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ALEXIS-ANTON : Massage Maso

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Mer 12 Aoû - 20:48
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Alexis leva les yeux vers le panneau d'entrée du Salon de massage. Il s'attarda sur les prix et les différents services proposés, aux horaires aussi. L'avantage de travailler pour le patron du Complexe était de bénéficier de la gratuité et de la disponibilité des employés, sans avoir à prendre rendez-vous. En effet, l'emploi du temps du jeune Russe était particulièrement capricieux, à l'image de son beau patron qui n'avait pas la nécessité de le garder en permanence à ses cotés et qui pouvait faire appel à lui à n'importe quel moment. C'était donc la moindre des choses qu'il puisse profiter d'une liberté horaire en dehors de sa présence obligatoire auprès de son maître.

Le regard qu'il jetait aux informations n'était qu'une résurgence de son passé proche. Dès qu'il réalisa qu'il n'avait plus pour obligation de réserver à l'avance, il poussa la porte et redécouvrit la salle d'attente où les hôtesses souriantes lui demandèrent son nom. Après une maigre explication de la situation, elles jetèrent un œil sur l'ordinateur de l'accueil et constatèrent qu'ils disaient vrai. Elles s'excusèrent de cette vérification, mais selon leurs dires, certains petits coquins usurpaient l'identité d'employés pour passer avant les autres.  Le trombinoscope avait tôt fait de les démasquer et de les congédier poliment, mais avec un avertissement.
Les deux employées demandèrent des détails sur ce qu'il souhaitait. Bien qu'il eut déjà passé le seuil de ces lieux, il n'en avait guère profité. Il participait à la course aux trésors et s'était penché sur des flacons pour reconnaître des arômes. Aujourd'hui serait sa première fois. Alexis se renseigna sur les caractéristiques toutes différentes des pièces de massage, et les techniques appropriées. Le portrait des masseurs permettait même de choisir son préféré ; mais le jeune homme ne connaissait personne sur ce point.

Le brun avait beau tenter de s'approcher de la lumière, il était irrémédiablement attiré par les ambiances intimes ou sombres. Loin de lui le rose bonbon et la discothèque, il ne serait pas très détendu dans ces circonstances. Son regard se planta sur les descriptifs des compartiments 5 et 7. Il hésitait ; il espérait que ses collègues conservent le secret professionnel avec lui autant qu'avec les clients. Il n'aimerait pas qu'on se moque de ses goûts singuliers que lui même analysait avec incompréhension.

Cette pensée souleva en lui un nouveau sentiment, l'orgueil. Voilà qu'il s'interrogeait sur la perspective qu'on le juge sur ses préférences ! Jamais il n'avait fait preuve de gène sur sa récente découverte sur un point noir de sa personnalité, et pourtant, il pesait le pour et le contre, en se mordillant la lèvre inférieure. Mais bientôt, Alexis se reprit : n'était-ce pas son affaire et son plaisir ? Au diable les détracteurs ! S'il appréciait la liberté de choisir la captivité, après tout, personne ne pouvait plaindre à part lui-même. De plus, si cette salle existait, il était évident qu'il n'était pas le seul à posséder ce genre de préférences. Pas de quoi en rougir.

Agissant donc en son âme et conscience après ce temps d'errance, il désigna la salle gothique en laissant le choix du masseur aux hôtesses, le tout agrémenté d'un regard glacial qui repoussait toute tentative de sous-entendus. Il discuterait avec le spécialiste du corps sur le contenu de sa séance, ne sachant pas vraiment à quoi s'attendre.  

D'un signe de la main, elles l'invitèrent à prendre un siège. Il s'empara d'un magazine déposé sur la table, où d'autres revues se chevauchaient. Evitant les titres féminins et people, il s'attarda sur une brochure du Complexe.  
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Raton
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Mer 19 Aoû - 13:12
Raton
19 août.

Voilà quelques jours que j’ai pris mes fonctions au Complexe Hinata. Pour l’instant, je peux dire que je ne suis pas à plaindre. Mon salaire est plutôt confortable et, maintenant que j’ai achevé de personnaliser mon studio en ville, je me sens quasiment comme chez moi. J’aurais pu m’éviter de dépenser ma paye dans un loyer en acceptant un des logements  réservés au personnel, mais outre le fait que ça m’aurait vite gonflé de vivre en permanence sur mon lieu de travail, on n’a pas le droit d’y inviter des personnes extérieures au Complexe, ce qui signifie que j’aurais du restreindre le cercle de mes belles rencontres à mes collègues et mes clients. Ça aurait causé plein de problèmes et je me serais certainement retrouvé hors-la-loi quand même, donc mieux vaut nous simplifier la vie quitte à dépenser un peu de sous. Surtout qu’à part ça, je suis vraiment bien loti. Le cadre est splendide et le temps superbe depuis que je suis arrivé. Bon, il y a bien mes tenues de service qui m’ont fait tiquer un peu. On n’a vraiment pas idée de bosser déguisé comme ça, vraiment… Mais j’imagine que c’est pour l’ambiance. Cet endroit travaille en tout point à créer un lieu en dehors de la réalité, où tout le monde lâche prise. C’est plutôt cool, les gens sont décontractés et certaines clientes plus hardies que d’autres. J’essaie de rester pro, même si ce n’est pas facile. Il faut que je fasse attention si je ne veux pas émietter mon cœur aux quatre coins du Complexe… Ceci dit, malgré toutes mes précautions, j’ai fait une rencontre très intéressante aujourd’hui.

C’était sur les coups de 9h30, 10h, alors que la chaleur commençait à remplacer agréablement la fraîcheur du matin. Enfin je dis ça, comme tout est climatisé et chauffé artificiellement là-dedans, je n’avais pas vraiment moyen de le savoir, mais bref. C’est pas important. Je revenais tout juste de mes cinq minutes de pause entre chaque client lorsque les réceptionnistes m’ont contacté pour rempiler de suite, avec un mec qui demandait le box gothique et n’accordait pas d’importance à qui le prenait en charge. Je l’avoue, j’ai eu une seconde de préjugés en me disant que j’allais certainement tomber sur un type bizarre. La salle gothique n’est pas anodine, et je parle moins de mon costume que de la quincaillerie qui s’y trouve. Je n’y avais encore jamais travaillé, parce que je m’arrangeais soigneusement pour l’éviter. Mais bon, puisque je ne pouvais pas y couper aujourd’hui, j’ai enfilé mon pantalon en cuir, ma chemise à fanfreluches largement ouverte sur le torse et ma cape de velours noire. Je suppose que le but était de faire de moi un vampire ténébreux. En ce qui me concerne, je trouve que j’ai surtout l’air d’un abruti mais on ne peut pas tout avoir, surtout s’il s’agit du dernier mot avec sa hiérarchie. D’ailleurs, je devrais m’estimer heureux d’être aussi massif, c’est uniquement grâce à mon gabarit que j’ai échappé aux costumes à base de lanières en cuir. Ils n’avaient pas ma taille, Dieu merci…

Une fois attifé comme un prince de la nuit au rabais, je me suis donc rendu dans le box gothique et j’ai fait savoir aux réceptionnistes que j’étais paré grâce au beeper à l’intérieur, pour qu’elles puissent prévenir mon client. On peut aussi aller les chercher mais je n’avais clairement pas envie de me ramener dans la salle d’attente dans cette tenue de carnaval, et s’il y avait eu d’autres personnes, ça n’aurait pas été top pour la discrétion. En général, ceux qui choisissent ce box préfèrent ne pas le clamer sur tous les toits. Et c’est ainsi que deux minutes plus tard, alors que je lançais justement la musique d’ambiance (un truc au violoncelle calme et langoureux), j’ai pu voir débarquer dans la salle un jeune homme brun, mince et athlétique, et avec un je-ne-sais-quoi de félin dans la démarche. Même si son visage était de ceux qui ne laissent pas les femmes indifférentes, je n’ai pas pu m’empêcher de lever le sourcil devant l’expression glaciale qui durcissait ses traits fins. Ça m’a donné envie de sourire. Pas la peine de jouer les tueurs à gages avec moi, c’est pas pour rien que t’as choisi ce box-là et pas un autre… avais-je envie de lui répondre. À la place, je me suis contenté de lui sourire pour de bon et de le saluer courtoisement :

« Bienvenue, Monsieur. Je m’appelle Anton et c’est moi qui m’occuperais de vous pour la durée que vous avez choisie. Il y a un paravent de ce côté pour que vous puissiez vous déshabiller. Je vous en prie… »

Je lui ai désigné ledit paravent et l’ai laissé se préparer tandis que je préparais mes différentes huiles. À ce moment-là, je ne pensais pas à essayer de le décoincer, comme ça m’arrive parfois d’essayer de le faire. En général, ça se fait au feeling et mon feeling avec ce gus me disait clairement de lui ficher la paix. Malgré tout, je le trouvais intriguant. Je ne sais pas ce que je sentais de particulier chez lui mais je le sentais. Lorsqu’il a eu fini de retirer ses vêtements, je lui ai rapidement demandé sa préférence pour l’huile de massage, puis je lui ai désigné la table.

« Mettez-vous à l’aise. On vous a déjà fait le descriptif de ce box, je présume. Dites-moi ce que je peux faire pour vous ? »

Je crois que malgré toute ma volonté, je n’ai pas pu empêcher mon regard de dévier vers la quincaillerie accrochée à la table de massage. Je n’arrivais vraiment pas à m’y faire. Et j’espérais aussi que Mister Freeze parviendrait à me dire franco ce qu’il veut plutôt que de ne pas oser l’avouer, ça serait nettement moins embarrassant…
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Sam 22 Aoû - 10:50
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L'attente ne dura que le temps de disponibilité d'un masseur. Alexis profita de cette pause pour lire l'avant-propos de la brochure, rédigée par Kyo Kazeyama en personne. Il vantait les mérites de son établissement. Une photo de sa personne figurait sur cette page. Le Russe fixa cette image sur papier glacé, comme s'il souhaitait qu'elle se grave dans sa tête pour de bon, en même temps que l'idée de travailler pour cet homme qui n'était, a priori, pas un mafieux. Ou bien il cachait bien son jeu. Alexis le trouvait étrange, surprenant, insaisissable. Depuis son entretien d’embauche, il n’avait que très peu œuvré pour lui, l'invitant à se questionner sur l'utilité d'un garde du corps. Au moins l'ancien tueur avait profité de ces temps pour en apprendre plus sur la menace la plus conséquente, à savoir sa belle famille.

Sa lecture fut interrompue par l'une des agents d'accueil qui lui demanda de la suivre. Le jeune homme déposa en douceur la publicité sur la table et se leva, marchant dans ses pas dans le couloir principal. Elle l'abandonna devant la porte du box. Il l'ouvrit, la referma derrière son dos et prit le temps de s'imprégner de l'ambiance. Le décor était aussi lugubre que sur le catalogue, voire plus, car il prenait une dimension réelle qu'une simple photo ne pouvait véhiculer. Digne d'un film d'horreur (ou de cinquante nuances), il déplaisait à Alexis tout autant qu'il l'attirait, soulignant une fois de plus une tendance en lui qu'il ne saisissait pas. En revanche, une apparition étrange faillit lui faire renoncer à son massage, à savoir le masseur lui-même, qu'il salua sans empêcher ses sourcils de se froncer.

Celui-ci était un hybride canin, qui ne manquerait pas de chien si l'on parvenait à oublier le costume qu'il portait. Hélas, toute la capacité d'adaptation du beau brun ne parvenait à éclipser ce qu'il avait devant les yeux. Participait-il à une fête d'Halloween ou cherchait-il à se détendre sous les mains expertes d'un professionnel du bien-être ? Le créateur de cette ambiance gothique ne faisait pas dans la dentelle, et sous prétexte d'une thématisation, se complaisait dans le grotesque. Ces choix pouvaient sûrement fonctionner sur d'autres clients, mais pas sur lui. De ses yeux sombres, le jeune homme observait sans rien dire le masseur qui se présentait, avant de se plier à sa demande. Il disparut derrière le paravent et retira ses effets qu'il plia avec une précision presque militaire. Une fois qu'il se retrouva dans le plus simple appareil, il récupéra une serviette (noire, bien sûr) dont il se drapa les reins afin de dissimuler son intimité. Quittant l'espace de déshabillage, il embrassa du regard toute la salle. Fouets et couteaux étaient accrochés à la table de massage. Était-ce des outils utilisés ici ou simples babioles ? Il regrettait sa décision, tandis que le masseur interrompait ses pensées.

Alexis se montra attentif aux noms des huiles proposées, bien qu'il n'avait aucune préférence particulière. Ce furent les agrumes qui remportèrent son véto, pour leur côté frais et acidulé. Le masseur lui fit signe en lui désignant la table. Le regard qu'il porta au meuble n'échappa pas au slave. Sans nul doute, il était gêné. Avant même de répondre à la dernière question qu'on lui posait, le jeune homme planta ses pupilles noires dans les yeux de son interlocuteur, et de sa voix grave, déclara sans prendre de pincettes :

- Nous sommes tous les deux d'accord sur le fait que votre costume ne vous sied pas. Un masseur mal à l'aise ne parviendra jamais à satisfaire son client. Je me fiche de ce que vous portez, nous commencerons dès que vous serez vêtu d'une façon qui vous convient. Pour le massage, faites en fonction du descriptif de cette salle, je suis curieux de voir ce que cela donne. Si cela ne va pas, je rectifierais ma demande en cours de route, si vous n'y voyez pas d'inconvénient.


Toujours aimable dans les mots, plus froid dans le ton et dans l'attitude, Alexis ne laissait pas vraiment le choix. Il savait par avance que l'hybride ne se ferait pas prier pour changer de tenue, car le russe était un fin analyste des gens, et n'avait pas perdu cette capacité en tournant la page. En tant qu'employé, l'Inu était contraint à exécuter des ordres en dépit de ses goûts et son sens de l'honneur. Sa tête de chien battu - de circonstance - n'avait pas échappé à l'homme qui avait subi. S'il pouvait ainsi permettre au masseur d'échapper à son déguisement imposé, il ne s'en priverait pas. Depuis qu'il avait obtenu l'autorisation d'être honnête, Alexis préférait la vérité au mensonge, au risque de blesser ceux qui préfèrent les faux semblants.
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Raton
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Dim 20 Déc - 3:30
Raton
… Et bien, je n’ai pas été déçu. Oh que non ! Lorsque mon gai luron a ouvert la bouche pour la première fois, j’ai dû réviser mon jugement : certes, il était toujours aussi aimable qu’un pic à glace mais il n’avait pas pour autant la langue dans sa poche. Avant même de répondre à ma question, il a mis les choses au clair tout de suite, sans détour, pour me dire que j’avais tout intérêt à retirer mon costume de clown si je voulais faire du bon boulot avec lui. Il l’a dit plus poliment que ça, bien sûr. Et dans un style un peu plus ampoulé, aussi. Mais au final, ça formait un tel contraste avec son air taciturne, que je n’ai pas pu m’empêcher de rester bouche bée. Vraiment, pendant une seconde, je suis resté baba devant ce type ! Ensuite, j’ai éclaté de rire. S’il y a bien une chose que je pensais être à des lieux de faire avec un tel client, c’était bien me marrer comme un bossu. Et pourtant c’est venu tout seul, naturellement. La situation était vraiment trop bizarre pour que je puisse réagir autrement. Je crois que c’est à ce moment-là que je l’ai considéré d’un nouvel œil et à me dire que ça n’allait peut-être pas être si terrible que je le pensais. Si j’avais su…

« À votre guise, Monsieur ! Je ne vous cache pas que ça m’arrange. Installez-vous, je vous prie. »

Pendant qu’il prenait place sur la table de bois noir, j’ai donc retiré avec un soulagement évident ma cape ridicule et ma chemise à froufrous pour rester torse nu. Et je me rends compte avec le recul à quel point j’ai eu tort de faire ça. Même quand il est ridicule, l’uniforme est une tenue de travail. C’est lui qui instaure une barrière physique et indéniable entre l’employé et le client, en signifiant clairement que l’un n’est pas l’égal de l’autre dans le contexte du boulot. Je ne pouvais pas le savoir à ce moment-là mais, quand j’ai retiré ma tenue, j’ai passé la barrière. Déjà lorsque j’ai repris la parole, n’importe qui aurait pu entendre que je n’étais plus tout à fait dans le registre professionnel :

« Puisque vous avez été honnête avec moi, je vous rendrai la pareille : je ne suis ici que depuis quelques jours et je n’ai encore jamais travaillé dans cette salle parce que je faisais tout pour l’éviter. Je ferai néanmoins mon possible pour vous satisfaire et répondre à vos demandes. Car même si la déco et les accessoires peuvent donner de folles choses à penser, ce sont vos demandes qui priment ici. Vous pouvez parfaitement avoir un massage on ne peut plus classique dans cette salle. Et si vous voulez quelque chose d’un peu plus corsé, je m’y plierai également tant que ça n’implique pas les objets tranchants. Mon professionnalisme a tout de même des limites. Si vous souhaitez quelque chose de ce genre, il faudra demander à un autre employé. Cela vous convient-il, Monsieur ? »

Tout en parlant, j’avais enduit mes mains d’huile de massage, parfumé à l’orange et au pamplemousse selon le choix de mon client, et je les frottais vigoureusement pour les réchauffer. Ce faisant, je regardais le bonhomme en question, allongé sur la table. Il était beau mec, je dois le reconnaître. Je n’essaie pas de me trouver des excuses, juste de comprendre. Je n’ai jamais été attiré par les hommes et même à ce moment, juste vêtu de son petit pagne noir, son corps était trop anguleux, trop musculeux et clairement pas assez riche en courbes ni en chair pour me plaire en quoi que ce soit. Mais ceci dit, je ne peux pas nier que quelque chose chez ce type m’intriguait, m’amusait. Cette espèce de contradiction que j’avais senti entre sa froideur et sa franchise, son air altier et son choix de salle pas si anodin que ça, je la devinais plus profonde que ça encore. Et j’avoue que l’envie d’en savoir plus me caressait doucement l’esprit. Le côté chien, j’imagine. Je suppose que comme qui dirait j’ai flairé un os à ce moment-là. Et, par le fait, je n’ai pas pu m’empêcher de vouloir jouer un peu avec ce que j’avais déterré…

« Puisque vous êtes curieux, commençons en douceur. Passez vos mains dans les cordelettes à la tête de la table… »

Je me suis penché au-dessus de lui et j’ai resserré lentement les cordelettes en soie rouge, juste assez pour qu’il les sente sans que ça ne lui fasse mal. À ce moment-là, je me rappelle avoir pensé que me retrouver dans la même situation avec une femme serait follement excitant. Puis j’ai posé les mains sur son dos et ai commencé à lui masser lentement les épaules, en faisant des petits cercles près de sa colonne vertébrale.

« Alors ? Qu’est-ce que vous aimeriez tester exactement dans cette pièce ? »

Ce qui est drôle quand on a une voix grave, c’est qu’il suffit vraiment de pas grand-chose pour donner à n’importe quelle parole des accents de « et plus si affinités »…
HRP:
 
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Mer 23 Déc - 23:04
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L'inu se statufia à l'écoute des propositions avant d'exploser d'un rire qu'Alexis compara à un aboiement. Le masseur incarnait le bon vivant. Le déguisement de vampire au rabais perturbait sa spontanéité. Sans se faire prier, il quitta la pièce le temps de se changer.
Alexis ne le suivit pas du regard. Il appréciait le toucher du velours sur sa peau découverte. Il se détendait déjà, la sensation d’abandon réchauffa tout son être. Il ferma les yeux. L'immobilité. La paix. Le silence pendant ces quelques secondes de quiétude.

Une odeur agréable d'agrumes se répandit dans la pièce. Cette fragrance n'était pas un choix en l'air. Il l'appréciait depuis son premier usage, dans un contexte particulier qu'il n'oublierait jamais. Avec un autre hybride, tout aussi musclé, grand, impressionnant et canin. Était-ce une bonne idée de se remémorer cette scène maintenant, alors qu'il attendait un simple soin ? A croire qu'entre la sélection de la salle et de l'huile, il exprimait un manque chronique de relations charnelles. Or, il ne venait pas ici, au salon, pour cela.

Il prêtait à peine attention au discours du masseur derrière lui. Il lui faudrait bien répondre, il écouta d'une oreille distraite. L'employé présentait le programme de la séance. Il s'avouait définitivement mal à l'aise avec cette thématisation, même dans l'accomplissement de ses gestes professionnels. Le choix revenait au client, ce qu'Alexis regretta tout d'abord : il ne savait pas à quoi s'attendre, il aurait préféré la surprise. Cependant il avait juré trop vite. Histoire de l'éclairer un peu, le masseur se rapprocha de lui, entra dans son champ de vision.
Le russe rouvrit les yeux, légèrement, et observa sa nouvelle tenue. Enfin... L'absence de tenue, pour être exact. Au lieu de passer un uniforme approprié, une blouse blanche, il s'était contenté de tomber le haut. Il exhibait une carrure impressionnante, épaisse, musclée. Bon vivant et force de la nature. Son air à la fois doux et joueur attirait irrémédiablement l'attention. Le brun l'imagina tombeur de ses dames, tant qu'il possédait un indéniable magnétisme. Lorsque le client fut invité à bouger ses mains, il s'exécuta sans protester. L'inu ferma les liens doux sur la peau pâle du caucasien.


La curée

Fantasme
>Le jeune homme respirait fort, le coeur battait la chamade, tandis que son corps entier tremblait d'appréhension. Sa fuite s'était terminée lamentablement, malgré la course effreînée de ses jambes pour échapper au terrible prédateur. Hélas, les hybrides affirment leur supériorité sur les humains en développant tous leurs sens, leur force. Celui qui traquait le fugitif ne s'était pas contenté de l'attraper : il jouait avec lui depuis dix bonnes minutes avant de sauter sur sa victime.

Toute la puissance de ces mains énormes s'abattit sur les épaules du frêle garçon à la peau pâle. L'hybride pressa son corps contre le sien, avec une réjouissance sauvage. Il traîna de force sa victime vers son habitat. Celle-ci se débattait vainement, exténuée par la folle poursuite et par la peur.

L'Inu bouscula le jeune homme jusqu'à la porte de son antre, qu'il défonça d'un coup de pied fulgurant. Cette démonstration acheva d'illustrer sa brutalité et de souligner, en parallèle, l'impuissance de la proie. Le garçon manqua de perdre l'équilibre ; l'hybride encouragea sa chute, le poussant du plat de la main. Puis le sauvage croisa avec vigueur les bras du beau brun dans son dos et commença à enrouler une corde autour de ses poignets délicats.

- Les chiens sont des chasseurs hors pairs... L'ignorais-tu donc ?




© A-Lice | Never-Utopia



Alexis se remémora sa rencontre avec une jeune fille bien étrange, qui s'évadait dans ses pensées pour imaginer on ne savait quelle scène dans sa fertile imagination. Le russe ne faisait-il pas pareil en cet instant ? Loin de se sentir gêné comme la rougissante coquine, il afficha un petit sourire ravi, témoignant de son caractère libertin.

Des mains expertes, chaudes, agréables, frôlèrent son dos, provoquant instantanément un frisson de bien-être dans tout son corps. Quoique la voix grave de crooner apportait son grain de sel à cette sensation. Il fallut tout le contrôle dont il était capable pour se persuader qu'il n'était ici que pour un massage. Rien d'autre.

Se décidant enfin à parler, il murmura distinctement à l'employé attentionné :"Je ne suis pas douillet".
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Raton
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Mar 8 Mar - 0:08
Raton
Je ne l’ai pas remarqué tout de suite, son petit sourire. J’aurais dû, il m’aurait certainement mis la puce à l’oreille. À la place, j’étais concentré sur ses trapèzes, drôlement plus solides que ce que j’aurais pensé. Pas qu’il avait l’air maigrichon, mais la qualité d’une musculature s’apprécie au toucher. Et là, mon bonhomme en avait carrément plus en réserve que ce qu’il laissait paraître. Ce devait être un sportif, un bon sportif. En tout cas, c’est ce que j’ai pensé et ça me rappelait une rencontre que j’avais faite il y a quelques années, avec une étoile montante de la natation. Ça m’a fait sourire à mon tour, pile au moment où il m’a annoncé ne pas craindre quelque chose de plus vigoureux.

« Voilà qui est bon à entendre… Détendez-vous. »

J’ai aussitôt appuyé un peu plus mes mouvements, m’étendant aux épaules et aux omoplates, pour lui plaquer le torse contre la table à chaque passage, en douceur. Rien de bien méchant encore, juste de quoi l’amener à respirer plus profondément. Je n’avais aucunement l’intention de le brutaliser, c’est pas mon truc. Mais je mentirais. Je mentirais si je disais n’avoir trouvé aucun agrément à le voir apprécier ce que je faisais. Même si à ce moment-là, je ne méfiais pas encore parce que j’ai toujours trouvé agréable de pouvoir constater les bienfaits que j’offre aux gens, quels qu’ils soient. Prenant tranquillement confiance, j’ai continué à expérimenter des petites variantes. Massant quelques temps le haut de sa colonne, j’ai attendu qu’il s’habitue au mouvement avant de glisser une main sous son menton et de lui relever le visage pour atteindre les muscles latéraux de son cou, sans que mon pouce ne cesse ses douces pressions sur sa nuque. C’était tendancieux, je le reconnais. Mais mon gaillard avait l’air d’apprécier le fait d’être entravé dans ses gestes, je ne faisais qu’appliquer la politique de la maison : le client est roi. Et puis, plus ça allait, plus je me sentais à l’aise. Ce n’était pas si terrible finalement, le box Dracula. Je me prenais simplement à regretter de ne pas avoir une jolie brune étendue sous les mains. Mauvais signe, ai-je besoin de le préciser…

« Ça vous plaît ? N’hésitez pas à me dire si vous souhaitez autre chose. Quand je ne suis pas expert dans un domaine, j’apprécie d’être guidé… »

Raah, merde, plus je repense à tout ça, plus je me dis que j’ai bien cherché la suite. Quand je me rappelle ce que j’ai osé dire…
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Mar 15 Mar - 0:50
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Etre pris en charge de façon si agréable plaisait beaucoup au jeune homme. Il comptait sur les doigts de la main les moments de pure détente dont il avait pu bénéficier dans sa vie. Celui qu'il connaissait à cette heure en faisait partie. Les mains du masseur, expertes, détectaient les tensions ainsi que les points sensibles du corps. Lorsque l’hybride retirait ses doigts, le corps du client se débarassait de tous les toxicités qu’il pouvait cumuler jour après jour, heure après heure. En sortant de ce salon, il serait comme neuf.

Alexis cependant trouvait ce contact plutôt frustrant. Des mains fortes, douées, lui procurait un bien-être incroyable avec des caresses paramédicales. Mais le beau russe s’en contenterait-il ? Son imaginaire s’était déjà emparé de ses sens, depuis que le viril Inu avait entravé les mains avec du velours. Il se remémorait aisément le contact sur ses poignets, cette fois-là, avec son second propriétaire. Il n’avait pas eu, depuis ce temps, de relations charnelles avec un homme. Et cette expérience unique lui manquait. Cet hybride au torse puissant, au charme sauvage, excitait la partie sombre de ses fantasmes. Le brun aurait préféré qu’Anton prenne plus d’initiative. Mais vu qu’il n’appréciait pas particulièrement cette salle, l’inspiration ne venait pas au professionnel aussi aisément que dans un décor plus classique. Laissant ainsi les rênes au jeune homme sur la suite des opérations. Seulement, les désirs d’Alexis en cet instant dépassait sûrement les prérogatives d’un masseur. Jusqu’où pouvait-il aller ? A quel moment franchirait-il la limite entre le simple massage et quelque chose de plus… érotique ? Indécis, il se posa la question quelques secondes, avant de donner ses indications.

- Pouvez-vous descendre un peu plus bas, vers les reins ? Je sens régulièrement des contractures par ici. Encore un peu plus bas. Si la serviette vous gêne, retirez-la. Je ne suis ni douillet, ni pudique.


Le slave ordonnait. Avec politesse, certes, mais il ordonnait. Il commençait à cerner l’ivresse que procurait le pouvoir sur autrui. Tant que cela restait bien sûr raisonnable, il jouerait ce jeu avec joie. Enfin à lui de mener vraiment la danse. Et pourtant, il subissait toujours ce paradoxe inexplicable de son caractère. A savoir dominer pour mieux se faire dominer. Jamais il ne saurait l’expliquer…

Il poussa un soupir satisfait, plutôt sensuel, tandis que la pulpe des doigts chauds du masseur effleurait ses courbes dorsales. Pour combien de temps Alexis bénéficiait-il, déjà ? Pourvu que sa séance ne fasse que commencer…
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Raton
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Lun 21 Mar - 0:36
Raton
Et je crois que c’est à partir de là que ça a basculé. Ouais, maintenant que j’y repense, c’est là que je me suis rendu compte de la tournure que prenaient les choses. Quand, après quelques minutes à fondre tranquillement sous mes mains, il m’a intimé poliment de continuer plus au sud (mais genre bien au sud), j’ai entendu comme une petite sonnette d’alarme dans ma tête. Comme pour me dire que ce n’était pas un massage aussi habituel que je voulais bien le croire. Un frisson a parcouru mon échine, et j’ai eu un instant d’hésitation en jetant un coup d’œil au profil élégant de mon client. Je sentais bien que ce n’était pas une demande anodine. Mais j’ai décidé de passer outre.

« Comme vous voudrez… »

Et je me suis exécuté, descendant lentement mais sûrement vers ses lombaires et au-delà. Après tout, si j’avais tapé dans l’œil de ce gars, grand bien lui en fasse. Libre à lui de fantasmer sur mes biceps, j’étais encore assez maître de moi pour masser un derrière, masculin qui plus est, tout en restant pro. J’avais déjà fait plus d’un massage de cette zone sans que ça ne tombe dans un registre érotique, je n’avais donc pas à m’en faire. J’ai rapidement délaissé ses reins pour m’attarder sur ses fessiers. Sans doute parce que je me doutais que je lui faisais de l’effet, j’y ai mis un soin tout particulier, avec des gestes lents et appuyés débordant par moment sur les hanches ou le haut des cuisses. Tout aurait pu en rester là… Mais je sentais que quelque chose ne collait pas tout à fait. Appliqué et attentif comme je l’étais à ses moindres réactions (ce n’est pas tout les jours qu’on se retrouve dans une situation de ce genre, c’est plutôt flatteur et ça me donnait envie de bien faire), je me suis surpris à l’admirer, comme je l’aurais fait d’une belle femme. Oui, tout à fait. Bordel, j’en reviens toujours pas. Moi qui ne jure que par les courbes et le moelleux des silhouettes féminines, voilà que je trouvais du charme à la charpente anguleuse de son corps. Ses longs muscles secs qui dessinaient ses membres avec efficience, étoffant les épaules et les bras vigoureux, ciselant au plus précis la taille, le torse, les articulations. On aurait eu beau pouvoir en mettre deux comme lui dans un comme moi, je ne m'y trompais pas. Rien de clinquant dans cette anatomie. Juste de l’intensité, pensée au plus efficace, comme un jeune fauve. Voilà à quoi il me faisait penser. Et cette idée a immédiatement réveillé en moi des instincts de chien, de loup même, d’alpha face à un concurrent dans la meute. J’ai appuyé un peu plus mes mouvements alors que mes mains remontaient du haut de ses cuisses, pour mouler ses fesses fermes à pleines paumes. C’est le propre du mâle de vouloir dominer son prochain. Et même si j’ai plusieurs techniques de soumission dans mes cordes, il y en a une que je place bien au-dessus des autres. Imperceptiblement, mes gestes s’étaient modifiés et n’étaient plus aussi innocents que je voulais bien le dire. Je ne cherchais plus simplement à détendre mon client. Je voulais commencer à lui procurer autre chose.

« Vous avez l’habitude de ce genre de massage ? Même les clients peu farouches sont rares à oser me demander cette région… »

Mine de rien, j’avais quand même envie de savoir à quoi m’en tenir. Et puis je cherchais aussi les cordes sensibles de mon gaillard. À ce moment-là, une part de moi observait encore la scène de loin, se rendait encore compte de ce que je faisais et essayait de me le faire réaliser à moi aussi. J’étais en train de chercher à donner du plaisir à un homme. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Ça allait sans doute changer beaucoup de choses. Je l’entendais bien, mais je n’arrivais déjà plus à écouter ses avertissements et à faire marche arrière. Il y a un point comme ça, dont on sait que les choses ne seront plus jamais pareilles si on le franchit, mais vers lequel on ne peut pas s’empêcher d’avancer. Je l’ai considéré quelques instants, ce fameux point, et puis je l’ai dépassé. Par pure curiosité.

« Dites-moi… apprécieriez-vous d’avoir les yeux bandés ? »

Je me suis rendu compte de la tournure que prenaient les choses. Et je n’ai rien fait pour y changer quoi que ce soit…
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Jeu 28 Avr - 21:21
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"Le client est roi", dit une célèbre expression. Alexis n'eut donc aucun mal à obtenir ce qu'il souhaitait. La tête posée sur la table de massage, il savourait avec délectation le déplacement progressif des paumes habiles du masseur. Celui-ci ne se défaisait pas de son professionnalisme. Sûrement n'en était-il pas à sa première demande insidieuse.
D'aventure, qu'arriverait-il à cet Inu s'il refusait d’obéir et que son client portait plainte ? Le russe ne voulait aucun mal au travailleur. Il se surprit à réfléchir aux conséquences que pourrait subir l'employé. Une convocation, une confrontation avec le client. Un blâme. Une menace de licenciement, voire le licenciement direct. Perdre un emploi à cause d'un usager trop exigent et ego-centré fleurait bon l'injustice. Alexis regretta de ne pas avoir mieux lu le règlement interne du Salon. Dans ce cadre si spécifique, risquant le dérapage au moindre geste mal exécuté ou mal interprété, où se trouvaient les limites pour le client comme pour le masseur ?
Le slave se mordit la lèvre inférieure. Il déplorait son choix à venir, car il comptait sur les doigts de ses mains ses véritables moments d'allégresse. Pour autant il ne mettrait jamais un travailleur dans l'embarras par des demandes déplacées. Tout simplement parce que sa libido le titillait. Et son collègue du Complexe possédait de nombreux arguments favorables.

A peine eut-il entrouvert la bouche qu'Alexis se ravisa. Il perçut un changement radical dans la technique de massage. Les mains massives s'attardaient sur le bas de son dos, prenant entièrement dans leur paume les fessiers du russe. Comment pouvait-il se détendre, comme l'exigeait le masseur, avec de telles attentions ? Au contraire, l'excitation du brun croissait ; sa frustration aussi.
Les deux hommes se mettaient-ils sur la même longueur d'onde ? Toutefois, avant toute adoption de contrat, une signature validait l'accord. Était-ce la façon d'Anton de la réclamer, par cette question innocente ? Alexis se chargea de poser ses clauses.

- Je n'ai jamais été massé par un professionnel jusqu'à maintenant. Mais je suis loin d'être sectaire. Faites selon votre gré. Si j'ai une objection, je ferais en sorte de la formuler clairement. Je vous fais néanmoins la promesse que tout restera entre nous, entre adultes consentants.

La voix grave de crooner s'éleva à nouveau. Cette fois-ci, le ténébreux brun ne put empêcher un sourire visible. Il pivota au même sa tête et ses épaules vers Anton, autant que les liens le lui permettaient sans qu'ils ne se défassent. Il plongea ses yeux dans les siens, ses pupilles noires brûlant d'une flamme sombre, presque insolente.
L'excitation du bel éphèbe monta d'un cran. Jamais il n'avait pensé qu'il s'amuserait tant en passant le seuil de l'institut.

- Aies-je bien le choix ? Après tout, vous m'avez ligoté.

Il tira volontairement sur un cordon pour souligner ce fait.

- Je suis à votre merci.  
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Raton
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Lun 16 Mai - 0:11
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La réponse qu’il fit me fit sourire. Entre adultes consentants… Oui, les mots étaient particulièrement bien choisis. À ce moment-là, c’est effectivement de ça qu’il s’agissait : de savoir à quoi nous étions prêts à consentir. Je me suis posé la question à moi-même aussi, intérieurement. Et, en considérant ce que j’avais sous les yeux et les mains à la fois, j’ai eu la réponse.

« C’est bon à savoir, en effet… »

Maintenant que je revis cette expérience pour pouvoir l’écrire, j’ai un peu, voire très honte. Sans déconner, j’ai rarement autant laissé ma conscience professionnelle aux vestiaires. Je pourrais être viré, si ça venait à se savoir. Avec n’importe qui d’autre, j’aurais pu être accusé de harcèlement sexuel. Avec n’importe qui d’autre… mais pas avec cet homme. Même en balisant pour avoir autant transgressé les règles, ce fait reste clair dans mon esprit et s’il y a un point sur lequel je n’éprouve aucun remord, c’est bien celui-là. Parce qu’à ce moment, celui où il a tourné vers moi un regard de braises noires pour répondre à ma proposition, j’ai parfaitement senti à quel point il me donnait les pleins pouvoirs, en adulte consentant. Rien n’aurait pu m’exciter davantage. À partir de là, peu importait que nous soyons du même sexe. Puisqu’il se mettait à ma merci, puisque j’étais libre de jouir de ce corps qui ne demandait que ça et, la curiosité aidant, c’était suffisant pour que je veuille prendre ce qu’on m’offrait (presque) autant que s’il avait été une femme. Je lui ai rendu son sourire, avant de répondre à voix basse :

« Hum, ça c’est un bon garçon… »

Un peu osé, je sais. Mais j’étais prêt à parier que ça ne lui déplairait pas. Quoiqu’on en dise et quelques soient les airs qu’on se donne, on a des fantasmes assez clairement orientés quand on choisit ce genre de box pour un massage. J’ai donc attrapé le ruban de velours noir qui patientait sagement au côté des autres accessoires et je l’ai noué soigneusement sur ses yeux, dégageant ses cheveux de son cou et laissant de légères caresses effleurer sa peau au passage. Il m’était déjà arrivé de faire ce genre de choses avec mes nombreuses partenaires et je savais comment guider mes prochains gestes pour susciter, lentement mais sûrement, les sensations que je voulais chez mon client. Un seul maître mot : le suspense, comme dans un bon film. Car l’érotisme est lui aussi un art, celui d’éveiller le désir avant même de songer à l’acte. Et en ce qui me concerne, rien ne saurait me donner plus envie de faire l’amour que d’attiser d’abord cette tentation chez mon partenaire. Je me suis donc fait un plaisir de reprendre du début mon parcours, effleurant du bout des doigts avec une lenteur consommée la nuque, les épaules, les omoplates du jeune homme avant de chuter délicatement le long de son dos, pour le simple plaisir de parcourir l’arc gracieux de sa colonne. Ce n’est qu’une fois revenu au niveau de ses fesses que j’ai repris mes attouchements là où je les avais laissés.

« Souvent, se voir privé d’un sens exacerbe les autres. Vous devriez devenir plus sensible au toucher… »

Moi aussi mes sens s’avivaient. L’odeur de sa peau, chauffée par le massage et parfumée par l’huile me parvenait de plus en plus distinctement et me grisait l’air de rien, tandis que je contemplais sa silhouette. Je me suis souvenu qu’un ami m’a dit, un jour où nous étions bourrés, que les courbes, la grâce et la douceur du corps des femmes inspiraient d’abord l’admiration face à la Beauté, alors que les angles et la puissance de celui des hommes suscitaient le Désir. En cet instant, je lui donnais pleinement raison. L’envie que je commençais à ressentir était différente de celle que je conçois d’habitude à la vue des femmes. Moins romantique, plus virulente, plus guerrière. D’une intensité non pas supérieure mais radicalement distincte. Ça me tournait la tête. Je me suis enhardi : l’une de mes mains a écarté ses cuisses pour en masser l’intérieur, effleurant son entrejambe à chaque passage.

« Sentez-vous la différence ? »
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Dim 29 Mai - 12:39
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Alexis avait établi un contrat implicite, qu'il signa d'une réplique tendancieuse. Ne restait plus que l'assentiment du second mandataire, qui ne tarda pas. Sur le même ton. Le masseur acceptait de jouer le jeu. Et quel jeu... Le fantasme de tantôt ne s'en rapprochait-il pas ? Ce simple souvenir stimula son système nerveux. Il se satisfaisait du revirement de l'hybride. D'abord professionnel, celui-ci acceptait ce revirement ; voire même il s'y complaisait.

Les mains déjà maintenues par des petits cordons - dont il n'aurait aucun mal à se défaire, mesure de sécurité évidente en cas d'évacuation impromptues - et maintenant un doux tissu se déposa sur ses yeux, occultant sa vue. La suppression de sens était reconnue pour augmenter la réceptivité des autres. Les mains habiles du masseur caressaient la peau du jeune homme au passage de l'acte fétichiste. Déjà, la chaleur monta d'un cran dans la salle. Alexis savait qu'il devrait lutter contre son propre corps pour garder le contrôle. Un véritable défi, selon toute hypothèse : le masseur, à l'instar des musiciens, savait quelle corde faire vibrer pour obtenir un beau son.

Malgré lui, l'obstruction d'un nouveau sens le força à gigoter légèrement. D'appréhension mêlée d'une excitation nouvelle, encore plus forte qu'avec son ancien patron d'ookami. Même si les liens tenaient plus de la mise en scène qu'une véritable constriction, ils faisaient leur effet ; ajouté à l'aveuglement posé délicieusement sur ses yeux, ils amplifiraient le ressenti à venir.

Alexis se savait depuis peu un adepte de ce que les japonais appellent le bondage. A plusieurs reprises, il avait cherché à analyser ce comportement sexuel deviant. Lui qui avait été autant assujetti, soumis, durant des années, perdurait dans son état d'esclave, alors qu'en parallèle il s'émancipait progressivement. Avait-il été conditionné à ce point pour ne pas se libérer dans tous les aspects de sa vie ? Mais en poussant sa réflexion, il était parvenu à une autre conclusion. Ses relations sexuelles, pas totalement consenties pour sa part, se targait à procurer du plaisir à tout prix à son partenaire éphémère. Lui n'avait en conséquence jamais vraiment profité et reçu d'attention, jusqu'à sa rencontre avec Pearl. Et quoi de plus efficace pour profiter du bien qu'on pouvait lui prodiguer que l'empêcher de le faire en retour ? L'immobilisation, bien sûr.
Dernière considération, enfin : même si tout le monde n'était pas adepte de ces pratiques singulières, force était de reconnaître qu'elle réhaussait indéniablement les sensations.

Les doigts attentionnés d'Anton se baladaient tranquillement le long de la colonne vertébrale du jeune russe et illustraient parfaitement ses dires. Sans nul doute, le sens du toucher se voyait choyé en comparaison aux autres. L'occasion était aussi belle pour Alexis de recevoir mais aussi d'apprendre. Il ne resterait pas passif toute sa vie, et grâce aux attentions du masseur, saurait à son tour faire profiter à ses futures amantes et amants.
Le ton changea soudainement alors qu'il ne s'y attendait pas. L'inu, qui s'était recentré sur son postérieur, fit preuve d'une initiative osée : il écartait les cuisses du slave pour mieux accéder à l'aine. Ce geste effectué par une large paluche parvenait à toucher les sensibles épidermes de la virilité, accélérant le processus de durcissement amorcé depuis peu.

Encore une chance que les deux hommes avaient, en quelque sorte, signé un pacte. Alexis, pourtant capable de contrôler son corps aux émulations extérieures, ne pourrait contenir très longtemps l'érection qui enflammait son bas-ventre. Mais le don d'Anton à s'attarder sur les nerfs les plus sensibles amenaient indéniablement à une fâcheuse conséquence.
Le jeune homme se mordit d'abord les lèvres, respira profondément, pour reprendre les rênes, avant de répondre à la question posée avec une sorte d'insolence offensive.

- Votre toucher n'a-t-il pas déjà répondu à votre question ? Vous devez avoir déjà senti la différence.
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Raton
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Mar 9 Aoû - 23:13
Raton
Question rhétorique, bien évidemment. C’est surtout moi, à ce moment-là, qui sentait la différence. Je l’avoue, j’ai été un peu déboussolé de ne pas retrouver ce dont j’avais l’habitude en m’aventurant ainsi entre ses jambes. Un calice aux lèvres écloses, humide de rosée… Mais ce regret n’a duré que quelques secondes. La sensation de ses cuisses frémissant sous mes doigts, son souffle plus rapide ou les mouvements involontaires qui faisaient tressaillir son corps sous mes caresses ont vite suffi à détourner mon attention. J’avais le plaisir de cet homme au creux de mes paumes, entièrement mien. Même s’il faisait encore l’effort de se retenir, je savais que viendrait tôt ou tard le moment où je l’entendrais gémir sous mes attentions. Si je venais à m’interrompre, il me demanderait, me supplierait de continuer. C’est sans doute mes pulsions dominantes qui parlaient à ce moment-là et j’avoue qu’avec le recul, c’est un peu glauque. Mais à cet instant, mon Dieu, je n’avais jamais rien connu d’aussi excitant. Et quand il a répondu d’un ton taquin à ma question, comme pour me défier de jouer plus avant, un aiguillon de désir m’a mordu la moelle épinière. Tu le prends comme ça, mon beau ? Voyons combien de temps encore tu pourras faire le fier… C’est ce que j’avais en tête quand j’ai renchéri après sa provocation :

« Une légère différence, oui… pas assez flagrante à mon goût. »

Sur ces mots, je me suis penché vers lui pour glisser une main sous sa gorge, lui relever la tête et murmurer à son oreille, en teintant ma voix grave de nuances impérieuses :

« Redresse-toi… »

Rallongeant quelque peu la longueur de la cordelette, je l’ai guidé de mes gestes pour qu’il se mette à genoux, tout en restant attaché. J’étais presque sûr que ça lui plairait. La serviette noire a définitivement glissé sur ses cuisses, dévoilant ce que je ne voyais pas encore jusque-là. Y a pas à dire, il avait encore un sacré self-control. C’était limite moi le plus excité des deux, tout serré que je commençais à être dans mon pantalon avec ce petit jeu. J’ai aussitôt décidé que ça devait changer. Puisque c’était moi qui menais la danse, je le voulais pantelant sous mes doigts, soumis à mes caresses. Bordel, jusque là, j’étais peut-être un alpha qui s’ignore… Dans cette position, même avec ma grande taille, je manquais de marge pour le toucher comme j’en avais envie. Alors, passant derrière lui, je me suis hissé en partie sur la table de massage. La bête n’aurait en théorie pas de mal à supporter nos poids combinés, elle avait été conçue solidement (la suite a bien démontré à quel point…). Assis sur une de mes cuisses repliées, je l’ai pris aux épaules pour l’attirer doucement contre moi, pressant ses omoplates contre mon torse. Mes mains ont alors repris lentement leurs attentions appuyées sur ses pectoraux, mes doigts effleurant ses tétons par moment. J’avais beau ne pas avoir de poitrine moelleuse sous les paumes, je me sentais à l’aise malgré tout. Même si je veillais à ne pas lui faire mal, j’étais plus fougueux, plus autoritaire dans mes gestes, et je sentais à quel point cela lui plaisait. Glissant contre ses longs cheveux noirs, ma bouche est revenue lui chuchoter au plus près, avec la même touche de provocation que lui tandis que je pinçais ses mamelons durcis :

« Est-ce mieux à présent ? »

C’est là que je me suis rendu compte que j’avais très envie de mordiller cette oreille…
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Ven 12 Aoû - 0:36
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La mèche avait pris feu. Alexis esquissa un sourire : son insolence avait  chauffé le masseur. Dès que le jeune homme gardait son Self-Control, il devenait un sacré allumeur. Anton entrait magnifiquement dans son jeu et y prenait un plaisir certain, alors qu'il paraissait malaisé au départ. Sûrement par crainte de dépasser la ligne rouge avec un client, et de recevoir une plainte de mauvaise augure pour sa carrière. Au moins, les deux hommes avaient mis cartes sur table, l'inu était couvert et Alexis tiendrait parole. Le moindre des remerciements pour ce moment d'extase.

Toujours aveugle, le russe tendait l'oreille pour écouter les déplacements d'Anton dans la pièce. Il fut à moitié surpris de sentir la main large et poilue de l'hybride sous sa gorge et glisser des mots explosifs dans le creux de son oreille, d'une voix de crooner terriblement sensuelle. Le timbre seul ne faisait pas tout. Le souffle tiède sur le pavillon, le tutoiement doucement autoritaire... L'inu tirait son épingle du jeu alors que le compartiment vampirique l'indisposait un peu plus tôt.

Se contenir se complexifiait de secondes en seconde. L'ordre péremptoire l'obligea à obéir, dès lors de le masseur eut relâché un peu la longueur des cordelettes. Le brun ténébreux mobilisa toute sa souplesse et suivant les orientations tactiles d'Anton, se retrouva à genou sur la table de massage. L'adepte de la soumission qu'il était aurait poussé le vice à se faire lier les mains dans le dos. Toutefois la précaution du masseur allait se justifier par la suite.
Reposant à présent sur ses genoux, le corps du slave se retrouva à la verticale. L'attraction terrestre fit son office en entraînant la serviette noire vers le sol et découvrant ainsi le bas du corps du minet. Dont son intimité qui procédait à son ascension. Si Alexis se laissait définitivement aller, elle formerait un angle plus serré. Le slave respirait profondément pour ne pas céder trop tôt à son excitation et faire plaisir au masseur victorieux. Pourtant, le bandeau sur les yeux, les cordelettes aux poignets, les consignes de l'inu, ses reins dénudés corsaient le défi.

La table de massage remua légèrement. Alexis sentit bientôt la présence du bel Anton dans son dos. Il en frissonna d'aperception. Le jeune homme fut entraîné vers l'arrière par le maître du jeu. Et bientôt son dos se retrouva collé contre le torse massif, athlétique à n'en point douter, de l'hybride. Finalement, il ne regretta plus les mains attachées à l'avant : ainsi était-il totalement en contact avec le corps musculeux et duveteux du masseur. Après cet instant, presque trop sage, de positionnement, les mains baladeuses reprirent leur office sur la peau du caucasien, parcourant les fins dessins de son torse, entretiens par des entraînements physiques quotidiens. Démuni face aux attentions de plus en plus audacieuses du thérapeute, transcendées par son incapacité visuelle à anticiper ses gestes appliqués, Alexis baissait sa garde et réagissait vivement à certaines initiatives telles que les provocations susurrées à l'oreille et le pincement de l'épiderme fin et sensible des tétons.

Bientôt, l'Adonis dut s'incliner. Son sexe accumulait trop de désir pour pouvoir se maintenir au repos plus longuement. Il se mordit les lèvres afin de ne pas répondre à l’exhortation d'Anton. Diable, que le côté imprévisible du bandeau changeait les perspectives ! Les fantasmes du jeune homme bouillonnaient en lui. Autant il n'appréciait pas que la douleur se mêle aux ébats sexuels, autant le besoin de restriction et d'être à la merci d'autrui (consentement mutuel à l'appui) grandissait à chaque instant. Le comportement changeant de l'hybride accentuait ses songes, à présent que celui-ci contrebalançait ses hésitations précédentes par une fougue presque animale. Perdu dans ses pensées, il échappa un "ah !" de stupeur quand les doigts taquins du masseur firent rouler entre eux le téton gauche en augmentant leur pression. A n'en pas douter, l'inu possédait une longue expérience dans son métier tout autant que dans les relations charnelles. Anton accordait beaucoup d'importances au toucher et faisait monter la température progressivement, trompant l'ennemi de temps en temps par une stratégie érotique des plus jubilatoires.

Les joues d'Alexis commençaient à se teindre de rose. L'air ambiant de la pièce se réchauffait brusquement. Pourtant, il continuait leur petit jeu de rôle en répondant dans le même registre que tantôt.

-  Un léger mieux, oui… pas assez flagrant à mon goût...
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Raton
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Dim 25 Sep - 0:27
Raton
^Au bout de mes doigts, le grain fin et élastique d’un téton dressé, et sous ma paume, les battements d’un cœur fou. À cet instant-là, je me mordais la lèvre en fermant les yeux pour ne pas aller trop vite. Rien que de me le remémorer pour l’écrire, j’ai des frissons qui m’électrisent le corps. Ça va être difficile à décrire, mais la chaleur de sa peau, ses gémissements lascifs, toutes ses réactions qui répondaient aussitôt à la moindre de mes caresses… ces sensations résonnaient de son corps vers le mien et j’éprouvais un plaisir presque aussi intense que lui, entièrement par procuration. À chaque geste que je faisais, je me sentais devenir plus sensible, plus avide, et plus déterminé à me retenir encore. Je voulais nous faire parvenir à ce degré d’excitation où chaque frôlement devient insoutenable tant le désir est grand, jusqu’à ce qu’il me demande de le prendre… À ce moment, j’avais bon espoir d’y arriver, mais j’avoue que je comptais quelque peu sans le talent de mon partenaire.

En l’entendant me provoquer avec sa petite phrase malicieuse, je me suis immobilisé de surprise pendant une seconde. Puis, je me suis entendu rire tranquillement, comme pour saluer le trait d’esprit. C’était le cas, mais en partie seulement. En vérité, alors que je reprenais lentement mes caresses le long de ses pectoraux, je bouillonnais d’envie de lui sauter dessus dans la seconde. Trop nombreux sont les gens à méconnaître l’efficacité d’un peu d’esprit sur le désir. À mes yeux, cette répartie fine et audacieuse placée juste au bon moment l’a rendu d’un seul coup tellement sexy, tellement désirable que j’ai manqué de perdre le contrôle. D’ailleurs, je ne l’ai pas totalement retrouvé : ne pouvant plus y tenir, je lui ai répondu en lui mordillant l’oreille.

« Oh… remédions-y vite, dans ce cas… »

Et, lentement, ma main droite a amorcé sa descente vers son entrejambe, tandis que la gauche continuait son office sur son mamelon. J’aurais voulu garder la tête froide tout du long et me délecter en silence de ses tressaillements comme je le faisais jusque là, mais c’était désormais impossible. Sans que je puisse me retenir, mon souffle était devenu rauque, ma bouche ne cessait d’explorer sa gorge et ses épaules. Je le serrais plus étroitement contre moi pour pouvoir presser mon érection contre ses reins et je ne parvenais qu’avec peine à empêcher mon bassin d’onduler au rythme de son souffle. Dois-je vraiment préciser qu’à ce moment, je n’en avais définitivement plus rien à faire qu’il soit du même sexe que moi ? Rarement je me suis retrouvé dans un tel état. Les vibrations de ses gémissements sous ma langue, les frémissements de sa peau contre mes dents, tout son corps et son odeur qui s’offraient à mes sens… J’en devenais fou de désir. Et pourtant, je suis parvenu à jouer encore avec sa patience. Épousant doucement l’angle de sa hanche, ma main a d’abord glissé le long de sa cuisse, effleurant l’extérieur du bout des doigts avant de consentir à remonter, avec une lenteur extrême, vers son entrejambe. Et pourtant, Dieu sait à quel point j’avais envie de l’empoigner à pleine main et de le caresser jusqu’à ce qu’il ne puisse plus y tenir… Mais ça aurait été tellement dommage. Ma langue est revenue titiller son lobe d’oreille alors que le bout de mes doigts se posait sur son gland, le frôlant avec légèreté avant de s’égayer le long de son membre. Un toucher infime, aussi brûlant qu’une promesse.

« Ce mieux-là est-il suffisant ? Ou bien… »

Ou bien pouvais-je enfin laisser libre cours à ce désir qui me rongeait délicieusement depuis plusieurs minutes, tandis que se brouillait tranquillement la frontière entre le dominant et le dominé ? Ah, je n’ai bientôt plus d’encre…
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Mer 28 Sep - 20:17
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L'Inu, piqué au vif, ne se laissa pas abattre par la petite remarque. Bien au contraire, celle-ci lui donna un nouveau coup de fouet à sa coquinerie. Un souffle chaud couvrit la nuque du jeune homme avant que le lobe de son oreille ne subisse l'assaut carnivore de l'hybride. Alexis tourna la tête, par réflexe, dans le sens inverse. Rebuffade liée à l'appréhension de l'excitation plutôt qu'à une quelconque douleur.
Mais les surprises ne finiraient pas de sitôt. Anton se régalait à prolonger ses persécutions sensuelles avec un sadisme raffiné ds plus émoustillants. Profitant de la restriction des main et des yeux, il s'amusait à faire sursauter son client tout en lenteur, sans accélérer le rythme. cette attente, qu'il imposait à la luxure du russe, était à la fois insupportable ("Prends-moi, je t'en supplie !", criait le corps) et délectable ("Non, continue..." répliquait paradoxalement le même corps). De toute façon, dans les deux cas, Alexis ne maîtrisait plus son destin et attendait les décisions dont Anton était le seul détenteur.

Et ce dernier évertuait à faire durer le plaisir, tout en subtilité.
Il effleurait à peine l'entrejambe découverte ; il titillait le téton ; il embrassait cou et épaules : il pressait son membre contre la colonne vertébrale de son sujet pour mieux signifier la réciprocité du désir. Son phallus était si dur qu'il peinait le rapprochement du dos et du torse. Alexis ne pouvait ignorer cette présence qui s'affirmait contre lui et dont il était, en partie, à l'origine.
De nouveau, une main partit en balade et se rapprochait du point névralgique. Puis elle s'éloignait pour satisfaire les cuisses, provoquant une jalousie sourde du sexe tendu à l’extrême. Le slave tenait bon jusqu'alors, prouvant que sa position désavantageuse ne venait pas à bout de sa ténacité.
Seulement, une nouvelle offensive sur deux fronts affaiblit soudain ses défenses. De nouveau l'oreille, dont on sous-estime souvent le pouvoir érotique. Conjugué à cet effleurement du membre viril d'un geste léger et presque imperceptible.

Alors qu'Anton reposa une question audacieuse, le beau brun ouvrit la bouche dans l'optique de lui rabattre le caquet. Du moins était-ce son intention. Mais ses cordes vocales le trahirent en échappant un langoureux gémissement de bien être, quoique teinté d'une plainte agacée à l'idée d'avoir cédé. Le bâillon aurait été préférable au bandeau, finalement.

Le masseur pouvait savourer sa victoire grâce à cette réponse équivoque. Désemparé par son échec, Alexis sentait monter en lui la frustration de ne pas pouvoir agir. Cette restriction ne faisait qu'ajouter de l'huile sur le feu. Tout son être vibrait sous l'effet de sa libido déchaînée. Il mourait d'envie, puisque ses liens le lui permettaient, de soulager son membre de l'attente qu'il subissait. Mais ce geste d'impatience reviendrait à manquer de respect au masseur et à briser un jeu de rôle torride qu'il serait vraiment stupide d'arrêter. Alors, prenant son mal en patience, il entreprit de mouvoir ses reins de bas en haut pour caresser, à sa manière, le propre sexe de l'Inu. Il ne l'avait pas encore vu, mais il en devinait d'un gabarit à l'échelle de son propriétaire.
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