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SHIRYU-BRUNE : Super Héros et Super Naïf

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Lun 21 Nov - 20:48
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Un lapin. Non, pas l'animal tout mignon avec deux grandes oreilles qui dévorent vos pieds de table et qui fait un succulent mets en civet. L'expression. Un lapin. Ou poser un lapin pour la reprendre sous la forme originelle. 

Shiryu se serrait les bras contre son corps alors qu'il attendait devant un entrepôt du port de plaisance. Il avait froid, il aurait dû prendre une veste. L'été n'était pas encore arrivé, du moins plus après ses heures de service, et l'attente devenait pénible. Seulement vêtu d'une chemise noire (à manche longue, déjà ça de gagné) et d'un pantalon beige tombant parfaitement sur ses derbys de luxe, il sautillait sur place pour ne pas se refroidir. Mais il était bien naïf de penser que son contact au port allait encore venir, surtout après avoir dépassé d'une heure leur temps de rendez-vous. 

Tout avait commencé lorsque l'ancienne égérie de la télévision culinaire avait réussi à établir le contact avec le responsable de la criée de Taiyou. Il voulait négocier avec lui pour obtenir une place de choix à chaque vente aux enchères, le tout pour obtenir le meilleur poisson au prix le plus intéressant. L'avantage de son nom lui avait ouvert des portes, au point où un pêcheur lui avait promis de lui montrer un arrivage de saumon frais qu'il était prêt à lui vendre à prix d'ami. Sautant sur l'occasion, le rouquin avait pris suffisamment d'argent pour payer une transaction (il avait l'ordre d'idée en tête et établi un comparatif avec la concurrence pour marchander intelligemment). 

Son service au restaurant finissant tard, Shiryu avait demandé une heure tardive. Le pêcheur avait accepté : "ça m'arrange", avait-il dit. Et voilà donc le cuisinier parti du Complexe à minuit, rendez-vous minuit et demi à l'entrepôt B-13 des docks. Seul dans la nuit, ayant renvoyé son taxi, le jeune homme tourna et vira devant le grand rideau de fer en attendant son correspondant téléphonique. Mais il était bientôt deux heures, et toujours rien. Le téléphone portable sonnait dans le vide. Le garçon s'enflamma, manquant de jeter son propre appareil dans la flotte. Il soupira bruyamment, gonfla ses joues, ruminant sa colère. Si dans un quart d'heure, on ne venait pas, il repartirait. Il était écœuré à l'idée de s'être fait planter ainsi, et surtout d'échapper à la promesse d'un bon rapport qualité-prix. 

Vivement agacé, il fit volte-face en entendant des bruits de pas dans sa direction. Il distingua trois hommes, à peine éclairé par la lueur d'un lampadaire faiblissant. Leur tenue négligée sentait le manœuvre à plein nez. Son contact était enfin arrivé. Shiryu fronça les sourcils et se mit à les rudoyer avec humeur. 

- Ce n'est que maintenant que vous arrivez ! Vous n'avez même pas daigné me répondre au téléphone ! Çà fait plus d'une heure que je vous attends ! J'espère que ce que vous avez à me proposer est intéressant ! 

Le plus avancé des trois ricana. " Et en plus, il se fout de ma gueule..."

- Vous inquiétez pas, m'sieur, on a du saumon de premier choix. Venez, on va vous montrer. Suivez-vous. 

Boudeur, Shiryu passa derrière lui, immédiatement suivi par les deux autres gros bras. Ils marchèrent pendant dix minutes (le cuisinier toujours frissonnant), avant de s'arrêter devant une maisonnette délabrée à la vitre cassée, en bout de quai. 

" J'ai peut-être été dur avec eux, ils n'ont pas l'air fortuné. Si ça se trouve, ils reviennent à peine de la pèche ? Ils doivent travailler toute la nuit. Tant pis, c'est trop tard, je dois me montrer intraitable, sinon je vais passer pour un faible. "

Le pêcheur ouvrit la porte d'un coup de pied ...

" Pas même de l'argent pour un cadenas ? Ils vendent à perte, ou quoi ? "

- Entrez, mon seigneur !

Shiryu entra dans cette bicoque vide, et pleine de toiles d'araignées, avant de se faire bousculer dans le dos, puis retourner violemment par le bras pour faire face aux trois brutes.

- Hey, vous êtes cinglé ? 

- Et toi, vraiment con. T'as intérêt à donner ton fric. Je suis sûr que t'en as, vu que ce t'as négocié l'autre jour avec Nakamura. 

Shiryu se mit à crier, en espérant que quelqu'un l'entende. 

- Te fatigue pas, mon mignon. Comme tu l'as dit toi-même, il est tôt. On est tout seul au bout du quai, pour un tête à tête sympa. Alors soit tu te laisses faire... Soit on te fouille au corps. Et ça sera brutal, car j'ai bien envie de voir si t'es toujours aussi prétentieux après quelques baffes. 

Bien qu'il tentait de cacher sa peur, Shiryu se savait fait comme un rat. Il venait de réaliser qu'il s'était fait embobiner en beauté. Sans avoir rien vu venir.
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Super Héros et Super Naïf





With Shiryu Hyuga

« Bruni, mon choubidou, fais un effort : tu n’as presque rien mangé. »
« Mais maman, j’ai fini mon assiette, là. »
« Elle voulait sans doute dire par rapport à d’habitude, fils. »


Brune grogne un truc inintelligible et reprend une cuillerée de compote dans le saladier, histoire de faire bonne figure. Par rapport à d’habitude… qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas pris trois parts de rab, comme il le fait généralement lorsque la compote pomme/kiwi/papaye de sa maman trône sur la table, qu’il est à l’article de la mort non plus. Bon, certes, c’est un peu du gâchis de laisser ce sublime dessert à la couleur dorée se désoler dans son récipient encore à moitié plein. D’ailleurs il s’en faut de peu que le jeune chiroptère ne se laisse aller à reprendre une deuxième part, pour ne pas trop éveiller les soupçons de sa famille. Ça serait quand même dommage qu’ils le grillent à cause d’une bêtise pareille… Mais non ! Il a été intraitable avec lui-même avant le dîner. Pas question de trop manger ce soir, c’est très important. Cette infernale tentatrice de compote délicieuse qui étale sensuellement ses charmes dans le compotier n’est qu’un test particulièrement vicieux pour sa détermination et il le remportera haut-la-main, en tant que plus grand héros du monde. Non mais…

Une fois le repas fini, Brune se débarrasse aussi vite que possible de la corvée de vaisselle, échappe de peu au film du soir et file s’enfermer dans sa chambre en prétextant des figurines à peindre, des comics à lire et une partie de Dota en souffrance. Un tour de clé vient l’assurer que personne ne le dérangera et il prend le temps de retrouver solennellement son souffle avant d’enclencher la seconde phase de son plan. S’avançant à pas lents vers son placard, il pose avec gravité ses grandes mains sur les poignées, le cœur battant. Ce soir est un grand jour pour le monde des héros. Ses doigts pourraient trembler, s’il n’était pas guidé par la plus profonde de ses convictions ou si son étoffe était un peu moins noble mais ce n’est évidemment pas le cas. Du reste, il n’y a pas lieu de douter ou de s’inquiéter. Maintenant qu’il a pu se familiariser avec la ville, maintenant que son apprentissage est terminé, et maintenant que son costume est enfin arrivé, il est temps pour lui d’endosser les grandes responsabilités qui incombent aux êtres exceptionnels, ceux qui sacrifient leur vie pour le bien commun et la sécurité des honnêtes gens. Avec un geste emprunt de noblesse, Brune ouvre donc toutes grandes les portes du placard et reste plusieurs secondes muet devant son contenu, empli d’un savant mélange de fierté, d’émotion et d’yeux qui se plissent un peu devant des couleurs flashys. Là devant lui, rayonnante de tout son lycra coloré sur son cintre en bois, l’héroïque parure du plus grand gardien de la paix ayant jamais foulé les toits de ses tongs agiles attend son heure, comme en sommeil. Le jeune chiroptère effleure un instant le tissu, pénétré du poids de son devoir, puis s’en empare avec résolution.


« La fête est finie, bande de criminels. Ma destinée s’apprête à vous botter les fesses… »

Bon, en vérité, la destinée a du patienter encore quelques temps. La saison étant ce qu’elle est, le soleil ne s’est pas véritablement couché avant 22h15 et il était absolument hors de question pour le plus grand héros du monde de sortir avant la nuit. C’est un coup à ruiner son identité secrète et sa savante mise en scène en une seule boulette. Du coup, il a du prendre sur lui pour ne pas mettre son costume tout de suite, histoire de ne pas trop le froisser, et a tué le temps avec quelques parties de Dota. Tant et si bien que, enchaînant les victoires avec la super nouvelle skin de son Shadow Shaman, il en a quelque peu négligé l’horloge et ne s’est souvenu de sa vaste mission qu’aux alentours d’une heure du matin. Avec quelques jurons, il enfile donc vite fait son costume et se dépêche de se carapater par la fenêtre de sa chambre pour descendre le long de la branche de l’arbre qui pousse juste à côté du bâtiment (c’est d’ailleurs justement pour ça qu’il a insisté pour prendre cette suite-là). Escaladant le mur d’enceinte à un endroit discret hors de vue du poste de garde, il parvient finalement à s’enfuir dans la nuit. Ou plutôt, à zigzaguer loin des réverbères, dans chaque tâche d’ombre où il peut se fondre et passer inaperçu. Et même comme ça, il réussit à effrayer un chat et une petite grand-mère insomniaque qui arrosait le parterre de fleurs en bas de son immeuble. Bref, cette première sortie héroïque n’est pas aussi discrète qu’il l’imaginait. Mais heureusement, il parvient bientôt à se cacher dans une ruelle pour prendre une pause et réfléchir à la suite des événements.

Reprenant son souffle, Night Knight cogite donc un peu. Il a réussi à quitter le complexe (presque) sans se faire remarquer : c’est très bien. Maintenant, il lui faut décider où aura lieu sa première veille héroïque. Consultant un plan de Taiyou No Tokaï sur son smartphone (le seul super ordinateur de bord dont il dispose pour l’instant), il élimine très rapidement le centre-ville et la plupart des quartiers alentours. Il s’agit d’un endroit touristique, peuplé de jeunes gens avides de folles soirées. Pas moyen d’être suffisamment discret pour épier les malfrats dans ces coins-là. Peut-être plutôt le square ? Moui, pas mal… ceci dit, il l’a pacifié quelques jours plus tôt déjà, avec cette policière renarde au nom farfelue, donc non. Dans ce cas… pourquoi pas le port ? Mais oui, excellente idée ! Il y a toujours des canailles préparant de mauvais coups sur les docks déserts. Très fier de lui, Night Knight se remet aussitôt en route. Et environ trois quarts d’heure plus tard, il arrive enfin sur les lieux, un peu essoufflé. Se déplacer à pied, c’est vraiment pas top. Il faudra vite qu’il investisse dans un super véhicule. Mais bon, maintenant qu’il y est, il peut enfin reprendre un peu de contenance et se mettre en quête de personne aux mauvaises intentions. Comme, par exemple, euuuh… ce rat un peu poisseux qui traîne près de la Criée à la recherche de débris écailleux. Hum, non, cherchons autre chose. Aha ! Et pourquoi pas ce jeune homme roux, qui piétine de l’autre côté du grand bâtiment, habillé bien trop légèrement à une heure aussi tardive pour que ça ne soit pas suspect ? Oui, voilà un bon filon pour le plus grand héros du monde. Ce gredin attend sans doute une livraison d’armes ou de drogues, pour semer la terreur et la décadence sur les faubourgs de la ville. Mais ses plans machiavéliques prennent fin dès ce soir, foi de Night Knight…

Comme pour confirmer ses dires, une bande de types dépenaillés arrive presque aussitôt pour s’entretenir rapidement avec le rouquin, avant de l’entraîner vers une masure à l’écart. Haha, certainement ses contacts ! Et ils vont le conduire tout droit à leur planque ! Quel coup de filet extraordinaire, et ce dès sa première nuit !!!


« Aah… j’ai vraiment trop de talent, c’est presque trop facile. Donnez-moi donc un peu plus de challenge, mécréants… »

À pas de loups, le super héros les suit à distance et les regarde pénétrer dans la cabane délabrée sur un coin des docks. Miteux au premier abord, mais tout à fait la tête de la planque discrète. Ces vilains sont de véritables amateurs, ils tombent dans tous les clichés. Soucieux de soigner son entrée, le jeune homme observe un peu les environs et se décide bientôt à grimper sur le toit, pour les surplomber de toute sa grandeur magistrale. Oubliant quelque peu que, si le Night Knight ne souffre d’aucun défaut, le jeune Brune Wayce est quand à lui légèrement sujet au vertige (sauf quand il a la tête en bas, mais c’est une autre histoire). Pour le coup, la difficulté se corse un peu plus. Il n’est facile pour personne d’escalader un bâtiment en ruine, en tongs, en s’emmêlant dans sa cape et en luttant contre le vide vertigineux qui menace de le happer.

« Je vous ai sous-estimé, brigands. Mais vous n’êtes toujours pas de taille contre moi… »

Au bout de pénibles et laborieux efforts, il parvient enfin à se hisser sur le toit qui proteste un peu sous son poids, et tend l’oreille. La situation a l’air de tourner au vinaigre à l’intérieur. Les gredins ont l’air d’élever le ton, même s’il lui semble également entendre quelques voix qui s’interrogent sur l’origine du raffut au-dessus de leurs têtes. Pour ne pas gâcher l’effet de surprise, Night Knight attrape aussitôt un super gadget à sa ceinture et le lance à travers une lucarne déjà fêlée, faisant tomber des débris de verre et une sorte de chauve-souris ronde en plastique vert pomme sur le sol. Sans plus d’effet que cela. Le héros est perplexe. Ses bombes fumigènes ne seraient-elles pas au point ? Ça par exemple… Alors qu’il en jette une ou deux autres histoire d’insister, les méchants sortent enfin de leur torpeur.

« Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! Y a quelqu’un sur le toit ! »

Cette fois, ça y est ! C’est le signal ! Tant pis pour les bombes fumigènes, il faut faire sans. Le timing n’attend pas. Night Knight se redresse de toute sa hauteur pour apparaître dans l’encart de la lucarne sur fond de ciel nocturne, la lune éclairant le justaucorps moulant de son costume et le plastique reluisant de ses tongs.

« Quelqu’un ? Certainement pas. Votre pire cauchemar plutôt, bande de forbans grossiééééééééh !!! »

Se redresser d’un seul coup de quasi deux mètres sur un étage, pour quelqu’un qui a le vertige, n’est pas la meilleure idée qui soit. Happé par le vide, le héros chancelle un moment, s’emmêle dans sa cape et finit par basculer, défonçant à grands bruits le toit de la pauvre masure. Il s’abat lourdement sur le sol, écrasant au passage les bombes fumigènes qui daignent d’un seul coup se déclencher. Une épaisse fumée orange et verte, qui sent la carotte et la menthe, emplit la cabane et fait tousser tout le monde. Triple dose, forcément.

« R-rendez-vous… teuh teuh… vous êtes… kof kof… cernés, canailles ! »

Se remettant maladroitement sur ses pieds, le masque de son costume de travers et les yeux larmoyants, Night Knight fait néanmoins face à l’ennemi, torse bombé. Y a pas à dire, ça c’est de l’entrée en scène…


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Shiryu était tétanisé. Il pouvait presque sentir le parfum aviné de leur haleine. Il s'était mis dans de beaux draps, et sans aide. Quel idiot... Bloqué par le mur, il souhaitait se fondre dans la palissade moisée plutôt que de se faire gifler par la main solide et calleuse qui le menaçait.
Il avait tendu la main à des malfrats, par pure bêtise. A croire qu'il avait vécu dans une maison arc-en-ciel, et qu'il s'était promené en courant vers l'extérieur avec une cible collée sur le front. Le regret lui serait inutile à cet instant. Son unique porte de sortie était bloquée, et il ne jouait du couteau qu'avec des légumes. A part un miracle, il ne croyait pas s'en sortir. Sur le toit, un drôle de bruit attira leur attention, un grattement étrange. Un chat peut-être ? Mais ce n'était pas l'aide tant désirée, qui n'arriverait pas d'ailleurs. Le meneur des lascars s'avança.

- Allez, aboule le fric ou je t'en fous une, le minet !

Shiryu se recroquevilla, pourtant il méritait cette baffe pour remettre ses idées en place et ne jamais reproduire ce genre d'erreur. De nouveau, ils sursautèrent après un nouveau son étrange. Par réflexe, tous levèrent les yeux vers le plafond, mais il n'était pas transparent.

- T'es pas venu seul ?

Le cuisinier se défendit : s'il avait été accompagné, il ne serait pas autant dans la mouise ! Au contraire, il ne se serait pas bêtement jeté dans la gueule du loup avec un soutien. Le ton menaçait de monter quand les craquement s'intensifièrent, suivi d'un son cristallin. Un objet étrange avait chuté sur le sol, en plus des bris de verre. L'objet était d'un vert flashy peu discret. Stupéfaits, les quatre hommes suivaient du regard l’atterrissage d'engins similaires.

" Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ?! Y'a quelqu'un sur le toit ! ", s'exaspéra le larron, prêt à quitter les lieux pour débusquer l'origine du tapage. Toutefois, il n'eut pas à faire un pas. Une voix tonitruante lui répondit. Sous l'effet du stress, Shiryu ne comprit pas exactement ses mots; mais il entrevoyait sa planche de salut tant attendue. Le rouquin allait crier au secours, quand le toit céda brutalement.

Un nuage de poussière emplit la bicoque, aveuglant tous les protagonistes. Aussitôt suivi par une seconde salve, plus étrange, car diffusant un étrange parfum de carotte et de menthe.

"De la poivrée, assurément...", pensa-t-il malgré les événements. Des larmes se mirent à couler sur ses joues à force de sursauts de ses poumons. Il porta sa main droite à la bouche pour filtrer l'arrivée d'air. Ses paupières clignaient, ses larmes chassaient les poussières agressives ; il parvint à distinguer grossièrement la scène. Se dressait devant lui un homme de grande taille. Non, un géant. Des épaules larges, une musculature impressionnante. Un costume étrange moulait son corps de colosse et valorisait sa plastique d’athlète. A moins d'être un amish ou de n'avoir vu ni télévision ni bande-dessinée de sa vie, on devinait allègrement qui pouvait bien être cet inconnu. Un miracle. Batman. Il existait vraiment...

La vue troublée, le rythme cardiaque en ébullition, Shiryu se fraya un chemin dans l'obscurité floue.

- Aidez-moi ! Ces malfrats .... sont ..kof ... m'agresser !

Après une nouvelle quinte de toux qui lui irrita la gorge, il tâtonna vers l'avant et découvrit le bras puissant de son héros. Il leva les yeux vers lui. Esquissa un rictus entre le sourire et la gêne.

- Oups...

Un marin rouge de colère et de suffocation le fusillait du regard, avant d'avoir le regard brillant (de larmes, mais d'un sentiment désagréable, celui de l'illumination).
Le voyou agrippa le bras de Shiryu de sa paluche puissante, et l’entraîna de force à l'extérieur de la cabane délabrée. Il avait un otage pratique pour se défendre contre le mystérieux importun.

- Si... vous nous approchez... kof... kof... il va nous arri... euh.. lui arriver malheur !


"Génial... Je suis le roi des boulets..."

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Super Héros et Super Naïf





With Shiryu Hyuga

Avançant à tâtons dans les volutes bicolores de son cru, Night Knight se félicite de ce génialissime gadget. Ces gangsters de bas étage n’ont plus aucune chance à présent ! Il ne lui reste plus qu’à les cueillir et les rosser comme il le mérite, et la Justice aura accompli son devoir. Quand bien même la Justice, en absence d’un quelconque filtre ou de lunettes à vision nocturne, est-elle tout autant handicapée par cette fumée odorante que toutes les autres personnes présentes. Dans un moment pareil, Brune Wayce aurait sans doute souhaité posséder la faculté d’émettre des ultrasons, comme sa sœur et son père. Mais Night Knight n’y songe même pas (ou alors pas très longtemps). Ses facultés hors normes sont bien suffisantes. Un super-héros n’a besoin que de son costume pour triompher de ses ennemis. Il n’y a qu’à voir la débandade dans les rangs adverses. Partout dans la petite cabane, ça tousse, ça se pousse, ça se cherche, ça appelle à l’aide et ça trébuche. Parfait ! Divisés comme ils le sont, ils ne devraient pas être trop difficiles à neutraliser. Regardez donc ce faquin de rouquin qui vient sans doute de marcher sur le pied de son confrère ou de lui tripoter le mauvais endroit par inadvertance, ce qui est certainement la raison du sourire ballot de l’un et de la colère de l’autre. Ça va vraiment être du gâteau… Jusqu’à ce qu’un petit malin ait l’idée d’ouvrir la porte vermoulue. Aussitôt, avec le gros trou du plafond, se produit un appel d’air qui aspire sa fumée. Malédiction ! Les bougres sont plus vifs d’esprit qu’il ne le pensait… Tous se ruent à l’extérieur et  il n’y a plus qu’à leur emboîter le pas avant qu’ils ne s’enfuient.

« Hey ! Kof kof kof… Revenez, man-teuh teuh… Manants ! »
« Si... vous nous approchez... kof... kof... il va nous arri... euh.. lui arriver malheur ! »

C’est sur ces mots pleins de promesses que les dockers malhonnêtes eurent l’occasion de contempler à la lumière de la lune, sortant de la cabane et du reste de fumée, le héros dans toute sa splendeur orange fluo et vert pomme, avec ses tongs, sa cape et ses tentatives désespérées pour se frotter les yeux sans soulever son masque. Un instant de silence médusé s’ensuit…

« Merde, mais qui c’est ce guignol ? »

Night Knight réagit immédiatement à cette réplique en faisant fi de son masque pour se redresser de tous ses pectoraux. Voici venu le deuxième moment le plus important d’une première mission de super-héros ! Après l’apparition héroïque, la présentation qui en jette. Il repousse donc un pan de sa cape dans son dos avec emphase pour annoncer d’une voix de stentor :

« Qui suis-je ? Aussi vrai que votre syntaxe est pitoyable, je suis celui qui va mettre fin à votre nuit de méfaits. Je suis la terreur qui corrige les erreurs ! Je suis le ver qui nettoie le fruit quand il est pourri ! Je suis… »

Ses yeux se plissent et un sourire victorieux s’étire sous son masque. Ça y est ça y est ça y est, il va pouvoir le dire :

« … le Night Knight ! »

Raaaaaaaah, c’est trop bon ! Depuis le temps qu’il en rêvait, le courageux héros est pendant quelques secondes tellement rempli de sa classe intersidérale que s’il le pouvait, il rembobinerait juste pour sentir à nouveau ce délicieux frisson en entendant dans sa tête la musique épico-dramatique qui accompagne sa première allocution et deviendra son gimmick. Il y a pensé pendant longtemps. Quelque chose de sombre mais d’énergique, qui inspire l’espoir et la crainte en même temps, à la guitare de préférence pour faire un peu western et pour changer des éternels cordes frottés qu’on entend tout le temps partout dans ce genre de scène. En fait, il y a tellement réfléchi qu’il le fredonne avec jubilation tout en observant les brigands hagards. Éblouis par sa prestance à n’en pas douter… Deux des marins, dont celui qui tient toujours le rouquin (détail étrange s’il en est, d’ailleurs), se regardent d’un air entendu.

« ‘Sont pas éclairés dans toutes les pièces, ces deux-là… En attendant, qui que tu sois, reste où tu es ou on sera obligés de faire bobo à ta princesse ! »

Plaît-il ? Une demoiselle en détresse sur les lieux ? Quelle aubaine, de quoi faire un sans faute pour sa première… Night Knight met quelques instants à comprendre que les malfrats parlent du petit rouquin, qu’ils gardent sous leur coupe dans une attitude menaçante. Hmm… ça c’est un peu bizarre tout de même. Qu’espèrent-ils donc obtenir par cette tactique saugrenue ? Certes, s’ils se boxent entre eux, sa victoire sera moins éclatante mais bon, il ne va pas non plus les empêcher de lui faciliter la tâche. Ces hommes sont-ils aussi peu malins que malhonnêtes ? Peut-être y a-t-il là un piège, mais il est difficile d’en discerner la nature. Le héros choisit donc finalement de se gausser de l’avertissement en signe de mépris :

« Haha ! Vous pensiez m’amadouer en utilisant le plus petit et le plus maigrelet des vôtres comme bouclier ? Je ne mange pas de ce pain-là, messieurs ! Vous allez voir ce que je fais des crapules de votre espèce, tous autant que vous êtes ! »

Voilà ce qu’il en fait, lui, de votre traquenard miteux ! Visiblement, c’était la bonne attitude à adopter puisque tout le monde en face a l’air sidéré et le regarde comme s’ils ne parvenaient pas à appréhender les limites de son génie tactique. Aussitôt, il profite de cet effet de surprise pour leur bondir dessus avec audace. Ça aurait pu être le début d’une bataille épique, qui aurait marqué à jamais les esprits et posé la première pierre de la légende du grand Night Knight. Hélas, ça aurait pu... Au lieu de cela, un son d’outretombe déchira soudain le silence et les ardeurs combattives :

*RA-RA-RASPUTIN, lover of the Russian Queen ! They put some poison in his wine !*

L’effet est immédiat : le plus grand héros de tous les temps gèle sur place. Peu de gens croiraient qu’un tel surhomme puisse avoir une faiblesse. Pour sa défense, Night Knight n’a aucune faiblesse. L’héroïque perfection ne peut pas avoir de faiblesse. Mais le jeune Brune, en revanche, a encore beaucoup de chemin à faire pour arriver au niveau de son alter ego. En l’occurrence, il pourrait commencer par se retenir un peu mieux que ça de répondre à sa maman lorsqu’il reconnait la sonnerie de portable qui lui est dévolu, à défaut de se mettre en silencieux lorsqu’il sort le soir répandre la justice. Pendant quelques secondes très gênantes, tout le monde reste immobile sans trop savoir quoi faire. Puis, finalement…

« Excusez-moi… »

Le héros décroche son Iphone de l’étui orange à sa ceinture, très digne. Juste histoire de vérifier, se dit-il. Effectivement, c’est bel et bien sa maman qui l’appelle, à pratiquement deux heures du matin. Et flûte… que faut-il faire dans un cas comme ça ? Un héros ne peut pas interrompre sa mission de justicier pour rassurer sa maman tout de même, on n’a jamais vu ça. Ça serait la honte. Et que pourrait-il lui dire, en plus ? Qu’il arrête des trafiquants sur les docks, tout seul et sans arme ? Elle viendrait aussitôt le chercher elle-même avec son avion personnel. Lui mentir alors ? C’est ce que font tous les héros avec leurs proches… Mais ça se voit qu’ils n’ont jamais essayé de mentir à Clara Wayce. Il aimerait bien les y voir. Dans ce cas, ne pas répondre ? Bonne idée… Non ! Pas bonne du tout ! Elle va rappeler au moins six fois. Raaah, que c’est compliqué ! En désespoir de cause, il finit par... s’adresser au petit rouquin, toujours en mauvaise posture :

« Vous, là, qui avez l’air d’être le plus sensé de la bande : que me conseillez-vous de faire ? »

Héhé, voilà qui devrait les déstabiliser plus encore. Qu’il est malin…


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Il émanait de l'intrus une prestance extraordinaire. Ses grandes ailes et son costume sous-entendaient une nature super Héroïque. Soit l'ensemble était très élaboré, soit l'homme était un hybride. Sa taille et sa carrure étaient impressionnantes : l'espoir renaissait en Shiryu, les méchants allaient s'enfuir la queue entre les jambes, terrorisés ...

« Merde, mais qui c’est ce guignol ? »

... ou pas. Pourtant, quoi de plus "Bad Ass" qu'une arrivée en grande pompe, aérienne, avec la cape qui vole dans la brise nocturne ? Le cuisinier, à défaut d'être libéré se rassurait de cette vision. Cette nuit de cauchemar cesserait sous peu.
L'inconnu se présenta d'une phrase si longue qu'on en perdait le fil, et déclina son identité. Naït Naït. Très exotique, peu japonais. Sûrement avait-il pioché son inspiration dans la langue anglaise ? L'anglais de Shiryu se résumait à peu de mots ; il parvint cependant à déduire Night Night, ou plutôt Night Knight (le chevalier de la nuit). Un pseudo plein de panache et de promesse qui faisaient rêver. Hélas, le destin aime se jouer de l'humanité et contredire ses attentes.

Une parole malheureuse mit le feu à la mèche de l'exaspération du rouquin. Son agresseur avait osé le qualifier de Princesse ? Le jeu de mot avec Chevalier de la nuit était inapproprié. Il fallait être miro ou abruti pour ne pas discerner le sexe de Shiryu, tout de même ! Sous prétexte qu’il avait les cheveux longs, des traits fins, une attirance pour les hommes et un job de cuisinier, il serait efféminé ? Non, mais présenté comme ça, naturellement... Oh et puis zut !
La peur céda sa place à un autre sentiment, s'accentuant à chaque énormité incroyable que lui exposait la délirante assemblée, avec comme maître d'oeuvre un super héros qui manqua de le laisser pantois.
Non seulement il le décrivait comme un "petit maigrichon" [entre parenthèse, d'accord, face à des dockers et une chauve-souris qui le dépassaient tous de deux ou trois têtes en hauteur, et de plusieurs épaules en largeur, il était un petit d'un mètre quatre-vingt] mais il le prenait pour un complice ! De quel crime Shiryu pouvait-il être coupable ? Il était le dindon de la farce, on lui avait tendu un piège et on le menaçait ! A moins qu'il ne soit dans un asile de fou, et cette scène rocambolesque le fruit de son imagination, ce qui expliquerait beaucoup de choses.
Sa désillusion pouvait encore descendre plus bas. Une sonnerie retentit alors, tonitruante, émanant du héros ailé. Une sonnerie disco, sans aucune adéquation avec l'ambiance sombre, digne d'un roman noir. Et le responsable osait demander son opinion sur le fait de décrocher ou pas ?

- Le plus sensé ? Le plus sensé ?

Le plus sensé en effet, qui allait bientôt décharger sa rage sur la bande de poireaux qui l'entourait.

- Vous ne croyez pas que vous avez mieux à faire que de répondre au téléphone ? Je n'arrive pas à croire que vous m'assimiliez à ces gredins, pour une raison que j'ignore ! Vous ne voyez pas que je suis un peu dans la mouise, là ? Vous êtes un héros, alors venez me sauver séance tenante ! Si vous en êtes incapable, laissez faire des professionnels ! Puisque vous avez un téléphone portable, appelez la police ! J'espère qu'ils feront preuve de plus de jugeote !

Ce premier billet d'humeur n'était qu'un échauffement. Les collègues de Shiryu en cuisine en témoigneraient. Les deux marins en retrait se rapprochèrent du jeune homme en prévision d'un débordement prévisible. Le troisième, qui le maintenait, serra son emprise, de peur qu'il ne s'échappa, tant son otage devenait fébrile. Le rouquin se démenait pour essayer au contraire de s'enfuir de l'étreinte et déversa ses griefs contre eux. Chacun son tour.  

- Quant à vous, espèces d'arnaqueurs débiles, au cas où vous seriez complètement aveugles, je suis un mec, et pas une princesse, et je ne vous permets pas de me parler sur ce ton ! Si vous êtes bouchés au point de ne pas savoir faire la différence entre un homme ou une femme, ce n'est pas étonnant que vous cherchez à attaquer les faibles pour gagner de l'argent ! Au moins vous n'avez pas besoin de réfléchir !

Ses cris de fureur montaient crescendo ; si toutefois une autre personne venait à se promener dans le coin à cette heure tardive de la nuit, elle serait aussitôt alertée de l'échauffourée et interviendrait ou appellerait les flics. Or, cela n'arrangeait absolument pas les dockers, qui voulaient juste leur argent, et au revoir Messieurs Dames. Vu que le Batman d’opérette accueillait des toiles d'araignée dans le cervelet, autant en profiter.

" Mais tu vas la fermer, ta gueule ? "

- Non, et au contraire, je vais mfff mmmmh !!!!!

Avec le recul, Shiryu n'avait pas volé de se faire moucher par une main posée sur sa bouche. Qu'à cela ne tienne, il s’époumonerait quand même. Il remportait le mérite de secouer le super Héros et l'inviter à l'aider, à condition que ce dernier ne conclut pas qu'il assistait à une mise en scène. Peut-être que si le jeune homme parvenait à mordre la main, ce serait un alibi supplémentaire ?
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« Mais… Mais chut, enfin ! »

Tout de même, le Night Knight peut comprendre la colère de ce rouquin rachitique d’être utilisé comme bouclier humain par ses forbans d’amis  mais, de là à ameuter tout le quartier… Il a du coffre en plus, l’animal. S’il continue comme ça, il va finir par alerter la maréchaussée, ce que notre héros ne saurait tolérer ! Enfin… Loin de lui l’idée d’entraver l’action des forces de l’ordre mais bon, c’est son premier coup d’éclat, il aimerait bien le garder pour lui tout seul. Et faire quelque chose d’extrêmement héroïque comme laisser tous les vilains assommés et attachés sur les quais, tout frais pesés pour l’arrivée de la cavalerie. Ça serait très classe, mais ça ne risque pas d’arriver si l’autre s’époumone de la sorte. Les larges oreilles sensibles du chiroptère se couchent lorsque le volume gagne encore quelques décibels. Vite, il faut faire quelque chose avant que toute la ville ne sache qu’ils sont ici. Il se dépêche donc autant qu’il le peut d’envoyer un rapide sms à Clara Wayce pour lui promettre qu’il la rappellera plus tard, dès qu’il aura fini de s’amuser avec ses amis, puis range l’appareil pour faire face à la racaille. Juste au moment où l’un des gredins a enfin l’idée lumineuse de bâillonner son compère de sa large paluche. Ah, bah enfin ! Il aurait bien aimé le faire lui-même, mais inutile de se plaindre.

Cependant, quelque chose dans les paroles du jeune rouquin fait soudain tilt dans son esprit. Bon, il l’a traité d’incapable mais ça, le Night Knight ne s’en formalise pas. Il y a longtemps qu’il est insensible aux attaques grossières d’ennemis jaloux de son talent inné pour contrecarrer leurs attentes et faire parler la Justice. Non non, ce qui le turlupine, c’est le fait qu’il lui ait ordonné d’appeler la police. Qu’espère-t-il avec une telle manœuvre ? Une remise de peine pour avoir vendu ses complices ? C’est tout à son honneur mais enfin, voilà tout de même un bien curieux réflexe pour un malandrin que d’en appeler si vite à la reddition, surtout qu’ils ont en apparence l’avantage du nombre (même si c’est bien loin d’être suffisant face à lui). Et puis, il y a autre chose. Dans son accès de colère plus que bruyant, il a accusé les autres brigands de s’attaquer aux faibles pour gagner de l’argent. Évidemment, c’est le principe même de ces espèces de pendard. Et justement, ça va tellement de soi que le Night Knight ne peut que s’étonner que l’un desdits pendards le mentionne. C’est un peu comme si le Night Lord venait sans crier gare lui taper sur l’épaule pour lui expliquer que les super-héros sont là pour protéger les honnêtes gens contre les malfrats. Euuuuuuh oui, merci ? serait certainement la seule chose qu’il trouverait à répondre à une intervention aussi vide d’utilité. Mais alors dans ce cas, pourquoi ce jeune homme maigrelet aux cheveux rouges, qui n’a pourtant pas l’air d’être stupide, ressent-il le besoin de le rappeler pour engueuler ses collègues ? D’ailleurs, en parlant de collègues, pourquoi l’un d’entre eux se met soudain à faire les poches du rouquin pour lui piquer son portefeuille ? Voilà un bien étrange mystère, à moins que… oh.

Un éclair de compréhension ayant fait son chemin dans le cerveau du chiroptère, il se redresse et détourne légèrement la tête pour rire avec complaisance, les doigts posés sur le front.


« Hum. Je vous félicite, messieurs. Il semble que vous soyez parvenu à m’induire en erreur. Mais ça ne prend pas avec moi : vous vouliez détrousser ce petit, puis vous l’avez prit en otage, comme les lâches que vous êtes. Vous l’avez fait passer pour l’un des vôtres dans l’espoir de vous en servir comme diversion et vous enfuir pendant que je m’occuperai de lui, croyant corriger un mécréant de votre espèce. Vous êtes encore plus vils que je ne le pensais… Je vais me faire un plaisir de tous vous rosser ! »
« P’tain, mais il peut pas la boucler celui-là aussi ?! »
« Tu commences à nous les casser, Superman. Dégage fissa ou il va t’arriver du vilain… »


Un changement subtil s’est opéré parmi les gredins. Visiblement, ils ont décidé que le terrain devenait glissant car il semble au Night Knight qu’ils amorcent un mouvement de retraite. Hoho, palsambleu, non alors ! Hors de question qu’il les laisse partir comme ça, avec un otage au bras ! Un sourire héroïque lui étire les lèvres en réponse à leur semonce :

« Serait-ce une menace, gredin ? En garde ! »

Et il se jette sur eux, sans autre forme de procès. Le premier docker pousse un juron et se débarrasse du rouquin en le balançant derrière lui pour l’accueillir, les poings levés. Dans la précipitation, personne ne remarque que celui-ci se prend les pieds dans un cordage enroulé sur le quai, bascule en arrière et que sa tête heurte au passage une bite d’amarrage. Nobody cares ! la bataille commence ! Le Night Knight frappe là où il peut, avec adresse et style. Et ne touche en réalité pas grand-chose, car ses ennemis sont nombreux et se soucient beaucoup moins que lui de faire ça dans les règles de l’art. Oh, grâce à son gabarit et à son endurance hors du commun, il parvient bien à distribuer quelques bleus, à fendre quelques arcades et à faire sauter une dent ou deux. Mais les malfrats profitent lâchement de leur supériorité numérique pour l’encercler et… et bien, il faut le dire : prendre le dessus. Mais bon, rappelons que ce n’est que par traîtrise et procédé non honorable ! En combat loyal, le Night Knight serait bien évidemment ressorti vainqueur de l’affrontement. Alors qu’il git un instant par terre, les côtes douloureuses après un coup de pied méchamment placé, les dockers ricanent en le regardant de haut.

« Hin hin hin… Alors, Superman ? Tu vas pouvoir voler jusqu’à chez toi maintenant ou tu veux qu’on t’appelle un taxi ? »
« Riez… kof kof… pauvres fous… La… hnnng… la Justice… n’oublie jamais… »
« C’est ça, on lui dira. Allez venez, tirons-nous avant que les poulets ne rappliquent. »


L’un d’eux se penche alors pour attraper son masque orange fluo et le lui enleve pour l’emporter. Horreur ! Son masque ! Brune fait un effort pour se redresser malgré ses contusions, son nez en sang et les bleus qui lui tuméfient le visage. Pas question que ces affreux partent tranquillement avec son identité de super-héros ! Tirant son appareil de sa poche, il coupe le son, passe en mode nocturne et prend discrètement plusieurs photos de la bande de malfrats qui s’éloignent, dont certaines où les profils de quelques uns d’entre eux sont parfaitement reconnaissables. Il va aller au commissariat avec ça, les faire mettre aux fers et récupérer son bien ! Et celui du petit rouquin dont le témoignage supplémentaire ne manquera sûrement pas d’intéresser les agents. N’est-ce pas, petit rouquin ? C’est seulement à cet instant que Brune se rend compte que le jeune homme n’est plus en vue. Tiens ? Se serait-il sauvé durant l’affrontement ? Ça serait bête, ils auraient pu aller à deux au poste pour porter plainte. Contrarié, le chiroptère se remet sur pied avec précaution, regarde un peu les alentours… et aperçoit les cercles qui troublent encore la surface de l’eau, comme si quelque chose de volumineux était tombé dedans. Nom de nom !

Sans réfléchir, oubliant ses côtes douloureuses et la protection de son identité secrète, Brune saute. Hors de question de laisser qui que ce soit se noyer sous ses yeux ! Fort heureusement, quelques brasses lui permettent d’atteindre le malchanceux garçon, qui n’avait pas encore eu le temps de couler bien profond. Tant mieux d’ailleurs car la nage n’a jamais été son point fort, avec ses grandes ailes. Aussi rapidement que possible, le chiroptère remonte à la surface, respire à flots et hisse au plus vite le jeune homme aux cheveux rouges sur le quai. Puis, sans même prendre le temps de retrouver son souffle, dopé par l’adrénaline et son désir de sauvetage, il commence le bouche à bouche…



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Agacé par la main qui lui couvrait la bouche, Shiryu sentait naître en lui des envies de mordre. Malheureusement pour lui, il ne possédait pas la musculature éprouvée du marin, et se débattait aussi inutilement entre des bras puissants comme un papillon dans la toile d’une araignée. A part protester à grands cris étouffés, le pauvre garçon ne pouvait pas faire grand-chose, et attendait avec une impatience de plus en plus palpable que le Super Zero accomplisse la tâche qui lui incombait.
Une paluche puissante commença à le fouiller, tandis que le premier docker le maintenait avec force. Tandis qu’un complice surveillait l’invité surprise de leur soirée, l’autre se chargeait de gagner du temps pour s’enfuir au plus vite avec l’argent. Et bien vite, le lascar débusquât le porte-feuille de Shiryu qui se promit, s’il en réchappait, de ne plus se promener avant tant d’argent liquide sur lui. Bien que la victime se retrouvait dépouillée et lésée, au moins ce geste agissait comme un révélateur sur la chauve-souris dépassée par des événements. Le cuisinier se sentit soulagé lorsque, tel un Hercule Poirot animal (l’intelligence en moins), il perça les desseins des forbans. Shiryu ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel, tandis qu’il entendait encore un monceau d’ineptie. Mais au moins à présent l’hybride se secouerait un peu les puces.  

Mais si la bêtise de Night Knight les avaient désarçonnés au départ, à présent, les marins avaient repris du poil de la bête et n’attendaient qu’une faille pour filer  à l’anglaise. Shiryu se sentait en effet traîné vers l’arrière, bouclier humain face à une quelconque offensive du maître de la nuit. Précaution utile : ce fut exactement ainsi que la scène se déroula. L’oiseau de nuit s’élança sur la racaille qui capturait le rouquin. Par réflexe, elle se débarrassa de son otage.

Shiryu fut poussé en arrière. Heureux d’être libre, il envisagea de courir après le voleur de son porte-feuille, contenant ses papiers personnels, ainsi que ses billets. Mais alors qu’il allait s’élancer, sa tête fut prise d’une oscillation désagréable, suivi de coups de marteaux lui agressant les tempes. Les jambes se mirent à flageoler, menaçant de s’écrouler sous son poids. Les mains s’offraient un tremblement effréné qu’il ne pouvait endiguer.

Sous le coup du stress, de la peur et de la colère, le jeune homme était assailli par les symptômes de sa mystérieuse maladie, qui l’avait emmené à l’hôpital suite à un évanouissement impromptu. Sous l’effet des différentes agressions que subissait son corps, celui-ci lâchait complètement du lest. Shiryu vit des papillons danser devant ses yeux ; puis prit place un noir total. Il vacilla pendant quelques secondes...

... et ses poumons écrasés par une charge liquide se libéraient enfin, lui permettant de respirer. Drôle de transition, que s’était-il passé ? Il avait dû perdre connaissance et avait chuté. A présent, il était trempé de la tête aux pieds, couché à même le sol, comme lui confirmait le contact avec le bitume du port. Il sentit une chaleur douce se poser sur ses lèvres, lui envoyant de l’air par ce biais. Il toussa pour évacuer l’eau qui l’empêchait de respirer convenablement, concluant qu’il était tombé directement dans l’océan. Dès qu’il eut récupéré sa conscience, le reste de son corps fit un état des lieux douloureux de son état : il était affaibli par son malaise, il était frigorifié (déjà qu’il était gelé hors de l’eau depuis qu’il avait quitté le taxi et qu’il se maudissait de ne pas avoir pris sa veste) Alors qu’il était un bon nageur, il avait manqué de se noyer. Quelqu’un était venu à son aide, l’avait repêché et lui avait prodigué les premiers soins pour éviter la suffocation. Reprenant doucement ses esprits, Shiryu entrouvrit légèrement le volet de ses paupières pour découvrir le héros, penché sur lui, vérifiant si le bouche-à-bouche se montrait efficace.

Étourdi, la tête lui tournant encore (sûrement une résurgence du malaise couplé à l’étouffement), il articula péniblement un merci, dont il ne fut même pas sûr d’avoir émis le son, mais lisible sur ses lèvres tremblantes. Atteint à présent d’un claquement de dent, il referma ses bras (en désespoir de cause) sur sa poitrine et tenta de calmer, sans succès, des soubresauts provoqués par la baisse  de température de son corps, entre l’atmosphère froide et les vêtements trempés.
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Tout en soufflant de son mieux dans les bronches du malheureux plongeur, Brune se sent complètement désemparé. Par tous les saints, qu’est-il en train de faire ? Il n’a encore jamais eu l’occasion de sauver quelqu’un ! Il n’est même pas sûr de s’y prendre correctement pour le bouche-à-bouche. Et surtout, il a perdu son masque ! Il n’est donc plus le Night Knight, le justifier sans pareil et gardien de son prochain, seulement Brune Wayce, chauve-souris geek de dix-huit ans. Ça lui fait quand même beaucoup moins de chances de réussir son coup. Cependant, il persévère courageusement car se voir privé de ses capacités de super n’est pas une excuse pour ne rien faire du tout. Et finalement, ses efforts finissent par payer : le jeune homme hoquette, tousse et lui recrache dans la bouche la moitié de l’eau du port. Ça le surprend un peu et ce n’est pas agréable, surtout quand ça passe dans les narines, mais bon. Le résultat est là, comme on dit. Brune s’écarte pour le laisser reprendre son souffle, et en profite pour éternuer bruyamment. C’est que ça ne l’a pas réchauffé non plus, ce petit bain de minuit. Le rouquin prend quelques secondes pour réaliser où il est, le remettre à son tour, puis le remercier de façon parfaitement inaudible, les lèvres bleuies de froid. Il se recroqueville ensuite dans ses propres bras, visiblement frigorifié. Hum, c’est vrai que ça commence à devenir préoccupant. Il ne faut clairement pas le laisser dans cet état, il va attraper la mort en plus de s’être fait dépouiller, bonjour la soirée pourrie… Le chiroptère réfléchit, perplexe. Il aurait bien une idée mais, il ne sait pas si… Un frisson plus violent que les autres secoue les épaules du malheureux, qui se met même à tousser faiblement, sans doute à cause du reste d’eau dans ses voies respiratoires. Bon. Il a bien une idée, finalement.

« Ne restons pas ici. Venez. »

Brune se relève et emporte le rouquin dans ses bras, encore un peu faible pour marcher. Il retourne dans les ruines de la cabane où la fumée a fini par se dissiper, ne laissant que cette tenace odeur de carotte mentholée, pour qu’ils aient au moins un abri contre le vent (le peu de vent qu’il y a ce soir). Puis, avec des gestes maladroits, il retire au bonhomme sa chemise détrempée.

« Vous vous réchaufferez plus vite comme ça. Attendez un peu… »

Il essore le vêtement, puis l’étend sur une vieille poutre, faute de mieux. Malgré ce qu’il lui en coûte, il fait de même avec le haut de son costume, en prenant garde à ne pas agrandir les déchirures causées par la bande de forbans. Ensuite, il se retourne vers son camarade d’infortune, mal à l’aise et les joues rouges.

« Ne… ne vous méprenez surtout pas sur mes intentions. Ce que je vais faire peut porter à confusion mais je vous assure que… c’est sans arrière-pensée et… juste pour éviter que vous ne… enfin, voilà. »

Las de s’embrouiller dans ses explications, Brune s’assoit en tailleur à côté du rouquin, l’attrape pour l’installer sur ses genoux comme s’il ne pesait rien, et l’entoure de ses grandes ailes déployées autour d’eux, le serrant de fait dans ses bras. Écarlate et le cœur battant, il ne peut s’empêcher de bafouiller à nouveau :

« Pardon de vous imposer ça. Je vous promets que je vous lâcherai dès que vous serez plus sec… »

Une fois n’est pas coutume, Brune a honte. Honte de son faciès de monstre de foire, de son abondante toison pectorale et de ses ailes membraneuses. Pourtant, il sait que c’est une très bonne technique car elles gardent très bien la chaleur et déjà, les tremblements de l’humain sont moins forts. Ça ne l’empêche pas d’être complexé par son apparence, lui qui faisait déjà peur aux autres enfants à la crèche avec sa tête de vampire. Surtout que le jeune homme contre son torse, lui, est fin et beau, sa peau humide est toute douce sur la sienne et il sent bon les épices et les fruits, malgré l’eau de mer qui poisse sa flamboyante chevelure. Le chiroptère se force à respirer doucement pour se calmer et ne pas avoir l’air d’un vieux pervers mais ce parfum est très agréable. Mieux vaut qu’il évite de trop y penser, d’ailleurs. Il a beau ne pas être très expérimenté en la matière, il sait depuis deux ans déjà grâce à la fratrie Sheppard qu’il est à voile et à vapeur, comme on dit. Depuis que Kingsley Sheppard l’a embrassé dans les vestiaires du gymnase durant sa dernière année de lycée et qu’il lui a collé de ce fait une érection monumentale. La même que cette qu’il a eu quand il a été le témoin auditif des ébats de sa sœur avec Emma Sheppard, un jour où les parents étaient absents et où elles avaient complètement oublié sa présence. Cela a beau ne pas être de son fait, il lui a fallu un mois pour pouvoir à nouveau regarder Amber dans les yeux. Enfin, là n’est pas vraiment le sujet. L’important est d’arriver à ne pas avoir d’érection en réchauffant le mignon rouquin qui sent bon les fruits. Certes, ce n’est pas un lièvre en rut, il sait se tenir. Mais on ne sait jamais. Ce genre de phénomène a la fâcheuse tendance de se produire durant des moments incongrus.

« Vous… ça va mieux ? »


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Le froid engourdissait le corps de Shiryu, soudain envahi de désagréables fourmillements. Le mouvement chasserait cette impression, mais il ne possédait plus assez d'énergie. Heureusement ne mourrait-il pas en sorbet. Night Knight demeurait à ses côtés. Son sauveur. Shiryu lui conseillerait bien de contacter l'hôpital, un taxi, mais les mots se coinçaient dans sa gorge. Il se remettait donc complètement au super héros.

L'eau froide lui avait provoqué un électrochoc, car il n'agissait plus avec excitation et déraison. Plus posé, il prit l’initiative de soulever le jeune homme et de l'emmener ailleurs. Shiryu se sentit maintenu par ses bras puissants et luttait pour ne pas l'embêter en tremblant. Il ne reconnut pas de suite le lieu où l'hybride se déplaçait, jusqu'à respirer un parfum de carotte mentholée. La cabane où Shiryu avait été menacé et où Night Knight avait fait une entrée remarquée, à défaut d'être efficace. Il se rattrapait à présent en prenant soin de la victime de cette soirée mouvementée. Il l'allongea à terre, déshabilla le rouquin, sans trop savoir comment s'y prendre. Il fit de même avec son propre haut et étendit le tout. Cette initiative était intelligente : ils seraient mieux ainsi que torse nu, au contact d'un vêtement trempé et imprégné d'eau gelée. Pourtant, l'idée de Night Knight le fit rougir, car il craignait une méprise. Innocemment, le cuisinier ne comprit pas de suite, jusqu'aux excuses étranges, suivies d'une nouvelle considération à laquelle il ne s'attendait pas.

La chauve-souris déposa sur ses genoux et le colla contre lui, en l'enlaçant. Au japonais de rougir, à présent. De rougir car il appréciait énormément ce contact chaleureux de leur deux corps, qui le ramena des années en arrière. A ce moment qui avait failli entrer la virginité du garçon, en compagnie d'un jeune homme plus grand que lui, charmant, et protecteur. La concrétisation de leur idylle avait interrompue. A présent qu'il était son seul maître et s'était dégagé de toute autorité familiale, il choisirait où et quand, et irait jusqu'au bout.
Le justicier masqué ne l'indifférait pas, depuis qu'il responsabilisait ses actes. L'abandon d'une partie de son costume découvrait de larges épaules, des muscles saillants, un torse massif. De son allure physique se dégageait de la puissance. Il rassurait le jeune homme.
Un attribut auquel l'ancienne star n'était pas habitué vint les entourer, à savoir les immenses ailes noires. Elles l'impressionnaient, mais le cocon que le héros formait avec elle apportait une impression de sécurité supplémentaire.

Vivait-il le syndrome de la princesse captive tombant amoureuse de son libérateur ? Il se morigéna lui-même à l'idée de s'être comparée à une fille, mais il ne connaissait pas d'autres références à appliquer aux hommes. Shiryu se sentait bien. Ses membres bougeaient à nouveau, la chaleur s'installait à nouveau en lui. Il se rapprocha autant qu'il le put du doux épiderme de l'hybride, et un discret sourire, illuminé par la rougeur de ses joues, se forma sur ses lèvres retrouvant des couleurs. Il parvint enfin à émettre un son, en articulant excessivement d'une voix rauque très différente de son timbre habituel.

- Oui, je vais mieux. Grâce à vous. Merci...  De m'avoir sauvé de ces bandits et... de la noyade. Sans vous, je...

"Serais mort", faillit-il compléter, mais préféra très vite résilier cette éventualité au fond de sa mémoire.

- S'il vous plait, ne tenez pas votre promesse. VOus ne me gênez pas.

Dire que Night Knigjt avait paniquait en craignant que son damoiseau en détresse ne le croit intéressé par la face cachée de la lune. La vérité était tout autre, mais Shiryu ne chercha pas à s'en excuser. Il leva enfin les yeux pour admirer le visage du chevalier noir.

Il n'avait pas d'inclinaison a priori pour les hybrides, flashant sur les grands bruns aux cheveux longs. Mais son besoin de présence masculine n'accordait aucune place à sa ségrégation. Le héros avait son charme à lui, original, ténébreux, mystérieux. Il le fascinait. Alors qu'il l'examinait plus en détail, il remarqua des blessures, et surtout, l'absence du masque. Shiryu porta une main à son visage et le caressa.

- Vous êtes contusionné. Ces brutes vont ont fait du mal ? Que s'est-il passé pendant que.. je.. euh...

Ses yeux s'habituaient à l'obscurité ambiante. Ce visage... Il l'avait déjà vu... Son cerveau turbinait à toute allure avant le tilt final qui le fit tresailler.

- Vous êtes client au complexe ! Je vous ai déjà vu, au restaurant... Vous êtes avec votre famille, vous êtes des Koumari... Où... Qu'avez-vous fait de votre masque ?
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À son grand soulagement, le jeune homme rougit mais se laisse faire lorsqu’il l’installe sur ses genoux. Il finit même par se détendre et –what ? – se blottir contre lui alors que leurs corps se réchauffent mutuellement  sous la protection de ses ailes. Brune gigote un peu et toussote discrètement avant de parvenir à maîtriser son trouble. En l’occurrence, maîtriser son trouble ne signifie absolument pas calmer ses battements de cœur soudain plus vigoureux, la chaleur qui envahit bêtement ses joues ou les pensées bizarres qui se bousculent d’un seul coup dans sa tête, mais simplement tenter d’avoir l’air parfaitement naturel tout en cumulant ces symptômes affligeants. Bref, c’est vraiment pas brillant. Pas que ça soit désagréable, bien sûr. Mais disons que le jeune chiroptère ne s’attendait pas à ce que l’atmosphère devienne aussi… intime. Enfin, c’est peut-être lui qui se fait des idées aussi, peut-être que le rouquin est juste frigorifié et qu’il se raccroche à cette source de chaleur et de poils comme à une bouée canard. Brune préfère éviter de s’emballer, histoire de ne pas créer de malentendus gênant sous prétexte d’une vague tension sexuelle. Il s’efforce donc de répondre aussi naturellement que possible aux remerciements qu’on lui adresse :

« C-ce n’est rien… N’im-n’importe qui, dans les mêmes conditions auraient fait pareil… enfin, je crois… »

Mouif, bon, c’est pas très convaincant niveau naturel, on est d’accord. Néanmoins, à ce stade, le chiroptère pensait encore maîtriser moyennement la situation ainsi ses réactions diverses et variées. Même démasqué, il reste quand même un super héros, il a donc un certain rang à tenir et une image à préserver, surtout devant un jeune damoiseau en détresse grelottant de froid, qui se pelotonne contre son vaste poitrail. Faut être viril et rassurant dans ce genre de cas. Là ça va, en matière de virilité, Brune peut affirmer sans se vanter n’avoir jamais trop eu à se plaindre. C’était sans compter sur une demande inattendue qui, sous ses dehors inoffensifs, le colle au tapis en deux coups de cuillères à pot. Ne tenez pas votre promesse… la promesse qu’il a faite de le lâcher dès qu’il n’aura plus besoin de son aide pour se réchauffer, s’entend. Cela veut-il dire… qu’il apprécie leur actuelle proximité ? En l’espace d’une seconde, l’encéphalogramme du grand héros tombe au point mort tandis que son imagination atteint de tels sommets d’activité qu’elle se court-circuite toute seule. Si bien que la seule chose qu’il trouve à répondre est un faible :

« D’accord… »

Ah il est beau, l’envoyé de la Justice. On a rarement vu plus éloquent. Mais Brune n’est même plus en état de penser à tout cela. Sur ses genoux, le jeune homme a relevé la tête vers lui. Dans son visage de porcelaine, ses yeux couleur cobalt transpercent les siens et semblent aspirer son esprit dans leur océan. Pendant quelques instants, le chiroptère oublie son identité de héros, sa mission de héros, et même le masque de héros qu’on lui a volé. Seuls comptent ces jolies iris qui le regardent sans peur ni dégoût et ce visage qui fait naître en lui un sentiment bizarre. Il n’arrive pas à mettre de nom dessus, jusqu’à ce que la main douce, encore fraîche, de son protégé ne lui effleure la joue, le faisant frissonner tandis qu’un pincement aigu lui réchauffe les reins. Ah oui, c’était donc ça… Presque inconsciemment, Brune se penche vers les lèvres entrouvertes, un peu…

« Non… je n’ai pas mal… »

Oh ça non, même si lui aussi est bien en peine de dire ce qui s’est passé. La bagarre ? Quelle bagarre ? Rien à cirer, regardez plutôt comme ce jeune homme est sexy… Il a beau ne jamais avoir vu le loup avec qui que ce soit, le chiroptère serait tout prêt à accepter la battue qui se profile, quand bien même aurait-elle lieu dans une cabane miteuse qui sent le bois vermoulu, les vieux filets de pêche et les débris de poisson. Mais une fois encore, c’est sans compter sur une nouvelle intervention de son petit camarade, qui a décidément le chic pour le rendre chèvre en une phrase et demie. Nan parce que là, il vient quand même de griller son identité secrète, bordel à foin !!! Le temps pour Brune de le réaliser, et c’est la de nouveau la foire dans son cervelet. Le malheureux devient bleu, puis blanc, puis vert, puis :

« Non !! Non, c’est faux, vous faites erreur ! C’est quelqu’un d’autre ! Il y a beaucoup de Koumori dans le coin, vraiment beaucoup beaucoup ! Et puis pour quelles raisons quelqu’un qui serait en vacances avec sa famille dans un complexe de luxe s’amuserait à aller chasser les criminels en costume à la nuit tombée ?! C’est ridicule ! Vous… ne croyez pas ? »

Et il se rend soudain compte qu’il a respecté la promesse qu’on lui avait demandé de ne pas tenir : il a lâché le jeune homme qu’il réchauffait pour s’agiter dans tous les sens, comme si ça pouvait appuyer de façon efficace ses arguments. Bon, quelque part, c’est secondaire, non ? C’est quand même pas ça le plus grave, on vient de le percer à jour ! Ce pauvre garçon va devenir la cible de tous ses ennemis, ou alors il va aller vendre l’info au premier canard de Taiyou No Tokaï et sa couverture sera fichue. Jamais il ne pourra faire son trou dans le milieu héroïque dans ces conditions ! Mais force est de constater que le chiroptère est complètement perturbé, et ne sait plus de quoi il doit se soucier. Seule une toute petite voix lui crie avec urgence d’agir de façon rapide et efficace, pour essayer de limiter les dégâts et colmater la brèche tant qu’il en est encore temps. Oui enfin, c’est bien beau mais il ne sait pas vraiment comment faire. Comment distraire suffisamment ce sagace rouquin pour qu’il n’aille pas révéler l’identité du Night Knight aux quatre vents ? Une idée folle lui traverse soudain l’esprit et, estomaqué par tant d’audace, Brune se dépêche d’obéir à son instinct avant de se poser trop de questions. Étendant de nouveau ses ailes, il referme ses bras autour des épaules frissonnantes du jeune homme, maîtrise en un clin d’œil ses propres tremblements pour l’attirer contre lui dans un geste à la fois tendre et viril, et effleure son visage de ses lèvres pour venir murmurer à son oreille :

« Ne… ne le répétez à personne, s’il vous plaît… »

Là, c’est assez efficace, comme ça ?


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Ce sentiment de protection... Shiryu ne l'avait plus ressenti depuis son premier amour qui tourna si court. Entouré de bras puissants, surplombé d'une personne plus grande que lui. Sa jeunesse, si singulière, l'exhibait en permanence devant une audience. Il ne connaissait pas l'intimité retirée du monde, blotti contre un corps rassurant et le coupant des menaces extérieures tel un cocon. Après ce moment de faiblesse malheureux, et cette agression déstabilisante, le jeune homme dégustait cette proximité.

Le fil de ses constatations se poursuivait, détaillant les ruines de son passé affectif. Bien que toujours accompagné d'adultes, pour le conseiller et le guider, le jeune prodige de la télévision n'avait pas été entouré par les bonnes personnes, plus intéressés par sa carrière que par son éducation. On ne lui enseigna pas les choses les plus courantes, probablement insignifiantes, mais pourtant salvatrices pour un quotidien normal, comme repasser ses chemises, prendre les transports en commun et se méfier de rendez-vous pris à 01h00 AM dans un quartier lugubre.
Il n'avait jamais bénéficié non plus de l'affection d'un parent. Sa mère, toujours absente, se préoccupait plus de l'avenir de ses poulains que de son fils, qu'elle avait pourtant épuisé au travail dans l'attente d'une révélation d'un talent. Son mentor ne jouait pas non plus le rôle de père de substitution, bien qu'il soit d'une bienveillance exemplaire envers son protégé. Tout le reliait en permanence à son job. Il n'était qu'un avatar de lui-même, un homme non abouti, à la fois mûr et immature, comme il le prouvait en ce moment même.

Là, collé contre le torse nu et musclé de l'hybride, il redevenait un petit enfant à la recherche d'une cajolerie. Et paradoxalement, il cherchait en Night Knight une réminiscence des sensations troublantes que lui procurait son ancien cameraman. D'où sa déception de voir le héros sursauter et s'écarter de lui tandis qu'il perdait contenance. Shiryu avait brisé le charme, et son visage se crispa tandis qu'il se mordit les lèvres, exprimant son remords. Mais il était trop tard.

Le pire ennemi d'un justicier masqué n'était autre que la perte de son identité secrète. Etre reconnu le mettait en porte-à-faux vis à vis de ses adversaires, prêts à prendre leur revanche sans relâche, sur lui ou ses proches. Quand la chauve-souris avait-elle perdu son accessoire vital ?
Soucieux de rattraper son erreur, le nippon lui sourit immédiatement, avec douceur - geste à considérer comme un privilège, il en accordait rarement un d'aussi radieux. Le chiroptère combla le fossé qu'il avait creusé sous l'effet de la surprise. Le rouquin se satisfit de récupérer sa chaleur salutaire.
Le héros était inquiet, le contraire serait étonnant. Anticipant une réplique du repêché, l'hybride émit une requête, d'un ton bas, près de l'oreille du chef. Shiryu ne comprit pas cette précaution : tous les deux étaient seuls, on ne pouvait ni les voir ni les entendre. Pour autant, il profita silencieusement de ce souffle sur son visage. Avec un peu d'imagination, la supplication s'apparenterait à des mots doux, les mêmes mots que son amant lui susurrait tout doucement, l'émoustillant complètement...

Mais un rapprochement était hors de propos. Le rouquin n'était pas en état de quoique ce soit, il était choqué, bien qu'il refusait de le reconnaître jusqu'alors. Son idée d'une séduction quelconque venant du Super Héros n'était que chimère. L'hybride prenait soin de lui, il accomplissait son devoir. Shiryu retrouvait simultanément température, force et mental. Il se relèverait bientôt, et prévoierait la suite des événements, moins agréables que ces quelques minutes de contact. Ému par l'angoisse du preux chevalier de la nuit, sa première décision fut de la dissiper.

- Je serai bien ingrat pour vendre celui qui m'a secouru. Je ne révélerai rien de votre identité, faites-moi confiance. Cependant, je vais devoir porter plainte à la police, puis-je au moins parler de vous, en tant que Night Knight ? Les crapules doivent savoir que vous existez, afin qu'ils tremblent dès qu'ils voient votre ombre arriver.

Il était toujours amusant de constater les déformations opérées par la mémoire. Suite à sa noyade, ayant failli perdre la vie après être tombé dans les pommes, le jeune homme gardait une vision tronquée de l'arrivée moins flatteuse du héros, toussant à cause de ses propres bombes, se méprenant sur le rôle du garçon.

- Je vais faire mieux que me taire. Je me dois de me remercier, mais je possède pas d'équivalent à ce que vous avez fait pour moi. En revanche, si vous me dites ce que vous préférez manger, je vous le ferai à tous les repas. Sans faute. Je suis un bon cuisinier, et je mettrais toute mon âme dans ce que j'accomplirais pour vous.

Shiryu ne pouvait juger par lui-même des goûts alimentaires des clients, mais les demandes particulières de certaines tables le marquaient, pour les tracas qu'elles pouvaient lui causer selon leur incongruité. Il avait donc fait la relation entre une consommation massive de fruits et de légumes et la présence de la famille de chiroptères en salle.
En attendant, il était sincère quant à ses remerciements, quitte à redoubler d'énergie en cuisine pour le combler jusqu'à la fin de sa vie, ni nécessaire.
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Super Héros et Super Naïf





With Shiryu Hyuga

Même si Brune n’a réagi (un peu stupidement il est vrai) que pour préserver autant que faire se peut son identité secrète, il ne se rend compte que maintenant qu’il s’est mis dans une situation légèrement… ambigüe. C’est-à-dire que la peau du jeune homme est quand même très douce, qu’il sent très bon et qu’il le tient de très près. La sensation de son corps blotti entre ses bras et de son souffle sur son cou sont extrêmement agréables. Tellement agréables que ça lui assèche la bouche et lui donne soudain des idées bizarres… Mais ce n’est pas le moment, enfin ! Ce pauvre petit s’est fait agressé et a manqué de se noyer ! Bon, certes il est en passe de chopper un gros rhume mais il y a d’autres moyens plus socialement acceptables d’aider les gens à se réchauffer, surtout dans de telles circonstances ! Heureusement pour lui, son protégé le distrait bientôt de ses pensées coupables en l’assurant qu’il ne vendra pas la mèche. Ouf ! C’est toujours ça de gagné, même s’il doit malgré tout s’en remettre à un parfait inconnu pour garder son secret, ce qui n’est pas forcément très sûr, mais il en va toujours ainsi avec la confiance de toute façon. Et ça tombe tellement à pic qu’il bondit sur l’occasion :

« Ah ! Oui, bien sûr. C’est normal. Je peux même vous passer les photos que j’ai prises tout à l’heure, où on voit leurs visages. Ça sera plus facile pour les retrouver et les mettre en cellules. »

Il s’y attèle aussitôt, après avoir poliment demandé son numéro de téléphone au jeune homme. Passant furtivement en numéro masqué, il lui envoie toutes les photos qu’il a prises depuis son smartphone puis efface immédiatement le numéro. Question de politesse selon lui, on ne demande pas ce genre de choses le premier soir. De plus, ils ne comptent pas se revoir, excepté quand le jeune homme lui fera à manger pour le remerc… quoi ? Brune ouvre de grands yeux surpris. Ah bon ? Mais non, ça ne va pas du tout, ça ! C’est un super héros, un justicier de la nuit, il ne peut pas demander de remerciement à qui que ce soit, et encore moins à la première personne qu’il a secouru et qui a découvert son identité secrète par-dessus le marché ! Ça ne va pas ! Son trouble se ressent dans le rougissement intempestif qui lui assaille les joues et sa voix qui se met à bégayer :

« Euh, mais… c’est-à-dire que… je ne peux pas accepter, je n’ai pas fait ça pour que vous me remerciez… je voulais juste faire mon devoir et… voilà… »

Très bien, il faut refuser poliment. C’est ce qu’il se dit, jusqu’à ce qu’il croise par hasard les grands yeux bleus et brillants qui le regardent avec espoir.

« M-mais bon… si vous insistez, je… enfin, je… je veux bien… »

Erf, tu parles d’un héros, tiens. Il a encore du chemin à faire, c’est sûr… Mais bon, ce n’est peut-être pas un mauvais deal. Après tout, tous les justiciers masqués ont des alliés dans le civil. Si Superman a Loïs Lane et Batman Alfred, pourquoi n’aurait-il pas… euh, ce jeune rouquin dont il ignore le nom et qui s’engage à lui faire des petits plats revigorants ? Peut-être que ça peut passer, même s’il ne sait pas trop ce qu’aurait pensé Nightlord d’une telle association. Quelques minutes se passent encore, jusqu’à ce que leur peau soit complètement sèche. Puis, Brune se détache délicatement du jeune homme pour lui rendre sa chemise encore humide et renfiler le haut en lycra de son costume. S’avançant vers la porte pour jeter un coup d’œil à l’extérieur de la cabane, il n’aperçoit que les quais aussi déserts qu’ils les ont laissés. Parfait. Cependant, avant de s’en aller, il revient auprès de son compagnon pour lui dire au revoir et lui adresser ses dernières recommandations :

« Appelez la police tout de suite. Ne sortez pas d’ici jusqu’à ce qu’ils arrivent et faites bien attention à vous, d’accord ? Je ne peux pas rester, je… je dois partir. »

Le chiroptère se félicite d’avoir réussi à tenir sa langue, lui qui s’apprêtait à dire « je dois rentrer chez moi ». C’est pas héroïque pour un sou… Un léger soupir lui échappe. C’est le moment des adieux et, même s’il le faut, ça le chagrine un peu. C’est qu’il est sympa, ce petit. Et drôlement mignon, mais là n’est pas le sujet. Finalement, Brune se décide. Prenant entre ses mains les fines épaules blanches, il le regarde droit dans les yeux pour déclarer d’une voix pénétrante :

« Mais je vous remercie encore pour votre discrétion. Je rendrai les rues de cette ville plus sûres pour que vous et tous les honnêtes gens puissiez vivre en paix. Sur mon honneur de héros, j’en fais le serment. »

Puis, il se relève, s’éloigne résolument vers la porte, adresse un dernier signe de tête au jeune homme derrière lui, puis s’élance à l’extérieur pour disparaître en courant dans le nuit, la tong agile et la cape volant au volant. Finalement, pour une première sortie héroïque, ce n’est pas mal du tout. Il est sur la bonne voie ! Nul doute qu’il sera le plus grand héros que la Terre ait jamais connu… du moins, s’il parvient à sortir vivant et non privé de sortie du face-à-face qui s’annonce avec Clara Wayce. Rien n’est moins sûr…


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Night Knight prit ses dispositions pour que Shiryu puisse porter plainte. Grâce aux photographies reçues via mms, l'enquête irait plus vite pour punir les malfaiteurs. Malheureusement, le jeune homme doutait de pouvoir récupérer son liquide, dépensé assurément par ses agresseurs dans les vingt-quatre heures à venir. Les clichés suffiraient-ils à les confondre ?

Malgré le service rendu (plus qu'un simple service, d'ailleurs), Brune refusait d'être récompensé. Fidèle à l'esprit chevaleresque du justicier, il résista à la proposition. Il ne faisait que son devoir, disait-il, relativisant son intervention héroïque. Cette humilité le rendait encore plus honorable aux yeux du japonais.
Cependant, l'hybride changea rapidemment d'opinion. Assurément craignait-il de vexer le damoiseau en détresse ? Voilà qui doublait l'admiration de ce dernier pour lui.

Le jeune homme serait resté encore longtemps collé contre lui. Hélas, Night Knight ne pouvait se consacrer à une unique personne. Sa mission l'appelait ailleurs, pour aider d'autres malheureux en difficulté. A regret, Shiryu profitait des moindres contacts de peau avant un retrait total. Il l'observait tandis qu'il récupérait ses vêtements, et lui tendait sa chemise. Prudent, le chiroptère examina la rue. Il prodigua de nouveaux conseils, que Shiryu promit de suivre scrupuleusement.

Tandis que le héros s'apprêtait à repartir, il libéra une ultime parole, jurant d'être toujours là pour secourir les nécéssiteux. Puis il disparut d'une virevolte, sa cape suivant le mouvement circulaire avec classe. Quelle allure noble, quel coeur d'or. Quel corps musclé...

Le rouquin restait debout, dans l'encadrement de la porte. Il ressentit immédiatement la même déception que lorsque sa "presque" première fois avait été brutalement interrompue. Un goût amer d'inachevé persistait dans sa bouche. Déprimé, il se satisfaisait néanmoins d'avoir un téléphone fonctionnel. Les dockers n'avaient pas eu le temps de le dérober, et les réclames ne mentaient pas sur l'étanchéité du modèle.

Au lieu d'appeler un taxi, il contacta immédiatement la police, et expliqua son cas au standard. Tandis que la policière au bout du fil prenait des notes et conservait le contact, ses collègues prirent la route. Au bout de dix minutes, les deux flics découvrirent sur le port un jeune homme torse nu et frigorifié. Le plus âgé, bourdeur et endormi par l'heure tardive (ou tôt, question de point de vue), s'occupa d'inspirer le lieu du crime. Le second, nettement plus jeune, aux cheveux noirs, à la peau brune et nettement plus amical (et aux fesses bien musclée), s'approcha du cuisinier. Il l'interrogea sur la soirée, après lui avoir couvert les épaules d'une couverture de survie. Il vérifia que l'état de Shiryu ne nécéssita pas une hospitalisation. Puis, constatant l'état de fatigue du rouquin, il lui proposa de le ramener chez lui, et de venir au commissariat dès le lendemain, pour sa déposition. Suite à ces émotions, le jeune homme n'était pas contre et accepta volontiers. Dans la voiture des policiers, avachi sur la banquette arrière, il ruminait encore le vol et râlait contre sa naïveté. Mais dès qu'il pensait à Night Knight, il s'apaisait aussitôt. Il n'avait qu'une envie : le revoir, pas plus tard qu'au service de midi, au restaurant du Complexe.
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