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ALEXIS-KISA : Local Hero

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Assise dans le hall de mon studio, les oreilles dépitées et la queue abattue, je lève à hauteur d’yeux la catastrophe qui vient de m’arriver : l’un de mes rollers dans une main, une roue et deux vis minuscules dans l’autre. Myaaah… Ce n’est pas possible, comment une chose pareille peut-elle me tomber dessus maintenant ? Il faut vraiment ne pas avoir de bol pour casser son moyen de transport juste au moment de partir pour le travail ! Et aux dernières nouvelles, je n’ai rien fait de suffisamment terrible qui mérite de voir toutes mes réserves de chance épuisées d’un seul coup ! Avec un soupir et un miaulement désespéré, je laisse le cadavre de mon fidèle patin à roulettes dans un coin de l’entrée et rassemble mentalement le courage nécessaire pour la terrible épreuve qui m’attend. C’est vraiment trop injuste… Comprenez bien : je ne m’inquiète pas d’arriver en retard au travail. Comme je m’arrange toujours pour partir en avance au cas où, je pourrai arriver à l’heure et être prête à temps si je pars dans l’instant, ce que je vais faire. Le problème, c’est que si je ne peux pas aller travailler en roller, je vais devoir prendre le bus. Et je déteste prendre le bus. En fait, je crois que je déteste les transports en commun, et ce pour une raison bien précise : les hommes. Je sais que c’est un cliché et que ça peut sembler exagéré mais pour avoir vécu à Tokyo les quinze premières années de ma vie, je vous assure que depuis que j’ai des seins et un corps bien féminin, une rame mixte peut devenir un calvaire très rapidement si l’on n’a pas de chance et que c’est l’heure de pointe. Bon, le problème est beaucoup moins flagrant à Taiyou No Tokaï, je l’admets. Mais il n’est pas inexistant pour autant et comme il est clair que j’ai la poisse aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi ça s’arrêterait en si bon chemin. La loi de Murphy, après tout…

Finalement, je me fais une raison, enfile mes chaussures et me dépêche de filer à l’arrêt de bus pour ne pas être en retard. Heureusement, celui dans lequel je monte n’est pas trop plein et je trouve même une place assise pour patienter pendant la quinzaine d’arrêts qui me séparent du quartier festif. J’arrive à l’heure au maid-café, j’ai le temps de me changer sans trop me presser et le service se passe sans incidents particuliers. J’ai même un pourboire de la part d’un client ! Finalement, j’ai peut-être eu tort de m’inquiéter. En plus, comme je n’étais que d’après-midi aujourd’hui, je vais pouvoir rentrer tôt et regarder un film avant de dormir si je me dépêche de terminer mes devoirs. Lorsque sonne 18h30 et que je me prépare à céder la place à ma collègue de soirée, j’ai retrouvé toute ma bonne humeur. Comme quoi, on peut passer une très bonne journée même quand on part du mauvais pied ! Enfin, c’est ce que je me disais jusqu’à ce que je remonte dans le bus.

Cette fois-ci, il est plein à craquer et comme il y a beaucoup de circulation à cause de déviations et de travaux de voirie, il se traîne comme un escargot. Ce n’est pas un bon moment qui se profile, mais je garde le sourire en pensant au film que je vais choisir et à mon repas du soir. J’ai très envie de bœuf grillé, avec un bon bol de riz… Et c’est pile à cet instant que je les remarque : deux  hommes, l’un avec une veste bleue et l’autre avec des lunettes et un col de chemise impeccable, à trois pas derrière moi. Le visage baissé et les traits inexpressifs, ils ont l’air totalement transparent au premier regard mais je devine tout de suite qu’ils sont en chasse. Et qu’ils m’ont repérée, parce que je porte une jupe et des oreilles de chat. Dans d’autres pays ça ne signifie peut-être pas grand-chose, mais je vous jure qu’au Japon, ça fait de moi un aimant à pervers. Les oreilles couchées et la queue hérissée, je réfléchis à toute vitesse pour trouver une solution. Ils sont deux, ils vont essayer de me prendre en tenaille. C’est plutôt rare comme tactique parce que les tarés de cette espèce font leur office tout seul d’habitude (c’est vrai que ce n’est pas un loisir évident à partager lors d’une pause au bureau) mais c’est redoutable parce que la plupart du temps, les victimes sont encore plus tétanisées. Moi quand on me tripote, je griffe, je feule et j’accuse haut et fort mon agresseur pour attirer l’attention sur lui et le dissuader de continuer. Mais à deux, ils seront soudés et pourront démentir et peut-être même retourner mon accusation contre moi. Oh là là, mais je ne vais quand même pas me laisser faire, ça serait horrible…

C’est alors que tout se passe très vite : pile devant moi, alors que nous approchons d’un arrêt, un jeune garçon avec des écouteurs quitte son siège pour se rapprocher de la sortie et me révèle un grand homme aux longues mèches noires et au port altier, vêtu avec une élégance et une sobriété qui me sautent tout de suite aux yeux. Sans réfléchir, alors que je sens avec un frisson de dégoût deux mains différentes aux doigts froids et tremblants qui commencent à pénétrer sous ma jupe, je me précipite d’un bond sur cette place libre et saute au cou de cet inconnu :

« Myah ! Bonsoir nii-chan, je ne t'avais pas vu ! Tu rentres plus tôt du travail, aujourd’hui ? Tu viens manger à la maison ? C’est maman qui va être contente ! »

M’écartant de lui, je lui adresse mon plus beau sourire. Je ne remarque que maintenant que son visage est celui d’un occidental, aux traits fins mais emprunts d’un masque de froideur et d’une espèce de défiance ou de dureté qui m’intimide énormément, soudain. L’espace d’un instant, je regrette mon geste. Si ça se trouve, il n’a pas compris un mot de ce que j’ai dit, il va me repousser en pâture aux deux pervers et le remède sera pire que le mal. Mais même s’il ne parle pas japonais, il n’a pas besoin de ça pour percevoir toute la détresse dans mon regard, mon visage d’une pâleur de craie et mes mains qui tremblent sur son bras tandis que je le supplie silencieusement de jouer le jeu. Un miracle s’il vous plaît, un tout petit…

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La mission du jour s'achevait dans le quartier festif de Taiyou. Nobuo Hinata y avait traîné de longues heures, durant lesquelles le garde du corps de Kyo Kazeyama l'avait assidûment suivi. Le slave examina ses moindres faits, ses moindres gestes. Il se fit rapidement une opinion du personnage, pas des plus flatteuses. Grand manipulateur, prêt à toutes les bassesses, Nobuo était aux yeux d'Alexis plus dangereux que l'autre duo du complot, Hiro et Sadako Hinata. Du moins pour l'instant. Quelque chose ne collait pas avec le gamin ; quelque chose de troublant, presque surnaturel.

Pour l'heure, Alexis arrêtait sa séance d'espionnage. Il rentrerait chez lui avant de prendre son service auprès de son maître. Peut-être même aurait-il le temps de mettre au clair ses notes sur ordinateur. Pour l'instant, seule sa mémoire conservait les informations qu'il avait recueillies. Il les poserait sur papier pendant son retour. A l'aller, il avait emprunté un taxi. Hors de question de poursuivre Nobuo avec son véhicule personnel ; le brun risquait d'être repéré tôt ou tard. En revanche, les taxis allaient et venaient régulièrement depuis le Complexe pour se répandre partout en ville. Ce judicieux choix facilita l'observation du garde du corps. Pour le retour, en revanche, il envisageait de prendre son temps. Le bus correspondait à ses attentes.

Il s'avança vers la station, située à l'entrée du quartier. Celui-ci, pour des raisons pratiques et de sécurité, déroulait des mètres carrés d'espace piétonnier. Tous les véhicules restaient à l'entrée des lieux : seules quelques petits trains, roulant lentement, reliaient les principaux points d'intérêt et facilitaient les déplacements des personnes en mobilité réduite ou fatiguées.

Un bus attendait, moteur allumé, auprès d'un arrêt vitré. Alexis consulta sur la borne encastrée dans le trottoir horaires et tarifs. Par chance, l'autocar correspondait à sa destination, en terminus. Alexis pénétra, ticket en main, qu'il confia au conducteur. Une fois sa validation effectuée, il s'installa près d'une fenêtre. Quelques places vides restaient encore. Lorsque le bus démarra, cependant, toutes furent remplies en un clin d’œil. Le russe partageait son rang avec un garçon plus jeune que lui, perdu dans la musique que lui chantait le casque de son walkman. Concentré sur son travail, l'ancien tueur rédigeait son analyse, en cyrillique, sur un petit carnet noir. Il s'enfermait dans une bulle, effaçant le monde autour de lui.
Le car se mit à ralentir à l'approche d'un arrêt. Le voisin d'Alexis quitta sa place, le volume de la musique s'abaissait à chaque centimètre d'éloignement. Le russe ne se réjouissait pas pour autant de cette libération ; l'affluence était telle qu'une personne s'installerait tôt ou tard à ses côtés. Tant qu'à se faire passer pour un civil lambda, autant se confronter à la vie en communauté. Avec ses surprises, comme cette rencontre improbable, avec Kiyohi...

Plus vite qu'il ne le pensait, le siège fut réquisitionné par un nouvel inconnu. Ou plutôt, une nouvelle inconnue, dont l'arrivée brutale ne laisserait personne indifférent...
Elle le serra dans ses bras, en parlant vite et fort d'une voix aiguë. Après cette embrassade inattendue, elle prit du recul. Alexis la détailla en un simple coup d’œil. Une lycéenne, ou une étudiante au maximum. Hybride, à n'en pas douter. Le jeune homme différenciait sans difficulté cosplay et réels attributs. L'enthousiasme de la demoiselle, en revanche, était factice. Elle ne confondait pas le russe avec une autre personne ; elle se précipitait vers lui à dessein. Ses yeux, les petites ridules creusées, le teint blanchi par l'appréhension. Attentif à son environnement, l'homme de l'ombre distingua bientôt la cause de cette mascarade.

A proximité de la neko, deux hommes guettaient une proie. Une femme seule qui puisse satisfaire leurs penchants pervers. La proximité résultant de l'heure de pointe offrait des victimes de choix. Les femmes gênées par ce qui leur tombait dessus, ne protestaient pas. Elles subissaient, par peur qu'on ne les prenne pas au sérieux. Parce que les deux dévoyés nieraient, profitant d'être deux pour appuyer leur crédibilité. Alexis se débarrasserait difficilement de ses a-priori sur l'humanité à cause d'immondices pareilles. Bien qu'il porterait toujours en lui la culpabilité de ses actes passés, il n'excuserait jamais des forfaits pratiqués en toute conscience.
Son visage fermé s'éclaira immédiatement, un sourire fendit ses lèvres et ses yeux pétillaient de joie. Le brun ténébreux n'avait rien perdu de ses dons d'acteur. Il répondit à la demoiselle, dans un japonais parfait, quoique marqué inévitablement d'accent russe.

- Imoto-san ! Je ne savais pas que tu prenais ce bus-là !

Il la serra contre lui avec chaleur, avant de porter attention sur les deux hommes, d'un air faussement innocent, prouvant qu'il avait tout compris.

- Ce sont des amis à toi ?
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L’espace d’un instant, je le sens se raidir instinctivement à mon contact (quoi de plus normal ?) et je me dis que ça ne va pas passer. Il va me repousser en s’écriant de le laisser tranquille, qu’il ne me connait pas et je vais me retrouver à la merci des deux autres pervers. Alors là, hors de question ! Je préfère descendre au prochain arrêt et rentrer chez moi à pied même si ça me prend deux fois plus de temps et que je ne serais peut-être pas beaucoup plus rassurée. Tout en implorant du regard l’homme à côté de moi, je me vois déjà en train de presser sur le pas sur le trottoir en tirant nerveusement sur l’ourlet de ma jupe… quand soudain ma prière est entendue : l’inconnu aux cheveux bruns et aux traits froids me regarde, jette un œil aux deux types derrière moi et affiche soudain un grand sourire en faisant mine de me reconnaître. Je suis tellement soulagée que je le serre à nouveau dans mes bras avec un enthousiasme très sincère lorsqu’il me rend mon embrassade. Je suis sauvée ! Jamais ces deux malades n’oseront plus tenter quoi que ce soit maintenant. Mieux encore : j’ai vraiment eu un coup de chance extraordinaire en sautant sur cet homme-là parmi tous les passagers car il en rajoute en me demandant l’air de rien si ce sont des amis. Ça me donne une occasion en or de les mettre définitivement hors d’état de nuire. Avec une immense satisfaction, je me retourne donc vers eux pour leur sourire de toutes mes dents, un éclat insidieux dans la prunelle lorsque j’affirme d’un ton léger :

« Eux ? Non non, pas du tout. Je crois qu’ils descendent à cet arrêt. Bonsoir, messieurs ! »

Jackpot. Le duo de choc comprend tout de suite que ni moi ni mon partenaire surprise ne sommes dupes de leur manège dégoûtant et décide aussitôt qu’il n’a pas les moyens de se mesurer à si forte partie. Lorsque le bus s’arrête et que les portes s’ouvrent, ils ont à peine un instant d’hésitation avant d’emboîter le pas aux gens qui descendent. Je retiens mon souffle jusqu’à ce que les portes se referment, puis je me laisse aller sur le siège en poussant un profond soupir qui me laisse parcourue de frissons. Incroyable, ça a marché ! Je n’aurais jamais parié là-dessus mais je suis à l’abri de cette bande de malades. Et tout ça grâce à cet homme. Il faut que je le remercie, mais la tension qui retombe d’un coup me prive de tous mes moyens. Le visage tout pâle et tremblant comme une feuille de la tête aux pieds, je parviens à rouvrir les yeux dans sa direction et à articuler faiblement :

« Je… Je ne sais pas comment vous remercier. D’habitude, je me débrouille toute seule mais là, vous m’avez vraiment sauvé la mise. En plus vous jouez super bien la comédie. »

J’ai l’impression que le stress me fait dire un peu n’importe quoi. J’aurais pu me contenter de remerciement, ça aurait été le plus adapté. Mais à vrai dire, c’est la première fois que quelqu’un me vient en aide dans ce genre de situation, je ne sais pas trop comment je dois réagir. J’essaie de reprendre un minimum contenance et m’apprête à le laisser tranquille lorsque je m’aperçois que la simple idée de me lever pour retourner dans la foule des passagers me donne des bouffées d’angoisse. Zut, c’est embêtant. J’aurais aimé ne pas le déranger plus longtemps après ce qu’il a fait pour moi mais il faut croire que je suis encore sous le choc. Mal à l’aise, je finis par lui demander timidement :

« Je… je peux rester à cette place ? J’ai les jambes qui tremblent… »


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L'échange aurait convaincu n'importe qui, par sa spontanéité et l'apparente complicité des deux inconnus. Les deux jeunes gens ne se connaissaient ni d'Eve ni d'Adam, ne se ressemblaient pas physiquement. Et pourtant l'illusion fonctionnait à merveille. Le regard des deux satyres passaient du "frère" à la "sœur", entre la déception de perdre leur proie et la peur qu'inspirait l'homme à ses côtés. Alexis exprimait silencieusement toute la haine et l’écœurement qu'ils lui inspiraient. L'invitation à quitter le bus fut acceptée sans objection. Tout penauds et frustrés de n'avoir pu concrétiser leur affaire, ils s'éloignèrent dès le but stoppa.

Aux côtés du slave, la petite neko se détendit enfin. L'émotion épuisa ses dernières forces, le sang peinait à rejoindre son visage pâle. Elle disparaissait dans le repli du siège, avachie mais soulagée. Des frissons animaient l'ensemble de son corps, elle était encore sous le choc. D'une voix faible et hésitante, elle parvint à articuler compliment et remerciement. Alexis ne put s'empêcher de lui sourire en guise de réponse. Il la surveillait attentivement, de crainte de la voir défaillir. Aussi, quand elle lui demanda - non, supplia pour être exact - de rester à ses côtés, il ne la chassa pas. Il n'avait jamais eu, de toute façon, cette intention.

- Vos jambes ne sont pas d'accord pour que vous bougiez, n'est-ce pas ? Alors, restez.

Il se replongea dans son carnet, oubliant cet intermède. Il reprit sa rédaction là où il l'avait interrompue, toujours en syrillique pour éviter que n'importe qui ne comprenne son compte-rendu. Il l'adresserait à l'oral seulement, à Kyo Kazeyama en personne.
Des pensées parasites perturbaient mémoire et réflexion. Comment pouvait-on profiter des autres ainsi pour son plaisir personnel ? Le crime de ces deux lâches, s'attaquant en duo à une jeune fille, seule, pour satisfaire leurs vilains penchants le révoltait. Sûrement faisait-il écho à ces terribles moments que le jeune russe avait vécu, dont les souvenirs ne s'estomperont jamais ? Une envie brutale de leur refaire le portrait naquit en lui, avant qu'il ne l'abandonne aussi vite qu'elle fut venue. Il n'était pas un redresseur de tort, ne serait jamais un justicier, aux vues de son propre palmarès. En revanche, il y a bien une chose qu'il pourrait faire.

Il ferma son carnet, qu'il rangea dans la poche de son manteau dont la capuche était cerclée de fourrure artificielle. Il plia sa jambe gauche sur la droite, tournant légèrement le buste vers la neko, tout en prenant soin de rester à distance, afin qu'elle ne croit pas qu'elle tombait de Charybde en Scylla.

- Rencontrez-vous souvent des problèmes de ce genre ?

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Comme mon partenaire d’improvisation a l’air d’être particulièrement observateur, il remarque très vite que je ne suis pas en état d’aller plus loin et il accepte sans façon que je reste à cette place. Mon soulagement est encore plus grand et je le remercie à nouveau avec un sourire sincère qui redonne quelques couleurs à mes joues. Dans mon malheur, j’ai vraiment eu de la chance… Puisque je suis là pour un petit moment maintenant, je m’installe aussi confortablement que je peux. J’ai toujours un livre dans mon sac pour les trajets en bus ou en train mais ce n’est même pas la peine d’y songer pour l’instant. Après ce qui vient de m’arriver, je vais être incapable de me concentrer sur ce que je lirai. Du coup, je préfère observer autour de moi et mes yeux reviennent régulièrement sur mon sauveur qui, pour sa part, écrit dans un petit carnet. A vrai dire, je meurs d’envie de discuter avec lui mais je n’ose pas. Même s’il joue bien la comédie, je le devine plutôt réserver. C’est dommage, j’ai vraiment besoin d’une interaction positive avec quelqu’un sinon cet épisode va me hanter toute la soirée... Et une fois de plus, le ciel m’entend.

D’un coup, l’homme aux cheveux bruns referme son carnet, se tourne légèrement vers moi en croisant les jambes dans une posture pleine d’élégance et me demande si ce genre de mésaventures m’arrivent souvent. Je reste un petit moment surprise qu’il veuille engager la conversation avec moi mais je ne me fais pas prier bien longtemps pour bondir sur l’occasion. Parler avec des gens, c’est pile ce qu’il me faut pour aller mieux au plus vite !

« Ici ça va encore mais, à Tokyo, c’était très fréquent ! Si je ne prenais pas des lignes non mixtes aux heures de pointe, j’étais sûre d’avoir ce genre de problèmes. Je suppose que c’est le fétichisme des japonais qui joue. En moyenne, les hybrides subissent 25% à 30% plus d’agressions sexuelles que les humaines. »

Je me force à m’interrompre. Je suis encore sur le point de raconter ma vie, il faut que je fasse attention. Il n’empêche que je suis persuadée que ces statistiques officielles sont en dessous de la réalité parce qu’il y a encore très peu d’études sur le sujet. Mais ceci dit, je ne sais pas si des mesures peuvent vraiment être prises. Ce serait bien pourtant. Ce n’est pas normal que je doive réfléchir à si je mets une jupe ou non le matin parce qu’il y a des chances que je tombe sur un malade qui y verra une invitation à me peloter ! En attendant, je n’ai pas très envie de penser à ça et j’ajoute avec une sourire :

« Par contre, je n’ai pas toujours la chance de tomber sur quelqu’un d’aussi réactif que vous pour m’aider. Je sais que ça parait bizarre mais quand j’y repense, c’était presque amusant. »

Et puis, parce que je ne peux pas réfréner plus longtemps ma curiosité naturelle, je ne peux pas m’empêcher d’ajouter :

« Vous êtes russe, c’est ça ? je n’ai pas fait exprès mais j’ai vu par inadvertance une page de votre carnet et il m’a semblé que c’était l’alphabet russe. Mais ne vous inquiétez pas, je ne sais absolument pas le lire et j’ai détourné les yeux tout de suite. »

J’espère qu’il ne sera pas fâché, je n’ai vraiment pas fait exprès. C’est drôle, je m’imaginais que tous les russes étaient des grands types costauds et blonds avec des chapkas. Comme quoi… Mais attention ! Je ne dis pas qu’il est décevant, alors là non ! Au contraire, ses traits fins et racés, ses longs cheveux noirs et sa mise soignée le rendent très séduisant. J’ai toujours trouvé virils les hommes qui prennent soin de leur apparence. Et puis en plus, je suis bien placée pour savoir que c’est un type bien. Je suis bien contente qu’il vienne contredire mes idées reçues sur les enfants de la Mère Patrie…

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Comme mon partenaire d’improvisation a l’air d’être particulièrement observateur, il remarque très vite que je ne suis pas en état d’aller plus loin et il accepte sans façon que je reste à cette place. Mon soulagement est encore plus grand et je le remercie à nouveau avec un sourire sincère qui redonne quelques couleurs à mes joues. Dans mon malheur, j’ai vraiment eu de la chance… Puisque je suis là pour un petit moment maintenant, je m’installe aussi confortablement que je peux. J’ai toujours un livre dans mon sac pour les trajets en bus ou en train mais ce n’est même pas la peine d’y songer pour l’instant. Après ce qui vient de m’arriver, je vais être incapable de me concentrer sur ce que je lirai. Du coup, je préfère observer autour de moi et mes yeux reviennent régulièrement sur mon sauveur qui, pour sa part, écrit dans un petit carnet. A vrai dire, je meurs d’envie de discuter avec lui mais je n’ose pas. Même s’il joue bien la comédie, je le devine plutôt réserver. C’est dommage, j’ai vraiment besoin d’une interaction positive avec quelqu’un sinon cet épisode va me hanter toute la soirée... Et une fois de plus, le ciel m’entend.

D’un coup, l’homme aux cheveux bruns referme son carnet, se tourne légèrement vers moi en croisant les jambes dans une posture pleine d’élégance et me demande si ce genre de mésaventures m’arrivent souvent. Je reste un petit moment surprise qu’il veuille engager la conversation avec moi mais je ne me fais pas prier bien longtemps pour bondir sur l’occasion. Parler avec des gens, c’est pile ce qu’il me faut pour aller mieux au plus vite !

« Ici ça va encore mais, à Tokyo, c’était très fréquent ! Si je ne prenais pas des lignes non mixtes aux heures de pointe, j’étais sûre d’avoir ce genre de problèmes. Je suppose que c’est le fétichisme des japonais qui joue. En moyenne, les hybrides subissent 25% à 30% plus d’agressions sexuelles que les humaines. »

Je me force à m’interrompre. Je suis encore sur le point de raconter ma vie, il faut que je fasse attention. Il n’empêche que je suis persuadée que ces statistiques officielles sont en dessous de la réalité parce qu’il y a encore très peu d’études sur le sujet. Mais ceci dit, je ne sais pas si des mesures peuvent vraiment être prises. Ce serait bien pourtant. Ce n’est pas normal que je doive réfléchir à si je mets une jupe ou non le matin parce qu’il y a des chances que je tombe sur un malade qui y verra une invitation à me peloter ! En attendant, je n’ai pas très envie de penser à ça et j’ajoute avec une sourire :

« Par contre, je n’ai pas toujours la chance de tomber sur quelqu’un d’aussi réactif que vous pour m’aider. Je sais que ça parait bizarre mais quand j’y repense, c’était presque amusant. »

Et puis, parce que je ne peux pas réfréner plus longtemps ma curiosité naturelle, je ne peux pas m’empêcher d’ajouter :

« Vous êtes russe, c’est ça ? je n’ai pas fait exprès mais j’ai vu par inadvertance une page de votre carnet et il m’a semblé que c’était l’alphabet russe. Mais ne vous inquiétez pas, je ne sais absolument pas le lire et j’ai détourné les yeux tout de suite. »

J’espère qu’il ne sera pas fâché, je n’ai vraiment pas fait exprès. C’est drôle, je m’imaginais que tous les russes étaient des grands types costauds et blonds avec des chapkas. Comme quoi… Mais attention ! Je ne dis pas qu’il est décevant, alors là non ! Au contraire, ses traits fins et racés, ses longs cheveux noirs et sa mise soignée le rendent très séduisant. J’ai toujours trouvé virils les hommes qui prennent soin de leur apparence. Et puis en plus, je suis bien placée pour savoir que c’est un type bien. Je suis bien contente qu’il vienne contredire mes idées reçues sur les enfants de la Mère Patrie…

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La petite neko se remettait encore difficilement de ses émotions. Rien d'anormal : la pauvre s'imaginait déjà le pire quand elle trouva son sauveur providentiel. Toute la pression liée à la peur retombait sur ses dernières forces. Aussi, lui parler détournerait son esprit et la remettrait sur pied.

En quelques mots, elle dressa un portrait édifiant des conditions de vie des hybrides. Les hommes eux-même s'entre-déchiraient, se blessaient, se battaient. Mais cela ne leur suffisait pas, ils devaient exercer leur domination sur tout ce qui était différent. Souvent, les hybrides n'atteignaient qu'un statut de bâtard, entre l'être humain et l'animal. Aussi, la statistique avancée par la rescapée du bus sonnait malheureusement vraie. Encore des comportements de domination et d'irrespect des volontés individuelles qui écœuraient le jeune homme au plus haut point, réveillant en lui le désir de faire justice lui-même, les autorités officielles étant impuissantes à intervenir sur des délits si épars.  

La jeune fille modifia volontairement son sujet, souhaitant logiquement écarter au plus vite ce tragique souvenir de sa mémoire. Elle félicitait même son complice d'un instant pour son intervention aussi efficace qu'inattendue. Si elle savait... Il employait régulièrement une métaphore lui convenant tout à fait : avoir plusieurs cordes à son arc. Et tout comme de vraies flèches, ses "cordes" n'amenaient à rien d'autre qu'une inéluctable tragédie. Il préférait mille fois être le pire menteur de la terre que d'être un bon comédien. Au moins exploitait-il à présent ses compétences pour des motifs plus louables...

- Il m'aurait été difficile de ne pas donner correctement la réplique à une aussi bonne partenaire...", lui répondit-il, flatteur dans les mots, doux dans l'intonation.

Il ne lui reprocha pas sa curiosité. Elle était naturelle, irrésistible. N'importe quel personne normale aurait jeté un regard latéral vers son voisin, avec plus ou moins de discrétion. Le contraire aurait immédiatement alerté Alexis. Une personne suspecte se trahit toujours en contrant la nature. Certes, le slave se risquait à écrire des données confidentielles en public. Quelle malchance s'il tombait justement sur une personne parlant sa langue natale, surtout que la proportion de Russophone s'élevait peu au Japon.

- Vous êtes tombée juste. Le cyrillique est la base alphabétique de nombreuses langues slaves. Mais je suis bel et bien russe.


Outre l'écriture, l'accent trahissait les froideurs de l'Oural. Bien qu'il maîtrisait à présent le japonais, presque bilingue, il se remémorait les difficiles apprentissages auprès de son Sensei de Kyudo. Le plus complexe fut l'assimilation de la prononciation du R, très spéciale en langue nippone.

- Puisque nous faisons connaissance, votre grand-frère tient à se présenter à sa petite sœur. Je m'appelle Alexis Dolohov.

Il ne lui tendit pas la main ; les politesses japonaise et russe n'entendaient pas cette familiarité.
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L’homme à côté de moi est plutôt doué pour écouter. Lorsque je lui parle, je sens qu’il prête une grande attention à ce que je dis, et qu’il me prend au sérieux. J’avais peur de l’embêter, mais on dirait même qu’il se sent concerné par ce que je dis. Ce n’est pas tout les jours. La plupart des garçons font semblant de s’y intéresser avant de lancer leur plan drague. Mais ce n’est pas pour autant qu’il reste focalisé sur le sujet. Dès que je le félicite pour ses talents d’acteurs, ses traits s’adoucissent et il me retourne le compliment avec beaucoup de galanterie. Évidemment, c’est plus fort que moi : je rougis. Mais comment voulez-vous que je fasse autrement ? Ce n’est pas tous les jours qu’un beau jeune homme souverain d’élégance et pourvu d’un accent très sexy qui vient de me sauver d’un duo de pervers se montre aussi aimable avec moi. On dirait un scénario de shojo. Mais ce n’est pas pour autant que je vais me laisser déstabiliser comme une midinette. Depuis le temps, j’ai développé une technique infaillible pour bien réagir face à un compliment. Reprenant contenance, je lui adresse donc un sourire radieux et lui répond sur le même ton :

« Merci. Vous êtes vraiment très gentil… »

Ça ne sert pas à grand-chose de bafouiller ou de démentir quand on vous fait une flatterie. Ça ne fait plaisir à personne et ça décrédibilise. Alors que remercier, ça change tout. Ça fait chaud au cœur. Quand j’y pense, je n’aurais pas cru que je me sentirais aussi bien alors que j’ai bien failli me faire agresser sexuellement il y a moins de cinq minutes. Ma foi, je suis de plus en plus convaincue que j’ai gagné au change. Mon vis-à-vis est des plus courtois et ne s’offusque pas le moins du monde que j’ai regardé son carnet par inadvertance. Il confirme même mon hypothèse. Chouette ! J’avais vu juste !

« J’ai bien deviné, c’est vrai ? Pourtant, je n’en aurais pas juré car même si vous avez un petit accent, vous parlez presque parfaitement. Votre japonais est très beau. Vous devez habiter ici depuis longtemps. »

[justify]Enfin, c’est l’impression qu’il donne. Il paraît tellement à l’aise, tellement assuré. Il ne ressemble pas aux touristes qui viennent d’arriver, qui cherche leurs mots et qui sont intimidés de s’adresser aux vrais japonais. Ça lui donne beaucoup de prestance. Il faut que je fasse attention ou je vais tomber sous son charme sans même m’en apercevoir ! Lorsqu’il se présente, je réponds aussitôt avec enthousiasme et une légère courbette :

« Oh ! Enchantée, enchantée, Alexis-san ! Je suis Kisa Kasuga. Ravie de vous avoir rencontré ! »

Alexis, c’est un joli nom. Je ne peux plus douter qu’il est russe, maintenant. Ça attise encore plus ma curiosité ! C’est la première fois que je rencontre un étranger pour de vrai ! Enfin non, il y avait bien cet élève anglais dans ma classe à la fin du collège mais c’est tout. Je ne lui ai jamais vraiment parlé, il avait l’air mou et apathique. Là, j’ai envie d’en savoir plus, beaucoup plus sur mon héros du jour, tellement aimable et séduisant !

« À quel arrêt descendez-vous, si ce n’est pas indiscret ? Je n’ai pas souvent l’occasion de parler aux autres passagers du bus. »

Pourvu que ce soit dans longtemps. Et pourvu que les embouteillages ne finissent pas tout de suite...

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La Neko le remerciait et lui adressa même un compliment auquel Alexis ne s'habituerait pas de sitôt. "Vous êtes gentil". L'était-il ? Certes, il était venu à l'aide de cette jeune fille car il ne supportait pas qu'on inflige quoique ce soit aux gens sans leur consentement. Comme des attouchements. Etait-il gentil pour autant ? Il se demandait quel homme aurait-il été s'il n'avait pas connu son existence tragique. Il ne pouvait pas vraiment l'envisager, même en se basant sur sa personnalité d'avant descente aux enfers. Il n'était qu'un petit garçon, dont l'individualité ne s'affirmait pas encore.
Les mots de la neko résonnait encore dans sa tête. Peut-être qu'il l'était, en fin de compte. Sinon, pourquoi serait-il intervenu ? Et pourquoi sentirait-il une émotion le remuer tandis qu'elle exprimait sa reconnaissance. Loin de toute influence négative, il changeait progressivement. Il prenait même du plaisir à échanger, sans pour autant jouer les bavards.

- J'habite au Japon depuis un moment déjà, il est vrai. Mais par le passé, j'ai souvent voyagé sur l'archipel et j'ai appris la langue auprès des autochtones. Je le parlais déjà correctement quand je suis venu m'installer ici.

Il enchaîna directement, profitant son élan pour continuer sa conversation. S'il s'arrêtait en si bon chemin, risquait-il de replonger dans le silence.

- Enchanté de vous connaître, Kasuga-san.", répliqua-t-il en employant des formes de politesse très prononcée, voire même ampoulées. Alexis ne maîtrisait pas encore tout en langue japonaise, dont la familiarité.

- Ce n'est pas indiscret. Je descends au Complexe Hinata. Je réside là-bas. Et vous-même ? Je ne vous crois pas touriste. A moins que vous soyez une touriste adepte du bus. Cependant, les touristes de votre âge se promènent rarement seuls. Ils viennent avec de la famille ou des amis. Selon moi, vous êtes du coin.

Il recourba ses lèvres sur leurs extrémités, éclairant ainsi son visage d'un sourire discret.

- Je ne prends jamais les transports en commun. Je doute que nous nous revoyons dans ce cadre. Aussi je ne saurais juger des temps de déplacement, du monde qui fréquente les lignes, ou du comportement adopté par les voyageurs. D'où mon étonnement des deux malotrus de tantôt. Si nous devions descendre plus tôt que vous ne le souhaitez, que se passerait-il ?
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Je ne sais pas pourquoi, mais on dirait que mon compliment le fait réfléchir. Il a l’air de l’apprécier bien sûr, mais j’ai comme l’impression que ça le touche plus profondément qu’il ne veut bien le montrer. À vrai dire, je ne sais pas comment je peux extrapoler un truc pareil vu que son visage reste impénétrablement avenant, avec son léger sourire. C’est comme s’il portait un masque très agréable à l’œil mais que, pendant un bref instant, j’avais pu voir un éclat plus profond dans son regard derrière cette amabilité… J’ai l’impression de délirer légèrement. Mieux vaut se concentrer sur ses paroles. Alors comme ça, c’est un grand voyageur ? Génial !

« Oh, mais surtout ne perdez pas votre accent ! Il vous va très bien. Et ce n’est pas tous les jours que l’on a le plaisir d’être dépaysé par une conversation. Vous aimez voyager ? Vous avez déjà été ailleurs qu’au Japon ? »

Quelque chose me dit que oui, une foi encore. Sans doute le fait qu’il soit très à l’écoute. Les personnes qui ont eu l’occasion de voyager et de passer du temps dans des pays différents sont en général plus ouverts et plus curieux des autres. Et impossible de douter que ce soit le cas d’Alexis, s’il a fait l’effort d’apprendre le japonais pour mieux apprécier son séjour ! En fait, il est peut-être encore plus attentif et plus vif d’esprit que je ne le croyais car, après m’avoir dit qu’il loge au Complexe Hinata (mes oreilles se redressent soudainement : il doit être riche…), il se lance tout à coup dans une supposition à mon égard en réponse à ma question. Supposition qui s’avère tout à fait exacte ! Bon, avec un peu de logique, ce n’était pas compliqué mais je suis sûre que tout le monde n’y aurait pas pensé. Après avoir ouvert les yeux de surprise, je me mets à rire :

« Vous êtes détective ? Effectivement, j’habite dans la basse ville. Je fais mes études au complexe scolaire et je travaille en ville certains soirs. Je descends à l’arrêt Nenima. »

C’est suffisant comme information pour une première discussion. Pas que je me méfie de lui, mais il faut quand même rester prudent avec les gens qu’on vient juste de rencontrer. Mais bon, c’est un peu tard. Je sens déjà que je commence à l’apprécier. Au point que lorsqu’il m’annonce qu’il n’est pas du tout un habitué des transports en commun, je ne peux pas m’empêcher de me sentir déçue :

« Ah, alors c’est un vrai coup de chance qu’on se soit croisés aujourd’hui… »

Mes oreilles retombent légèrement même si je m’efforce de ne pas trop en faire. C’est dommage, j’appréciais vraiment cette discussion. J’ai même réussi à complètement oublier ma désagréable mésaventure de tout à l’heure. Ce serait bien qu’on puisse continuer à parler encore un peu, comme ça je pourrais me coucher complètement satisfaite ce soir en me disant « Aujourd’hui j’ai fait une excellente rencontre dans des circonstances vraiment bizarre ! » sans que ça reste de l’ordre de l’anecdote. Et justement, Alexis me tend discrètement une perche. Je le regarde avec étonnement. Cela sonne presque comme une invitation… Une part de moi voudrait accepter sans réserve mais je ne crois pas que je me sens de taille à inviter chez moi un parfait inconnu, ça me mettrait mal à l’aise et je perdrais tout le bénéfice de la conversation. Comment faire, dans ce cas ? La solution émerge après quelques secondes de réflexion et un sourire malicieux étire mes lèvres, comme lorsque j’ai réussi à résoudre un problème complexe en maths :

« Je serais bien embêtée parce que j’aurais encore envie de vous parler un peu alors qu’on m’a toujours appris à ne pas me fier trop vite aux inconnus. Du coup, je pense que je botterai en touche et que je vous demanderai d’une part si vous avez déjà mangé, et d’autre part si cela vous dirait de dîner dans une petite baraque à nouilles près de mon arrêt de bus qui fait des tonkotsu râmens succulents. Est-ce que ça vous convient comme réponse ? »

J’avais prévu de me faire du riz, mais je ne dis jamais non à un bon râmen. Surtout en bonne compagnie.

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- Oui, j'ai beaucoup voyagé, en effet.

Derrière le sourire se cachait une vérité plus terrifiante. Alexis ne comptait plus les voyages qu'il avait effectué à l'étranger ; les avions, les trains, les bateaux qu'il avait empruntés. Si seulement il se rendait là-bas pour du tourisme... Jamais il ne dirait cette vérité et prétendit l'inverse sans qu'on puisse soupçonner son mensonge.

- J'ai parcouru de nombreux pays, en effet. De belles contrées. L'Europe, l'Amérique...


Dont il ne savait pratiquement rien de tourisque. Pas de photographies.Pas de souvenirs achetés. Pas de visites mémorables. Des soirées mondaines, de l'espionnage, de l'infiltration. L'arrêt d'une vie. Le tout manquait clairement d'enthousiasme et de découverte des cultures étrangères. Pourtant, son intonation ne trahissait rien de la vérité, il décrirait de son mieux ses voyages si elle lui demandait de témoigner plus précisement. Cependant, il détourna son attention en reportant le but de la conversation sur elle. Cette stratégie porta efficacement ses fruits. Comme souvent, il avait raison dans son jugement. La jeune fille était une résidente de l'île. Une étudiante (lycéee ou faculté ?). Alexis chercha un affichage de trajet des bus, se renseignant sur le temps qu'ils allaient encore passer ensemble.

Il s'étonnait de voir la jeune neko s'attacher à sa présence. Elle se montrait à la fois prudente et désireuse de prolonger leur rencontre. Certes, il l'avait tirée d'un bien mauvais pas. Pour autant, elle ne savait rien de lui. Pouvait-elle s'assurer qu'elle était en sécurité avec lui ? Etait-il vraiment un homme serviable ou cachait-il un satyre qui lui sauterait dessus dans une ruelle sombre ? Elle ne pourrait le jurer ; parfois les visages les plus angéliques cachaient les pires monstres.
Heureusement plus alerte qu'il ne le pensait, elle exposa sa réserve sur la suite des évènements. Continuer la conversation hors du bus, certes. Mais dans un endroit public. Alexis ressentit une sorte de soulagement à ce bon sens. Il lui adressa un léger sourire, signe qu'il acceptait sa proposition.

- Je n'ai pas eu l'occasion de découvrir encore cette île pleinement. Le faire en compagnie d'une personne qui la fréquente depuis plus longtemps que moi est toujours très instructif. Il y a deux façons de voyager : visiter les lieux communs ou approfondir avec les gens du coin. Je n'ai jamais opté pour la seconde. Quelle erreur... Je n'ai jamais goûté de tonkotsu râmens auparavant !


Oui, il avait envie de se laisser embarquer dans une rencontre tout à fait impromptue, que le destin le mène vers une destination inconnue. Parler à des personnes, sincères, aussi enjouées, qui redonnent foi en l'humanité.
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Lorsqu’il mentionne rapidement ses différents voyages, le regard d’Alexis devient légèrement lointain. J’imagine que c’est sous l’effet des souvenirs. Quelle chance il a… Je me sens dépaysée rien que d’imaginer tout ce qu’il a pu voir.

« Ouah, un vrai globe-trotter ! C’est pour votre plaisir ou pour votre travail ? »

C’est vrai que tout le monde n’a pas les moyens de parcourir autant le monde. La plupart des gens que je connais s’estiment heureux s’ils ont l’occasion d’aller une ou deux fois à l’étranger. Moi qui n’ai encore jamais posé le pied en dehors de l’archipel japonais, j’admire et j’envie toujours ces personnes qui ne sont jamais rassasiées d’horizons nouveaux et qui partent à l’aventure dès qu’ils en ont l’occasion. Je trouve que ce sont toujours des gens fascinants, qui dégagent une aura particulière en plus d’être passionnants sur des tas de sujets. Myaaaah, il faut absolument que je voyage moi aussi quand je serai riche. Peu importe à quel point je travaillerai dur, je trouverai toujours le temps de partir en excursion dans un pays différent chaque année ! C’est décidé ! Mais en attendant, j’aimerais beaucoup questionner un peu plus Alexis sur tout ce qu’il a pu voir en Europe et en Amérique. Et heureusement pour moi, il accepte ma proposition en m’annonçant qu’il n’a jamais goûté de tonkotsu râmens ! Sugoï !

« Dans ce cas, il faut absolument remédier à celle lacune ! Et justement, c’est le prochain arrêt ! »

Aussitôt, j’appuie sur le bouton d’appel et je quitte ma place pour aller près de la porte, vérifiant avec enthousiasme que le jeune homme me suive. C’est vraiment une occasion rêvée ! Je sais que beaucoup me diraient que je suis carrément imprudente mais tant pis. Après tout, je suis libre de prendre les risques que je veux et en l’occurrence, je pense que cette entrevue sera des plus enrichissantes. Il faut parfois sauter sur les occasions de faire quelque chose d’inhabituel, c’est comme ça qu’on se fabrique des souvenirs plus colorés que les autres.


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Une fois sortis du bus, j’ignore la fraîcheur du soir qui tombe pour l’entraîner dans les petites rues du quartier que je connais bien. Et bientôt, nous arrivons devant la buvette à nouilles de Monsieur Okuma, dont la réputation n’est plus à faire dans tous les immeubles à la ronde. Heureusement pour nous ce soir, il est encore suffisamment tôt pour qu’il n’y ait pas trop de monde et nous pouvons nous installer confortablement sans attendre. Pour ma part, je commande un bol spécial chāshū avec des œufs et des narutomaki. Pas très équilibré, mais nourrissant, et j’en ai bien besoin ! J’attends qu’Alexis ait également commandé et que nous soyons tous les deux servis pour frapper des mains avec joie :

« Itadakimasu ! »

Puis je m’empare de la cuillère en céramique pour goûter le bouillon en premier. Myaaaah, un vrai délice… l’épaisseur du bouillon est si agréable et le goût parfaitement équilibré, il n’y a rien à changer. Okuma-san est vraiment le roi du râmen ! Tout en grappillant quelques nouilles du bout des baguettes, je ne peux pas résister plus longtemps à la tentation de questionner mon vis-à-vis :

« Vous voulez bien me parler un peu de vos voyages ? Je n’ai encore jamais eu l’occasion de quitter le Japon mais j’adorerais le faire une fois que j’aurai terminé mes études. J’aimerais beaucoup partir visiter la Norvège… »

Je me passionne pour ce pays depuis quelques temps. Je ne sais pas pourquoi il m’apparaît comme fascinant. Ses fjords, ses montages acérées qui plongent presque aussitôt dans la mer, ses ports et ses maisons colorés… Chaque fois que je vais à la bibliothèque, je me jette sur les ouvrages photos qui en parlent. Avec un peu de chance, peut-être qu’Alexis pourra m’en parler ? Mais bon, je ne suis pas pressée et je veille à lui laisser le temps de savourer son repas. C’est la première fois qu’il goûte un tel plat, il faut qu’il apprécie. Je ne peux d’ailleurs pas m’empêcher de guetter ses réactions du regard :

« Vous aimez ? »

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Les deux jeunes gens laissèrent derrière eux le bus, qui s'éloigna quelques secondes plus tard, au coin de la première rue. La jeune neko jouait les guides et entraîna l'humain dans les rues si typiques des quartiers résidentiels japonais. Petites maisonnettes écrasées les unes sur les autres  ; fils électriques en hauteur ; ruelles droites où passent régulièrement des habitants en vélo... Alexis appréciait beaucoup cette ambiance calme ; ses yeux se promenaient sur chaque façade, imprimant sur ses pupilles la simple beauté de la culture japonaise.

Quelques minutes plus tard, en plein cœur du quartier, Kisa s'immobilisa devant une buvette à nouilles, dont l'intérieur était à moitié voilé par des tentures bleues couvertes d'écritures. L'un après l'autre, ils écartèrent le tissu pour prendre place au comptoir, appréciant de trouver immédiatement une place. L'hybride était une habituée des lieux, sans aucun doute, et savait quelle heure privilégier pour ne pas avoir à attendre péniblement à l'extérieur. En effet, les restaurants au Japon sont certes nombreux, mais les places rares. Autrement dit, lorsqu'un petit établissement se crée sa renommée, il voit la queue devant sa porte s'allonger...

La petite chatte détermina rapidement son plat ; le russe prit sa commande avec plus de réflexion. Il jeta son dévolu sur un karanegi (râmen à la ciboulette pimentée) et réclama le minimum de gras. En effet, s'il se permettait des libertés dans de nombreux domaines, depuis qu'il n'appartenait plus à la pègre, il surveillait toujours son alimentation digne de gourmet de goulag. Faire des excès restait exceptionnel et contrôlé.
Pour autant, il apprécia chaque bouchée de cette soupe complexe, savourant aussi bien le bouillon chaud que les nouilles qu'il amenait à ses lèvres avec distinction, sans se tacher, sans en échapper une seule. Alexis possédait des doigts en or quand il manipulait des baguettes ; agilité gagnée à force d'acharnement au tir à l'arc.

Pendant sa dégustation, Kisa parlait. Cette jeune fille était avide d'aventure - au sens voyageur du terme - et s'enthousiasmait de savoir que le jeune russe avait battu des pavés dans le monde entier. Hélas, elle ignorait les circonstances exactes ; elle ne le saurait jamais. Les quelques monuments qu'il connaissait, il les voyait sur des livres de photographie, pour parfaire une couverture. Mais il n'en avait guère visité. Obligé de mentir, il sortirait des banalités crédibles, visant à illusionner son interlocuteur. Heureusement, la destination choisie par la demoiselle ne l’amènerait pas à dissimuler. Il n'avait jamais mis les pieds en Norvège.

- C'est un pays, paraît-il, magnifique. Le climat ne devrait pas trop me dépayser de la Russie. Je vous souhaite de pouvoir le visiter un jour. Au fait, oui, en effet, ce râmen est excellent. Je vous remercie de m'avoir fait découvrir ce restaurant. Vos études ne vous permettent-elles pas de voyager ? Avez-vous déjà songé au programme Erasmus ?

Encore une connaissance acquise par une couverture, lors de ses premières missions. En France, si sa mémoire était bonne. En tout cas, excellente diversion pour la faire parler et éviter qu'il ne parle, lui.


Spoiler:
 

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Tout en grappillant quelques narutomakis (j’adore les manger en premier), j’écoute toujours Alexis avec attention. Je comprends vite qu’il n’a sans doute jamais visité la Norvège malgré ses nombreux voyages car il ne me donne pas de détails dessus. Dommage, ça aurait été amusant qu’il puisse me raconter des anecdotes de séjour… tant pis, je n’aurais qu’à noter les miennes lorsque j’irai là-bas. Sans compter que j’ai déjà des petites idées pour organiser ce voyage :

« Merci beaucoup ! Et ne vous en faites pas, ça sera le cas. Peut-être en faisant jeune fille au pair, c’est toujours formateur de passer quelques années à l’étranger quand on est jeune. Et puis, une fois que je travaillerai pour de bon, je n’en aurai plus autant l’occasion alors il faut que j’en profite. »

Même si j’ai bien l’intention de monter mon entreprise et de faire fortune au plus vite, je ne perds pas pour autant de vue qu’il n’y a pas que le travail dans la vie. C’est important de se consacrer aussi aux projets qui nous tiennent à cœur et pas uniquement à son salaire. En ça, je suis très différente de Papa et j’en suis bien contente. Après tout, ce ne seront pas les heures sup’ que j’aurais accumulées derrière un bureau qui me feront chaud au cœur lorsque je ferai le point sur ce que j’ai accompli pendant mes jeunes années. Lorsque ce sera le cas, j’espère que je me souviendrai encore de cette soirée étrange où j’aurais mangé des râmens avec un parfait inconnu rencontré dans le bus dans des circonstances pas banales. Surtout qu’il a l’air de vraiment apprécier son plat. Chouette, j’aurais pu lui rendre la pareille pour son aide de toute à l’heure !

« N’est-ce pas ? Ils utilisent des ingrédients de premier choix et leurs bouillons sont toujours parfaitement équilibrés. Comme je n’habite pas loin, j’en profite souvent. Et ça me donne aussi de petites idées pour cuisiner ! »

Oh, je suis loin d’être une experte, bien entendu. Mais j’aime m’inspirer des saveurs qui m’ont plu pour me préparer de bons petits plats et bentôs, à la maison. Je pense que c’est important de prendre la peine de cuisiner pour soi même quand on vit seule. Ça fait partie des récompenses d’une longue journée. Nous continuons de discuter tranquillement tout en mangeant. Alexis a des mains très élégantes, aux longs doigts habiles et aux ongles bien taillés. Il en prend soin, ça se voit. Dans ma tête, je lui accorde des bons points. Je sais que l’apparence ne fait pas tout, mais les gens qui font attention à eux sans que ça ne soit artificiel me font toujours bonne impression. Un peu distraite en y songeant, je marque un temps d’arrêt lorsque je l’entends évoquer la possibilité d’étudier en dehors du Japon. De surprise, les nouilles que je tenais au bout de mes baguettes retombent dans mon bol et je le regarde avec de grands yeux, sous le coup de la révélation. Mais… mais… c’est évident !

« Myaaaah, je n’y avais jamais pensé ! C’est vrai qu’après le lycée, je pourrai aller faire mes études à l’étranger… Merci beaucoup pour cette suggestion, Alexis-san ! J’en parlerai au conseiller d’orientation pour avoir plus d’informations.  »

Je note aussitôt dans un coin de ma tête de prendre rendez-vous rapidement. Il ne devrait pas être trop occupé en début d’année, et en général il aime bien les élèves qui se préoccupent tôt de leur avenir. Je souris en reprenant une bouchée, toute contente. Quelle excellente idée ! J’ai vraiment bien fait de l’inviter à manger. Dans l’idéal, j’aimerais bien garder contact avec lui… Comment faire ? Où a-t-il dit qu’il habitait, déjà ? Ah oui :

« Vous résidez depuis longtemps au Complexe Hinata ? J’en ai entendu parler mais je n’y ai jamais mis les pieds. Il parait que c’est un vrai paradis pour les touristes et qu’il y a plein d’activités différentes. »

Et il parait aussi que les habitants de la ville peuvent y accéder en achetant un pass ou quelque chose comme ça. Si ça se trouve, ce serait aussi l’occasion d’aller tester les services proposés, et étudier un peu les recettes du succès…

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Local Hero, Deuxième partie
Alexis avait toujours juste avec sa suggestion. Les jeunes à peine sortis de l'adolescence ignoraient tout des possibilités qui existaient autour d'eux. Le jeune homme se demandait s'il aurait opté  pour le mode globe-trotteur, étudiant à l'étranger, ou s'il serait resté attaché à la mère Russie. Il chassa toute tentative de réflexion sur un passé alternatif. Revenir sur le passé ne servait à rien qu'à perdre de l'énergie ; on ne pouvait modifier ce qui était derrière soi. Le futur et le présent seul comptait. Le présent, en compagnie de Kisa.

L'hybride était très agréable animée d'une formidable énergie et d'un optimiste éclatant. Le genre de personne qui avait une influence positive sur le slave et qu'il cherchait à fréquenter pour laver sa noirceur intérieure. Elle respirait la jeunesse, vivace comme un chat. Elle ne laissait pas les gens indifférents. Une qualité tendant au défaut, pour son malheur, comme en témoignait le comportement intolérable des deux pervers du bus. Alexis, porté sur les relations charnelles, se contentait d'apprécier Kisa avec respect. Il ne montrait aucun geste déplacé, aucune parole ne glisserait entre ses lèvres pour choquer ou incommoder la demoiselle. Même ses pensées restaient sous contrôle ; il était capable de cette prouesse dont peu de mâles pouvaient se vanter.  

- Dire que les voyages forment la jeunesse risque de me faire passer pour un vieux barbon. Pourtant cette expression est on ne peut plus vraie. Si la cuisine de ce restaurant vous inspire, je suis persuadé que la gastronomie gaijin saura vous ouvrir de nouvelles perspectives.

Il avait franchi tellement de frontières, vu tellement de pays sans en apprécier la culture, la population. Quant à la nourriture, il n'en profitait guère la veille d'un assassinat. Elle lui restait sur l'estomac. Il enviait donc Kisa et sa volonté de découverte.
Tandis qu'il termina sa phrase, ses baguettes touchèrent le fond du bol. Surpris, il baissa les yeux et constata qu'il avait déjà fini son plat. Jamais il ne mangeait autant et si vite. A regret, il déposa ses couverts en bois sur leur reposoir et croisa les bras sur la table.

- Je suis content d'avoir pu vous aider. Puissiez-vous réussir dans vos projets. Je n'ose vous demander de me tenir au courant de l'avancée de vos recherches et d'envisager de correspondre ensemble...

Au moins pourrait-il vivre des aventures estudiantines par procuration. Son nouveau métier l'obligeait à demeurer aux côtés de Kyo, il ne bougerait pas de sitôt du complexe. Cela ne lui posait aucun problème pour autant. Il avait suffisamment pris l'avion par ailleurs... Un peu de stabilité lui ferait le plus grand bien.

- En tout cas, le complexe est un endroit de rêve. Tout contribue à mettre les clients à l'aise. Mon maître...

Il se mordit brutalement la lèvre supérieure. Qu'il était difficile de se débarrasser des mauvaises habitudes !

- Mon patron, Kazeyama-dono...

Deuxième gaffe. Pour un étranger, Alexis avait vite assimilé le japonais au point de se confirmer plus que nécessaire à l’Étiquette. L'usage du dono, bien que désuet, lui avait été inculqué par son Sensei de Kyodojutsu, un vieil homme de mèche avec Irina et campé sur les traditions. Obligeant le garçon à apprendre le japonais sur le tas, sans possibilité de s'exprimer en anglais (que le Sensei maîtrisait pourtant), il avait enseigné un dialecte passéiste aux marques de respect ampoulée.
Aussi, Alexis améliorait tous les jours son parler nippon mais conservait un registre soutenu tout autant qu'il ne parvenait à se débarrasser des "r" roulés typiquement russes.

- Kazeyama-sama fait en sorte de plaire à tous les touristes. Il met tous les moyens en oeuvre à cet effet. Depuis les équipements sportifs aux loisirs. Chambres confortables, services personnalisés. Et employés dévoués. Si vous le souhaitez, je peux vous procurer un pass pour entrer.

Une autre solution aurait été de l'y accompagner gratuitement. Alexis n'était-il pas le garde du corps de Kyo ? N’amènerait-il pas forcément une personne de confiance ? Quel mal aurait-il à faire découvrir ce lieu enchanteur qui avait transfiguré sa vie ?
Pourtant une petite voix résonnait au fond de son cerveau, très commerciale. La voix d'Akemi. Qui disait "Bé-né-fi-ces". Pour faire plaisir aux deux parties, autant que ce soit au slave de payer l'entrée du Paradis.

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Je ris lorsque j’entends Alexis se moquer discrètement de lui-même. Un vieux barbon, lui ? Dans ce cas, je suis une inu ! Brrr, heureusement que ce n’est pas le cas, d’ailleurs. Ce n’est pas très gentil, mais j’ai toujours un peu de mal avec les hybrides de chien et il faut que je fasse un gros effort sur moi-même à chaque fois pour outrepasser mes préjugés. Enfin, ce n’est pas ce dont il est question ici. Mon vis-à-vis n’est absolument pas un vieux radoteur qui s’exprime à coup de proverbes ou de passéisme. C’est un jeune homme absolument charmant. Et plus les minutes passent, plus je discute avec lui et me régale de ses conseils et de son accent russe, plus je me sens tomber sous le charme. Ce qui n’est vraiment pas très prudent. Si ça se trouve, c’est un lui aussi un pervers amateur de lycéenne qui les séduit pour les séquestrer ensuite dans des caves, ou un rabatteur pour un réseau de prostitution. Ces hypothèses me paraissent complètement ridicules mais, même sans verser dans la paranoïa, quelqu’un qui s’intéresse d’aussi près à une jeune fille qu’il a rencontrée à peine une heure plus tôt a de quoi éveiller les soupçons. Si j’étais raisonnable, je devrais me montrer plus distante, sans doute. Pourtant, c’est plus fort que moi. Je ne peux pas résister à l’envie de continuer de parler avec lui et de lui donner envie de faire de même :

« Oh mais je fais déjà des tests, vous savez ! J’ai découvert que j’aimais beaucoup la cuisine italienne. Ce qui est plutôt un comble quand on veut visiter un pays scandinave… »

Oui, là aussi il y a de quoi rire. Mais je n’y peux pas grand-chose. C’est quand même une des plus grandes gastronomies du monde et les quelques recettes que j’ai essayées me donnent à penser qu’elle mérite amplement ce titre. Les saltimbocca, quelle merveille… En parlant de nourriture, je constate à peu près en même temps que lui et avec tout autant de surprise qu’Alexis a fini son bol de râmen. Déjà ? Remarque, le mien aussi est déjà presque vide, avec juste quelques nouilles qui se battent dans un fond de bouillon. Cela veut dire que notre tête-à-tête touche bientôt à sa fin et que nous allons rentrer chez nous. Je sens un pincement au cœur me tirailler la poitrine à cette idée. Quel dommage… Sa compagnie était si agréable. Ceci dit, c’est presque comme s’il avait entendu mes pensées car il me propose soudain d’échanger nos coordonnées pour pouvoir suivre mon futur périple estudiantin. J’ouvre de grands yeux, très étonnée. Vraiment ? Mais même en admettant que je parte bien étudier à l’étranger, ce ne sera pas avant d’avoir terminé le lycée, donc d’ici deux ans au moins. Il compte attendre jusque là ou… ou c’est juste une tactique pour obtenir mes coordonnées ? Je le regarde droit dans les yeux. Demander à pouvoir recontacter une mineure que l’on a à peine rencontrée ? Ça, c’est suspect… La prudence me dit de refuser poliment, mais…

« Oh, je ne partirais pas tout de suite de toute façon. Il faut que je finisse le lycée avant et aussi que mon dossier soit accepté… Mais pourquoi pas ? Ça pourrait être amusant d’avoir un correspondant pendant mes études. »

Mais je ne peux pas m’empêcher de garder cette suggestion dans le domaine du possible. Parce que j’aimerais bien garder contact avec Alexis. Je le connais à peine, je ne sais rien de lui, mais j’aime parler avec lui et je me sens bien en sa compagnie. Je ne veux pas me vanter d’un prétendu instinct félin, mais je sens que j’ai encore beaucoup de choses à échanger avec lui et de toute manière, je ne crois pas vraiment au hasard. Si nous nous sommes rencontrés ce soir dans des circonstances aussi étranges, c’est sans doute pour une raison. Enfin, je ne suis pas une fervente croyante du destin non plus. Tout ce que je sais, c’est que j’aimerais le revoir. Par chance, je sais où il travaille. Bon, les citadins ne peuvent pas entrer dans le complexe sans autorisation, mais il y a d’autres moyens… Et justement, voilà qu’Alexis me fait tout à coup et l’air de rien une incroyable proposition : m’offrir un pass pour que je puisse visiter le Complexe. Quoi ?! J’en reste bouche bée avant de m’exclamer :

« C’est vrai ?! Vous feriez ça ?! Mais c’est vraiment trop gentil de votre part !! Je ne sais pas si je peux accepter… Ce serait vraiment gênant, un cadeau si onéreux de la part de quelqu’un que je viens tout juste de rencontrer… »

Oui, c’est vrai que je suis un peu gênée mais… pour être honnête, ce n’est pas grand-chose à l’idée de pouvoir profiter des services exceptionnels du Complexe sans même avoir à payer le prix du pass ! Parce que c’est quand même sacrément cher, surtout pour une lycéenne comme moi. Si j’ai l’occasion de faire des économies là-dessus, je ne vais pas m’en priver, quand bien même la politesse voudrait que je refuse. Ceci dit, comme je ne peux pas dire ça à Alexis de peur de passer pour pingre (enfin, ce n’est pas trop éloigné de la vérité non plus), j’essaie plutôt de faire passer la pilule en faisant une audacieuse diversion. Posant timidement mes mains sur son bras croisé, je me penche légèrement vers lui pour lui adresser un adorable sourire et de grands yeux de chat. Je n’ai pas de décolleté et de toute façon, je reste à distance respectable, mais cette position tend légèrement le tissu de mon haut sur ma poitrine.

« Mais… je serai honorée de vous avoir pour guide. Seule dans un tel endroit, je ne serai pas très à l’aise. Enfin, si ça ne vous dérange pas. Vous devez aussi être très occupé si vous travaillez là-bas... »

En toute honnêteté, je ne suis absolument pas sûre de ce que je fais. Ce genre de technique marche à la perfection sur les ados bouillonnants d’hormones et pas bien réfléchis qui pullulent au lycée, mais Alexis est un homme plus âgé et mûr, dont l’assurance et l’élégance me donnent à penser qu’il a sans doute déjà de l’expérience dans le domaine de la séduction. Et moi, je ne suis qu’une lycéenne de 17 ans qui n’a jamais eu de petits copains et n’a encore jamais essayé de plaire sérieusement à un garçon. Au mieux, je l’amuserai, au pire il me trouvera ridicule. Myaaaah, je n’aurais pas peut-être pas dû faire ça…

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S'il avait le moindre doute sur son âge, voici Alexis fixé à présent. Une lycéenne dont la vie prendrait bientôt un nouveau tournant et dont les choix se montreraient déterminants pour les ans à venir. Cette information à présent confirmée, il se remémora sa précédente rencontre avec une écolière, une rencontre pour le moins étonnante, à cause de la maladresse du sujet. Il était allé manger une glace avec elle pour lui laisser le temps de se remettre de ses émotions. A quelques détails près, la scène se répétait. Quoique Kisa soit plus équilibrée que Kiyohi. Après tout, celle-ci ne lui avait pas jeté au visage le terrible :"Vous êtes un pervers sexuel ?" au beau milieu d'un salon de thé. Comment parvenait-il à se retrouver attablé avec des lycéennes une heure après les avoir rencontrées ? Si lui connaissait la nature de l'invitation, qu'en était-il de l'environnement ? Il pourrait passer pour un jeune adulte en quête de lolitas. Or, jamais il ne toucherait à une personne mineure, n'étant pas forcément attiré. D'où sa vexation à la suggestion de Kiyohi... et sa décision future à l'attitude nouvelle de Kisa. Aussi fronça-t-il les sourcils tandis que la neko, en échange des clés du Paradis, cherchait à établir un contact rapproché avec lui, sur le bras, pour le charmer. Précaution peu utile. Quand il promettait, il tournait toujours sa parole. S'il proposait de payer un pass, insister ne se vérifiait pas. Qu'elle joue de sa féminité en voie de développement jurait paradoxalement avec les raisons de leur rencontre dans le bus. Elle évitait de justesse deux pervers dans les transports en commun pour user de ses atours avec un quasi-inconnu ? Malheureuse inconsciente, heureusement qu'elle ne tombait pas sur un détraqué.

Toujours courtois et souriant, il joua la carte de l'ignorance. bien qu'imprudente, Kisa n'était sûrement folle à lieu pour chauffer quelqu'un après une expérience facheuse. Elle respirait la naïveté innocente des jeunes filles qui n'avaient pas encore tout compris. Plutôt que de la blesser en rejetant sa main, il s'immobilisa comme si rien ne s'était passé. Elle comprendrait bien assez tôt et se reprocherait d'elle-même son geste. La blâmer par dessus le marché l'enfoncerait trop. Il conservait son flegme naturel.

- Vous voyez cela comme un cadeau onéreux, je ne partage pas votre avis. Je suis employé au Complexe, à temps plein. Je travaille depuis des années déjà et j'affirme sans me tromper que je suis plus fortuné qu'une étudiante dont la priorité est de mener les études de ses rêves. Ce cadeau est une bagatelle en ce qui me concerne. Oubliez donc toute gêne, ce n'est pas si terrible qu'il n'y paraît.

Il se moquait de passer pour un prétentieux, genre nouveau riche blindé. Il jugeait raisonnablement la situation. Une somme d'argent ne possède pas la même valeur selon la personne concernée. Sur ce point, Alexis était à l'abri pour longtemps. Sa dette payée à Irina, il hérita d'une somme coquette en servant Enzo. A présent salarié et garde du corps, il était logé et blanchi par la résidence de son patron.

- Si vous préférez une hôtesse d'accueil, j'arrangerais une visite avec le personnel dédié à l'orientaiton des touristes. Mais si vous insistez, je serai ravi d'être votre guide. En ce cas...

Il sortit de la poche de son pantalon un carnet de notes. Il en déchira une page sur laquelle il inscrivit quelques lignes en katakana et hiragana. L'apprentissage des kanjis l'attendait encore.

- Voici mes coordonnées professionnelles. Pour récupérer votre pass, il suffisera de vous adresser à la boutique du complexe et de donner votre nom. La vendeuse sera au courant et vous le confiera. Si je suis disponible, et que vous m'acceptez comme guide, appelez-moi à ce numéro pour que nous prenions rendez-vous...


Prudent, pour éviter tout quiproquo douteux digne de Kiyoha, il plaçait une distance entre Kisa et lui. Il confiait son numéro et refuserait une réciprocité immédiate. Il imposait des intermédiaires comme la vendeuse du complexe pour officialiser la visite. Le message serait clair : il n'attendait rien d'elle, en homme respectueux de ses prochains.

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With Alexis Dolohov


   

Myaaaah, je n’aurais vraiment pas du faire ça… Je suis sûre qu’Alexis l’a remarqué (son regard est trop vif pour qu’un détail puisse lui échapper) mais il fait comme si ça n’était pas le cas. Sans bouger d’un millimètre, son attitude reste résolument la même et je suis bien obligée de me redresser pour faire moi aussi comme si de rien était. J’ai vraiment honte, je ne sais pas ce qui m’a pris… enfin, je sens bien que cette soirée est trop étrange et que je ne réfléchis plus correctement car je me suis trop laissée emportée. Et puis au moins, j’aurais gagné un pass gratuit pour entrer au Complexe donc c’est plutôt bien comme ça. Quelqu’un de plus scrupuleux se sentirait peut-être coupable et  n’accepterait sûrement pas une proposition aussi généreuse de la part d’un inconnu, par honnêteté ou par orgueil pour ne rien lui devoir. Mais ce n’est pas du tout mon cas. Moi, quand on me donne, je prends et je ne dois rien à personne. Quand on me fait un cadeau, j’estime que c’est par plaisir et non pas pour me réclamer quelque chose ensuite. Sinon, j’appelle ça un service ou un prêt… C’est pourquoi je finis par sourire chaleureusement en acceptant la proposition lorsqu’il réaffirme que ça ne le gêne pas et que ça n’a rien de grave. En plus, son argument est tout à fait logique. Nous n’avons certainement pas les mêmes finances :

« Bon et bien… si vous le dites, alors d’accord. Mais je ne serai peut-être pas disponible immédiatement, nous avons une série d’examens qui arrivent très bientôt et les révisions vont me prendre du temps en plus de mon travail. »

Voilà pour les formes, histoire de ne pas se revoir trop vite et donner à penser que notre relation pourrait être ambigüe. Une fois que nous sommes d’accord, il me donne ses coordonnées sur une page de son carnet tout en m’expliquant la procédure. Je l’écoute avec attention, puis hoche la tête en acceptant le bout de papier. C’est simple et efficace, et je vois que lui aussi a le souci de faire en sorte que nous ne puissions pas paraître trop intimes à des yeux extérieurs. Et puis ça tombe bien, j’ai toujours voulu jeter un œil à ce qu’offrait la boutique du Complexe !

« D’accord, j’ai compris ! Je vous remercie infiniment pour votre générosité et pour tout ce que vous avez fait pour moi ! »

J’incline respectueusement la tête vers lui sur ces mots. C’est vrai que j’aurais difficilement pu tomber sur quelqu’un d’aussi droit et bienveillant. Sous ses dehors distants, c’est un homme très bien ! Nos bols de râmens finis, nous discutons encore un peu de choses et d’autres, puis nous nous levons pour laisser de la place aux suivants. Repassant les bandes de tissus de la buvette, je frissonne, autant à cause du froid que de la nuit qui est tombée entre temps. Sortant mon portable de mon sac, je regarde rapidement l’heure. Myaaah, déjà… Il ne faut pas que je tarde si je veux avoir le temps de faire mes devoirs avant de dormir. Un peu déçue de devoir mettre fin à la soirée, je me tourne vers Alexis et annonce dans une nouvelle courbette :

« Excusez-moi mais il commence à se faire tard. Merci encore d’avoir été si gentil avec moi et faites bien attention à vous, surtout. À bientôt, Alexis-san ! »

Ça oui, il peut compter sur moi pour venir chercher mon pass et visiter le Complexe dès que j’aurais un peu de temps ! C’est une occasion à ne pas manquer… Après l’avoir salué et lui avoir indiqué le chemin pour la station de bus la plus proche, je m’incline une dernière fois puis reprends ma route vers mon studio. Je n’en ai plus pour très longtemps, maintenant… Sur le chemin du retour, je suis toute guillerette et je chantonne. Certes, mon expérience dans le bus a failli être horriblement désagréable. Mais je suis ravie de la façon dont elle a tourné et de la rencontre qu’elle m’a permis de faire ! Même si ça ne m’empêchera pas de réparer au plus vite mes rollers, je décide que cette soirée a été excellente.

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Local Hero, Deuxième partie
Alexis se força à rester neutre, bien qu'une irrésistible envie de sourire le prit.  La mignonne tentative de corruption de Kisa tomba à l'eau, mais elle n'en rougissait pas, optant pour une désinvolture toute stratégique. Elle acceptait donc, sans condition, la proposition du jeune homme. A moins d'être vraiment paranoïaque et de voir le mal dans tout geste de bonté, qui refuserait un tel cadeau ? Une entrée au Complexe Hinata, via un pass VIP gratuit, relevait du privilège. La petite neko avait sûrement pesé le pour et le contre, et finalement, la curiosité l'avait emporté sur la méfiance. Ses yeux en amande brillaient à l'idée de pouvoir pénétrer dans ce lieu emblématique de l'île. Aurait-elle un jour une opportunité ? L'immédiateté de cette hypothèse dépendait des moyens financiers de l'étudiante. Elle travaillait en parallèle du lycée. Son pécule accumulé durant des mois ne saurait payer le fameux sésame, mais à vivre au quotidien. Financer ses projets futurs.

Évitant ses sempiternelles pensées parasites et comparatives de sa propre jeunesse, il se concentra sur la mise au point de Kisa sur sa future visite. Effectivement, dans sa double condition de lycéenne-travailleuse, elle ne se dupliquait pas à foison et organisait sa vie en perspective des futurs examens. La société préparait déjà la demoiselle à son futur, impliquant une gestion disciplinée du quotidien, pour éviter de se faire dépasser par les événements. Aussi, le beau brun acquiesça et la rassura sur ce point.

- Je comprends tout à fait. Vous savez de toute manière que cette proposition n'est pas promesse en l'air, et vous viendrez quand bon vous semblera.

Alexis ne forçait jamais personne. Ce n'était pas dans sa nature et ce fut pourquoi il n'eut jamais l'ambition de renverser Irina, bien qu'il eut pu le faire quelquefois. Le don de son numéro de téléphone prenait tout son sens pour la jolie hybride, qui le remercia à la nippone, en opinant du chef. Lui se contenta d'un mouvement plus bref et minimaliste. Assez visible de l'extérieur sans tomber dans la politesse japonaise plutôt expansive en gestes.  Même pour démontrer sa reconnaissance, l'homme ne courberait plus jamais l'échine.

Sur ces entrefaites, les deux jeunes gens voguèrent de discussion avant de devoir céder leur place dans le petit restaurant de nouilles. Ces bars à ramen, conviviaux au demeurant, ne permettaient pas une résidence à long terme, comme un restaurant classique. Pour satisfaire toute la clientèle en dépit du manque de place, les consommateurs tournaient et les places restaient rarement vides ou occupées longuement. Ainsi, chacun paya sa note - Alexis ne voulait pas mettre Kisa mal à l'aise en payant le repas. Pour des questions financière comme d'éthique bien compréhensibles. Une fois dans la rue, la jeune fille frissonna. Cette rencontre inopinée l'avait empêchée de se vêtir plus chaudement à l'approche de la nuit tombée. Initialement, elle rentrait chez elle après le travail ; elle ne dînait pas dehors avec un inconnu. Alexis malheureusement n'avait rien à lui mettre sur les épaules, à part sa chemise. Se promener torse nu dans le bus, la rue ou un taxi serait forcément mal vu ; et un garde du corps se voulant discret ne se permettrait jamais une publicité aussi grossière. De plus, pour les mêmes arguments que tantôt, il n'était qu'une connaissance d'un jour et non un ami proche de la neko ; lui céder un vêtement aussi proche de la peau, même pour la réchauffer, tiendrait de l'inconvenance. Il renonça donc à tout geste de galanterie et se contenta de ne pas la retenir outre mesure, ni même de l'accompagner jusqu'à chez elle.

L'heure de la séparation arrivée, il nota toutes ses consignes pour retrouver le bus et entreprit de partir dans sa direction sans un regard en arrière vers elle. Un seul regard ? Peut-être que, du point de vue de Kisa, Alexis lui tournait totalement le dos et ne la surveillait pas comme un prédateur félin, patient et rusé. Elle ne s'apercevrait de rien. Mais le russe guettait l'adolescente, avec des techniques de surveillance apprise au sein du Serpent, imperceptible. Il vérifiait que personne n'entrava sa marche jusqu'à son domicile, à l'image des pervers du bus.
Quand il la sentit suffisamment en sécurité, par intuition, il monta enfin dans le véhicule, sur le point de démarrer vers son prochain arrêt.

Cet fois, le véhicule était moins assiégé par les voyageurs. Alexis trouva sans difficulté une place côté fenêtre et reprit son petit carnet de notes. Il posa son stylo sur la page noircie d'écritures cyrilliques, sans toutefois parvenir à écrire un mot de plus. Kisa avait éclipsé les machinations de la famille Hinata pour la remplir de joie et d'enthousiasme. Il tapota le papier avec la mine du stylo, avant de refermer le petit cahier, ranger le matériel, poser la joue contre la vitre du bus et regarder le bitume défiler sous ses yeux.


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