avait juste une envie folle de les voir à l’œuvre.
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La jeune femme était réceptive. Mieux, elle accrochait à ce qu'elle voyait devant ses yeux avec un regard d'enfant. Elle était dans la tranche d'âge de Keigo, ou pas très loin. Donc peu éloignée de l'enfance, elle n'avait pas encore plongé dans le côté obscur des coincés du scrotum. Ses grands yeux bleus, aussi bleus que ses cheveux, brillaient de surprise et d'émerveillement quand MPkm 0.1 se déplia avant de prendre son apparence gum rose. Et la jeune fille, qui connaissait forcément la licence (si elle n'avait pas vécu dans une grotte depuis sa naissance), reconnut immédiatement la bestiole, acceptant même de lui parler. C'était le moment que le jeune homme attendait.

Tandis qu'il lança le mode automatique de démonstration de métamorph (il se transforma en chrysacier, ce qui était encore plus inutile que l'inutilité), l'inventeur enregistra sur son téléphone la voix de la dénommée Aerin. Il transféra l'enregistrement sur son logiciel de traitement du son, calcula des variables, appliqua le modèle (MPkm 0.1 imita alors un psykokwak délirant qui se tenait la tête et qui manqua de se casser la figure) de voix sur le dictionnaire pré-enregistré du logiciel Mp3km. Cette étape remplie, il fit une radiographie de la jeune fille grâce à une caméra intégrée dans l’œil du robot, et la passa au crible de pied en cap.

Le métamorph se transforma en pikachu. De véritables éclairs, à faible puissance, furent émises au niveau des joues de la bestiole. Pour l'instant, la version 0.1 était capable d'imiter quelques attaques de ces animaux video-ludiques, bien que le registre demeurait encore restreint. Puis enfin, il redevint normal. Version Gum.

- Mais je pense que je peux encore plus te surprendre, Aerin-chan !

Keigo, qui tapait le texte quand il ne s'agissait pas de parlé pokemon, appuya sur le bouton GO de son logiciel (création personnelle, bien sûr), et le meilleur de la surprise arriva. Le Metamorph se transforma en Aerin elle-même, avec les mêmes vêtements, la même coiffure. Tout était une copie de l'originale, à ceci près que le robot n'étant pas grand, il s'agissait d'une taille réduite. La mini-doublure afficha un grand sourire, conforme au sien, et parla avec la même voix que la jeune femme.

- Regarde, je suis ta jumelle à présent !

Devant la réussite de la première version de l'invention, le jeune homme ne put s'empêcher de sourire. Il avançait d'un grand pas dans son objectif à venir, même si pour l'instant il ne parvenait pas à créer de la matière et à permettre un toucher. Cette partie serait nettement plus complexe. Il jouait sur le visuel, l'auditif, la sensation de l'électricité, de l'eau et même l'utilisation des ondes capables de faire somnoler le public s'il optait pour la transformation Rondoudou. Il avait déjà essayé sur lui, et il n'avait jamais aussi bien dormi de sa vie.
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Mar 22 Nov - 10:23
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Étonnamment et pour son plus grand plaisir, le Métamorph, défiant toute logique en sa présence ici et même en son existence, était capable de ce que la jeune femme espérait et attendait avec jubilation. Un vrai Métamorph savait et devait savoir se transformer en copiant l'apparence des autres sinon il ne pourrait être qualifié de tel. Il prit soudainement l'apparence devant les yeux ébahis, oh, non, non, désolée mais ce n'était qu'un chrysacier. Souvenir mémorable des sempiternels et interminables combats face à ce pokémon et sa putain attaque "armure", un autre magicarpe dont on se passerait bien ! Il avait l'air encore plus pitoyable maintenant qu'on lui offrait l’occasion de le voir grandeur nature, voire même un peu plus grand que ce qu'il devrait être, du moins, de ce qu'elle s'imaginait. Elle rit lorsqu'il se prit pour un autre pokémon bien connu pour sa maladresse.

C'était impensable de voir de telles choses se dérouler sous ses yeux. Elle en profitait un maximum. "Ce n'est pas demain la veille que je reverrai un truc comme ça ! " Quelques mini-éclairs d'un pokémon universellement connu vinrent éblouir ses deux prunelles bleutés, mettant encore plus en valeur son éclat doré palpitant à l'intérieur. Aerin en prenait littéralement plein la vue à chaque transformation puis il reprit sa forme initiale ; un petit bout rose. Un petit chewing-gum en somme. "Me surprendre encore plus que je ne le suis déjà ? Je n'attends que ça ! "S'exclama t-elle encore plus surexcitée qu'une gamine de 12 ans venant de recevoir un billet pour aller voir les One Direction en concert. C'était peu dire, imaginez donc. Et, atteignant son paroxysme, le robot devint sa copie conforme miniature. Elle poussa alors un petit cri d'émerveillement. "Bordel de merde ! "On aurait presque pu voir des étoiles scintiller dans ses yeux.

"Tu es devenue un chibi de moi ?! Oh c'est trop cool ! "La vagabonde n'arrivait pas à en revenir. Est-ce qu'elle rêvait ? Ça en avait tout l'air pourtant ! Elle regarda attentivement le Métamorph. C'était fou. Elle avait l'impression d'être devant un miroir. "Hum... Je vais te dire Méta, je peux t'appeler Méta ? Mais oui ! "Répondit-elle elle-même. "Tu n'as jamais été aussi canon qu'en ce moment ! "Ajouta t-elle d'un ton bien ironique avant de rire. Tout ça n'était pas bien sérieux mais qui s'en souciait ? Et, comme à son habitude, elle s'en tamponnait le coquillard du reste, des gens qui dévisageaient ce spectacle. Si plus rien ne les surprenaient, c'est que leur vie allait être monotone jusqu'à la fin. Finalement, la vagabonde se tourna vers le créateur de tout ce remue ménage si envoutant. "Tu as mis combien de temps pour le réaliser ? Même si je me doute qu'il y a toujours de nombreuses possibilités d'amélioration. "Demanda t-elle simplement et curieuse.
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Mar 22 Nov - 10:24
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La jeune fille n'en croyait pas ses yeux et prenait un plaisir enfantin à converser avec le robot qui lui offrait une version rapetissée de sa personne. Elle ne manquait pas de faire de l'humour, sans aucune gêne, se moquant des badauds qui regardaient l'étrange scène qui se déroulait dans le parc. Exactement le genre de personne que Keigo appréciait, sans prise de tête, en toute simplicité, qui prenait les plaisirs de la vie sans réfléchir quand ils se présentaient. Keigo n'allait pas souvent au devant des autres, mais parfois, il acceptait de se rapprocher, quand il avait un bon feeling. Et concernant cette demoiselle, il sentait bien la chose.
Ce qui signifiait qu'il accepterait de répondre aux questions, de sourire, de s'étaler, et de ne pas se montrer hautain.

Il dirigea le métamorph vers eux, redevenu rose et souriant, avant de lui retirer son apparence virtuelle pour un enchevêtrement de mécanismes complexes, avec des bras et des jambes.  

- J'y ai travaillé pendant trois semaines. Je ne suis pas encore satisfait du résultat, c'est le premier que j'ai réalisé. La version 0.1. Tu as raison, je peux faire nettement mieux. Là, malheureusement, l'interaction est limitée. Je n'ai pas encore commencé à travailler le toucher. Oh, à part bien sûr l'électricité, ou l'eau. Ou ça.

Il projeta le physique de Machoc, et lança une attaque physique sur lui. Le robot lui martela la cuisse de coups de poings, sauf qu'il ne s'agissait que d'un impact avec du métal, le robot ne faisait aucun mal.

- Je suis limité dans les tailles. Je ne peux faire que des pokemons de petite taille. Un leviathor de cette hauteur ne serait pas impressionnant. Il faut que je trouve le moyen de créer un robot unique qui puisse se déplier et prendre de l'envergure. La seconde étape, bien sûr, est de donner l'épaisseur et l'illusion du toucher. Que si une personne pose la main sur un feunard, que ce soit doux, ou gluant si c'est un tadmorv. Histoire de matérialiser de A à Z un pokemon, voire même simuler un combat entre deux robots.

Ses yeux brillaient au fur et à mesure qu'il révélait ses plans pour le futur. Les bien pensants pourraient se plaindre d'une telle inutilité alors qu'il pourrait développer des inventions révolutionnaires qui sauveraient le monde, mais ... Il faisait ce qu'il voulait, après tout...
S'il avait présenté le futur véhicule écologique fonctionnant au solaire et à l'éolien, qui faisait des pointes à 200 km/h et qui ne demandait qu'une révision tous les dix ans... Il aurait plein de personnalités chiantes qui lui courront après et finie la tranquillité.

Machoc lui donna un coup plus fort.

- Aie... Arrête un peu, tu veux ?

Machoc se vautra sur le sol, se débattant magicarpement sur le gazon du parc.

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Mar 22 Nov - 10:24
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Le métamorph reprit sa jolie couleur rose bonbon ainsi que sa forme aléatoire, étrange, contraire à toute géométrie qui n'était pas sans rappeler un chewing-gum écrasé sous une semelle. A l'exception de son sourire béat et de ses petits yeux. L'inventeur au style décontracté et qui dissimulait son visage sous une casquette qu'il portait bien et qui semblait tout à fait lui convenir, s'approcha d'elle après sa question. Elle resta assise pour rester aux premières loges, les yeux grands ouverts, les plus près possible de ce robot qui reprit alors sa forme initiale, sans illusion aucune. "Sérieux, trois semaines pour faire ça ? C'est un fucking genius ce type ! "La jeune femme était loin d'être qualifiée dans la matière mais, même sans cela, elle savait que cela représentait une faible quantité de travail pour le résultat obtenu. D'autres devaient sans doute trimer toute leur vie pour aspirer à un tel résultat et sans jamais y arriver.

Il avait un tel potentiel. Seul un aveugle ne pourrait le voir. Ou un idiot fini. Avant qu'elle ne puisse répondre à la réponse qu'elle venait d'entendre, le métamorph refit des siennes en se prenant pour un machoc, corps et âme. "C'est qu'il se tenait au pied de la lettre ! "En effet, le petit être de type combat se sentit d'humeur taquine envers son créateur mais ses attaques étaient, de toute évidence, indolores à moins que son créateur ne soit un sur-homme ou pire encore, un robot lui aussi ! Cette pensée absurde la fit sourire en plus du spectacle qui se produisait devant ses yeux. L'inventeur continua sur sa lancée en lui expliquant les améliorations qu'il aimerait effectuer. Elle pouvait voir en lui tant de passion à ce moment précis. "Ce serait alors un véritable pokédex vivant et ambulant ! "Pensa t-elle à voix haute. "Ton ambition et ta création sont vraiment incroyables.

Je ne doute pas que tu réussisses à arriver à tes fins. "
Reprit-elle. Et ce qu'elle aimerait assister à ça. Pouvoir enfoncer ses doigts dans la matière gélatineuse du métamorph, pouvoir sentir ces choses qui ont bercé son enfance, les voir prendre forme et vie, devenant tout aussi réel que n'importe quel être humain. Elle s'y voyait déjà. C'était absurde et inutile mais pourquoi pas ? C'était ça l'intérêt. C'était ça qui était plaisant. Parce que personne d'autre ne penserait à le faire, ce qui rendait ce petit robot unique en son genre. Le machoc donna un coup au jeune homme qui se fit sentir, cette fois-ci, au vue de sa petite réaction. Elle rit alors devant le spectacle tout à fait ridicule que leur offrait le robot. Un pokémon combat qui se prenait pour un pokémon eau, le plus inutile qui soi, soi-dit en passant, et en imitant une attaque des plus plus inutile encore. "Voilà ce que ça fait quand on créer quelque chose, on se détourne de son attention deux minutes et il faut qu'il se donne en spectacle ! "

S'exclama t-elle en restant toujours ironique comme elle aimait l'être. Oh, où étaient ses manières ? Elle ne s'était pas présentée en bonne et du forme. "Je vous vois venir. Et ben si, ça m'arrive d'être polie. Qu'est-ce que vous croyez ? "La vagabonde se leva, frotta ses mains l'une contre l'autre pour en retirer la sorte de sable qui composait le sol. Elle tendit la main vers le jeune homme. "Comme tu le sais déjà, moi c'est Aerin, ravie de te rencontrer ! Et toi, c'est quoi ton petit nom ? "Demanda t-elle en arborant un grand sourire.
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Mar 22 Nov - 10:24
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- Effectivement, j'aimerais arriver à lui faire prendre toutes les formes possibles. Ce serait marrant de voir comment les gens réagiraient si des pokemons envahissaient la ville. Bien sûr, je n'irai pas au delà d'un certain point. Je ne peux pas techniquement reproduire des attaques ténèbres, ou psycho. Et même si j'y parvenais, cela pourrait avoir des conséquences sur les êtres humains et me retomber dessus. Je n'ai pas envie qu'il y ait des accidents par ma faute. Et quand bien même ce ne serait pas dangereux, certaines personnes ne pourraient pas comprendre ma démarche et iraient porter plainte, même après une attaque électrique. Je serai obligé de rester dans la limite du raisonnable.

Même si cela devait brider ses inventions. Pour la performance, juste ce petit plaisir, il se sentirait capable de bien plus. Toute ambition peut être vue de façon négative ou positive. Combien de fois les savants, sous prétexte de vouloir faire le bien et défendre le progrès, avaient franchi la ligne jaune et nui à l'humanité ? Albert Einstein pourrait en disserter longtemps, le pauvre. Après, bien sûr, on ne pouvait pas comparer une invasion de robots tirés d'un jeu vidéo pour enfants à une bombe nucléaire. "Tout est relatif".

- Merci pour le compliment, en tout cas. Je ne m'attendais pas à ce qu'une personne de plus de 18 ans porte attention à mon travail.

Flatté, il sentit une chaleur inhabituelle lui monter aux joues, tandis qu'il souriait, relevant de l'index la visière de sa casquette.

- Bon, Magimachocarpe, tu te lèves ?

Répondant parfaitement à la voix du jeune homme, le machoc se replia et se mit debout sur ses petites pattes métalliques.

- Je n'ai pas encore à me plaindre des machines qui débloquent. Pour l'instant, les machines n'ont pas pris le pouvoir sur moi, et je m'en réjouis. Il est vrai qu'il m'a un peu fait mal à l'instant, mais ce doit être plus une question technique que de l'intelligence artificielle, dont il est dénué. Je le contrôle entièrement, depuis la voix jusqu'aux gestes. Les paroles du métamorph lui étaient dictées via mon téléphone.

Il s'interrompit enfin pour constater qu'il avait manqué à la toute politesse élémentaire. C'était amusant, car d'habitude, il en faisait peu de cas. Il se fichait d'être malpoli, perturbant parfois quand il conservait le silence ou qu'il snobait quelqu'un. Mais étrangement, avec cette fille, il était gêné.

- De nous deux, c'est pourtant toi qui t'es présentée à moi. Certes, par l'intermédiaire de notre ami le caméléon rose, tandis que je n'ai même pas prononcé un mot. Je m'appelle Keigo. Et lui, c'est mpkm 0.1. Tu as de la chance, car d'habitude, je ne teste jamais mes inventions au public, j'attends d'être vraiment sûr de moi. Mais j'avoue avoir eu des difficultés à résister.

Oh, miracle, il parlait. Sans qu'on le force... Aussi rapidement avec une inconnue, c'était impensable.

- Et toi, pourquoi es-tu dans ce parc ? Je t'observais depuis tout à l'heure, tu allais et venais, sans but. Tu viens prendre le bon air ?

Il allait neiger au mois de mai : il lançait une conversation !
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Mar 22 Nov - 10:24
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L'ambition et le plaisir qui ressortaient embaumés le créateur comme si de chacun de ses pores sortait une nouvelle idée, un nouvel éclat de génie. Il déblatérait ses plans et idées futures. Tout ce qu'il désirait faire à partir de ce premier prototype déjà plus qu'impressionnant mais, évidemment, elle, elle n'était qu'une néophyte dans ce domaine. Au fur et à mesure de ses paroles, elle s'imaginait peu à peu la scène. "Il n'y avait rien de tel que l'absurde. "Il suffisait juste de profiter de ce qui se passait devant soi et de le prendre comme il était sans chercher des interprétations là où il n'y en avait souvent aucune. Mais il avait raison, malheureusement. Les gens avaient peur de ce qui était différent. Elle savait déjà que certains n'hésiterai pas à le lyncher sur placer pour oser faire ça. Les vieux n'y comprenaient rien. Quoique, les riches aussi pouvaient atteindre des sommés de conneries plutôt élevés. "Ce qu"ils étaient d"un chiant ! "

Les limites ne lui plaisaient pas. C’était sans aucun doute pour ça qu'elle les franchissait si souvent. "Oui et c'est bien dommage que tu doives te restreindre. Tant qu'il y a un contrôle, la créativité ne devrait pas être limitée. Mais que veux-tu, on vit dans un monde de barges coincés du bulbe et ça ne se soigne pas. "Il fallait faire avec ou pas. C'était juste un choix à faire. Le sien était fait. Le jeune homme releva légèrement sa casquette à l'aide de son index lui laissant mieux apercevoir ses yeux noisettes, brillants qui rendaenit tout à fait hommage à sa condition d'inventeur. Elle avait presque l'impression d'avoir le Doc' du Retour vers le Futur devant les yeux avec une invention complétement loufoque mais qui fonctionnait parfaitement, l'air de rien ! Le Doc' en plus jeune et plus mignon, s'entend. "Oh tu sais, je n'ai aucun mérite, j'ai seulement 19 ans. "Dit-elle, toujours un air enjoué et légèrement ironique étirant les deux coins de ses lèvres.

"Et comment ne pas y porter son attention ? Je veux dire, hormis le fait d'avoir grandi avec cet univers bien connu c'est très intéressant mécaniquement et conceptuellement. "Le machoc, malgré sa petite "crise" plus rigolote qu'inquiétante était entre les mains de l'inventeur. Il l'écouta et obéit sans broncher. Il avait un parfait contrôle sur lui. "Oui, je m'en suis doutée un peu plus tôt. Mais on pourrait en douter. Ses transformations, gestes et paroles s’exécutent si rapidement. L'immersion est encore plus grande et ça en est que meilleur. " Ajouta t-elle avec un sourire. C'était agréable de bavarder avec quelqu'un dans la rue, aussi facilement. De sa propre expérience, il y avait toujours une légère méfiance. A la limite, ça, elle pouvait le comprendre donc elle ne dirait rien de plus sur le sujet. Une partie du voile se retira lorsqu'il dévoila son prénom ainsi que le nom attribué à sa machine. "Ah oui ? Effectivement, j'ai eu un gros coup de bol !

Je te comprends. Ça doit être risible et excitant d'exposer ça à la vue de tous et même si beaucoup restent indifférents, il y en aura toujours qui auront des étoiles dans les yeux en regardant tes inventions et rien que pour ça, ça vaut le coup. "
Elle marqua une pause. "Ok, là, en l’occurrence, c'est mon cas mais je suis persuadée que tu en feras rêver plus d'un avec mpkm 0.1. ! "Keigo relança la conversation sur sa présence ici. "Il m'avait observé ? Ah bon ? Pourquoi ? "Mais elle ne releva pas. Elle était légèrement bizarre, pas la peine de l'effrayer dès le début ! "En fait, je suis arrivée aujourd'hui même à Taiyou No Tokai et je faisais un peu le tour pour prendre mes repères. "D'ailleurs, elle était bien contente de savoir qu'on ne voyait pas sur son visage qu'elle était SDF. La preuve qu'elle vivait plutôt bien. Mais elle-même adorait le dire aux gens. Elle mit ses mains dans les poches de sa salopette-short. "Pour tout te dire, je suis sans domicile fixe. "

Doux euphémisme mais elle n'avait pas honte de sa condition, pas même une seconde. "C'est un choix. Et, je ne crève pas la faim ni ne fait la manche hein ! "Aerin en rit de bon cœur. Par contre, ce qu'elle n'appréciait vraiment pas, elle l'avait même en horreur, c'était de voir dans les yeux des gens de la pitié ou quelque chose s'en approchant. Elle les emmerdait ceux-là. Et bien profond.
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Loin de le blâmer, Aerin allait dans son sens. Il ne put s'empêcher de rire quand elle définit les empêcheurs de tourner en rond de "coincés du bulbe". Au moins ne voyait-elle pas le monde des mêmes yeux que la norme, ce uqi ouvrait des perspectives différentes et plus alléchantes.

La jeune fille, comme il l'avait à peu près estimé, se situait entre l'adolescence et l'âge adulte, appartenant à la tranche surnommée les "adulescents". De ce qui tendent entre la maturité et les enfantillages, prêts à conquérir le monde tout en mâchant du chewing-gum (des vrais). Keigo avait à peine deux ans de plus qu'elle.

Il écoutait ses compliments et sentait gonfler en lui sa fierté. Il avait l'habitude des flatteries, mais c'était différent selon la personne qu'il avait en face. Et la jeune fille lui faisait réellement plaisir en donnant son opinion.

- Disons que je touche plus d'enfants avec mes inventions. Ou les passionnés de technologie. Mon public est restreint. Mais tu as raison, si j'arrive à faire rêver au moins une personne aujourd'hui, mon pari est gagné. Je crois que je peux dire sur ce point que je n'ai pas perdu ma journée.

Assez parlé de lui, il prêta l'oreille à celle de la jeune fille aux cheveux bleus.

- Nouvelle arrivante, hum ? Bienvenue à Taiyou, alors.

Elle n'avait pourtant pas l'air d'une touriste, ou d'une business woman. En général, ceux-ci végètent plus dans les alentours du complexe, le centre administratif ou le quartier festif. Peut-être une travailleuse saisonnière, c'était la bonne période pour chercher un boulot. Cependant, les apparences étant trompeuses, Aerin se chargea de briser le cliché en déclarant qu'elle était SDF. Quand on prévient qu'il faut se méfier des apparences... Elle ne craignait même pas d'être jugée, déclarant que c'était son choix. Choix que Keigo ne dénigrerait jamais, comme lui-même l'avait fait quelques temps auparavant. Elle était libre de faire ce qu'elle voulait ainsi.

- Et bien, me voilà tombé sur quelqu'un qui a la bougeotte ! Mis à part Chiba, je ne suis guère allé plus loin que mon île. Je suis natif de Taiyou. Aussi, je la connais comme ma poche, et je peux te servir de guide. Sauf qu'il faudrait que je ramène Mpkm, car il est court sur pattes, et je ne pense pas qu'il parvienne à nous suivre longtemps. Après tout, il n'est guère plus évolué qu'un prototype. Qu'en dis-tu ?

Là où la masse aurait pincé le nez à l'idée de côtoyer un vagabond, Keigo acceptait sa compagnie avec plaisir. Parce qu'il savait ce que c'était de ne pas être argenté. Parce qu'il était différent, lui-aussi, en marge de la société. Cela expliquait pourquoi, très rapidement, l'homme peu bavard qu'il était se sentait à l'aise en compagnie de cette fille pas comme les autres.
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Mar 22 Nov - 10:24
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Il appuya sa phrase en avouant qu'il touchait plus souvent les enfants avec ses créations. Cela ne l'étonna pas vraiment. «Chiants, oui mais ils sont de vraies petites machines à émerveillement. »Les gens ne comprenaient pas. Ils ne voulaient pas comprendre. Tant pis pour eux. Ils passaient à côté de quelque chose. Son dernier point de la phrase la fit sourire. C'était vrai. Elle avait été pire qu'une gamine devant sa machine : il n'avait pas perdu sa journée, en effet. Puis, à sa remarque sur sa condition, car c'était bel et bien une remarque et nullement un aveu, Keigo ne sembla pas surpris. Si, il l'était mais pas autant que la plupart des personnes l'auraient été. Elle ne perçut pas dans ses yeux la moindre trace de dégoût et de pitié. Bien au contraire, il embraya sur la conversation le plus naturellement du monde. «Si j'ai la bougeotte ? C'est peu de le dire ! »

C'était agréablement surprenant. C'était ce type de personne qui ne lui faisait pas perdre foi en l'humanité, aussi rare était-elle. Lui, au contraire, avouait être bien sédentaire. Il n'avait pas bougé de cette ville et ce, depuis sa naissance.  La jeune femme avait du mal à le concevoir mais son point de vue était inondé de subjectivité. Il était à l'opposé de sa manière de vivre, tout simplement. Et justement, il en tira profit lors de leur échange près du petit métamoprh en puissance, en lui proposant de lui servir de guide. Elle n'en avait sans doute pas besoin, sachant se débrouiller toute seule depuis, ce qui lui paraissait, une éternité. Mais il serait malvenu de refuser. Il pourrait lui montrer certains endroits auxquels elle ne se serait peut-être même pas intéressée et il était d'une plaisante compagnie. «T'en qu'à faire, autant mêler l'utile à l'agréable ! »

L'inventeur était loin d'être réticent à l'idée de la fréquenter. Peut-être était-il, lui aussi, un peu marginal. Un génie avait, généralement, quelques défauts, lui aussi, qui étaient souvent incompris. Ce n'était là qu'une hypothèse. Au fond, elle s'en foutait. «Avec plaisir. »Répondit-elle de manière brève à sa proposition en arborant un sourire. «Pas de soucis, je te suis. »Ajouta t-elle. «J'y cours, j'y vole même ! »Elle était enthousiaste. Taiyou No Tokai était intéressante et semblait accueillir certaines perles dont une se tenant en face d'elle. C'était une première impression prometteuse. Le regardant lui puis son invention surprenante, elle se demanda à quoi pouvait bien ressembler son appartement, ou sa maison, ça n'avait aucune espèce d'importance. Elle s'imaginait des inventions les plus farfelues les unes que les autres trainant un peu partout. La décoration intérieure serait alors bien singulière mais à l'image du jeune homme. Ce n'était là qu'une pensée passagère. Elle avait juste hâte de commencer sa petite visite guidée !
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Mar 22 Nov - 10:25
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Elle accepta sans rechigner sa proposition. Rien ne pourrait lui faire autant plaisir. Il était temps de remballer MPkm. Il le fit se replier complètement, dans sa forme originelle, sans jambe ni bras. Il le prit dans ses bras, avec une certaine affection, avant de le déposer dans un sac qu'il avait caché derrière des fourrés. Sa démonstration ne s'était pas montrée tout à fait comme le souhait qu'il s'était formulé, mais il reviendrait un autre jour pour rencontrer les enfants et simuler un combat pokemon, dès qu'il aurait deux robots à sa disposition.

- On est parti !

Donnant le signal, il passa devant Aerin pour rejoindre son logement. Tout en cheminant en agréable compagnie, un article du règlement intérieur du complexe lui revint en tête. Sa mémoire, proche de l'eiditique, avait conservé presque mot pour mot le contenu du contrat qu'il avait signé.

"Seuls les résidents et les membres du personnel ont un droit d'entrée au Complexe Hinata. Les autres personnes doivent posséder une attestation spéciale signée par le Directeur ou son adjointe. Tout contrevenant à cette règle sera raccompagné à l'extérieur."

En ces conditions, Aerin ne passerait sûrement pas le porche : bien qu'elle présente bien, elle n'était ni touriste, ni employée. Peut-être y aurait-il moyen de corrompre gentiment la secrétaire, Akemi. Par quel moyen ? L'argent ne marcherait pas. La secrétaire était loyale envers son patron, et celui-ci avait les moyens de payer plus que ce qu'un employé ne pouvait le faire. Ce qui pouvait intéresser la réceptionniste... Il le savait pertinament, mais serait incapable de le pratiquer sans que cela paraisse louche. Mademoiselle Naito était une séductrice, et enflammer ses sens serait un argument de poids pour la faire céder. Seulement, Keigo tentant de jouer les Don Juan serait très louche (vu qu'il n'avait jamais démontré d'intérêt à son égard) et voué à l'échec (il le savait même pas comment s'y prendre, n'ayant aucune expérience en la matière).

Obtenir une autorisation dans un délai aussi court qu'un aller-retour dans sa chambre ou son atelier serait impossible. Les démarches administratives étaient toujours trop longues (Et on dit de la France une calamité en la matière ?), Aerin ferait mieux de l'attendre dehors.
Et cela, il n'en était pas question. Keigo avait décrété qu'il ramènerait son robot, et que la jeune femme n'aurait pas à rester seule telle une potiche, exilée derrière le portail comme une paria. Bafouer le règlement risquait de le faire virer, mais ce serait une grossière erreur. Trouveraient-ils un responsable de la maintenance aussi efficace que lui ?

La seule perspective se résumait donc à ne pas se faire attraper.

Par ici pour la suite !

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Mar 22 Nov - 10:30
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Vers le précédent épisode

Une légende urbaine circulait encore dans les couloirs de la résidence de tourisme de l'île. Deux intrus seraient parvenus à passer au delà de la sécurité et auraient dérobé des dossiers dans le bureau de la secrétaire. Ce fait était difficile à croire, quand on énumérait les précautions prises par le Directeur pour assurer la sécurité de l'ensemble. Beaucoup de touristes appréciaient cette sensation de bien-être, d'être chouchoutés et de ne pas être perturbés durant leur séjour, par des voleurs, des vendeurs itinérants. Un vrai petit cocon, pour un confort optimal.

Keigo n'avait pas l'intention de créer sa propre légende, et pourtant, il allait en ce jour relever le défi, pour une raison si anodine qu'elle en devenait presque stupide. Il était accompagné d'une jeune fille (à peine majeure, et sans domicile fixe de surcroît). Bien qu'il ne souhaitait que laisser son robot chez lui et repartir pour servir de guide à Aerin, il refusait de se plier au règlement de l'établissement. A savoir laisser la fille aux cheveux bleus dehors le temps d'un aller-retour. Elle ne faisait pas de mal, mais les gardiens ne la laisseraient jamais passer. Et se porter garant ne fonctionnerait pas, Keigo le savait d'avance. La solution qu'il restait était l'intrusion. Si la politesse ne passait pas, autant tenter des méthodes plus radicales.

Pendant le chemin qui les menait depuis le quartier des parcs jusqu'à la grille du Complexe Hinata, Keigo avait expliqué cet inconvénient à la jeune fille, et comment il allait procéder. Il n'avait pas l'intention d'abandonner, ni d'être bloqué par les règlements. Personne ne pouvait l'empêcher d'en faire à sa tête.
Il demanda ainsi à Aerin de venir avec lui jusqu'au portail, et de l'attendre, cachée derrière l'arbre le plus proche, en compagnie de MPKM, pendant qu'il s'occupait des préparatifs.

***

L'inventeur arriva auprès de ses collègues chargés de la sécurité du portail. L'un avait le regard braqué sur le petit écran de contrôle, le second faisait le pied de grue, debout, sous le petit toit de fortune du local. Il se mit à bailler de lassitude, espérant bientôt la relève.

- Salut !

D'un geste de la main, Keigo le salua et obtint une réponse cordiale en retour.  

- Dure journée ?
- M'en parle pas. Les gens n'arrêtent pas d'entrer et sortir aujourd'hui. L'arrivée du beau temps après quelques jours de pluie leur ont donné des ailes.  
- Mais tu n'en as plus pour longtemps, non ? Les suivants ne vont pas tarder, je crois.
- Ouais, dans trente minutes, un peu moins je crois. Et un petit dodo, ça sera pas de refus. T'es en repos, aujourd'hui ?
- Oui, c'est ma journée. Pas de panne à déclarer ?
- Ca roule. Tout baigne.  
- C'est parfait. Bonne continuation

D'un pas lent, il fit mine de s'éloigner pour prendre la tangente, faisant mine de se rendre au parking souterrain, là où il garait son vélo. Il se dissimula derrière une topiaire, et s'empara de son smartphone. Comment distraire les gardiens depuis cet emplacement ? Il rechercha ses tests préliminaires, enregistrés sur son mobile, et trouva ce qu'il fallait. Il esquissa un petit sourire.
Le jeune homme tendit son téléphone devant lui et scanna la seconde topiaire qu'il avait en face de lui.

***

A côté d'Aerin, MPKM commençait à bouger. Il déplia à nouveau jambes et bras. Mais petite nouveauté, son bassin se mit à basculer pour se mettre à quatre pattes. Bientôt, à l'image du pikachu filmé, le robot prit une apparence moins sympathique : un chien de taille moyenne, au pelage noir et au museau écumant de bave. Le brave toutou à sa mémère. L'animal quitta la vagabonde en sautant en direction du gardien de l'entrée, et se mit à aboyer et à montrer les dents.

- Hé, ho, Sori, regarde ! Un chien errant !

Le gardien était sur ses gardes. L'animal était dangereux. Ses crocs voulaient goûter à la chair humaine.

- Merde, j'ai l'impression qu'il a la rage !

Le chien s'approcha du portail en aboyant, se mettant en position d'attaque.

- Appelle les pompiers, les flics, je sais pas, fais quelque chose ! Ou viens m'aider !

Le second gardien quitta à regret son écran de contrôle ; il avait mis du temps à venir, mais pensait avoir trouvé une stratégie payante en présentant son sandwich surimi au clebs des Enfers.

- Petit petit petit !  

Pendant que les deux gardiens, craignant pour leurs mains, jouaient aux dresseurs de fauve, Keigo se rapprocha de la petite maisonnette et se mit à la vue d'Aerin. Il lui fit un signe, lui intimant de patienter encore.

Le chien sauta avant d’atterrir lourdement sur ses pattes. L'ingénieur grimaça : il n'avait pas assez perfectionné cette position. Grâce à la matérialisation permanente de la vidéo, les deux hommes de la sécurité n'avaient dû rien voir. La peur avait pris le dessus sur leur rationalité, et le plus proche de l'entrée s'écarta pour éviter une vilaine morsure. La faille arrivait à point nommée. Keigo enclencha le système de course ; l'animal franchit le portail et se mit à courir.

- Machi, cours lui après, vite ! J'appelle !

Le premier gardien déjà bien terrifié dut toutefois se résoudre à courser l'animal. S'il venait à s'attaquer à un touriste, la catastrophe serait de grande ampleur : un scandale au sein du complexe, Kyo Kazeyama ne laisserait jamais passer. Sori se jeta sur le téléphone pour appeler la SPA. Keigo sortit de sa cachette. Au moment où il entra dans le local, il fit signe derrière son dos à Aerin. C'était le moment.  

- Woa, quelle terreur ! J'ai failli me faire attaquer par un chien !" dit-il suffisamment fort pour faire sursauter son collègue.
- Oui, je sais, merci, Tanaka !" répondit l'autre avec humeur.
- Tu crois que Machi va s'en sortir ?

Exaspéré, le gardien se retourna vers le garçon en posant ses poings sur ses hanches.

-  On va faire de notre mieux, figure-toi ! J'ai appelé du renfort !
- Tu devrais rester dehors, pour surveiller la sortie s'il revient vers toi. Je reste là, j'ai pas envie de me faire mordre.

Le gardien saisit l'opportunité de reprendre son travail sans abandonner totalement son poste. Il ne pouvait pas remplacer le chasseur de chien sans garder un œil sur les caméras. Keigo étant de la maison, cela ferait l'affaire.

- Ok, d'accord. Alors regarde bien les caméras ! Et réponds au téléphone.

Dès que Machi passa le seuil de la maisonnette, un sourire malin se dessina sur les lèvres du génie, qui prit place sur la chaise roulante et brancha son téléphone avec l'un des nombreux câbles contenu dans sa coque, directement sur le circuit électrique. Il entreprit alors de faire des coupes sévères des retransmissions vidéos. Notamment celles du passage de la sécurité par Aerin, partie se réfugier à deux mètres de l'entrée du parking souterrain. Et la seconde où le chien en rage se métamorphosa en topiaire immobile. Keigo savait son plan risqué : il espérait que les deux hommes penseraient que le chien avait trouvé une sortie (ne le voyant plus, et ne l'entendant plus). Cependant, les incohérences viendraient forcément à l'esprit de ceux qui prendront le temps d'analyser la scène. Encore fallait-il que quelqu'un au complexe aie du temps à perdre sur un incident qui, au final, n'aurait aucune conséquence.
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Mar 22 Nov - 10:30
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Ils arrivaient devant ce que Keigo avait appelé le "Complexe Hinata". Celui-ci était inconnu au bataillon pour la jeune femme. Vue son envergure, il devait être rempli de touristes en tout genre et avoir une excellent notoriété. Ce bâtiment transpirait la sécurité, les lèche-culs, les hypocrites, sans parler des riches. Il incarnait parfaitement ce qu'elle préférait fuir depuis environ quatre ans et elle ne s'en portait que bien mieux. L'inventeur lui expliqua, tandis qu'ils effectuaient le trajet jusqu'à destination, la situation à laquelle ils allaient tout deux se confronter et ce, dans un futur très proche. Il voulait juste déposer son robot avant de lui servir de guide mais il tenait à ce qu'elle l'accompagne bien que l'entrée soit interdite aux personnes n'étant ni clientes ni employées. Son poste serait bientôt en jeu. Pourquoi voulait-il tenter le diable ? Il y avait peut-être bien un brin de politesse derrière ce geste mais, selon elle, c'était surtout qu'il aimait les défis.

"Et, il n'y a rien de tel que d’emmerder le monde et leur règles à la con, pas vrai ? "Juste pour ça, comme d'un comme un accord, elle était totalement d'accord pour le suivre dans cette infiltration que certains pourraient qualifier d'absurde mais pour Aerin, c'était l’occasion de faire des siennes. "Que demander de plus ? "Le moment était venue. Elle se dissimula derrière un arbre avec son robot alors que lui se dirigeait vers le portail. Elle se demandait bien ce qu'il avait prévu de faire et était impatiente de le voir à l’œuvre. Elle jeta un coup d’œil à MPKM et sourit. "Tu ne resteras pas innocent dans cette histoire non plus. "Se chuchota t-elle pour elle-même. Ce que cette première journée dans cette ville était excitante ! Pour l'instant, elle ne voyait pas trop ce qu'il se passait. Il y avait un local tout à côté du portail où elle pouvait percevoir deux silhouettes.

Des gardiens de sécurité. C'est qu'il fallait bien protéger les culs de tous ces riches qui se doraient au soleil histoire de gagner leur croûte. Quel boulot de merde, sérieux. Keigo y pénétra et en ressortit à peine quelques minutes après. Un p'tit brin de causette pour faire du repérage en douce, sans doute. Lorsqu'il en ressortit, il feint quelques pas dans une direction pour endormir leur vigilance et alla ensuite se planquer plus loin. Qu'est-ce qu'il mijotait ? Elle eut la réponse très vite et celle-ci répondait à ses attentes. C'était au tour de MPKM d'entrer en scène et sous une apparence qui était moins prompt à la joie tout d'un coup. En effet, il prit la forme inattendue d'un gros chien ayant envie de montrer les crocs et d'en démordre avec deux uniformes. Ça leur fera faire un peu d'exercice ! Il s'élança auprès du local, aboyant pour appuyer sa présence, pour qu'ils ne regardent que lui. Elle sourit.

"Quel vilain garçon cet inventeur ! "Les gardiens tentèrent de l'amadouer avec un sandwich. Sérieux les gars ? Ils ne risquaient pas d'aller bien loin ça. S'ils savaient comme ils perdaient leur temps à s'acharner de la sorte. Ses yeux perçurent à nouveau l'inventeur qui se mit dans sa ligne de vue pour l'informer grâce à quelques gestes. Pas de soucis, elle attendrait patiemment. Elle jubilait même devant le spectacle qu'il lui offrait. Voilà maintenant qu'un des deux hommes se mit à courir après le chien-robot. Il avait l'air enchanté. "Tu m'étonnes ! "La vagabonde, quant à elle, ne put se retenir de pouffer de rire, discrètement, cela allait s'en dire. Alors qu'il venait de se débarrasser d'un des gardiens, Keigo retourna dans le local lui faisant alors signe de ramener ses fesses du côté du portail qui les intéressait. Après un droite-gauche, au cas où, elle franchit la barrière, en tant que parfaite immigrante, de cet hôtel luxueux.

Elle alla se dissimuler à une certaine distance du portail qu'elle venait de passer pour plus de sûreté, non loin de ce qu'elle devina être une entrée de parking. D'ici, elle percevait (car voir était alors un bien grand mot) ce qu'il se passait mais n'entendait pas la conversation qu'ils échangeaient. Elle put néanmoins en constater rapidement le résultat. Le second gardien revint à sa place initiale, devant le portail, laissant le jeune homme gérer les écrans des caméras. Elle sourit. Il était brillant et elle irait même jusqu'à dire, pour cet instant bien précis, machiavélique. Elle mourrait d'envie d'aller le rejoindre pour le voir accomplir son dessein mais il devait être entrain d'effacer son passage des caméras, plus que visible, près de l'entrée. Elle n'était pas idiote au point de rendre ses efforts inutiles.
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Mar 22 Nov - 10:30
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Dès qu'il eut terminé l'effacement des fichiers, Keigo retira son système et le remit dans la poche de son pantalon. Il fixait les écrans avec une attention feinte. L'action qui venait de se dérouler était indétectable ; il avait coupé les vidéos de telle manière qu'à part un spécialiste de l'informatique, personne n'y verrait que du feu. On conclurait à une échappée du chien et à un angle mort des caméras.

Cependant, le problème n'était pas réglé. A se demander si le Complexe Hinata n'accueillait pas en son sein autre chose que des touristes pour être aussi protégé que Fort Knox. Si le portail avait été franchi, les même problèmes se posaient encore, à savoir la surveillance des caméras et le gardien. Utiliser deux fois le même subterfuge serait une solution, une continuité. Mais comment expliquer la disparition du chien dans le parking, un lieu clos, alors que le parc et tous ses recoins étaient une mine de cachettes plausibles.


Au bout d'un moment qui parut une éternité, Sori revint, le souffle court, le dos plié, en sueur après une course derrière un clébard fantôme. Il arrivait à peine à parler quand il rejoignit Machi et Keigo au portail.

- Je... Sais... pas... Pas vu... Disparu... Piouf...

Keigo sortit de la petite maisonnette aux caméras et posa une main sur l'épaule de son collègue.

- Si ça se trouve, il a réussi à filer en mordant un grillage quelque part. Ne t'inquiète pas, on va le retrouver. Je vais voir au niveau des parking.

Le second gardien lui signala qu'il avait appelé les pompiers, qu'ils n'allaient pas tarder à arriver avec un fusil hypodermique.

- Tu devrais aller te reposer. La relève est dans pas longtemps.

- Tanaka a raison. Je reste au portail. Prends un soda dans le frigo et repose toi.

Après une courte conclusion, le jeune homme fit un signe de la main aux gardiens avant de reprendre sa route, avec hésitation, comme s'il craignait de se faire sauter dessus par le chien des enfers. Puis, une fois qu'il sut qu'il n'était plus sous surveillance, il s'approcha de Aerin, bien dissimulée, et afficha un petit sourire, pendant qu'une topiaire mouvante se rapprochait d'eux avant de reprendre sa forme initiale, le petit robot métamorph.

- Bien, voilà qui est fait. Mais nous n'en avons pas terminé. On va éviter le hall d'accueil... On va passer par les coulisses. Vu l'heure, la cuisine ne doit pas être bien active.

Keigo lui fit signe de la suivre jusqu'à l'arrière des cuisines du Complexe Hinata. Il n'était guère difficile de le repérer : grosses poubelles et ventilation. Comme il le pensait, la porte était fermée à clé. Normal en dehors du service. Il sortit une petite trousse de secours (de mécanique, pas de soins) de la poche de son pantalon et en extirpa une pince qu'il glissa dans la serrure. Plaquant son oreille contre la cloison, il trafiquait le système avant de parvenir à le forcer. La porte de la cuisine était ouverte.

- Après vous, mademoiselle !

Il la laissa entrer dans le noir, évitant de déclancher la lumière et de se faire repérer. Il referma par la même méthode la porte à clé. Prenant la main d'Aerin pour la guider dans l'obscurité, il fit confiance à sa mémoire pour l'emmener vers le monte-charge, qu'il savait proche du passage vers la salle du restaurant.

En chuchotant, il lui expliqua son plan.

- Je vais te faire monter par le monte-charge. J'espère que t'es pas claustro..
.
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Mar 22 Nov - 10:30
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Intervention RP

Si les deux intrus – du moins, pour l'une – avaient réussi à pénétrer dans l'enceinte du complexe en usant d'une brillante illusion, Fort Hinata, bien équipé pour faire face aux situations de crise, était loin d'avoir dit son dernier mot. Certes, l'on ne pouvait nier que l'affaire du chien enragé venait de secouer une bonne partie du personnel du complexe, puisque quelques instants après la réalisation du subterfuge, Kyo était déjà au courant de ce qu'il s'était passé. Le jeune homme, en pleine dégustation des derniers crus récemment proposés au centre touristique, avait jeté son verre, de rage. À croire que le mauvais sort le poursuivait ! Car, depuis quelques temps, il ne lui arrivait que du négatif. Mais passons sur le directeur du complexe ! Ce n'est présentement pas lui qui nous intéresse. Toujours est-il que l'on dépêcha un bon nombre de membres de la sécurité pour retrouver le fameux prédateur et que certains postes, qui n'auraient pas dû être abandonnés, le furent. Aerin et Keigo ne furent, à ce que l'on raconte aujourd'hui, pas les seuls à profiter du grabuge créé par l'employé. La vérité, seuls les concernés, et l'illustre maître de jeu – qui prend un malin plaisir à se mêler des affaires des autres –, savent ce qu'il s'est réellement passé.

Le restaurant était effectivement fermé, à cette heure-ci. Mais pas pour tout le monde.

Au moment où l'inventeur appela sa complice pour la faire entrer dans le monte-charge, la porte qui reliait cuisines et salle de restaurant s'ouvrit lentement, en grinçant – si si, comme dans les films d'horreur, ce « iiiiiiihhhhh » insoutenable qui vous crève les tympans –, laissant entrer un type d'une quarantaine d'années, aux allures de touriste et à la bedaine proéminente, une lampe torche à la main. Par gourmandise, le bougre s'était mis en tête de piquer quelques restes directement dans le garde-manger et avait eu la chance de se trouver face à une porte mal fermée par le membre de la sécurité dont on avait interrompu la ronde pour une histoire de chien. Le faisceau de lumière rond se promena à travers toute la pièce, grossissant peu à peu sur les murs alors que le touriste affamé se rapprochait des deux intrus. Mais, au moment où la lampe allait arriver sur leur position, un tintement métallique retentit, suivi d'un choc de casserole sur le sol. Dans la pénombre, l'homme s'était heurté à un plan de travail et en avait fait tombé quelques ustensiles. Il se baissa pour les ramasser, avant de prendre la direction des réserves de nourriture, dans le fond de la cuisine...

Comment nos deux importuns allaient-ils gérer cet événement imprévu ? Le maître de jeu, et tous vos lecteurs, étaient impatients de le savoir Twisted Evil

N.B. : Jouez sans attendre mes réponses, comme si vous n'étiez que tous les deux. Les interventions seront irrégulières et surtout opportunistes Wink
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Mar 22 Nov - 10:31
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Keigo finit par revenir auprès d'elle, souriant lorsque le petit métamorph revint de sa mission qu'il avait su accomplir avec brio. "C'est qu'il peut être machiavélique, l'air de rien ! "Bien évidemment, tout le mérite revenait à son inventeur qui avait su le rendre aussi compétent et flexible à plusieurs types de situations même les plus absurdes, comme celle dans laquelle, ils se trouvaient. Il lui prévient que leur petite escapade n'était pas encore finie et qu'ils allaient devoir passer par les cuisines. Elle ne connaissait pas cet endroit étant donné que c'était la première fois qu'elle y mettait les pieds. Elle se contenta donc d'acquiescer et de le suivre aveuglément, lui faisant confiance pour les guider. Arrivés devant ce qui devait être la porte de derrière des cuisines, ils se retrouvèrent face à une porte fermée. Le temps d'y penser que ce n'était déjà plus un problème ; le jeune homme avait sur lui de quoi arranger ça.

"Toujours sortir couvert ! "En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il ouvrit la porte et la laissa passer en première. «C'est bien aimable très cher ! »S'amusa t-elle à lui rétorquer, un petit sourire aux coins des lèvres. Lorsqu'il referma la porte, ils furent plongés dans un noir total qu'Aerin aurait préféré éviter. Ce n'était pas la panique totale mais ça la mettait pas en joie non plus quoi ! "A chacun ses petites frayeurs, ne me jugez pas hein. Oh, et puis, je m'en fous en fait. "Heureusement pour elle, l'inventeur du petit métamorph lui saisit sa main pour la guider. Ce geste la rassura et la fit rougir très légèrement mais dans le noir, elle s'en fichait. Et oui, il lui en fallait vraiment très peu pour réagir de la sorte. Sa recherche de l'amour la rendait peut-être un peu trop sensible mais elle s'en accoutumait plutôt bien. Tout en se laissant entrainer, il l'informa qu'il allait la faire passer par le mont-charge.

Elle haussa les épaules à sa dernière remarque avant de se rendre compte que ce geste était totalement inutile puisqu'ils étaient toujours dans le noir. Elle haussa la voix dans le même décibel que lui, en chuchotant donc  : «T'inquiète ! Pas de soucis à se faire de ce côté là. »Arrivés à destination, il s'apprêtait à la faire entrer dans le mont-charge quand la même porte qu'ils venaient d'emprunter s'ouvrit dans un bruit strident qui la fit frémir à son insu. "Putain, c'est quoi ce délire ?! "Un faisceau de lumière illumina soudainement les murs de la pièce, s'avançant dangereusement de nos deux protagonistes. Était-ce quelqu'un de la sécurité ? C'était bien le cadet de leurs soucis ! Elle savait juste deux choses. D'une, c'est qu'ils ne pouvaient en aucun cas se faire prendre par qui que ce soit au risque de faire perdre son boulot à Keigo et de deux, ils leur étaient impossible d'utiliser le mont-charge dans l'immédiat sans, justement, se faire prendre.

Ils étaient bien dans la merde quoi. Qui plus est, histoire de rajouter du fun à tout ce bordel absurde, se trouvant dans le noir total, même proche l'un de l'autre, c'était impossible pour eux de communiquer par geste et les voix étaient évidemment exclues. La lumière était à deux doigts de les recouvrir et de les dévoiler à l'individu mais elle se stoppa nette, accompagnée par plusieurs bruits tout aussi inattendus mais qui étaient les bienvenues. Avant de revenir en arrière, cette dernière avait éclairé une sorte de caisse en bois, aux bordures très petites, et qui devait avoir servit pour le transport de nourriture. Elle était seulement large pour une personne. Sans plus réfléchir, car il n'y avait plus matière à ça, elle entraina Keigo par un geste de la main et le plaça dans cette petite caisse. Elle eut tout juste le temps de prendre place sur lui et contre lui, c'était un peu des deux (disons que leurs corps étaient entrelacés comme ils le pouvaient) -heureusement qu'elle était fine !

- et de tirer sur un tissu qui pendouillait dans le vide tout en prenant son équilibre sur un meuble accolé à cette même caisse. Tablier, drap, torchon, qu'importait. Cela les recouvrit presque entièrement. Le silence reprit sa place le temps d'une seconde puis les pas se firent à nouveau entendre. La vagabonde se serra contre le corps de Keigo afin d'empêcher son corps de dépasser du drap. Elle n'y voyait rien mais se fiait au contact du tissu sur son corps. La situation, devenue risquée d'un seul coup, était aussi devenue gênante. Elle était bien contente qu'il fasse noir finalement. Elle était si proche de lui qu'elle sentit leurs nez se frôler ainsi que sa respiration sur ses propres lèvres. Son cœur s’accélérât en s'en rendant compte et finit par tambouriner dans sa poitrine à cause, cette fois-ci, des pas qui se trouvaient très proches d'eux. La lumière pointa alors dans leur direction...
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Mar 22 Nov - 10:31
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L'aventurière du parc était prête à l'ascension via un espace restreint et plongé dans le noir. Elle était si menue qu'elle pourrait prendre MPKM avec elle. Il diffuserait une petite lumière, suffisante pour éclairer sans se faire repérer. Puis il ouvrirait la porte avec ses petites pattes de métal si la jeune fille n'y arrivait pas.

Il allait expliquer son plan dans un murmure quand tout à coup, un son désagréable le fit sursauter. Quelqu'un s'approchait de la cuisine, avec la discrétion d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Bon sang, déjà les cuistots ? Il savait le chef des lieux maniable et consciencieux, mais de là à venir prématurément...
Une lampe torche vint éclairer les lieux. A moins d'une panne électrique (mais Keigo entendait le ronron des robots électriques et des réfrigérateurs), aucune raison bienveillance ne saurait en justifier l'usage. L'intrus balaya l'obscurité pour se repérer, mais le contact inopiné et salvateur du maladroit avec un objet métallique permit aux deux jeunes gens d'y échapper.

L'homme était loin d'être Arsène Lupin, à moins que son objectif fut de se livrer à la police au lieu de se fondre dans le noir. "Quel crétin", pensa le génie, qui aurait utilisé d'autres moyens pour en parvenir aux mêmes fins, s'il avait été un tant soit peu gourmand. La diversion arrivée à point nommé, le temps était venu d'agir et de filer à l'anglaise. Alors qu'il réfléchissait à son plan d'action, l'instinct d'Aerin fut plus vif. Par un langage silencieux véhiculé par le toucher, elle l'entraîna vers une caisse qui avait été brièvement détectée par le faisceau de la lampe. Elle l'intima d'y entrer, avant de faire de même, les compressant dans un espace réduit. Leurs corps ainsi placés auraient pu inspirer Picasso durant sa période cubiste. Pour améliorer leur cachette précaire, elle se tortilla quelques secondes avant de s'immobiliser pour de bon. Keigo ne sut pas exactement ce à quoi elle procédait, mais il lui faisait confiance. Il reçut des tissus sur la tête (linge de table, à n'en pas douter). Voilà qui tromperait l'ennemi.

Le cœur battant, Keigo se faisait le plus petit possible. Heureusement qu'il s'inscrivait dans la moyenne des statures masculines ; mais la position demeurait inconfortable à souhait. Un détail le fit néanmoins sourire. En fort peu de temps d'écart, celui qui ne rentrait jamais en contact physique avec personne se faisait embrasser par une jolie fille, et se collait à présent dans une caisse contre une seconde jolie fille.

Il profita de ce moment d'attente, il examinait sa situation. Il passait souvent par cet exercice pour sortir de sa bulle et se connecter
Une tension s'était installée à l'idée de se faire découvrir. Se faire virer était une chose. Néanmoins, il trouverait du boulot ailleurs. Etre licencié lui déplaisait pour l'humiliation qu'elle procurait. Ne pas avoir été à la hauteur, de s'être fait prendre. Et malgré cette déplaisante impression, l'augmentation du rythme cardiaque, régulant sa respiration bougeant le moins possible... Il adorait cette sensation de stress, et cette partie de cache-cache (à l'objectif inutile, reconnaissons-le) devenait terriblement excitante.
Il tendait l'oreille pour surveiller le passage du gourmand, qui dépassa la caisse pour ouvrir la porte du frigo (le déferlement de parfum, le léger refroidissement de la pièce ainsi qu'un léger trait de lumière en témoignaient). Le chef n'allait pas être content, ce soir, en découvrant le larcin...

Parallèlement, il disséquait ses sensations du contact rapproché avec Aerin. Jamais il ne s'était retrouvé aussi proche d'une fille. Ce n'était pas désagréable, entre la chaleur, le délicat parfum qui émanait d'elle, son souffle qui caressait son visage. En dépit de son appréhension, il était souriant et appréciait ce savoureux moment avec bonheur. Son tempérament taquin mourrait d'envie de partir à la chasse au pillard.
Hélas, se faire repérer de cette fripouille opportuniste le mettrait en porte-à-faux vis à vis de la surveillance. Et Aerin s'était donné beaucoup de mal pour les dissimuler. Il devait prendre patience et attendre le départ du gourmand. Qui prenait tout son temps.

Agacé par les bruits de bouche insupportables, et les minutes qui s'accumulaient et multipliaient leurs chances de se faire surprendre, Keigo fit glisser son smartphone et reprit le contrôle de son robot, demeuré seul hors de la caisse. Attentif aux moindres bruits, l'inventeur le dirigea avec lenteur (espérant que sa mémoire des lieux soit précise) vers l'électroménager à la porte béante, et le plaça dans un angle mort. La petite main de fer s'appuya sur l'un des côtés, et commença à transmettre à l'appareil des petites impulsions électriques.
Parfait pour faire croire à un court-circuit et gentiment titiller les doigts avides d'un petit choc électrique.
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